Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Chroniques

Indochine

Singles collection 2001-2021

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De nos jours, beaucoup considèrent la musique comme un produit de consommation marketing qui n’existe que pour satisfaire un besoin immédiat, provoquant un consumérisme effréné dicté par une industrie qui privilégie la quantité sur la qualité.

Si certains n’y voient qu’un effet de mode passager, d’autres y ressentent les effets néfastes d’une mondialisation transversale qui, par effet de masse, touche aussi le monde de la musique.

Lorsque l’exception surpasse la règle, il nous revient en tête quelques groupes qui sont parvenus à passer outre ce clivage primaire. Indochine fait partie de ceux-là !

Pourtant si certains critiques n’ont pas été tendres avec lui, il a pu maintenir la tête hors de l’eau et s’enorgueillir d’une popularité croissante, malgré la vindicte, depuis maintenant 40 ans, traversant ainsi les âges et les générations.

Formé très exactement en 1981, le combo a très vite connu son heure de gloire en alignant des tubes comme « 3 nuits par semaine », « 3e sexe », « Tes yeux noirs » ou « Canary Bay » pour ensuite accuser le creux de la vague dans les années 90, les médias les reléguant aux rangs de ‘has been’.

Il faudra attendre la sortie de « Dancetaria », en 1999, pour voir renaître le feu sacré ; disque hautement symbolique puisque Stéphane, le frère de Nicola, est emporté par une hépatite foudroyante, alors que les sessions viennent à peine de commencer.

La voie vers le succès est désormais tracée et les albums suivants marquent définitivement un retour médiatique et commercial largement mérités.

Une force de persuasion qui paiera puisque à l’aube de son (déjà) presque anniversaire (NDR : en 2021), la formation qui touche un panel de fans le plus large, sort un premier coffret réunissant tous ses singles de 2001 à 2021 ; un second couvrant la première période d’existence devant paraître en novembre 2020.

Logiquement intitulé « Singles Collection », cet album intergénérationnel recèle pas moins de 37 titres. Des souvenirs remontent inévitablement à la surface et la nostalgie finit par s’installer…

Mis en forme par Mick Guzauski (Daft Punk, Clapton, …), ce box, plus qu’un regard dans le rétroviseur, exploite au mieux l’immense talent de Sirkis. Même si le Sieur Nicola n’a pas à proprement parler une voix, il a cette identité vocale reconnaissable entre mille et une faculté innée de s’approprier l’émotion du moment pour nous transporter hors du temps.

Cerise sur le gâteau, ‘Les petits pianos sans voix’ et ‘Les pianos voix’ colorent d’une vision sublimée et dynamique des éléments qui auraient pu devenir assez vite poussiéreux.

Très vite addictif !

Guided By Voices

Warp and Woof

Écrit par

Votre serviteur a perdu la trace de Robert Pollard et de ses fantasques Guided By Voices (GBV) depuis quelque temps déjà… Il faut dire que le bonhomme a publié 27 albums studio depuis ses débuts discographiques en 1983, même si en chemin, il a vécu quelques longs hiatus.

Sur « Warp and Woof », seconde livraison de 2020 (!), suivant son habitude, le groupe balance pas moins de 24 morceaux en quelques 37 minutes. Prolifique donc mais sans pour autant sombrer dans la baisse qualitative grâce –entre autres– aux guitares de Doug Gillard qui permettent aux courtes vignettes de garder toute leur énergie power-pop. Le ton est quasi punk, parfois psyché ou simplement classic rock (« Blue Jay House »). Si va voix de Pollard évoque celle d’un Eddie Vedder fatigué, son esprit, quant à lui, est toujours aussi en ébullition...

Anne Müller

Heliopause

Écrit par

Originaire de Berlin, Anne Müller a suivi un cursus dans le domaine de la musique classique, principalement au violoncelle. Outre sa contribution aux orchestres symphoniques, l’Allemande a multiplié les collaborations auprès d’artistes issues de l’indie-folk/rock telles qu’Agnes Obel ou Angel Olsen. La multi-instrumentiste a également participé aux projets de précurseurs de la musique néo-classique comme Nils Frahm et Olafur Arnalds. C’est certainement à leur contact qu’elle a eu l’envie de tenter le sien en solo. Son premier opus est d’ailleurs paru sur le label Erased Tapes (Nils Frahm, Arnalds, Lubomyr Melnyk, …)

« Heliopause » constitue son premier elpee. Elle y contrôle tout de A à Z. De la composition à l’interprétation en passant par la production. Cette musicienne chevronnée se consacre au piano et (bien sûr) au violoncelle. Mais pour structurer son univers sonore, elle se sert de nappes qu’elle superpose à l’aide d’une loop machine.

Minimaliste, « Being Anne » ouvre le long playing. « Solo ? Repeat ! » embraie, une plage au cours de laquelle les lignes de violoncelle se chevauchent. Ce n’est qu’à partir du troisième morceau que les mélodies font leur apparition.

« Heliopause » nécessite une écoute attentive afin d’en appréhender la subtilité de la texture. Anne Müller mérite, en tout cas, de figurer dans le catalogue riche et diversifié de l’écurie Erased Tapes… 

Daniel Blumberg

On & On

Écrit par

Lorsque Daniel Blumberg quitte Yuck, en 2013, il tente de nouvelles aventures musicales, tour à tour chez Hebronix, Oupa et Guo. Puis, en 2018, il grave son premier elpee solo, « Minus ». Un disque pur lequel il reçoit le concours de Ute Kanngiesser au violoncelle, Billy Steiger au violon, Tom Wheathly à la contrebasse et Jim White (Dirty Three) aux drums. Des musiciens qu’il a rencontré au café OTO, à Londres. Et il a reconduit la même équipe pour concocter son second opus, « On & On », Daniel se consacrant au chant et à la guitare, délaissant paradoxalement son piano, instrument qui, dans le passé, balisait souvent ses compos… 

Le titre maître est proposé en quatre déclinaisons, un ‘& on’ en plus. Mais il sert, en quelque sorte, d’intermède –doux ou chaotique– entre les autres plages. Encore que, exception qui confirme la règle, « Bound » et « Silence breaker », se succèdent au cœur de l’opus. Caractérisé par son intensité émotionnelle graduelle et d’une durée de 7’, « Bound » constitue le titre le plus mélodieux du long playing. Le second se révèle davantage tourmenté, parfois teinté d’exotisme et bénéficie de la collaboration d’Elvin Brandhi, le partenaire d’impro de Blumberg chez BAKH. Chaleureux, « Teethgritter » est imprimé sur le rythme du chemin de fer jusqu’aux 2/3 de son parcours ; contrebasse en picking, violoncelle, violon et harmo hanté lacérant ensuite littéralement l’expression sonore. Une instrumentation qui ondule suivant les flux et les reflux du déstructuré « Pillow ». Car, ce qui frappe tout au long de cet LP, c’est justement cette combinaison entre déstructuration et sens mélodique. Et « Siderstep summer », la meilleure plage de ce long playing, en est certainement le plus bel exemple. Arrangements de cordes, éclaboussures de sonorités abrasives voire grinçantes improvisées (violon, violoncelle, contrebasse) et percus erratiques alimentant une compo finalement harmonieuse qu’on pourrait qualifier de noisy/folk…

Et pour que votre info soit complète, sachez que cet « On & on » a été mis en forme par Pete Walsh, un collaborateur de longue date de Scott Walker. Et puis que cette œuvre est dédiée à feu David Berman, chanteur, guitariste, compositeur et poète chez Silver Jews, groupe qu’il avait fondé en compagnie des futurs Pavement, Stephen Malkmus et Bob Nastanovich, en 1989.

Faye Webster

Atlanta Millionaires Club

Écrit par

Faye Webster a grandi à Atlanta, au sein d’une famille bercée par la musique folk. Agée aujourd’hui de 21 printemps, l’artiste a depuis assisté à une émulation de la scène rap et RnB, incarnée notamment par Young Thugs et Future.

C’est d’abord dans le rap qu’elle se lance en solo. En 2017, elle publie alors un premier elpee chez Awful, un label réunissant des rappeurs issus d’Atlanta. Ce qui lui permet de recevoir le concours du collectif, et tout particulièrement Father, qui vient poser sa voix sur « Flowers ».

Partagé en 10 pistes, « Atlanta Millionaires Club » constitue donc son deuxième album, une œuvre parue sur le label Secretly Canadian (Whitney, Damien Jurado, Alex Cameron, …)

Si son univers sonore baigne basiquement dans le country/folk, il intègre, à l’instar de « Pigeon », également de la soul et du jazz. Une formule originale au cours de laquelle rythmes langoureux et groovy sont parfaitement orchestrés, alors que lapsteel, basse, sax et synthés soulignent parfaitement la douce voix de Fayer.

A travers l’audacieux « Atlanta Millionaires Club », Faye Webster s’est forgée une identité bien personnelle tout en affichant une grande maturité, malgré son jeune âge. En outre, elle est parvenue à dépoussiérer voire à moderniser la musique folk. Une artiste à suivre de très près, en espérant que son concert préalablement prévu au Botanique en juin soit reprogrammé au plus vite…

Josienne Clarke

In All Weather

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A ce jour, Josienne Clarke était surtout connue pour ses duos échangés avec Ben Walker. Son aventure en solo devrait lui permettre de creuser son propre sillon dans l’univers du folk de chambre.

Tout au long de cet elpee, l’Anglaise parvient à varier les ambiances, des ambiances tour à tour tendres, joyeuses ou mélancoliques.

Pour enregistrer cet LP, l’artiste s’est isolée sur l’île de Bute (NDR : c’est en Ecosse !) afin de se reconstruire, suite à une séparation. Thème qu’elle aborde dans ses lyrics, tout comme l’indépendance et la détermination...

Profondément cathartique, l’œuvre ne tombe cependant jamais dans le pathétique, naviguant entre délicates ballades électro-acoustiques (« (Learning To Sail) In All Weather ») et bulles pop rafraîchissantes (« Slender, Sad and Sentimental »). Lors des sessions, elle a pu compter sur le concours du pianiste Elliott Galvin, du batteur de jazz Dave Hamblett et de la harpiste écossaise Mary Ann Kennedy. A l’instar de son titre, cet opus est à écouter de tout temps…

Bert Jansch

Crimson moon (reissue)

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Décédé en octobre 2011, Bert Jansch avait 57 balais quand il a gravé « Crimson Moon ». C’était en 2000. Pour concocter cet opus, l’Ecossais avait reçu le concours de Johnny Marr (The Smiths, Electronic, etc.) et Bernard Butler (Suede) aux grattes électriques. Cependant, les deux musicos n’y rivalisent pas de déflagrations flamboyantes. Leurs interventions sont bien sûr électriques. Elles enrichissent la texture des compos. Mais aussi subtiles qu’efficaces, elles ne s’imposent jamais. Tout ceci dans un cadre défini par la guitare sèche, le plus souvent jouée en picking par Bert, et dont le doigté tout comme le feeling sont incomparables.

Dans l’histoire du rock, Bert Jansch est une véritable légende. Il a ainsi influencé, parmi les plus célèbres, rien de moins que Jimmy Page et Neil Young. Excusez du peu !

Son aventure la plus marquante, il va la vivre au sein de Pentangle, en compagnie de John Renbourne, de la chanteuse Jacqui McShee, du contrebassiste Danny Thompson (NDR : qui va notamment bosser ensuite, en compagnie de Nick Drake, John Martyn et Tim Buckley) et le batteur Terry Cox. Dans quel style ? Le folk/rock ! Mais un folk/rock baroque et teinté de jazz.

Bref, ce « Crimson moon », qui vient dont d’être réédité, est une œuvre à part dans la longue discographie de Jansch. Bien sûr, on y retrouve quelques plages réminiscentes de son aventure chez Pentangle, à l’instar de « My Donald », une cover de Owen Hand remontant à 1964, au cours de laquelle sa fille Loren se consacre aux vocaux, un peu à la manière de Jacqui. Puis l’un ou l’autre titre plus acoustique, comme l’allègre « Neptune’s daughter », qu’il interprète seul à la sèche. Du blues aussi. Sans oublier le titre maître traduit en bossa nova. Et si son fils, Adam assure les parties de basse sur quelques morceaux, la quintessence de l’œuvre procède justement des interventions électriques, mais tellement raffinées de Johnny et Bernard. Même que l’allègre « Going home » aurait pu figurer au répertoire de Dire Straits. Et si Bert n’a pas une voix inoubliable, lorsqu’elle devient nasillarde, ses inflexions sont désarmantes et sincères tout en rappelant celles de Bob Dylan…

Superbe !

Deerhoof

Future Teenage Cave Artists

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15 chapitres discographiques –en autant d’années d’activisme indie– déjà pour ces vieux briscards de Deerhoof ! « Future Teenage Cave Artists » parvient-il à conserver la flamme intacte insufflée depuis 1994 par ces doux dingues issus de San Francisco ? Pour la circonstance, la formation californienne a décidé de composer son premier album concept. Le thème ? Dans un futur proche, les populations devront quitter en masse leurs maisons pour rejoindre des pâturages plus verts, lorsque les humains et les animaux seront massacrés de façon inexplicable… Dans ce chaos, les ados continuent à créer… Tout un programme donc !

Dès le début de l’opus Satomi scande : ‘Gonna paint an animal on a cave wall/Gonna leave it there forever while empires fall’ (Trad : Je vais peindre un animal sur un mur de grotte / Je vais le laisser là pour toujours pendant que les empires s’effondrent) sur le relativement pop titre maître. Mais les sonorités dissonantes des grattes ciselées de Deitrich et Rodriguez refont rapidement surface. Comme d’habitude, il faut supporter la voix parfois irritante de Satomi (une version alternative de Kazu Makino, la chanteuse de Blonde Redhead) mais la créativité sonique du groupe est demeurée intacte (« ‘Farewell’ Symphony »). Bref, ce mélange d’une grande pureté entre structures quasi-jazz et vision indie rock est toujours aussi unique en son genre. Et cette flamme n’est pas près de s’éteindre…

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