Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

logo_musiczine

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Editors
Afghan Whigs
Chroniques

Warmduscher

Tainted Lunch

Écrit par

Saul Adamczewski et Lias Kaci Saoudi retournés (définitivement ?) chez Fat White Family, Warmduscher continue son petit bonhomme de chemin. Un parcours ne manque pas de susciter la curiosité. Et puis, tant mieux si ces deux groupes excellent chacun de leur côté. Car oui, ce « Tainted lunch », deuxième opus du band londonien est bourré de bonnes idées. Une nouvelle fois produit par Dan Carey (Squid, Black Midi, Fontaine D.C., The Oh Sees, The Kills, etc.), cet opus est à la fois, excentrique, stimulant, riche et accrocheur. 12 compos en 32 minutes ! Enfin, si on tient compte de l’intro loufoque déclamée par Iggy Pop (« Rules of the game »). Autre invité de marque, la légende du hip hop Kool Keith qui vient poser ses rimes salaces et étranges sur « Burner ». Et vous savez quoi, ce mec pourrait parvenir à convertir un public rétif au rap. Côté rap, derrière son micro ou son mégaphone, Cams Baker Jr slamme plus qu’il ne chante. Et quand il hausse le ton, il le fait un peu à la manière de Jon Spencer, parfois soutenu, pour accentuer le contraste, par des chœurs falsetto. A l’instar du garage/blues « Fill it, don’t spill it ». Ou du sauvage titre maître. Quand ils ne deviennent pas carrément angéliques. Comme sur la rumba déglinguée « Precious things » ou le funky « Dream lotion », hanté par les spectres de James Brown et de Prince. Le funk adopte un profil très 80’s (George Clinton ?) tout au long du premier single « Midnight dipper », mais sous une forme que Beck devrait apprécier (NDR : pensez à « Odelay »). Disco funk, « Disco peanuts » rappelle le « Hit me with your rhythm stick » de Ian Dury, à cause de ce beat électro crade et libidineux. On comprend aussi mieux l’intervention de l’Iguane lors de l’intro, à l’écoute de l’obsédant « Blood load », une piste qui aurait pu figurer sur un des premiers elpees des Stooges. Et on n’est pas au bout de nos surprises, puisque le riff de gratte qui lacère « Grape face » semble calqué celui imprimé sur le célèbre « Double Dare » de Bauhaus. Enfin, aux extrêmes, on opposera inévitablement le bruitiste, chaotique et explosif « The Chimp » au slow gluant « Tiny letters », qui clôt ce long playing audacieux. Et le mot est faible !

Caleb Landry Jones

The Mother Stone

Écrit par

Souvenez-vous de la belle escapade musicale opérée par Ryan Gosling au sein de son projet très gothique Dead Man Bones ? A peine âgé de 30 ans, Caleb Landry Jones (‘CLJ’, vu, entre autres, dans ‘X-Men’, ‘Get Out’, ‘Twin Peaks’ et ‘Three Billboards’) a également décidé d’entamer un parcours musical. Et déjà, il a réussi à signer sur le prestigieux et très ‘dark’ label de Brooklyn Sacred Bones. Excusez du peu ! En fait, il a bénéficié du concours de Jim Jarmusch, qui a servi d’intermédiaire…

Si « The Mother Stone » s’inspire d’abord du pop/rock des 60’s et des 70’s (NDR : pensez aux Beatles, au Who et au Pink Floyd de Syd Barrett), il s’inscrit surtout dans la lignée néo-glam récemment réactivée par Lemon Twigs ou Foxygen, en marchant, à son tour, sur les traces de Bowie et de T-Rex. Enregistré dans la grange de ses parents, sises au sein de son Texas natal, « The Mother Stone » reflète l’amour que porte CLJ a la musique de cette époque. Hormis la basse, il se charge de toute l’instrumentation. Depuis les claviers à la guitare, en passant par les drums. Il s’y révèle, quand même, impressionnant ! Et bien sûr le chant, qu’il assume avec une attitude particulièrement théâtrale. Ainsi, chanson à tiroirs, le très baroque et psyché titre maître évoque la facette la plus expérimentale des Beatles. Bref, cet opus constitue un exercice de style rétro et excentrique, parfois boursouflé, mais un album qu’on pourrait qualifier de résolument charmant, osé et gravé dans son époque...

Peel Dream Magazine

Agitprop Alterna

Écrit par

Après avoir écouté « Pill », premier morceau de cet elpee, l’inconditionnel du shoegaze imagine avoir trouvé un digne héritier à My Bloody Valentine. Même les harmonies vocales éthérées échangées entre Joe Stevens et Jo-Anne Hyun rappellent celles de Bilinda Butcher et de Kevin Shields. Bon, en prenant un peu de recul, on se rend compte qu’il s’agit d’un pastiche de « Loveless ». Mais que c’est bien fait ! Aussi efficace que sonique. Le tout baignant au sein d’un climat mélancolique. Sur le second opus de ce combo new-yorkais (NDR : de Brooklyn, très exactement), on retrouve, bien sûr, d’autres plages du style. A l’instar de « Escalator ism », même qu’on entend le mot ‘shoes’ répété à l’envi. Une constante quand même : les vocaux vaporeux. Si bien que la plupart des compos de cet LP lorgnent vers la dream pop, le recours aux sonorités synthétiques et aux machines, accentuant cette impression. Si « Emotional devotion crator » et « NYC Illuminati » adoptent un tempo krautrock, cette dernière piste naviguant quelque part entre Yo La Tengo et MBV, s’autorisant même de la reverb dans l’esprit de Galaxie 500, « The Bertolt Brecht Society » rend hommage au théoricien et dramaturge allemand, rappelant que le dernier Ep de Peel Dream Magazine (« Up and up ») faisait déjà référence au célèbre Bavarois (1998 -1956). Et pour couronner le tout, engagés, les lyrics fustigent l’industrie musicale contemporaine en se servant paradoxalement de la culture du XXIème siècle. Un pari risqué, mais réussi.

Melenas

Dias Raros

Écrit par

Melanas est un quatuor féminin issu de la région de Pampelune (NDR : non, ce n’est pas derrière la lune ; expression populaire usitée quand on n’a pas envie de donner de réponse à quelqu’un qui vous demande où on habite). Eponyme, son premier elpee, était paru en 2018. « Dias Raros » constitue donc son second. Son titre adresse probablement un clin d’œil au « Strange days » des Doors. Les textes sont chantés dans la langue de Cervantès. Pas vraiment dérangeant, d’autant plus que les vocaux et les chœurs dépassent rarement le niveau de l’instrumentation. Une instrumentation plutôt classique basse/guitare/batterie/claviers, malgré le recours à un orgue farfisa et des sonorités de gratte qui empruntent parfois au surf. Ce qui communique un feeling vintage à une expression sonore qui puise généreusement dans le rock/garage des sixties. Pensez aux Seeds et à Question Mark & The Mysterians, ainsi qu’aux compiles ‘Pebbles’ et ‘Nuggets’. En général, les compos sont enlevées, toniques, entraînantes et même accrocheuses. Parfois aussi ‘motorik’, comme sur le morceau d’entrée « Primer tiempo » ainsi que « Los Alemanes ». Petite référence bienvenue aux Chills pour la mélodie de « No puedo pensar ». Et puis, pour clore le long playing, une valse psychédélique tramée sur un xylophone, tout simplement intitulée « Vals ». Bref, un opus plutôt agréable à écouter, sans pour autant révolutionner la planère pop/rock…

Modern Studies

The weight of the sun

Écrit par

« The weight of the sun » constitue le troisième elpee de Modern Studies, si on ne tient pas compte de l’elpee paru en 2018, né de la collaboration entre la formation et Tommy Perman (« Emergent Slow Arcs »). Leader du band, Emily Scott en est la chanteuse. Elle vit à Glasgow. Tout comme deux de ses musiciens, Pete Harvey et Joe Smillie. Rob St John en est le chanteur. Et il est établi dans le Lancashire. Ils sont tous multi-instrumentistes.

La structure de la musique proposée par Modern Studies est fondamentalement folk. Mais un folk enrichi par une multitude d’instruments ainsi que des tas d’arrangements (NDR : le solennel « Jacquelin » évoque même Scott Walker !) et des chœurs (NDR : des arrangements symphoniques et des chœurs produits plus que probablement par des machines ou des synthés). Si bien qu’il finit par flirter avec la pop voire la folktronica. Une pop pastorale, poétique, atmosphérique, romantique, imprimée sur un rythme alangui ou un mid tempo. Les compos sont raffinées par la conjugaison des voix des deux vocalistes, des harmonies qui rappellent tour à tour Mark Lanegan et Isobel Campbell, mais en moins ténébreux, voire Chris Eckman et Carla Torgerson (The Walkabouts). Un morceau plus fouillé quand même, « Back to the city ». Paradoxalement, celui que votre serviteur préfère. Sans quoi si cet opus ne manque certainement pas de charme, il souffre quand même d’une trop grande homogénéité. Question de goût, sans doute !

RVG

Feral

Écrit par

Produit par Victor Van Vugt, « Feral » constitue le deuxième elpee de Feral, un quatuor australien (NDR : issu de Melbourne exactement) drivé par Romy Vager, guitariste compositrice et chanteuse à la voix androgyne. Une ambiguïté qui s’explique par sa nature transgenre. D’ailleurs sur plusieurs compos, cette voix rappelle d’ailleurs celle de Jarvis Cocker (Pulp). Ainsi, « Alexandra » illustre ses difficultés à annoncer à sa famille son changement d’identité sexuelle alors que « The baby & the bottle » évoque sa métamorphose et de ce qu’elle révèle, de ses amours et de ses ruptures.

Côté musique, les compos évoquent tour à tour The Sunnyboys (formation aussie qui a sévi de 1980 à 1984) et Echo & The Bunnymen. Encore que parfois l’ombre des Go-Betweens se met à planer (l’ironique « Perfect day »). Et plus vintage encore, les sonorités de gratte surf qui jalonnent « Christian Neurosurgeon » rappellent le « Heart full of soul » des Yardbirds. Des sonorités de gratte surf qui se conjuguent efficacement à celles tintinnabulantes ou carillonnantes, de l’autre gratteur. Le tout dans un style qu’on pourrait qualifier de lo-fi. Une exception qui confirme la règle, le presque cabaret, mais punk dans le ton, « Prima Donna », au cours duquel, la voix emprunte d’ailleurs les inflexions de Jarvis. Un album rafraîchissant que Musiczine vous conseille vivement…

Waxahatchee

Saint Cloud

Écrit par

Katie Crutchfield est considérée, au sein de la scène indie rock US, comme une songwritrice accomplie. Depuis 2010, cette ex-punk a gravé quelques superbes long playings en compagnie de son groupe, Waxahatchee (NDLR : à vos souhaits !). Tout au long de ses elpees, elle épanchait ses désillusions amoureuses sur des titres dynamisés par un rock énergique.

Pour ce cinquième opus, elle a décidé de faire le point sur sa vie, après avoir vécu un léger burn-out. Et d’en revenir à ses racines. Raison pour laquelle elle a choisi pour titre de cet LP, celui de la ville natale de son père (NDR : c’est en Floride !). En outre, elle y dévoile se problèmes d’addiction à l’alcool.

Et le résultat est épatant. Elle nous réserve, en quelque sorte, son œuvre de la ‘maturité’ ! Et plus que probablement un des albums de l’année 2020. Les plages de ce “Saint Cloud” sont sculptées dans une forme d’americana de haute facture, inspirées des terres brulées de son Alabama. Ligne de guitare cristalline, chœurs, tout y est. A fleur de peau, chargées de feeling, les mélodies sont superbes. La production est impeccable. “Can’t Do Much”, “Lilacs” ou encore “Hell” illustrent parfaitement le climat au sein duquel baigne “Saint Cloud”. Une exception qui confirme la règle, “Fire”. Pas que le morceau soit de mauvaise facture. Au contraire ! Il est même excellent. Cependant, il est imprimé sur un rythme proche du r&b.  

Réunissant 11 pépites, « Saint Cloud » est un disque à découvrir absolument ! Et Katie Crutchfield nous y confirme tous ses talents d’auteure-compositrice-interprète.

The K.

Amputate Corporate Art

Écrit par

Lorsqu’il s’agit de hausser le ton, les formations belges n’ont clairement pas à rougir face à celles qui militent hors de nos frontières. Et The K., It It Anita, Cocaïne Piss ou encore Brutus en sont certainement de belles illustrations…

Il a fallu attendre cinq longues années avant que le combo liégeois ne décide de donner une suite à son premier opus. Durant cet intermède, Von Landau a notamment prêté main forte à Cocaïne Piss. Et puis le duo s’est mué en trio, puisque le bassiste Gregory Danger a rejoint le line up.

Produit par TIm Gieter (Brutus, Amenra) et paru sur label JauneOrange (Dan San, Glass Museum, Leaf House, ...) « Amputate Corporate Art » est d’une efficacité redoutable. Il envoie valser, a de la gueule et surtout constitue une fameuse bouffée d’air en cette période difficile. Hormis la ballade “Everything Hurts”, l’elpee nous plonge au sein d’un univers sonore qui mêle noise, punk et garage. Puissants et énergiques, les titres sont parfois hantés par le spectre de Nirvana. Et “Dominant Tracks” en est certainement la plus belle illustration. La voix de Sébastien est vindicative. Les riffs de basse sont percutants, alors que bruitiste, la gratte assène ses coups de griffes, en y laissant des éraflures à vif.

The K. se produira au Botanique le 30 septembre. Une belle opportunité pour retourner en salle afin d’y vivre un concert en ‘live’… 

Page 65 sur 1252