Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

logo_musiczine

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

L7
The Cure
Chroniques

Santana

Guitar heaven (Cd + Dvd)

Écrit par

Carlos  Santana nous entraîne au paradis des guitares. Sous-titré « The greatest guitar classics of all time », « Guitar heaven » est donc censé nous faire revivre les plus grands classiques de tous les temps. Perso, je n’en suis pas si sûr ; mais n’empêche, Carlos est un musicien exceptionnel et c’est sans la moindre difficulté qu’il revêt successivement les costumes de Jimmy Page, Jeff Beck, Eric Clapton, Richie Blackmore, Van Halen et consorts. Arista lui a fourni tout ce qu’il souhaitait pour concrétiser son projet. Et pourtant, hormis Joe Cocker, la liste des chanteurs ne recèle que des artistes plus jeunes que lui ; et, sans aucun doute, moins connus du grand public. Cette édition réunit seize plage dont deux bonus tracks, pour la version ‘de luxe’.

L’opus démarre fort par "Whole lotta love", le titre le plus prestigieux du répertoire de Led Zeppelin. Une reprise sans surprise. Il dispense sans difficultés, le riff popularisé par Jimmy Page, pendant que Chris Cornell (le chanteur de Soundgarden) se révèle tout à fait étonnant dans le rôle de Robert Plant. Une entrée en matière réussie. Carlos reproduit tout aussi facilement le riff caractéristique de Keith Richard, sur le "Can’t you hear me knocking" des Rolling Stones. Scott Weiland, le vocaliste des Stone Temple Pilots, n’a ni le timbre, ni les inflexions de Mick Jagger, mais dans son registre, il est tout à fait convainquant, face à la guitare dont le solo s’envole bien au-delà des limites fixées, à l’époque, par Mick Taylor. "Sunshine of your love" était le cheval de bataille du Cream, supergroupe anglais issu des sixties. Carlos se met dans la peau de Clapton, pendant que Rob Thomas (NDR : fin du siècle dernier, Rob militait comme chanteur au sein de Santana ; il a d’ailleurs participé à l’enregistrement de "Supernatural") emprunte la voix de Jack Bruce. La reprise du "While my guitar gently weeps" de George Harrisson est un des sommets de ce ‘paradis’. La voix suave d’India Arie est soutenue par le violoncelle de Yo Yo Ma (NDR : un musicien d’origine chinoise), le piano acoustique et les cordes magiques du maître! Mr Santana pourrait alors se permettre de lever le pied. Mais apparemment, ce n’est pas son intention. D’ailleurs lors du  "Photograph" de Lef Leppard, il donne une leçon de heavy metal. Et sa version hard rap du "Back in black" d’AC-DC met en exergue le sémillant Nas. Le tracklisting en revient ensuite aux grands classiques du passé. Tout d’abord le "Riders on the storm" des Doors. Auquel participe le claviériste originel, Ray Manzatek. La sonorité de son orgue est tellement caractéristique ; mais le chanteur de néométal Chris Bennington n’est pas Jim Morrison. Carlos s’offre un moment de récréation en imitant le riff de Blackmore sur le "Smoke on the water "de Deep Purple. Excellent, Jacoby Shaddix (de Papa Roach) a repris le micro dévolu à Ian Gillan! Parmi les standards, j’épinglerai encore le "Dance the night away" de Van Halen et le "Get it on"de T Rex, rebaptisé "Bang a gong". Santana rend hommage à Jimi Hendrix. Il reprend son "Little wing" ; et c’est un vétéran, Joe Cocker, qui pose sa voix rocailleuse et fatiguée sur la compo de ce monstre sacré. J’apprécie tout particulièrement l’adaptation du "I ain’t superstitious" de Willie Dixon, un classique du Chicago blues. La vision proposée ici par Santana est comparable à celle affichée par Jeff Beck sur son album "Truth", un elpee paru en 1968. Le son de guitare est découpé au rasoir ; et si Jonni Lang n’est pas Rod Stewart, il est indubitablement un tout bon jeune chanteur de blues! En rappel, l’habile Santana nous réserve une version très personnelle du "Fortunate son" de Creedence Clearwater Revival. Curieux, Scott Stapp, le chanteur de Creed (NDR : cherchez l’erreur !) se charge des parties vocales. Et l’elpee s’achève par "Under the bridge" des Red Hot Chilli Peppers, une cover que se réserve Andy Vargas, l’actuel vocaliste de Santana.

Le Dvd ne nous propose pas beaucoup plus. Il est cependant enrichi d’interviews accordés par Santana ainsi que de Clive David, l’homme derrière ce projet ; sans oublier quelques prises filmées lors des les sessions d’enregistrement. Merci Carlos pour ce petit bout de paradis!

 

Pura Vida

Struggle in the city

Écrit par

Cet orchestre est un pur produit Made in Belgium ! Le terme orchestre n’est pas à prendre à la légère : onze musiciens partagent la scène. En 2008, ils remportent la compétition du Reggae Contest of Rototom Sunsplash. Ce concours leur a ouvert les portes au monde de la World.

Dès le premier titre, cet elpee intrigue. Il ne laisse en rien paraître que Pura Vida est un groupe de reggae. Tout d’abord par son étrange pochette, l’illustration de Nina Schelfthout représente une femme entourée de serpents. Ensuite, le premier morceau de l’album, « Third World » nous interpelle. Il débute par une intro de plus de trois minutes au son plutôt alternatif que reggae.

L’opus mélange dub expérimental et sonorités jamaïcaines. A vrai dire, le combo décrit sa musique comme une ‘variante rafraîchissante du genre qui se frotte sans peine à la soul, au blues et à la world’. On n’aurait pas pu mieux résumer ce que nous propose Pura Vida.

« Struggle in the city » est partagé entre titres relaxants et morceaux totalement festifs. On passe clairement de la zen attitude à l’envie de danser sans plus s’arrêter. Le petit plus du groupe ? La diversité des voix et le talent des nombreux musiciens.

Tom Petty

Mojo

Écrit par

Tom Petty est un artiste attachant. Issu de la scène rock, ce musicien est parvenu à puiser au sein d’une multitude de styles pour créer une musique bien américaine, que l’on qualifie aujourd’hui d’ailleurs d’americana. En fait, il s’agit tout simplement de bon vieux rock, teinté de fortes colorations country, et épicé d’un zeste de blues et de folk. Il y a bien longtemps qu’il roule sa bosse sur les routes du rock ; mais j’ai quand même été surpris d’apprendre qu’il allait souffler ses 60 bougies, en octobre 2010.

Ce garçon, aux cheveux blonds filasse est originaire de l’état du soleil, la Floride. Au cours des années 70, il monte son groupe, les Heartbreakers. Le combo publie son premier elpee en 1976. Il est éponyme. Et recèle déjà deux futurs classiques "Breakdown" et "American girl". Depuis, il a parfaitement mené sa barque, même si depuis l’an 2000, il s’est montré relativement un peu plus discret, concoctant "The last DJ" en 2002, "Highway companion" (NDR : en solo) quatre ans plus tard, et "The Live Anthology", fin de l’année dernière. Il a baptisé son nouvel, "Mojo". Ce qui lui confère une étiquette plutôt blues ; et manifestement, on y retrouve régulièrement des tempos empruntés au blues! Tom chante, bien sûr, et joue de la guitare. Il est soutenu par ses fidèles musiciens : les guitaristes Scott Thurston et surtout Mike Campbell, l’organiste Benmont Tench, le bassiste Ron Blair et le drummer Steve Ferrone.

"Jefferson Jericho blues" ouvre l’elpee. Le tempo est imprimé sur le rythme du chemin de fer, si souvent popularisé dans le blues du sud. La compo véhicule des accents empruntés au Mississippi et à la Louisiane. Thurston se réserve l’harmonica tout au long de cette ballade empreinte de douceur et bien construite. Les instruments baignent dans une certaine forme de quiétude, mais également de subtilité, à l’instar du Steely Dan au sommet de son art! Blues/rock, "Running man’s bible" met en exergue Mr Petty à la guitare solo. Et bien sûr au chant. Sa voix est très convaincante tout au long de cette plage traversée de climats rythmiques torrides, et dont l’atmosphère est réminiscente de l’album "L.A woman" des Doors. "The trip to Pirate’s cove" est une ballade majestueuse, dont la densité et la richesse sont entretenues par les cordes de Campbell et l’orgue Hammond de Tench. Du Tom Petty and The Heartbreakers par excellence ! Relax, "Candy" campe un blues rocker bien dans l'esprit de JJ Cale. Et il est excellent. Autre ballade, "No reason to cry" trempe dans la country. Une plage délicieuse au cours de laquelle Mike Campbell se réserve la lap steel guitare. Largement amplifié, puissant, "I should have know it" libère toute son intensité, une intensité dramatique entretenue par les riffs de gratte. "US 41" s’ouvre sous une forme de blues empreint de légèreté, avant de s’engraisser au contact de la slide de Campbell, mais aussi de l'harmonica. Inspiré par le géant du southside, Muddy Waters, "Takin' my time" baigne dans le Chicago blues. Et pour cause, son riff est tellement proche de "Mannish boy". Au bord de la saturation, les cordes sont pourtant bien maîtrisées. Tom poursuit son parcours dans l’univers du blues, en délivrant un "Let yourself go" rondement mené. Talonné par l'harmo de Thurston, Campbell est alors au sommet de son art. Et "Lover's touch" évolue dans le même registre. "Don't pull me over" émarge au reggae. Tom attaque un autre blues rock qui ne maque pas d’allure : "High in the morning", une compo au cours de laquelle son timbre est tellement proche de celui de Dylan! D’excellente facture, cette œuvre nous réserve encore deux somptueuses ballades, "Something good coming" et "Good enough".

 

Orchestral Manœuvres in The Dark (OMD)

History of modern

Écrit par

Comment ne pas aborder OMD sans nostalgie et révérence quand on songe au passé et à ces titres imprimés dans l'imaginaire collectif (NDR : « Electricity », « Enola Gay », etc.) Seule perspective salvatrice pour affronter ce qu'il est convenu d'appeler un (très) mauvais disque.

Je me suis penché au chevet de ce onzième album studio avec compassion, compréhension et mansuétude. Bien que pessimiste d'entrée suite aux critiques fort peu élogieuses qui fusaient de toutes parts et au vu d'une carrière placée longtemps entre charentaises, après avoir essuyé de nombreuses déceptions au fil d’albums dont la qualité s’effilochait progressivement, j’ai donc décidé d'accorder le temps et l'attention nécessaire pour me construire une idée vierge de toute remarque extérieure. Las! On ne vit pas de « Souvenir », et à mi chemin, j’ai compris que rien n'y ferait. Il est vain de vouloir sauver les apparences. Malgré les retrouvailles de la paire Mc Cluskey – Humphreys, les années d’or sont enterrées et le génie n’opère plus. Pas plus que la magie. Ce come-back sous les projecteurs ressemble bel et bien à la dernière Cène. Opérant un retour aux sources axé sur le son d’hier comme modèle d’aujourd’hui, le projet gonflé à l’hélium s’essouffle comme une baudruche.

Au final, le constat est plus qu'amer. Le fiel qui coule de ma plume est nourri de l’amour que je porte aux moments de grâce élaborés jadis par ces architectes d’un style novateur. Ce qu’ils nous proposent aujourd’hui n’est rien moins qu’une parodie d’eux-mêmes. Ce retour à la compétition est ce qu'on pouvait imaginer de pire. Oui, ce disque est foncièrement laid.

Comme projeté des années en avant, et contemplant le corps décrépi d’un amour de jeunesse qui se serait flétri, je ne peux que me remémorer la beauté d’hier pour affronter la dure réalité d’aujourd’hui. Ce qui était n’est plus. Bonjour mélancolie !

Nous sommes en 2010 et « Architecture and morality », « Organisation » et « Dazzle Ships » font partie du passé. « History of modern » lui, flotte grossièrement entre deux époques, polluant la discographie déjà ternie de ce combo pourtant culte. 

Le titre lui-même fait référence à leurs débuts et cette attitude passéiste colle comme un goût pâteux du début à la fin de cet opus. Mais ce qui ressort plus que tout, c’est le hideux qui suinte au détour de presque chaque plage.

Usant et abusant de gimmicks outranciers, voire carrément pompiers, de sonorités dépassées et bavantes dignes des pires variétés kitsh mais sans une once d'humour sous-jacent, des mélodies enfantines frôlant la crétinerie (« Sister Mary says » rappelle Mon petit Poney), et des chœurs lyriques baroques affligeants, cet album sonne le gras d'une carrière déclinée au passé simple. L'aura pâlit. De ce salmigondis abject, ne subsiste que quelques fausses bonnes idées qui font encore illusion, mais plus par pitié qu'autre chose. Au mieux inspiré par Kraftwerk (appelons ceci un hommage) sur « The future, the past and forever after » dont le seul titre suffit à jeter le doute, parfois touchant de gaucherie dans ses tentatives de rajeunir les murs du son (« Sometimes »), c'est tout l'édifice OMD qui sombre et prend eau de toutes parts.

Ressassant le passé, s'auto parodiant jusqu'au plus grand ridicule, Orchestral manœuvre maladroitement et se plante royalement.

L'album se clôture sur un titre évocateur. « The right side? ». Et poser la question, c'est déjà y répondre. Certains disques devraient être gravés sur support réinscriptible...

 

Roy Orbison

The Last concert, December 4, 1988

Écrit par

J’ai découvert Roy Orbison en 1989. Lors de la sortie de son album « The Mistery Girl » et son tube planétaire « You got it ». Fait particulier, cet elpee avait été finalisé quelques semaines après le décès de l’artiste. Ce qui explique pourquoi aucun titre de cet opus, judicieusement intitulé « The Last concert », ne figure sur le ‘live’, accordé le 4 décembre 1988.

Sa dernière apparition à la TV, avait servi de fil conducteur au clip « You got it ». Il avait été tourné en Belgique, lors des Diamond awards d’Anvers, fin novembre.

Contrairement aux rumeurs qui ont longtemps circulé, Roy Kelton Orbison n’est pas décédé des suites d’une longue et pénible maladie, mais d’une crise cardiaque. Alors que sa carrière prenait un nouvel élan (après avoir rencontré une période de gloire début des 60’s), il semble surtout avoir été victime d’un agenda trop chargé.

Ce dernier concert passe en revue les classiques rock’n’roll du songwriter. Des tubes, pour la plupart signés chez Monument Records, dont « Only the lonely » (en ouverture), « Dream baby », « It’s over » et en finale, l’inévitable « Oh, pretty woman », remis au goût du jour lors de la sortie du long métrage du même nom.

Tout au long de ce disque, la voix unique (baryton) de notre homme se conjugue avec des chœurs black et des mélodies tantôt country, tantôt plus bluesy. Le son est correct pour un live de l’époque. Ce Cd constitue  donc une belle occasion de (re)découvrir l’une des plus grandes figures du rock’n’roll, qui a d’ailleurs été ajouté au fameux Hollywood Walk of Fame, en janvier 2010.

of Montreal

False Priest

Écrit par

Bonne nouvelle : Kevin Barnes a toujours l’esprit en ébullition. Donc pas de panne sèche, malgré le relatif succès des deux derniers albums de son groupe. Tout d’abord le génial « Hissing Fauna, Are You the Destroyer ». Ensuite le tout aussi délirant « Skeletal Lamping ». Premier bémol, si « False Priest » est très réussi, il n’épouse pas la forme psychédélique optimale de l’avant-dernier elpee, publié en 1997. Et seconde observation : il est davantage dansant, mais moins rock que son tout dernier. En fait on a souvent l’impression que l’expression sonore du nouvel opus emprunte très souvent un profil disco réminiscent du « Midnite Vulture » de Beck (« You Do Mutilate ? ») A moins qu’il ne soit hanté par l’esprit de Prince. Ce qui n’empêche pas Barnes de continuer à expérimenter. De véhiculer une idéologie toujours aussi punk et débauchée (« Girl Named Hello »), de tâter du funk (« Godly Intersex »), du rock (« Coquet Coquette ») et surtout de la pop. Bref, de se garder continuellement ses méninges en éveil, à l’instar de l’image de la pochette de ce disque, qu’il a personnellement imaginée. Le dixième long playing d’Of Montreal creuse en profondeur le sillon de la pop, mais aussi du r&b (NDR : pensez à Parliament et Funkadelic). Kevin y échange même quelques duos. En compagnie de la nouvelle diva de la soul, Janelle Monae sur les très réussis « Our Riotous Defects » et « Enemy Gene ». Ainsi que de la petite sœur de Beyonce, Solange (dont Kevin Barnes a d’ailleurs produit le dernier album), sur le très explicite et boogie « Sex Karma ».

« False Priest » est un album riche, voire kaléidoscopique. Ce qui explique pourquoi il nécessite plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Un disque qui a bénéficié de la mise en forme du formidable producteur, Jon Biron. 

Cheikh Lô

Jamm

Écrit par

Faut-il encore présenter Cheikh Lô ? Grand musicien sénégalais d’Afro-beat et reggae. Paru en 1996, son premier album, « Ne La Thiass », avait bénéficié de la production de Youssou N’Dour. Près de quinze années plus tard, Cheikh Lô nous propose son quatrième opus ; et il s’intitule « Jamm ».

« Jamm » est un album de mixité. Cheikh Lô joue avec les idiomes ; on passe du français à l’espagnol pour terminer par des langues plus afro telles que le wolof et le mandingue. Mais aussi, les styles : reggae, mbalax ou encore pop cubaine ou congolaise.

« Conia » ouvre elpee. Il est saccadé et donne le tempo au reste du disque. Lô reprend « Il n’est jamais trop tard » du groupe guinéen Bembeya Jazz. Deux titres plus tard, il se fend d’une émouvante chanson rendant hommage à Thomas Sankara (« Sankara »), président du Burkina Faso assassiné en 1987.

Pour les initiés, il s’agira d’un album de consécration. Pour les novices comme moi, malheureusement, ils ne s’y retrouveront pas.

Kalamazoo

How To Hunt A Deer

Écrit par

« How To Hunt A Deer » est un album franco-british : français d’origine, british pour le son et l’expatriation provisoire. C’est à Nottingham que se forme le groupe Nezza, qui rentre à Paris et devient Kalamazoo en 2006. Après avoir publié un premier Ep intitulé « 101 Radford Boulevard », sorti en Angleterre, le groupe produit chez No Clappin!, « How To Hunt A Deer », un mini elpee 8 titres.

Le disque recèle une certaine force, il va sans dire, mais c’est une force que l’on connaît, que l’on sent empruntée. Il commence maladroitement par « Interpolis » qui nous rappelle incontestablement… Interpol, et surtout Bloc Party dans l’énergie ainsi qu’un Mud Flow simplifié. Les riffs de « Take it » peuvent être apparentés aux Killers, le « Void » plus féroce, aux Kings of Leon. Si le tout possède malheureusement des accents de démo, quelques caractéristiques sauvent la mise : le poignant « Change Order », qui mixe Soundgarden et (les jeunes) Radiohead, est de ces longues plages qui accrochent.

La voix semble encore chercher… sa voie : d’un timbre si particulier (doux et profond –comme chez les Doves– au puissant potentiel), le chanteur et leader de Kalamazoo, Imade Elbaraka, devrait cependant être capable de faire vibrer ses mélodies à son avantage lorsqu’il aura trouvé le style auquel sa voix se prête (et dans ce cas, il ne devrait pas hésiter à monter la balance de son côté).

« How To Hunt A Deer » respire l’effort de produire de belles mélodies originales et des sections de guitares alambiquées, mais si la forme y est, il manque le fond. On note les grandes influences, mais on souhaite que les Parisiens puissent sortir des sentiers battus pour créer leur propre chemin. Le quatuor est également à la recherche d’un label et l’on espère que ce ‘luxe’ leur permettra de développer leur identité. En effet, si l’on s’accorde à dire ‘qu’ils sont bons’, la musique est dépourvue d’une Idée, d’un soulèvement d’émotion susceptible de conférer plus de crédit. Elle est dominée par un esprit de rock collégien expérimentant plusieurs basiques des années 1990. Elle le fait cependant bien. Aussi, on leur conseille humblement : ‘à vous, maintenant !’

Page 462 sur 1252