L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Chroniques

Eels

End Times

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A sa sortie en 1996, le premier disque d’Eels, « Beautiful Freak », ressemblait à une tornade audacieuse dans le monde du rock, mêlant aux sons crasseux et à la voix rauque de E des instruments improbables. Deux ans plus tard sortait « Electro-Shock Blues », un elpee sombre et dépressif, dont les extes racontaient les drames personnels traversés par E, le leader et chanteur du groupe. Le suicide de sa sœur schizophrène, le cancer galopant de sa mère… Un disque au parfum d’hôpital, mais ne sombrant jamais dans le pathétique, résonnant même ça et là de mélodies entraînantes et de second degré. Une ambivalence surprenante, caractérisée par des morceaux complexes et partagée entre ambiances bouleversantes, graves et légères, se baladant entre guitares saturées et candides carillons.

En 2000, Eels surprend ses ouailles, en gravant « Daisies Of The Galaxy», disque enjoué, sur lequel interviennent une fanfare, des chœurs venus d’un autre monde, des sifflements d’oiseaux… et de lentes mélopées mélancoliques.

C’est comme si Eels marchait sur un fil tendu, équilibriste malhabile balançant entre bonheur et désespoir, se rattrapant toujours grâce à sa perche musicale. Cette sorte de psychothérapie publique et sonore se poursuit régulièrement, par la sortie de nouveaux disques, en 2002, 2003, 2005 et 2009.

« End Times » huitième album du groupe, (si l’on exclut les cinq autres projets drivés par E) est publié sept mois après « El hombre Lobo ». Il semble ne pas avoir bénéficié du temps de gestation nécessaire. E, qui apparaît sur la pochette du disque sous les traits d’un vieil homme déprimé, grande barbe et cheveux longs, casquette et anorak défraîchis, regarde vaguement une quelconque banlieue déserte. Le disque déverse sa tonalité triste et désespérée. Introspectif, ce dernier album nous parle du divorce et du vieillissement. Il ne manque pas totalement d’audace tant il prend le parti de ne pas enjoliver la réalité. « A Line In The Dirt » est une chanson d’amour qui commence par ‘Elle s’est encore enfermée dans la salle de bain, alors je pisse dans le jardin’. On dirait qu’il s’agit d’une fin de soirée. E se lève pour danser en espérant que l’énergie va revenir mais replonge vite au fond du canapé. Il est fatigué, il chante du bout des lèvres sans forcer sa voix graveleuse. « Gone Man » et « Paradise Blues » dont le chant éraillé émane d’un vieux juke-box, sont les titres les plus rock’n’roll. Ils se dégagent du lot, mais ne font pas illusion ; la mélancolie est définitivement installée.

« End Times » est, si l’on en croit son nom, une sortie de scène. Et c’est peut-être mieux ainsi.

 

Drive-By Truckers

The Big To-Do

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« The Big To-Do » constitue déjà le neuvième opus de Drive-By Truckers. Né à Athens, en Géorgie, cet ensemble sudiste pratique un style musical qui n’a guère évolué depuis ses débuts. C’est-à-dire depuis 1996. Mais son expression sonore tient toujours aussi bien la route. Electriques, évoquant tour à tour Neil Young ou Bruce Springsteen, leurs compos continuent de mêler rock basique, blues et country. Les trois guitares se taillent la part du lion, même si lap-steel (John Neff) et claviers (Jay Gonzalez) parviennent circonstanciellement à mettre le nez à la fenêtre.

Comme on ne change pas une équipe qui gagne, la mise en forme a été confiée au fidèle David Barbe. Les chansons du nouvel opus ont été composées lors de leur dernière tournée. Et si la majorité des titres ont été écrits par Patterson Hood, Mike Cooley apporte sa pierre à l’édifice en signant l’excellent « Birthday Boy » ainsi que l’émouvant « Eyes Like Glues ». En outre, Shonna Tuckers semble avoir pris de l’assurance au sein du combo, puisqu’il se réserve les vocaux pour deux morceaux : « You Get Another » et « (It’s Gonna Be) I Told You So ». Côté lyrics, outre les récits d’histoires vécues (ou pas), les chansons décrivent des tableaux très réalistes, mais aussi douloureux de la vie contemporaine. Et même de la vie tout court. A l’instar de « Father Daddy Learned To Fly », qui raconte la souffrance d’un enfant, suite au décès de son père. Et si « The Fourth Night Of My Drinking » ne nécessite aucun commentaire, « Fucking Job » reflète parfaitement le désarroi des travailleurs face à la crise économique actuelle.

« The Big To-Do » n’est ni l’opus de l’année, ni du siècle. Il réunit simplement d’excellentes compos. Des plages qui plairont bien sûr aux disciples de Drive-By Truckers. Mais également aux adeptes du genre. On n’en demande pas plus. Vivement le prochain album !

 

Dag för Dag

Boo

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Dag För Dag (NDR: traduisez ‘Au jour le jour’) est un ensemble californien, qui s’est finalement établi à Stockholm, après avoir transité par Londres et Honolulu. Un duo familial, (NDR : Snavely !) réunissant un frère (Jacob Donald) et une sœur (Sarah Parthemore), responsable d’un Ep 6 titres en 2009 (« Shooting from the shadows »). « Boo » constitue leur premier elpee. Un titre qui n’exprime pas une crainte quelconque, mais simplement évoque le nom d’un patelin suédois. Et pourtant, leur musique communique un certain sentiment d’inquiétude…

« Boo » baigne au sein d’un climat lugubre. Une atmosphère lourde et ténébreuse réminiscente des Kills, de Mazzy Star, mais également des Raveonettes. Le timbre de Sarah est voluptueux, limpide, mais spectral. Les inflexions de Jacob sont morbides, mais lorsqu’elles deviennent déclamatoires, elles peuvent lorgner vers celles de Fred Schneider (The B-52’s). Mais le plus étonnant procède des harmonies vocales du tandem ; conjuguées elles sont aussi soignées que chez le mythique Byrds (« Hands and knees »).

Guitares reverb, acides, volontiers déstructurées, ligne de basse sulfureuse ou profonde, tempo lancinant voire tribal, alimentent une solution sonore, ponctuellement soulignée de claviers vaporeux, que le combo a lui-même qualifiée de ‘Tropical punk rock’. En fait, la plupart des compos sont paradoxalement sculptées dans un garage/blues/punk à la fois sauvage et nonchalant. L’intensité est omniprésente. Le spleen également. Et pourtant, on se laisse facilement entraîner dans leur univers, fruit d’un mélange d’angoisse et de fascination. Certaines mélodies empruntent même un profil contagieux (« I am the assassin »), alors qu’une compo comme « Boxed up in pine » s’enflamme progressivement au contact des interventions virevoltantes d’un violon. L’opus s’achève même par un titre imprimé sur un tempo new wave, intitulé « Ring me Elise ». Un bonus track, paraît-il ?

 

The City

The City

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Et si l’avenir international du hard rock'n'roll belge passait par The City ? Ce groupe anversois peut se targuer de proposer, sur son premier album éponyme, le concentré de rock belge le plus exportable à l’étranger, entendu depuis longtemps.

Ces cinq tatoués aux mines patibulaires sont tous issus de la scène rock anversoise (The Heartaches, Enemy Rose, Mindfist). Pour son premier essai discographique, The City offre  un cocktail détonnant d’attitude punk rock et de hard’n’roll jouissif. Imaginez : le glam rock cradingue des premiers Guns’N’Roses et de Faster Pussycat (NDR : la voix de Tommy X ressemble parfois à s’y méprendre à celle de Taime Downe, le vocaliste des Pussycats californiens) marié au hard rock classique des premiers albums de Motörhead, Twisted Sister ou Krokus. Ajoutez-y l’énergie contestataire et la désinvolture qui caractérise le punk rock originel.

En dotant sa musique d’une bonne dose de riffs hard/punk débridés, de soli gras et dégoulinants ainsi que de propos corrosifs, débités par une voix nasillarde et rugueuse, The City réinvente l’essence du rock’n’roll énervé. Excellent !

Black Francis

Nonstoperotik

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Charles Thompson vient probablement d’enregistrer son 18ème long playing au cours de sa carrière. En comptabilisant ses projets collectifs (Pixies, Catholics, Grand Duchy) et en solitaire (Frank Black, Black Francis). Et en solo, il en est quand même à son 12ème elpee.

Pour concocter ce « Nonstoperotik », il a reçu le concours d’Eric Drew Feldman (NDR : reconverti en producteur, ce bassiste possède une fameuse carte de visite ; claviériste au sein du band de Captain Beefheart, il a notamment produit des œuvres des Residents, de Pere Ubu, dEUS, PJ Harvey et bien sûr pour Charles, sans oublier les Pixies) à la mise en forme. Un disque dont les sessions n’ont duré que quelques nuits.

Découpé en 11 plages, l’œuvre surprend par ses arrangements alambiqués, luxuriants, réservés à une bonne moitié des compos. Notamment sur les ballades. A l’instar du trompeusement laidback « O my tidy sum », au cours duquel, Frank se prend pour Jimmy Somerville. Un falsetto qu’il nous ressert lors de la comptine enfantine « Rabbits ». Des compos qui traitent surtout de foi et de religion. Comme lors de la première partie de la plaque. On retrouve quand même des accents ‘pixiesques’ sur la cover du « Wheels » de Flying Burrito Brothers. Et même un solo de guitare bien saignant. Sur le virulent « Six legged man », également, sorte de réécriture de « Tony’s theme ». Sur la compo qui ouvre le cd, « Lake of sin », une plage percutante mais imprimés sur des tempos variables. Et en fin de parcours de la ballade surf « Dead man’s curve », moment choisi pour pousser des hululements, des glapissements et des aboiements. A partir du 8ème titre, le style change radicalement. D’abord, à cause de ce « Wild son », calqué sur le « Riders on the storm » des Doors. Basse fiévreuse et piano électrique compris. Encore que lorsque ces ivoires empruntent les sonorités d’un bar, c’est plutôt à un vieux western, tourné par Ennio Morricone, qu’on se met à penser.

Et soudain, notre Charles se laisse glisser dans des confidences érotiques. Vantant les mérites du cunnilingus sur la ballade mid tempo « When I go down on you ». Sa voix en devient même éraillée comme Bruce Springsteen. Et sa mélodie hymnique. Il en remet même une couche sur le titre maître, un fragment nettement plus dépouillé (NDR : évidemment !)

L’album s’achève par la compo la plus intéressante : « Cinema star ». Parce que la plus originale et lumineuse. Tout y est : sens mélodique, richesse des arrangements (NDR : presque prog ?), variations de tempi, cordes de guitare bringuebalantes. En extrapolant on pourrait imaginer un croisement hypothétique entre Wilco (des débuts), Danielson et Elbow. A cet instant, Frank est en état de grâce (NDR : à quand des lyrics sur les oligo-éléments contenus dans la semence masculine ?)

AC/DC

Iron Man 2 (Cd + Dvd)

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En l’espace de 35 ans de carrière AC/DC n’a pas trouvé le temps de sortir un authentique ‘best of’. La publication de ce volumineux digibook répare cette carence. Mais le clan ne s’est pas spécialement foulé ; le recueil résultant d’une association entre le groupe et Marvel Comics. Il signe donc la B.O. du film « Iron Man 2 », long métrage au cours duquel Mickey Rourke s’autorise bien des entorses aux projets de l’‘Homme de fer’, dans un déluge d’effets spéciaux. AC/DC n’en est pas à son premier essai cinématographique.

On se souvient de la bande son du délirant « Maximum Overdrive », réalisé par Stephen King. Pour l’occasion, la bande à Angus nous avait décoché quelques brûlots inédits (« Who Made Who », « Chase the ace », etc.) Ou encore de « Last Action Hero », incluant le simple « Big Gun ». « Iron Man » ne recèle que des morceaux notoires. Il compile sur un même Cd une poignée de gros hits (« Highway to Hell, « Back in Black », « Let there be Rock », « Thunderstruck » et le toujours irrésistible « Shoot to Thrill » qui ouvre les hostilités). Ne manquent que les tubes suivants : « You Shook Me all Night Long », « Whole Lotta Rosie » et même « Hell’s Bells », le plus gros carton des Australiens. Et c’est là que les choses deviennent un peu plus passionnantes ; car plutôt que de jouer la carte de la facilité, le combo nous invite à redécouvrir des titres moins connus, mais néanmoins excellents. On se réjouit donc de la présence du magnifique « Guns for Hire », extrait de « Flick of the Switch », de « The Razor’s Edge », tiré de l’elpee du même nom ou encore de « Rock n’ Roll Damnation », du redoutable « Powerage ». Les collectionneurs seront une fois de plus pris en otage, Sony ayant prévu la publication de cet ouvrage en quatre formats différents : le Cd standard, le Cd/Dvd de luxe, superbement illustré, un double LP, ainsi qu’une édition spéciale ‘format BD’ Cd + Dvd hyper soignée et numérotée !

Pas de quoi sauter au plafond, mais nous recommanderons l’édition standard aux adolescents qui souhaitent s’initier au hard bluesy toujours aussi efficace d’un des plus grands combos de toute l’histoire du rock n’roll.

Trans Am

Thing (2)

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Plus de 15 ans d’existence pour ce trio américain dont le post rock commence tout doucement à attraper un coup de vieux. Aussi, Trans Am a tenté de renouveler son fonds de commerce. Comment ? En inoculant de l’électro dans sa solution sonore. Les aficionados semblent ne pas trop apprécier la démarche. A contrario, les amateurs d’expérimentations électroniques estiment cette nouvelle orientation musicale plus contemporaine. De là à crier au génie…

Après avoir écouté cet opus, je dois avouer ne pas trop savoir sur quel pied danser. J’avoue même que cet elpee me laisse perplexe. Le trio du Maryland semble avoir élargi son champ d’influences. Qu’il a étendu au krautrock (Can, Neu, Kraftwerk, etc.) ; donc aussi bien organiques que synthétiques. Et même à l’ambient/indus (NDR : pensez à Jean-Michel Jarre). Mais en réalité, Trans Am n’est vraiment plus dans l’air du temps. Et cet horrible vocodeur qui envahit « Black Matter » en est une cruelle illustration. Tout comme « The Silent Star », dont les roulements intempestifs de drums et les bruitages synthétiques permanents, n’ont qu’une seule issue : la tête grosse comme une pastèque ! Ou encore cet « Intersellar Drift », fruit d’une rencontre avortée entre Mark Knopfler et Maserati.

Bien sûr, tout n’est pas à jeter. D’ailleurs l’elpee recèle quelques petites perles telles que « Black Matter » ou encore l’excellent « Arcadia », dont le beat colle maladivement à votre cortex ! Mais bon, le résultat est quand même insuffisant au vu du potentiel d’un tel combo, encore trop englué dans son post rock gonflé aux claviers vintage… 

 

Sade

Soldier of love

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Lorsqu’on évoque Sade, on pense immédiatement aux hits planétaires « Smooth operator » et « The Sweetest taboo », deux titres qui ont véritablement cartonné au beau milieu des eighties. Car la naissance du groupe remonte déjà à 1983. Une aventure qu’on ne peut qualifier de prolifique, puisqu’elle n’a, à ce jour, que six elpees au compteur (NDR : plus de 50 millions d’albums vendus à travers le monde quand même ; excusez du peu !) Dont le dernier, « Soldier of love », fait suite à « Lovers rock » publié, il y a déjà dix ans. En fait, Sade Adu, la vocaliste, se réserve un long break, après chaque accouchement, afin d’élever sa progéniture.

Pour enregistrer ce nouveau long playing, elle a bien sûr bénéficié du concours de ses fidèles collaborateurs. En l’occurrence le claviériste Andrew Hale, le guitariste Stuart Matthewman et le bassiste Paul Spencer Denman. Des sessions qui se sont déroulées au sein des studios de Peter Gabriel. Vous aimez le timbre vocal velouté, sensuel, suave, de Sade ? Ce disque devrait suffire à votre bonheur. Musicalement, hormis le titre maître et single –plus rock, plus martial– l’ensemble de l’opus trempe dans une soul, tour à tour teintée de jazz, de trip hop voire de reggae, le tout enrobé d’arrangements tantôt synthétiques, tantôt classiques (voire classieux). Un disque constitué, en majorité, de ballades délicates, vaporeuses, ténébreuses, mélancoliques ou visionnaires. Adu siffle même sur « Be that easy ». Coproduit par Sade et Mike Pela (toujours un indéfectible collaborateur), « Soldier of love » ne recèle pas de tube susceptible de squatter les ondes radiophoniques, mais contient 10 plages de bonne facture. Certains morceaux s’avèrent même assez complexes, même si le titre final, « The safest place », emprunte un format plus minimaliste…

 

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