Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Chroniques

Black Dub

Black Dub

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A 59 ans, Daniel Lanois peut se targuer d’avoir une carrière bien remplie. Véritable star au Canada, son pays natal, il possède même son étoile gravée sur le Walk of Fame, à Toronto. Fin des années 60, il se produit déjà sur des scènes locales et en 1970, il monte son propre studio d’enregistrement à l’aide de son frère. Mais son véritable début de parcours date de 1979, lorsqu’il rencontre Brian Eno, en compagnie duquel il va commencer à collaborer. D’ingénieur du son il passe ensuite producteur et acquiert une notoriété internationale qui lui permet de mettre en forme des œuvres d’artistes mythiques comme U2, Bob Dylan, Peter Gabriel et plus récemment Neil Young. Quoique musicien, il ne concocte son premier opus solo qu’en 1989 (« Acadie »). Black Dub est un nouveau projet qu’il a créé en 2008. Projet qui a failli ne jamais naître, suite à un grave accident de moto dont il a été victime la même année, l’obligeant à se déplacer dans une chaise roulante, durant trois longs mois. 

Outre le drummer Brian Blade et le bassiste Daryl Johnson, deux musiciens chevronnés, le line up du groupe implique Trixie Whitley, une chanteuse dont la voix fait véritablement la différence, tout au long de l’elpee. C’est la fille du célèbre bluesman Chris Whitley. Elle est née à Gand, mais a beaucoup bourlingué. Quoiqu’encore jeune, elle jouit d’une belle réputation de vocaliste, dans les milieux new-yorkais. Chez Black Dub, elle insuffle à elle seule les émotions. Et maîtrise sa voix à la manière des plus grandes, et en particulier Joss Stone voire Lauryn Hill. Elle est tout simplement impressionnante. C’est même l’âme de Black Dub.

Quant à l’expression sonore, elle oscille du reggae (« Silverado ») au psychédélisme (« Ring the Alarm », « Last Times »), sur le fond de soul. Et, vous vous en doutez, la production est irréprochable. L’expérience de Daniel Lanois et de ses musiciens conjuguée au talent de la jeune demoiselle est couronnée par ce superbe album. Et puis quel plaisir de découvrir un pur diamant belge exilé aux Etats-Unis, dont on ignorait même l’existence.

Zarboth

Zarboth

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Zarboth est un autre groupe qui vient s’ajouter à la longue liste des duos français qui pullulent dans le petit monde du rock expérimental. Zarboth est né de la rencontre entre deux Parisiens : Etienne Gaillochet (batteur chez de We Insist !) et Phil Reptil (La Theory du Reptil). Un projet qui a pris forme en 2007. Et il n’a pas fallu longtemps à ce tandem pour trouver refuge au sein de Head Records (Microfilm, Pneu, Goodbye Diana, …)

A l’instar de Pneu, Room 204, Papier Tigre, 37500 Yens et consorts, Zarboth privilégie l’énergie sur la mélodie. Mélangeant jazz, math-rock et metal, le combo enchaîne les morceaux déstructurés. Le chant ou plus exactement les cris, les riffs agressifs et la batterie frénétique constituent le fil rouge de leur musique. Pas question ici de chercher une once de mélodie. D’ailleurs, l’expression sonore frôle parfois la cacophonie. Et « Dieceptev » en est la plus belle illustration.

En huit morceaux, tout est dit ! Des compos à l’énergie débordante, dispensées avec beaucoup de spontanéité, mais qui souffrent d’une grave carence mélodique. En bref, la paire ne se démarque guère de leurs compatriotes qui militent dans le style. Une exception qui confirme la règle : « Overtones ». Bénéficiant d’un minimum de chant, cette plage est manifestement le meilleur morceau de l’opus. 

Yéyé

My trap

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101 ans après la traversée de la Manche, accomplie par Louis Blériot, aux commandes de son avion, les Yéyé remettent le couvert. Brillamment et talentueusement. Pas inconnus au bataillon, David Leloup et Fabrice Hubert, fiers esthètes de la Pop française avec un grand P comme lettre de noblesse, sont parvenus à creuser leur tunnel sous la Manche pour dresser un tableau entre les deux nations un tableau qui doit autant à Marcel Duchamp ou André Breton qu'à James Kirkwood. Bidouilleurs-expérimentateurs férus de jolies mélodies, le duo comptait déjà à son actif un sémillant single répondant au titre d’« Eurostar ». La voie tracée, restait à concrétiser les idées nées des deux esprits en constante ébullition.

Pour y parvenir, le binôme a fait appel à la crème de l'indie d'hier pour sucrer des compositions à la touch toute frenchie. Ainsi Sice, ex-Boo Radleys, prête sa voix si reconnaissable sur la quasi-totalité de cet album ; une œuvre d'une fraîcheur estivale déconcertante. Ajoutez à ce cocktail juteux le savoir-faire de nos deux lascars ; et puis le coup de pouce accordé par Mark Gardener (ex-Ride), le coup de patte de Jon Auer (The Posies) ou encore la délicieuse voix d’Hélena Noguerra lors d’un duo ultra glam intitulé « Pope of the pop », et vous obtiendrez les ingrédients d'un album haut en couleurs.

Idéale bande-son pour oublier les soucis de l'hiver, cure d'U.V. sans danger pour la peau, Prozac pour oreilles paresseuses, « My Trap » s'ouvre sous nos pieds et on tombe avec plaisir dans ce piège coloré. ‘Don't be afraid, welcome to my trap’ prévient Sice. On se laisse aller. S'ensuit un plus baggy que Madchester « Slim day » au cours duquel les nappes de synthé échèrent les sens supposés danser sur le dancefloor. « Supervixen » rappelle le meilleur des Boo Radleys (NDR : évidemment !) Caractérisé par son clavecin facétieux, « Heroine » fait mouche. Marqué par son intro orchestral ténébreux et évoluant à la lisière d’une électro légère, « Comin' at night » se signale par son petit Air de rien. « Pope of the pop » nous rappelle les premiers pas de Tahiti 80. « Understand » trouve son équilibre sur un fil tendu au-dessus du vide et s'envole vers des strates plus noisy, comme autant de bulles de champagne teintées de larmes amères. « My friend » se fend d'un solo de guitare foutraque et goguenard. « So long » ramène sur la piste et lorgne vers les Pet Shop Boys. L'instrumental « Oxford 3 A.M. » quant à lui, débride la fantaisie de nos french guys. Et enfin « My story », qui clôt l'album sur fond de trompettes triomphales et déluges de guitares shoegaze, se termine en apesanteur.

Un sacré bon album pour amateurs de Pop jouissive.

 

The Mad Trist

Pay the Piper

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A première vue, il faut reconnaître que la pochette de cet album est assez attrayante. Les tons sont obscurs. Les collages représentent des hommes à tête de souris, un chien à tête d’homme ou encore un homme dont le visage a été remplacé par une théière. De quoi laisser une bonne première impression. Penchons-nous maintenant sur l’expression sonore de cette formation batave, issue de Maastricht très exactement (NDR : ce n’est pas loin de la frontière belge !)

Ce qui saute tout d’abord aux oreilles, c'est la ressemblance entre la voix du chanteur et celle de Josh Homme. Puis les riffs de guitares. Directement influencés par les groupes stoner californiens, même si les sonorités sautillantes des cordes rappellent davantage Millionnaire. Encore que parfois c’est plutôt à The Hickey Underworld voire à Drums Are For Parades (ceux-ci sont cependant plus énervés) qu’on se met à penser. Et « Juvenile » ainsi que « Pay the Piper » en sont de belles illustrations. Mais, si la musique de la formation néerlandaise tient bien la route, on ne peut pas dire qu’elle sorte très souvent des sentiers battus. Sauf peut-être quand elle intègre des références psychédéliques dans ses compos. A l’instar de « Like a Perfume », morceau parcouru de chœurs et caractérisé par cette gratte dépouillée d’effets ou encore l’excellent « Silver Lines », fruit d’une rencontre parfaite entre psyché et stoner, deux titres au cours desquels, The Mad Trist parvient enfin à faire la différence. Et c’est tout à leur honneur.

« Pay the Piper » constitue le premier long playing du band orange ; et si dans le futur, il parvenait à développer son profil psychédélique, il pourrait devenir un groupe phare de la scène belgo-néerlandaise. A suivre de (très) près…

Hooverphonic

The Night Before (b)

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Exit Geike Arnaert. Enter Noemie Wolfs. Il s’agit de la troisième chanteuse de la formation belge, qui a perdu deux ans auparavant l’une des plus jolies voix de la pop issue de nos contrées. Mais ce qui frappe à la première écoute du septième recueil d’Hooverphonic, ce sont les intonations de Noemie Wolfs, étrangement proches de celles de Geike. Pas fou le Callier ! La jeune femme, qui n’a aucun complexe à avouer qu’elle n’était pas nécessairement fan de la musique du trio avant de rejoindre ses rangs, n’a donc pas grand-chose à envier à celle qu’elle remplace. Enfin presque. Noemie étale donc ses vocalises au cœur de treize nouvelles compositions qui rappellent vaguement la discographie la plus pop du combo, à savoir « Jackie Cane » et « No More Sweet Music ». Deux plaques qui ne sont pas nécessairement les meilleures de la formation.

« The Night Before » est sympathique, sans casser des briques. Bien qu’elle possède de solides cordes vocales, la nouvelle interprète du trio aurait peut-être eu besoin d’un peu plus de temps avant de se lancer dans l’aventure. En cause, les quelques chants trop académiques qui font surface au sein des morceaux les plus down-tempo (« More », « How Can You Sleep », « Danger Zone »). Mais toujours est-il que la petite a du mérite, vu que la comparaison est inévitable. Ce sont donc ses acolytes, Alex Callier et Raymond Geerts, qu’il faut pointer du doigt. Ces derniers nous avaient habitués à mieux. Comme sur les impeccables « The Magnificent Tree », « The President Of The LSD Golf Club » et, surtout, « A New Stereophonic Sound Spectacular », la petite perle confidentielle jamais égalée. Il n’empêche que si « The Night Before » devait être le tout premier disque de la formation, on ne pourrait que saluer le travail d’orfèvre au niveau de la production. Joli, mais peut manifestement faire mieux.

HysM?

How to Hypnotize (Your Friends)

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Outre le split album partagé en compagnie de IOIO, « How to Hypnotize (Your Friends) » constitue le troisième opus de Hysm?, un duo italien responsable d’une musique (très) expérimentale. ‘Comment hypnotiser vos amis’ aurait pu s’ouvrir par « How to fall asleep » et se clore par « How to Get Bored ».

Le plus souvent privée de structure et de sens mélodique, leur fusion de rock et de free jazz est parcourue de bruits inattendus. Et lorsqu’un titre commence à accrocher, à l’instar de la cinquième et de la huitième piste (NDR : le tandem n’a apparemment pas jugé bon d’attribuer un titre aux différents morceaux), Hysm? prend un malin à plaisir à déconstruire l’ébauche de ce qu’il venait d’élaborer. OK, c’est audacieux, mais faut quand même pas abuser. Si bien qu’au fil de l’écoute l’ennui se transforme en irritation.

Avouons-le, écouter cet elpee jusqu’à son terme relève de la prouesse. On est d’ailleurs ici plus proche du calvaire que de la partie de plaisir.

Cruise (CTRL)

How's Annie?

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« Cruise Control » : un programme suivi à la lettre par ce duo belge tant sa musique semble sur pilotage automatique. Pourtant leur électro ne manque pas d’allure ; mais il est quasi-impossible de pénétrer dans cet univers sonore aussi ténébreux que métronomique. Pourquoi ? Une approche bien trop martiale de leurs compos pour vraiment accrocher. Les beats sont minimaux et sans grande originalité. Les plages particulièrement longues et répétitives. Et finissent par susciter l’ennui. « How’s Annie ? » constitue le second elpee de la formation. A la limite, ces morceaux pourraient servir de bande sonore à certains films sombres et hermétiques, comme ceux de David Lynch ou Alex de la Proyas. C’est d’ailleurs ce que revendique le groupe. Le recto de la (très belle) pochette est représenté par un cœur. Pas très représentatif de la musique de Cruise (CTRL). Bien trop désincarnée, elle ne s’adresse d’ailleurs exclusivement qu’aux inconditionnels de techno minimale.

Klaxons

Surfing the Void

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Qu’on ne parle plus de Nu-Rave au quatuor (anciennement trio) qui nous a pondu l’excellent « Myth Of The Near Future », en 2007. « Surfing The Void », c’est le pied de nez aux détracteurs qui les attendaient au tournant. Ce qui est une excellente chose en soi, vu que le genre précité n’aura pas survécu plus de deux ans. Les Klaxons nous servent ici de bons gros riffs bien bourrins, des mélodies divinement chaotiques et des refrains qui ne risquent pas de se retrouver un jour listés dans les karaokés. Ce son plus lourd, la formation le doit certainement au préposé aux manettes, Ross Robinson, habituellement délégué aux productions Metal (Korn, Glassjaw, Machine Head, At The Drive-In, Sepultura,…).

« Surfing The Void » a d’autant plus de mérite qu’il a été accouché dans la douleur. Le label a en effet refusé à plusieurs reprises les premières ébauches proposées par le quatuor, jugées trop ‘anti-commerciales’. Le résultat final n’est pourtant pas facilement accessible. Le disque ne rencontre d’ailleurs pas le même succès commercial que « Myths Of The Near Future ». Klaxons a donc tiré sa révérence à tous les fluokids, même si certains morceaux gardent quelques séquelles du premier labeur (« Cypherspeed », « Flashover », « Echoes»). Moins instantané que le précédent opus, « Surfing The Void » est l’un de ces disques vers lesquels on se retourne quelques années plus tard en se félicitant de ne pas être passé à côté.

Avis aux fans, en guise de cadeau de fin d’année, le quatuor propose également, depuis ce 27 décembre, un Ep inédit de 5 titres. « Landmarks Of Lunacy Ep » a été mis en boîte en compagnie de l’inévitable James Ford (Simian Mobile Disco) lors des sessions d’enregistrement de « Surfing The Void ».

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