Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Chroniques

Homem Em Catarse

Sem Palavras, Cem Palavras

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Homem em Catarse, c’est le projet d’Afonso Dorido, un Portugais responsable de quatre disques à ce jour, dont deux mini-albums et deux elpees. « Sem Palavras, Cem Palavras » constitue donc son second long playing.

La biographie mentionne que la musique de Homem em Catarse navigue à la croisée des chemins de Slowdive, Durutti Column et Explosions In The Sky, mais un E.I.T.S. sous sa forme la plus atmosphérique, alors. Durutti Column, c’est une certitude. A cause de ce toucher de guitare et puis de ce climat empreint de mélancolie si caractéristique. Et le titre « Hey Vini ! » n’est autre qu’un hommage rendu au guitariste, Vini Reilly. Et puis des pistes comme le bonus track ainsi que « Marie bonheur », un morceau qui bénéficie du concours du violoniste Graça Carvalho et de la violoncelliste Marguarita Pereira, en sont de nouvelles illustrations. Mais Afonso ne se contente pas de jouer de la gratte, le plus souvent en picking ; il se consacre également aux synthés, aux percus et autres machines en compagnie de Pedro Sousa, qui se charge également de la production. Pas de voix, mais des chœurs sur « Yo La Tengo » (NDR : un clin d’œil adressé au trio de Hoboken ?). Et puis un poème (‘Sans paroles, sans mots’), reproduit dans le booklet, qui a inspiré les titres de cet opus. Le plus enlevé ? Le post rock « Dancas marianas ». Afonso y joue de la basse, en s’appuyant sur les boucles de guitare qui impriment le tempo. Bref, un album émouvant à l’esthétique romantique et harmonieuse que votre serviteur conseillera aux nostalgiques de Durutti Column, quelque peu disparu des radars, depuis 2014, soit depuis les deux attaques cérébrales dont a été victime Vini Reilly…

Pepe Wismeer / Thierry Müller

L’écho des chiens dans le sang de la tactique / No re re night fever

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Pepe Wismeer est un duo drivé par Anne-Laure Therme et Damien Van Lede, une formation responsable d‘une vingtaine d’albums depuis 1999 et dont la musique expérimentale navigue aux confins de l’indus, du dark folk et de l’ambient.

Actif chez Ilitch, Thierry Müller alias Ruth Ellyeri (c’est son anagramme) est compositeur et multi-instrumentiste. Tout aussi expérimentale, sa musique est encensée par des artistes comme Lee Ranaldo (ex-Sonic Youth), Edward Ka-Spell (Legendary Pink Dots), Tim Gane (Stereolab) ou encore Steven Stapleton (Nurse with Wound). 

De la rencontre entre Pepe Wismeer et Thierry Müller ne pouvait naître qu’une solution sonore… expérimentale. C’est manifeste sur « L’écho des chiens dans le sang de la tactique ». Mais davantage tout a long du deuxième disque, « No re re night fever », deux titres (plus de 20 minutes chacun quand même) qui synthétisent le fruit de trois nuits d’improvisation. Et le résultat nous plonge au sein d’un univers qui oscille entre ambient et indus, traversé de sonorités cosmiques. On pense parfois au Floyd circa « More », à Tuxedomoon ou encore à Throbbing Gristle…

Ces références sont disséminées tout au long du premier CD. Auxquelles on pourrait ajouter Wire (« Even Eve », malgré les claviers cathédralesques ainsi que « Et l’on fera venir les chiens », une piste éthérée qui suscite un Mercury Rev), Sophia (ce sentiment de mélancolie accentuée par les cordes de guitare languissantes, tout au long de « I exteem »), le Legendary Pink Dots (le minimalisme synthétique, mais rythmé de « I am Azon ») ainsi que Berlin Blondes. Surtout à cause des voix triturées, incantatoires, maléfiques voire angoissantes. Et si « Pulsyciety » pourrait servir de B.O. cinématographique à une nouvelle ‘Rencontre du 3ème type, se distinguant par un crescendo qui mêle arrangements de cordes classiques et électro, la meilleure plage de l’elpee est incontestablement « Unicyconic icon ». Imprimée sur un tempo krautrock et légèrement teintée d’orientalisme, elle est traversée par des interventions de saxophone free, dispensés un peu dans l’esprit de Steven Brown (Tuxedomoon). Pour public averti uniquement !

Pour découvrir le clip de "Unicyconic icon", c'est ici

Bärlin

The dust of our dreams

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Bärlin est un trio lillois qui réunit le bassiste Laurent Macaigne, même si parfois on a l’impression qu’il se sert de cet instrument comme d’une guitare, le drummer Simon Thomy et le clarinettiste/chanteur Clément Barbier. Déjà que cette formule trio n’est pas courante, mais Clément possède une voix un peu particulière, incantatoire, sorte d’hybride entre Brendan Perry (Dead Can Dance) et David Eugene Edwards (Wovenhand, 16 Horsepower). Et puis ses interventions solennelles sur sa clarinette (qui sonnent parfois comme un hautbois) oscillent entre le jazz noir, le concerto (pensez à Sergueï Prokofiev et Serge Rachmaninov) et la no wave (Tuxedomoon). Le climat de cet opus est sombre, énigmatique, déchirant parfois même étouffant, mais l’ensemble tient parfaitement la route s’achevant par l’élégiaque « Opium fields », avant qu’un bonus track de type drone ne vienne atterrir en fin de parcours, pour souffler sur la poussière de nos rêves…

Sunflowers

Endless voyage

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Troisième elpee pour Sunflowers, un trio portugais (NDR : issu de Porto, très exactement), dont la musique semble, à premier abord, instrumentale. Il faut d’ailleurs attendre le 4ème morceau pour entendre les vociférations du chanteur. M’enfin, pas comme au sein de certains groupes de métal. Plutôt caverneuse, elle intervient cependant, sur les titres les plus musclés.

« Endless voyage » est partagé entre plages percutantes et morceaux atmosphériques aux bidouillages électroniques, quand ils ne virent pas carrément à la lounge (NDR : ou si vous préférez à de la musique d’ascenseur). Depuis le paisible « Prologue », une brève intro à écouter religieusement, aux deux versions épiques du titre maître. Frénétique, la première est soulignée de chœurs sauvages, alors que la suivante, d’abord incantatoire (ces chœurs !) s’égare dans un périple cosmique, expérimental, truffé d’interventions de synthés vintage.

Mais le plus intéressant procède des morceaux les plus énergiques, nés d’un cocktail explosif entre garage, punk, noisy, psychédélisme et krautrock. A l’instar du sauvage « Deflective machine », de « A conflict taking place » et ses chœurs martiaux, qui ne ferait certainement pas pâle figure sur un album de Ty Segall, du groovy « Dreamweaver » qui semble hanté par Jon Spencer ainsi que d’« Oscillaitons », toutes guitares dehors. Entre chaos électrique et harmonies synthétiques, « Endless voyage » doit son imprévisibilité à ses contrastes.

Man Man

Dream Hunting in the Valley of the In-Between

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C’est avec un immense plaisir que l’on retrouve Man Man, sept ans après la parution de son dernier opus, "On Oni Pond”. Sa pop foutraque et loufoque nous avait fortement manqués.

La bande originaire de Philadelphie est donc de retour et vient de graver “Dream Hunting in the Valley of the In-Between”. Et autant le dire, rien de tel qu’un album de ce type en cette période pour le moins morose. La musique de Man Man est toujours aussi insaisissable. La voix éraillée de Ryan Kattner (alias Honus Honus) et le xylophone sont toujours aussi reconnaissables. Les Américains se plaisent à casser les codes. Ils parviennent à déstructurer leurs morceaux tout en préservant le sens de leurs mélodies. Sur ce dernier essai, ils n’ont pas lésiné sur les moyens et ont intégré une multitude d’instruments à la fête. Des classiques (guitare, basse, batterie, claviers, etc.), des moins conventionnels (ukulélé et marimba, notamment), mais surtout une section de cuivres. Aussi, outre la pop baroque qu’on leur connaissait, sur ce dernier LP, le groupe va pêcher ses influences sur d’autres continents et s’amuse à les incorporer à sa folie organisée. On pense notamment au plus latino “Inner Iggy”, au country “The Prettiest Song in the World” ou à l’oriental “Animal Attraction”.

“Dream Hunting in the Valley of the Valley” est une véritable bouffée d’air frais. Un album riche, déstabilisant, captivant qui mérite clairement le détour. Croisons les doigts afin de pouvoir admirer les performances scéniques de cette formation atypique. 

Joyfultalk

A separation of being

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La découverte d’un projet porté par le label montréalais Constellation suscite toujours son lot d’interrogations. Depuis maintenant plusieurs années, l’écurie débusque des artistes qui ne s’inscrivent dans aucune case. Difficile d’adhérer à l’ensemble du catalogue tant les expérimentations proposées sont diverses et parfois poussées à l’extrême.

Joyfultalk appartient à cette catégorie de formations qui offrent ce type d’aventure sonore à laquelle il est difficile de rester insensible. Derrière ce patronyme et cette pochette colorée (issue d’une fresque murale) se cache Jay Crocker, un musicien originaire de la Nouvelle-Ecosse, au Canada. Sur ce troisième opus intitulé « A Separation of Being », il poursuit sa redéfinition de la musique. A l’aide d’instruments de sa création et, surtout de synthé, il propose une musique futuriste aux influences psychédéliques. Divisé en trois plages de sept, huit et seize minutes, Joyfultalk développe des nappes synthétiques qui tournent et finissent par vous hypnotiser. Particularité : on n’y décèle quasiment aucun crescendo...

Si l’écoute de “A separation of being” peut paraître indigeste à certains (elle l’a été en ce qui concerne votre serviteur), cette forme d’expérimentation a le mérite d’exister et de pousser toujours plus loin les limites de la créativité. On peut compter sur Constellation pour continuer à nous sensibiliser aux évolutions musicales...

Baasta !

Paanic

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Baasta ! est un duo issu d’Arras réunissant le chanteur/guitariste François-Xavier Notel et le bassiste Yoann Dirryckx. Le reste de l’instrumentation est assuré par des machines, dont une boîte à rythmes minimaliste. Soit ! Responsable d’un électro/punk particulièrement explosif, le tandem nous propose son premier album. Il fait suite à l’Ep « Sales gosses », paru début 2018. Interprétés dans la langue de Molière, les textes constituent un véritable manifeste face aux dérives de note société de consommation. Tout au long de « Ton camp », FX répète à plusieurs reprises : ‘Quand je vois vos règles du jeu, j’espère mourir avant d’être vieux !’. Un titre qui bat au rythme du pouls funky et libère des guitares crépitantes. Un des meilleurs morceaux de cet LP. « Jamais » en est un autre, un morceau au cours duquel les accès de gratte cristallines ou crépitantes sont dignes de The Dodos. Autre titre fort de l’opus, « Choisis ta vie » s’attaque à la mondialisation, l’exploitation, la surconsommation et la pollution. Un discours qui emprunte une piste reliant Joy Division et le Velvet Underground. L’expression sonore révèle pas mal de références post punk ou cold wave, également. Et même carrément punk, comme sur l’échevelé « Fin du monde », une critique des réseaux sociaux coupables d’empoisonner la vie privée. Mais le débit vocal de FX rappelle alors Plastic Bertrand. Ou de « Tora ! Tora ! Tora », une piste découpée dans des riffs sauvages et acérés, alors qu’un chant belliqueux dénonce ceux qui détruisent et exploitent la biodiversité au profit du capitalisme. En général, la voix est cependant plutôt déclamatoire, empruntant même très souvent au hip hop, en découpant bien les syllabes, mais aussi parfois elle adopte les inflexions de Bashung. Bref, un album intéressant, aux lyrics pertinents qui ne manquent cependant pas d’humour, mais dont la musique pourrait encore gagner en efficacité et en créativité, en se servant davantage d’instruments organiques… Enfin, ce n’est qu’un avis personnel…

GuT GuT

Wazooland

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En 2018, GuT GuT publiait un album étonnant baptisé « Album concept ». Etonnant, d’abord parce que les textes étaient chantés dans un langage original créé à base de phonétiques, un peu comme à une certaine époque, Magma. Puis à cause de l’expression sonore essentiellement sculptée dans un funk blanc, s’inspirant de Prince et de Bowie, mais un Bowie très seventies, réminiscent de « Station to Station », et de son « Golden years ».

« Wazooland » reprend les mêmes ingrédients de base. Il recèle également des plages psychédéliques à coloration orientale (NDR : certaines sont enrichies de bouzouki), ainsi que des morceaux qui agrègent prog et fusion, un peu comme dans l’univers de Zappa. Même le métal et l’électro entrent parfois dans cette fusion. Et si les harmonies vocales sont soignées, elles le sont davantage dans l’esprit de Todd Rundgren que de Kula Shaker. De cet elpee, on épinglera quand même l’excellent « Eko », le très électrique « Altaïr », un funk/blues, dont le rythme semble emprunté au « I’m a man » du Spencer Davis Group et « Avoumen voices », sorte de pastiche du « You should be dancing » des Bee Gees.

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