La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Feeder

Echo Park

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3ème album pour ces Gallois émigrés depuis 1995 à Londres, dont la carrière est somme toute, à tout point exemplaire : premier album remarqué; tournée; deuxième album qui confirme; re-tournée pas loin du triomphe et nous voici à cet "Echo Park". L'album de la maturité en quelque sorte. Quel est mon avis ? A vrai dire, pas désagréable comme petit disque rock pour midinettes. Guitares suffisamment tranchantes, bon son général, un chanteur qui doit faire mouiller les premiers rangs (par les pogos, entendez bien…) Produit par Gil Norton (Pixies et Foo Fighters), Feeder doit être maintenant prêt à passer à la vitesse supérieure, c'est-à-dire celle où les fans de la première heure crieront "vendus". Fallait bien que ça arrive un jour, non ? Nous y voici donc et pas la peine de se tracasser pour eux : le groupe devrait passer le cap sereinement. Tout comme moi.

 

Fence

Angels On Your Body

Déjà le deuxième album pour les Limbourgeois de Fence ; et toujours cette sensation d'avoir déjà entendu cette musique quelque part, près de San Francisco, au milieu des années nonante, jouée par un groupe dont le leader s'appelait Stephen Malkmus. Les mélodies, la voix parfois en décalage (ou même quasiment fausse), l'impression de désaccord(s), mais aussi la sympathie, la spontanéité font de Fence une sorte de Pavement belge (sans oublier, du côté francophone, Austin Lace) ; ce qui, comme comparaison, n'est finalement pas désagréable (imaginez vous lancé dans une carrière musicale et vous voir comparé, par exemple, à Milli Vanilli…). Avec un nouveau batteur (Samuel) et cet album tout frais, Fence devrait donc se faire facilement une place dans le paysage rock de notre plat pays (puisque pour l'instant, leur renommée reste confinée au Nord). Surtout qu'avec des compos comme " Bastard ", le groupe ose s'affranchir de ses influences pop-indie (j'ai oublié de mentionner Weezer) pour lorgner du côté de la country (un peu comme Chitlin' Fooks, le groupe de Pascal Dewez (Metal Molly) et Carol Van Dyk (Bettie Serveert)). Et puis il ne faut pas oublier les quelques hits en puissance que sont par exemple " 3 Floors Down " et " Witty Boy ", parfaits pour un début de festival, le bob sur la tête et les pieds en éventail…

 

Bryan Ferry

Slave to love - The best of the ballads

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Que ce soit sur ses albums solos ou au sein de Roxy Music, Bryan Ferry s'est toujours réservé l'une ou l'autre ballade sentimentale, histoire de mettre en valeur son timbre vocal de crooner à la fois kitch et rétro. Son physique de séducteur tiré à quatre épingles va, en outre, lui attirer un public de plus en plus mûr et surtout féminin. Et c'est sans doute à ce public que s'adresse cette compilation de ballades qui réunit, notamment, " Slave to love ", " Avalon ", " More than this ", la cover de Lennon " Jealous guy ", celle des Platters " Smoke gets in your eyes " et bien d'autres. Idéal pour la fête des mères (NDR : qui a dit des grands-mères ?).

 

Raoul Ficel

Road of love

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Raoul Ficel incarne le blues du sud-ouest français. Raoul, alias Philippe Coudougnan, compose, chante, joue de la guitare et de l'harmonica. Il est secondé par la contre bassine, composée d'une unique ficelle, de G. Le Brouc. Hop Pepino se réserve les claviers tandis que l'harmoniciste suisse, Little J.C Bovard, assume la batterie. Le groupe a déjà quelques années de galère à son passif. Mais je ne lui connais qu'un seul album à son actif : "Goodtime Blues". La formation est passée par la Belgique, il y a quelques années. Au cours d'un week-end épique, qui s'est déroulé autour de la ville de Tournai. Depuis, Bo Weavil et son roots blues à ras de terre a pris la tête de l'étendard tricolore.

Raoul Ficel observe une démarche fort proche, sans concession. Une démarche inspirée par le Chicago Blues de la fin des 40s, début 50s ; un regard appuyé vers le sud, les sources, les racines du Delta. Tout leur blues est construit au sein de ce climat sans fioriture, mais avec tellement d'authenticité qu'il en devient saisissant et nous touche jusqu'à la moelle.

Boogie chanté en français, "Oh Lulu" nous plonge de suite dans ce climat raoulien. "Pas tout juste" se trémousse dans le Southside de Chicago. L'harmo est puissant, le son du piano vieillot. Le fantôme de Sunnyland Slim passe devant nous. La rythmique est lourde, très 1er degré, mais tellement efficace. Génial ! Même schéma mais en rythme pour le Maxwell street shuffle, "You give me the blues", une compo écrite en réalité par le louisianais Lightnin' Slim. Le "Road of love" qui donne le titre à l'album est issu de la plume de Clarence Carter. Une attaque primaire conjuguée avec un clin d'œil au Memphis Blues. Hot Pepino secoue son orgue. Raoul se concocte un solo lancinant sur les cordes. Le même effet se produit sur "I'm gonna keep what I got" de Slim Harpo. Raoul ne doit rien à ses potes parisiens de Bo Weavil. Et la suite en apporte la plus belle preuve ; que ce soit en anglais ("Ain't got time to love") ou dans la langue de Voltaire. Ainsi la voix fait merveille sur le dépouillé "J'peux plus dire", le vigoureux "Laisse-moi" et le blues rocker qui arrache "J'peux plus me passer de toi" ! En fin d'album, il rejoint l'univers de Howlin' Wolf, à travers "Don't cry mama". Un excellent album en couleurs bleu, blanc et rouge…

 

Fish

Fellini days

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Quinze ans après quitté le célèbre groupe progressif anglais Marillion, le poisson écossais nage encore et toujours dans des eaux qui ont failli l'engloutir à plus d'une reprise. Autrement dit, il n'est toujours pas parvenu à sortir la tête de l'eau ( !?!?). Capable du meilleur, mais surtout du pire, il reste néanmoins toujours productif. Fréquentant les petites salles de concerts et passant d'un label indépendant à un autre, il est surtout proche d'un public qu'il respecte au plus haut point ; et puis reste surtout l'un des personnages les plus sympathiques du rock business. Qui donc ne se souvient pas de ce concert acoustique, totalement improvisé par Fish, accordé dans les jardins de notre RTBF nationale, répondant à l'invitation d'une poignée de fans médusés par l'initiative du colosse. Prévus initialement pour assurer quelques solos sur ce nouvel opus, Brian May et Steve Lukather ont préféré se consacrer à des projets plus ambitieux. " Fellini Days " est donc né d'une collaboration opérée en compagnie du six-cordiste John Wesley. Un ami de longue date de Fish qui y a apporté un paquet d'émotions et de sensations personnelles, donnant à l'ensemble de l'œuvre une certaine cohérence. Le travail de production est solide, la pochette est soignée, quelques titres sortent du lot, mais malgré les quinze ans écoulés, on a bien du mal à oublier la magie d'un " Misplaced Childhood " ou d'un " Fugazy ". Fish restera adulé par ses fidèles fans, mais ce n'est pas avec un album aussi prévisible qu'il réussira à convaincre la nouvelle génération des amateurs de rock progressif.

 

Steve Fisk

999 Levels of Undo

Le nom de Steve Fisk ne dit sans doute rien aux amateurs d'électronique bien barrée ; et pourtant cet album leur est destiné : loops d'asthmatiques, riffs malingres, voix aigrelettes passées au vocoder. Bref, ce " 999 Levels of Undo " s'adresse aux fans de bidouillage sans concession… Du moins aux plus courageux d'entre eux, tant l'alchimie citée plus haut parvient rarement à captiver l'auditeur. Mais qui est donc ce Steve Fisk ? Un producteur à la clientèle… grunge et indie (c'est lui qui a produit " Blew " de Nirvana), de la même famille donc qu'un Butch Vig, mais en moins inspiré : ses boucles nous flanquent le mal de crâne, comme ses incursions dans le jazz et le rock le bourdon. Quand on sait que l'homme est aussi l'un des membres de Pell Mell, un obscur combo lo-fi sous prozac, on comprend mieux l'angoisse qui nous tenaille à l'écoute de cet album. Si vous aimez ce genre d'électro-folk déprimant, écoutez plutôt Arab Strap.

 

Fleetwood Mac

Showbiz Blues

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Franchement, je me demande comment Receiver se débrouille pour dénicher autant d'archives de Fleetwood Mac. Ce label avait déjà consacré un premier volume intitulé "The Vaudeville years", au mythique groupe insulaire. Il vient de remettre le couvert à travers une sélection de 29 plages jamais éditées. Du moins dans la version présente. Le coffret est enrichi de remarquables photos d'époque ainsi que d'un arbre généalogique du groupe, dessiné depuis ses origines. Un travail réalisé par le maître du genre, Pete Frame.

Le premier disque débute par trois plages du combo Peter B's et une version anglaise de Booker T & the MGs. Le line up était alors composé de l'organiste Peter Bardens (futur Camel), du bassiste Dave Ambrose (Brian Auger Trinity) ainsi que de Peter Green et de Mick Fleetwood. Jeremy Spencer adorait parodier certains artistes. Il en avait même fait une obsession. A commencer par Elmore James. Il en épousait parfaitement la technique à la slide, alors qu'il n'avait même pas 20 ans. C'est tout à fait évident sur "The sun is shining" et "My baby's sweeter". Il adorait aussi Elvis Presley. Il reprend ici "Don't be cruel". Et puis Buddy Holly, dont il adapte "You're the one". Peter Green plutôt obnubilé par BB King. Il interprète ici son "How blue can you get" et "Buzz le baby". Peter était aussi inspiré par Howlin' Wolf. Une inspiration qui se manifeste tout au long de "Long grey mare". Et puis par Otis Rush. Sa version d' "I have to laugh", un titre jamais édité, est belle à pleurer. Du tout grand Peter ! Le disque épingle également la 1ère prise studio de "Mind of my own" ; au moment où Danny Kirwan a fait son entrée dans le Mac. Nous sommes alors en 1968. Saluons au passage le Green acoustique de "Show-Biz blues" et deux essais qui allaient y aboutir : "Do you give & damn for me" et "Him and me". Le premier elpee se termine par "Leaving town blues", lors d'un duo échangé entre la six cordes de Peter et le violon gitan de Nick Pickett (John Dummer Band). La Boston Tea Party, accomplie en février 1970, avait duré trois nuits. Le deuxième CD s'ouvre par deux remarquables titres extraits de la première : "Black Magic woman' et "Jumping at shadows". Ils n'apportent cependant rien de plus que les versions déjà éditées et prélevées lors des autres sessions nocturnes. Le reste relève d'un concert accordé à Londres 70, peu de temps avant que Green ne quitte le groupe. Pourtant le Mac était au sommet de son art. Pour preuve cette version de 14' du "Rattlesnake shake", de "Stanger blues" dont l'intro ressemble furieusement à "What'd I say", du rock'n'roll de Jeremy Spencer, "Tiger", et de "Great balls of fire". Peter Green chante "Twist and shout". Et là franchement, c'est une curiosité ! Mais le quart d'heure le plus extraordinaire a été immortalisé sur "Green Manalishi". Green y alterne la guitare wah wah et une basse à six cordes, avec un sens de l'improvisation époustouflant. Un exercice de style qui préfigurait son futur album solo, "The end of the game". La fin de la partie, un titre prémonitoire ! Merci à Receiver pour ce flashback opéré au cœur d'une époque aussi extraordinaire.

 

Flexa Lyndo

Little everyday masterplan

Écrit par

Conscients de ne pas toujours avoir apporté le soin nécessaire et indispensable à la finition de ses disques, Flexa Lyndo a fait coup double. D'abord en recrutant pour nouveau membre, Rodolphe Coster. Un musicien qui sait y faire dans le domaine des arrangements. Ensuite en débauchant Tony Goddess, responsable de la mise en forme des trois albums de Papas Fritas, pour produire ce " Little everyday masterplan ". Et il faut reconnaître que les deux personnages ont fait de l'excellent travail, parvenant à raffiner le son sans pour autant dénaturer son identité. En outre, Tony a même apporté un petit coup de guitare et de claviers. Autre invité de marque : Bernard Plouvier. Ses interventions au violon sont redoutables d'efficacité. Et lorsqu'il lui donne des accents grinçants, c'est même au dEus originel qu'on se met à penser. A l'instar de " Pear ", du tribal " Lemp ", d'un " Lovesick UFO " enrobé de chœurs " barryryanesques " ou encore du mini concerto pop pour musique de chambre, " Love forever knows ". Et il faut croire que c'est encore lui qu'on retrouve à la clarinette sur le baroque, psychédélique dans l'esprit d'un Kevin Ayers, " Split our sex ". Mais la formation namuroise ne se contente pas de tirer parti de ses collaborateurs ou de marcher sur les traces de l'ex bande à Rudy Trouvé. Instrumental énigmatique, torturé, " #7 " est traversé d'oscillations électriques circa Blonde Redhead. Contaminé par le country & western, " Your enemies are not your friends " aurait pu figurer au répertoire d'un Tindersticks devenu subitement optimiste ( !?!?). Parsemé d'accords de claviers fluides, feutrés, " Probability " concède des réminiscences au Caravan de David Sinclair. Voire à The Sea and the Cake. Presque prog, nonobstant la présence d'un harmonium, " Happyfeelsad lovesonghymn " incarne la rencontre hypothétique entre dEUS et Pavement. Mais les deux morceaux les plus accrocheurs, les hits en puissance, sont incontestablement " Obi " et " Thank the scene ". Le premier parce que sa pop pure, moelleuse, minimaliste, est parfumée par un vocal diaphane et élégamment saupoudrée d'un piano électrique. Le second, à cause de son refrain à la Bangles et son filet de moog rafraîchissant. Un morceau particulièrement contagieux qui ne dépareillerait pas dans le répertoire d'un Weezer. Une excellente surprise !

 

The Flower Kings

The Rainmaker

Écrit par

Flower Kings enregistre un album par an. A cet égard, on peut saluer la régularité quasi-métronomique avec laquelle le groupe nous propose ses réalisations studio. D'autant plus que lorsqu'ils ne sont pas doubles, leurs disques sont toujours généreux (celui-ci flirte avec les 77 minutes !). Ceci dit, leur elpee précédent avait de quoi inquiéter un peu. Bien loin d'être mauvais, il sentait juste le réchauffé. Doit-on à nouveau déplorer quelque grisaille ? Que nenni ! Ce 'faiseur de pluie' annonce plutôt le beau temps. Il nous révèle un groupe en pleine forme et fidèle à lui-même, tout en proposant des éclairs de génie aussi originaux qu'une canicule suédoise !

Tenter de décrire dans le détail un CD de Flower Kings en moins de 10 pages est illusoire. Sachez simplement qu'il n 'y a absolument rien à jeter. Après un court chant ethnique, un riff très métal et un peu lourdingue ainsi qu'une section chantée très flower-power, on sait où on a mis les pieds. Reste à se laisser balader de plage en plage en vrais gourmets. Au menu : cavalcade de breaks improbables, digressions jazzy ou autres, reprises héroïques, morceaux de bravoure, parenthèses intimistes, ballades acoustiques, finales romantiques, riffs carrés, sonorités originales et petites mélodies obsédantes. Bref : la spécialité des chefs ! Derrière les fourneaux, tout le monde est irréprochable. Les superbes voix de Roine et de Hans font à peu près jeu égal et leurs duos et dialogues sont toujours aussi irrésistibles. Les claviers sont omniprésents sans jamais tirer la couverture à eux. Un fameux atout, ce Thomas Bodin ! La guitare, bien que très variée, se fait plus volontiers métal et renonce ici à quelques tics. Le batteur est précis et pêchu. Et le bassiste Jonas Reingold affirme sa présence. Il est d'ailleurs un des arguments du renouvellement chez Flower Kings, tant son jeu riche et séduisant, volontiers jazz-rock (il évoque parfois carrément Stanley Clarke) envahit l'espace sonore.

Rayon bonnes surprises, signalons encore la plage titulaire, un instrumental en crescendo façon Ravel, avec une finale très atmosphérique. Et aussi 'Elaine', d'abord acoustique, introduisant ensuite basse et clarinette : un mariage réussi que l'on n'avait plus entendu depuis les premiers albums de … Sting. En guise de synthèse : un album riche et dense, passionné et passionnant, méritant le même accueil qu'un faiseur de pluie au Sahara. Longue vie aux Rois des fleurs !

 

Brigitte Fontaine

Kekeland

Écrit par

‘Des asticots dans l'héroïne/ça me dégoûte pour de bon/ Dorénavant je bois du gin/avec des sorbets au marron’. Qui oserait ouvrir un album par de tels propos ? Qui pourrait chanter " I'm God's Nightmare " sans sombrer dans le ridicule ? Avec son audace, son tempérament, son chant allumé et ses cautions rock (Sonic Youth, Noir Désir et M, on a déjà vu pire comme coups de main), Brigitte Fontaine doit en décourager plus d'un : à soixante balais (enfin, j'imagine, un peu plus ou un peu moins, on ne va pas chicaner), elle renvoie dans leur chambre d'ado, tous ces petits groupes qui imaginent tenir les composantes d'un album, en fredonnant quelques mots timides. " Kekeland " s'ouvre sur quatre morceaux extraordinaires, un quart d'heure de bonheur intense, violent (" Baby boom boom " cogne comme un vieux Noir Désir), sombre (" Demi-clocharde " avec son rideau de guitares à la Sonic Youth) ou gai comme ce " Y'a des zazous " qui mériterait d'être un tube gigantesque. Les invités prestigieux guident les excès, transcendent la folie de Brigitte Fontaine. Hors norme et irrésistible.

 

Eels

Souljacker

Écrit par

Pour enregistrer son quatrième opus, Eels a reçu le concours de John Parish, le fidèle collaborateur de Polly Jean Harvey. A la guitare et à la production. Résultat des courses, hormis les tendres, mélancoliques " Woman driving, man sleeping " et " Bus stop boxer ", ainsi que " Fresh feeling ", fragment imprimé sur un tempo baggy et enrobé d'orchestrations symphoniques, le reste de l'opus est nettement plus électrique. Depuis le tribal " Dog faced boy ", dont le groove presque grunge est allégé par des cordes de guitare bringuebalantes, à " Jungle telegraph ", caractérisé par un rush frénétique, dispensé sur un rythme hypnotique réminsicent d'Alan Vega, en passant par la bossa nova déglinguée dans l'esprit de Beck, " That's not really funnny ", le vivifiant sauvage et hantant " Souljacker part I ", et " Teenage witch ", au cours duquel le jazz jungle disjoncte à la manière de Squarepusher. Un album très réussi, dont les lyrics sont toujours aussi ténébreux voire dramatiques, à défaut d'être sinistres et déprimants, comme sur les deux précédents opus…

 

Mark Eitzel

The invisible man

Écrit par

Responsable de sept elpees entre 1985 et 1994, à la tête du défunt et mythique American Music Club, puis auteur de trois albums solos, pour lesquels il avait reçu le concours, tantôt de Bruce Kaphan et de Danny Pearson d'AMC, de James Mc New de Yo La Tengo, de Steve Shelley de Sonic Youth, de Mike Mc Cready de Pearl Jam ou encore de Peter Buck de REM, Mark Eitzel a voulu se la jouer davantage en solitaire, en assumant, sur ce nouvel opus, la quasi totalité de l'instrumentation, l'intégralité des arrangements, de la programmation et de la production. En plus du chant et de l'écriture. Il y a bien la présence de l'un ou l'autre invité sur l'un ou l'autre fragment, dont son ami et confident Vudi. Et puis le concours de l'ex Tarnation Alex Oropeza et de Christopher Davidson au mixing. Mais pour le reste, il a vraiment joué à l'homme orchestre.

Et pour un coup d'essai, c'est un véritable coup de maître. Pourtant, le résultat est fondamentalement différent de ce qu'il avait l'habitude de nous réserver. En fait, s'il a composé toutes ses chansons à la guitare acoustique, il les a surtout reliftées à l'aide d'une multitude de samples, boucles, boîtes à rythmes et autres sonorités technologiques tirées d'un Mac G4. Et cette interaction entre instrumentation acoustique et outils électroniques lui a procuré un tout nouvel environnement, au sein duquel, personnellement, je ne m'imaginais pas un jour le voir évoluer. Un environnement au sein duquel il alimente de sa voix écorchée si caractéristique, des moments extraordinairement dramatiques. Et je pense tout particulièrement au très beau " Without you ", chanson dédiée à son amie Kathleen Burns, décédée en 98 ; fragment dont la toile de fond jazzyfiante, luxuriante, tisse sa mélodie entre drums, vibraphone et cuivres, un peu à la manière d'un Robert Wyatt. Des moments dramatiques mais également, et c'est étonnant plus optimistes voire hilarants. A l'instar du final " Proclaim your joy ", sorte de blues loufoque pastichant le Lou Reed circa " New York ". Sans quoi, le reste de l'opus vaut son pesant d'or. Depuis l'intro sinistre et sinueux " The boy with the hammer ", dont le groove est curieusement inspiré par " Shaft ", au hit potentiel, très contagieux, " Seeing eye dog ", en passant par le très rafraîchissant " Can you see ? " (Belle et Sebastien ?) ; l'exploration baroque, psychédélique, minimaliste et acoustique " Christian science reading room " (Syd Barrett ?), l'ambient " Sleep ", dont l'étrange progression sur fond de boucles de guitares contraste avec l'orgue en contrepoint, le jazz paresseux, aux arrangements " poppy ", " Shine " (The Sea & The Cake ?), le trip hop " Steve I always knew ", la bossa nova au refrain candide " Bitterness " (Everything But The Girl ?) et la chanson d'amour " Anything ". Bref, un must !

 

El Fish & Roland Van Campenhout

Waterbottle

Écrit par

J'attendais El Fish au tournant. S'il avait séduit un public amateur de créativité et d'originalité, l'album "Wisteria" avait quelque peu perturbé ses fans de blues. Un disque qui avait sans doute précipité la séparation des deux solistes, Steven De Bruyn et Filip Casteels. Mais quelle n’a pas été ma surprise d'apprendre que l'inénarrable Roland Van Campenhout prendrait la place de Filip. Qu'allait faire ce croustillant quinquagénaire devant ces fils du blues?… M'enfin, je suis quand même resté optimiste, car en abordant de multiples directions musicales, Roland est un artiste qui a toujours su se remettre en question. Il a trempé dans le Delta Blues, mais aussi réalisé des musiques de films, opéré des ouvertures vers l'Orient et embrassé bien d'autres perspectives encore. Entre artistes larges d'esprit, prêts à tout expérimenter, l'amalgame a fonctionné. "Waterbottle" est une réussite ; certes pas facile à assimiler dès la première écoute, mais cette musique si riche vous pénètre insidieusement jusqu'à vous posséder.

Vous le devinez, il n'existe pas de similitude entre la guitare de Filip et celle de Roland, ni entre le chant fin et propre du premier, et celui, rocailleux et ravagé, du père Roland. Une bonne partie du El Fish sound est restée, grâce à l'harmonica lumineux de Steven, et l'extraordinaire qualité de la section rythmique de Jan Ieven et Rohal De Ridder. Jan est une pièce importante du puzzle Fish. D'ailleurs, il se charge d'une bonne partie de l'écriture et notamment des instrumentaux.

L'ouverture "Tangah" et "Mustallah" est une longue épopée inspirée par la musique orientale. Un fragment au cours duquel Roland mord à pleines dents dans le délire psychédélique. Le dernier instrumental, "Canzoncina per Jaco", se ballade entre le Far West et le Mexique voisin. Caractérisée par une extraordinaire leçon d'harmonica, elle pourrait être la bande sonore d'un western. D'autres plages possèdent une délicate touche country. Notamment la reprise du "The end is not in sight" des Amazing Rhythm Aces ainsi que la reprise d'une plage de l'album "Wisteria", Lack of time". Cette chanson qui manifestait une tristesse infinie, subit ici un traitement plus optimiste, plus rythmé. Tel un cowboy sur son cheval, Steven déclame autour de lui "I feel fine", devant des accords de guitare d'une simplicité désarmante!! Et en conclusion, il tire des sons impossibles de son kazoo. Roland chante sa composition "Good as bad can be". Elle sonne très El Fish. L'alchimie a fonctionné ! Steven crée des motifs lugubres, blafards, très "noir et blanc". El Fish passe ensuite au tango. Etonnant, non ? Roland chante Astor Piazzolla, sur "I've seen that face before". Il pousse la plaisanterie jusqu'à livrer quelques phrases en français! La voix grasse de Roland se mêle à celle plus timide de Steven pour chanter "This or that". Bien plus roots, la finale "Bad tattoo" est balayée par deux harmonicas qui s'entremêlent. Et l'entraînant "The Chinaman in the dessert" a bien évidemment recours à une formule à la Roland, caractérisée par un méchant échange entre slide et harmonica! El Fish se maintient dans l'incontestable qualité.

 

El Tattoo del Tigre

El Tattoo del Tigre

Écrit par

Eux doivent certainement savoir faire la fête. Big band de cuivres et de percussions, El Tattoo Del Tigre vous explique même comment bien poser les pas de mambo nécessaires afin de chauffer les parquets des salles où ils se produiront. Vous voilà donc replongés quelques années en arrière, prêts à mouiller la chemise sans broncher. Manquerait plus que Mardi Gras BB pour parfaire la soirée. Désolé, mais pour ma part après 5 titres je n'en peux plus.

 

Elbow

Asleep in the back

Écrit par

Issu du nord de Manchester, de Bury, très exactement, ce quintette émargerait à la prog pop. C'est en tout cas ce que la presse insulaire affirme. Une chose est sûre, leur premier album est fort intéressant. D'abord à cause des lyrics. En fait, Elbow a des choses à raconter ; et il ne s'en prive pas, traitant d'une manière introspective des sujets aussi divers que la vie, l'amour ou la politique. Ensuite, parce que leur musique est très raffinée. Dans l'esprit de Talk Talk, Radiohead, Peter Gabriel et Icicle Works. Détail qui a son importance, la voix de Guy Garvey est capable d'emprunter, tantôt le timbre de Mark Hollis, de Thom Yorke, de l'Archange ou de Ian Mc Nabb. Un raffinement qui flirte parfois avec la sophistication, tant les sonorités caressent votre sensibilité auriculaire. Ce qui n'empêche pas la formation de courtiser le psychédélisme. Soft bien sûr. Mais également indus. A l'instar du " mybloodyvalentinesque " " Coming second ". Ou encore de l'excellent tribal et claustrophobe " Bitten by the tailfly ", dont les convulsions électriques particulièrement sauvages giclent avec mesure et précision. Pourtant, l'ensemble de l'opus baigne dans une forme de romance ténébreuse tissée entre les cordes de guitare acoustiques, cristallines et les accords de piano sonore. Et la plage finale, " Scattered black and whites ", érigée suivant un crescendo progressif emprunté au Gab circa "Here comes the flood", en est le plus bel exemple. Dommage que l'intensité électrique ne soit pas plus présente ; sans quoi, cet opus aurait pu devenir, pour l'année 2001, un incontournable. Mais c'est peut être une question de goût…

Elliott New

Both ends burnin

Écrit par

Elliott New a tout d'abord été inspiré par les guitaristes de la Windy City, Otis Rush et Hound Dog Taylor. Il s'est ensuite intéressé à T-Bone Walker, Tiny Grimes et Hollywood Fats, qui sont devenus ses maîtres. A la tête des Intouchables, il se réserve bien sûr la six cordes, mais également le chant. Au sein de son groupe, on retrouve Mike ‘Naz’ Nazarenko. Un harmoniciste originaire de la région du Canal de Panama qui reconnaît pour influences majeures Big Walter Horton mais également Charlie Musselwhite et Magic Dick. J.T Anderson à la basse et David Hunt à la batterie forment une section rythmique particulièrement solide.

Le combo libère un groove infectieux dès les premières notes du titre maître. L'harmo dégage et déménage, pendant que l'orgue de Buddy Parker remplit l'espace sonore. Elliottt New possède une voix nasillarde, naturellement puissante, taillée pour son répertoire. Et il faut entendre les Intouchables lui répondre en chœur sur "Cant' afford to keep her". Naz se fait de plus en plus dévastateur à l'harmo. A l'écoute de "If you love me like you say" de Little Johnny Taylor, il ne fait aucun doute que cette formation est pétrie de talent : aussi bien celui de Naz à l'instrument chromatique que celui du boss aux cordes. Un talent qui peut se reposer sur la superbe cohésion de l'ensemble. Le jeu de New impressionne par sa nervosité, son attaque rythmique. S'il n'est sans doute pas un grand technicien, il accroche toujours au fil mélodique par ce quelque chose de très personnel. Quand la bande à Elliott garde le rythme, elle n'est pas prête à le lâcher de sitôt. A l'instar de la reprise de l'instrumental d'Albert Collins, "Backstroke". Balayé par les cuivres des frères Duane et de David Kitchings, "Be back home" campe un funk irrésistible. Naz revient à la charge pour donner à l'ensemble une couleur plutôt Nighthawks, calqué sur le R&B ; pendant que l'orgue intervient à point nommé pour maintenir le ton funk et mélodique. Au cours de la reprise du classique de Howlin Wolf, "Who's been talkin'", l'atmosphère plus sereine permet de mettre en évidence l'harmo qui sort le grand jeu. "Too much Jellyroll" dégage du swing, Nazarenko est passé à l'instrument chromatique! Le style flirte avec celui de la bande à Rod Piazza. Le puissant "Turned me upside down" est le théâtre de beaux échanges entre l'harmonica et la slide au son poussiéreux. En finale, "Walkin' downtown" prouve que, décidément, les Untouchables sont un excellent un groupe de scène. Suivant les dernières informations que j'ai pu recueillir, la formation vient de sortir un tout nouvel album. Un " live ", intitulé "Smokin' the blues". Et son titre est lourd de signification !

 

Tim Elliott

Bed slats´n´all

Écrit par

Tim Elliott était le chanteur harmoniciste du groupe écossais Blues 'n' Trouble. Il avait déjà sorti en 1993 un album de country blues acoustique, sur le label hollandais Tramp, sous l'étiquette T.E & the Troublemakers.

Je ne sais quelle mouche l'a piqué mais cet album est une petite perle. Tim commence par allumer un bâton de dynamite : "The celebrated Tommy Ellis boogie". Deux minutes de boogie au ras du plancher caractérisées par un de ces sons! Et le plus étonnant, c'est qu'Elliott est capable de se mettre dans la peau de Dr Ross ou de Joe Hill. Seul assis devant une batterie de pied, guitare et harmo, il arrache son chant. Tout redevient serein la minute suivante, lorsque secondé par ses Troublemakers", il interprète une version sage du "Honest I do" de Jimmy Reed. "Suck my harpoon" est caractérisé par un échange entre deux harmonicas : ceux de Gary Martin et Tim. Ils rivalisent dans le plus pur style whoopin, cher à Sonny Terry. Quelques parenthèses fleurissent sur cet album : "How can you keep moving", la reprise de "Love in vain" de Robert Johnson et "Sure tastes good to me". Mais il est vraiment le meilleur, lorsqu'il adopte une approche primaire et rugueuse. Et il le manifeste à plusieurs reprises. A l'instar de "Hard work ain't easy", chanté à la manière graveleuse de Howlin' Wolf, du rugueux "Barkin", au cours duquel la slide gémit à n'en plus finir, et de l'explosif "Rich woman", qui constitue simplement un travail sur "I wish you would". Une particularité davantage accentuée lorsque Tim joue l'homme-orchestre sur "Going to the river". "The story of my life" est un superbe blues lent. Tim souligne son chant de courtes phrases d'harmonica chromatique. "Bed slats'n'all" s'achève par le très dépouillé "Lying in the woods". Un frisson vous parcourt l'échine à l'écoute de cette voix qui rappelle étrangement celle d'un fantôme : celui d'un certain Alan Wilson. Un excellent album!

 

Craig Erickson

Shine

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Originaire de l'Iowa, Craig est chanteur, guitariste et compositeur. Très jeune, il est tombé dans une marmite pleine de riffs secrétés par Jimi Hendrix, Jeff Beck, Robin Trower et Tommy Bolin. Au cours des années 90, il a commis quatre albums personnels de rock blues : "Roadhouse stomp", "Retro blues express" et "Two sides of blues", ainsi qu'un hommage à Stevie Ray Vaughan, "Hats off to Stevie Ray", en compagnie de Leslie West, Rick Derringer et de Pat Travers.

Ce "Shine" réalise un trip au sein du blues rock psychédélique du passé, du présent et du futur. Pour y parvenir, Craig joue aussi les parties de basse et de claviers. Très souvent, il s'inspire d'Hendrix. A l'instar de "Remember now", de "Break free", caractérisé par une solide partie de guitare, de la plage générique "Shine", et bien entendu de la version d' "Angel" de Jimi. "Wild dogs" est un hommage à Tommy Bolin. Ce guitariste qui remplaça Richie Blackmore au sein de Deep Purple, est décédé d'une overdose d'héroïne. En 1976 à Miami. Autre ex membre de Deep Purple, Glen Hughes chante sur cette plage. Un disque de bonne facture, mais dont seule la plage d'ouverture "Business man", nous entraîne dans le blues…

 

Ex Orkest

Een rondje Holland

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Joyeuse cacophonie que voilà. Pensez donc : une vingtaine de gais lurons ont réussi à mettre en musique un ballet de Mossolov vantant l'industrialisation des années 30, en Russie. En gros, les premiers pas de la véritable musique industrielle (NDR : dans son sens premier). Pas de plaques de métal ni de foreuses ou marteau-piqueurs au sein de cette actualisation, mais un ‘simple’ orchestre composé de cuivres, de cordes et de percus. Projet initié par les chefs de file de la scène avant-gardiste hollandaise, The Ex en tête, "Een rondje Holland" rejoint les performances de leurs cousins teutons Einsturzende Neubauten, réalisées lors des différentes collaborations théâtrales de nos intellos allemands. Si vous êtes refroidis par la langue batave, soyez rassurés, l'essentiel tient aussi bien dans la poésie et le rythme de la déclamation que dans le sens profond. Quant au reste nous ne sommes pas très loin de la musique contemporaine. Pas de doute, pour vider une soirée, voilà la plaque idéale.

 

The Ex

Dizzy spells

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The Ex pratique, depuis maintenant une bonne décennie, un rock teinté de noise, dans la grande tradition chicagolaise. Activistes reconnus, indépendants farouches (NDR : et pas seulement musicalement !), le quintette amstellodamois est responsable d'une musique personnelle, émotive, émotionnelle et passionnelle, sise à mille lieues de toute inspiration purement mercantile. L'essentiel tient plutôt dans le cœur, dans l'expérience, dans l'enrichissement à retirer de l'essai, des collaborations. Pas difficile donc, de les imaginer proche de l'esprit Fugazi. Après Ex-orkest, album presque symphonique auquel The Ex a participé, " Dizzy spells " constitue leur véritable nouvel album. Un elpee distribué par Touch and Go aux States, Vicious Circle en France et par leur propre structure pour le reste de l'Europe. Car en plus de servir un opus tout au fait correct (certains titres sont tout simplement terribles), The Ex sait évidemment choisir ses collaborateurs. Ce qui explique pourquoi on retrouve Albini aux commandes. Des contacts ont été noués tout au long d'interminables tournées opérées à travers le monde, au sein d'un certain réseau underground et DIY. Vous l'avez remarqué, je parle très peu de musique. Les différentes facettes de la personnalité du groupe devraient parler d'elles-mêmes. Mais il faut savoir que découpé en douze titres, "Dizzy spells" demande de l'attention et pêche malheureusement par sa longueur (réelle ou ressentie).

 

Echo & The Bunnymen

Flowers

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Echo & The Bunnymen vient de sortir deux albums en quelques semaines. Nous n'avions pas eu le loisir d'écouter le mini cd " Avalanches ". Et au vu du peu de (bonnes) critiques recueillies par cet elpee, il était sans doute préférable de ne pas en rajouter. On comprend aussi mieux ainsi pourquoi la promo est parfois inexistante… Mais venons-en à ce " Flowers " qui constitue le huitième opus de l'ensemble ou le troisième depuis sa reformation. Encore qu'aujourd'hui, du line up initial, il ne reste plus que Ian Mc Culloch et Will Sergeant.

" Flowers " m'a agréablement surpris. Pas seulement parce que la voix de Ian affiche toujours ce même charisme, manifeste toujours autant de charge émotionnelle. Ni parce que la guitare de Will continue d'aiguiser à la perfection les mélodies contagieuses, de ses riffs tantôt fluides, chatoyants, carillonnants, reverb ou torturés. Mais parce que la symbiose entre le sens mélodique et les mots qui manifestent un spleen, une inquiétude face à la vulnérabilité de l'être humain, à fuite inexorable du temps ou des rêves qui s'évanouissent, est irréprochable. On a même droit à deux compositions découpées dans une new wave bien enlevée. " Everybody knows " tout d'abord. Réminiscent de "Lips like sugar". " An eternity turns " ensuite. Où Echo & the Bunnymen explore sa propre version du psychédélisme. Et le reste ne manque pas d'allure. A l'instar du ‘reedien’ " Buried alive ", des contagieux " It's all right " et " Super mellow man ", que vous avez peut-être déjà eu l'occasion d'entendre ou d'écouter sur l'une ou l'autre station radiophonique ; ou encore de " King of kings ", dont le climat est tellement proche du " Riders on the storm " des Doors. Une bonne surprise !