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Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Biohazard 8/8/26
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Chroniques

Louis Chedid

On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime

Écrit par

Louis Chédid est un auteur/compositeur/interprète assez prolifique. De ses débuts remontant à 1973, illustrés par la sortie d’un premier album intitulé « Balbutiements », à ce jour, 27 années se sont écoulées. Et en cet automne maudit pour nos voisins français (voir l’actualité politique…) l’ami Louis nous propose, non pas un, mais onze magnifiques rayons de soleil pour faire oublier la dure réalité des choses.

« On ne dit jamais aux gens qu’on aime qu’on les aime » est à ce jour la seizième galette du papa de qui vous savez… Depuis ses ‘balbutiements’, on aura donc eu droit au minimum à un nouveau disque tous les deux ans. Qui dit mieux ? Deux albums live viennent s’ajouter à cette panoplie bien fournie, le premier publié en 1994 et l’indispensable « Botanique et Vieilles Charrues », en 2003.

Après avoir édité une comédie musicale baptisée « Le soldat Rose », en 2006, puis offert sa collaboration pour le mixage de « Mister Mystère » de sa progéniture, Louis revient donc aux affaires. C’est évidemment en bénéficiant de la complicité de son génie de fils que Louis a enregistré ce nouvel opus. Tour de force assez singulier de la part de cette entité bucéphale, il n’aura fallu que dix jours pour mettre en boîte ces onze nouveaux titres. Tous écrits et composés par l’artiste, même s’il a bénéficié du concours de Pierre-Dominique Burgaud, l’auteur du Soldat Rose, pour « Chat Noir » et « Tu peux compter sur moi ».

Affichant un look à la ‘Brassens’ (grosse moustache et guitare) et affichant 62 balais, Louis nous apporte une nouvelle fois un éventail d’émotions, « Tu peux compter sur moi », « Maman maman », « Au secours », un regard tout personnel sur les problèmes de notre société tout au long de « A force », une petite dose de mélancolie sur « Blues du dimanche soir » et un certain cynisme sur « Chat noir » ou « Croque mort ». La palme revient toutefois au titre phare de l’album « On ne dit… », hymne à la vie, aux relations amicales, familiales ou amoureuses ; en un mot, au bonheur…

Au final, un morceau, « Quelle belle histoire », résume à lui seul cette seizième réalisation, œuvre d’un des papys de la chanson française, le seul qui ait réussi dans les années 70, à dépoussiérer la ‘variété franchouillarde’ pour en faire une chanson française de qualité.

Indispensable pour les amoureux des belles ballades et des mots doux…

 

B.B. & The Blues Shacks

London days

Écrit par

B.B. & the Blues Shacks est plus que probablement le meilleur groupe de blues sur la scène allemande. Dirigé par les frères Michael et Adreas Alt, respectivement harmoniciste/vocaliste et guitariste, cette formation implique également Denis Koeckstadt au piano, Henning Hauerken à la basse et Bernahrd Egger aux drums. Leurs débuts remontent à 1994, année au cours de laquelle, ils publient "Feelin' fine today". Quatre elpees paraîtront ensuite chez Stumble. Puis, ils signent pour Crosscut, le label blues de référence en Allemagne. Ils y ont aligné "Midnite diner" en 2001, "Blue Avenue" en 2003, Live at Vier Linden" en 2005 et "Unique taste" en 2008.

Le titre de ce nouvel opus ne laisse planer aucun doute : l'album a été enregistré à Londres. Au studio Toe Rag, très exactement, sous la houlette de Liam Watson, un producteur qui a notamment travaillé pour les White Stripes et Hugh Cornwell (ex-Stranglers).

L'album s’ouvre par "Real good times", une compo qui nous entraîne dans l'ambiance Stax des années 60. Du R&B entraînant et dansant imprégné par l’orgue d’un prestigieux invité teuton, Raphael Wressnig ; et enrichi par une section de cuivres. Percutant, "This time baby" embraie dans le même style. Les cuivres et l'orgue sont toujours bien présents. La voix autoritaire de Michael est renforcée par des chœurs masculins. Dennis signe une brillante sortie au piano. Les Blues Shacks reviennent dans un style qui correspond davantage à leur identité, en injectant une énorme dose de swing dans "High class lonely", un morceau au cours duquel Andreas sort un bijou de solo, sur le fil du rasoir, digne de Jimmie Vaughan. Michael en souffle de bonheur dans l'harmonica qu'il est enfin parvenu à extraire de sa poche. En toile de fond, Wressning soigne l’expression sonore de ses interventions à l’Hammond B3. Ballade soul, "Just you" est finement ciselée. Chicago blues puissant, "Between the lines" est imprimé sur un tempo élevé. Les styles de Little Walter et Billy Boy Arnold ont adopté un traitement moderne. La cohésion des musiciens est remarquable. Michael chante "It hurts so good", sur un tempo relax, balayé de chœurs doo wop. Sillonnant ces routes du Sud, Andreas se sent inspiré et libère ses cordes face aux cuivres médusés! Cette utilisation du doo wop si populaire dans les fifties hante cet elpee. Et se révèle remarquable tout au long de "My baby's alright", une compo proche d'un shuffle texan à l’intensité dévastatrice, au cours de laquelle l'harmo nous transperce l’âme. Manifestement, ce sont les parties vocales qui ont surtout bénéficié du travail opéré dans ce studio londonien. Ce qui explique pourquoi Mr Alt chante aussi majestueusement les indolents "How long can you go" et "Once in a while". Deux plages absolument remarquables. Retour à Memphis pour défier "Fools getting stronger", un morceau qui sonne plus BB King que nature ; et pour cause Andreas parvient à faire revivre Lucille, sur le Vieux Continent. "Miss wrong" nous traîne vers la Nouvelle Orléans, une compo agitée par des percus si caractéristiques, et balisée par les accords de piano syncopés dispensés par Koeckstadt, dans l’esprit de Professor Longhair. "Turnaround" marque le dernier retour au style Stax. L’opus recèle un bonus track : "Autumn sunset". Un swing blues tout en délicatesse et subtilité que Michael conduit à la manière de Toots Thielemans. Excellent!

!!!

Strange Weather, Isn’t It ?

Écrit par

Ceux qui me connaissent le savent, il m’est quasi impossible d’être impartial lorsque l’on parle de !!!. Seulement, bien des choses ont changé entre la sortie de l’indispensable « Myth Takes » et de ce « Strange Weather, Isn’t It ? ». D’abord le départ de John Pugh. Une mauvaise surprise qui laissera Nic Offer sans l’essentiel binôme. Suivi d’autres désertions ; mais surtout la mort de Jerry Fuchs. Toute une série d’événements très susceptibles d’achever le moral de la troupe. !!! compte aujourd’hui 5 membres dont les indécrottables Nic Offer et Allan Wilson ainsi que Shannon Funchess qui remplace Pugh sur scène comme en studio sans jamais l’égaler. Le quatrième recueil de la formation est donc indiscutablement celui du changement. Et de prime abord, dur dur de s’y faire… Mais !!! a plus d’un tour dans son sac.

Enregistré  à Berlin, « Strange Weather, Isn’t It » est le disque le plus pop de !!! concocté à ce jour. Offer et ses collègues ont opté pour plus de légèreté tant dans les textes que les arrangements. Souvent, la pilule passe sans effort (« Wannagain Wannagain » et son irrésistible ascension finale, « Steady As The Sidewalk Cracks » et son saxo obsédant, « The Most Certain Sure » et son ‘bridge’ tripant ou encore le délirant  « Jamie, My Intentions Are Bass »). Parfois, elle coince (le refrain mollasson de la version studio de « AM/FM », l’inutile « Hollow »). Reste que !!! ne serait pas !!! sans une large dose de riffs funkys et de beats orgasmiques. S’il ne convainc pas instantanément, « Strange Weather, Isn’t It » est de ces disques qui tracent leur chemin vers les neurones à leur rythme et, une fois atteints, s’y installent confortablement. D’autant plus que ce quatrième essai contient le Tube, T majuscule, de !!!. « The Hammer », l’hommage suprême à Jerry Fuchs, construit tout crescendo, sera rapidement reconnu par les fans comme incarnant ce rouleau compresseur qui te retourne le public comme une crêpe, à chacune des prestations du quintet depuis quelques années déjà. Et ne serait-ce que pour ce morceau, l’un des derniers coécrit par Fuchs et accueilli en version studio comme le messie, il serait honteux de ne pas compter « Stranger Weather Isn’t It ? » dans sa discographie !(!!)

Verone

La fiancée du crocodile

Écrit par

Coupable d’un premier album intitulé « Retour au zoo », en 2005, le trio Verone s’est mué en un duo cinq années plus tard. Lors de la sortie de ce premier ouvrage, la critique avait été unanimement… partagée ! Elle portait le groupe aux nues ou la précipitait aux enfers, c’est selon. Style nouveau, inventif à souhait, nouvelle révélation de la chanson française, pour les uns ; exercice de style hypnotique, sans énergie, irritant, pour les autres.

Pour « La fiancée du crocodile », ne restent plus à la barre que le chanteur/auteur/compositeur Fabien Guidollet et sa comparse Delphine Passant. Les deux rescapés de la première heure apprécieront toutefois l’aide précieuse apportée par une flopée de collaborateurs ; et notamment Yann Arnaud (Air, Syd Matters, Jeanne Cherhal, Camille...) et Paul Kendall (Depeche Mode, Nitzer Ebb, Recoil, NIN...) au mixage. Plusieurs musiciens et amis sont venus ajouter circonstanciellement leur grain de sel aux sessions d’enregistrement : Jeanne Balibar, qui a accepté d’être l’interprète féminine de « Transparent », Frédéric Lo (Daniel Darc), Dominique Mahut (l’homme de l’ombre derrière Jacques Higelin), Sammy Decoster, Mark Kerr (le batteur écossais des Rita Mitsouko et de Joakim), Jérôme Bensoussan (Dominique A), et quelques autres encore… Chaque invité apporte sa pierre à l’édifice comme si on invitait différents corps de métier pour la construction d’une habitation. Le tout se transformant en une maison difforme et bigarrée à souhait. Des musiques pop, entraînantes et variées. Une instrumentation très riche et originale, dont un banjo, une trompette, une clarinette par-ci, de nombreux bruitages ménagers par-là, apportent aux compositions un son vraiment particulier mais tellement nouveau et amusant. A ce stade, on parlera d’une réussite totale. Quelle inventivité, quelle richesse !

Tout au long de cet opus, Verone nous entraîne dans une farandole de format pop, pimpant, et pointu, mais les paroles laissent poindre la fantaisie et un peu de noirceur. ‘J’sais bien que quand je casserai ma pipe / Elle versera pas une larme pour moi / L’enterrement il sera pas utile / Avant de m’bouffer elle m’noiera...’ Le reste est à la hauteur, on oscille de la bonne humeur et de l’humour à la tristesse, en passant par la dérision, le loufoque ou le saugrenu.

Bref ? Dix morceaux qui se succèdent sans lien logique entre eux si ce n’est qu’on a l’impression (excellente d’ailleurs) d’être entré dans un cirque où les numéros se suivent pour le plus grand plaisir des grands et des petits (dont je suis !) Il suffit d’écouter en finale « Le concours d’imitation », de fermer les yeux et… c’est comme si on se retrouvait sur un champ de foire foraine !

Enfin, observez bien la pochette. Elle a été imaginée par Olaf Hajek, peintre et illustrateur berlinois, reconnu internationalement pour son travail d’orfèvre, et qui compte parmi ses clients Dior ou Givenchy, un artwork réalisé entièrement à la main, surréaliste et riche en couleurs. On croirait y apercevoir Alice du pays des merveilles, le serpent qui a corrompu Eve, des oiseaux, un crocodile, une petite rivière et d’autres images paradisiaques, féériques ou complètement décalées. « La fiancée du crocodile » est un album riche, sensible, comique même, original et tellement pop. Mais ne nous focalisons pas seulement sur cette pochette sublime, car la musique de Verone est tellement colorée, inventive ; et puis, elle véhicule des textes ironiques exquis.

Du pur plaisir. Vivement conseillé !

Various Artists

BUGGEDOut ! Presents Suck My Deck Mixed By Friendly Fires

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Friendly Fires a le vent en poupe ! Après avoir publié un excellent album éponyme en 2008, chez XL, le trio britannique a enchaîné concerts dignes du carnaval de Rio, DJ sets, et collaboré en compagnie de Holly Ghost ! (DFA) pour graver un split Ep. Dès que la musique du combo pénètre dans vos conduits auditifs, les fronts se mettent à perler et c’est le corps tout entier qui remue telle une furieuse machine à danser. C’est cool et on les aime bien pour cette raison. N’empêche qu’on attend toujours impatiemment la suite de leur première plaque ! Alors pour patienter, Friendly Fires vient de pondre un petit DJ set pour l’écurie teutonne !K7. « BUGGEDOut ! Presents Suck My Deck Mixed By Friendly Fires » c’est la compile essentielle pour ne pas déprimer lorsque la lumière naturelle commence à manquer. Après Hot Chip, Brodinski, Boys Noize ou encore Simian Mobile Disco, c’est au tour de nos trois gais lurons de faire flamber les platines. Et autant vous dire que ça déménage sec dès que « Freak-A-Holic » de The Egyptian Lover retentit. En outre, on danse et l’humour est bien présent. Et entre quelques titres funky bien solides, on épinglera les tracks rebondissants « Bearded Lady Motorcycle Show » de Bot’Ox ou encore l’excellent « Baby Can’t Stop (Aeroplane Remix) » de Lindstrom & Christabelle. Et puis, on ne se lasse toujours pas de savourer la tuerie « Din Daa Daa » de Georges Kranz qui nous communique définitivement la bougeotte ! Encore une compile essentielle signée par l’un des groupes les plus prometteurs de l’univers dance/rock ! En compagnie de Friendly Fires, c’est toujours chaud ! Et ça j’aime !

The Superbees

Top Of The Rocks (Ep)

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Ces ‘super abeilles’ ne sont pas très travailleuses. Il leur aura fallu huit ans pour se décider à donner une suite à leur « High volume », publié en 2002. Huit années c’est long ! Surtout que la nouvelle galette n’est pas très consistante : six titres seulement (dont une reprise) pour un total de dix-huit minutes de musique, à peine. Il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser. Sauf que, les abeilles qui nous concernent ne produisent pas un miel ordinaire, mais une gelée royale à la saveur inégalable.

Formé en 1998, ce quatuor basé à Los Angeles incarne la quintessence du rock’n’roll. Imaginez un condensé sauvage de garage rock interprété avec la classe aristocratique d’un dinosaure du classic rock. Il aurait probablement été difficile de trouver un nom plus approprié que « Top Of The Rocks » pour décrire cet Ep époustouflant. Les Superbees y allient avantageusement la rage primaire des Stooges, de Johnny Thunders et du MC5 au savoir faire des Rolling Stones et d’Aerosmith.

Du début sleaze rock décapant de « Silverjet », la plage d’ouverture à la cover finale du « S.O.S. » (Too Bad) d’Aerosmith (NDR : enregistré originellement par Tyler, Perry & Co pour l’album « Get Your Wings » de 1974), chaque plage est conçue comme une déflagration de bonheur rock’n’roll. A consommer sans modération.

Stereo Grand

I’m Coming Home (Ep)

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Premier Ep pour ce groupe belge réunissant des musiciens qui ont déjà de la bouteille. Stereo Grand voit le jour en 2003, lorsque Jean-Philippe Risse, vivant alors à Glasgow, rencontre Rodger Hugues. Rapidement, le courant passe entre les deux hommes. Ils bossent ensemble pendant cinq longues années sur leur projet, mais se rendent compte, après cette longue période, qu’un élargissement de leur line up s’impose. Ils recrutent alors des musicos issus d’horizons divers : Yves Daloze (guitare), Lionel Walrant (basse) et Stefan ‘Butch’ Boucher (batterie). Stereo Grand est alors au complet. Progressivement, le combo s’illustre en Belgique. Il a ainsi l’opportunité de participer, entre autres, au Concours-Circuit, au Festival Nouvelle Vague ainsi qu’au Verdur Rock. Il n’en fallait pas plus à Stereo Grand pour attirer l’attention du label belge Fatko (Pixel Race, Rhinestone Lives) qui lui permet d’enregistrer son premier Ep, sous la houlette du producteur De Schutter (Ghinzu, Ozark Henry mais aussi Kyo, …).

« I’m Coming Home » s’ouvre par le single « Yeah Yeah », morceau entraînant à la mélodie facilement mémorisable. Dans les grandes lignes, la pop de Stereo Grand s’inscrit dans la lignée de formations bien de chez nous comme Girls In Hawaii ou Sharko, y injectant même certains éléments plus dansants, qui rappellent davantage Zita Swoon, à l’instar de « Dance Floor ». En outre, la voix du chanteur, évoque parfois celle de Stef Kamil Carlens.

Ce disque ne risque pas de révolutionner la scène belge, mais les 6 morceaux qui le composent demeurent fort agréables à écouter. Que demander de plus ? Maintenant on attend une suite plus conséquente à ce premier essai ; et donc un véritable album, pour se faire une idée plus exacte de leur potentiel…

Jason Steel

Fire Begot Ash

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Un triste jour d’hiver. Votre serviteur est seul. Dans une cabane, perdue au sein des montagnes nord-américaines. Au beau milieu des Appalaches, très exactement. Il fait froid et il neige. Heureusement, le poêle fonctionne. Foutue saison! Je regrette déjà mon voyage en terres américaines. Soudain quelqu’un frappe à la porte. Un inconnu demande s’il peut partager mon gîte. Pour me remercier de mon hospitalité, il sort un banjo et me gratifie d’un récital dont l’épure réchauffe le cœur. Des chansons intemporelles écrites pour les hommes des bois ou des steppes. Un goût de l’Ouest américain que j’étais venu chercher. Je lui avoue mon origine belge… et que si j’avais su qu’il suffisait d’écouter ce genre de musique pour voyager à travers les terres américaines, je serais bien resté au chaud chez moi ! Il me répond alors qu’il est Anglais et que cette authenticité bluegrass, il l’a puisée dans son Yorkshire natal… Vous avez ainsi un bref aperçu du climat au sein duquel baignent les douze morceaux de « Fire Begot Ash ». Des compos trempées dans le folk blues traditionnel, voire dans l’americana le plus pur.

Jason Steel est guitariste chez Owl Service. Et « Fire Begot Ash » constitue son deuxième opus solo. Pendant un peu plus de 30 minutes, le Britannique nous plonge au sein d’une époque qu’il a découverte en regardant les westerns rehaussés par la présence de Clint Eastwood, lorsque le banjo et les guitares acoustiques servaient de bande sonore à la Conquête de l’Ouest cinématographique. Une belle aventure, en quelque sorte. Au sein du tracklisting, figurent quelques titres instrumentaux. Qui ne dénaturent jamais l’ensemble. Cependant, c’est lorsque l’artiste parvient à habiter ses chansons qu’il devient le plus performant. A l’instar de la ballade paisible « The Black House » ou encore la plus poignante « Cling & Klaw », au cours de laquelle un frisson vous parcourt l’échine. Mais le plus beau challenge accompli par Jason Steel, c’est d’être parvenu à éviter de sombrer dans la monotonie, en n’utilisant qu’un seul micro et en se limitant à un strict minimum de moyens. Un disque simple et beau à la fois,  concocté dans l’esprit d’Iron & Wine voire de John Fahey.

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