Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Drippin´ Honey

Love the curse

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Drippin' Honey est une formation issue de la nouvelle génération néerlandaise. Un combo qui appartient à l'intéressante écurie Cool Buzz. " Love the curse " constitue leur troisième album. Il fait suite à "Drip drip" en 98, "Senorita sprechen sie love" en 99 et le CD single "My words my eyes" en 2000. Drippin' Honey est drivé par le chanteur/guitariste et surtout l'unique compositeur Sander Kooiman. Il est entouré de l'harmoniciste Kim Snelten, du drummer Joost Tazelaar, du bassiste Lut Luttik et de deux nouvelles figures, Vincent Valstar aux claviers et Petra Appelman à la guitare et aux chœurs. A ses débuts, la formation était souvent comparée aux Paladins, aux Red Devils et même à J.J Cale. Fruit d'un cocktail subtil de soul, de blues et surtout de pop, le nouvel opus se révèle beaucoup plus personnel et intense, car il s'agit bien ici de chansons placées dans un écrin contemporain. Sander possède une voix bien douce, modulée, faite sans aucun doute pour aborder un tel répertoire.

En ouverture, "Like a brother" s'avère délicieusement pop. Une chanson rehaussée par la présence de chœurs féminins, de trompettes et de l'orgue Wurlitzer ; même si un solo de Snelten vient nous rappeler les origines du groupe. La plage titulaire repose sur un riff découpé au rasoir La section rythmique impose sa volonté. Le tempo est lent, délicatement funky. Les sons envahissent le décor de cette œuvre attachante. La paire Tazelaar-Luttik est très soudée. Elle préside aux différents climats proposés et libère un maximum de groove tout au long de "Damage done", un fragment au cours duquel Kim Snelten intervient par un solo d'harmo frémissant. "In the money" est une nouvelle perle pop. La voix de Sander est bien claire. Elle me fait penser à Mc Cartney. Mais à ses meilleurs moments ; c'est à dire à ses débuts. Autre ballade douce, "Crossing T's" se retrouve soudainement dans la tourmente, à cause d'une intervention décapante de Kooiman aux cordes. Sander a enfin décidé de faire parler son manche. Il produit un son dérangeant et sourd pour imprimer le riff de "This 'n' that". Et c'est très bien ainsi ! L'album est constamment alimenté par des thèmes très atmosphériques, des thèmes traversés de courtes et concises interventions de l'harmonica et d'éclairs plus discutables de la trompette dispensés par l'invité, Matthijs Willemsen. La grande majorité des compositions est abordée sur un rythme lent, langoureux, dépouillé à l'extrême ; mais il laisse libre cours à de nombreuses colorations instrumentales. Il est incontestable que cet opus forme un tout très homogène, tellement personnel et très contemporain dans la démarche. La richesse instrumentale est capable de monter en puissance. A l'instar de la finale du "Baby you were right". En fin d'album, "In the red" débride Drippin' Honey, le temps de cracher quelques flammes. Un curieux album qui mérite plusieurs écoutes pour être apprécié à sa juste valeur ; mais qui ne devrait pas nécessairement se retrouver dans le bac des plaques blues de votre disquaire.

 

Vikter Duplaix

International Affairs v1.0

Un drôle de coco, ce Vikter Duplaix. Enfant de la soul (il est né à Philadelphie), soucieux de ses racines (l'Afrique n'est pas loin), producteur et DJ à ses heures (pour Erykah Badu, Musiq,…), Vikter pourrait s'appeler Prince qu'on n'y trouverait (presque) rien à redire. Il suffit d'écouter les trois premiers morceaux de son premier album, un mélange explosif de rythmes africains, de synthés, de soul et de house, pour rapidement comprendre la filiation : en quelques minutes, Vikter a réussi le mix parfait dont rêve sans doute Prince depuis une bonne décennie… Heureusement, Vikter Duplaix n'est pas un Prince n°2, même s'il aime aussi les romances sucrées et les histoires salées (ô sexe, ô désespoir). Plus en phase avec son époque (le Philly Sound après le bug de l'an 2000, bref de la soul pleine de BPMs, à cheval entre tradition black seventies et modernisme électronique), Vikter Duplaix ose tout, sans rougir : que ce soit le sirupeux " Looking For Love " (toujours mieux que l'essentiel de la production r'n'b actuelle) ou le world " Tropical Girl ", il enjambe les latitudes de la soul, de la pop, du rap et de la house avec des bottes de sept lieues. Conclusion : s'il est parfois difficile de le suivre dans ses pérégrinations à travers la musique noire, le voyage en vaut assurément la peine.

 

Baxter Dury

Len Parrot´s memorial lift

Écrit par

Baxter Dury est le fils de feu Ian Dury, responsable du chef d'œuvre new wave " New boots and panties ", commis à la fin des 70's, et surtout de l'hymne au rock'n roll, " Sex & drugs & rock'n roll ". Pour enregistrer " Len Parrot's memorial lift ", Baxter s'est entouré de toute une flopée d'invités de marque. Et notamment de membres de Pulp, de Portishead, quelques Blockheads et surtout de la vocaliste Johanna Hussey, dont le timbre limpide se conjugue à la perfection avec le falsetto de Baxter. Hormis le plus allègre " Lucifer's grain " et " Gingham smalls 2 ", dont la forme déstructurée semble héritée de son père, les 7 autres chansons baignent au sein d'une atmosphère rêveuse, brumeuse, bohémienne, envoûtante, légèrement psychédélique, dominée par des claviers atmosphériques, des chœurs angéliques, des arrangements de cordes délicats et un piano à la fois spectral et sonore ; des chansons qui rappellent tour à tour Mercury Rev et Gorky's Zygotic Mynci, lorsqu'elles ne tirent pas leur chapeau à Syd Barrett ou au Velvet Underground ; des chansons dont les lyrics traitent avec beaucoup de compassion des tribulations vécues par des cas sociaux qui peuplent l'Albion. En commettant un album de cette trempe, cet artiste insulaire vient peut-être de frapper à la porte de l'ordre des excentriques, auquel émarge encore aujourd'hui Robyn Hitchcock et Nikki Sudden, ainsi que depuis plus de trente ans Kevin Ayers et Peter Hammill…

 

Daan

Bridge Burner

Daan n'a jamais caché son admiration pour les synthés pop eighties de Human League ainsi que les mélodies guimauves de Culture Club et de Duran Duran, groupes de garçons coiffeurs pour midinettes du Top 50 ; mais qui ouvrirent pourtant les portes du succès à l'électro balbutiante. Voilà donc le message de ce " Bridge Burner " : flirter avec les beats les moins avouables (" Sons Of Grey ", hommage à Visage ?, " Sunchild " et ses nappes FM en ouverture), rendre hommage aux grands faiseurs de tubes des années 80, sans pour autant tomber dans la parodie ou le mauvais goût. Car c'est là la force de cet album : réussir l'alliage parfait entre influences électro-pop d'il y a 20 ans et rock ancré dans le présent… Et du rock belge, pour couronner le tout. Daan, chanteur-guitariste chez Dead Man Ray et fan de Duran Duran, cela donne donc " Bridge Burner " en solo, un sacré disque : " Love " sonne comme du Prince passé à la moulinette anversoise, " Angels " présente un Daan reconverti en rappeur du samedi soir, " Swedish Designer Drugs " fait péter le disco dans le salon (tube de l'année), et " Appetite ", comptine rock décalée, met fin en beauté à tout ce beau bordel…. Qu'on déroule (enfin) le tapis rouge pour Daan, car ce " Bridge Burner " mérite tous les honneurs.

 

Daisybox

Organic

Daisybox fait partie de ces groupes qui se doivent de supporter les comparaisons, tant leur musique copie celle de certains de leurs aînés : ici, Placebo, Smashing Pumpkins et Indochine. " Canary Bay " aurait d'ailleurs été repris par ce groupe de campus il y a quelques années (quand ils s'appelaient encore Daisy), de quoi facilement alimenter les choux gras des mauvaises langues (" On n'a pas besoin d'un Indochine bis " / " C'est déjà le topo avec Sirkis ", etc.). Pourtant, en écoutant bien ces mélodies faciles mais accrocheuses, ces paroles niaises mais touchantes, on se prend rapidement d'affection pour ce groupe parisien d'ados attardés qui auraient trop écouté " 1979 " (" Pause ", " Ultra Non "), " Without You I'm Nothing " (" Etanche ", " 45 Minutes "), Pixies (" Pile Ou Face ") et, donc, Indochine (" La Lune ", hommage maladroit à un certain hit récent du groupe à Sirkis ?). A deux (voire trois) voix, les Daisybox ont pour eux des chansons fraîches et légères, des bonnes bouilles de rockers juvéniles, un parrain à la réputation redorée ces derniers mois (Sirkis, donc), un son de toute bonne tenue (Daniel Presley à la production), bref un album qui devrait contenter tous les amateurs de pop-rock français gentil et lisse comme un bon vieux " Bob Morane ". C'est déjà ça.

 

Nick Curran

Nitelife boogie

Écrit par

Le backing group de Currant a pris du galon depuis que son patronyme a été collé à celui de Nick Curran. Pourtant le line up du groupe a été chamboulé. Si Matthew Przygocki continue d'assumer la basse acoustique, Jim Trimmier et T.D ‘Murph’ Motycka les saxophones, le combo s'est choisi un nouveau batteur en la personne de Philip Law, et un pianiste qui répond au nom de T Jarrod Bonta.

Nick possède la voix d'un rocker des fifties. L'ouverture très rock'n'roll en est une belle démonstration. Très rapide, "I'm glad, glad" bénéficie d'interventions de saxes et de guitare. Il aborde le R&B dans l'esprit des forties, chez "Nitelife boogie". Un fragment écrit par Joe Liggins, qui libère un maximum de swing et de jive. Les musiciens prennent leur pied pour répondre en chœur aux vocaux de Nick. Le band est très à l'aise au sein de cet univers sonore. Pas pour rien qu'il se poursuit par "Let the daddy hold you". La section rythmique porte bien l'ensemble et les saxophones sont à la fête. "I want to love somebody" revient au blues traditionnel. Remarquablement ficelé, il permet au cordes de s'évader dans un style jump ; un style très apprécié par les adeptes de Junior Watson, Hollywood Fats ou encore Kid Ramos... La reprise de "Low down dirty shame" de T-Bone Walker est en tous points remarquables. La guitare est fluide, les saxes et le piano bien mis en place, et le chant manifestement adapté à ce style. Un grand moment ! Le travail de Curran sur les cordes est ici impressionnant. Il a parfaitement assimilé la technique des maîtres que furent T-Bone Walker et Charlie Christian. Etonnant ! La puissance de voix éclabousse tout sur "Close to midnight", un fragment proche du Chicago Westside. Curran s'acquitte d'un grand exercice de style instrumental sur "Space guitar" de Johnny Watson. Il y fait preuve de maîtrise et dextérité! Drivé par le piano de T Jarrod, le boogie shuffle "She's fifteen" est le théâtre d'une grande prestation sur les cordes. Ce savoir-faire se reproduit de nouveau sur "Jukebox Mama". Moment de douceur, "You know my love" de Willie Dixon, laisse un peu souffler le rythme. Une version enlevée avec brio. Aussi excellent que recommandable, cet elpee s'achève dans le rock'n'roll cuivré de "Don't jive me baby". A plus d'un titre, Nick Curran me fait penser à notre Marc T. Faut dire que les multiples facettes de leurs talents respectifs sont très semblables…

Sandrine Collard

Je communique

Pour sûr qu'elle communique, cette Sandrine Collard : entre deux beats façon Telex (Dan Lacksman à la production), cette nouvelle muse électro-pop à la française (genre Miss Kittin vs Françoise Hardy) nous parle de tout ce qui lui tient à cœur, des gsm (" Le gsm ") aux grimaces (" Les grimaces ") en passant par ses histoires de cœur (" Les femmes ", " Je doute ", " Fuis-moi "). Sorte de popote électronique pour femme de ménage de l'an 2000, " Je communique " s'écoute comme un journal intime lu à voix haute, sur un ton monocorde et des nappes eighties passe-partout. " Si j'avais pu imaginer qu'un jour mes leçons de solfège me serviraient à proclamer le fond de mes pensées ", clame Collard sur " Les femmes "… Comme quoi, le solfège, ça sert aussi pour sonner branché, entre une reprise de Christophe (" Les marionnettes ") et l'intrumental " Aïe ", rigolo. " Comme à pile ou face, il faut du style pour pouvoir faire un coup sensass " (" Le coup sensass ", irrésistible) : Sandrine Collard, malgré son " bla-bla " qui parfois s'" essouffle " (voir " Mes discussions "), réussit donc plus ou moins son coup, devenant ainsi une prétendante sérieuse au titre de " Vive La Fête d'entre Sambre et Meuse ".

 

Concrete Blonde

Group therapy

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Bien que né en 1986 et disparu en 1993, Concrete Blonde a toujours été associé au mouvement " Paisley Underground ", institué quatre années plus tôt par le Dream Syndicate de Steve Wynn. Un " Paisley underground " inspiré à la fois par le psyché/garage de la west coast de la fin des sixties et du début des seventies (NDR : pensez à Jefferson Airplane et à Quicksilver Messenger Service), le gothisme et la culture mexicaine. Paru en 1994, leur précédent opus s'intitulait même " Mexican Moon ". L'an dernier, le trio a donc décidé de se reformer. Sous son line up initial. C'est à dire le guitariste Jim Mankey, le drummer Harry Rushakoff et la chanteuse/bassiste Johnette Napolitano. Le temps de tourner quelque mois, et la formation est entrée en studio pour enregistrer ce " Group therapy ". Sur lequel elle rend tout d'abord un hommage à Roxy Music. Il ne faut pas oublier que Paul Thompson, le batteur original, a également transité par Concrete Blonde. Et puis quelque part, en se réunissant, Roxy Music a donné l'envie au trio de se reformer. " Group therapy " n'est pas un album qui s'assimile facilement. D'ailleurs, plusieurs écoutes sont nécessaires avant de s'en imprégner. Mais lorsqu'on s'est laissé envahir par les mélodies douces-amères, elles ne vous lâchent plus l'esprit. Imprimées sur un mid tempo, elles permettent à Johnette d'épancher, de son timbre vocal savoureux, voluptueux, légèrement rocailleux, un lyrisme élégiaque, ténébreux, à travers des textes très personnels, à défaut d'être véritablement autobiographiques. Mais Concrete Blonde ne serait pas Concrete Blonde, s'il n'y avait ces flambées d'électricité blanche. Elle n'est pas omniprésente, mais lorsqu'elle se consume avec ferveur, elle vous remue littéralement les tripes. L'album se paie même une incursion dans le reggae blanc (" Tonight "), la new wave (" Violent "), le soul/jazz réminiscent de Sade (" Inside/outside ") et s'en réserve inévitablement une dans le folklore espagnol, lorsqu'elle chante " Your llorona ", dans la langue de Cervantès. Johnette échange même sa basse contre la six cordes de Jim, sur le très émouvant " Take me home ". Un bien bel album !

Consolidated

The End Of Meaning

Depuis plus de dix ans, Consolidated milite en faveur d'un monde meilleur, bombardant notre société conservatrice de ses riffs poisseux et de ses samples guerriers. Finalement davantage connu pour son activisme que pour sa musique, le groupe d'Adam Sherburne finit par n'être plus qu'une tribune politique ; le tocsin de l'anarchie l'emportant sur le son et les mélodies. Capitalisme, égocentrisme, consensualisme, Consolidated part en croisade contre les ‘ismes’ les plus dévastateurs, en reléguant le rock au second plan alors qu'il est l'une des plus fabuleuses machines de combat. Car ici, point de rock salvateur ni de refrains accrocheurs : Sherburne préfère coller bout à bout samples de discours politiques, slogans et interférences radiophoniques, qu'empoigner sa guitare et rentrer dans le lard. La plupart des morceaux sont des copier-coller à la manière du cut up de Burroughs, mais sans le génie de l'écrivain ; et quand la musique se détache, c'est pour flirter du côté du progressif le plus minable. Si les Melvins rappaient sur des discussions de comptoir à Genève ou Seattle, ça donnerait ça : autant réécouter un bon Public Enemy en lisant le " No Logo " de Naomi Klein.

 

The Cooper Temple Clause

See this through and leave

Écrit par

Trois guitaristes sévissent au sein de cette formation insulaire (Reading), dont le line up est composé de six musiciens. Une formation qui mêle une foultitude de styles qui oscillent de l'alternatif à l'électronique en passant par la pop ; mais sur un mode tantôt noisy, tantôt psychédélique. Lorsque l'expression élève le tempo, c'est à Spriritualized Electric Mainline et à Loop qu'on se met à penser. Un tempo hypnotique, parfois binaire, 'hawkwindien', y régit alors les envolées soniques, cosmiques, parfois érigées en véritable mur d'intensité électrique. Lorsque les chansons se font plus pop, elles épousent avantage le profil des débuts d'Oasis. Le timbre du chanteur campant même un hybride entre celui de Liam Gallagher (mais sans les miaulements) et de Roddy Woomble (Idlewild). Il s'agit bien sûr de la tendance générale de l'opus. Intermède électronique " 555-4823 " sonde le drum'n bass dans l'esprit des expérimentations de La Monte Young. Répétitif, oppressif, " Been training dogs ", frôle l'univers du Led Zeppelin. En alternant les rythmes, le plus sombre, plus mélancolique, plus complexe, " Murder song " opte pour une construction prog, bénéficiant même du concours d'un violon aux envolées lyriques. Un violon qu'on retrouve sur le frémissant et énigmatique " Let's kill music ". Enfin, superbe ballade électrique " The lake " lorgne purement et simplement du côté de JJ72. Excellent !

Karin Clercq

Femme X

Écrit par

Cet album est né de la rencontre entre une comédienne belge, qui ne s'attendait pas à devenir chanteuse, et le collaborateur de Miossec, Guillaume Jouan. Il nous plonge dans une ambiance mélancolique et soignée, pas trop éloignée d'Hooverphonic ; même si le chant lorgne plutôt du côté de Zazie. Rien à voir avec la tension des albums de Miossec, donc. La critique a accueilli cet opus avec enthousiasme. Je suis plus mitigé. Peut-être parce que Karin Clercq offre un univers très féminin (le désir, le corps, l'attirance, le regard des autres…) qui n'est fatalement pas le mien. Elle défend son choix : si les mentalités ont fortement évolué, ‘ bizarement, peu de femmes osent dire leurs envies ; parler de ce qui fait vibrer leur corps et leurs sentiments dans leurs chansons’. Il faut admettre que Karin Clercq y parvient avec talent, notamment pour décrire l'enfance violée (" Etranger ") ou le parcours de celle à qui l'on promettait le paradis et qui se retrouve sur le trottoir (" La chanson d'Anna "). L'explication à ma réticence confuse à l'égard de cet album, je la trouve dans la dernière phrase de la chanson " Manqué ". Karin Clercq y raconte l'attente lascive d'un amant qui arrive très tard, trop tard. " Nos désirs et nos corps ne vont pas fusionner/Je suis hyper à cheval sur la ponctualité ", chante-t-elle. C'est là l'unique trace d'humour et d'ironie sur 13 chansons. J'en aurais voulu un peu plus, mais peut-être est-ce un trait masculin…

 

Clinic

Walking with thee

Écrit par

Révélé par John Peel en 1999, Clinic s'est fait connaître à travers la bande sonore d'une pub levi's. Intitulée " The second line ", cette composition figurait sur leur premier opus. Les Liverpuldiens aux masques chirurgicaux nous reviennent avec un deuxième album. Un disque aux ambiances inquiétantes, crépusculaires, aux effets particuliers et aux sonorités dérangées dont les influences majeures semblent partagées entre Suicide, Wall Of Voodoo, Morphine, les Monks, Can et Split Enz. A la limite, ce groupe aurait pu naître à une époque où le punk n'était déjà plus le punk ; mais la new wave, pas encore la new wave. Sur le titre maître on a cependant droit à un fragment de glam rogné par un moog ; et chez " Pet eunuch ", à du rock'n roll garage que Richard Hell aurait pu produire s'il avait eu l'idée de torturer une cover de Jerry Lee Lewis. Reptilien, glacé, envoûtant, minimaliste, austère même, le reste de l'opus ressemble à une concoction habilement maladroite de mélodies élaborées et de styles capricieux. Une forme de psychédélique anémique aux pulsations sinistres, à l'humour sombre, mais aux climats tellement envoûtants qu'il est très difficile de ne pas y succomber. Et si la présence de gémissements, de souffles, de claquements de portes ou autres bruitages insolites, entretiennent cette atmosphère, les sonorités lointaines du mélodica quasi omniprésent et cette voix tour à tour intrigante, spectrale, nasillarde ou encore falsetto (Thom Yorke ?) d'Ade Blackburn y contribuent largement. Etrange et fascinant à la fois !

 

Clover´s Cloe

Tales from my skyscraper

Écrit par

Du line up initial de cette formation bruxelloise, il ne demeure plus que le guitariste Gilles Dewint et surtout la compositrice/chanteuse/pianiste/guitariste Cloé Defossez. Des remaniements successifs qui n'ont cependant eu aucune incidence sur le style musical pratiqué. La structure classique de la chanson continue d'enrober le format pop, une pop qui peut se teinter de jazz, de folk, de rock ou encore de lo fi. Et puis il y a toujours la superbe voix de Cloé, capable d'osciller du plus intimiste au plus violent, en passant par le douloureux, à l'instar d'une Kristin Hersh ou d'une Tori Amos. Habillé d'une superbe pochette, " Tales from my skyscraper " constitue leur premier album. Un disque découpé en 13 fragments sur lequel on retrouve une composition qui figurait déjà sur le premier maxi (" Those square of light ") et deux sur le second (" Fast fast " et " No matter "). Hormis ces trois fragments, le légèrement psychédélique " Who are you ", le très beau et fluide " Letter " ainsi que l'ondoyant, parfois tempétueux, " A jealous girl ", le reste de l'opus épouse, nonobstant certains accents syncopés, un profil très souvent minimaliste… Tiens, tiens : " A jealous girl " : cette dernière chanson serait-elle une réponse au " Jealous guy " de Lennon ? La question mérite d'être posée, car sur " A wrong century ", Cloé s'est mis en tête de siffloter, pas comme John ou Bryan Ferry, mais avec un feeling certain. Bref, en adoptant ce profil minimaliste Clover's Cloé me fait penser à une ballerine qui danse sur la pointe des pieds : les accès subtils du violon grinçant, les accords du piano sonore, les drums feutrés, le style vocal mi chuchoté/mi chanté de Cloé ; tout concourt à nous plonger au sein d'un univers empreint de mélancolie et d'intimisme. Un univers qui ne permet pas à l'instrumentation de se libérer. Ce qui est un peu dommage au vu du potentiel de ce groupe. N'empêche, dans le style ce " Tales from my skyscraper " est plutôt bien réussi…

Col. Parker

Rock n´ roll Music

Écrit par

Col. Parker a la couleur des Black Crowes, le parfum des Black Crowes, mais ils ne seront jamais les Black Crowes! Comme le band des frères Robinson, Col Parker a été biberonné aux Rolling Stones et à l'Humble Pie. Les musiciens ont même adopté les mêmes tenues vestimentaires, la même attitude baba cool, fument les mêmes cigarettes et boivent le même bourbon. Bref, cette formation serait tombée directement aux oubliettes si elle ne comptait en son sein un certain Gilby Clarke. Si, si, souvenez-vous, il officiait jadis dans un groupe obscur qui ne fait plus parler de lui depuis dix ans, si ce n'est pour annoncer un quarante-troisième changement de line up et l'éventualité de la sortie d'un nouvel album pour le printemps 2008. Et oui, Gilby était bel et bien, dans une lointaine époque, le complice d'un certain Axl Rose, dictateur de son état et très secondairement chanteur dans un groupe de rock n' roll qui répondait au doux nom de Gun's n' Roses. Mais tout cela nous éloigne de Col. Parker. Ils ont la couleur des Black Crowes, le parfum des Black Crowes, mais ils ne seront jamais les Black Crowes...

 

Coldplay

In my place (single)

Écrit par

En attendant la sortie de son deuxième opus prévu pour fin août, Coldplay se signale déjà par son nouveau single. Une superbe chanson empreinte de délicatesse et de mélancolie que vous avez certainement déjà eu l'occasion d'entendre ou d'écouter sur l'une ou l'autre station radiophonique, à moins que vous n'ayez eu le loisir de visionner le clip vidéo qui lui est consacré. Deux morceaux figurent également sur ce disque. Tout d'abord " Bloom blaum ", une composition sculptée dans le minimalisme acoustique. Mais surtout " One I love ", un titre dont les guitares bringuebalantes rappellent ni plus ni moins la période la plus brillante du défunt et mythique House Of Love... Bien vite l'album !

Chokebore

It´s a miracle

Écrit par

Quatre années après avoir sorti " Black Black ", les Hawaïens de Chokebore nous reviennent avec un cinquième elpee. Un disque enregistré à LA, sous la houlette de Francis Miranda. Pas de single fédérateur cependant, sur cet opus. Ni " Ciao LA ", dont la mélodie contagieuse est à la fois tordue et limpide, ni le lennonesque " Ultra-lite " ne possèdent ce pouvoir. Pas que la plaque soit de mauvaise facture. Que du contraire ! En fait toute l'œuvre trempe dans le même climat. Pas qu'elle ait été abordée sous la forme d'un concept album, mais parce que les textes inquiétants et captivants reflètent le mal être de Troy Bruno Balthazar. Des poésies désespérées et intimistes qu'il chante d'un timbre lancinant, fluet, et qui collent parfaitement à la musique ténébreuse, parfois presque funèbre, de Chokebore. Les arrangements très travaillés et la guitare acoustique beaucoup plus présente parviennent cependant à alléger les mélodies entêtantes et nonchalantes ; des mélodies paradoxalement écorchées par les cordes de guitare incisives, inquiétantes, dissonantes. Et si l'ensemble travaille davantage sur le son et les ambiances, il recèle encore un titre à l'énergie acide (" Little dream "), un autre enseveli sous les décibels noisy (" Be forceful ") et un dernier tout aussi noisy, mais sinueux (" Person you choose "). A conseiller vivement aux aficionados de Swell !

The Church

After everything

Écrit par

Lors de sa fondation, en 1980, cette formation avait été qualifiée de réponse antipodale aux Chameleons. A cause de la sonorité des guitares jumelées. Légèrement réverbérantes, épiques, félines et délicates elles balisaient des mélodies aux couleurs pastels, des mélodies empreintes de mélancolie presque cold wave. Si les Chameleons ont malheureusement disparu de la circulation, The Church est toujours dans le coup. Pourtant, cette formation australienne a failli splitter à plusieurs reprises. Une rupture qui aurait pu être précipitée par la dispersion des quatre musiciens aux quatre coins de globe. Mais ces séparations provisoires ont permis à la plupart des membres de combo de commettre l'un ou l'autre opus solo. Et ainsi de se ressourcer. Ce qui explique sans doute pourquoi, The Church compte aujourd'hui la bagatelle de 15 albums à son actif. Et puis surtout est responsable d'un superbe single commis en 1994, un classique qui est associé à leur identité : " Under the milky way ". Pas de single potentiel sur " After everything ", mais 10 compositions élégantes, aux mélodies glacées, nées d'une combinaison rafraîchissante, mais intemporelle, de classicisme et de spontanéité. Pas de surprises majeures non plus. Cette œuvre s'inscrivant parfaitement dans l'esprit de leurs précédents elpees. D'ailleurs, sur certains fragments, The Church nous rappelle qu'il a également été contaminé par le psychédélisme atmosphérique, cosmique, du Floyd. Bref, un album fort agréable à écouter, mais sans véritables moments forts, ni moments particulièrement faibles…

 

The Cinematic Orchestra

Every Day

Rarement jazz et électro auront fait si bon ménage : " Every Day " en mode ‘repeat’ dans le lecteur, c'est comme assister, béat, aux noces impétueuses entre Miles Davis et Red Snapper, John Barry et le Philly Sound. Et quand le rappeur anglais Roots Manuva pose son flow tranquille sur l'un de ces paysages sonores, cela donne un " All Things To All Men " d'anthologie. Splendide !

Cinerex

CX

Si notre plat pays peut se targuer d'avoir une identité rock bien à lui, l'électro, elle, n'a pas encore enfanté d'albums maison vraiment convaincants : Agent 5.1, Pink Satellite, Fabrice Lig, voire Hooverphonic, ces quelques perles (rares) ont été jetées aux pourceaux sans tambours ni trompettes. Hormis Telex, Les Liaisons Dangereuses et Front 242, la Belgian Touch n'a donc jamais fait vendre. Cinerex pourrait bien changer cette donne : avec son mélange de beats suaves, de voix câlines et de mélodies chavirées, le groupe à Kelvin Smits n'éprouve aucune difficulté à rivaliser avec les grands du trip-hop et même du r'n'b. " CX " sonne ainsi comme du Ursula Rucker produit par les Neptunes (" Buy This "), du Zero 7 remixé par les Soulquarians (" Busted "). Avec " Shine " et " Twists & Starts ", le collectif (Alissa Kueker au chant, une Américaine) devrait même se tailler une petite place dans nos charts préférés, entre Jill Scott et les productions G-Tone. Finis Praga Khan et sa techno de kermesse : " CX " sur toutes les stéréos du pays, c'est toute l'électro belge qui sortirait de son ghetto (NDR : ou si vous préférez de sa médiocrité). Maintenant, que ce rêve devienne réalité…

Clan Of Xymox

Notes from the Underground

Écrit par

Dans les années 80, Clan of Xymox était sans conteste un des chefs de file de la vague gothique estampillée Sisters of Mercy. En 2002, l'imagerie du combo est intacte, sa foi aussi, et un certain public (NDR : celui de l'EuroRock festival notamment) lui est resté fidèle. Mais est-il encore capable aujourd'hui de rivaliser avec les grosses machines que sont Theatre of Tragedy, 69 Eyes ou Moonspell ? Quelle importance répondront les vrais fans ! Car si Xymox n'est certes plus à la pointe de ce qui se fait de nos jours en matière de rock ténébreux, ce "Notes from the Underground" est loin d'être un mauvais album. Cette plaque devrait même hanter les soirées des Catacombes, et séduire les gothics girls qui écument les rues les plus sombres, une fois le soleil couché. Xymox garde son côté foncièrement séducteur, même si son manque d'imagination ne lui permet plus d'atteindre le rang des incontournables.

W.C. Clark

From Austin with Soul

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Considéré comme le ‘Godfather of the Austin Blues’ (NDR : autrement dit le parrain du blues de la capitale texane), Wesley Curley Clark est né en 1939. A Austin, vous vous en doutez. Au cours de sa carrière, il a rencontré beaucoup de beau monde. Et notamment T.B Bell et Joe Tex. Il a également croisé la route de tous les artistes connus du blues texan contemporain : les deux célèbres frères Stevie Ray et Jimmie Vaughan ; ainsi que les chanteuses Lou Ann Barton, Angela Strehli et Marcia Ball. Au début des 70s, il a sévi chez Southern Feeling, en compagnie de Strehli et de Dennis Freeman ; puis chez Triple Threat Revue, au sein duquel il a côtoyé Stevie Ray et Miss Barton. A ce jour, son W.C Clark Blues Revue est responsable de l'autoproduit "Something for everybody" (1986) et de 3 elpees pour Black Top : "Heart of gold" en 94, "Texas soul" en 96 et "Lover's plea" en 98. Des œuvres qu'il a commises pratiquement sous le même line up ; c'est à dire le guitariste Derek O'Brien, les claviéristes Riley Osborne et Nick Connolly, ainsi que la section rythmique de Double Trouble, Tommy Shannon et Chris Layton. Sans oublier le célèbre Texas Horn, Mr Kaz Kazanoff ; par ailleurs producteur de cette toute nouvelle plaque.

WC vient, en effet, d'être signé par le plus célèbre label blues de Chicago, Alligator. Le disque porte judicieusement son nom, car d'un bout à l'autre, il est saturé de soul. L'artiste possède une voix remarquable, très versée dans un style qui répond au nom de Memphis blues, mais avec cette touche inimitable de guitare qui n'appartient qu'au Texas blues.

L'album s'ouvre par "Snatching it back". Une composition écrite par Clarence Carter, au cours de laquelle la voix communique immédiatement cette chaleur innée. L'enchaînement blues s'opère dès "Midnight hour blues". Pat Boyack est à la guitare rythmique pour interpréter cette excellente et nerveuse reprise de Clarence Gatemouth Brown ; mais c'est W.C qui dirige sans partage la manœuvre aux cordes. En l'écoutant, il ne fait plus aucun doute qu'un certain Jimmie Vaughan a dû beaucoup écouter le parrain d'Austin. L'homme est aussi à l'aise dans l'exercice de la ballade soul blues. A l'instar d' "I've been searching" et de "Got to find a lover". Sur "Don't mess up a good thing", on reconnaît de suite la présence de sa copine, Marcia Ball. Elle est venue pour y chanter et jouer du piano. Et y démontrer tout le talent qu'on lui reconnaît! Plus soul, et même très Memphis Stax, l'adaptation du "How long is a heartache supposed to last?" aurait fait pâlir Mr Otis Redding lui-même. "Let it rain" consomme du soul blues de première division. Les Texas Horns de Kaz Kazanoff participent à la fête et la guitare n'en finit plus de s'extérioriser. La reprise du bien connu "Get out of my life, woman" d'Allen Toussaint est un autre grand moment. Une plage funky, style New Orleans, fort cuivrée, au cours de laquelle Riley Osborne se réserve l'orgue. Et ne passons pas sous silence les titres plus rythmés, tels que "Got me where you want me" du répertoire de Bobby Bland, ainsi qu'"I'm gonna disappear". Un tout bon album!