Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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dEUS - 19/03/2026
Concerts

Father John Misty

L’alchimie parfaite !

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Ce mercredi 4 mars, l'Orangerie accueille John Father Misty ou plus exactement Josh Tillman, un personnage atypique, faussement mystique. Sous son nom, il a publié 7 elpees. Mais, c’est sous le patronyme de son projet alternatif qu’il se produit ce soir, pour y défendre son second opus, « I Love You, Honeybear », paru ce 10 février dernier. Un disque très bien reçu par la critique. Sur cet LP, l’ex-drummer de Fleet Foxes s'amuse à déconstruire, d'une manière sarcastique, les piliers de notre société. Musicalement, ce long playing propose un folk épique, enrichi par une instrumentation à la fois luxuriante et chargée de nuances.

Pour assurer sa première partie, le Californien a invité Kieran Leonard, un songwriter anglais qu'il a rencontré à Los Angeles. Leonard débute son concert vers 20h. En solitaire, uniquement armé de sa sèche, devant une salle quasiment vide. Manifestement, son folk ne déchaîne pas les foules. Faut dire que ses morceaux sont d'une telle banalité ! Le set de Kieran Leonard ne restera certainement pas gravé dans les mémoires.

Il est presque 21h et l'Orangerie est à présent pleine à craquer. Les lumières s'éteignent et les six musiciens du backing group de Father John Misty montent sur l’estrade. De chaque côté de la scène se postent le claviériste et le guitariste. Ils arborent une longue chevelure. Le violoniste et le bassiste se plantent en retrait. Le line up est complété par un troisième gratteur et un drummer.

Lorsque les premières notes de « I Love You, Honeybear » retentissent, Josh Tillman débarque à son tour su le podium. Elancé, vêtu d’un costard, ce barbu vient se placer tout naturellement au milieu du jeu de quilles. Il est particulièrement à l’aise, sûr de lui. Il arpente la scène de long en large, monte sur la grosse caisse, s'agenouille, tout en chantant d'une voix magistrale. Une belle entrée en matière donc...

Dès le morceau suivant, Josh empoigne sa six cordes et en joue pendant plusieurs titres. Et sur son instrument, c’est loin d’être un manchot. Et vocalement, il excelle aussi bien comme crooner que redneck, dans l’univers de la country (« I'm writing a Novel »).

Dès qu’il en a l’opportunité, et le plus souvent entre les morceaux, il dialogue avec le public. Il a le sens de l’humour, un humour parfois sarcastique. D’ailleurs, avant de tirer sa révérence, vers 22h, il en profite pour railler la coutume américaine du vrai/faux ‘rappel’. Aucune surprise donc, quand l'Américain opère son comeback et nous livre trois superbes morceaux : l'épuré « Bored in the USA », la reprise du « I'm Your Man » de Léonard Cohen et pour terminer, « Everyman Need a Companion ».

Véritable bête de scène, Father John Misty est littéralement parvenu à ensorceler son auditoire tout au long d’un spectacle musicalement très propre et au discours décalé… L’alchimie parfaite !

(Organisation Botanique)

Champs

Les voix des Champs…

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Cette soirée constitue pour votre serviteur une découverte. Champs se produit à l’AB Club et Tula assure le supporting act. La charge de mes activités professionnelles et les embouteillages rencontrés à l’entrée de la capitale ne me permettront pas d’arriver en temps et en heure pour assister à la prestation de la première partie. Quand je débarque, elle est en fin de parcours.

Tula est le pseudo de Tallulah Smith, une artiste insulaire qui nous vient de l'Ile de Wight. Sur les planches elle est seule, armée de sa guitare électrique. Le public est clairsemé. A peine 70 spectateurs. Idéal pour le confort d'écoute. A contrario, pour les artistes, cette situation est plutôt inconfortable. La voix de Tula est douce et envoûtante. A l’aide de sa six cordes, elle libère des nappes de sonorités paisibles. L’auditoire applaudit chaleureusement son set. De ce que j’ai pu voir et entendre, ces bravos me semblaient mérités. A revoir donc.

Champs a été fondé par deux frangins, Michael et David Champion. Deux frères de sang et de son. Ils sont également issus de l'Ile de Wight. Le duo est venu nous présenter son second long playing, « Vamala », paru début 2015. Un disque qui fait suite à « Down Like Gold », publié l’an dernier. Champs avait servi de supporting act pour Balthazar les 20 et 21 février 2014, dans la grande salle de l'Ancienne Belgique. Deux dates sold out. Une aubaine pour commencer à développer sa notoriété. Surtout quand on a du potentiel…

Ce soir, le duo est soutenu par un drummer/bassiste. Le set s’ouvre en douceur par « For Ever Be Upstanding At The Door », une plage du nouvel opus. La conjugaison entre la gratte acoustique et électrique est limpide. Tout comme celle entre les voix des deux frères, Tim et Neil Finn (Crowded House, Split Enz). Et quand elles sont haut perchées c’est même aux Beach Boys et aux Bee Gees que je commence à penser. 

Bercé par une pop mélodieuse, « White Satellite » est issu du premier elpee, « Down Like Gold », une plage mélancolique encore et toujours transcendée par les vocaux si particuliers. La guitare électrique prend l’ascendant sur « Desire », une piste extraite du dernier LP. Légèrement nasillarde et puissante, la voix évoque alors plutôt Joe Newman, le chanteur d'Alt-J. Lors du refrain, les mots 'Echo, echo, echo' vous poursuivent en réverb. Tout au long de « The Balfron Tower », c’est le piano qui balise les vocaux. On se croirait au sein d’une abbaye cistercienne en pleine communion avec le dieu musique qui se veut harmonie. Un grand moment de recueillement, partagé par l’auditoire. Une excitation certaine contamine « Vamala ». A cause de la section rythmique mais également du climat électro. Une atmosphère qu’on retrouve sur « Down (Alone On The Avenue) », les synthétiseurs et guitares cédant le relais aux samplers et boîtes à rythmes. Une conversion judicieuse. Car elle apporte également un plus aux harmonies vocales ; ainsi, « Down Like Gold » glisse dans vos oreilles comme de la gelée royale. Et elles sont triangulaires sur « St Peter's ». Magique ! Le set s’achève par  « Sweet Marie », une ballade interprétée en mode guitare/voix.

Lors du premier rappel, le combo nous réserve une compo jamais entendue à ce jour. Et lors du second, « My Spirit Is Broken ». Bref, je dois avouer avoir pris une fameuse claque ce soir. Il ne faudra plus très longtemps avant que Champs ne fasse salle comble dans la grande salle de l’AB…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Sarah Carlier

Une excellente soirée, en toute simplicité…

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Les concerts en appartement sont organisés par Frédéric Bulté (Les Soirées Cerises). Fred, aka Fred Cerise, est le plus grand programmateur et organisateur de concerts gratuits à Bruxelles. Très sympathique, c’est un vrai découvreur de talents. Chaque semaine, il organise au moins un spectacle musical par jour. Parfois deux ou trois. Dont celui-ci. Pour lequel il est absent. Difficile de se couper en trois. C’est une formule que j'apprécie tout particulièrement. Le public est limité. La proximité entre celui-ci et l'artiste est optimale. L’ambiance est conviviale. Le concept est gratuit. A la fin du show, l’artiste fait passer un chapeau. Chacun y met ce qu’il veut. Ce sera le cachet. C'est déjà la deuxième fois que je me rends dans l’appartement de Michel et Nathalie Rommelaere pour assister à ce type de représentation. La première, c’était pour le set du Canadien Woodpigeon, qui pourtant remplit aisément le Botanique. Les hôtes sont charmants. Les invités apportent leurs boissons et l'audition se déroule presque en famille.

Ce soir c'est au tour de Sarah Carlier de s’y produire. L'artiste a déjà assuré quelques premières parties prestigieuses et pointé le nez lors de festivals conséquents. Sous la formule du concert en appartement, c'est sa première. Si sur une grande scène, elle se montre particulièrement à l’aise, ici elle semble avoir le trac. Dans l’auditoire, je remarque la présence de son papa, Sylvain, ainsi que de Manon, sa fidèle amie, devenue la manager. Elle signe d’ailleurs 5 titres du dernier opus…

Une petite estrade a été installée dans la cuisine. Une chaise y est posée. Ce soir, Sarah ne pourra compter que sur sa guitare, sa voix et son ampli. Après avoir accordé son instrument, elle attaque son set. Manifestement, elle est stressée. C’est un exercice de style difficile, il faut le reconnaître. Mais pas insurmontable, car au fil du temps, elle commence à maîtriser son sujet. En fait, c’est son sourire ravageur qui détend l'assemblée. Elle finit elle-même par se décontracter et commence à discuter avec les spectateurs, serrés aux premiers rangs. L’auditoire est limité à une cinquantaine de personnes. Le public est attentif.  

« She Said » ouvre le bal. Mon voisin de droite me confie que ce récital lui plaît, et me demande si je la connais. Ben quand même, depuis le temps. Il continue à me poser des questions sur l’existence d’un hypothétique album, des conditions d’enregistrement, et tout le Saint Tremblement. Il commence un peu à m'énerver et d'un ton courtois, je l’invite à la mettre en sourdine, à écouter et à apprécier. Sarah embraie par « Misery », un extrait du dernier elpee. La voix est chaude, le virage soul de Sarah enchante l'assemblée. En concert électrique, c'est plutôt du côté de Kingston que le soleil pointe. On passe ensuite à « Call You », la douceur est de rigueur, un petit retour au calme. Toute l'émotion de l'artiste passe dans la voix et le jeu de guitare. C'est presque divin. D’ailleurs, le gars de droite est en extase. Je pense qu'il devient amoureux. « For Those Who Believe », c’est le titre éponyme du premier opus de Sarah, mais aussi le premier morceau qui m'a fait vibrer. Elle nous propose sa version personnelle du « Going Back To My Roots » de Richie Havens. C’est une de ses influences majeures. Pour « Mr James », le gimmick de guitare met le cap vers la Jamaïque, alors que la voix se révèle purement soul. Si j’apprécie cette compo sous son format électrique, elle prend une autre dimension en acoustique. Raison pour laquelle, il est intéressant d’assister aux deux configurations. Issu de « For Those Who Believe » (NDR: c’est le titre de son premier LP), « Chorus Man » baigne dans une douceur certaine.

« Dreams » est un titre plus paisible au cours duquel la voix de Sarah exerce ses charmes… Et « Since » de poursuivre dans le même registre. Une autre cover, celle du « Hey Joe », popularisé par Jimi Hendrix. Et son adaptation est digne du maître. Le set s’achève par la chanson phare du dernier opus, « SMS » (« Save My Soul »), ce fameux hit écrit en famille. Un rappel quand même, au cours duquel elle reprend le « Billie Jean » de Michael Jackson. Une adaptation originale magnifiée par la voix de Sarah. Et la soirée de se terminer par « Resistant », un morceau que je découvre.

Bref, ce soir, le public a été conquis par la simplicité (NDR : elle remercie régulièrement le public) et le talent de Sarah Carlier. Et comme le son était nickel, je dois avouer avoir également passé une excellente soirée.

(Organisation Frédéric Bulté : Les Soirées Cerises)

Les Slugs

Un terroir fertile aux vieux limaçons…

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Chaque dernier vendredi du mois, de septembre à juin, ‘Le Terroir’ –un bar bien sympathique où la population locale savoure sa petite pression– accueille un concert rock. C’est à Horrues, un petit village, également le fief de votre serviteur. Quoique affichant un âge respectable, Brigitte, la patronne, gère ces d’jeuns tout en tentant de leur inculquer la culture rock. Pour février, l’affiche est consacrée au punk/rock pur et dur, mais festif. Et ce sont les Slugs, un trio né au début des 80’s et composé de vétérans qui est programmé. Un combo belge terriblement efficace sur les planches et constitué d’un line up tout à fait classique basse/guitare/batterie. Il y a du peuple dans la salle. En outre, le band a attiré de nombreux aficionados, qui vont faire monter la pression. Mais sans la mousse…

L'estrade où se produit la formation n'est pas bien large. Le groupe est venu présenter son dernier opus, « BanqueRoute », paru en 2011. Geoff est préposé à la basse, Ren se charge de la guitare et Bini se consacre aux drums. Avant de prendre place derrière ses fûts, ce dernier enlève ses chaussures et chaussettes. Les Slugs auraient pu naître d'une rencontre hypothétique entre The Clash, The Damned et UK Subs. Différence, mais elle est de taille, les lyrics sont exprimés dans la langue de Voltaire ou en dialecte wallon. Leur expression sonore est à la fois carrée, infernale, savoureuse et récréative. J'avais découvert le combo, supporting act pour Contingent et Sham 69, en septembre 2014, dans le cadre du 20ème anniversaire du Magasin 4.

Le set est découpé en deux parties. La première s’ouvre par « Tout tourne rond » et embraie par l'hilarant « Le Banquier ». Les morceaux sont enchaînés par paires, car ils sont brefs. Pas plus de 3', suivant un rituel du style. « Canada » rend hommage à nos compatriotes francophones, expatriés là-bas. « GPS - Derouf - Coup d'Pie Dan Et Gueule » sont interprétés en dialecte wallon. Les Slugs ont un message à faire passer. Et ils se servent de l'humour pour y parvenir. « Mr Le Prof » traite d'un métier bien difficile à exercer aujourd'hui. « Zoo et Binoche » adresse un petit sourire à Juliette. Et « Karaté-Ninja » clôt le spectacle.

Suivant le même rituel, le préposé à la vente des albums ôte son tee-shirt et exhibe son ventre. Il va tenter de faire son sumo, mais personne ne réagit dans l'assemblée. Un très bon set, apprécié autant pour les oreilles que pour les guiboles. Les artistes sont loin d'être des manchots. Les gens du cru ont apprécié et les musicos sont contents de leur prestation. Les Slugs reviennent ce 4 avril 2015,  au Magasin 4 de Bruxelles, pour faire la fête à Pompon. Et l’affiche est particulièrement alléchante. Outre Les Slugs, s’y produiront Bj Scott, Daniel Helin, Goddog, Needle And The Pain Reaction, Odieu, The K., Pneumatic Head Compressor, Rene Biname ainsi que Romano Nervoso. Chacun pour un showcase de 20' ! Pas de prévente. Premier arrivé, premier servi.

(Organisation : Le Terroir)

Chapelier Fou

Victime de ses propres fréquences de basses…

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Initialement, le concert de Chapelier Fou était programmé à la Rotonde. Vu le succès de la location, il a été transféré à l'Orangerie. Et a rapidement été décrété sold out. Perso, j’aurais préféré que ce spectacle demeure dans l’hémicycle. Une nouvelle fois, à cause de la qualité du son. Trop puissant. Les fréquences de basses parvenant même à faire trembler les structures métalliques de la salle. Un endroit pas du tout adapté aux sets de musique électronique. Ce n'est pas la première fois que votre serviteur constate ce phénomène.

Coiffé d’une casquette, Marc Mellia assure la première partie. Il se produit en solitaire devant ses machines et samplers. Electro, sa musique est expérimentale. Sa voix est même parfois filtrée à travers un vocodeur. Je découvre cet artiste, dont le spectacle se limitera à une bonne demi-heure. Et qui vu les conditions sonores, ne va pas s’avérer exceptionnel.

Le patronyme de Chapelier Fou s’inspire du conte ‘Alice Au Pays Des Merveilles’ de Lewis Caroll. En 2008, le Lorrain devient la révélation du Printemps de Bourges. J'avais repéré l’artiste, dans le cadre des Nuits Botanique, en mai 2012. Il se produisait en solitaire, armé de son archet et entouré de ses machines ; et j'avais adoré.

Novatrice, sa musique oscille entre le trip hop, la pop, le classique (NDR : il ne faut pas oublier que ce Messin a fréquenté le conservatoire, dès l’âge de 6 ans, pour y apprendre à jouer du violon et du clavecin) et le hip hop. Elle est imprimée sur des rythmes fluctuants. Accélérant ou décélérant, parfois même brutalement. Et son talent procède de sa capacité à maîtriser tous ces paramètres, à l’aide de ses synthétiseurs, samplers, machines, ordinateurs, tout en y brodant des lignes de violon…

Pour présenter son dernier elpee, « Deltas », paru en septembre 2014, il est soutenu par trois collaborateurs. Soit Camille, la violoncelliste, Maxime, le clarinettiste/saxophoniste et Chaton qui double au violon alto et aux bidouillages. Le préposé aux cuivres est barbu et suscite instantanément la sympathie. Le décor est dépouillé. Quatre tables placées l'une à côté de l'autre. Sur laquelle est disposé un tas de matos. Pas de setlist pour guider. Le son n'est pas trop à mon goût ; j’enfonce donc des bouchons dans les oreilles. Et franchement, c’est dommage, car c’est lorsque le quatuor va se servir d’un minimum d’amplification, que toute la magie et la beauté de cette musique –ma foi cérébrale, quand même– vont se libérer. Un moment de véritable communion et de complicité vécu entre le quartet et l’auditoire. Bref, hormis ce bref intermède, je n’ai pas vraiment pris mon pied ce soir ; et je suis reparti avant la fin du set, déçu. En espérant néanmoins revoir Chapelier Fou, dans d’autres conditions, pour me procurer de meilleures sensations.

(Organisation Botanique)

Archive

Sur les traces du Floyd…

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Archive accomplit une nouvelle tournée des grandes salles. Et les deux dates prévues à l’AB, sont sold out. Dans la foulée, il embraiera par les festivals d’été. Votre serviteur vient de rejoindre la file d’attente qui s’allonge, jusqu’au coin de la rue des Pierres. Il parviendra cependant à temps pour se poster devant les barrières, face à Dave Penny.

Fondé en 1994, ce groupe compte donc aujourd’hui, plus de deux décennies d’existence. Un collectif à géométrie variable drivé par Darius Keeler et Danny Griffiths. Son style musical n’est pas aisé à définir, puisqu’il emprunte aussi bien au rock, à l'electro, au trip hop, au psyché qu’au prog. Un cocktail qui finalement s’avère très personnel.

Pas de supporting act comme mise en bouche, mais un film : « Axiom ». En mon for intérieur, j’imaginais un premier acte en compagnie de Birdpen, le projet de Dave Penney et Mike Bird. Ce ne sera pas le cas, même si on retrouvera la paire aux grattes, lors du concert. Depuis sa formation, le band s’est toujours intéressé à l'image, le graphisme et la mise en scène. Il aime surprendre le public lambda. Et pas seulement à travers l’expérimentation sonore.

La projection est réalisée sur un écran, pas trop grand, juste descendu du plafond. Vu ma position, suffisant pour se choper un torticolis. Un court métrage tourné en noir et blanc, d’une trentaine de minutes. Il a également servi de bande-son à un album paru en 2014 qui porte le même titre. Il raconte, au fil des différents chapitres, l'histoire d'une île (Axiom), dont la ville souterraine est sous la coupe d'une cloche qui sonne et décide du destin de ses habitants. De superbes arrangements de cordes enrichissent cette musique particulièrement paisible. (Setlist : « Distorted Angels », « Axiom », « Baptism », « Transmission Data Terminate », « The Noise Of Flames Crashing », « Shiver » et « Axiom (reprise) »). Archive semble inconsciemment marcher sur les traces du Floyd, quand il a réalisé son film « The Wall ».

Darius et Danny se chargent des claviers. Ce dernier également des samplers et de la basse. Le line up implique 3 vocalistes. Holly Martin apporte la touche féminine. Et Dave Penny (percus, machines) ainsi que chevelu Pollard Berrier procure, la masculine. Ces deux musicos et Mike Bird se consacrent aussi aux grattes. Steve Barnard, alias Smiley, se charge des fûts. Il a milité au sein des Mescaleros de l’ex-Clash, Joe Strummer. C’est après le décès de son leader, qu’il a rejoint Archive. Et enfin, Jonathan Noyce est préposé à la basse. Le band est venu présenter son nouvel et onzième album studio, « Restriction », publié ce 12 janvier.

Trois écrans sont disposés en arrière-plan, dont un plus grand placé au-dessus du drummer. Darius se plante à l'extrême gauche et va battre le rythme, de la main droite, pendant 2 heures. Danny lui fait face, à l'extrême droite. Laissant tout le reste de l’espace aux trois chanteurs : Holly, Dave et Pollard. Mike s’est installé à gauche du drummer et Jonathan, à sa droite.

Le set s’ouvre par un extrait du dernier elpee, « Feel It », fruit de la rencontre entre l’instrumentation organique et l’électro. Dave se réserve le micro sur cette compo balisée par les claviers. Progressivement, les riffs de guitares envahissent l'atmosphère, et adoptent un profil rock musclé. La belle Holly pose sa voix et Dave retourne derrière sa six cordes sur « Kid Corner », un morceau électro/rock qui vous invite à rejoindre le dancefloor. Le public, dans la fosse, commence à remuer. A contrario de Dave et Pollard, Holly demeure plutôt statique. Elle se concentre sur son chant empreint de douceur, mais chargé d’intensité. « You Make Me Feel » est un extrait du deuxième opus, « Take My Head », paru en 1999. Holly et Pollard se partage les vocaux sur ce titre de trip hop plutôt classique, mais dansant. Une conjugaison qui transpire la sérénité. Plus long et expérimental, « Dangervisit », est tiré de « Controlling Crowds », une plage gravée en 2009. C’est sous cette forme que j’apprécie le plus le combo. Soutenu par celle de Dave, Pollard nous illumine de sa voix fragile et cristalline. Holly s’applique aux vocaux sur « Black And Blue », piste qui figure sur le dernier long playing. Une superbe ballade dont seul Archive a le secret. Dave chante « Sleep », issu de  « Noise », paru en 2004, une compo délicate et atmosphérique. Le lightshow est alors de couleur bleue, d’un bleu qui adoucit les moeurs.

« The Feeling Of Losing Everything » figure sur « Controlling Crowds, Part IV», un LP publié en 2009. Il est interprété sous la forme d’un chouette duo piano/voix. Epique, « Bullets » démarre en douceur, monte en crescendo avant de terminer en puissance. Nous ne sommes pas loin du prog de Pink Floyd. « Ruination » et « Crushed » sont deux autres extraits de « Restriction ». Deux titres plus rock. Plus énergiques. Dave a récupéré le micro. Holly le rejoint. Smiley martèle vigoureusement ses fûts, mais à la manière d'un métronome. Derrière moi les spectateurs s’agitent de plus en plus. De la même veine, « Conflict » et « Violently » (ils figurent sur « With Us Until You'Re Dead » qui date de 2012) font monter la pression. Holly chante « End Of Your Days ». Sa voix me flanque des frissons partout. J'écoute religieusement cette compo interprétée sous un éclairage de teinte azuréenne…

Il passe au vert (?!?!?) sur « Third Quarter Storm », moment choisi par Dave pour reprendre le ‘lead’ vocal, Holly le soutenant en ‘backing’. Le même duo embraie par « Waste », issu de « Noise », avant que Pollard ne prenne le relais en milieu du parcours. Ténébreux voire glacial, « Ladders » s'envole lors de son épilogue, en mode electro, mais en libérant toute son énergie. Et l’incontournable « Numb » achève le spectacle en beauté.

En guise de rappel, le band va nous accorder un autre morceau imparable, « Lights ». Pollard est aux vocaux, sur ce single, qui va s’étendre au-delà des quinze minutes. Du tout grand Archive, qui est de nouveau prêt à affronter les festivals d'étés. Ils sont d’ailleurs annoncés à Rock Werchter.

(Organisation : Live Nation)

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Allah-Las

Percutant !

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Après avoir réalisé l’interview de Miles Michaud, le leader d’Allah-Las, l’an dernier, il me semblait logique d’aller vérifier ce que le band avait dans le ventre, en ‘live’. Et comme, il se produisait à l’Aéronef de Lille, pas trop loin de mes pénates, la circonstance était idéale. Pas besoin de chercher une place de parking pendant des heures ou d’en choisir une qui vous coûte la peau des fesses, de se farcir les embouteillages ou de devoir dormir dans une gare, si vous manquez votre train du retour. Pour les provinciaux, Bruxelles devient de plus en plus inaccessible…

Bref, revenons à nos Allah-Las, responsable d’un second album d’honnête facture, paru l’an dernier. Un disque de psyché/garage/lo fi particulièrement cool, intitulé « Worship the sun ». Et un peu de soleil dans le cœur des mélomanes, à cette époque de l’année, ne fait de tort à personne…

Le combo californien a entraîné la formation néerlandaise Eerie Wanda dans sa tournée européenne, comme supporting act. Il s’agit du projet de la Marina Tadic, qui milite également chez Earh Mk. Sur les planches, elle est entourée de trois mecs. Un drummer, un guitariste et un drummer. Le combo pratique une sorte de pop/rock alternatif plutôt élaboré mais mélodique, parfois teinté de folk. Les compos ne sont pas trop mal ficelées, mais hormis la dernière du set, au cours de laquelle le percussionniste de tournée des Allah-Las viendra prêter main forte, l’ensemble manque quand même de relief. Et la voix un peu trop linéaire de Marina, qui se réserve la guitare rythmique, accentue cette impression. En outre, les balances ont été mal réglées. Ou alors, c’est le bassiste qui les a complètement bousillées, à force de monter le volume de son ampli. Un déséquilibre qui nuit aux interventions, pourtant joliment ciselées, du soliste. Un album est en préparation et devrait sortir en 2015. En attendant, il y a encore du pain sur la planche (NDR : qui a dit du gouda ?)

Lorsque Allah-Las monte sur l’estrade de l’Aéronef, disposé en mode club, mais suivant une orientation en largeur, soit en laissant le podium principal, séparé par une immense tenture noire, dans le dos (NDR : ce qui n’est pas une mauvaise idée, malgré des haut-parleurs d’ambiance qui vous massacrent les tympans avant le concert), on remarque la présence d’un musicien supplémentaire. Un percussionniste. Celui-là même qui avait rejoint Eerie Wanda, en fin de show. Et franchement, son concours va manifestement apporter un plus à la musique du band. Outre ses deux congas, il va se servir d’une panoplie de percus, suivant les titres : maracas, tambourin, cloches, hochets et j’en passe… Spencer Dunham affiche une attitude particulièrement cool, mais sa basse doit avoir cumulé les kilomètres, vu l’état d’usure de la caisse. Pedrum Siadatian, le guitariste soliste, est mince et grand. Sa tête campe un hybride entre Richard Ashcroft et Liam Gallagher. Matthew Correia, le drummer, c’est le sosie de Terence Hill. Celui qui avait joué dans le western spaghetti de Sergio Leone, ‘Il était une fois dans l’Ouest’. Enfin, chaussé de bottes blanches, chemise boutonnée jusqu’au col, Miles Michaud a dans le regard quelque chose de Jim Morrison.

Le set s’ouvre par « Busmans », un titre qui me rappelle quelque par Them (« Calm me down », proposé en fin de parcours adopte un même profil, à moins que ce ne soit celui des Fleshtones). Le son est excellent. Les quatre musicos participent aux vocaux. Et les harmonies vocales sont superbes. Réminiscentes du mouvement west coast. Seul Spencer se contente de participer aux choeurs. Claire, la voix de Miles est légèrement chargée de reverb. Celle de Pedrum est plus insulaire et me fait parfois penser à Noël Gallagher. Enfin, Matthew chante à la manière d’un Brian Eno, sur « Sandy ». Et lors du rappel, Miles et Matthew permutent de rôle. Le premier siège derrière les fûts et le second s’approprie le micro principal pour attaquer « Long journey », tout en agitant ses maracas de couleur rouge. Des maracas dont il se sert également parfois, tout en martelant ses peaux. Et franchement, je n’avais plus vu de batteur capable d’imprimer 3 cadences différentes à la fois, depuis Jonathan ‘Butch’ Norton (Eels). Les accords de gratte surf, sinusoïdaux ou discordants dispensés par Pedrum colorent les compos de sonorités délicieusement surannées, parfois même surf. Ceux dispensé par Miles sont plus rythmiques et chatoyants. Par rapport au denier elpee, les titres son bien plus allègres ou offensifs, très souvent même davantage percussifs. Les interventions de Matthew et du 5ème larron sont manifestement complémentaires et terriblement efficaces. Certaines mélodies sont aussi hymniques que chez les Dandy Warhols (« Buffalo nickel », « Had it all »). Le combo concède deux morceaux instrumentaux, bien évidemment ; « Sacred Sands » et l’irrésistible « Ferus gallery ». C’est d’ailleurs à partir de cet instant que la fièvre va commencer à gagner le public et provoquer le crowdsurfing. Le lightshow est sobre. Parfois de petites lumières bleues ou rouges apparaissent en arrière-plan. Et deux cylindres placés à gauche et à droite de l’estrade vont prodiguer des lumières blanches pendant « Catalina ».

Lors du rappel, les musiciens d’Eerie Wanda rejoignent Allah-Las sur les planches pour exécuter un « Every girl » qui met l’auditoire en transe. Et, le combo ne reviendra plus, malgré l’insistance des spectateurs conquis. Pour un premier concert en 2015, je suis comblé…

Setlist : “Busman’s holiday”, “Follow you down”, “Buffalo nickel”, “No voodoo”, “Standing”, “Sandy”, “De Vida Voz”, “Sacred Sands”, “Had it all”, “Catalina”, “Tell me (“What’s on your mind)”, “Ferus gallery”, “501-415”, “Calm me down”, “Better tha mine”, “Autumn dawn”, “Artifact”, “Catamaran” – Rappel : “Long journey”, “Every girl”.

(Organisation Aéronef) 

The Decemberists

Que du bonheur !

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Responsable d’un nouvel album baptisé "What's a terrible B, paru ce 20 janvier, The Decemberists se produisait à l’AB pour le défendre. Si elle jouit d’une belle notoriété outre-Atlantique, la formation n’a pas la même popularité sur le Vieux Continent. Et pour cause, ce concert annoncé depuis un bon bout de temps n’a pas vraiment drainé la grande foule. Et pourtant, les absents ont de nouveau eu tort…

Réputée pour la qualité de son songwriting, Serafina Steer assure le supporting act. Petite protégée de Jarvis Cocker, l’Anglaise chante, joue du piano ou de la harpe. Malheureusement, je n’ai pu assister à son set. Qui a débuté vers 19h30, devant un parterre plus que réduit. En arrivant vers 20h10, sa prestation était déjà terminée. Dommage !

Vers 20h30, les lumières s'éteignent. La sono diffuse une bande sonore. Anecdote, il y a un Manneken-Pis miniature qui trône sur un des amplis… Puis, Colin Meloy monte sur l’estrade, suivi par ses musicos qui débarquent au compte-gouttes. Toute l’équipe est tirée à quatre épingles. Et le quintet est soutenu par deux choristes, qui doublent circonstanciellement à la sèche ou au carillon tubulaire.

Le concert s’ouvre par "The Singer Adresses His Audience" et "Calvary Captain", deux excellents extraits du premier elpee, "Castaways and Cutouts", paru en 2002. Le ton est donné. La musique du groupe frôle déjà la perfection. Entrée en matière réussie. Meloy commence alors à mettre l’ambiance en discutant avec la foule, au sein de laquelle, manifestement, il a de nombreux compatriotes. Jamais le concert ne va baisser d’intensité. Que ce soit à travers les plages de leur denier elpee ou de morceaux piochés dans leur discographie plus que respectable (NDR : 7 albums à leur actif, quand même). Les tubes défilent. Les compos passent d’un style à l’autre, sans le moindre problème. Depuis le folk classique ("Down by the Water") au rock majestueux et épique ("The Island: Come And See/The Landlord's Daughter/You'll Not Feel The Drowning"), rien ne sera négligé. En outre, il faut aussi souligner le rôle de la multi-instrumentiste, Jenny Conlee, qui glisse de l’accordéon aux claviers (orgue, piano, synthés), en passant par le tambour. Pendant plus d'une heure et demie, The Decemberists va offrir une belle tranche de bonheur à son auditoire, particulièrement ravi du show.

Excellent de bout en bout, The Decemberists a accordé un set tout simplement parfait. Et démontré qu’il méritait d’émarger au gratin du mouvement folk/americana yankee…

Setlist 

1. The Singer Addresses His Audience
2. Cavalry Captain
3. Down by the Water
4. Calamity Song
5. Grace Cathedral Hill
6. Philomena
7. The Wrong Year
8. The Island
9. Los Angeles, I'm Yours
10. Carolina Low
11. The Sporting Life
12. The Rake's Song
13. Make You Better
14. The Legionnaire's Lament
15. 16 Military Wives
16. O Valencia! 

Encore:

17. Wonder
18. A Beginning Song 

(Organisation Ancienne Belgique)

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Black Label Society

Zakk Wylde, en Maître de cérémonie…

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De grosses pointures de l’univers du Metal étaient attendues ce dimanche soir, à l’Ancienne Belgique. Drivé par son légendaire chanteur/guitariste Zakk Wylde, Black Label Society est originaire de Los Angeles. Un combo bien gras et incontournable du heavy metal de ces vingt dernières années. Ce soir, il va une nouvelle fois libérer toute sa puissance. Deux trios accompagnent cette formation, lors de cette tournée européenne : Black Tusk et Crobot. Le premier pratique un Sludge/Thrash pêchu, et le second un Heavy Metal teinté de Blues. Une soirée flairant bon le Rock’n’Roll dopé aux stéroïdes.

Cheveux longs, barbe, jeans, vestes à patchs ou Perfectos ornés de badges métalliques, tel est le dress-code implicite du public qui patiente devant l’Ancienne Belgique, attendant impatiemment l’ouverture des portes. Le show n’est pas annoncé sold out, mais il ne devrait pas en être loin. Rapide crochet par le stand merchandising, où les t-shirts à l’effigie de Black Label Society partent comment des petits pains. La fierté de porter hautes les couleurs du band passe apparemment au-dessus du prix élevé du chandail.

Direction ensuite vers le théâtre des opérations, où Crobot a pour mission de démarrer les hostilités placées sous le signe du Heavy. Première constatation : difficile de croire que le trio n’est actif que depuis 2011, tant il occupe bien la scène. Le ton est donné dès le premier morceau « Legend of the Spaceborne Killer ». Le son est lourd, groovy. La voix claire et hypnotique. Les guitares sont rondes. Jake Figueroa, le bassiste, ressemble quelque peu à  Hendrix. Mais il est surtout emporté par la musique et semble vivre intensément chaque note qu’il arrache à l’aide de ses quatre cordes. Une symbiose partagée par le guitariste Chris Bishop, s’achevant même à terre en fin de set, alors qu’il gratte frénétiquement son instrument. Pointe d’acclamation dans l’auditoire, lors de « The Necromancer », où Brandon Yeagley, vocaliste du band, débute énergiquement ce morceau à l’harmonica. C’est frais, c’est naturel, ça donne le sourire et c’est rock’n’roll à souhait. Que demander de mieux pour débuter la soirée ? (Voir photos ici)

A peine le temps d’aller chercher une bière afin de prolonger ce moment de bonne humeur que le deuxième trio, Black Tusk, investit les lieux. Le backflag du groupe est hissé en arrière-plan, mais il est partiellement occulté par l’abondance de fumée. Parcourue de faisceaux de lumière rouges, l’ambiance est apocalyptique. Autant le démarrage de Crobot s’était opéré en douceur, autant Black Tusk enclenche directement la troisième vitesse. Assez justement, le trio se targue de faire du ‘Swamp Metal’, autrement dit du Metal des marais. Une métaphore bien trouvée pour cette ambiance lourde et sale entretenue par ces Américains qui nous viennent de Géorgie. Un rouleau compresseur où, telle une hydre à trois têtes, chacun des musiciens hurle au micro tout en grattant ou en martelant ses fûts. La dextérité de Jamie May, batteur du band, est à ce titre vraiment impressionnante. Parvenir à maintenir le rythme tout en chantant de la sorte requiert un savoir-faire remarquable. Musicalement, on ne peut pas louper que Black Tusk évolue dans le Sludge Metal, mais sur lequel vient se greffer la voix typiquement thrash d’Andrew Fidler (NDR : évoquant parfois celle de Kreator), offrant à l’ensemble une sonorité originale et captivante. Un set intense d’une demi-heure, où les Américains n’oublieront pas d’insérer « Bring me Darkness » dans leur setlist –demandant à l’occasion au public de crier avec eux ‘Six, Six, Six’ en guise d’intro– ou encore « Truth Untold », dernier single-vidéo issu de leur long playing « Tend No Wounds ». Black Tusk revient en Belgique dans le cadre de l’Ieper Hardcore Fest qui se déroulera les 14, 15 et 16 août prochains. (Voir photos )

La température est à présent à point pour accueillir Black Label Society. La salle est plongée dans le rouge et un large drapeau à l’effigie du combo est déployé, cachant désormais l’entièreté de la scène. De quoi instaurer une tension pour la demi-heure à venir, en attendant le band. Cinq minutes avant l’heure H, les spots s’éteignent et un mashup de « Whole Lotta Love » de Led Zeppelin et « War Pigs » de Black Sabbath envahit l’espace, pour laisser ensuite place à un déchaînement de sirènes, annonciatrices du futur déferlement musical. Les premières notes de « The Beginning... At Last » retentissent. Le drapé tombe, la foule crie tel un seul homme, laissant enfin apparaître l’immense Zakk Wylde. Et encore, le mot est faible. Tel l’archétype du Viking, l’ancien guitariste d’Ozzy Osbourne, aux cheveux blonds aussi longs que la barbe, est planté comme un roc à l’avant du podium, ses doigts parcourant le manche de sa guitare. Vêtu d’un t-shirt de la tournée et d’une veste en jean patchée à l’image du quatuor, le géant à la musculature plus que développée fait face à un micro au pied orné d’un chapelet, de grosses chaînes et de crânes. Deux toiles tendues floquées de leur logo sont disposées à gauche et à droite de l’estrade. Un mur d’enceintes Marshall est disposé en arrière-plan, de part et d’autre de la batterie de Jeff Fabb. Derrière lui est accroché un backflag, frappé d’une grande croix sur laquelle figure le nom de la formation.

« Funeral Bell », tiré de l’opus « The Blessed Hellride », est de suite enchaîné. A ceux qui en douteraient encore, Black Label Society est avant tout le groupe de Zakk Wylde. Les artistes qui l’accompagnent sont plutôt appelés à se faire discret. Preuve en est l’étonnement non feint par Dario Lorina, lorsque le colosse l’appelle durant le set à le rejoindre à l’avant du podium afin de jouer côte à côte. Posté tout le long du spectacle sur la gauche de l’estrade, John DeServio, quant à lui, va quand même s’illustrer en arborant une basse aux cordes de nos couleurs nationales, noire jaune rouge. Le nouvel album, « Catacombs of the Black Vatican », est particulièrement mis en exergue. Un tiers des morceaux, exécutés ce soir, sont issus de cet opus, parmi lesquels « Heart of Darkness », « My Dying Time » et « Damn the Flood ».

Malgré son insubmersible apparence, Zakk laisse néanmoins parfois apparaître quelques signes de défaillance. Un certain nombre de petits flacons sont disposés à l’avant de la batterie ; et il vient fréquemment s’y abreuver. Pareille pour cette mystérieuse tasse au contenu fréquemment renouvelé tout au long du show. Sa mémoire n’est peut-être également plus ce qu’elle était, le frontman se référant à un pense-bête sur lequel figurent les lyrics, remplacé à chaque morceau. Ce qui n’enlève rien à ses aptitudes instrumentales exceptionnelles, déployées entre autre lors de ce solo de plusieurs minutes, majestueux selon certains, interminable selon d’autres, accordé en milieu de parcours.

La scène est ensuite une fois de plus plongée dans l’obscurité et un piano est installé sur la gauche de la scène. Dario Lorina abandonne sa guitare et s’installe derrière le clavier, afin d’entamer un émouvant « Angel of Mercy ». Les briquets s’allument dans la salle, les poings levés se transforment en va-et-vient de la main au rythme mélodique du morceau. Dans le public, certaines s’étreignent, d’autres s’embrassent. Juste à côté de moi, un fils, alors près des barrières à l’avant de la fosse, rejoint son père et le prend dans ses bras. Des larmes se mettent à couler sur les joues du père, visiblement ému. Outre son côté tout en muscle, Zakk Wylde possède en effet cette magie de pouvoir composer des ballades qui vous transpercent l’âme. Zakk et Dario permutent ensuite de place alors qu’« In This River » poursuit cette séquence ‘émotion’ de la soirée. Devenu un des classiques du groupe, ce morceau s’est transformé au fil du temps en hommage à Dimebag Darrell, ex-guitariste de Pantera assassiné en 2004, en plein show. Après un peu plus d’une heure de concert, Black Label Society entame sa dernière partie par le titre maître de « The Blessed Hellride » et « Concrete Jungle » issu de l’opus « Shot to Hell ».

Une prestation exceptionnelle, haute en couleurs et en émotions, qui se terminera en apothéose par leur tube « Stillborn ». Une fois de plus, Black Label Society n’a pas failli à son statut de groupe d’exception, ne manquant pas de nous mettre un fameux coup de botte au derrière tout en polissant son blason d’icône du Heavy Metal. Respect! (Voir photos ici)

Setlist : The Beginning... At Last, Funeral Bell, Bleed for Me, Heart of Darkness, Suicide Messiah, My Dying Time, Damn the Flood, Guitar Solo, Godspeed Hell Bound, Angel of Mercy, In This River, The Blessed Hellride, Concrete Jungle, Stillborn

(Organisation : Ancienne Belgique)


 

 

Amparo Sanchez

L’esprit du soleil andalou…

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MusicZine a décidé d’investir l’AB, ce soir. Pierre couvre le concert de Black Label Society, qui se déroule dans la grande salle ; et votre serviteur celui d’Amparo Sanchez, au Club. Mais également de Milo Meskens. Ce jeune prodige n'a finalement pas participé à la finale ‘De Nieuwe Lichting’, organisée par StuBru. Mais il peut se targuer d'avoir assurer à trois reprises le supporting act, à l'AB, en une semaine. Les deux premiers pour Kensington, dimanche dernier, et aujourd’hui celui d'Amparo Sanchez. Qui est sold out. Comme très souvent dans cette salle devenue mythique.

Isolde Lasoen –la très jolie drummeuse de Daan National– qualifie Milo de ‘Jeff Buckley de Deinze’. Pourquoi pas ? Guitariste, Milo Meskens drive Black Tolex, un groupe issu du Nord du Pays, chargé de promesses. Ce soir, armé de sa sèche, l’artiste se produit en solitaire. Sa musique est le fruit d’un mélange de folk, de country, de blues de pop. Talentueux, il possède une bonne voix, dont le grain rocailleux est susceptible d’évoquer Buckley (NDR : of course), Bon Iver voire John Mayer. Et quand il se met à souffler dans son harmo, impossible de ne pas penser à Bob Dylan. Finaliste de nombreux concours en Flandre, il truste les premiers prix. Et y jouit déjà d’une solide notoriété. Vu ses aptitudes, il mériterait que la Wallifornie s’y intéresse. Et que les organisateurs de festivals, le programment, au cours de cet été. Une certitude, ce jeune premier est à suivre de très près.

Amparo Sanchez a pris du poids, depuis son dernier passage en Belgique. C’était à la Rotonde du Botanique, l'an dernier. Pas un compliment pour cette dame, à la voix si particulière. Ce soir, elle assure le dernier spectacle de sa tournée. Et en général, lors de telles circonstances, les musicos donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre. Parmi les aficionados, on remarque la présence de nombreux hispanophones. Logique. Outre sa collaboration avec Calexico, elle a surtout vécu une belle aventure chez Amparanoïa, en compagnie –notamment– de Manu Chao, une formation latino de rock alternatif fondée en 1995, à Madrid. Sous ce patronyme paraît un premier elpee en 1997, « Poder Del Machin ». Caractérisé par ses racines cubaines, le deuxième, « Feria Furiosa », est publié en 1999. Il est suivi par « Somos Viento » en 2002, « Enchilao » en 2003, « Rebeldia Con Alegria » en 2004 et enfin « La Vida Te Da » en 2006. Amparo embrasse ensuite une carrière en solitaire et grave son premier LP, « Tucson-Habana », une œuvre teintée de blues et de rumba. C’est ce long playing qui a reçu le concours des leaders de Calexico, Joey Burns et John Convertino. Elle grave son second opus en 2012, « Alma de Cantaora », un disque pour lequel elle bénéficie de la coopération de 4 musiciens talentueux : le trompettiste Jose Alberto Varona Saavedra, le contrebassiste Jordi Mestres, le guitariste Willy Fuego et le drummer, Ricard Parera. Et ce soir, ils sont au poste…

Amparo est vêtue d’une robe ‘flamenco’ de couleur noire. Elle est chaussée de bottillons, laissant apparaître des jambes tatouées d’étoiles. Elle est venue défendre sont troisième elpee, « Espíritu Del Sol ». Et sa gratte électro-acoustique de couleur bleu azur, couverte de 'smileys', de petits soleils, de coeurs et de têtes de mort, accompagne sa voix empreinte de charme, tout au long de chansons, qu’elle interprète dans la langue de Cervantès.  

Le set s’ouvre par « Plegaria », un extrait du dernier opus. Toute l'émotion de la mujer, passe dans la voix. « La Fiesta » est une superbe reprise d'Amparanoïa. Un titre judicieux au cours duquel les artistes vont se libérer et l’auditoire prendre littéralement son pied. « Hermosa » est tiré du dernier LP, « Espíritu Del Sol ». Issu de « Tucson-Habana »), « Corazon De La Realidad » nous transporte à Cuba. Le spectre du Buena Vista Social Club plane. Le public est ravi. A plusieurs reprises, il applaudit chaleureusement. Et c’est amplement mérité. Préposé à la contrebasse, le souriant Jordi Mestres cherche à séduire l’auditoire. Et il y parvient.

Les accords de guitare surf dispensés tout au long de « Mi Gitana » vous prennent aux tripes. La voix d'Amparo est douce et paisible sur ce titre au refrain entêtant auquel elle demande au public de participer. Je ne comprends rien, mais je suis le mouvement. Particulièrement dansant, « La Cuenta Atras » figure sur le deuxième elpee solo, « Alma de Cantaora ». Tout au long du set, les cuivres de Jose Alberto Varona Saavedra tirent leur épingle du jeu, même si parfois, ils se révèlent quelque peu envahissants. Après « Cuarteto En Paris » et « Alma De Cantaora », le concert s’achève par « Ella Baila Bembe ».

Enfin pas tout à fait, car Amporo Sanchez revient pour un rappel, sous un tonnerre d'applaudissements. D’abord uniquement soutenue par le sixcordiste, Jordi Mestres, dans un élan surf, sur le délicat « El Ultimo Trago ». L’Andalousie profonde illumine la voix d’Amparo. Les deux autres musicos opèrent leur retour pour participer à la remarquable cover du « Long Long Nite » de La Mano Negra. Un ‘encore’ d’un peu moins d’une demi-heure au cours de laquelle on aura encore droit à « En la Noche » et en guise d’apothéose à « La Parrandita De Las Santas ». Une très belle soirée, c’est une certitude…

(Organisation : Ancienne Belgique)

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