Les rituels étranges de This Is The Kit

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

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Golden Kanine

Oh Woe !

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Après avoir écouté les deux premières plages de cet elpee, on se demande si cette formation n’est pas issue du Sud des Etats-Unis. A cause de ce recours au banjo, à la mandoline et au violon, utilisé un peu à la manière de 16 Horsepower, voire de Slim Cessna’s Auto Club. Mais progressivement la musique de Golden Kanine embrasse d’autres perspectives. Plus lyriques. A l’instar de « Law of Probable Outcome » ou encore de « Get By ». Et surtout plus riches. Instrumentalement, d’abord. Trombone, orgue, violoncelle et j’en passe, viennent ainsi enrichir la solution sonore. Quoique essentiellement acoustiques, les arrangements sont impeccables. Tout comme les orchestrations, d'ailleurs. Particulièrement soignées, évoquant tantôt Arcade Fire voire Broken Records. Quant à la voix, elle est très susceptible d’emprunter le timbre de Will Oldham (« Arkham »), de Jeff Buckley ou encore de Chris Martin.

Golden Kanine n’est pourtant pas un ensemble étasunien, mais suédois. Issu de Malmö, très exactement. Fondé en 2006, il a d’abord pratiqué du post rock, avant de se remettre complètement en question. Et de changer progressivement de style, pour finalement embrasser un country/folk/rock singulier, qui alimente la plupart des compos de « Oh Woe ! ».

 

Slim Cessna

Unentitled

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Guère notoire en Europe, Slim Cessna est pourtant, au sein de l’univers du country/folk étasunien, une véritable institution. Ce natif de Denver (Colorado) militait, début des années 90, chez The Denver Gentlemen, groupe au sein duquel évoluait également Mr David Eugene Edwards. Lorsqu’Eugene quitte le combo, c’est pour créer son 16 Horsepower et s’enfoncer progressivement dans le côté obscur du folk. Slim Cessna fonde, lui, dès 1992, son Slim Cessna’s Auto Club. Moins exposée que celle de son ex-compagnon, la troupe rencontre toutefois un certain succès dans les milieux spécialisés. La presse encense même leurs performances scéniques. Et Slim Cessna est également invité à jouer aux côtés de Jello Biafra et des Melvins. Bref, Slim Cessna’s Auto Club n’est pas un combo né de la dernière pluie. « Unentitled » constitue d’ailleurs son huitième album.

Dans le style, ce disque est une petite perle. Et inévitablement on pense à 16 Horsepower. La voix, le rythme, les émotions, l’énergie : tout rappelle le groupe à Edwards. Sculptées dans le country-folk-rock, les compos sont particulièrement contagieuses. Un pur bonheur pour les tympans. Cessna & Co peignent de magnifiques fresques du Sud des States. Et des morceaux comme « Hallelujah Anyway », « Three Bloodhounds Two Sherperds One Fila Brasileiro » ou encore « United Brethren en sont probablement les plus beaux exemples.

16 Horsepower et Slim Cessna’s Auto Club ont influencé toute une génération d’artistes et de formations, et en particulier Man Man, O’Death et même les Decemberists. Les vétérans n’ont pas encore dit leur dernier mot, même si depuis, Edwards a rebaptisé son projet, Wovenhand…

 

Olde Growth

Olde Growth

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Olde Growth est un duo poilu issu de Boston, qui sous ses allures de yéti mal famé, voue une ode à la nature.

Sur cet album, il est question de montagnes recouvertes de neiges éternelles et d’arbres millénaires ou encore d’aigles suspendus dans les airs (et c’est bien connu, ceux-ci ne font pas la chanson).

Car si le propos vous semble bucolique, prenez garde à la colique !

De fait, cette entité musicale déferle comme la rage des éléments, et écrase tout sur son passage.

Si l’instrumentation se limite à une basse et une batterie, ces zigues font autant de vacarme qu’un combo de chevelus descendus des terres du nord.

Quelque part entre Part Chimp et Black Sabbath, vous l’aurez compris, l’album ne fait pas dans la dentelle.

Quarante-six minutes de subtiles (?) borborygmes et autres riffs heavy(dents) qui décoiffent, déboussolent et dressent les poils sur le torse et sous la culotte. L’humour est sous-jacent et c’est bien sûr ce second degré salvateur qui permet à n’importe quel quidam non muni d’une chevelure pendouillante et d’une moustache imposante d’apprécier la noirceur Pop qui craquelle ce vernis pourpre.

Entrecoupé par deux instrumentaux qui temporisent fort habilement cette farouche cavalcade apocalyptique et amorcé par un « Awake » d’une puissance monstrueuse, l’ensemble de cet elpee se dresse comme une pierre néolithique dans le jardin d’Eden.

Pour sûr, c’est du burné, et on se prend une bonne dose de testostérone dans la tronche ! Vous en reprendrez bien un peu ?

Avec plaisir ma petite dame !

 

Elbow

Build a rocket boys

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Elbow est un quintet issu de Manchester. Il nous revient trois ans après avoir rencontré son premier véritable succès commercial, « The Seldom Seen Kid ». Et « Build a rocket boys » devrait suivre plus ou moins le même chemin. Les mélodies sont d’une finesse extrême, empreintes d’une belle mélancolie ; elles glissent dans l’oreille comme des poissons fendent la rivière. La douce et jolie voix de Guy Garvey vient voleter à la surface de ces airs limpides. Et le temps peut passer sans que jamais on n’en prenne conscience. Pour preuve, les huit minutes de « The Birds » s’écoulent sans qu’on ne prête attention à la longueur du morceau. Le chanteur nous envoûte, nous noie dans son océan de notes parfaites.

Elbow a construit un petit coin de paradis. Le quintette répond au plaisir du public, il envoie celui-ci au septième ciel. Mais trop de perfection mène à l’ennui et à l’indifférence. Une fois dans les nuages, on ne demande qu’à redescendre sur terre, là où les défauts peuvent avoir autant de charme que les qualités. Car c’est avant tout notre appréciation de ces failles qui détermine le fondement d’un lien avec quelqu’un ou quelque chose. Et dans cette optique, les cinq Mancuniens partent avec un fameux handicap. Les adeptes de cette logique apprécieront modérément « Build a rocket boys ». Pour ceux qui peuvent estimer la perfection à sa juste valeur : régalez-vous !

 

The Dodos

No Color

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The Dodos est certainement une espèce rare mais pas encore éteinte. Même si certains auraient voulu les abattre après la confection d’un album (« Time to die »), qualifié par une certaine presse critique de décevant. Mais ces drôles d’oiseaux n’ont pas dit leur dernier mot. Et il ne s’agit pas ici de faire du bruit inutile pour parader devant un public, tel un perroquet. Ils ne nous prennent pas pour des pigeons et nous servent un chant qui berce mélodieusement nos oreilles. Leur musique est aussi douce et pure que la colombe, aussi poétique que l’albatros, aussi rythmée que les battements d’ailes du colibri. Ces airs, qui soulèvent les membres plumés de ces divers volatiles, nous emmènent vers des cieux décalés. Témoin de cette véritable envolée sauvage, Léonard De Vinci doit se retourner dans sa tombe en voyant à quel point il est simple de nous envoyer dans les nuages. Le temps d’un album nous sommes tous membres d’un peuple migrateur suivant non pas son instinct, mais le talent d’un groupe. Car même s’il n’y a pas de grande surprise le long de la route, cette dernière mène toujours au soleil. En bref, The Dodos ne sont pas cuits, car « No Color » leur rend le crédit qu’ils avaient peut-être perdu lors de la sortie de leur dernier opus ; mais ils restent bel et bien savoureux.

Mais trêve de métaphores et de mauvais jeux de mots. Ces neuf pistes ne sont pas les plus éclatantes et originales de la formation. Bien que « Companions » affiche un petit côté ‘drôle’ et inattendu ou que « No color » soit sans doute orphelin d’un brin de folie, le groupe laisse toutefois la place pour combler ce manque sur scène. Finalement, ce quatrième elpee ne se grave pas dans les mémoires mais délivre un certain plaisir sensoriel immédiat. Par conséquent, les vautours de la critique devront encore attendre avant de savourer la carcasse sans vie de The Dodos.

 

The Dears

Degeneration Street (a)

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« Degeneration Street » démontre parfaitement, que malgré les multiples bouleversements de line up, le groupe québécois ne manque pas de ressources. The Dears nous offre un album très hétéroclite. La première et la dernière piste, respectivement « Omega Dog » et « Degeneration Street », en attestent. Elles nous plongent dans des univers complètement différents. Le titre maître voyage au sein d’une dimension davantage émotionnelle. Sa mélodie est un véritable tapis de velours pour la délicate voix de Murray Lightburn. Faut dire aussi que Murray Ligthburn possède un superbe timbre vocal. C’est le diamant brut de The Dears. Mais LE grand moment est incontestablement « Galactic Tides ». Bien qu’il ne soit pas fondamentalement original, d’autres ayant déjà utilisé les mêmes armes, ce morceau nous envoie une salve de frissons. Les rythmes plus endiablés comme celui de « Blood » ou de « Stick With Me Kid » compensent le manque d’adrénaline des plages les plus calmes. Ce qui n’empêche pas de rencontrer des intermèdes ennuyeux, comme « Thrones ». Le parcours est donc un peu (trop ?) vallonné. Les montées et les descentes successives finissent par fatiguer. Nous sommes satisfaits mais pas nécessairement rassasiés.

Architecture In Helsinki

Moment Bends

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Architecture in Helsinki est, comme son nom ne l’indique pas, un groupe originaire d’Australie. Il a été fondé en 2000. Les musiciens du pays des kangourous ont envahi la sphère musicale en 2003 pour y pondre leur premier album, « Fingers crossed ». Mais le summum de leur succès reste attribué au second opus, au titre étrange, réalisé en 2005, « In case we die ». Les deux expériences suivantes « We died, they remixed » et « Place like this », respectivement en 2006 et 2007, avaient nettement moins séduit la critique.

« Moment Bends » est loin des jolies mélodies colorées et délurées qui avaient conduit les huit Océaniens à la gloire. Les enfants qu’ils étaient alors ont grandi. Et ‘l’âge mûr’ apporte son lot de désagréments. Moins de rythme, moins d’esprit décalé. On rentre tout doucement dans le rang. Le nombre de suiveurs s’amenuise fortement. Les propositions avancées ne sont plus suffisamment osées à leur goût. Et on les comprend. On est en droit d’attendre bien plus d’une bande disposant du potentiel d’Architecture in Helsinki. Cet album est un peu trop gentillet et doucereux. Une seule piste tire légèrement son épingle du jeu : « Everything’s blue ». Mais ne nous laissons pas non plus emporter par des attentes construites sur un brillant passé. Car tout n’est pas à jeter dans « Moment Bends ». Certains airs restent sympathiques. Comme « That beep », porté par une voix féminine, qui nous emmène un court temps dans l’univers de la chanteuse. Mais toujours on se demande quand les notes des Australiens vont réellement s’emballer. La réponse est : jamais. Et venant d’eux, on ne peut se contenter de quelques mélodies ‘sympathiques’, trop fragiles que pour avoir le pouvoir de marquer les esprits et de satisfaire les amateurs d’Architecture in Helsinki.

Various Artists

Nos rêves sont nos armes

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« Nos rêves sont nos armes » est une compilation réalisée pour que nous n’oublions pas les révolutions du monde arabe. On le sait, Internet a joué un rôle important dans les révoltes en Tunisie et en Egypte. Ce n’est pas un secret non plus de dire que l’art dans son sens le plus large a toujours été porteur de messages à toute époque, dans toute civilisation. La musique est sans doute l’un des moyens les plus facilement décryptables et dont la capacité de propagande est une des plus fortes. Il suffit alors de combiner ces deux éléments pour multiplier les traces. Les chansons, appels et soutiens à la révolution pacifique, ont alors éclaté sur la toile du web. Quatorze exemples sont apposés sur cette compilation.

Ce recueil est relativement éclectique : on y trouve des notes d’instruments typiquement orientaux comme du rap. Musicalement parlant, notre oreille est trop peu accoutumée à ces rythmes orientaux que pour réellement en profiter. Aussi, peu d’entre nous prendrons plaisir à écouter ces voix tunisiennes et égyptiennes clamer leurs droits. On trouve tout de même quelques airs qui pourraient donner envie de se trémousser sur des mélodies inhabituelles. Même si, après l’écoute, le respect que nous avions envers ces civilisations s’en trouve grandi.

 

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