Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Mumford & Sons

Delta

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Il faut avouer que votre serviteur n’a pas manifesté une motivation folle lorsqu’il s’est décidé à écouter « Delta », le nouvel album des machines de stade que sont devenues Mumford & Sons. Mis en forme par le ‘super-producteur’ Paul Epworth, il s’agit de sa quatrième livraison. La formation y prétend adapter son folk ancestral dominé par les banjos aux sonorités modernes. Mais le résultat est plutôt éclectique, oscillant entre ballade tire-larmes (« Beloved »), compo (sur)-orchestrée (le sirupeux « If I Say »), détour autotuné devenu aujourd’hui quasi-obligatoire (« Darkness Visible » … mais n’est pas Bon Iver qui veut), indie-folk à la Alt-J (« Woman ») et hymnes pop à reprendre en chœur (« Guiding Light » ou encore le moche « Slip Away »). Plus guère de trace des racines folk mais une succession de hits très produits lorgnant davantage vers Coldplay que Trampled By Turtles. Un produit finalement aseptisé qui ne risque pas de me rabibocher avec ce band britannique…

Throwing Muses

Sun racket

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Sept ans déjà que Throwing Muses n’avait plus publié d’album. Paru en 2013, il s’agissait de « Purgatory/Paradise ». Ce qui n’avait pas empêché Kristin Hersh de poursuivre sa carrière solo. « Sun racket » constitue donc le dixième elpee des Muses, une œuvre mise en forme par le collaborateur de longue date, Steve Rizzo.

Première constatation, la formation n’a rien perdu de son pétillant naturel. Bien que très souvent imprimées sur un mid tempo, les compos sont viscérales, noueuses, percutantes, déchirées entre tendresse et sauvagerie. Et puis, il y a la voix de Kristin, une peu rauque, susceptible d’osciller d’un chuchotement tourmenté à un cri d’angoisse, en passant par le gémissement, l’incantation et la douceur. C’est du rock, en général, bien électrique, aux percus vivaces et à la ligne de basse profonde et solide. Des compos au lyrisme poétique, mystique, et pour la circonstance, liées au symbolisme de l’eau.

Découpé en 10 pistes, cet elpee s’ouvre par « Dark blue », un morceau propulsif, aux riffs de guitare grinçants et à la rythmique métronomique, presque en boucle. Des riffs qui grésillent et crépitent, tout au long de « Bo Diddley bridge »

Valse, « Bywater » projette des images surréalistes et évocatrices d’un poisson rouge baptisé Freddie Mercury.

Doux-amer, « Marie Laguna » se révèle plus atmosphérique. Chatoyantes les cordes de gratte finissent pourtant par devenir discordantes. Discordantes comme sur « St Charles », une compo plus expérimentale et aux percus arides, réminiscentes de Tom Waits.  

Piste la plus longue (4’58), « Frosting » se transforme progressivement en crescendo flamboyant.

« Upstairs Dan » se consume lentement, une forme de noisy à la limite du drone.

La voix est particulièrement tourmentée tout au long du ténébreux, onirique et énigmatique « Kay Catherine », une piste au cours de laquelle les cordes sonnent comme celles d’un banjo. Dans le même registre, « Milk at McDonald’s » adopte un format davantage semi-acoustique.

Le long playing s’achève par « Sue’s », une dernière valse. Atmosphérique ou plus exactement aquatique. De quoi en revenir au thème de l’album.

Excellent !

Nap Eyes

Snapshot of a beginner

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Deux ans après avoir gravé l’excellent « I’m Bad Now », le quatuor canadien nous propose son quatrième opus. Pour la réalisation, la formation a confié la mise en forme à deux pointures de l’indie-rock ; en l’occurrence Jonathan Low (The War on Drugs, Strand of Oaks) et James Elkington (Steve Gunn).

Les textes de Nigel Chapman, critiques sociologiques, sont interprétés d’un ton déclamatoire par Chapman. C’est le seul fil rouge de cet LP. Les plages sont parfaitement soutenues par des guitares tour à tour slide, énergiques ou plus harmonieuses. Le tempo fluctue suivant les pistes, oscillant, par exemple du paisible « Fool Thinking Ways » au plus rapide « If You Were in Prison ». Jamais, on ne s’ennuie à l’écoute de « Snapshot of a Beginenr ». Et les mélodies se révèlent au fil des écoutes.

L’indie-folk/rock du groupe d’Halifax n’a jamais paru aussi incisif. A l’instar des excellents « Even Though I Can’t Read Your Mind » et « Mark Zuckerberg », titres qui lorgnent parfois vers Neil Young, War on Drugs ou encore Wilco.

Nap Eyes vient de franchir un palier supplémentaire dans son parcours. En espérant que cette progression puisse lui permette d’accéder à la reconnaissance… qu’il mérite amplement…

Lisza

Charango

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Le charango est un instrument de musique à cordes pincées des peuples autochtones des Andes, constituée d’une carapace de tatou. C’est également le titre de ce second elpee de Lisza, jeune belge d’origine chilienne, qui n’est jamais allé en Amérique latine. Pour enregistrer cet opus, elle a pu compter sur Lionel Capouillez (Stromae) au mixing et Vincent Liben (Mud Flow), son compagnon, à la mise en forme. Hormis la basse et la contrebasse, il assure également la quasi-intégralité de l’instrumentation. Dont ce fameux charango, mais également le tres cubain et le cuatro vénézuélien, également instruments traditionnels à cordes, ainsi que les parties de claviers, de guitares et de batterie. Mais il co-signe aussi les chansons. Il s’est sans doute chargé de la musique et Lisza des textes.

Lisza possède une superbe voix susceptible de rappeler Axelle Red, mais également parfois France Gall, à l’instar de l’allègre « Les vacances à la montagne », voire Françoise Hardy, sur des morceaux plus tendres, et tout particulièrement lorsque son timbre devient diaphane, comme sur « Le choix », traversé en filigrane par le saxophone de Mathieu Moureau, ainsi que le tango/reggae « Poésie ». Ce dernier s’autorise encore un superbe solo sur « Forêt ». Lisza chante tour à tour en espagnol ou en français. Et des plages comme les allègres « Cante querida » ainsi que « ¿Cómo » évoquent inévitablement La Mano Negra. Si « Daddy » ainsi que « Papa soleil » nous entraînent dans une sage salsa, « Capitaine » lorgne vers le reggaeton, version caribéenne du reggae. Particulièrement diversifié, cet opus nous livre « En finir », un titre balisé par une guitare jouée en arpèges (Durutti Column ?). Cette piste est dynamisée par des percus latinos (NDR : on s’en doute) alors que minimaliste, le synthé semble emprunté à Yan Tiersen. Enfin caractérisé par ses arrangements chaâbi (NDR : musique arabo-andalouse), « Sohno voltou » est interprété en portugais.

Bref, un chouette album, même si votre serviteur préfère les compos les plus enlevées, attaquées dans l’esprit d’un Manu Chao. Mais ce n’est qu’un avis personnel. 

Tricky

Fall to pieces

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Mazy, la fille de Tricky, a mis fin à ses jours au printemps 2019, alors qu’il commençait à bosser sur ce nouvel elpee. Ce qui explique pourquoi, dans son ensemble, « Fall to pieces » traduit son immense douleur. Mais le plus souvent à travers la voix de la chanteuse polonaise Marta Zlakowska. Parfois en duo. Découpé en 11 pistes, ce 14ème opus ne va pas au-delà des 29 minutes. C’est court, mais sincère et troublant. Aussi personnelle que soit sa souffrance, Tricky a quand même reçu le concours de collaborateurs. Outre Marta aux vocaux, figurent la violoncelliste Marie-Claire Schlameus et Kristof Hahn à la slide. Sans oublier le chanteur/compositeur danois Oh Land sur « I’m in the doorway »

« Hate this pain » constitue certainement le morceau le plus poignant du long playing. Une ballade balisée par une ligne de piano blues au cours de laquelle l’échange des vocaux entre le duo est à la fois profond et mélodramatique. Un duo intimiste, mais chuchoté, qu’on retrouve tout au long du minimaliste, lugubre et indolent « Vietnam ». L’opus laisse bien sûr de la place au trip hop. A l’instar de « Like a stone ». Imprimé sur un mid tempo, cette plage est à la fois sensuelle et atmosphérique. Du palpitant « Throws me around ». Et puis du volatil « Chills me to the bone », un morceau qui s’ouvre et s’achève sur un rythme EBM (Front 242 ?).

Plus électro encore le blues « Running off » emprunte des samplings au musicien Đuka Čaić. Et si « Fall please » évolue sur un tempo syncopé, parfois disco, titre judicieux, « Close now » s’enferme dans un univers claustrophobe. Bouleversant, cet opus tient parfaitement la route, mais certaines pistes auraient mérité un certain pour ne pas dire un développement certain…

L.A. Witch

Play with fire

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Bien que fondé en 2011, L.A. Witch vient seulement de graver son second opus. Le style ? Une forme de surf-garage-psyché-stoner-punk-rock plutôt sombre qui doit autant aux Cramps, à Black Rebel Motorcycle Club, Jesus & Mary Chain qu’aux Fuzztones, mais surtout au mouvement riot grrrl. Pensez à The X, aux Frumpies, à Throwing Muses et même à Veruca Salt, mais en plus marécageux. D’ailleurs un slogan se référant aux luttes féministes, transparaît à travers le patronyme du trio : ‘Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n’avez pas réussi à brûler’…

En général, bien que monocorde, la voix colle parfaitement à l’expression sonore. Elle peut même devenir maléfique, à l’instar de « Sexorexia » ou du plus krautrock « True believers ». Si l’excellent « Fire starter », morceau qui ouvre l’elpee, réserve un solo de gratte flamboyant, les crescendos évoquent parfois ceux de Syd Barrett (NDR : pensez à « Astronomy Domine » ou au début d’« Interstellar Overdrive » du Floyd). Comme sur « Gen-Z » ou « Starred ». Un riff particulièrement accrocheur illumine le percutant et tribal « I wanna lose » Enfin, la valse « Dark Horse » et « Maybe the weather » semblent hantés par Kristin Hersh.

En, extrapolant, on pourrait imaginer cet opus servir de B.O. à un film de Tarantino au cours duquel, à bord d’une Harley, la route, qui croise parfois des motels, traverse les grands espaces désertiques californiens…

Indochine

Singles collection 2001-2021

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De nos jours, beaucoup considèrent la musique comme un produit de consommation marketing qui n’existe que pour satisfaire un besoin immédiat, provoquant un consumérisme effréné dicté par une industrie qui privilégie la quantité sur la qualité.

Si certains n’y voient qu’un effet de mode passager, d’autres y ressentent les effets néfastes d’une mondialisation transversale qui, par effet de masse, touche aussi le monde de la musique.

Lorsque l’exception surpasse la règle, il nous revient en tête quelques groupes qui sont parvenus à passer outre ce clivage primaire. Indochine fait partie de ceux-là !

Pourtant si certains critiques n’ont pas été tendres avec lui, il a pu maintenir la tête hors de l’eau et s’enorgueillir d’une popularité croissante, malgré la vindicte, depuis maintenant 40 ans, traversant ainsi les âges et les générations.

Formé très exactement en 1981, le combo a très vite connu son heure de gloire en alignant des tubes comme « 3 nuits par semaine », « 3e sexe », « Tes yeux noirs » ou « Canary Bay » pour ensuite accuser le creux de la vague dans les années 90, les médias les reléguant aux rangs de ‘has been’.

Il faudra attendre la sortie de « Dancetaria », en 1999, pour voir renaître le feu sacré ; disque hautement symbolique puisque Stéphane, le frère de Nicola, est emporté par une hépatite foudroyante, alors que les sessions viennent à peine de commencer.

La voie vers le succès est désormais tracée et les albums suivants marquent définitivement un retour médiatique et commercial largement mérités.

Une force de persuasion qui paiera puisque à l’aube de son (déjà) presque anniversaire (NDR : en 2021), la formation qui touche un panel de fans le plus large, sort un premier coffret réunissant tous ses singles de 2001 à 2021 ; un second couvrant la première période d’existence devant paraître en novembre 2020.

Logiquement intitulé « Singles Collection », cet album intergénérationnel recèle pas moins de 37 titres. Des souvenirs remontent inévitablement à la surface et la nostalgie finit par s’installer…

Mis en forme par Mick Guzauski (Daft Punk, Clapton, …), ce box, plus qu’un regard dans le rétroviseur, exploite au mieux l’immense talent de Sirkis. Même si le Sieur Nicola n’a pas à proprement parler une voix, il a cette identité vocale reconnaissable entre mille et une faculté innée de s’approprier l’émotion du moment pour nous transporter hors du temps.

Cerise sur le gâteau, ‘Les petits pianos sans voix’ et ‘Les pianos voix’ colorent d’une vision sublimée et dynamique des éléments qui auraient pu devenir assez vite poussiéreux.

Très vite addictif !

Guided By Voices

Warp and Woof

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Votre serviteur a perdu la trace de Robert Pollard et de ses fantasques Guided By Voices (GBV) depuis quelque temps déjà… Il faut dire que le bonhomme a publié 27 albums studio depuis ses débuts discographiques en 1983, même si en chemin, il a vécu quelques longs hiatus.

Sur « Warp and Woof », seconde livraison de 2020 (!), suivant son habitude, le groupe balance pas moins de 24 morceaux en quelques 37 minutes. Prolifique donc mais sans pour autant sombrer dans la baisse qualitative grâce –entre autres– aux guitares de Doug Gillard qui permettent aux courtes vignettes de garder toute leur énergie power-pop. Le ton est quasi punk, parfois psyché ou simplement classic rock (« Blue Jay House »). Si va voix de Pollard évoque celle d’un Eddie Vedder fatigué, son esprit, quant à lui, est toujours aussi en ébullition...

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