La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Chroniques

Les Marquises

Lost Lost Lost (special edition vinyl)

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Jean-Sébastien Nouveau (Immune, Recorded Home) a baptisé son projet Les Marquises, c’est-à-dire en choisissant pour patronyme le dernier album studio publié par Jacques Brel. Un projet qui sort de l’ordinaire, il faut le reconnaître. Au départ, le Français s’est inspiré d’une série de BD en treize volumes signées par par Henry Darger, un auteur halluciné qui a passé son existence à bosser dans les toilettes d’un hôpital, au sein desquelles il a fini sa vie, oublié de tous. Après avoir lu cette œuvre, Nouveau entre alors en contact avec Jordan Geiger (Minus Story, Hospital Ships, …) dont il est un grand admirateur. A sa grande surprise, l’Américain accepte de prêter sa voix au projet. Débute alors un travail de longue haleine. Grâce à Internet, les fichiers survolent l’Atlantique, du Vieux au Nouveau Continent, et vice-versa. Les morceaux prennent finalement forme pour finalement aboutir finalement à la conception de ce « Lost, Lost, Lost ».

Vu les prémices de cette aventure, Les Marquises ne pouvait pas accoucher d’un concept habituel. Et effectivement, « Lost, Lost, Lost » baigne au sein d’un univers sonore planant et ténébreux. L’opus s’ouvre en douceur. Mais progressivement, les nappes de claviers entrent en scène, exercent leur pouvoir hypnotique, avant de nous entraîner, finalement, dans un précipice psychédélique et expérimental. Parfois, lorsque les plages se dépouillent, la voix écorchée de Geiger remonte à la surface. Des références ? Radiohead voire Boards of Canada ; mais elles sont insuffisantes pour décrire ce projet halluciné et introspectif. Ce périple fantastique, imaginé dans le cerveau d’Henry Darger, artiste complètement fêlé, mais terriblement créatif, a été superbement mis en scène par Les Marquises.

« Lost, Lost, Lost » est une œuvre à savourer tant pour sa beauté que pour son univers étrange. Ne vous laissez cependant pas intimider par l’ampleur de l’œuvre (quatorze morceaux d’une moyenne de 5 minutes), elle vaut le coup.

 

Killed by 9v Batteries

The Crux

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Il faut bien avouer que l’Autriche n’est pas le pays le plus rock’n’roll d’Europe ; et on doit chercher loin ou être un fin connaisseur pour retrouver la trace d’un groupe autrichien. Bien sûr, si on parle de musique dite ‘classique’, les valses de Vienne signées Strauss ont de quoi séduire. Joseph Haydn et Franz Schubert, y sont nés. Mozart et Beethoven y ont vécu et y sont morts.

Les spécialistes du métal vous parleront certainement de Belphegor. Mais pour le reste, la scène au pays du ‘Beau Danube bleu’ est fantomatique… Pourtant Killed by 9v Batteries est actif depuis 2002, même s’il a connu une période de pause. Il est issu de la capitale. Et semble surtout inspiré de l’indie-rock des années 90. Mozart à laissé la place à Sonic Youth, Dinosaur Jr. ou encore Pavement. Les sonorités de guitares stridentes, parfois bruitistes, rappellent les superbes supplices infligés par Thurston Moore à sa six cordes. La voix fait irrémédiablement penser à Stephen Malkmus. Autant dire que « The Crux » est un condensé de références aux 90’s ; et on ne s’en plaindra pas. Certes Killed by 9v Batteries n’a rien inventé ; mais sa musique est particulièrement jouissive pour les tympans. Bref, cet elpee s’adresse surtout aux trentenaires (et plus si affinités) nostalgiques de ce style, mais également aux plus jeunes qui n’ont pas connu cette période si faste.

Frente Cumbiero meets Mad Professor

Frente Cumbiero meets Mad Professor

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Depuis qu’il a opéré un remixe du morceau « No Protection », pour le compte de Massive Attack, Neil Joseph Stephen Fraser, alias le Mad Professor, s’est  montré plutôt discret. Il est de retour aux affaires, pour un projet, ma foi, fort sympathique. Et pour cause, il a décidé d’adapter à la sauce dub, sept morceaux de l’ensemble colombien Frente Cumbiero. Drivé par  Mario Galeano, Frente Cumbiero est spécialisé dans le doux exercice de la ‘nueva Cumbia’, un style latino privilégiant les cuivres, les maracas et les bongos, mais qui intègre également des éléments hip-hop.

Les Colombiens ouvrent le bal par 7 morceaux originaux avant que l’anglo-guyanais n’entre dans la danse. Evidemment, les versions primitives sont plus excitantes, évoluant entre tradition et modernité. Qu’elles soient dynamisées par la rythmique endiablée (« Bestiales 77 »), hantées par un esprit hip-hop (« Ariwacumbé ») ou tapissées de cuivres (« La Bocachico »). Mais lors de ses exercices de style, le vétéran britannique s’en tire plutôt bien, nous proposant des relectures enfumées des morceaux sud-américains. Le professeur fou a encore frappé !

 

Casiokids

Aabenbaringen over Asskammen

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Après avoir vu, à plusieurs reprises, cette bande de loufoques norvégiens en concert, je m’attendais à découvrir un album trempé dans l’électro-pop vintage, mais à l’humeur résolument positive. Déçu ? Pas le moins du monde ! Sans faire de bruit, les jeunes Scandinaves commencent à s’imposer comme le pendant nordique de Metronomy. Leur pop nappée de synthés ne manque, en tout cas, pas de charme. Un charme qui exerce ses effets tout au long de l’opus au titre improbable : « Aabenbaringen over Aaskammen » (NDR : traduisez par ‘La Révélation sur la Montagne’).

Il s’agit de leur troisième elpee. Les textes sont interprétés dans la langue du pays. Mais sous une forme éthérée. Un choix qui accentue l’aspect mystérieux des compos. Si « London Zoo » évoque Hot Chip, en général, les plages baignent dans une certaine douceur. Mélodique, bien sûr. Parfois en épousant des rythmes caribéens, dans l’esprit de l’illustre Suédois Jens Lekman (« Dresinen »). Ou encore en parvenant à la traduire dans des morceaux dansants absolument imparables. Des exercices de style que Casiokids accomplit, sans jamais glisser dans le kitsch, malgré les fameux claviers vintage. Et le single « Det Haster ! », en est certainement le plus bel exemple.

 

Atlas Sound

Parallax

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Décidément, Bradford Cox est insatiable. Un an à peine après avoir publié « Halcyon Digest », un quatrième opus (NDR : magnifique, il faut le rappeler !) sous le patronyme de Deerhunter (NDR : dont il est le leader incontesté), Bradford Cox nous propose le troisième volet de son projet solo. Un projet solo qu’il a baptisé Atlas Sound. Et un nouvel elpee qu’il a intitulé « Parallax ». Ce concept individuel, il le consacre aux explorations sonores qui collent moins bien à son vaisseau amiral. Les plages baignent davantage dans l’‘ambient’. Elles sont résolument plus ténébreuses et mélancoliques. Sa voix est toujours aussi étonnante, mais elle est ici moins chargée d’effets. Le son et plus propre. Donc plus facile d’accès, même si plusieurs écoutes sont nécessaires avant de totalement s’imprégner de l’œuvre.

Les 12 morceaux sont signés par Cox. Lors des sessions d’enregistrement, il a cependant reçu le concours de quelques collaborateurs. Plus léger, plus pop, dans un style réminiscent des Kinks, « Mona Lisa » bénéficie ainsi de la participation d’Adrew VanWyngarden de MGMT au piano. Le troublant « The Shakes », de Carrie-Anne Murphy au saxo et « Praying Man », de Paul McPherson à la batterie. Et si « Angel is Broken » baigne également dans la pop, le disque recèle une majorité de complaintes psychés et mélancoliques, à l’instar du remarquable final « Lightworks », une compo plongée dans une reverb’ surprenante… 

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que l’illustration très 50’s de la pochette a été conçue par Mick Rock, artiste célèbre pour avoir immortalisé sur pellicule des légendes comme David Bowie, Blondie et Lou Reed. Bradford Cox marcherait-il sur leurs traces ?

 

Alys

Happy Days

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La charmante Alys a plus d’un tour dans son sac. Dotée d’une voix douce pleine d’innocence, cette jeune à la French Touch assure un sacré coup de balai aux chansons actuelles tout au long de son premier opus, “ Happy Days”. D’une fraîcheur hors pair, en quelques notes, elle arrête le temps et ouvre les portes de l’évasion. Ses chansons donnent envie de courir pieds nus dans l’herbe couverte par la rosée du matin, pour ensuite les réchauffer, sous un soleil dont les rayons se déposent timidement sur notre peau.

Alys, c’est un style s’imposant dans la même lignée que Cœur de Pirate.

Dans un répertoire anglophone, les chansons s’interprètent de manière joyeuse mais laissent exprimer des textes aux thèmes plutôt sombres. Y sont ainsi abordés des sujets tels que l’anorexie sur “Anna”, la relation homme-femme interprétée de manière humoristique dans “Time”, mais aussi les difficultés du deuil traduites à travers “ Overseas”.

“Happy Days” est donc très éclectique et nous offre une autre manière d’aborder les sujets qui fâchent en coloriant les mélodies de tons pastel.

Alys, magicienne? Peut-être, en tout cas, elle a de quoi donner le sourire tant sa simplicité se propage comme des petits papillons qui viendraient nous chatouiller les oreilles, afin de nous réveiller de se doux rêve incarné par cet album.

 

Tom Waits

Bad As Me

Écrit par

C’est grâce à de grands rôles au cinéma que l’image de Thomas Alan Waits s’est inscrite à l’encre indélébile dans la mémoire collective. Une forte personnalité qui sera magistralement exploitée par Jim Jarmusch dans les cultissimes « Down by law » et « Coffe & Cigarettes ». Une filmographie exceptionnelle où le musicien américain côtoie les grands noms du cinéma : Francis Ford Coppola, Terry Gilliam, Wim Wenders, Robert Altman… Excusez du peu !

Du coup, on en oublierait presque que ce pionnier du rock alternatif est avant tout un auteur-compositeur, un musicien et un chanteur de talent. Un artiste qui traverse le temps avec un je ne sais quoi d’indéfinissable mais néanmoins fatal, définitif, inexorable. Songez donc : plus de 38 ans de carrière et 17 albums studio. 

Sept ans après avoir publié son dernier opus (« Real Gone » sorti en 2004), Tom Waits reprend les chemins du studio pour nous régaler d’un dix-septième essai. Un treize titres voluptueux qui ne ménage pas les sens et les enlise, les vautre dans les bas-fonds crasseux des grandes villes américaines. Ainsi, « Bad As Me »  tisse une atmosphère inouïe, de celles qui vous suffoquent, vous prennent à la gorge et vous étouffent l’âme. Dès la première piste, Waits balance un ‘Chicago’ blues-rock à la voix rocailleuse et enragée. Quelques crachats, quelques vomissures plus tard, et c’est votre corps tout entier qui erre dans les ruelles glauques du Old Chicago. Un album intense porté par une voix unique qui aurait été trempée dans un fût de bourbon, séchée et fumée pendant quelques mois, puis sortie et renversée par une voiture. Et magnifiquement sublimé par les coups de griffes de Marc Ribot à la guitare. 

Une première partie principalement baignée dans un rock-blues dense qui se métamorphose, qui changera progressivement de ton pour chavirer dans les univers contrastés du jazz et du blues (« Talking At The Same Time » et « Kiss Me »), se cloîtrer dans un spoken word au romantisme déglingué (« Back In The Crowd » et « Last Leaf ») ou se teinter d’une voix de crooner corrodée (« Kiss Me »). Ne craignez rien, le tempo n’émousse nullement la plume cynique du portraitiste du bizarre. Elle continue de peindre, de sa pointe aiguisée et trempée dans l’acide, les traits de personnages et de lieux miteux. Paradoxalement, le ton, s’il est mordant, n’en demeure pas moins chaleureux et triste.

Soulignons tout particulièrement le magnifique « Bad As Me ». Un morceau au bord de la crise d’épilepsie où le chant est enragé et les orchestrations chaotiques. Soit 3’10’’ de pure  folie contagieuse. Délicieusement insane !

Bref, ce dernier album se présente globalement comme une œuvre charnière dans la carrière de Tom Waits. Une musique qui indique une direction nouvelle sans jamais oublier de regarder en arrière. Une plaquette dont l’artiste soigne davantage les orchestrations et dans laquelle il offre incontestablement la plus belle voix de sa carrière.

S’achevant par « New Year’s Eve », « Bad As Me » s’affiche indéniablement comme une idée précieuse de cadeau de fin d’année. N’hésitez pas, c’est un excellent cru Waits !

 

Sungrazer

Mirador

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Difficile d’imaginer que ce nouvel album de Sungrazer a été réalisé en à peine quelques mois, tant le trio batave semble avoir gagné en maturité. A croire que le groupe se soit exclusivement consacré à la musique, au cours de cette période.

Le groupe remet au goût du jour les grandes heures du rock-psyché. Hormis Black Mountain, je ne vois guère d’autres formations qui y soient parvenues avec autant de succès. Sungrazer fait la part belle aux ambiances aériennes ainsi qu’aux riffs hypnotiques. Cependant, l’objectif n’est pas de nous plonger dans un sommeil profond. Le début d’un morceau peut se révéler paisible, relaxant, puis à l’instar de l’excellent « Behind » (plus de 13 minutes), le climat sonore se charge d’intensité. La basse entre jeu, le tempo s’emballe, les guitares stoner s’agitent, les harmonies vocales s’élèvent dans l’éther atmosphérique, et nous sommes littéralement aspirés dans un tourbillon psychédélique, hallucinatoire.

Sungrazer aime également les brisures de tempo. Elles sont même légion tout au long de l’elpee. Un exercice de style qu’il accomplit à la perfection. N’hésitant pas à interrompre une envolée planante ou psyché par un riff brutal, réminiscent de Kyuss.

Le potentiel affiché par Sungrazer tout au long de « Mirador » est vraiment impressionnant. Espérons simplement qu’il n’ait pas encore été exploité dans son intégralité. Dans ce cas de figure, le combo batave n’a pas fini de nous étonner.

 

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