Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Gary Numan
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Chroniques

Pearly Gate Music

Pearly Gate Music

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Quelque part au cœur des grands espaces ouest américains, se cache probablement une école spécialisée en cours de folk, d’americana, mais également de chant pastoral enseigné par des disciples de Gram Parsons et des Byrds. En outre, les classes de cet établissement sont probablement composées d’élèves très doués ! C’est la seule explication valable, vu l’afflux constant d’artistes naviguant non loin des sommets de la folk US, ces derniers temps : des Fleet Foxes à My Morning Jacket en passant par Blitzen Trapper, Great Lake Swimmers, Midlake ou Avi Buffalo, chaque mois nous apporte une production de qualité estampillée indie-folk. Et le label Bella Union n’y est pas pour rien ! En ce mois de mai, la maison texane a l’honneur de vous présenter Pearly Gate Music. Le projet solo de Zach Tillman, le frère du batteur des… Fleet Foxes (qui le rejoint d’ailleurs sur scène) ! Une réduction est-elle offerte à l’inscription d’un 2ème enfant à cette fameuse école du folk ?

La voix de Zach Tillman rappelle beaucoup (oh surprise !) celle de Robin Pecknold des Fleet Foxes ; mais le ton de ses compositions, un peu en marge et moins mélodique, est plus varié que celui de ses aînés. Il ne s’agit pourtant que de son premier album. Mais dès le morceau inaugural, l’hymne morbide « Golden Funeral », la magie opère. Interprété pratiquement a cappella, il glace le sang tout en hypnotisant l’auditeur. Ensuite, « Big Escape » débute comme un morceau des Fleet Foxes pour finir sous un mur de saturation. Pas étonnant que Zach annonce préférer le « On The Beach » à « After The Goldrush » de Neil Young… « Oh, What A Time », dans une veine plus mélodique, est chantée en chœur avec son frère. Pas difficile d’imaginer le talent familial. Chaque morceau baigne au sein de sa propre atmosphère et se laisse porter par le timbre magnifique et mystique du jeune Zach. La production variée, entre lo-fi et arrangements finement ciselés, apporte une dimension live à l’ensemble et insuffle aux morceaux une dose supplémentaire de réalisme… rural bien entendu ! « Gossamer Hair », le meilleur morceau du lot, navigue dans les hautes sphères du folk américain, pas loin des ambiances réverbérées de Great Lake Swimmers. De la musique d’église en quelque sorte. Les amateurs de mélodies pop immédiates peuvent toutefois passer leur chemin ; car chez les Tillman, la musique est quelque chose de sérieux, de sacré même…

Reste à découvrir la date des portes ouvertes de cette fameuse école du folk afin d’y inscrire nos (futurs) rejetons. Plus rêche que celle des Fleet Foxes, la musique de Pearly Gate Music devrait en tout cas convaincre les fans des groupes précités.

Marvin

Hangover the Top

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Adhérer un jour au concept d’African Tape relève, perso, de la mission impossible. Ce label qui, sous le couvert de prétentions indie, noise, avant-gardistes ou alternatives, propose les œuvres d’artistes qui, (c’est un avis tout à fait personnel) le plus souvent, font vraiment n’importe quoi. De tous les albums signés par African Tape que j’ai eu la (mal)chance de chroniquer, « Hangover The Top », le nouvel effort du trio Montpelliérain Marvin est celui qui se rapproche le plus, personnellement, du ‘musicalement acceptable’.

Marvin, c’est deux gars, une fille. Emilie aux claviers, Fred à la guitare et Greg à la batterie. Trois individus manifestement barrés qui font autant de bruit que s’ils étaient dix. Difficile de coller une étiquette sur ce mélange de noise, de punk, de math rock et d’expérimentions synthétiques. « Hangover the top » est presque entièrement instrumental. Tant mieux ! Ce rock schizophrène n’a pas vraiment besoin du chant approximatif et inconfortable de « Roquedur », le titre d’ouverture vaguement métallique auquel je préfère, sans conteste, les vocaux trafiqués à l’aide d’un antique vocodeur, propagés sur « Dirty Tapping ».

« Hangover the top » est un disque bourré de qualités ; mais il est difficile à digérer. Surtout chez un métalleux primaire tel que votre serviteur. Cependant, j’admettrai volontiers que dans le genre barré et déstructuré, je n’ai pas souvent entendu mieux.

 

Christophe Maé

On trace la route

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Simpliste et simplet

Révélé par la comédie musicale (?) « Le Roi Soleil », Christophe Maé compte déjà trois albums à son actif, en moins de quatre ans. Après avoir publié « Mon paradis » en 2007 et « Comme à la maison », l’année suivante, il nous propose aujourd’hui « On trace la route ». Essaierait-il de rattraper le temps perdu lors de projets foireux du style « Mozart », « Notre-Dame de Paris », « Roméo et Juliette » et compagnie ? On serait bien tenté de le croire…

Comme pour ses deux premières réalisations, Christophe Maé a de nouveau fait appel à l’équipe : Volodia aux manettes, coréalisateur et ingénieur du son ainsi que le fidèle Bruno Dandrimont, guitariste/compositeur et ami de longue date. Pour l’écriture des textes, outre l’incontournable Lionel Florence, Boris Bergman, qui a signé pour Bashung notamment, et Diam’s, offrent eux aussi leur contribution.

Pour concocter ce troisième opus, Christophe Maé, de son vrai nom Christophe Martichon (ben oui ça ne s’invente pas) a voulu tester l’exotisme. Il s’est donc rendu à Dakar et Saint Louis pour se tremper quelque peu dans l’ambiance africaine ; mais également pour tenter de  communiquer à ses chansons une connotation afro/soul. Le résultat obtenu n’est qu’une pâle copie de ce que Yannick Noah réalise depuis quelques années, dans l’univers de l’afro-zouk-reggae.

Simpliste, sa musique ne repose que sur quelques accords de guitare et des rythmes identiques et sans saveur. Les textes sont, quant à eux, en dessous du niveau de la mer. Ils ne tiennent à rien (on y apprend qu'il aime sa femme, on est rassuré pour elle !) Pour couronner le tout, la voix (qui est inaudible) est en total désaccord avec l'ensemble.

En conclusion, cet album n'a aucune âme, et pour argumenter ce point de vue, tout en étant à la hauteur des textes : c'est mauvais. Mais Christophe Maé n’en a cure, il vendra. TF1, Europe1 et RTL matraquent déjà, sur leurs ondes, le single « Dingue, dingue dingue », afin que cette ‘œuvre’ devienne une des révélations de l’année.

Pour ajouter une touche finale encore plus personnelle, je dirais que les photos du livret ne représentent en rien la réalité de la vie sénégalaise. Notre pseudo-vedette a l’art de se draper dans des décors superbes. Pour avoir vécu l’aventure africaine de l’intérieur, je peux vous garantir que ces images cachent, en réalité, un univers misérable pour les autochtones. Et une manipulation (de plus), une !

 

Keep Of Kalessin

Reptilian

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La Norvège bien pensante semble être prête à pardonner au black métal ses dérives incendiaires et criminelles des années 90. Ce sont, en effet, plus de 250 000 Norvégiens qui, en janvier dernier, ont soutenu de leur vote, la candidature de Keep Of Kalessin au concours Eurovision de la Chanson. Bien sûr, ces suffrages n’ont pas été suffisants pour permettre au combo black métal de Trondheim de rendre malade Michel Drucker (NDR : Lordi, il y a quelques années, y était parvenu). Mais ce plébiscite en dit long sur l’ouverture d’esprit des pays scandinaves, vis-à-vis des musiques plus extrêmes.

Si l’on peut s’interroger sur les motivations réelles qui ont poussé Keep Of Kalessin à se présenter à un tel concours (Célébrité ? Argent ? Provocation ? Pied de nez aux conventions ?), on ne peut pas vraiment affirmer que le groupe ait vendu son âme au diable pour parvenir à ses fins. « The Dragontower », l’extrait du nouvel album choisi pour être interprété au célèbre concours, bien que plus ‘heavy mélodique’ que le reste du tracklisting, ne rentre quand même pas dans les standards de la pop européenne. Et pourquoi pas l’an prochain, afin de s’aligner sur les pays nordiques, ne pas envoyer Enthroned ou Ancient Rites représenter notre pays à l’Eurovision ? Juste pour savoir combien de voix, ils parviendraient à recueillir.

Keep Of Kalessin a été fondé en 1995 par le guitariste Obsidian C. (Satyricon, Headspin). Outre ce seul membre survivant de la formation originelle, le line up actuel est constitué de Thebon (Subliritum, Twinsoul) au chant, Wizziac (Eternal Silence, Headspin) à la basse et Vyl (Gorgoroth, Headspin) aux baguettes. « Reptilian », le sixième album du combo a la lourde tâche de succéder à « Kolossus » (2008) et « Armada » (2006), deux pièces maîtresses du black métal épique. Pas vraiment facile quand on sait que de nombreux fans ‘hardcore’ de la formation ont un peu de mal à lui pardonner son escapade ‘eurovisionnienne’. Pourtant, il faut bien admettre que la qualité est présente. Le son, tout d’abord, est assez massif. Signée par  Daniel Bergstrand (Meshuggah, In Flames, Behemoth, Ram-Zet, Soilwork), la production ne pouvait qu’être excellente. Fidèle à son habitude, Keep Of Kalessin propose une série de titres assez longs et épiques, mélangeant le style de Satyricon à celui de Dimmu Borgir. « Reptilian » est un album black métal épique et symphonique aux parties rapides impressionnantes mais qui parfois, ne rechigne pas à s’aventurer sur le terrain du doom. Vyl semble être un adepte inconditionnel du blast-beat intensif. De quoi susciter parfois une certaine irritation. K.o.K. semble avoir travaillé et diversifié un peu son registre vocal. Pas de chant clair cependant, mais quelques vocaux plus graves (à la limite du drone) et quelques chœurs lyriques bien sentis. Le point culminant de l’opus est sans conteste le titre fleuve « Reptilian Majesty ». Quatorze minutes d’un black métal sombre et sinueux. Une composition à la fois violente, ambiante et héroïque, truffée de chœurs et d’arrangements qui s’inscrit parfaitement dans la lignée des deux efforts précédents du combo norvégien.

S’il n’atteint pas la qualité de composition d’« Armada », pour lequel le Keep Of Kalessin avait placé la barre très très haut, « Reptilian » est cependant un poil au dessus de « Kolossus » qui, personnellement m’avait un peu déçu. Norvège quatre points, Norway four points !

 

Bonnie Prince Billy

The Wonder Show Of The World

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Plus de 20 ans déjà que notre barbu trace son chemin sans se soucier du temps et des modes. Plus de 20 ans que le natif du Kentucky nous enivre de son folk/country à la fois si contemporain et intemporel. Plus de 20 ans qu’il grave des albums à une cadence métronomique, et sous des patronymes différents (Palace Music, Palace Brothers, Will Oldham,…) A ce jour il doit avoir publié une cinquantaine de long playings. Une carrière déjà bien remplie, qui lui permet de revendiquer, une place, au panthéon des artistes américains du style (Neil Young, Leonard Cohen, …)

Pour concocter ce nouvel elpee, le roi du folk a reçu le concours du Californien Emmet Kelly, aka Cairo Gang. Aux vocaux et à la guitare. Et la collaboration opérée entre le maître des lieux et son invité est remarquable. Bonne nouvelle, Will Oldham a décidé d’en revenir à un style plus lent et dépouillé, qu’il avait abandonné le temps de confectionner « Beware ». Mais son country folk, il le teinte aussi parfois de blues ou de jazz. Et même de gospel. En particulier lors de l’époustouflant « Someone Coming Through », tapissé d’inévitables chœurs évangéliques. Les arrangements sont simples. Les cordes de guitare acoustiques. Les percus discrètes. Tout un ensemble destiné à mettre en évidence la voix somptueuse de l’Américain. Dont il se sert pour communiquer ses émotions. En toute sincérité. Dans ces conditions, difficile de rester de marbre…

A première écoute, « The Wonder Show Of The World » laisse plutôt perplexe. Il faut d’ailleurs plusieurs écoutes avant de pouvoir en savourer toutes les subtilités. Et c’est au bout de cette persévérance, qu’on se rend compte de l’excellence de l’œuvre. Finalement digne de « The Letting Go » (2006), « Master Of Everyone » (2003) ou encore « I See The Darkness » (1999).

 

The Inspector Cluzo

The French Bastards

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On nous martèle à l’envi qu’à cause de l’avènement d’internet et du téléchargement illégal, les groupes n’arrivent plus à vendre leurs disques. Le duo français The Inspector Cluzo a pourtant réussi à écouler plus de 20 000 copies de son premier album éponyme ; et ce, sans le soutien d’une major. Ces Français auraient-ils un secret ?

En fait, ils en ont trois. Premièrement, leur disque est bon (NDR : si, je vous l’assure, ça aide pour vendre !) Secundo, ces Landais n’hésitent pas à accomplir des milliers de kilomètres hors des frontières de l’Hexagone, pour défendre leur musique. Troisièmement, ils bénéficient du soutien d’un ami célèbre : Angelo Moore, l’un des membres fondateurs de Fishbones. Certes, l’amitié ne suffit pas pour écouler des disques ; mais le soutien d’une telle icône leur assure sans conteste une certaine aura. Et si Monsieur Moore est un pote (NDR : il offre d’ailleurs au groupe un ‘spoken words’ pas piqué des vers, en fin d’album), il constitue surtout une source d’inspiration. Comme les Red Hot Chili Peppers d’ailleurs. Car, vous l’aurez sans doute compris, le créneau musical de l’Inspecteur, c’est le funk’n’roll. Et, si les RHCP sont devenus ramollos et bougons à force d’engranger du pognon, les 20 000 albums vendus par nos amis n’ont pas encore eu raison de leur hargne ni de leur sens du fun.

Nous pouvons déjà vous l’affirmer, « The French Bastards », cette deuxième galette signée par The Inspector Cluzo, fera bientôt bouger vos petits popotins de rockers. Les rythmes chaloupés du funk rock, boostés par une dose massive de hard rock risquent fort d’alimenter l’ambiance de vos soirées d’été. Il n’y a rien à jeter sur cette galette : depuis la fusion/funk rock groovy (« Tic Theme », « The French Bastards #1 », « Zombie DJ Killers ») au hard blues ‘aérosmithien’ d’« Empathy Blues » en passant par l’hommage à peine déguisé à AC/DC (« Terminator is Black in his Back ») ou encore le clin d’œil corrosif adressé au roi du pop (« F*** Michael Jackson ») que l’on croirait tiré d’un vieux vinyle de la ‘Motown’. Bref, tout ici fleure bon le fun et l’authenticité.

Signalons pour terminer, qu’afin de rendre son œuvre plus attrayante aux yeux de ceux qui achètent encore des Cds, ces ‘Salopards de Français’ (French Bastards) ont mis le paquet question packaging. La galette digitale est emballée dans un box sympathique et très original ; et les lyrics des chansons sont imprimés sur une douzaine de cartons illustrés, en noir et blanc, par l’artiste taïwanais Chaos. Du grand art !

 

Paperweight

Snails of April

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Lancé par deux ex-membres du groupe Alisse, Paperweight naît en 2005 de l’envie de délaisser certaines influences trop rock pour mettre en exergue d’autres facettes issues des influences de ses fondateurs. François Millet (voix, guitare…) et Sébastien Flémal (guitare, basse, claviers…) sont rejoints par Kevin P. à la batterie et, en 2006, sortent leur première production, « All Star Ep », sur leur Label Paperheart Music (www.paperheartmusic.net) créé pour l’occasion. S’en suivent plusieurs prix : concours Pure Demo en janvier 2007, Wolurock festival (second prix), soutien du programme « Ca balance » par la Province de Liège, et un écho favorable dans la presse spécialisée ainsi que sur les sites ‘indie-omanes’.

Une bonne série de concerts plus tard, la formation nivello-bruxelloise se quatuorise en accueillant Cédric Van Mol (basse, guitare, claviers…) afin de conférer un son plus abouti à leur musique. Pour leur premier album, « Snails of April », le groupe a bénéficié des ingénieux services de Loïc Bodson (Flexa Lyndo, Loïc BO…) et de Gaëtan Streels (Me & My Machines, Jeronimo…) Le résultat trempe dans un style indie d’une sombre fraîcheur. Pour continuer dans les paradoxes salutaires dont il regorge, on avancera que ce 12 titres aux  distorsions ‘propres’ est intelligemment pop, sagement post-rock, résolument moderne dans ses influences 90s, et bordéliquement structuré. Ses harmonies sont riches mais subtiles, sa sensibilité mélancolique mais énergique… Les bonnes idées sont intangibles et pourtant le tout est bien solide. On sent qu’on sort des chemins battus mais on a du mal à définir pourquoi. En effet, si les influences sont indéniables (Nada Surf, Pavement, Dinosaur Jr., Lemonheads, Pixies, Chokebore, dont on en retire le meilleur), le groupe, qui se définit comme étant ‘postpop électro-bricolo issu de la vague shoegazer’, n’est aucunement formaté.

Que ce soit par ses riffs accrocheurs (« Oh, My Owa »), ses chœurs et dialogues vocaux singuliers (« Snails of April », « Amy Knows »), sa voix vulnérablement intense sur fond de rythmes ‘ronds’ (« Failure »), la musique semble avancer par bridges noisy et incisifs. A l’instar de « You and I », « Scared » (au diable les couplets et les refrains, ils seront transcendés) tout en axant sa profondeur sur l’intensité de la mélodie. Quoiqu’il arrive, toutes les surprises qu’offre cet elpee sont bonnes. Et, même si l’opus fait preuve de maturité et d’aboutissement, on attend impatiemment la suite…

Bien que partageant la scène belge avec leurs comparses My Little cheap Dictaphone et Girls in Hawaii, Paperweight ne vise pas la tête d’affiche, mais a pour ambition unique de faire de son mieux dans son autodidactisme. Modestie n’empêche pas perfectionnisme.

 

The New Pornographers

Together Out

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« Together Out » constitue le 5ème album des New Pornographers, un ‘supergroupe’ canadien réunissant des membres de Destroyer, Swan Lake, A.C. Newman et Maow dont les figures les plus connues sont assurément Daniel Béjar, Neko Case et Carl Newman. Après avoir fait étape à Toronto, à l’occasion de la sortie du fabuleux nouvel elpee de Broken Social Scene, direction Vancouver ! The New Pornographers (NDR : leur patronyme s’inspirerait d’une citation de Jimmy Swagart qui avait qualifié la musique moderne de ‘nouvelle pornographie’), est également un collectif. Moins expérimental que celui de BSS, il cherche à rendre à la pop, la power pop très exactement, ses lettres de noblesses ! Et manifestement, il ne s’en sort pas trop mal… 

Pourtant, à première écoute, les compos de ce « Together Out » semblent quelque peu pompeuses, formatées, destinées à la bande FM, même. Ce n’est qu’au fil des écoutes, qu’on se rend compte de leur richesse et de leur créativité. Et pour cause, audacieux, le sens mélodique n’est pas toujours très évident. Ce qui n’exclut pas la présence de titres tubesques, aux refrains survitaminés et à reprendre en chœur. « Move » et « Up In The Dark » en sont probablement les plus belles illustrations. Neko Case, Daniel Béjar et Carl Newman se réservent les vocaux à tour de rôle. Ce qui confère davantage de nuances aux différentes plages. Celle de Béjar baigne même au cœur d’une certaine folie sur « Daughters Of Sorrow ». Il y a, en outre, une forme de lyrisme suranné chez The New Pornographers. Des réminiscences peut-être héritées d’Electric Orchestra. L’éclectisme de cette œuvre transparaît encore sur « Valkyrie In the Roller Disco », une ballade minimaliste parfaite, « Crash Years », caractérisé par ses sifflements étonnants ou encore « Bite Out My Bed », parcouru par les interventions judicieuses de Zach Condon (Beirut), à la trompette. Lors des sessions d’enregistrement, la formation a notamment bénéficié du concours de Will Shelf (Okkervil River) ainsi que de St.Vincent. Une constante quand même tout au long de ce long playing : les chansons communiquent naturellement un sentiment de bonne humeur. Elles seraient même susceptibles de regonfler le moral à un Grec !

Victime d’un coup de mou, lors de la sortie de leur précédent elpee, « Challenger », The New Pornographers a manifestement retrouvé la pêche. Et ce « Together Out » en est la plus belle démonstration. Bien sûr le combo ne réinvente pas la pop, mais il cherche constamment à la magnifier, et tout en finesse !

En concert ce 25 mai au Botanique ! Et à ne louper sous aucun prétexte !

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