Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Afghan Whigs
Afghan Whigs
Chroniques

The Conformists

Three Hundred

Écrit par

Un mélomane n’est pas nécessairement musicien. Souvent, ces grands amateurs de musique sont des musiciens frustrés. La plupart ont essayé d’apprendre à jouer d’un instrument. Se sont exercés. Mais rarement, rares sont celles et ceux qui sont parvenus à s’y exprimer. Il faut s’y faire, tout le monde n’a pas hérité de ce ‘don’. Face à cette déception il reste encore malgré tout deux solutions. La première est de devenir, comme votre serviteur, un chroniqueur amer et de mauvaise foi. Critiquer le travail des autres, ce n’est pas bien, mais ça peut aider à exorciser certaines désillusions. La seconde consiste à concocter un disque pourri et de se faire signer chez African Tape. Il m’est déjà arrivé plusieurs fois de souligner mon incapacité à apprécier les productions de ce label. Ce n’est surement pas l’album « Three Hundred », du combo américain The Conformists, qui m’incitera à changer d’avis. 

The Conformists est un groupe minimaliste/avant-gardiste originaire de la ville de St. Louis, dans le Missouri. Bien qu’il ait entamé sa carrière en 1996, il n’a (heureusement) que deux albums à son actif : « Two Hundred », publié en 2004 et « Three Hundred », en 2007.

Le film « La Momie » nous avait mis en garde : il existe des secrets enfouis, qu’il est préférable de ne pas déterrer. Pourtant, African Tape, qui n’en est pas à son premier faux-pas, a bel et bien décidé de rééditer en Europe l’album « Three Hundred » auquel nous avions eu la chance d’échapper jusque là. Chez The Conformists la notion ‘minimaliste’ est liée au plaisir d’écoute. Il est évident que l’on n’est pas obligé d’être un virtuose pour créer de la bonne musique. Le mouvement punk en est une belle preuve. Cependant, quel que soit son niveau de sophistication, toute musique est sensée apporter un minimum de plaisir. Celle de The Conformists n’apporte rien de tel. Quelle perte de temps !

 

Bullet For My Valentine

Fever

Écrit par

Bullet For My Valentine incarne l’archétype même du groupe métal taillé pour les ados qui se la jouent ‘rebelle’. Sorte de boys band du rock lourd, les Gallois signent un troisième album sculpté dans le même style que ses précédents essais. Au-delà du néo-métal, le combo s’est trouvé son identité propre en alliant à son métal core des éléments estampillés années 80, dans la façon d’aborder les soli de guitare notamment. Ces grands garçons se sont inspirés autant d’Iron Maiden que de Korn et entretiennent une image très fashion style ‘Je joue du heavy mais je suis aussi un éternel romantique’. Parfaitement coiffés, tatoués, mais pas trop, barbes de trois jours et piercings, cette image a tout pour plaire aux groupies de 15 ans. Musicalement, il serait inopportun de cracher dans la soupe car indéniablement, les quatre boys maîtrisent leurs instruments à la perfection. L’évolution est flagrante à l’écoute du titre d’intro « Your Betrayal ». Un morceau efficace, bétonné, hyper heavy, auquel il est impossible de résister avant l’arrivée du chanteur. Car c’est bien là que le bât blesse. Le chant est extrêmement ennuyeux au point de regretter que la plage ne soit pas entièrement instrumentale.

Dans son ensemble, l’œuvre est mélodique. Forte en riffs de guitare, elle a tout du filtre d’amour irrésistible. Bullet For My Valentine amorce doucement, mais sûrement, un virage vers un métal plus vintage, par le biais de la production soignée de Don Gilmore. « Begging for Mercy » communique de grands moments d’émotion, et « Fever » nous permet d’apprécier la fluidité du jeu de « Padge ». Un peu trop lisse et ‘passe-partout’ pour les amateurs de heavy dans la grande tradition, l’elpee enchantera les fans de métal à la sauce Slipknot ou Deftones. Un sacré son quand même, mais un chant qui lasse très vite et paraîtra bien ringard lors de la prochaine décennie.

 

Youri Blow

The corridor

Écrit par

Youri Blow est un auteur/compositeur français. Originaire de Troyes, il n'a pas encore trente ans. Lorsqu’il a commencé à gratter une guitare, il s'inspirait du légendaire Leadbelly. Mais son folk blues, il l’a mis à la sauce Nirvana. Puis pousse le bouchon bleu un peu plus loin, à l'écoute de Led Zeppelin et de Jimi Hendrix. Faut reconnaître que son cheminement n’est pas très orthodoxe. Hanté par certains démons du rock’n roll, son blues est largement teinté de psychédélisme. Mais après avoir accompli un premier voyage au Pérou, ce troubadour mercenaire du Delta Blues revient marqué par folklore local. Youri s'établit en Bretagne, du côté de Brest, et s’imbibe de plus en plus de musiques issues de traditions cosmopolites. Une oreille est attentive aux pères du blues, comme Skip James, Son House et Mississippi John. L’autre est davantage sensible aux créations du monde ainsi qu’à la musique classique. Après avoir concocté plusieurs démos, il sort son premier opus en 2008, "Moon rock my soul". Un véritable plaidoyer pour les références qui circulent dans ses veines. Mais marqué par un long périple accompli au sein de la Mongolie profonde, il ne s’est pas limité à expérimenter ce cheminement introspectif.

Toutes ses aventures lui ont permis de se forger un style original. Il est pourtant toujours aussi contaminé par le psyché blues, mais le transpose au sein d’un univers musical très personnel. Youri est un solitaire. Et sa nouvelle œuvre en est une nouvelle illustration. Il chante et écrit toutes ses compos. Il se réserve l’intégralité de l’instrumentation, conventionnelle et insolite : guitare, dobro, violon, flûte péruvienne, viole mongole et guimbarde vietnamienne. Il nous invite à pénétrer dans son ‘corridor’, ce long couloir où il se reflète dans des miroirs très divers pour nous plonger au sein d’atmosphères inspirées du voyage.

"Ever love" ouvre l’album. Les cordes sont magiques. Les percussions timides. Secondée par une voix féminine fragile, la voix force le passage. Manifestement, il s’inspire du blues acoustique de l'avant-grande guerre. L'accompagnement est complexe et riche. De quoi permettre à l’esprit de vagabonder. Signé par son amie Lucie T, "Muddy streams" puise son inspiration dans les profondeurs du Mississippi. Une compo qui baigne dans un climat lugubre. La sonorité métallique du dobro et le timbre quelque peu forcé de la voix reflètent la souffrance des lieux saints du blues. Parcourues de sonorités orientales minimalistes, "Strange history" est, vous vous en doutez, une histoire bien étrange. Une voix d'outre-tombe communique un mal de vivre omniprésent. "Blue mountain" macère dans un climat similaire. Le tempo s’accélère. Les cordes et la trompette de David Babin se conjuguent. Une compo qui me rappelle Jim Morrison dans ses meilleurs moments ("The end"). La pression s’accentue pour "Salmon dreams". A cause de ce feeling désespéré, une nouvelle fois réminiscent du défunt leader des Doors, à moins qu’il ne s’agisse du tout aussi trépassé Ian Curtis, du légendaire Joy Division. Nonobstant son intensité, le titre maître embrasse un profil mélodique empreint de légèreté. Les accords de guitare sont discrètement amplifiés. Une certaine sérénité semble retrouvée. Place alors au dernier voyage vers l'Orient. La solitude et une certaine paix intérieure nous envahissent tout au long de "Tsagaan sar", de "Kohvsgol lake" ainsi que d’"Ulan taïga", des fresques psyché blues susceptibles de nous plonger dans un état de transe. Et cette sensation s’accentue, lorsque la voix trafiquée ressemble à une guimbarde. Bourrée d’émotion et de qualité, cette œuvre s’achève par deux morceaux instrumentaux singuliers dont les titres ont été baptisés dans la langue de Molière : "Autour du templier" et "L'éveil de la goutte d'eau". N’ôtez pas trop rapidement votre compact-disc du lecteur, car vous avez encore droit à un bonus track. La ‘goutte d'eau’ se réveille en empruntant ce rythme répétitif, caractéristique et résolument hypnotique. Youri se lâche en traduisant un titre annoncé de 4’ en plus de 17' de magie intimiste, au cours de laquelle sa voix fait un retour, en fin de parcours…

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que sur le cd, un clip vidéo de "The Corridor", est  disponible en piste multimédia...

Mose Allison

The way of the world

Écrit par

Originaire du Mississippi, ce musicien américain dépasse aujourd'hui allègrement les 80 balais. Il fréquente les cercles musicaux depuis plus de 50 ans. Il joue circonstanciellement de la trompette, mais son instrument de prédilection est le piano. Au cours des années 40, il est déjà contaminé par le blues. Celui de Memphis, Beale street ; et tout particulièrement du tout jeune BB King. En 1956, il émigre à New York et rejoint très tôt les milieux du bebop. Ce qui lui permet d’enregistrer en compagnie de Stan Getz, Al Cohn et Zoot Sims. Il a publié une multitude d’albums sous son propre nom. Son dernier remonte quand même à 12 longues années. Il a influencé de nombreux artistes, tant blues que rock. Considérées comme des classiques, certaines de ses compositions ont été reprises par des artistes notoires. Ainsi, "Parchman farm" est devenu un des titres fétiche de John Mayall. Georgie Fame et même Blue Cheer en ont créé leur propre version. Les Yardbirds et Misunderstood ont adapté "I'm not talkin'". Le Who (NDR : témoignage sur « Live at Leeds) et Elvis Costello, "Young man's blues". Le Clash et surtout Van Morrison ("Tell me something : The songs of Mose Allison") lui ont consacré un album. Et enfin Patti Jones a écrit un bouquin sur sa vie et son œuvre : "One mans blues : The life and music of Mose Allison".

L'album s'ouvre par une reprise personnelle du célèbre "My babe" de Willie Dixon, qu’il a rebaptisée "My brain". Patiné de blues, ce morceau sculpté dans le jazz est de très bonne facture. Sa voix semble monocorde, mais c’est parce qu’il veut éviter de hausser le ton, face à la guitare acoustique manouche de Greg Leisz. La section rythmique swingue naturellement. Ses interventions aux ivoires sont très personnelles et créatives. L'approche musicale d'Allison me fait penser à JJ Cale. Pas son style, mais son côté laidback. Surtout sa voix paresseuse, caressante. Et il le démontre tout au long d’"I know you didn't mean it", face aux percus de Jay Bellerose, une compo enrichie d’interventions efficaces au saxophone, mais respectueuses de l’équilibre instrumental. Une instrumentation souvent minimaliste, il faut le préciser. La nonchalance de son débit vocal me rappelle un autre artiste attachant, l’ex Soft Machine, Robert Wyatt. Une voix empreinte d’une grande pudeur et d’une sensibilité à fleur de peau. Et ce raffinement extrême contamine "Everybody thinks you're an angel". La simplicité des compos n’est pourtant qu’apparente ; car en vérité, le contenu est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Tendresse et tristesse envahissent "Let it come down". Les roulements accordés par Bellerose sonnent le glas. La slide acoustique de Leisz est exquise. Mose jouit d’une technique brillante et inventive. Et il le démontre tout au long de "Crush", un instru au cours duquel il me rappelle Thélonius Monk. Si le blues propose régulièrement des ambiances fin de nuit, cabaret même, Allison lui, préfère les climats de début de soirée. Une mise en bouche, un apéritif. Facile à appréhender, cette ambiance n’est pas toujours évidente à créer. Et pourtant, il y parvient sur le brillant "Some right, some wrong". Le titre maître est savoureux. Les accords de guitare sont empreints d’une infinie délicatesse. Le timbre vocal est velouté. Le saxophone cajoleur. "Ask me nice" marie naturellement et parfaitement jazz, blues et swing. Signée Joe Henry, producteur dont la carte de visite mentionne Allen Toussaint, Bettye Lavette et Solomon Burke, la mise en forme affiche une grande déférence vis-à-vis du vieil artiste. Tendre ballade, "Once in a while" est bercée par la gratte manouche de Leisz. La cover d’"I'm alright" est issu de la plume de Loudon Wainwright. Un blues qui autorise la présence d’une guitare électrique, mais permet également à Allison de hausser le ton de la voix. En finale, "This new situation" campe un duo amusant entre le vieil homme et sa fille Amy, une chanteuse de country alternatif qui a conservé un timbre de voix juvénile…

 

Sludgefeast

Transamplification

Écrit par

Je me disais aussi ! Mais quel est l’intérêt de publier un double Cd pour n’y  insérer que deux fois quinze minutes de musique ? J’étais déjà prêt à vous ressortir mon baratin sur la crise économique et sur le fait que l’on nous prend vraiment pour des billes. Et bien, sur ce coup-là, j’avais vraiment tout faux. Non, Sludgefeast ne se paie pas notre tête ; au contraire, il nous offre un très beau cadeau. Cependant, pour le savoir, il ne faut pas se contenter d’écouter « Transamplification » sur une platine Cd. Il faut aussi insérer la bête dans le lecteur CD-rom d’un ordinateur. Et là, c’est vraiment la ‘fête du sludge’.

Bien sûr, pour apprécier ce présent à sa juste valeur, il faut avant tout aimer le son sale, brut et distordu du garage rock. Car c’est le créneau dans lequel évolue ce combo londonien depuis 1998. James (guitare, vocaux), James II (batterie, vocaux) et Coirin (basse) ont passé douze années de leur vie à suivre le sentier boueux et graisseux tracé par les MC5, les Stooges, Mudhoney, Pussy Galore et à y côtoyer leur ami nippon Guitar Wolf. Douze années à jouer live et à éditer en masse albums, singles et Eps. Douze années d’une histoire que Sludgefeast dévoile à ses fans sous la forme d’un livre virtuel de plus de quarante chapitres, accessible via un ordinateur. 

« The History Of Shitrock » (NDR : c’est le titre du bouquin) est une véritable perle pour les aficionados du combo. La première partie (Cd1) relate l’histoire de la formation, agrémentée d’humour et de détails. Photos, scans de setlists, de tickets, d’affiches originales, printscreens de forums et extraits musicaux à gogo, l’histoire complète du band de ses débuts à nos jours en quelques clics de souris.

Si cette première partie est plutôt sympathique, c’est sur le Cd2 que le fan trouvera véritablement son bonheur. Le second livre, intitulé « The History Of Shitrock - Bibliography» est divisé en 3 parties. (Discography, mp3 club et Advent). « Discography », comme son nom l’indique, présente la discographie officielle de l’album. « Mp3 Club » reprend tous les Eps offerts par le groupe sur son site internet tout au long de sa carrière ainsi que quelques morceaux inédits ou introuvables. Il suffit de cliquer sur les pochettes des albums pour lancer les fichiers mp3. Ainsi peut on apprécier quelques perles comme l’Ep « We Love Cooper » où le groupe reprend à sa sauce quelques titres du génial Alice Cooper, le split Cd enregistré en compagnie de Guitar Wolf ou encore le mini-album « The Evil has Landed » qui voit Sludgefeast déconstruire le métal de Saxon, Twisted Sister, Judas Priest et Iron Maiden. « Advent », la dernière partie du second Cd, est la reproduction d’un calendrier virtuel du mois de décembre 2007 que les généreux Anglais avaient proposé sur leur site web et dans lequel ils offraient chaque jour des ‘friandises’ : la photo d’un gâteau, quelques images insolites et surtout, des titres mp3 inédits.

Au total, ce sont plus ou moins quatre cent fichiers musicaux au format mp3 qui sont inclus sur le double Cd. Garage rock oblige, ces chansons durent à peine une minute ou deux ; ce qui, au total, donne tout même quelques heures d’écoute. Du coup, les 30 minutes (pour 26 titres) du nouvel album en sont presque anecdotiques. Enfin, pas tout à fait puisque, dans le genre bruyant et jouissif, « Transamplification » c’est vraiment du grand art. L’achat du mois, assurément.

 

Sivert Høyem

Moon landing

Écrit par

“Moon landing” constitue déjà le troisième effort en solitaire de Sivert Höyem. Mais le premier depuis que l’ex-chanteur de Madrugada a entamé une carrière solo. Une décision qu’il a prise après le décès du guitariste, Robert Burås, retrouvé mort dans son appartement, à Oslo, le 12 juillet 2007. La formation norvégienne avait alors achevé l’enregistrement de son opus éponyme et accompli les dernières dates de sa tournée, avant de se séparer définitivement.

Découpé en 10 plages, « Moon landing » laisse encore transparaître des réminiscences de son ex-combo. Surtout sur les morceaux les plus électriques. On y décèle d’ailleurs cette intensité blanche ténébreuse si caractéristique. A l’instar du titre maître, de « Lost at sea » et surtout du remuant « High society », un morceau contaminé par un clavier vintage et illuminé par l’intervention débridée d’un saxophone. Un clavier dont le flux continu (NDR : un orgue Hammond !) hydrate « Arcadian wives », un morceau dont la lente progression instrumentale nous replonge quelque peu dans l’univers de la prog. Tout comme « Shadows/High Meseta », un titre glacial, tout en crescendo, dont la richesse évoque Motorpsycho et le feeling mystique, un certain Tea Party. Le reste de l’opus met davantage en évidence la superbe voix de Sivert, baryton dont le timbre rappelle parfois celui de Neil Diamond. Et en particulier sur la ballade langoureuse « Going for gold », le contagieux « Empty house » ainsi que sur le titre qui ouvre l’elpee, « Belorado », une compo de près de 9 minutes, baignant paradoxalement dans une ambiance positive. Un bien bel album pour un artiste, dont le style est en pleine mutation…

 

Hermanos Inglesios

The Wander of You

Écrit par

Contrairement à ce que pourrait le laisser penser leur nom à consonance latine, les Hermanos Inglesios ne sont pas espagnols, ni même british (‘Inglesios’ ?), mais de véritables frères on ne peut plus belges. Mais pourquoi avoir choisi ce nom à consonance hispanique ? Tout simplement parce que Cédric et Didier sont nés au sein de la famille Engels, dont le nom est la traduction néerlandaise d’‘Anglais’… ‘The English Brothers’ donc ! Engels = English = Inglesios. CQFD !

Nés à dix années d’intervalle, cette fratrie nous vient de Gand tout comme les célèbres frères De Waele (2 Many DJ’s et Soulwax). Aimerait-on particulièrement faire la fête sous les coups de butoir de beats électro dans la citée estudiantine de Flandre orientale ? Les frères Engels sont de véritables ‘bêtes de scène’ sévissant depuis des années sur la scène électro flamande. Cédric, le plus jeune, s’est en effet produit lors du festival « I Love Techno », alors qu’il était à peine âgé de 15 ans ! L’accès lui avait d’ailleurs été interdit, dans un premier temps…

« The Wander Of You » constitue le premier album du duo. Il fait suite à un opus réunissant remixes et compos personnelles. Une œuvre qui avait été acclamée par des pointures de la scène électro comme Tiga ou Fake Blood. Les 12 morceaux constituent un concentré maîtrisé –bien que très peu original– de ce qui s’est fait de mieux au sein de la scène belge, au cours de ces dernières années (le label R&S, Culture Club ou Eskimo Recordings). Impossible de ne pas remuer les jambes ou de bouger la tête à l’écoute de certains titres ultra dansants et énergiques, tel le single très fédérateur « Mastermind ». Imaginez Goose un poil plus méchant et mal élevé. « Wanderland », leur nouveau single, est assurément le point fort de l’opus. A cause de son beat minimal et de son ambiance ‘chilly’. Les fans d’électro-house devraient être ravis et se réjouir des remixes proposés. Bien sûr, en fin de parcours, il y a bien quelques longueurs ; mais pas la peine de faire la fine bouche. Et pour les plus nostalgiques, on a même droit sur « Take Me Down », à un déchiquetage en règle du célèbre « Paradise City » des Guns N’ Roses…

Le duo gantois dispose donc des armes nécessaires pour mettre le feu aux festivals estivaux. Malheureusement, aucune date n’est encore prévue pour le moment… Leurs Dj Set font, paraît-il, fureur lors des ‘parties’ privées organisées par Sienna Miller et Charlotte de Monaco ! Ce ne sont certainement pas des Djs come les Hermanos Inglesios qui feront pâlir l’étoile de la scène électro noire-jaune-rouge…

 

Matthew Herbert

One One

Écrit par

Matthew Herbert adore les pseudonymes. Alias Herbert, Doctor Rockit, Radio Boy, Wishmountain ou encore flanqué de son Big Band, il multiplie les expérimentations sonores. Maestro et pionnier de la microhouse, cet artiste anglais est un bosseur. Depuis la mi-90’s, il doit avoir pondu au moins 25 albums. Son nouveau projet il l’a envisagé sous la forme d’un triptyque. Et « One One » constitue le premier volet. Il devrait être suivi par « One Pig » et « One Club ». Herbert s’est chargé de tout sur cet elpee. Depuis la compo à la production. Et manifestement cette galette est particulièrement savoureuse. En outre, pour la toute première fois, le Briton a décidé de se mettre au chant. Et il faut reconnaître qu’il se débrouille plutôt bien, lors de cet exercice de style, s’en servant même comme d’un instrument…

« One One » est un album au cours duquel Matthew nous propose un city trip. Il a choisi pour titres de ses chansons, des noms de villes. De « Manchester » à « Milan », en passant par « Porto » et « Berlin », son itinéraire est bien balisé. Réfléchi, même. Pas question de faire fausse route. Car son périple, il le destine à la recherche de petites sonorités (NDR : des microbeats !) les plus suaves les unes que les autres. Mais aussi empreintes de mélancolie douce. Sans oublier d’y insuffler habilement une petite dose de complexité. Sans y mettre de pression inutile ! Et le voyage de s’achever par un titre  contemplatif : « Valencia ». La fin d’une expédition qui a tenu toute ses promesses.

Cet été, pas la peine de vous adresser à un ‘tour operator’ pour réserver vos vacances. Matthew Herbert se charge de tout. Il sera même votre guide. On attend d’ailleurs impatiemment la suite de cette excursion…

 

Page 495 sur 1252