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Nicolai Dunger

This cloud is learning

Ce Suédois n'est pas né de la dernière pluie, puisque en 1991, pour commettre " Songs wearing clothes ", il avait reçu le concours du London Symphony Orchestra et de Robert Fripp, le guitariste de King Crimson. Pour enregistrer " This cloud is learning ", il s'est encore entouré d'un belle équipe. Mais de sa nationalité. Un team constitué de l'ex Union Carbide Productions, Henrik Rylander et des musiciens de Soundtrack of Our Lives. A l'instar d'un Will Oldham, mais en moins torturé, Nicolai flirte, tout au long de ce disque avec un folk pop psychédélique élégant, mélancolique, riche en arrangements subtils et minimalistes qu'il rehausse de son timbre vocal étrangement falsetto, à la croisée des chemins d'un Marc Bolan et d'un Jeff Buckley. Cependant, sa six cordes acoustiques, il la joue le plus souvent en arpèges, un peu à la manière d'un David Crosby...

 

Mark Dufresne

There´s a song in there

Écrit par

Mark Dufresne est né en 1953 à Kansas City. Il a émigré vers Seattle dans le Nord Ouest américain, en 1979. Harmoniciste de talent, il a aussi la réputation d'être un fin compositeur. " There's a song in there ", qui fait suite à "Out of that bed" paru en 1996 et "Have another round" l'année dernière, constitue son troisième album. Il est ici entouré par de merveilleux musiciens. En l'occurrence ceux qui constituaient naguère le réputé Hollywood Fats Band. Kid Ramos à la guitare, Fred Kaplan au piano, Richard Innes à la batterie et Larry Taylor à la basse. Sans oublier le préposé à la deuxième six cordes ; j'ai cité Mark Thijs, particulièrement connu en Belgique.

Mark débute dans un style californien avec "Lonesome veteran". Cette plage est dédiée au vétéran de Seattle, Little Bill Engelhart que nous vous avons déjà présenté dans ces colonnes. "The king, the man, the one" embraie. Tout en swing. La voix très délicate et particulière crève la sono. L'harmonica se fait très Sonny Boy II. "Two for the price of ten" s'enfonce dans les swamps humides de la Louisiane. La voix explose encore sur "Squeaky clean", avec un accompagnement très discret. Il se taille un costume très Howlin' Wolf avec "A song in there". "Take it all" est un shuffle, inspiré du Chicago blues, proche encore de Rice Miller. Kid Ramos se réserve toujours, avec une aisance déconcertante, un solo sublime, éblouissant dans la tonalité. Le swing est cuivré pour "The deal you get". " Tonight, twice" emprunte un rythme cher à Jimmy Reed et repose sur une section rythmique de luxe. Mark Thys marque tellement ce titre de son empreinte qu'on a envie de le rejouer une deuxième fois (twice), d'autant plus que Ramos s'y éclate! L'album s'éteint avec un " Out the door ", chanté avec passion par Mark. L'atmosphère est pesante. Les accords empruntés à T-Bone Walker brûlants! La production est signée Richard Duran (aka Lynwood Slim).

 

China Drum

Diskin

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Non seulement China Drum a décidé de transformer son patronyme en ‘The Drum’, mais en outre, il a également modifié son style de musique. Et radicalement ! D'un popcore aux accents vivifiants et mélodiques empruntés à Hüsker Dü voire à Green Day, la formation de Newcastle est passée à une forme d'électrocore aride et furieux plutôt qu'avant-gardiste ; n'hésitant pas à piller l'âme des Pixies, de Porno For Pyros, de Psychedelic Furs, de Shudder To Think et même de Nine Inch Nails, pour atteindre ses sombres desseins technologiques. Mais en ratissant très large, The Drum est parvenu à concocter une mixture qui ne manque pas d'allure et qui au fil de l'écoute finit par envoûter. Malheureusement, si la démarche peut paraître très intéressante, elle risque fort de brouiller le groupe avec les fans de la première heure…

 

Drowningman

Rock and roll killing machine

Écrit par

La dent qui illustre la pochette de ce CD devait sûrement appartenir à un spectateur d'un concert de Drowningman. Et ce n'est pas une canine qu'ils sont parvenus à vous arracher ; non, c'est une molaire ! Parce que la formation creuse assez loin dans la tension ; dans la dépense d'énergie et de frustration. Ces 9 titres relativement courts (NDR : je les comprends…) sont des moments de pure haine retenue. Structures complexes et alternance calme/explosion nous plongent dans des eaux troubles où macèrent Dillinger Escape Plan, Cave In, Converge, Coalesce ou encore Kiss It Goodbye. Il y a pire comme parrains, non ! Mais seulement voilà, les meneurs de troupe sont déjà bien établis et Drowningman n'apporte rien de bien neuf au style. Le groupe devra s'enfoncer davantage pour trouver une identité plus marquée. A partir de là, tout leur sera peut-être permis…A tenir en tout cas à l'œil, ou plus exactement à l'oreille !

 

Dozer

In the tail of a comet

Écrit par

Vous ne supportez pas les ensembles à cordes et vous estimez que le " S/M " de Metallica est à pleurer ? Vous perdez patience de voir Chris Cornell relancer un Soundgarden de la grande époque ? Fumanchu et Kyuss sont vos références ? Dès " Facelift " la voix de Layne Staley vous a envoûté ? " In the tail of a comet " est pour vous !!! On le sait, le label Man's Ruin ne fait pas toujours dans la dentelle ; mais qu'importe ! Le résultat est là ! Pas le temps de s'éterniser. En 4 petites minutes en moyenne par titre, il faut se tenir bien au chaud (mais pas à l'abri d'une collision) dans la traînée de la comète ; quitte à se faire taxer de suiveur. La tête balance, les pieds frappent le sol. Pas de doute, c'est bien un disque de rock n' roll sidéral…

 

Downliners Sect

Sect appeal

Écrit par

Le Downliners Sect est arrivé au début des années 60, dans la vague qui nous a permis de connaître les Rolling Stones, Yardbirds et autres Pretty Things. Le groupe touchait à tout. Au R&B, au rock'n'roll, à la country, au beat, etc. Il n’a connu qu'un succès d'estime ; trop insignifiant sans doute pour agiter la vague R&B, mais pas assez pop pour remuer celle des beat groups. Il possédait pourtant de sérieux atouts, parce qu’il pouvait compter sur ses musiciens chanteurs, Terry Gibson, Don Craine et Keith Grant.

Le Sect a connu une nouvelle jeunesse dans les 70’s lors de l'avènement du pub rock de Dr Feelgood et les Kursaal Flyers. Reformés à la fin des 70s, ils sortiront deux albums, dont "Showbiz" (NDR : qui a déjà été réédité par Indigo et "Live in the 1980s"). Cet opus est ici présent, enrichi de 4 titres enregistrés en mai 80. Les trois musiciens susvisés sont ici flanqués du chanteur harmoniciste Paul Tiller (un ancien des Black Cat Bones) et de Rod De'Ath, un personnage qui a longtemps été longtemps le batteur de Rory Gallagher.

"You ain't done me right" est un titre accrocheur mais qui sonne très… Status Quo. "Blue night" vaut pour sa belle partie d'harmonica de Tiller. "Rhythm 'n' booze" est un rock'n'roll proche de Chuck Berry, avec une voix trop propre. L'album live est plus tranché, brut, sale. Nous sommes toujours en 80 avec les mêmes musiciens. L'énergie déborde, sans pour autant dépasser celle du Nine Below Zero de la même époque. Les plages qui dégagent le plus sont les meilleures. Et en particulier "Got my mojo working" ainsi que le fameux "Sect appeal", dont le rythme est pompé sur le riff de Bo Diddley. Quand ils chantent le "Love potion n°9" de Leiber et Stoller, on croirait entendre les Beatles des tous débuts. Manifestement ils sont le plus à l'aise dans le rock'n'roll. Ils foncent, dévastent et emballent "Back in the USA" et "Sweet little 16" de Berry. Et même d'autres canons tels que "Wee wee baby" ou "Nursery rhyme" de Diddley. Rien (ou presque) n'échappe au rouleau compresseur. Seule la conclusion ("Shake your moneymaker " et "Route 66") qui emprunte un ton trop approximatif, a été bâclée…

 

Doves

Lost souls

Avant de fonder Doves, Jim Goodwin ainsi que les frères Jez et Andy Wiliams sévissaient au sein de Sub Sub. Un ensemble spécialisé dans la dance, qui avait décroché un énorme hit au cours des eighties, en Grande Bretagne, avec " Ain't no love (ain't no use) ". L'absence totale de succès de leur album, conjuguée à l'incendie accidentel de leur studio les inciteront à se tourner vers l'instrumentation basique tout en optant pour un nouveau patronyme : les Doves. " Lost souls " constitue leur premier album. Un opus dont l'expression atmosphérique, éthérée, épouse à la fois le psychédélisme semi-acoustique, en volutes, de The Verve, l'intimisme spectral de Matt Johnson (The The), la sensibilité mélodique, ouatée, toute en nuances de Talk Talk, la sophistication des arrangements de Tears For Fears et le spleen ténébreux, mélancolique, parfois électrifié d'American Music Club ; la voix de Jim Goodwin empruntant même parfois les inflexions de Mark Eitzel. Le trio mancunien n'a cependant pas aveuglément tourné le dos à la technologie moderne, mais y recourt avec parcimonie et judicieusement, à l'instar de nombreuses formations pop contemporaines. Un disque qui recèle, en outre, à travers " The cedar room ", une superbe chanson de plus de huit minutes, qui aurait pu naître de la plume d'un Noël Gallagher inspiré et en toute grande forme... Remarquable !

 

Dog Eat Dog

In the dog house, the best and the rest

Écrit par

Par les temps qui courent, il n'est pas évident de sortir un " best of ". Et en particulier pour Dog Eat Dog. Plus assez rock pour un public rock, mais pas assez hip-hop pour un public hip-hop, il navigue entre deux courants. Pas évident, non !… Et si finalement Dog Eat Dog était le seul groupe à être parvenu à créer le juste équilibre entre ces deux tendances (NDR : avec un petit penchant pour le rock quand même) ? A marier sans se prendre la tête (pour le fun, pour s'amuser) deux sphères musicales à priori opposées ? Là ça peut devenir intéressant ! Abordée de la sorte cette compilation ne trompera pas la " jeune génération ", habituée à plus radical. Les autres, par contre, pourraient se surprendre à remuer le pied, voire se souvenir d'un petit pogo sympa. Il fallait donc un angle d'attaque original pour vendre ce " best of ". Cet angle sera les remix ou ne sera pas ! Des classiques tels que " No fronts ", " Who's the king ", " If these are good time " sont pourtant retravaillés sans pour autant perdre de leur entrain originel. Mais bon…Groupe d'un moment, Dog Eat Dog aura beaucoup de mal à se faire reconnaître aujourd'hui. Malgré cette tendance, passez l'un ou l'autre de ces titres en soirée, vous verrez des visages intéressés. Sans plus. Juste avant de s'enflammer sur le dernier hype du moment, en oubliant ce qu'ils ont entendu 3 minutes auparavant…

 

Doctor Rhythm

Medication time

Écrit par

Cette formation hollandaise existe depuis plusieurs années. "Get lucky", leur premier album remonte à 1997. Depuis, le combo a engagé un nouveau guitariste, Stanley Patty, pour épauler les deux compositeurs. En l'occurrence Philippe Bastiaans, au chant et à la six cordes et le saxophoniste/harmoniciste Daan Prevoo.

L'album démarre par "Bluesclub '63". Un titre nerveux, à la sonorité très contemporaine, au cours duquel la guitare imprime le rythme. Tout en swing, "Whole lotta nuthin" permet à Daan de doubler aux sax, au tenor et au baryton. "Done it all before" est un superbe blues lent, inspiré par T-Bone Walker. Roel Spanjers est invité à l'orgue et Stanley sort le grand jeu. Philippe chante avec beaucoup de conviction et de soul. Et puis lorsque Boyd Small fait son apparition pour chanter "Come on" d'Earl King, l'ensemble produit un maximum de groove ; Daan se libérant au sax ténor tout en injectant beaucoup de tonus dans l'interprétation. Il passe alors à l'harmonica. Roel est au piano pour attaquer "The hunter". Un shuffle rondement mené. Stanley montre toute l'étendue de son talent sur "I'm so lonesome". Il peut dialoguer avec le saxophone de Prevoo, tandis que Jules Peters et Jos Vrinssen assurent la section rythmique. Doctor Rhythm est une formation très versatile, capable d'aborder des styles différents, avec beaucoup de bonheur. Parfois l'espace de quelques minutes. Ils se montrent même très inspirés par le jazz sur "In your arms", le swing rockabilly dans leur reprise du "Rock this house" de Jimmy Rogers, l'exotisme sur "Motor City", le swamp blues avec le "Zing zing" d'Aaron Neville ; et enfin le funk tout au long de "Set me up" qui clôture cet excellent album.

 

Dirty Three

Whatever you love, you are

Écrit par

Ceux qui ont assisté à un concert de cette formation l'attesteront, la musique proposée par Dirty Three est peut-être l'une des plus émouvante et personnelle qui soit. En effet, tous les membres du groupe vivent littéralement leur musique. Emmenés par le violoniste en chef Warren Ellis, membre à part entière des Bad Seeds de Nick Cave et véritable épine dorsale du groupe, le batteur et le guitariste ne peuvent que suivre au plus près les saynètes illustrant chaque morceau. Car là se trouve la réelle force de Dirty Three. Un pouvoir narratif redoutable. Et même si la dernière livraison n'apporte rien de neuf dans la structure musicale, la formation s'est permise de multiplier les collaborations. C'est ce bilan que le combo nous présente aujourd'hui. Bon, l'ambiance s'accroche à une certaine mélancolie, à une certaine tristesse. Mais n'est-ce pas là la véritable marque de fabrique du groupe ? Et puis, tant de sincérité touche inévitablement. Dirty Three : quand les instruments se font porte-parole des musiciens !

 

Digger

Monte Carlo

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Ce " Monte Carlo " affronte un punk-rock de facture classique. Souvent pied au plancher, la musique de Digger ferait la bande-son parfaite d'une vidéo de skate. Maintenant la question pertinente se pose à tout auditeur de ce style musical : vaut-il mieux écouter NOFX ou Digger ? De peur de se lasser, en n'écoutant que le même groupe, mais sous un nom différent, ne vaut-il pas mieux en choisir un et rechercher l'originalité ailleurs ? Les fans de NOFX auront certainement déjà choisi ; ceux de Digger aussi… Ils écoutent sûrement les deux…

 

Rick Derringer

Jackhammer Blues

Écrit par

C'est flanqué des McCoys que Rick Derringer a connu le succès dans les 60s. Qui ne se souvient du célèbre hit, "Hang on sloopy" ? Rick devint une agréable surprise pour les amateurs de blues, lorsqu'il devint le second gratteur de Johnny Winter. Sur l'album "Johnny Winter And" et surtout sur le fameux "Live" sorti en 71, sur CBS. Il avait gravé un bon album l'an dernier, "Blues Deluxe", sur Blues Bureau.

Façonné dans le même moule, cet opus dispense un rockin' blues bien senti et de bonne facture. Il démarre avec un "Shake your money maker" très saignant. Il reprend de manière exemplaire, "Wrapper up in love again" d'Albert King dont il a facilement assimilé les phrases. Mais la réussite indéniable, c'est le blues lent, électrique, découpé dans les changements de rythme. Comme sur "You've got to love her with feeling" de Little Walter. Et lorsqu'il nous remet en mémoire ses meilleurs interventions de l'époque Winter, c'est un passé glorieux qui défile dans nos oreilles. Surprise, il reprend "Street corner talking", l'une des meilleurs compositions de Kim Simmonds du Savoy Brown, époque 71. Autre fort bonne version, celle de "Somebody loan me a dime", de Fenton Robinson (et non pas Elmore James comme l'indique la pochette). Notez qu'ils attribuent bien le "Just a little bit" de Roscoe Gordon à Barry Goldberg et Steve Miller!! Signalons encore la présence du très nerveux "Red Hot" de Billy "The Kid" Emerson. Album de bonne facture dans le style, ce " Jackhamer blues " se termine par une longue version du "Texas" de Mike Bloomfield et Buddy Miles, une composition qui figurait sur le 1er album d'Electric Flag, "A long time comin", sorti en 1968. Très bon !

 

Demolition Doll Rods

Demolition Doll Rods

Deux filles et deux kids se partagent le line up de ce quatuor issu des cendres du groupe séminal de Detroit, les Gories. Né en 1997, DDR s'est surtout forgé sa réputation en jouant " live ". A cause de sa mise en scène provocatrice. Le groupe n'hésitant pas à jouer vêtu du strict minimum, histoire de ne pas être taxé d'exhibitionniste. Musicalement, la formation semble avoir été influencée par les Cramps et Redbone. A cause du rythme tribal, sensuel, imprimé sur chacune des compositions ; et puis des vocaux vindicatifs. Par les Stones et Chuck Berry également. Le guitariste exécutant des soli de guitare aussi juteux et sinueux que ceux que nous réservait Chuck ou Keith Richards en personne. Malheureusement, sur disque, la solution manque singulièrement de relief. A un tel point qu'il est souvent difficile de faire la distinction entre un fragment et un autre...

 

The Delta 72

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Le troisième album de Delta 72 a été enregistré aux studios " Tongue & Groove " de Philadelphie, endroit mythique où les Rolling Stones avaient conçu " Exile on main street " et Prince, " Purple rain ". Et lorsqu'on sait que ce sont Neil Haggerty et Jennifer Herrema, leaders de Royal Trux, qui se sont chargés de la production, on peut se faire une petite idée de l'esprit revivaliste qui plane sur cet opus. Hanté pat les Stones, les Small Faces, les Chamber Brothers et le Spencer Davies Group, il est généreusement nappé de claviers hammond, à l'instar d'un Kula Shaker,. Ou d'un Deep Purple adolescent, si vous préférez rester dans un contexte sixties. Et pour donner une coloration bien rythm'n blues à l'ensemble, le groupe a reçu le concours de deux chanteuses gospel. Un album bien ficelé, fort agréable à écouter, même si les puristes le taxeront inévitablement de passéiste...

 

Delirious

Glo

Écrit par

Apparemment ce quintette est constitué de musiciens pieux. C'est en tout cas ce que les lyrics laissent supposer. Des lyrics qui parlent de Dieu, de Jésus, mais qui s'inspirent également de psaumes et d'expériences vécues. Des lyrics qu'ils véhiculent sur un pop rock hymnique, mais un peu trop emphatique, à mon goût ; une musique dont les influences majeures ne peuvent être que U2, Marillion, Queen et Ultravox. De là à en faire son credo…

 

Deftones

White Pony

Écrit par

Pas mal, pas mal ! D'ailleurs cet album a été largement plébiscité, aussi bien par le lectorat que par la rédaction de quelques magazines "rocks", comme une des meilleures plaques de l'année 2000. Normal ! Je ne vais pas contredire. "White Pony" a tout pour plaire : une rythmique en béton; un chanteur qui ne se contente pas d'hurler, mais aussi de placer des mélodies; des ambiances soit très directes et violentes, soit éthérées et profilées sur le crescendo. Bref de quoi ravir le plus grand nombre. Et bizarrement, ce sentiment n'est pas gênant. Alors que la formule "le plus grand nombre" donnerait des boutons à plus d'un amateur de musique, elle n'est ici en aucun cas dérangeante. Preuve de la qualité des compositions, mais aussi et surtout de la sincérité dans la démarche. Serions-nous en présence du groupe le plus intelligent de sa catégorie ?

 

Etienne De Crecy

Tempovision

Écrit par

La fac, c'était il y a deux ans déjà. Nous avions entre 19 et 23 ans. Le lectorat s'y reconnaîtra sans doute. Depuis, la vie (cette chienne) a repris ses droits. Plus personne ne fréquente l'institution scolaire. Et il faut bien affronter la réalité journalière avec son lot de heurts, de coups bas, de vengeance malsaine et d'injustice. On s'en serait bien passé, nous, les d'jeuns en jeans larges flottant sur des baskets Nike dernier cri. Heureusement que, dans les moments durs, subsiste la nostalgie, cette fuite intérieure. Pour la déclencher, on se remémore certains morceaux ou certains albums n'ayant pas quitté la platine durant nos années universitaires. En fait, maintenant on s'en rend compte, cette French Touch qu'on prenait plaisir à pourfendre constitue, quand même, une bonne partie de nos souvenirs tire larme. Normal, Daft Punk et Etienne de Crécy rythmaient quotidiennement nos déhanchements de post adolescents régressifs avec leurs mélodies funky sucrées diablement efficaces. Alors, voir réapparaître dans les bacs un vieux de la vieille, ça fait forcément chaud au coeur, à défaut de bouleverser la planète électronique. Pour nous, il sera éternellement attaché à nos indescriptibles souvenirs. Cet album d'ailleurs reprend les choses là où Etienne a bien voulu les laisser, joue le jeu du passé larmoyant, saupoudré de quelques touches de noirceur appréciables, car peu habituelle chez De Crécy.

" Tempovision " vise large, cherche à remuer les gambettes, même s'il faut pour cela lorgner vers le kitsch, le funk des plus grossiers ou une touche française vieillotte et maladroitement insistante. Chez lui, donc, rien n'a changé On le répète, l'electronica ou le drum'n'bass semblant être le cadet de ses soucis. Préfère taper direct dans les pattes, calibrant parfaitement ses futur hits potentiels. Du coup, beaucoup de monde le déteste. Trop consensuel le monsieur. Ok ! Mais il existe encore des gens qui prennent plaisir à s'amuser entre eux sans se prendre la tête avec, en bruit de fond, une musique house virevoltante, acculée mais efficace. C'est fait pour ça, quitte à bouffer à tous les râteliers. Pas bien jolie cette attitude ! Mais bref, cette musique n'emmerdera que les aigris qui se donnent une contenance en s'efforçant d'écouter Oval, et rien qu'Oval. Relax les mecs ! Nous, on est bien heureux de le retrouver, votre petit frère en Deug adore même s'il se refuse à vous l'admettre, car il lui aura permis de voir son meilleur qui ne supporte pas l'alcool monter sur la table en vociférant " YYYYAAAAAOOOUUUUHIIIIIII " lorsque monte la rythmique de " 3 day week end ", ou celle de " Out of my hands ". Et pour le prof d'infographie trentenaire qu'on a invité pour avoir de bonnes notes, y'a un morceau new wave imparable : " Scratched ". Quant au reste, il amusera le mec perpétuellement assis, vous savez celui qui fait la gueule sans raison. Tout le monde il est pas heureux ?

 

Guy Davis

Butt naked free

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" Butt naked free " constitue déjà le quatrième album de Guy Davis, pour le label Red House. Guy est un songwriter, un roots singer responsable d'une musique de racines au son bien consistant, riche même, qui emprunte et mêle diverses cultures telles que folk, blues et chanson.

On peut ainsi déjà clairement distinguer son style, dès la première plage, "Waitin' on the cards to fall". Il s'affiche très blues lorsqu'il aborde "Writing paper blues" de Blind Willie McTell. La voix est grave, bien posée, les guitares sereines et l'orgue hammond de T-Bone Wolke se réjouit. Le moment est alors venu pour Guy de souffler dans son harmonica. Une bonne mélodie à la clé, "Sometimes I wish" campe un blues plus relax et complaisant, bénéficiant, en outre, du concours de la basse discrète de Mark Murphy. Quand on aborde la musique des racines, l'accordéon est souvent présent. Le piano à bretelles, ici joyeux, emporte les autres instruments sur "Never met woman treats me like you do". Levon Helm, du Band, est à la batterie et à la mandoline. T-Bone Wolke lui, c'est le multi-instrumentiste de la bande. Il passe allègrement de l'accordéon à la basse, ou de à l'orgue à la mandoline. Comme sur "Rambling ways". La finale, "Raining in my soul", dégage une grande tristesse et une sensibilité à couper le souffle.

 

PJ Harvey

Stories from the city, stories from the sea

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Polly Jean Harvey est de retour avec un sixième album. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle vient à nouveau de créer l'événement. Parce que cet opus est tout bonnement exaltant. A l'instar de Lou Reed, elle chante New York. Balayés de courants émotionnels capricieux mais voluptueux, ses contes obsessionnels errent à travers Little Italy, Chinatown, les toits de Brooklyn ou encore les lumières de Manhattan. Tout un contexte propice à libérer une intensité malsaine et sauvage que la reine des ténèbres se plait à cultiver. Et que la qualité instrumentale a le bon goût d'entretenir. Faut dire qu'elle a reçu le concours de Rob Ellis et de Mick Harvey. Le trio se partage d'ailleurs les guitares, mais également la production. Si Thom Yoke la rejoint pour chanter en duo les deux fragments les plus vulnérables de disque –en l'occurrence " One line " et " This mess we're in "– elle semble véritablement envoûtée par une énergie positive sur le reste de l'opus. Un peu comme si elle était parvenue à réaliser sa sexualité, jusqu'alors introvertie (NDR : c'est ce qu'elle raconte lors de ses interviews !) Depuis " Big exit " qui recapture l'électricité nerveuse de Television, au tourbillon hormonal, presque pornographique de " This si love ", en passant par " Good fortune " et " We said something ", titres qui auraient pu relever du répertoire de Patti Smith, le fabuleux et impressionnant de punch " The whores justle and the hustlers whore ", le minimaliste (Kristin Hersh ?) " You said something " et le punkcore (Breeders ?) "Kamikaze". Remarquable !

 

Coldplay

Revenez nous voir dans 20 ou 30 ans…

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Formé non pas à Oxford, comme le dit la rumeur, mais à Londres –et à l’univ !– Coldplay a longtemps manqué d’un batteur. Will Champion ne jouait que du piano, de la basse, du violon et d’un tas d’autres instruments. Il a dû se mettre à la batterie aussi. C’était en 98, date à laquelle il rejoint Guy Berryman, Jonny Buckland et Chris Martin. Aujourd’hui, à la maison, Coldplay est déjà la nouvelle coqueluche britannique.

D’après la presse spécialisée, les membres du groupe ne sont pas friands d’interviews. « Parce que nous n’avons pas grand-chose à raconter », justifie Will, invitant même l’interlocuteur à revenir les rencontrer d’ici 20 ou 30 ans, lorsque, à l’instar de Bob Dylan, Tom Waits ou Neil Young, ils auront acquis suffisamment d’expérience pour entretenir la conversation. Nous on veut bien, mais tous ceux-là, ils refusent généralement d’accorder des interviews… parce qu’ils ont suffisamment de succès.

« Bonne analyse » reconnaît Will, qui avoue quand même apprécier les débats consacrés à la musique. « Pourvu qu’on ne se contente pas de coller des étiquettes », ajoute-t-il. « Nous ne sommes pas trop tracassés par la catégorie où nous rangent les médias. Par contre, nous essayons de savoir si le public aime ce que nous faisons. Nous voulons insuffler une signification à notre musique, la rendre intemporelle. Dans 20 ans, on espère que les gens pourront encore nous écouter et nous apprécier »

« Nous ne sommes pas Britney Spears, heureusement… Nous n’avons pas une image assez forte pour jouer sur ce tableau, donc nous ne pouvons compter que sur notre talent musical. Il n’est peut-être pas facile de conserver cette philosophie, après plusieurs albums, mais si jamais, nous devions enregistrer un disque que nous estimerions moins bon que le précédent, nous ne le sortirions pas ».

Travail de groupe

Chris Martin possède une superbe voix, qui rappelle tantôt Thom Yorke, tantôt Jeff Buckley. Radiohead, Muse et Travis sont aussi des groupes qui peuvent compter sur de formidables chanteurs. « Oui », rétorque Will, « Mais ces groupes ne sont pas exclusivement centrés sur une seule personne. Il y a une symbiose entre chaque membre. Prend l’exemple de The Verve, ce n’était pas seulement Richard Ashcroft. ‘A nothern soul’ est remarquable ; mais c’est surtout le fruit d’un travail en commun. Par contre, l’album solo (‘Alone with everybody’) m’a laissé sur ma faim. Il a perdu toute sa magie. Ce qui importe dans un groupe, c’est la façon dont les musiciens jouent par rapport aux autres. D’entretenir une émulation. »

Les musiciens du quatuor avouent tous des influences éparses. En fait, ils se disent plutôt inspirés par certaines chansons que par certains artistes. On citera les Beatles, Simon & Gardfunkel, dont ils interprétaient autrefois ‘Mrs Robinson’, mais aussi Neil Young et Tom Waits. « Notre perception de la musique change parce qu’on écoute constamment des choses différentes. J’ai acheté dernièrement ‘Five leaves left’ de Nick Drake. C’est vraiment superbe, mais ce n’est sûrement pas la tasse de thé de Chris »

Coldplay a accompli une tournée, qui est notamment passée par le Japon et l’Ecosse, en compagnie des Flaming Lips. A qui Will voue une grande admiration, surtout à cause de leurs prestations scéniques. En outre, il aime la façon dont ils se comportent dans la vie, de ‘ne pas faire semblant d’être quelqu’un d’autre’.

Parachutes

Coldplay a donc intitulé son premier album ‘Parachutes –aucun rapport avec le ‘Parachute’ des Pretty Things, paru en 69, dont Will ignore d’ailleurs l’existence. Pourquoi ‘Parachutes’ ? « Dès que les problèmes nous précipitent dans le vide, on ouvre son parachute. Face aux épreuves, on se raccroche toujours à quelque chose. C’est la raison pour laquelle nos chansons sont rayonnantes ou au contraire tristes. On ne veut pas être maussades ou cafardeux, mais plutôt mélancoliques. »

C’est Ken Nelson qui s’est occupé de la production. Dès leur première rencontre, le courant est passé. « C’est devenu un copain qui partage nos idées sur la conception de la musique, Pour lui comme pour nous, l’essentiel n’est pas de bénéficier d’une production tape-à-l’œil, technologique et clinquante, mais de parvenir à composer la bonne chanson. »

Pour enregistrer cet elpee, Coldplay a utilisé une méthode assez insolite, qui leur a coûté plusieurs mois de travail : les compositions ont été testées sur scène, reliftées au fil du temps, jusqu’au moment où elles paraissaient au point. « Nous sommes autocritiques. Et si nous sommes contents du résultat obtenu sur le premier album, nous sommes conscients qu’il y a encore du pain sur la planche. Il faut s’améliorer, pas seulement en studio, mais live aussi (NDR : qu’est ce que ça va être !). Il faudra que nous accordions également de meilleures interviews. »

Merci à Vincent Devos.

Interview parue dans le n° 86 du magazine Mofo de septembre 2000.

 

Grandaddy

Groupe pépère?

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Dans l'univers de la pop et du rock, Grandaddy est vraiment un cas à part. Ses musiciens sont d'abord capables de prendre du recul par rapport à cet univers. Et puis de privilégier la qualité de la vie sur les contraintes liées au succès. Pas étonnant qu'ils vivent dans un petit patelin perdu au fond de la Californie, dont vous n'avez peut-être jamais entendu parler : Modesto. Une philosophie qui sied très bien à leur leader, chanteur, compositeur et guitariste, Jason Lytle. Un personnage capable de poser un regard critique sur l'évolution du monde contemporain, à son goût beaucoup trop dépendant de la machine. Et ce regard critique, Jason le traduit à travers ses lyrics. Mais également le discours qu'il nous a tenu tout au long de cette interview…

Dans son esprit, ce qui est essentiel aujourd'hui sera dépassé demain. " J'ai parfois l'impression que le monde est perdu au fond d'un énorme trou. Un vide d'idées, bourré de choses inutiles, qui génère une trop grande quantité de déchets. Et c'est vraiment malheureux. A cause de cette situation, les être humains sont incapables d'apprécier les choses les plus simples, trop occupés à produire des choses superflues et à gaspiller. Et ils ne s'en rendent même pas compte. Plus grand monde n'est capable de jouir des vertus de la simplicité. De rencontrer le bonheur à travers la simple promenade dans un bois, à l'écoute du bruissement des feuilles d'un arbre ou du chant des oiseaux. Les êtres humains sont vampirisés par des gadgets qui font bip bip, clic clac, etc. Je pense qu'il est temps que quelqu'un leur rappelle qu'ils doivent relativiser, rester cool. Le pire, c'est que ces valeurs n'ont plus cours, et devraient, à mon sens, être réenseignées… " Si dans une de ses chansons, Jason conseille de ne pas trop faire confiance à la machine, dans une autre il dresse des analogies entre le système électronique et les êtres humains. Un paradoxe que reconnaît Jason : " J'adore les contradictions. Elles font partie de ma personnalité. C'est sans doute dû au fait que j'ai peut-être tendance à faire de grandes généralisations. " Comme par exemple lorsqu'il compare son nouvel album à l'image d'un endroit où le rêve de la fin du XXème siècle va mourir. Et la réponse de fuser : " Peut-être que si le XXème siècle était bourré, alors le XXIème aura la gueule de bois. Je suis un peu fataliste, mais au fond de moi-même, j'aimerais bien qu'il subsiste encore de l'espoir… "

Jason Lytle se défend avoir voulu enregistrer un concept album. Parce qu'il ne s'en est vraiment rendu compte qu'au fil des sessions d'enregistrement. C'est à dire lorsque le disque a pris de la forme et de la consistance. En fait, ses idées étaient tellement précises et représentatives de ce qui se passait autour de lui, à ce moment là, qu'elles nécessitaient un fil conducteur. " Mais franchement, ce n'était pas intentionnel ! ", ajoute-t-il. L'enregistrement de cet opus n'a pas été réalisé dans un studio de haut standing, vous vous en doutez ; ce qui ne l'empêche pas d'être superbement produit. Mais comme le rappelle si bien Jason : " J'évite de travailler dans des studios coûteux, parce qu'ils ressemblent à des hôpitaux et que le son qui en est tiré est trop clinique… " Soucieux de liberté d'action, Jason est capable d'enregistrer 24 heures d'affilée. Il déteste le saucissonnage dans le temps. Il veut bénéficier d'une disponibilité constante. A n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Il aime cette capacité d'adaptation. Enregistrer est même, pour lui, devenu une drogue. " On y devient facilement accro ", avoue-t-il. " Et tout le travail de production et d'engineering n'est que du blablabla. Il y a suffisamment longtemps que j'exerce ce boulot pour savoir de quoi je parle. "

Depuis la sortie du précédent opus, Grandaddy a intégré deux nouveaux musiciens. Un guitariste et surtout un claviériste. Enfin, pas tout à fait, puisque ce dernier, qui répond au nom de Tim Dryden, participait déjà aux tournées. Ce qui explique pourquoi le climat du nouveau CD, ‘The sophtware slump’, est beaucoup plus atmosphérique. Et Jason va même encore plus loin : " L'apport du clavier dans notre musique permet de donner davantage de variété et de couleur dans le son, d'offrir plus de possibilités et d'aptitudes à exprimer des idées. Unidimensionnelle, la guitare a beaucoup plus de limites. En fait, chez Grandaddy on cherche à varier les images à partir des fréquences et des sons. Une technique qui est assez compliquée et pas facile à assimiler dans le monde de la musique pop. Et le clavier nous facilite cette tâche… "

La chanson ‘Jed the humanoid’ opère une comparaison entre un ami mort et un computer ; à moins que ce ne soit l'inverse. Elle méritait, en tous cas une explication un peu plus précise. " En fait, c'est une histoire à propos de l'alcool. Un problème que j'ai beaucoup de mal à surmonter. Mais je n'avais pas envie de me morfondre à ce sujet et de me faire passer pour une andouille. En fait cette chanson est un peu une thérapie. Un message envers moi-même. Qui m'est soufflé par Jed. Me rappelant que le mélange entre l'alcool et l'électronique n'est pas très bon. Et j'ai écrit cette chanson comme un conte de fées abordé sous un angle futuriste, surnaturel. Mais il est exact qu'on y ressent cette forme de tristesse douce-amère dont je suis très friand. "

Jason aime des tas de styles musicaux. Pas trop la dance. Parce qu'on sait où elle va. Mais bien la musique classique. Car elle permet à l'esprit de dériver, de déborder les frontières. Elle est idéale pour explorer. Et essayer de produire ce genre de son dans le carcan de la musique actuelle, est pour lui un grand défi. Et un défi qu'il apprécie. Pourtant, il n'est pas enclin à jouer en compagnie d'un orchestre symphonique : " J'aime autant disposer d'un clavier capable de représenter un orchestre. " Curieusement, le nouveau concept imaginé par Flaming Lips ne semble pas trop correspondre à sa sensibilité. Parce que dans le contexte de la musique pop contemporaine, ils ont trop tendance à rendre leur chanson la plus expansive possible… Mais il a beaucoup d'estime pour Howe Gelb. Ou plus exactement pour ce qu'il fait : " C'est vrai que ses idées volent parfois un peu trop haut. Que ses spectacles sont assez imprévisibles, et parfois même inaudibles. Mais c'est probablement le musicien le plus passionnant et le plus saisissant de notre époque. J'ai ainsi appris qu'il aurait mis en forme deux albums en un jour. Il crée toujours de la matière intéressante. Personnellement, j'aime cette idée de battre le fer tant qu'il est chaud. D'être sûr de pouvoir s'occuper de tout dans un temps imparti. Profiter de l'instant présent. Et je crois qu'il se conduit de la même manière depuis bien longtemps… "

Si Jason apprécie également Jeff Lynne, c'est avant tout pour ses compétences d'arrangeur et de producteur. Quant à Neil Young, il admire son intégrité, une philosophie de vie qu'il a toujours respectée et qui est digne d'intérêt. " Lorsque je lis des articles, dans des magazines, sur des groupes qui n'ont strictement rien d'intéressant à raconter, qui ne mènent pas une existence intéressante, et qui pour se rendre importants racontent des mensonges, j'en suis malade. Il faut avoir vécu l'aventure, avant de pouvoir écrire quelque chose à votre sujet. Et je crois que Neil correspond fidèlement à cette image. C'est pourquoi nous essayons de mener une vie intéressante… "

Merci à Vincent Devos

(Version originale de l'interview parue dans le n° 88 - Décembre 2000 - de Mofo)