L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Gary Numan
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Chroniques

Lindsey Buckingham

Seeds We Sow

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Est-il encore utile de présenter cet homme ? Lindsey, homme ? Hé oui, Lindsey est aussi un prénom masculin ! Mais oui, enfin Fleetwood Mac, ça titille encore vos oreilles, non ? Band mi-british, mi-amerloque, le groupe a illuminé le rock de la fin des 70’s et ce jusqu’au milieu des 80’s. Multipliant les hits, il est responsable d’un des meilleurs albums de la décennie « Rumours », véritable usine à tubes qui se vendra à plus de 40 millions d'exemplaires. Lindsey en était le guitariste, chanteur et co-auteur également des compos.

En 1987, Lindsey met entre parenthèses sa participation au groupe pour entamer une carrière solo. A bientôt 62 piges, il nous dépose son sixième Cd post-Fleetwood Mac. Force est de constater que notre homme n’a rien perdu de ses compétences, tant au niveau de l’écriture que de son jeu de guitare, très caractéristique. Et c’est en s’appuyant principalement sur cet instrument qu’il nous livre 11 très, très, très jolies mélodies (j’insiste) qui auraient pu figurer sur une ultime production du band légendaire. Le temps n’a certainement pas altéré son talent. Et sa voix, aisément identifiable fait le reste. Même si on reste à distance respectable des hits pondus par notre homme il y a ‘perpet’, c’est un sexagénaire alerte qui nous livre un travail impeccable, plaisant, jamais ennuyeux et tout en douceur. Il adapte même, pour conclure le disque, un titre signé Jagger/Richards vieux de 44 ans, complètement retravaillé, méconnaissable.

Ayant visiblement tiré un trait sur le passé, Lindsey produit maintenant seul son travail et s’il poursuit son chemin en solitaire, il n’hésite pas à le peupler de guitares et de splendides mélodies vite apprivoisées. C’est avec un plaisir non dissimulé que les bonnes oreilles réceptionnent, comme une excellente vieille habitude, quelques pépites comme « Illumination », « Stars Are Crazy », « When She Comes Down » ou encore « Rock Away Blind ». Et puis il y a « Gone Too Far », hit digne de la grande période qui mérite à lui seul le déplacement.

Manifestement, la qualité n’a pas de limite d’âge. Et Fleetwood Mac aurait pu, aurait dû continuer sa carrière, permettant ainsi à la voix de Stevie Nicks de magnifier les chansons de Buckingham. Mais on ne refait pas l’histoire…

Un album pour nostalgiques. J’en suis !

 

Holly Throsby

Team

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Il y a des histoires qui nous parlent, des livres qui nous font frémir, des images qui nous font rêver et des musiques qui nous font vibrer.

Rares sont les albums qui parviennent à communiquer de telles émotions. Tellement fortes qu’il est difficile de se détacher de la musique. C’est pourtant le cas d’Holly Throsby.

Agée de 33 ans, cette Australienne vient de publier son quatrième opus. Il s’intitule « Team ». Ce dernier né est un alliage parfait entre romantisme et sérénité. Si on pouvait définir ce sentiment de manière matérielle, ce serait comme la sensation d’être enveloppé d’une douce et moelleuse couverture dans un jardin fleuri au printemps.

« Team » porte bien son titre puisqu’à son écoute, c’est comme si le temps s’arrêtait. Nous offrant la possibilité de souffler un coup et de se détendre. Imprimés sur des rythmes indolents, les mélodies sont colorées par la très jolie voix, à la fois pure et fragile d’Holly Throsby.

D’ailleurs, “What I tought of you” pourrait servir de bande sonore à un film romantique. Plus cool, “Come back to see me”  est un bel exutoire pour chasser les idées noires accumulées au cours de la journée. Et puis, il y a ce sens mélodique, à la fois susceptible de toucher le cœur des mélomanes les plus sensibles, mais également de convaincre les plus coriaces.

 

The Slit Plasters

Get Plastered

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Leur seul nom suffirait à éveiller la suspicion (du genre ‘Pussy Gallore’ du pauvre), mais surtout leur bio potache ferait passer « Les Bronzés » de Zidi pour du Sacha Guitry.

C’est donc bien à du lourdingue qu’on a affaire.

A l’exception de quelques plats réchauffés qui ne tournent pas trop aigres (« Massacre » ou « Fatal Tio »), l’ensemble de cet album ressemble à une énorme pizza Hut : une grosse croûte et un fromage qui colle aux dents.

La reprise du « On nous cache tout » de Dutronc suscite autant d’engouement qu’un anchois avarié et pour le reste, ce Blues Rock à la carrure Punk tient plus du tord-boyaux que du tord bayous.

On épinglera au passage le sample emprunté au film « La ballade de Bruno » de Werner Herzog sur l’intro de « Monsters in your pants » mais on peut s’interroger longuement sur la pertinence de celui-ci. Car point de chicken dance en perspective…

Finalement, c’est encore dans le second degré de sa biographie que le groupe se révèle le mieux : ‘Ils jouent comme The Hives / The Makers mais ont été élevés aux Rubettes’. C’est un peu comme si les René Binamé s’étaient un jour pris au sérieux.

Tout est dit…

 

Pechenga

Helt Borte

Écrit par

« Helt Borte » constitue le premier album de ces Norvégiens de Pechenga, un duo formé par Rune Lindbaek et Cato Fars. Et manifestement, la formule ‘musique venue du froid’ prend ici tout son sens. Sorti en 2007 –et pressé seulement à 57 copies– cet elpee est donc parvenu un peu plus à l’Ouest, très lentement, comme s’il avait été congelé pendant 4 longues années, sans perdre pourtant de sa saveur.

L’ambient imaginé par les deux sbires nordiques annonce donc on ne peut mieux l’hiver… qui s’annonce horriblement froid et glacial ! Minimales, les 10 compositions de Pechenga (c’est aussi le nom d’une région russe de Sibérie, visible de Vardo, l’île natale des musiciens) ont pour probable ambition d’inviter les pingouins cérébraux à se dandiner à l’écoute de leurs mélodies atmosphériques et progressives nourries aux synthés ascétiques et influencées par Brian Eno. Pas de singles à se mettre sous les gants donc ; mais les amateurs du genre devraient apprécier. Tout au long de « Helt Borte », on a réellement l’impression d’entendre le doux chant des fjords norvégiens dans son casque…

 

Owiny Sigoma Band

Owiny Sigoma Band

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Ne vous étonnez pas si vous vous sentez voyager vers l’Afrique en écoutant « Owiny Sigoma Band », car les musiciens du groupe ont effectué un voyage au Kenya dans le cadre de cet album. Les mélodies ne sont donc pas le fruit du hasard mais bien un fruit exotique venu des contrées kényanes. Et le patronyme du groupe, qui est aussi le titre de ce premier opus, n’est autre que le village de Nairobi, Owiny Sigoma, qui a hébergé ces Londoniens. Joseph Nyamungo et Charles Okoko sont les musiciens locaux qui ont transformé les notes en ces mélodies entraînantes. Par ailleurs, cet LP révèle des goûts de savane. On s’émerveille au début de ces paysages qui nous sont peu familiers, voire totalement étrangers. On a envie de bouger, de danser, d’aller nous aussi. Et puis, on s’habitue, comme on s’habitue à tout. Et là, on se fait manger tout cru par cet énorme fauve qu’est l’ennuyeuse simplicité. N’empêche qu’à choisir, il vaut sans doute mieux finir dans le ventre d’un animal dont on ne connait pas grand-chose que de rester dans la gorge de nos petites bêtes de compagnie habituelles.

 

Malibu Stacy

We Are Not From

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« We Are Not From » est le titre ‘clin d’œil’ pondu par Aurélie, sœur du bassiste de Malibu Stacy. Mais d’où ne sont-ils pas ? Telle est donc bien la question. Et bien pas de Malibu pardi mais bien de Dalhem dans notre bonne vieille province de Liège, tiens ! C’est pour l’anecdote. Et à y regarder de plus près, ils y tiennent à leur Dalhem. Tant et si bien qu’en écoutant le titre inaugural de l’album, « General Thys », on a droit à un gag bien typique de l’humour noir jaune rouge. Dans leur village, il existe en effet une rue, un buste et un musée dédiés à Albert Thys, promoteur de la première ligne de chemin de fer construite au Congo. L’œuf ne tombe jamais bien loin du cul de la poule !

Voilà donc pour la touche humoristique.

Troisième plaque au compteur déjà pour le combo liégeois. Elle fait suite à « G », paru en 2006 et « Marathon », en 2008. Pendant trois longues années, la formation a assuré la promo de leurs Cds. Elle a beaucoup tourné et s’est notamment produite en première partie des Kaiser Chiefs, Nada Surf ou encore Babyshambles. En 2011, pour rendre hommage à Martino, leur roadie décédé deux ans plus tôt, ils publient le single « The Road Is Dead ». Figurant en quatrième position sur l’elpee, ce morceau prélude un changement de style bien marqué. Stop au style post punk électro made in USA vite fait bien fait et place à une ambiance plus acoustique, une musicalité plus variée où se croisent des rythmes rock (« Mardi Gras »), des ballades ludiques (« Patricia ») ou des compos plus recherchées, plus élaborées. Place également aux cuivres chapeautés par Ben des Hollywood Pornstars pour donner un peu plus de relief aux dix plages de ce nouvel opus. Malibu Stacy a pris largement plus de temps que d’habitude pour réaliser ce troisième essai. Le temps de faire appel à des musiciens additionnels, des proches pour la plupart, le temps de faire le tri parmi la cinquantaine de titres composés par tous les membres du groupe. Au final, il n’en reste que 10, ceux qui faisaient l’unanimité chez les six musicos. Et si comme d’habitude, Dave (David de Froidmont), le chanteur est  responsable des lyrics, les compositions musicales portent cette fois la signature de Christophe Levaux et Michael Goffard.

Au final, on a entre les mains un album qui redessine la trajectoire du groupe liégeois, un disque qui varie les effets, surprend et a le mérite de sortir des ornières tracées par les deux premières réalisations. On assiste en dix chansons à une renaissance, à un renouveau. Bravo, fallait oser…

Changer de style tout en gardant la qualité et la fraîcheur est la preuve d’une belle maturité !

 

Vincent Liben

Vincent Liben

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‘Elégance’ est le premier mot qui me vient à l’esprit, après avoir écouté cet album de chanson française.

Vincent Liben sort de sa coquille. Dans l’œuf, qu’il partageait en compagnie des autres membres du groupe Mud Flow, il était un peu la tête pensante, le responsable des compos ainsi que la première voix et le guitariste du band. Une page se tourne ? Il faudra hélas bien s’y résoudre. Après tant d’années de pratique d’une pop/rock anglophone bien léchée et d’excellente qualité, convenons-en, notre homme change radicalement son fusil d’épaule.

A priori, on redoutait un peu ce changement mais notre Bruxellois… étonne !

A vrai dire cependant, ce n’est pas son premier essai. « Tout va disparaître », son premier effort en solitaire paru en 2009, est demeuré dans un anonymat quasi parfait… Le mot ‘découragement’ ne figurant pas dans le vocabulaire de notre ‘ket’ et, invitant cette fois le public français à sa découverte, le manneke nous ressert le même plat mais dans la crainte d’une ‘disparition annoncée’, comme il y a deux ans, il ne lui attribue aucun titre… Quelques chansons (seulement celles où il chantait) viennent de sa première esquisse, les autres sont le fruit du travail d’un auteur/compositeur/chanteur enthousiaste.

Puisant son inspiration musicale dans la simplicité, toutes ses jolies mélodies ont pour origine  un jeu de guitares tout en finesse, un piano occasionnel et des cuivres plutôt discrets. Le tout est orchestré de main de maître par notre homme à tout faire.

La force de cette expérience en solo repose sur la dualité légèreté/gravité des 11 chansons qui peuplent cet excellent premier (?) elpee. En effet, même si les thèmes abordés ne sont pas tous joyeux, Vincent les traite avec une légèreté musicale redoutablement efficace ; ce qui a pour don de faciliter la digestion de quelques moments de la vie pas toujours très drôles.

La poésie est partout présente, joyeuse, amoureuse, romantique, sensuelle et même absurde (« Camélia »).

Il y a du Yves Simon, du Alain Souchon, du Benjamin Biolay et même du Serge Gainsbourg dans cette œuvre. Bouquet d’influences, cet album éponyme de l’ex-leader de Mud Flow a tout pour plaire tant Vincent Liben nous offre des chansons envoûtantes et inspirées où cohabitent une mélancolie et un humour doux-amer.

Une page s’est peut-être tournée. Un livre se ferme peut-être ; mais un autre s’ouvre, un cahier blanc tout neuf qui ne demande qu’à être rempli de jolies partitions et de beaux textes comme ceux-ci.

Un artiste ‘nouveau’ est né et dans son berceau, c’est un véritable écrin subtil empli de magnifiques textes et de somptueux arrangements qui nous est offert.

Goûtez donc ces fruits et reprenez-en à volonté, ils sont excellents.

 

Alexis Gideon

Video Musics II : Sun Wu-Kong

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Il aura fallu deux années de travail à l’artiste Alexis Gideon pour finaliser ce projet. Ajoutez-y une année pour qu’il traverse l’Atlantique, et le cap des trois années s’est donc facilement écoulé depuis le début des sessions de ce « Video Music II : Sun Wu-Kong ». Un concept qui a nécessité deux ans de travail à l’Américain ; période au cours de laquelle il a multiplié les collaborations afin de monter sa vidéo-opéra inspirée d’un récit chinois issu du XVIème siècle, relatant l’histoire d’un homme-singe. Ce personnage avait été porté à l’écran, dans un Manga japonais, le célèbre Dragon Ball, mettant en scène Sangoku, héros de toute une génération. Afin de concrétiser ce projet, Alexis Gideon a reçu le concours de personnages notoires dans le monde de l’animation comme Becca Taylor et Cynthia Star ainsi que d’artistes impliqués dans la musique contemporaine, tels que Rachel Blumberg (il a notamment bossé en compagnie de M. Ward) ou encore Shelley Short (Hush).

A l’instar de l’homme-singe mis en scène dans cet ‘opéra’, l’Américain nous propose une création hybride. Hybride tout d’abord, à cause de cette rencontre entre l’art visuel et musical. Mais hybride également au niveau musical. Les sons atypiques (électroniques ou expérimentaux) se mêlent à l’instrumentation plus traditionnelle (guitare, piano). Et tout au long de ce cocktail non-conventionnel, Gideon vient poser un flow fluide et plein d’assurance. Au fil du temps, il faut reconnaître que ce flow est en constante amélioration.

Seul reproche à adresser à cette œuvre (je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de voir la vidéo dans son intégralité), la longueur. 40 morceaux se succèdent en une bonne heure. Il faut donc s’accrocher.

Par ce projet ambitieux, Alexis Gideon parvient à gommer les frontières entre les genres. « Video Music II : Sun Wu-Kong » est en tout cas la preuve que l’Américain vient de franchir une étape qui devrait le conduire définitivement dans la cour des Grands.

 

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