Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Chroniques

Anna Ternheim

A space for lost time

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Anna Ternheim impose, depuis ses débuts, une pop mélodique et légère à la fois. Un genre dans lequel elle s’assume et s’épanouit.

Baignant depuis son enfance dans la musique, grâce à la discothèque familiale où elle a puisé ses ressources, elle finit presque par hasard au sommet des ventes en Suède, son pays d’origine, grâce à quelques chansons enregistrées ci et là, presque instinctivement, délaissant définitivement ses études d’architecture.

Un style qui va lui permettre d’atteindre une apogée dans les années 2000, période charnière d’un renouveau où elle opère un tournant à 180 degrés pour se consacrer à des projets nettement plus intimistes.

« A space for lost time » n’échappe pas à la règle, épousant une fois de plus un registre doux et sensuel ; ce qui constitue sa meilleure carte de visite en quelque sorte.

Embrassant un univers proche de Katie Melua, cet opus se laisse objectivement bercer par ses arrangements aériens et cette voix suave qui permettent à l’enveloppe sonore de magnifier sa quintessence poétique.

Pourtant, la lassitude gagne progressivement le mélomane. L’exercice est uniforme durant plus de trente minutes ; un manque de relief qui finit par enliser l’ensemble au sein d’un excès de gnangnan magistral.

Bref, si la promesse était belle, malgré tous les efforts consentis, ni la collaboration avec Bjorn Yttling (le Bjorn de Peter Bjorn & John), ni le nouveau label ne parviennent malheureusement pas à sauver Moïse des eaux.

Chastity Belt

Chastity Belt

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Après la publication de son album ”I Used to Spend so Much TIme Alone” en 2017, Chastity Belt a failli exploser ; mais il est finalement parvenu à tenir le coup. En effet, lors de la dernière tournée américaine du groupe, Julia Shapira (guitare, voix) a bien failli quitter le navire. Il lui aura fallu une période d’introspection et la sortie d’un album solo pour réaliser que l’aventure de Chastity Belt méritait d’être poursuivie.

Ce nouvel et quatrième opus résonne donc comme une renaissance, en témoigne le titre éponyme de cet elpee. Produit par Jay Som et paru sur le label Hardly Art (filière dépendant de Sub Pop), cet LP se révèle à la fois abouti et serein. On est loin de l’énergie brute manifestée par le groupe à ses débuts. Les dix titres sont imprimés sur un tempo paisible évoquant parfois Warpaint. Les harmonies vocales (et autres ‘canons’) ainsi que les arpèges alimentent des chansons mélancoliques sur lesquelles Shapiro vient poser des textes évoquant les relations amicales et amoureuses. Cependant, chaque plage nécessite plusieurs écoutes avant que les mélodies ne libèrent toute leur saveur...

Inespéré, le retour de Chastity Belt est, de toute évidence, gagnant. En espérant découvrir une suite, prochainement. 

Kindness

Something Like a War

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Difficile équation pour le producteur anglais Adam Bainbridge –aka Kindness– de rester à la fois indéniablement pop et pourtant si indie dans l’esprit ! Il débute d’ailleurs sa nouvelle œuvre par un bien senti : « There will be people who will say, 'You don't mix this with that,' and you will say, 'Watch me.» ! Après avoir collaboré avec Solange, Blood Orange ou Robyn, il a décidé de ne pas brider ces irrésistibles envie de danser… intelligemment ! Pas un hasard si un ex-musicien d’Arthur Russell s’invite au générique (Mustafa Ahmed de son 3ème elpee, « Something Like War »). Soutenu, entre autres, par les voix du Suédo-gambien Seinabo Sey (« Lost without »), Robyn (« Cry Everything »), le rappeur philadelphien Bahamadia (sur le très 90’s titre maître) ou Jazmine Sullivan (« Hard to believe »), il malaxe les sonorités funk, house, dub ou même afro-beat, pour enflammer le dancefloor de ses douceurs enregistrées en compagnie de Philippe Zdar, peu avant son décès. On en redemande des guéguerres pareilles !

Frankie Cosmos

Close it Quietly

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Plein à craquer d’anti-folk millésimé, « Vessel », son précédent LP, paru 2 ans plus tôt, était quasi-parfait. Quelle suite allait-elle donner à cet opus, réalisé en état de grâce ? Qu’allait-elle donc sortir de son esprit prolifique ? Allait-elle abandonner ses sonorités ‘lo-fi’ ou élargir sa palette sonique ? Bonne ou mauvaise nouvelle : pas de réel changement à l’horizon sur les 21 (!) morceaux de « Close it Quietly », le 4ème album studio de Frankie Cosmos. L’univers de Greta Kline (la fille des acteurs Kevin Kline et Phoebe Cates) est toujours bercé par ces mêmes sonorités ‘DIY’. Dépassant rarement les 2 minutes, ses capsules autobiographiques –un peu plus noires que d’habitude– décrivent son passage à travers la vingtaine, sa vie privée ou la perte de son chien, comme la bande-son parfaite de la série ‘Girls’. Ses vignettes ne négligent jamais les mélodies et parviennent à donner leur quintessence sur des morceaux faussement naïfs tels que « I Joke ». Une certitude, la sphère indie n’a pas fini d’entendre parler de Frankie Cosmos. Pas de surprise mais une musique réconfortante pour bien passer le reste de l’hiver au coin du feu…

Chastity

Home made Satan

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En 2018, Brandon Williams publiait un premier opus intitulé “Death Lust”, un disque qui agrégeait punk, grunge et hardcore. Derrière un mur de son et d’énergie, le Canadien y manifestait toute sa frustration de post-ado.

Un an plus tard, le musicien continue sa quête du bonheur sur “Home Made Satan”. Cependant, il semble beaucoup moins inspiré. L’album s’ouvre par “Flames”, une bonne mise en bouche digne d’un tube des 80’s. Malheureusement, le Canadien dérape rapidement. Et sa musique vire à la pop emocore que l’on croirait tout droit sortie du label Deep Elm. Pensez notamment à Dashboard Confessional. Et “Sun Poisoning” en est certainement le plus bel (?) exemple. Des lignes de guitares sous distorsion ou acoustiques se relaient. Brandon Williams prend un malin plaisir à se plaindre ; une attitude qui devient rapidement énervante. Il emprunte même les formules chères au neo-metal….

Sauf si vous êtes frappé par un éclair de nostalgie, le deuxième opus de Chastity ne mérite vraiment pas qu’on s’y attarde. Décevant !

Bon Iver

I,i

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On ne présente plus Justin Vernon, aka Bon Iver, artiste qui a gagné le droit de suivre ses instincts depuis le carton surprise de son premier album, le sublime « For Emma, Forever Ago », une œuvre au folk boisé. Et l’Américain n’a d’ailleurs pas hésité à approfondir ses aspirations les plus aventureuses sur « 22, a Million », un elpee sorti en 2016. Inclassable, sa nouvelle et 4ème livraison, « I,i » mixe ces derniers aux mélodies les plus cristallines, mais dans un esprit général plus optimiste ; à l’instar du single lumineux « Hey, Ma ». Entre folk, r’n’b futuriste (« Imi », « We ») et expérimentations autotunées (« Naeem » au final bouleversant), les textures sont riches (saxo, cordes et samples), mais les mélodies émergent malgré la frustration de morceaux s’évaporant avant d’avoir pu donner leur quintessence. Notons que quelques invités de marque s’invitent au générique tels que Moses Sumney, James Blake ou les frères Dessner (The National). Bon Iver, un artiste décidément unique et précieux.

WIVES

So Removed

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Un groupe qui entame son elpee par un brûlot tel que « Waving Past Nirvana » ne peut que m’être sympathique ! Le post-punk de WIVES libère d’ailleurs quelques effluves 90’s très plaisantes. Mais les morceaux de ces jeunes musiciens sont avant tout totalement new-yorkais dans le son ! Le quatuor mené par Andrew Bailey (ex-DIIV) et James Beach semble posséder une foi inébranlable dans sa musique comme au plus beau temps du rock indie. On pense aux Ramones (« Whatevr »), au glam rock (le réjouissant « Hideaway »), à Sonic Youth (« Why is Life ») ou même au Velvet (le plombé « Workin’ »). Mais « So Removed » est avant tout un excellent album de rock réalisé avec la fougue et la morgue des premiers albums des Strokes…

Lee Evans

Mississippi Flood

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Lee Evans a commencé à jouer de la batterie à l’âge de 10 ans. Et de la guitare électrique à celui de 11. Affichant aujourd’hui 24 ans printemps, il nous propose aujourd’hui son premier Ep, « Mississippi flood ». Et vu le titre, vous vous doutez que le blues constitue une influence majeure pour ce jeune Américain. Après avoir écouté ce disque, on parlera plutôt de blues/rock. Certains sont cependant davantage blues, et d’autres plus rock voire garage, à l’instar du frénétique, « Always in the hurry ». Plage qui ouvre la plaque, elle nous plonge dans un garage réminiscent des Stooges voire de MC5. Plus classique, « Foreign girl » s’inspire manifestement de John Lee Hooker ; à cause de cette trame en boucle, alors que l’instrumental « Ballad of the Mississippi flood » évoque plutôt la partie la plus atmosphérique de l’« Albatross » du Fleetwood Mac. Les trois autres pistes adoptent un ton plus contemporain. Si « Song of inspiration » aurait pu figurer au répertoire des White Stripes, « Ain’t no beggar man » et l’excellent et fiévreux « New ground » sont carrément hantés par le Gun Club ; même la voix s’y révèle aussi écorchée que celle de Jeffrey Lee Pierce. On attend un véritable album avec impatience…

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