Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Clemix

Non merci

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Affichant un look androgyne à la Jeanne Added, la Belge Clemix enfonce le clou (NDR : ou persiste et signe, si vous préférez) en publiant un nouvel Ep singulièrement intitulé « Non merci » !

Il s’agit de son sixième essai en de son troisième en solo. Et la filiation dans le propos avec le duo CéléniaSophia est à s’y méprendre. Mais le talent en moins…

Clémentine Colette, de son vrai nom, a pris le parti de dicter les axes médians de sa jeune existence sous un flot de paroles souligné par une musique electro voire disco sur un groove tonitruant.

Si de prime abord, l’idée peut sembler intéressante, le résultat est décevant.

L’expression sonore manque cruellement d’originalité, de relief et consistance. Les compositions sont insuffisamment enrobées et manquent d’attrait. Les sonorités sont certes contemporaines, mais peinent vraiment à s’éloigner d’un modèle éculé.

Quant aux textes, à travers des thématiques qui abordent tantôt l’intimité, les relations ou encore les travers des réseaux sociaux, ils tentent, sans y croire, de défendre les couleurs d’un vécu réel ou imagé dans une immaturité totale, tombant rapidement dans une allégorie caricaturale.

Bref, cinq titres, c’est déjà beaucoup trop !

Quoique son ‘’Motherfucker’’, seule compo en anglais, pourrait faire le bonheur des dancefloor. Encore que…

Et si son « Non, merci » était en soi une conclusion ?

Kreda

Crest

Écrit par

Inutile de jeter le trouble en précisant d’emblée de quelle formation contestée et contestataire sont issus deux des membres de Kreda, tant les 4 compositions de « Crest » sont personnelles, frondeuses et ne nécessitent aucunement un lien de parenté, qui du reste, fausserait, dans le cas présent, le prisme de la perception.

Voyez plutôt en cette formation anglo-slovène l’association maligne de talents curieux aux ambitions ouvertes sur différents types d’expression alliant musique expérimentale et installations visuelles. Si l'elpee dont il est question ici, ne propose pas, par la force des choses, d’embrasser les différents aspects de sa vision artistique, il s’agit néanmoins d’une excellente introduction à son univers.

Élément central de cette escapade aventureuse, la voix de Mina Spiler, atome autour duquel viennent tournoyer les deux électrons libres que sont Matevz Kolenc et Alastair McNeil, collaborateur de Roisin Murphy.

C’est donc cet élément vocal qui fabrique la matière d’un univers sombre et passionnant, recelant ses parts de lumière et d’espoir.

Des vocalises qui sombrent au cœur des ténèbres pour s’élever ensuite vers des cimes étoilées en l’espace d’un instant. Emmenant dans leurs sillages un voile de mystère troublant, telle une nébuleuse en mouvement.

Se faisant, les rythmiques et autres sonorités binaires qui jonchent le chemin sur lequel nos oreilles charmées ne tardent pas à se fondre, ne sont pas en reste. Car toute l’inventivité des compositions se révèlent en miroir, justes répliques aux accents et intonations de Milna Spiler.

Plus loin, la ballade onirique se prolonge, accentuant toujours l’intriguant voyage en ces terres balayées de mystère.

Mais si la musique s’adresse directement à l’intellect, elle ne laisse pas pour autant le cœur en friche. Dressant la cartographie de ses terres en peignant le portrait d’une humanité en recherche d’elle-même, « Emotional Tides » résume à lui seul la démarche du groupe.

Voyage au long des canaux vénitiens, il revisite l’histoire par le prisme des émotions humaines.

À l’instar de sa musique, le trio opère de façon anarchique ; s’imprégnant d’abord de la matière visuelle d’Atej Tutta, réalisateur et vidéaste vénitien avant de régurgiter des sons. Un concept qui laisse libre cours à une filmographie toute personnelle dont l’auditeur est libre de s’en accaparer les motifs pour en remodeler les contours.

Bref, une musique dont la genèse est l’image et qui génère un flux d’autres images, propre à chacun.

Il serait pertinent de découvrir Kreda et de s’immerger totalement dans cet ensemble, à l’embouchure de leur créativité, mais en toute vérité, les panoramiques offerts à notre imagination se suffisent déjà à eux-mêmes.

Une association de talents et de visions pertinentes, menant à un projet binaire excitant du début à la fin, sensiblement éloigné du berceau industriel du groupe dont sont issus la moitié de ses membres.

Still Corners

Slow Air

Écrit par

Still Corners incarnerait-il un énième duo dream-pop ? Oui mais pas seulement. Ce couple –sur scène comme à la ville– réunissant l’Anglais Greg Hugues et l’Américaine Tessa Murray est né suite à une rencontre hasardeuse qui s’est produite dans un bus londonien, en 2007. Et « Slow Air » constitue déjà son 4ème elpee, depuis ses débuts opérés chez Sub Pop, en 2011, lorsqu’il a gravé l’excellent « Creatures of an Hour ». Still Corners marche avec grâce sur les traces de Mazzy Star ou de Beach House. « Slow Air » répond d’ailleurs au cahier des charges grâce à la voix éthérée de Tessa Murray, les ambiances oniriques vaporeuses à souhait, les reverb’ omniprésentes et les mélodies pop langoureuses (« Black Lagoon »). Mais tout est fait avec une incontestable classe et un talent assez bluffant (l’instrumental « Welcome to Slow Air »). La production ne lésine pas sur les détails communiquant à l’ensemble une étrange douceur qu’on aurait adoré voir hanter des séries telles que ‘The OA’ ou ‘Twin Peaks’. Un magnifique moment en apesanteur…

Oliver Spalding

Novemberism

Écrit par

Bon Iver (à travers son approche la plus expérimentale) et James Blake commencent doucement à entrevoir leur descendance. C’est particulièrement évident à l’écoute de "Novemberism", le premier elpee du jeune Oliver Spalding (23 ans). "Novembersim" pourrait se définir comme un concept en état de constante mélancolie et de tristesse profonde… Tout un programme ! A l'aide de son falsetto et ses boucles, son ‘autotune’ lacrymale et la production du très talentueux Ed Tullet (Novo Amor), qui l’épaule également à l’écriture, Oliver Spalding met tous les atouts de son côté. La ressemblance avec Justin Vernon s’avère parfois un peu trop forte (le très beau « Ahamé ») mais l’Anglais développe également un univers propre fait de saxo (« Everglades »), de dark R’n’B (« Her Crescent »), de synthé 80’s circa New Order (« Bow Creek ») ou de folktronica ambient (« Xanax »). Mars est un mois parfait pour découvrir ce "Novemberism".

Black Marble

Bigger than life

Écrit par

Depuis la sortie de son dernier opus (“It’s immaterial"), en 2016, le quotidien de Chris Stewart, alias Black Marble, a subi quelques bouleversements. Tout d’abord, il a vu partir vers d’autres horizons son acolyte Ty Kube. Ensuite, il a quitté son Brooklyn natal pour s’exiler sur la côte Ouest ; à Los Angeles plus précisément.

Ce déménagement sous les palmiers californiens n’a cependant pas ensoleillé la musique de Black Marble. Non, tout au long de “Bigger than Life”, premier album paru sur le label Sacred Bones (Amen Dunes, Moon Duo, Jenny Hval, ...), l’Américain remet une couche de synth-pop-cold-wave sur son expression sonore. A travers onze morceaux, il nous replonge directement au sein des 80’s. Cependant, contrairement à certains, Stewart le fait avec goût. Son sens mélodique est aiguisé. Il maîtrise l’art de l’écho sur les lignes minimaliste de guitare et de basse ainsi que le bidouillage des boîtes à rythmes et des claviers. Sa voix caverneuse rappelle aussi directement les figures de cette décennie. Le seul bémol à épingler émane plutôt de la ressemblance entre les différents titres. Néanmoins, ils s'avèrent particulièrement efficaces.

Clipping.

There Existed an Addiction to Blood

Écrit par
Sub Pop s’est créé à la marge une petite section dédiée au hip-hop expérimental en signant des têtes chercheuses telles que Shabazz Palace, Knife Knights ou les énergumènes de Clipping, qui nous intéressent ici. Le trio angelino réunissant le rappeur Daveed Diggs ainsi que les producteurs William Hutson et Jonathan Snipes délivre un 3ème album mystérieusement baptisé "There Existed an Addiction to Blood", porté par l’impeccable single « Nothing is Safe ». L’œuvre est inspirée par un obscur film de ‘blaxploitation’ vampirique des années 70 intitulé ‘Ganja & Hess’. Ouverte au drone, l’ambiance est donc sombre et lugubre, et accouche d'un hip-hop mâtiné d’horrorcore. Un flow flippant et monocorde et des rythmes noisy déstructurés alimentent, en outre, cet univers pas aisé d’entrée mais inventif et exigeant !

Mama Killa

The Ballad Of Jean-Sébastien Killa

Écrit par

Ne pas confondre Mama Killa et Mama Killa. L’un est belge, l’autre français, bordelais plus précisément ; et le premier groupe cité revendique un droit de paternité sur le patronyme. Néanmoins, il faut admettre que l’amalgame s’établit naturellement.

Une fois passé cette identification, probable obstacle à la compréhension du projet, penchons-nous sur le sujet.

Car l’univers au sein duquel nous entraîne ce Mama Killa ne manque pas de personnalité.

Nonobstant son approche brouillonne, la formation révèle des aptitudes intéressantes.

Décliné en seize titres inégaux, ce généreux long playing sert de complément à un projet visuel et scriptural relatant les méfaits causés par une poupée maléfique.

Il s’agit donc d’un concept album, exercice périlleux, parsemé de pièges au sein desquels des tas d’artistes sont trop souvent tombés.

Trop d’idées ? Trop d’envies mal canalisées ? Un désir de trop bien faire ? Probablement. Mais aussi une production hyperléchée et des soli superflus.

Ecrasant, cet opéra Rock peine à décoller, mais propose lors de ses meilleurs moments quelques ambiances héritées d’influences majeures et notoires (Killing Joke, Goblin ou encore Queens of The Stone Age, entre autres)

En résulte une musique sombre, angoissante, dont les envolées épiques véhiculent des accents à la noirceur d’encre.

Surchargé, l’opus déborde d’énergie, mais mal dispensée, elle nuit à la concentration du mélomane...

Se référant au cinéma fantastique (on soulignera évidemment le rapprochement avec la bande son de ‘Suspiria’ version 1977), « The Ballad of Jean-Sébastien Killa » relate la narration chronologique d’un récit horrifique.

L’album s’achève par « Ulysses », comme un navire s’échoue sur une île déserte après un voyage mouvementé.

Mais qui après réparation, pourrait reprendre la mer afin de découvrir de nouveaux horizons…

Mikal Cronin

Seeker

Écrit par

Musicien attitré du backing band de Ty Segall mais aussi actif dans des projets parallèles tels que Thee Oh Sees ou Wand, le prolifique Mikal Cronin mène une carrière solo loin d’être dénuée d’intérêt. Et son parcours vient d’atteindre une certaine maturité à travers « Seeker », un très réussi 4ème opus qui mêle judicieusement garage-rock et power-pop. Elargissant sa palette, le Californien n’hésite pas, pour la circonstance, à faire appel aux cordes, à l’harmonica (« Guardian Well ») et autre piano de service (« Sold »), conférant même à sa nouvelle œuvre, une certaine dimension symphonique. Entre ballades romantiques, bombinettes garage (« I’ve Got Reason») et même salves très ‘classic rock’, abordées dans l’esprit de Tom Petty (« Show Me »), le climat de « Seeker » varie. Mikal Cronin a récemment souffert d’une dépression suite aux feux de forêt qui ont dévasté la Californie, mais il cherche à guérir ses maux –tout en cajolant nos oreilles– à travers sa musique. Ne cherchez plus l’album indie-rock ‘feelgood’ du moment, « Seeker » est là pour vous.

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