Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Chroniques

Neil Young

Homegrown

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46 ans plus tard, Neil Young exhume un album qu’il avait décidé de ne pas sortir, suite à sa rupture avec feue l’actrice Carrie Sondgress, la mère de son fils Zeke. Enregistré entre juin 1974 et janvier 1975, soit entre « On the beach » et « Tonight’s the night », il est considéré, par l’artiste lui-même, comme le chaînon manquant entre « Harvest » (1972) et « Comes a time » (1978). Donc il privilégie la forme acoustique. Enfin, pas seulement, puisque si, en général, les compos mettent en exergue ce type d’instrumentation (sèche, banjo, piano, contrebasse, harmo, etc.), sans oublier la voix de Neil et les backing vocaux (NDR : assurés sur deux pistes, par Emmylou Harris), elles concèdent circonstanciellement une part d’électricité. De la pedal steel (Ben Keith), ce qui semble logique, mais également de la basse (Tim Drummond), des drums (Levon Helm) et de la guitare électrique. Dispensée parcimonieusement, sauf sur « Vacancy », dont l’intensité caustique et les harmonies vocales spécifiques rappellent les meilleurs moments du Crazy Horse, et dans une moindre mesure le blues déglingué « We don’t smoke it no more », dont le groove est tramé sur un piano boogie. Et puis il y a « Florida », un morceau bizarre, au cours duquel on entend un monologue un peu barré divaguer sur des larsens de guitare.

Sept plages sur les douze qui figurent sur cet LP n’étaient jamais officiellement sorties. Mais elles avaient déjà soit été interprétées en ‘live’, soit figuré sur l’un ou l’autre opus, sous des versions différentes. On épinglera quand même « White line », une chanson que Neil avait enregistrée en Angleterre, en compagnie de Robbie Robertson, le guitariste de The Band.  

Toutes les compos ont été remasterisées et tiennent parfaitement la route, même si certaines peuvent parfois paraître un peu datées.

The Strokes

The New Abnormal

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Les Strokes sont de retour, quatre ans après avoir publié l’Ep « Comedown machine » et sept longues années après avoir gravé leur dernier elpee, « Future present ». Faut dire qu’au cours de cette période, tous les musiciens se sont concentrés sur leurs propres projets.

Produit par Rick Rubin (AC/DC, Johnny Cash, Kula Shaker, Metallica, Public Enemy, Red Hot Chili Peppers, The Mars Volta, Tom Petty, etc.) « The New Abnormal » constitue donc le sixième opus du combo new-yorkais.

Entre crooner et falsetto, la voix de Casablancas n’a jamais sonné aussi juste. Même que parfois, quand il monte dans les aigus, on a l’impression qu’il emprunte les inflexions de Kelly Jones (Stereophonics) voire de Rivers Cuomo (Weezer). Et les ballades lui donnent l’opportunité de bien la mettre en exergue. Pas toujours sur une expression sonore géniale, il faut le reconnaitre. Notamment lorsqu’elle abuse de l’électro. M’enfin, c’est dans l’air du temps. Serait-ce un coup du magicien Rubin ? Autre bonne nouvelle, la conjugaison de grattes entre Albert Hammond Jr et Nick Valensi est toujours aussi efficace, lorsqu’elles se manifestent, bien évidemment…

Inégal, le long playing recèle cependant quelques titres de bonne facture, et tout particulièrement lorsque les Strokes font du Strokes. Et là, ça vaut le coup ! A l’instar du bien balancé « Why are Sundays so depressing », de l’enlevé « Bad decisions » dont la mélodie rappelle le « Dancing with myself » de Generation X », groupe légendaire au sein duquel a milité Billy Idol, alors que celle d’« Eternal Summer », entre disco, post punk et prog rock semble à la fois hantée par Psychedelic Furs (« Ghost in you » ?) et le Pink Floyd de Roger Waters… 

Orville Peck

Show pony (Ep)

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Alias (?) Daniel Pitout, Orville Peck serait (NDR : c’est au conditionnel !) l’ancien drummer du combo punk canadien Nü Sensae. Se cachant derrière un masque à franges, ce personnage mystérieux a enregistré son premier elpee solo, « Pony », en 2019. Et il nous propose une suite, aujourd’hui, un Ep, qu’il a baptisé « Show pony ».

Si sa musique est fondamentalement country, il a le mérite et l’audace de l’extirper de sa structure rigide et traditionnelle, pour la transformer en alt country. Peck possède également une superbe voix, un baryton qui évoque Roy Orbison et Elvis Presley. Parfois aussi Stuart A. Staples (Tindersticks).

« Summertime » ouvre l’Ep. Sur fond de pedal steel, de guitare surf et de banjo, cette ballade mélancolique est parue en single. « No glory in the West » constitue la piste la plus dépouillée de ce disque. Orville accompagne simplement sa voix à la sèche. Le crescendo progressif du piano sert de tremplin à l’incursion superbe de la guitare électrique, une valse lente dont la mélodie rappelle « Helpless » de Crosby, Stills, Nash & Young. Jouée en picking, sans le concours de drums, « Kids » est une jolie compo lo-fi. Il n’y a pas davantage de rythme pour « Fancy » (NDR : une compo de Reba McEntire écrite par Bobbie Gentry), mais un zeste de banjo, de percus et de sèche, sur ce morceau qui achève l’Ep. Malgré un solo de gratte tordu et déchirant, il est, en outre, rendu atmosphérique par les interventions vaporeuses et denses de l’orgue.

Enfin, il échange un duo avec la chanteuse Shania Twain sur « Legends never die ». Un titre allègre, léger qui se distingue par leurs superbes harmonies vocales, et invite une guitare gémissante en fin de parcours. Un morceau qui adresse un clin d’œil à la communauté LGBTQ, Orville se déclarant ouvertement gay, aveu qui, bien évidemment, ne plait certainement pas aux adeptes purs et durs de la musique country yankee…

Dead Famous People

Harry

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Né en 1986, Dead Famous People est un groupe néo-zélandais qui, à ce jour, n’avait gravé que des Eps, outre les différentes compilations qui lui ont été consacrées. En 1987, il avait cependant signé chez le label Flying Nun. Une référence ! Puis il est parti tenter sa chance à Londres. Pas une idée géniale, bien qu’il ait rejoint l’écurie de Billy Bragg, Utility. Il avait même enregistré plusieurs démos. Bref, le mal du pays et le manque de reconnaissance ont eu raison de cette aventure. Si bien que la leader, chanteuse et compositrice, Dons Savage, a été invitée en studio, par Saint Etienne, pour participer aux vocaux. Et notamment pour le futur hit, « Kiss and make up ». C’est aussi à cette époque que Martin Phillips, le leader de The Chills convie également Dons à participer aux chœurs pour l’album « Submarine bells ». Parce que les harmonies vocales sont une des caractéristiques principales de DFP. Conjuguées en harmonie, en compagnie d’Elizabeth (Biddy) Leyland et de Wendy Kjestrup, elles sont absolument superbes.

Dons a donc remonté Dead Famous People, après une longue pause pour élever son fils, Harry, et s’est entouré de nouveaux collaborateurs. Si le band est entré à Auckland, pour enregistrer de nouvelles compos, « Harry » réunit les fameuses démos abandonnées fin des 80’s, à Londres. Elles ont été remasterisées.

10 pistes très pop, au mélodies contagieuses (« Turn on the light », le superbe et romantique « The great unknown »), sucrées, aux guitares chatoyantes, parfois hymniques (« Goddess of chill »), aux superbes harmonies vocales, et qui évoquent tour à tour les Chills, Big Star voire même les Hollies…

Ásgeir

Bury The Moon

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Alors que la tournée promotionnelle devrait reprendre dans quelques jours (en passant non loin de chez vous), penchons-nous sur le troisième album de notre barde Islandais.

Ainsi, « Bury The Moon » commence par une échappée belle, si l’on en croit les dires de son auteur. Fuyant les turpitudes de Reykjavík pour s’isoler au milieu de nulle part, occupant la maison de vacances d’un ami au milieu de terres fabuleuses bordées de fjords et de montagnes majestueuses, Ásgeir a donc pris soin de se recentrer sur lui-même.

Se redécouvrir et être à l’écoute de soi. Méthode en adéquation avec la finesse de la musique qu’il nous propose depuis ses débuts. Seulement armé d’une guitare et d’un piano, il s’en est donc allé braver ses tourments intérieurs, guidé spirituellement par un père, poète de 76 ans, omniprésent tout au long de cet opus de facture classieuse et mélancolique. Une collaboration plus qu’une filiation, puisque les textes sont comme toujours, écrits de concert.

En résulte des chansons gracieuses où les harmoniques s’entrelacent et les rythmiques se tiennent suspendues à des fils de soie, délicatement ourlés par la voix si particulière de ce jeune homme timide.

Un retour aux sources de l’inspiration, mais qui ne signifie pas l’abandon de toute modernité.

Car comme d’habitude, Ásgeir Trausti distille des sonorités digitales qui viennent épouser l’organique de sa musique.

Véritable voyage intérieur ouvert aux perspectives extérieures, cet opus résonne de façon différente selon l’humeur de son auditeur, mais jamais ne risque de le brusquer.

Entre nostalgie (« Youth » en est la quintessence) et suavité, les chansons se succèdent en véhiculant leurs accents pop et leurs arythmies singulières.

Pourtant, au-delà de cet aspect ronflant, les compositions ne sonnent jamais de façon mièvre. Au contraire, il existe toujours un élan magistral pour soulever l’intérêt. Ici une envolée de cuivres (« Pictures »), là un parterre de chœurs (« Overlay »).

Et l’on devine la somme de travail de ce stakhanoviste acharné, les heures passées à étudier la musique pour en extraire l’essence de ses propres sentiments.

Un travail d’orfèvre qui, bien mieux que sur « Afterglow », le précédent LP paru en 2017, rend justice aux visions oniriques de son auteur.

Ce disque devrait donc assoir le succès d’Ásgeir, et ce malgré des circonstances peu propices à l’invasion du monde.

Un comble pour un descendant des Vikings !

Bonny Light Horseman

Bonny Light Horseman

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Eric D.Johnson, Anaïs Mitchell et Josh Kaufman. Ces trois noms ne vous disent certainement pas grand-chose. Pourtant, de l’autre côté de l’Atlantique, Bonny Light Horseman est considéré comme un ‘supergroupe’. Il est vrai qu’en cherchant un peu on se rend compte que les musiciens ont un sacré background. E. Johnson est le leader de la formation indie-folk Fruit Bats. Il a notamment collaboré avec The Shins, Vetiver ou encore Califone. J. Kaufman a participé à des sessions d’enregistrement pour Josh Ritter, The National et War on Drugs. Enfin, A. Mitchell est une songwritrice de folk/country dont le nom est parfois cité aux côtés de Bob Dylan, Leonard Cohen ou Gillian Welch (rien que ça !!!).

C’est à l’occasion d’une invitation lancée, au sein d’une résidence d’artistes, à Berlin, par Justin Vernon (Bon Iver) et d’Aaron Dressner (The National), que les trois musiciens décident de travailler ensemble. C’est d’ailleurs sur leur label 37d03d que cet album est paru. Outre l’un des frangins Dressner et Justin Vernon, Lisa Hannigan et Kate Stables au banjo (This Is The Kit) figurent également parmi les nombreux invités.

Sans surprise, cet elpee baigne dans le folk et la country. Un disque réunissant essentiellement des reprises de classiques du style, de morceaux qui figurent dans le répertoire de Fruit Bats et de titres méconnus. Et si à premier abord, cette musique semble simple, lorsqu’on s’y attarde, on se rend compte qu’elle est bien plus complexe et subtile qu’on ne pouvait l’imaginer. Mais ce qui séduit le plus, ce sont les splendides harmonies vocales et la voix vibrante d’Anaïs Mitchell. Et le titre maître éponyme, « The Roving » ou encore « Bright Morning Star » chanté a cappella, en compagnie de Justin Vernon, en sont les plus belles illustrations.

Dans l’univers du folk, cet opus est certainement un des meilleurs de l’année 2020. Espérons que le projet perdure et que le trio nous réserve encore des compos de cette qualité…

Mauvais

Tout va bien

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S’appeler Mauvais, fallait vraiment oser ! Mais de surcroît programmer la sortie d’un nouvel album un premier avril en pleine période de confinement tient plus de la schizophrénie qu’à la prise de risque…

Ajoutez-y un peu plus de 55 minutes de chansons délirantes et vous obtiendrez un produit subversif à n’en plus finir.

Pourtant le trio Calogero Marotta/Patrick Schouters/Christophe Enclin est coutumier du genre. Souvenez-vous, lors du premier essai, enthousiastes, ces gais lurons avaient proposé de prendre la place du gros Gégé (« Pour toi, je peux devenir Gérard Depardieu »).

Si le premier opus laissait déjà entrevoir les entrelacs d’un graal sous un lit de lyrisme éhonté, « Tout va bien » pointe le bout du nez quatre années plus tard dans un registre assez éclectique tout en conviant, au passage, des comparses tels que France Cartigny, Jean-Pol Steffens et Hervé Borbé, sans oublier quelques autres lascars, afin de livrer une kyrielle de chansonnettes destinées à faire le bonheur de celles et ceux pour qui la langue française a (encore) une certaine importance (toute relative)…

Tout en mettant l’accent sur le second degré et la bonne humeur, les musiciens s’adonnent joyeusement à un exercice lexical entre réflexions sur l’absence de l’acteur français Michel Constantin, figure emblématique des seconds rôles dans les années 60-80, et natation synchronisée ; le tout en affichant une facilité déconcertante ou si préférez… comme s’ils nageaient comme des poissons dans l’eau…

Vu sa curiosité surréaliste, Mauvais (s’) offre une vision musicale particulièrement ample et la traduit en douze compos dont la filiation littérale est improbable, à l’instar du titre « Je voyage en OVNI ».

Entre le mysticisme d’un Mickey 3D et la poésie contemporaine d’Hiroshima Mon Amour, Mauvais cultive le sens du rythme et de la folie sous un air faussement désabusé, mais avec cette intelligence artistique dont trop peu de groupes peuvent se targuer.

Drôle, captivant et addictif à la fois !

Tindersticks

No Treasure But Hope

Écrit par

Et si ce dernier album en date était le plus beau, le plus abouti, le plus simplement magnifique enfant de la discographie de Tindersticks ?

Introduit par un piano dernièrement acquis par Stuart Staples et installé dans un studio où le groupe s’est retrouvé pour enregistrer live en cinq jours, ce nouveau joyau d’une carrière qui n’en manque pas, « No Treasure But Hope » écrit la bande son idéale pour ces moments de vie baignés de nostalgie mais tournés vers l’avenir.

« For The Beauty », titre éclaireur en ces terres brumeuses traversées de pans de lumières salvateurs, déploie son orchestration avec grâce et majesté mais sans grandiloquence ; exactement ce que le groupe fait le mieux depuis ses débuts, en 1991.

Une retenue qui lui sied bien, une modestie qui lui colle à la peau.

Flirtant avec la perfection à plus d’une reprise, berçant et chérissant nos sens sans flagornerie (« Pinky In the Day Light »), libérant la suavité de nos pensées paresseuses (« Take Care In Your Dreams ») ou générant un motif hypnotique dans lequel quelques cordes viennent se faire l’écho de quelques fantômes dissimulés dans le fond de nos mémoires (« See My Girls »), ce nouvel opus d’un des groupes majeurs de la scène musicale apporte la preuve que le temps n’a pas d’emprise sur le génie.

Ponctué d’arrangements somptueux, l’album est conduit comme un navire par la voix de son leader, égrainant les mots tels des balises, évitant les écueils et accostant sur des terres chargées de promesses, aussi belles que vaines.

Reflet d’un plaisir retrouvé bien que jamais perdu, celui de jouer ensemble, au diapason de ses sensations, Tindersticks nous offre donc non pas un éphémère présent, mais l’immortalité de l’espoir.

Poignant !

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