Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Ora Cogan
Chroniques

Dario Mars

Flesh

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Renaud Mayeur a décidé de décapiter ses Guillotines pour enregistrer son nouvel elpee, « Flesh ». Enfin, uniquement en studio, puisqu’en live, il a toujours le soutien de ses anciens bourreaux (?!?!?). En fait, pour concocter cet opus, il a joué à l’homme-orchestre. Et le résultat tient finalement parfaitement la route.

On savait qu’il était un inconditionnel des B.O. de films, et notamment de westerns spaghetti (Ennio Morricone, Sergio Leone), de rock garage et puis de guitare surf. Tous des éléments qu’on retrouve tout au long de « Flesh », mais pas seulement. Parce qu’outre le surf et le garage, Dario Mars explore la prog, aussi étonnant que cela puisse paraître. A cause de séquences de claviers tourbillonnants réminiscentes d’Emerson, Lake & Palmer (NDR : à moins que ce ne soit de Nice). Paru en single « « Keith » est un titre quand même significatif… Maintenant, cet LP cumule les références, un peu comme si Renaud nous invitait à participer à un jeu de piste. Au cours duquel on croise les fantômes de T Rex (le très glam « Watching you »), d’Ozric Tenctacles (le psychédélisme synthétique, atmosphérique et hypnotique de « End of all things »), de Procol Harum (le mélancolique « Uranus », une plage rognée par une sonorité d’orgue vintage), des Animals (l’orgue semble calqué sur le célèbre « I put a spell on you » des Animals tout au long de « Lago »), les Nomads (le long, malsain et très électrique « Revelation »), les Cramps (le tempo tribal imprimé sur le menaçant « Twilight man »), sans oublier Dick Dale et Hank B. Marvin (Shadows) pour les interventions de guitare surf. Des interventions qui peuvent aussi se révéler gémissantes, fuzz, discordantes ou déchirantes. Hormis quatre ou cinq morceaux, chantés par Renaud d’une voix caverneuse, la plupart des titres sont instrumentaux, parfois longs, collant ainsi davantage à l’esprit de bandes sonores cinématographiques qui le hantent manifestement.

Dario Mars se produira ce 27 novembre au Witloof Bar du Botanique…

Et si vous souhaitez en savoir davantage, on vous invite à relire l’interview que Renaud Mayeur avait accordé à Musiczine, en 2017 ici

Orville Peck

Pony

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Orville Peck est un personnage pour le moins énigmatique. Caché derrière des lanières de cuir suspendues à un chapeau, ce cow-boy affiche un look qui ne laisse pas indifférent. Après avoir opéré quelques recherches sur la toile, et réalisé une longue analyse comparative des tatouages, le personnage énigmatique serait Daniel Pitout, le batteur de Nu Sensae, un groupe punk méconnu issu de Vancouver. On apprend également que le songwriter revendique son adhésion au mouvement queer. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le mystère qui enveloppe l’artiste a porté ses fruits. Et pour cause, son cocktail de folk et de country a tapé dans l’oreille du légendaire label Sub Pop.

Cette reconnaissance est parfaitement justifiée. Orville Peck parvient à insuffler un souffle de modernité dans sa country. Une country qu’il revisite cependant à la manière de Johnny Cash, tout au long de “Take you Back (The Iron Hoof)”. Et quand il se sert du banjo et de la lap steel sur “Big Sky”. Les éléments contemporains, il les incorpore tout au long de “Buffalo Run”, une plage qui monte progressivement en crescendo ainsi que sur le plus pop “Turn to Hate”. Mais comme ses acolytes du style, Orville Peck aime raconter ses histoires à travers des tranches de vie. D’une voix caverneuse, néanmoins très susceptible de grimper dans les aigus, il relate les stéréotypes du monde des rodéos ou ses amours déchus, quand il n’évoque pas les cow-boys/girls ou son amour pour les plaines arides… Chaque piste nous entraîne au sein d’un univers différent. Et le résultat est tout bonnement épatant…

The Lemonheads

Varshons II

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Figure culte de la scène indie des années 90, statut décroché lors de la sortie de son premier elpee, « It’s A Shame About Ray », Evan Dando (seul membre permanent depuis les débuts de Lemonheads) avait un peu disparu des radars, malgré la reformation de son band, en 2005… « Varshons II » fait suite à « Varshons », un LP paru en 2009, également consacré à des reprises. Essentiellement downtempo et acoustique, cette série de relectures navigue allègrement entre le folk de Lucinda Williams (« Abandoned ») et le répertoire de Paul Westerberg, en passant par le punk de The Eyes (« TAQN ») et même le reggae, à l’instar d’« Unfamiliar », un morceau signé par le très méconnu GiveGoods. Le géant (1m92 tout de même !) vétéran américain ose même s’attaquer à Nick Cave (« Straight to You ») ! Dans son style et avec style, Evan Dando nous réserve une belle collection de covers maîtrisée et plaisante, pas si anecdotique qu’il n’y paraît et qui devrait plaire aux nostalgiques des sonorités issues des 90’s et instituées, notamment, par Dinosaur Jr…

La Grande Sophie

Cet instant

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« Cet instant » constitue une œuvre tout simplement magique et magnifique à la fois ; et elle devrait assurément combler les aficionados de la Grande Sophie. Mais également les autres mélomanes…

Pour ce huitième opus, Miss Huriaux emprunte une emphase incantatoire où le temps reste l’axe central (« Une vie », « Hier », « Nous étions »). Celui qui passe, ronge, (s)’explique. Elle dépeint des instants de vie dans lesquels chacun y trouvera son compte. L’écoute dématérialise la conscience humaine et aborde une réflexion à laquelle on ne peut rester indifférent.

Tout va vite, beaucoup trop vite. Si l’exercice est à considérer comme un polaroïd de notre époque irrémédiablement brouillée, la dame n’en explore pas pour autant les travers nostalgiques.

Elle aborde cette thématique avec une neutralité toute relative et un positivisme qui sent bon la joie de vivre. Ses compositions, si elles peuvent être consensuelles, se posent sur des rythmes qui peuvent également se révéler aussi sacrément endiablés (« Missive », « Tu ne me reconnais pas »).

La prise de risque est évidente et à cinquante berges, la demoiselle livre là un bel hommage à cette notion clé dans l’existence humaine. Un essai qui lui va à ravir et dont elle devrait s’inspirer encore.

D’autant plus que c’est au piano que les morceaux ont été composés et construits, alors que la guitare reste son instrument de prédilection.

Et même si l’approche des arrangements s’avère contemporaine, ses chansons conservent une authenticité quasi-candide.

Enfin, cette voix à la fois personnelle et passe-partout fait d’elle l’artiste très populaire qu’elle est devenue.

Cette Sophie a vraiment tout d’une grande !

Squid

Town Centre (Ep)

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Premier Ep pour Squid, un quintet issu de Brighton drivé par le chanteur/drummer Ollie Judge. Son style ? Capricieux ou joyeux, mais aussi envoûtant et frénétique, voire atmosphérique et tentaculaire (?!?!?), puisant ses sources aussi bien dans le post punk, le jazz, la soul que le funk blanc. Découpé en quatre plages et produit par Dan Carey (Black Midi, Fontaine D.C.), ce disque s’ouvre par un titre instrumental, atmosphérique, vaporeux même, limité aux cordes, percus, effets de distorsion et traversé par une intervention à la trompette. Une trompette utilisée dans un style free jazz réminiscent de Miles Davies. Ou alors de Steven Brown (Tuxedo Moon), à l’instar de « Match bet », une compo davantage propulsive que chante Ollie d’une voix presque déclamatoire, parfois frénétique (NDR : le tout compensé par des harmonies vocales paisibles), évoquant tour à tour feu Mark E. Smith (The Fall), David Byrne (Talking Heads) ou encore Fred Schneider (B52’s). Tout comme sur le plus dansant « The Cleaner », un morceau plutôt disco/funk. Et ce cuivre traverse également « Rodeo », une piste au climat oriental presque cinématique que rejoint un violon grinçant et qu’imprime une boîte à rythmes digne d’un bontempi vintage. On attend l’album avec impatience…

Stephan Eicher

Homeless Songs

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L’année 2019 a été prolifique pour Eicher. D’abord, il a publié « Hüh ! », un album consacré aux reprises de ses chansons sous un angle audacieux. Ensuite, il a gravé un huitième exercice original, sobrement intitulé « Homeless Songs ».

C’est donc un Stephan plein de peps que l’on retrouve aujourd’hui, laissant loin derrière lui les problèmes juridiques qu’il a rencontrés avec sa maison de disques. Sans oublier les ennuis de santé auxquels il a dû faire face.

Il y a 7 longues années que l’artiste n’avait plus publié d’elpee réunissant de nouvelles compos. Des compos qui figurent sur cet essai aux allures libres et sauvages…

Empreint d’une pointe de mélancolie, les chansons embrassent une large palette d’émotions sur un laps de temps parfois très court, à l’instar de « Broken » (43 secondes seulement) ou très long (plus de 6 minutes pour « Niene dehei »). Des morceaux qui adoptent tour à tour un profil folk, dépouillé ou au contraire savamment orchestré (« Wie Einem Der Gewissheit Hat »).

L’artiste bernois jongle une nouvelle fois entre les idiomes –anglais, suisse ou allemand– qu’il maîtrise à merveille en y apportant cette petite pointe d’accent fébrile qui le rend unique et très attachant.

Son comparse de toujours, Philippe Djian, lui offre à nouveau fois cette plume particulière qui sublime cette voix grave, chaude et éraillée reconnaissable entre toutes.

L’artwork représente une femme que l’on devine plus que l’on ne distingue. « Homeless Songs » en est l’allégorie. Il faut du temps pour en cerner tous les charmes avant de l’apprivoiser.

Proche de la soixantaine, Stephan respecte la ligne artistique qu’il s’est fixée depuis quelque temps. Son LP ne recèle pas de morceaux nécessairement ‘tubesques’ (si l’on excepte « La fête est finie » en compagnie d’Axelle Red et Miossec qui pourrait faire l’effet d’une bombe), mais s’écoute comme s’il avait été posé dans un écrin de velours.

Enfin, il semble avoir retrouvé une certaine sérénité et va pouvoir maintenant réellement déjeuner en paix…

Jeanne Cherhal

L’An 40

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Alors qu’elle affiche à peine 41 balais, Jeanne Cherhal compte pourtant à son actif deux décennies d’une carrière très riche.

Pour ce passage à la quarantaine, l’artiste a senti le besoin de s’exprimer sur le prisme de sa vie en réalisant un album de chanson française dont la source d’inspiration a été puisée à la fois dans la Drôme, en Auvergne ou même à la Réunion.

« L’An 40 », sixième du nom, est la résultante d’un patchwork posé sur un lit de piano/voix à la cambrure poétique au cours duquel les arrangements subtils et royalement orchestrés épousent une tessiture de voix addictive et apaisante.

Enregistrées entre Paris et Los Angeles, les compositions décrivent le temps qui passe et sont joyeusement, circonstanciellement et judicieusement colorées de cuivres ou d’une chorale gospel (« Racines d’or »).

Entre la naissance (César relate sa césarienne) et la mort (un hommage vibrant à Jacques Higelin), il n’y a qu’un pas que Cherhal ose pourtant franchir pour se concentrer sur les émotions en s’émancipant même sans fausse pudeur lors d’un « Soixante-neuf » qui évoque une pratique sexuelle sans la moindre équivoque.

Jeanne a décidemment plusieurs cordes à son arc !

The Mountain Goats

In League with Dragons

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Hormis la voix nasillarde si reconnaissable et particulière de son chanteur Jeff Darnielle, il est parfois difficile de suivre The Mountain Goats, car sa musique part un peu dans tous les sens… et ce depuis ses débuts discographiques, en 1994. Entre un magnifique album consacré au catch (« Beat the Champ »), un autre à la culture gothique (« Goth ») ou encore dédié à sa ville de Portland (« We Shall All Be Healed »), cette formation a décidé de s’inspirer des légendes de ‘Donjons & Dragons’ pour enregistrer son 17ème elpee, en osant une comparaison entre les sorciers déchus et les athlètes rincés (« Doc Gooden ») ou les rockeurs vidés (Ozzy Osbourne sur « Passiac 1975 ») après avoir accompli de longues carrières… Rien que ça ! Libre comme jamais, le groupe s’offre, en outre, Owen Pallett pour orchestrer ses morceaux d’obédience country-folk. Pour un résultat assez bluffant. Entre les immédiats « Done Bleeding » et « Passaic 1975 », on épinglera néanmoins les interventions de pedal steel sur « Younger » et les magnifiques chœurs de « Clemency for the Wizard King ». The Mountain Goats n’avait plus affiché une telle forme depuis longtemps !

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