La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Sworn Enemy

Mons, terre du Hardcore, ‘clap’, deuxième !

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La ville de Mons a accueilli, pour la seconde fois en un mois, à l’Alhambra, quelques pointures du Hardcore. La qualité était une fois de plus au rendez-vous : les locaux de Repulsion et les Mexicains révoltés de Thell Barrio ont chaudement ouvert le bal au Thrashcore américain de Sworn Enemy.

Les premiers à monter sur les planches sont les Montois de Repulsion. ‘On est ici chez nous et on espère qu’on va faire la fête ensemble’, lance Max, vocaliste du groupe. Le set démarre et les proches de la formation commencent directement à remuer. C’est toujours plus facile pour une première partie quand on se produit sur ses terres... Mais la sauce a malheureusement un peu de mal à prendre et les breaks parfois un peu longs entre chaque chanson ont tendance à faire retomber la pression. Le chanteur tente même de réveiller le public en descendant dans la fosse afin de bousculer l’une ou l’autre personne… mais n’entraîne que la chute de quelques bières sur le sol. Il ne manque néanmoins pas de s’en excuser aussitôt. Un détail révélateur de l’ambiance à l’Alhambra : on s’y sent bien et on est uniquement là pour passer un bon moment, entre fans de musique.

La tension monte ensuite directement d’un cran lorsque les Mexicains de Thell Barrio débarquent sur l’estrade. Ces derniers sont atypiques à plus d’un titre. D’abord, il y a deux drummers. L’un siège derrière une batterie ‘classique’, l’autre frappe la rythmique sur un assemblage hybride d’instruments de percussion, offrant par la même occasion une sonorité latino particulière. Pas pour rien que Thell Barrio se targue de faire du Latincore. Mais leur originalité ne s’arrête pas en si bon chemin : les visages des six membres sont en effet entièrement recouverts d’un masque de tissu, donnant l’impression de se retrouver face à un gang issu des bas-fonds mexicains. L’utilisation d’artifices visuels est toujours périlleuse, surtout lorsque ces derniers servent à pallier une maîtrise musicale trop faible. Mais ici, loin s’en faut. L’ambiance visuelle vient renforcer un Hardcore lourd, puissant et brutal. Pas de place à la concession, les morceaux vont droit au but. Un chant hurlé typique mais en espagnol et parfois empruntant une rythmique propre au rap, ne fait qu’appuyer cette sensation d’immersion dans les enfers des ghettos mexicains. Une claque !

Facile de s’imaginer que la température de la salle est à point pour Sworn Enemy. Originaires de New York, les cinq Américains pratiquent du Hardcore old-school teinté ça et là de nuances Thrash. Ici, pas de masques ni même de bâche de fond frappée du logo du groupe ; tout est focalisé sur les morceaux qui s’enchaînent les uns après les autres avec force et précision. Mention spéciale à Matt Garzilli, un des deux guitaristes, pour ses fréquentes envolées en solo. Le combo prend plaisir à jouer, c’est manifeste. Le chanteur ne manque pas de dédicacer un morceau à Chris Michez, chanteur de Do or Die, afin de le remercier pour les avoir invités à jouer. Il salue par la même occasion les membres de Thell Barrio qui assistent au concert depuis les côtés de la scène. Un renvoi d’ascenseur, puisque les Mexicains avaient fait de même lors de leur prestation. Deux formations qui apparemment prennent plaisir à se partager l’affiche. Plaisir également partagé par le public, où les mosh-pits se multiplient dans la petite fosse de l’Alhambra. Certains esprits agités n’hésitent pas à monter sur le podium en toisant (gentiment) Sal LoCoco, l’imposant chanteur du quintet new-yorkais, avant de repousser les quelques amplis présents sur la scène. Une attitude provocatrice, mais certes modérée, mue certainement autant par la puissance de la musique que par un léger abus de boissons alcoolisées. Un écart de suite repris en main par quelques personnes de l’auditoire, qui s’empressent de ramener le matos à sa juste place. Un circle-pit, assez largement suivi, siffle la fin de la prestation des Américains. Deux ou trois ‘We want more’ émanant de la fosse inviteront Sworn Enemy à clôturer leur set, sans avoir quitté la scène au préalable. Ne pas perdre de temps doit être l’un de leur credo. En effet, à peine le temps de saluer le public et ranger son micro que Sal LoCoco saute de scène, traverse la salle à moitié encore remplie et va rejoindre son stand merchandising, au plaisir d’échanger quelques mots en compagnie de ses fans. Et le tout dans une bonne ambiance…

(Organisation : Alhambra)  

Tesseract

Le ‘djent’ dans toute sa splendeur !

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Soirée métallique à l’AB Club ce samedi 1er novembre, en compagnie de 3 groupes : Navene K, Animals As Leaders et Tesseract qui assurent une tournée européenne ensemble. C’est cette dernière formation, insulaire par ailleurs, qui va constituer la bonne surprise de l’affiche. Et pour votre serviteur, c’est à la fois une découverte… Le spectacle est sold out depuis un bon bout de temps, mais avant de débarquer au lieu de ralliement, il a fallu chercher un emplacement pour parquer mon véhicule. Quelle galère !

Je n’ai donc pu assister au set de Navene K, alias Navene Koperweis, un one man band que conduit l’ex-batteur d’Animals As Leaders et Animosity. Mais il ne se contente pas des drums, puisqu’il se consacre également à la guitare et se sert de l’électronique. Bref ce sera pour une autre fois.

Un petit changement de matos plus tard, place aux trois lascars d'Animals As Leaders. Le combo est né en 2007. Tosin Abasi en est le guitariste et le fondateur. Le line up inclut également le second gratteur Javier Reyes et le batteur Matt Garstka. Eponyme, leur premier elpee, est paru en 2009, chez Prosthetic. Et le deuxième, « Weightless », en novembre 2011. Publié ce 25 mars 2014, « The Joy Of Motion » constitue donc leur troisième et nouvel opus. Animals As Leaders pratique un métal progressif exclusivement instrumental. Particularité, toutes les grattes ont huit cordes, Tosin se consacrant même parfois à une basse de ce modèle. Les musicos sont techniquement (sur)doués. Les rythmiques ne sont jamais écrasantes, plutôt légères même. Et les compos ciselées, très soignées, recherchées.

Le set s’ouvre par « Tooth And Claw », un extrait du nouveau long playing. Et embraie par « Tempting Time », un titre issu du premier. « Wave Of Babies » est plus fédérateur. Normal, il s’agit d’un single gravé en 2010. « Kascade » est découpé dans des rythmiques fragmentées, tendues. La ligne de basse arrache tout sur son passage sur le puissant « Lippincott », alors que les drums ne cèdent pas leur part aux chiens. A charge pour la guitare de tempérer le tout. Un climat plus paisible baigne « Air Chrysalis », un morceau destiné à détendre les tympans délicats. « Point To Point » (NDR : tiré du premier LP), « The Price Of Everything And The Valio Of Nothing/Behaving Baby » et « Espera » constituent de remarquables exercices de style accomplis par les instrumentistes. Peut-être hantés par l’esprit du jazz… Pourtant, le trio parvient également à créer des riffs contagieux et efficaces. Histoire de rendre les compositions plus accrocheuses ; qu’elles ne se résument pas à de la démonstration nombriliste. La ligne de basse claque littéralement pour amorcer « Physical Education », un titre qui libère un fameux groove. Elle devient même hypnotique et grisante sur « The Woven Web ». Des cordes de guitare hispanisantes balisent « Weightless ». Le concert s’achève par  « CAFO », leur tout premier single. Les riffs sont gras, malsains. Bref, un morceau percutant…

Fondé en 2003, Tesseract (souvent écrit TesseracT) est un groupe britannique qui pratique une forme de prog/metal qualifié de ‘djent’. Il s’agit même d’un des leaders de cette scène musicale. A son actif deux albums studio : « One » et « Altered State ». Ce quintet réunit Daniel Tompkins au chant (il y a milité de 2009 à 2011 et est revenu en 2014), Alec ‘Acle’ Kahney (membre fondateur) et James Monteith (depuis 2006) aux guitares ainsi que Williams à la basse (il a débarqué en 2006) et le drummer Jay Postones (et ce dernier en 2005). Quatre des musicos sont bien en ligne et le drummer, plus classiquement, est installé en retrait. Daniel possède une voix à couper le souffle, mais très harmonieuse. Les lignes de guitares sont bien structurées et les riffs limpides. Le sens mélodique des chansons est particulièrement soigné et n’écorche jamais les oreilles. Leur prestation va durer une heure et on ne verra pas le temps passer. Finalement, je suis venu revoir Animals As Leaders et finalement, c’est Tesseract m’a réservé les meilleures sensations. Dès que la formation revient, elle pourra de nouveau compter sur ma présence…   

Setlist : « Of Matter – Proxy », « Of Matter – Retrospect », « Of Matter - Resist », « Concealing Fate, Part 2: Deception », « Concealing Fate, Part 3: The Impossible », « Concealing Fate, Part 4: Perfection », « Concealing Fate, Part 5: Epiphany », « Concealing Fate, Part 6: Origin », « April », « Of Energy – Singularity », « Of Mind – Nocturne » et « Concealing Fate, Part 1: Acceptance ».

(Organisation: Ancienne Belgique)

Animals As Leaders

Techniquement (sur)doués…

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Soirée métallique à l’AB Club ce samedi 1er novembre, en compagnie de 3 groupes : Navene K, Animals As Leaders et Tesseract qui assurent une tournée européenne ensemble. C’est cette dernière formation, insulaire par ailleurs, qui va constituer la bonne surprise de l’affiche. Et pour votre serviteur, c’est à la fois une découverte… Le spectacle est sold out depuis un bon bout de temps, mais avant de débarquer au lieu de ralliement, il a fallu chercher un emplacement pour parquer mon véhicule. Quelle galère !

Je n’ai donc pu assister au set de Navene K, alias Navene Koperweis, un one man band que conduit l’ex-batteur d’Animals As Leaders et Animosity. Mais il ne se contente pas des drums, puisqu’il se consacre également à la guitare et se sert de l’électronique. Bref ce sera pour une autre fois.

Un petit changement de matos plus tard, place aux trois lascars d'Animals As Leaders. Le combo est né en 2007. Tosin Abasi en est le guitariste et le fondateur. Le line up inclut également le second gratteur Javier Reyes et le batteur Matt Garstka. Eponyme, leur premier elpee, est paru en 2009, chez Prosthetic. Et le deuxième, « Weightless », en novembre 2011. Publié ce 25 mars 2014, « The Joy Of Motion » constitue donc leur troisième et nouvel opus. Animals As Leaders pratique un métal progressif exclusivement instrumental. Particularité, toutes les grattes ont huit cordes, Tosin se consacrant même parfois à une basse de ce modèle. Les musicos sont techniquement (sur)doués. Les rythmiques ne sont jamais écrasantes, plutôt légères même. Et les compos ciselées, très soignées, recherchées.

Le set s’ouvre par « Tooth And Claw », un extrait du nouveau long playing. Et embraie par « Tempting Time », un titre issu du premier. « Wave Of Babies » est plus fédérateur. Normal, il s’agit d’un single gravé en 2010. « Kascade » est découpé dans des rythmiques fragmentées, tendues. La ligne de basse arrache tout sur son passage sur le puissant « Lippincott », alors que les drums ne cèdent pas leur part aux chiens. A charge pour la guitare de tempérer le tout. Un climat plus paisible baigne « Air Chrysalis », un morceau destiné à détendre les tympans délicats. « Point To Point » (NDR : tiré du premier LP), « The Price Of Everything And The Valio Of Nothing/Behaving Baby » et « Espera » constituent de remarquables exercices de style accomplis par les instrumentistes. Peut-être hantés par l’esprit du jazz… Pourtant, le trio parvient également à créer des riffs contagieux et efficaces. Histoire de rendre les compositions plus accrocheuses ; qu’elles ne se résument pas à de la démonstration nombriliste. La ligne de basse claque littéralement pour amorcer « Physical Education », un titre qui libère un fameux groove. Elle devient même hypnotique et grisante sur « The Woven Web ». Des cordes de guitare hispanisantes balisent « Weightless ». Le concert s’achève par  « CAFO », leur tout premier single. Les riffs sont gras, malsains. Bref, un morceau percutant…

Fondé en 2003, Tesseract (souvent écrit TesseracT) est un groupe britannique qui pratique une forme de prog/metal qualifié de ‘djent’. Il s’agit même d’un des leaders de cette scène musicale. A son actif deux albums studio : « One » et « Altered State ». Ce quintet réunit Daniel Tompkins au chant (il y a milité de 2009 à 2011 et est revenu en 2014), Alec ‘Acle’ Kahney (membre fondateur) et James Monteith (depuis 2006) aux guitares ainsi que Williams à la basse (il a débarqué en 2006) et le drummer Jay Postones (et ce dernier en 2005). Quatre des musicos sont bien en ligne et le drummer, plus classiquement, est installé en retrait. Daniel possède une voix à couper le souffle, mais très harmonieuse. Les lignes de guitares sont bien structurées et les riffs limpides. Le sens mélodique des chansons est particulièrement soigné et n’écorche jamais les oreilles. Leur prestation va durer une heure et on ne verra pas le temps passer. Finalement, je suis venu revoir Animals As Leaders et finalement, c’est Tesseract m’a réservé les meilleures sensations. Dès que la formation revient, elle pourra de nouveau compter sur ma présence…  

(Organisation: Ancienne Belgique)

 

Lindsey Stirling

Une fée clochette des temps modernes !

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Votre serviteur a de nouveau pris rendez-vous au 110 du Boulevard Anspach, à Bruxelles, temple de la bonne musique et gage de conditions optimales pour tous les groupes qui s’y produisent. En cette soirée un peu frileuse, Lindsey Stirling assurait la tête d’affiche. Et le supporting act revenait au jeune Canadien Mike Tompkins. En arrivant vers 18h30, je remonte une file interminable jusqu'au 'Ticket Shop' de l'A.B.. Il y a du monde jusqu'à ' Music Village', autre institution réputée de la Rue des Pierres. On peut se préparer à une soirée d'anthologie grâce au tandem Tompkins/Stirling.

Mike Tompkins n’est guère notoire en Europe, mais vous risquez fort d’en entendre bientôt parler. Et en bien ! Ingénieur du son et producteur, Mike a commencé, au début de cette année, à mettre en ligne des reprises de chansons populaires en version a capella, des morceaux au cours desquels il reproduit tous les instruments à l’aide de sa bouche. Car Mike fait du 'Human Beat Box'.

Ses premières créations, « Dynamite » de Taio Cruz, « Teenage Dream » et « Just The Way You Are » de Katy Perry et Bruno Mars ont fait l'objet d'un buzz impressionnant sur Youtube (2 000 000 de vues). Il a une belle gueule et une belle voix. Mike fait preuve d'un grand professionnalisme aussi bien dans ses compositions que ses montages vidéo. Il est né à Edmonton, en Alberta (NDR : c’est au Canada), le jour de la tornade qui y a sévi, le 31 Juillet 1987. C'est à l'âge de 8 ans que Mike Tompkins commence à ‘beatboxer’, c'est-à-dire à utiliser le son de sa voix afin de produire des percussions vocales. La subtilité de cette pratique musicale est d'arriver à superposer différents instruments simultanément à partir d'une seule bouche. Il a participé aux sessions d’enregistrement du prochain album de Timbaland, qui devait s’intituler « Shock Value III », mais paraîtra finalement sous le titre d’« Opera Noir ».

L’AB est pleine à craquer pour accueillir notre Canadien. Il est seul sur l’estrade, entouré de ses machines. Son écran est placé derrière lui. Ce qui nous permettra de le voir bidouiller son matos. De nombreuses sonorités de beatbox ont déjà été préenregistrées dans sa loop machine. La voix de Mike Tompkins me fait penser à celle de Justin Timberlake. En deux temps trois mouvements, il va mettre le feu à l’auditoire. Manifestement cet artiste ne va pas assurer très longtemps les premières parties. Et à mon humble avis, on pourrait même bientôt le retrouver comme tête d’affiche au Lotto Arena ou dans un stade, comme le Skrillex. En tout cas, les trente minutes ont défilé à la vitesse VV’. A l’issue de son set, le public est chauffé à blanc. Juste à point pour Lindsey et son violon en folie.

Née le 21 septembre 1986 à Santa Ana, en Californie, Lindsey Stirling est une violoniste, artiste ‘performeuse’ et compositrice. Sa musique est considérée comme polyvalente. Elle a participé à plusieurs compétitions aux States. Ainsi, en 2010, elle a été finaliste de la cinquième saison d’'America's Got Talent’, où elle s'est présentée comme une 'violoniste hip-hop'. Elle a notamment apporté son concours à une flopée d’artistes, dont Sean Kingston, Donny Osmond, Allan Jackson, Peter Hollens, Shaun Barrowes, The Piano Guys, Pentatonix, John Legend ou encore Benton Paul. Eponyme, son premier elpee est paru en septembre 2012, un disque qui a atteint le top 5 en Allemagne et en Australie. Ce soir, elle est venue défendre son dernier opus, « Shatter Me ».

Pour permettre aux roadies de préparer le matos, un rideau noir est tiré tout au long du podium. Soudain, un déluge de lumières inonde ce voile derrière lequel se trémousse Lindsey, armée de son violon. Elle apparaît en 'ombre chinoise'… avant que ne tombe la tenture, au cours de l’interprétation du premier morceau, en l’occurrence « Beyond The Veil ». On découvre alors un décor soigneusement étudié. Au fond de la scène, est érigée une haute estrade surmontée d'un énorme écran où sont projetées des vidéos. Deux autres estrades, un peu plus basses, sont placées à droite et à gauche pour accueillir respectivement le claviériste (Jason Graviati) le drummer (Drew Steen). Et enfin, deux dernières, plus petites, sont disposées, à l’avant du podium, à l’extrême gauche et droite pour permettre à Lindsey de prendre de la hauteur, afin d’assurer sa chorégraphie. Lindsey et son violon ne font qu’un. Un violon bien amplifié. Elle entreprend un pas de danse en contorsionnant son corps dans tous les sens. Sa musique ? Un véritable cocktail de styles différents. Depuis le dubstep au hip hop, en passant par le drum and bass, le square dance, le bluegrass, la country et bien sûr l’électro (NDR : ces beats !) Tout passe à la moulinette ! En extrapolant, on pourrait imaginer ce spectacle comme du Walt Disney mis à la sauce électro/dubstep. Ou encore ‘La Belle Au Bois Dormant’ voire ‘Blanche Neige’ revus et corrigés par Steven Spielberg. 90 minutes au cours desquelles on va en avoir plein les mirettes. Ben oui, c’est un show à l’américaine auquel participent deux danseurs professionnels, suivis d'une Lindsey qui nous réserve ses pirouettes en compagnie de son violon. Une fée clochette des temps modernes !

Musicalement, c’est le violon qui constitue l’élément central du concert. La fée change fréquemment de déguisement. Elle crée une belle interactivité avec son public, dès qu’elle en  a l’opportunité. Ce qui lui permet de reprendre son souffle, car il faut reconnaître que le spectacle exige une fameuse dépense physique. Lindsey ne chante pas, le set est totalement instrumental. Sauf pour deux titres. Lzzy Hale, la chanteuse de Halestorm, apparaît sur l’écran pour interpréter ces deux chansons.

Privé de toute sensibilité, « Mirror Haus » est censé libérer un maximum d’ondes positives. « Electric Daisy Violin » est une petite ballade irlandaise électrifiée. Les titres défilent : « Night Vision », « Heist », « Swag » et « We Are Giants ». Puis « Zelda Medley », une piste au cours de laquelle Lindsey et son violon se plongent dans les jeux vidéo. Et encore, « Legend Of Zelda » et « Lord Of The Rings », deux morceaux surprenants, mais de toute beauté. La fée s'éclipse à nouveau pour changer d’accoutrement, pendant qu'on installe un synthétiseur et un cajón sur les planches. Objectif : une petite session acoustique au cours de laquelle on aura droit à « Transcendence » et « All Of Me », une chouette reprise de John Legend. Elle revient alors en tenue de danseuse étoile. Sans pour autant oublier son fidèle violon. « Take Flight » et « Moon Trance » bénéficient d’un excellent support visuel. « Roundtable Rival » nous propose d’opérer un bref périple dans le far west électronique. Et « Master Of Tides », aux Caraïbes. Au milieu de pirates ; Lindsey achevant le morceau sur le coffre des forbans. Elle n’oublie pas « Crystallize », le hit qui lui a permis de passer de l’anonymat à la célébrité, un titre qui compte plus de 100 millions de vues sur la toile. Et le set de s’achever par « Shatter Me »

Lors du rappel, Lindsey Stirling va nous réserver « Stars Align ». Le conte de fées est terminé. Dommage. C’était vraiment magique. Aussi je reviendrai la prochaine fois…

(Organisation : Greenhouse Talent)

Voir aussi notre section photos ici

Spring Offensive

Une offensive du printemps en automne non dénuée de charme…

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C’est la seconde fois cette année que le groupe anglais originaire d’Oxford nous rend visite. En février 2014, le quintet était déjà venu au Club en première partie de To Kill A King. Cette fois-ci, il constitue la tête d’affiche. Le concert était prévu au Club. Certainement par manque de publicité et le peu d’entrées (50 personnes), il a été transféré au Huis 123, une petite salle conviviale sise au-dessus de l’AB Café.

La soirée sera donc cosy et intimiste, à la limite d’un showcase organisé dans un salon. Le line up du combo réunit les frangins Lucas et Théo Witworth, respectivement chanteur et guitariste, Matt Cooper à la seconde gratte, Joe Charlett aux drums et Pelham Groom à la basse. Lucas a la jambe droite dans le plâtre. Durant toute la soirée, il restera donc assis sur un tabouret. Des rumeurs selon lesquelles Spring Offensive se séparerait à la fin de la tournée, circulent. Dommage, car c’est un excellent groupe. La presse musicale insulaire le considère même comme un des grands espoirs de la scène britannique. Le combo est venu défendre son dernier elpee, « Young Animals Hearts », paru une semaine après sa première visite à l’AB, en février dernier. Enfin, drôle d’idée d’opter pour un tel patronyme, puisqu’il évoque l’offensive du Printemps, également connue sous le nom Kaiserschlacht, bataille du Kaiser ou offensive de Ludendorff suite aux séries d'attaques allemandes opérées sur le front occidental du 21 mars au 18 juillet 1918, durant la Première Guerre mondiale (source : Wikipédia)

Quoique mélancolique, la musique de Spring Offensive est susceptible de s’emballer. Mais sans jamais déraper. Tout comme la voix de Lucas. Elle peut même se révéler divine. La formation accorde une grande importance aux harmonies vocales. A l’instar des classieux “52 Miles”, “No Assets” et “Bodylifting”. Les guitares s’excitent sur “Hengelo”, tout en prenant soin de ne pas agresser les tympans. Lucas demande à l’auditoire de se lever. Son vœu est exaucé. Le band attaque “The River”, une chanson au refrain immédiat et entraînant. “Cutt The Root” vous invite sur le dancefloor, mais la salle ne s’y prête pas. Huit mois plus tôt, le Spring Offensive et To Kill a King nous avaient réservé “Warry Fill My heart” a cappella, au milieu du public. Ce soir, l’instrumentation est bien présente, et Théo se sert du piano du Huis 123. Un grand moment au cours duquel des frissons me parcourent l’échine. Une dose de percus bien mesurée balise “Carrier” pour soutenir la voix sucrée de Lucas. Caractérisé par son refrain contagieux, “Speak” est une compo plus vivifiante au cours de laquelle la voix de Lucas monte dans les aigus par paliers. Envoûtant, “No Drowning But Waving” clôt le concert ; il s’agit également du morceau qui ouvre leur long playing.  

En rappel, Spring Offensive interprète deux anciennes chansons. 70 minutes de set, c’est un peu court. Néanmoins, il faut aussi admettre qu’il n’a qu’un seul album à son actif. Et quand on a épuisé l’intégralité de son tracklisting, il ne reste plus grand-chose à ajouter à la setlist. Mais l’essentiel, c’est que cette offensive du printemps en automne n’était finalement pas dénuée de charme…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Sage Francis

Un véritable spectacle à lui seul…

Écrit par

Paul Francis, aka Sage Francis, était de passage à la Rotonde du Botanique ce samedi 25 octobre, pour le plus grand plaisir des fans de hip hop. Il y a maintenant une petite quinzaine d’années que l’Américain (NDR : il est originaire de originaire de Miami) se distingue par un flow qu’il déverse avec une rapidité déconcertante. Une décennie et demi qu’il construit des ponts entre le hip hop et l’indie-rock en demandant, par exemple, à Yann Tiersen ou Calexico de se charger de l’instrumentation, en sollicitant Will Oldham pour assurer les chœurs et même en adaptant une chanson de Johnny Cash, sous forme d’hommage. Un artiste entier donc qui était dans la capitale pour présenter son dernier album, « Copper Gone ».

Après le supporting act assuré par le collectif belge, Behind The Wall, place à la tête d’affiche. Il monte sur l’estrade à 21h. Imposant, le barbu n’a pour tout compagnon que son ordinateur. Il a enfilé une djellaba dont la capuche recouvre son crâne dégarni. Il a noué, autour du cou, un drapeau qui flotte dans les airs lorsqu’il se déplace. Le Yankee ne lésine pas sur les moyens. Pour ouvrir son set, il interprète ce qui est certainement l’un de ses meilleurs morceaux, « Escape Artist ». Le ton est donné. L’ambiance est déjà très chaude dans la Rotonde et elle ne baissera pas d’un cran tout au long de la soirée. Les têtes remuent au rythme des basses. Le public s’est déplacé en nombre y compris un noyau dur de fans qui connaît les paroles par chœur. Ce qui communique une touche supplémentaire d’ambiance.

En tant que routinier de la scène, Sage Francis sait comment maintenir un public en éveil. Ainsi, il alterne des morceaux de son dernier album et ses tubes. On aura ainsi droit à « Sea Lion », « Jah didn’t kill Johnny » ou encore le superbe « The Best of Times », titre qui clôt sa prestation. Chaque morceau qu’il interprète est un véritable spectacle. Lorsqu’il ne parcourt pas le podium de long en large, il nous réserve une chorégraphie ou encore imagine un stratagème pour attirer notre attention. Enfin, lorsqu’il est à court d’idées, il en revient tout simplement à ce qu’il fait le mieux : le chant. D’ailleurs, ses exercices de style a capella figent littéralement l’auditoire. Un public qui tente néanmoins de suivre son phrasé dispensé à une vitesse vertigineuse. Les fans de hip hop ont trouvé leur maître !

(Organisation Botanique)

 

Gabriel Rios

7 sur 7 !

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Il s’agit de la septième fois que votre serviteur assiste à un concert de Gabriel Rios. Ce soir, son backing group réunit les musicos qui l’épaulent depuis un bon bout de temps. En l’occurrence Amber Docters van Leeuwen au violoncelle ainsi que Ruben Samana à la contrebasse, au piano et chant. Un set (NDR : le n°7 ?) en version semi acoustique. Et c’est sous cette forme que j’apprécie le plus la musique de cet artiste, pro jusqu'au bout des ongles.

La première partie est assurée Katell Keineg. Une Bretonne qui va nous réserver un récital de trente minutes. Elle chante en s’accompagnant à la sèche. Pas vraiment transcendante, sa prestation sera, en outre, gâchée par l’auditoire. Le bruit des conversations va créer un tel brouhaha, qu’on n’entend pratiquement rien du concert. Pourtant sa voix est puissante, mais quand elle tente de monter dans les aigus, on sent qu’elle coince.

Le dernier opus de Gabriel, « This Marauder's Midnight », vient de sortir chez Sony Music. En octobre 2013, Gabriel avait décidé de publier un nouveau single chaque troisième lundi du mois. Un projet destiné à alimenter un nouvel elpee, un an plus tard. Et il a tenu parole.

Le parcours étonnant de Gabriel Rios débute en 1998. Il participe alors au Humo's Rock Rally, en compagnie du groupe The Nothing Bastards. Mais c’est en 2004 qu’il publie son premier album solo, « Ghostboy ». Après avoir rencontré Jo Bogaert (Technotronic). Le single « Broad Daylight » rencontre un immense succès et permet à Rios de dépasser les frontières de la Belgique. Musicien talentueux, chic et sexy, Gabriel séduit aussi bien sur disque que sur scène. Faut dire que, fruit d’un mélange détonant de swing, de rock et de funk et parfois de jazz, sa musique ne manque pas de charme. Il décroche de nombreuses récompenses belges et internationales. En 2007 il grave son deuxième opus, « Angelhead », qui squatte à nouveau la tête des charts, durant de longues semaines. Devenu alors une star de la pop, il décide d’en revenir à une formule plus intimiste. En solitaire ou en se limitant à un minimum de collaborateurs, comme Jef Neve et Kobe Proesmans.

Gabriel entame chaque fois ses shows par le « Voodo Chile » de Jimi Hendrix. Seul, à la gratte. Un titre qui figure sur « Angelhead ». Un rituel que semble apprécier le public. Conquis dès ce premier morceau. Un public en compagnie duquel il aime parler. Entre chaque titre, évidemment. Et il ne change pas de fusil d’épaule. Ce soir, le Cirque Royal n’est rempli qu’aux trois-quarts. Le décor est simple. La pochette de « This Marauder's Midnight » est projetée en toile de fond, à gauche. Gabriel est au centre. Au bord du podium. A sa gauche, Ruben. A sa droite, Amber. Judicieux, le light show met bien en exergue les trois musicos, même si Gabriel est davantage sous le feu des projecteurs, notamment à travers les lumières qui convergent vers la foule. Ce soir, le line up est enrichi d’une section de trois cuivres (trompette, trombone et cor d'harmonie), qui participent aux compos, suivant les morceaux. Et manifestement, ce concours apporte un plus à l’ensemble.

Après « Straight Song », un extrait de l'album « The Dangerous Return », le combo attaque les plages du nouvel elpee, « This Marauder’s Midnight ». « Skip The Intro » d’abord. Subtils, les instruments à cordes soutiennent à merveille la voix de ‘sérial lover’ de Gabriel. Les compos défilent : « City Song », un morceau au cours duquel les cordes montent en puissance, « Angelhead », « Madstone » et « Burning Song ». Souvent apaisante, la voix de Rios est susceptible de monter dans les aigus. Et ces envolées sont absolument divines. Gabriel nous signale que son père est dans le public. Plus dansant, « Broad Daylight » est issu de « Ghostboy », son premier LP. Une chanson qui figurait dans le soundtrack du film « 06/05 » de Theo Van Gogh, long métrage qui relate l'assassinat du leader nationaliste hollandais Pim Fortuyn. Le Gantois d'adoption revient alors à des pistes issues de son nouvel essai ; soit « Song n°7 », « Work Song » et le très médiatisé « Gold ». Un filet de guitare guide les cuivres et canalise la voix sucrée de Gabriel. Ruben frappe sur sa contrebasse, suppléant ainsi parfaitement l’absence de percussions. Katell Keineg rejoint Rios au chant, pour attaquer « Swing Low », un titre au cours duquel, il se consacre aux ivoires. Le concert est terminé. Il est passé trop rapidement.

En rappel, nous aurons droit à « El Carretero » du Buena Vista Social Club, collectif que votre serviteur avait pu voir, la semaine dernière, à l’AB. J’en ai d’ailleurs encore des paillettes dans les yeux. La cerise sur le gâteau, nous viendra de « Police Sounds ». Bouleversant ! Gabriel Rios signale que son grand-père chantait cette chanson. Une superbe fin pour cet excellent spectacle. A l’issue duquel, à l’instar de nombreux aficionados, votre serviteur s’est rendu au stand merchandising. Rien de tel pour clore la soirée en beauté…   

(Organisation : Live nation)

The Magic Numbers

Des chevelus très sympathiques…

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Le retour des Magic Numbers en Belgique, c’est toujours un moment que votre serviteur attend impatiemment. Les Londoniens prennent, en effet, un place particulière dans mon cœur, vu qu’ils figurent parmi les groupes qui ont révélé mon amour pour la musique durant ma jeunesse. Autant dire que quand je vois un nouvel album et une tournée qui suit, je suis pris d’un énorme élan nostalgique. Ce vendredi 24 octobre, le rendez-vous au Botanique à Bruxelles était donc incontournable.

Il revenait à Goldheart Assembly d’assurer la première partie. Il s’agit d’une formation de rock alternatif qui mise beaucoup sur les harmonies vocales. Mais au lieu des cinq membres habituels, seuls les deux leaders et leur guitare sèche sont présents sur scène. Un peu léger pour une assemblée… Peut-être se sont-ils expliqués à ce sujet en début de représentation ; malheureusement les embouteillages sur l’E42 et l’E19 ne m’ont pas permis d’assister aux dix premières minutes du spectacle. Plus de deux heures pour le trajet Mons-Bruxelles ; il fallait le mériter ce concert… Bref, les deux amis étaient bien sympathiques sur les planches ; mais leur musique était peu intéressante.(voir photos ici)

Une grosse demi-heure plus tard, les Magic Numbers entament leur set par la chanson qui ouvre leur nouvel et quatrième opus, « Alias ». « Wake Up » réveille toute la salle qui s’impatientait de voir débarquer leurs poilus préférés. Le quatuor réunit deux paires de frères et sœurs et comme d’habitude, portent de longs cheveux et des barbes monumentales (pour les hommes seulement, rassurez-vous…) Si la salle est aussi bien remplie, c’est parce qu’au-delà de la qualité évidente de leur songwriting, ce quatuor est vraiment ultra-sympathique. Romeo, le chanteur, a une bouille toute ronde et transpire la gentillesse durant tout le concert. Le leader du groupe adore en effet partager ses impressions avec le public et le faire participer. Près de dix ans après leur premier elpee à succès, les fans entonnent encore les hymnes célèbres avec le même entrain. Les vieux titres comme « Forever Lost » ou « I See You, You See Me » semblent prendre une quatrième jeunesse. Et au lieu de tomber dans la facilité, le band s’essaye à une version froide de leur chanson la plus célèbre : « Take A Chance ». Une belle réussite qui rappelle la célèbre reprise de « Get Lucky » des Daft Punk par Daughters. Michele Stodart, la bassiste, interprète également  une plage de « Wide-Eyed Crossing », son LP solo paru en 2012. La jeune femme semble d’ailleurs avoir pris énormément de confiance grâce à cette aventure individuelle et sa présence scénique est un vrai plaisir à regarder. Energique, « Love Me Like You » clôture la première partie du spectacle. Les visages sont radieux autour de moi, tout le monde passe un très bon moment.

Les chevelus refont leur apparition et nous offrent quatre nouvelles compos dont une cover du « Harvest Moon » de Neil Young, morceau pour lequel ils reçoivent le concours de Goldheart Assembly. Le final sur ma chanson préférée du groupe, « Mornings Eleven », clôture un concert très agréable. Pour le plus grand bonheur des fans, le combo passera par la suite plusieurs dizaines de minutes à signer des autographes et à poser sur les photos.

Les Magic Numbers ont prouvé ce vendredi qu’ils avaient encore une énorme envie de jouer et que leur aventure n’est pas encore finie, loin de là. C’est en tout cas une des formations les plus sympathiques actuellement et je me réjouis déjà de la sortie du prochain disque, synonyme de nouvelle tournée.(voir photos )

(Organisation Botanique)

Les R’tardataires

A prendre au second degré…

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Les R'tardataires sont toujours à l'heure. Pas vraiment, puisque si leur set était annoncé pour 20h00 pétantes, il a débuté à 20h30 précises. Vu la maigre assistance je crains alors le flop. Heureusement, dès que les musicos montent sur le podium, le public va commencer curieusement à affluer. Dont de nombreux Liégeois. Venus en car, pour la plupart, ils sont restés coincés dans les embouteillages (NDR : sommet européen oblige). Et lorsque le reste de la foule est arrivée, plus moyen de bouger le petit orteil. Donc, contrat déjà rempli avant le début du concert. Ne restait plus qu’aux artistes à faire le reste. Et ils vont se montrer largement à la hauteur. Un show de 110 minutes, sans la moindre pause. Tout comme lors des Francos 2014, les Les R’tardataires vont nous mettre un feu d'enfer.

Le crew est mené de main de maître par deux Mc's : Max (Maxime Lacroix) et Ced (Cédric Chiappe). Ils sont épaulés par quatre musicos : Benoît Lesage à la basse, Andréa Monticciolla aux claviers, Aurelien Wynant aux drums, Sébastien Hogge à la guitare et Dj Nsk aux platines. Ils l'avaient annoncé via les réseaux sociaux : la soirée allait être particulière est chargée de surprises. Et pour cause, quelques invités vont participer à la fête, dont 'Daddycookiz' d'Atomic Spliff and The Rebel Dubz et le gratteur Chicos y Mendez. Sans oublier Terence Deepijan, un grand rigolo plutôt talentueux, préposé aux congas, qui avait participé aux sessions d’enregistrement de leur dernier elpee.  

Après une petite intro, Max et Céd déboulent sur les planches. Ils ont l'air particulièrement en forme. De suite, ils chauffent le public et font monter la pression. Ils sont incapables de rester en place une seule seconde et vont littéralement mouiller leur chemise, tout au long du show. Qui s’ouvre par « En Retard ». Ce n'est pas le cas. « Onanaoo » embraie, dans un climat digne de Kingston. Une compo aux lyrics plutôt cocasses. Et la foule jumpe ‘sec’. « C'est Grillé » baigne dans une atmosphère reggae. Il n’y manque plus que le ganja. Max et Céd se rapprochent du bord de l’estrade afin de nous raconter une petite histoire : « Les Escargots-DF ».

Retour back stage avant de revenir masqués pour « Martiens ». Les paroles sont à prendre au second degré. Et elles sont vraiment drôles. « Zion » évoque inévitablement Bob et ses Wailers. Après « Interlude Lucky Peterson », Max et Ced vident les lieux. Mais on s’en doute, ils préparent une descente de police dans l’hémicycle. Les deux flics réapparaissent alors, revêtus de leurs gilets pare-balles, sur lesquels est mentionné le mot 'Poulet', afin d’attaquer « Chopons Les/22, Fais Tourner ». Cocasse ! Et c'est la folie sur le dancefloor. Place ensuite à la cover du « Kiss » de Prince. Andréa s'époumone. Il est soutenu par Dj Nsk aux platines. Des images de pendules dont les aiguilles tournent sont projetées sur des écrans ronds, situés sur le dôme, au-dessus de la scène. Les 'deux furieux' ont enfilé des tee-shirts signés 'B'. J’ignorais qu’ils bossaient à la SNCB. Daddy Cookiz rejoint la troupe sur le podium, pour un « Good Vibes » décapant. Cap une nouvelle fois vers Kingston. A travers une chanson de l’artiste invité. L’ambiance monte encore d'un cran dans la fosse. Le public est de plus en plus bouillant.

Pas étonnant, car le retour des deux Mc’s se précise et se concrétise à travers une version dantesque de « La Folie Des Glandeurs ». Ils ont enfilé des pyjamas et des peignoirs bleus. Et chaussé des charentaises. C’est un morceau qui fait également l’objet d’une vidéo hilarante (voir ici). Elle raconte le parcours d’un être humain délaissé qui se laisse aller. A prendre au second degré, bien sûr. Mais qui reflète parfaitement la dure réalité de la vie. Changement de déguisement pour Max et Ced qui font leur come-back. Ils portent maintenant des lunettes fumées. « A la pêche aux moules » ? C’est une chanson d’amour proposée sous la forme d’un rap consistant. « P'tit Dylan » opère une petite incursion dans l'univers manouche de Django Reinhardt. Et ils sont doués les musicos. Ils sont même capables de mettre n’importe quel style musical à la sauce rap. Ce qui explique sans doute pourquoi, leur musique touche un large public. C’est au tour de Chicos Y Mendez aka David Méndez Yépez de faire son apparition. Pour deux pièces de résistance. Tout d’abord « Rien De Nouveau Sous la Pluie », un titre à la coloration latino étonnante. Qu’il chante. Et puis « Di Llo Mas Fuerte », au cours duquel, il joue de la guitare. Dans un climat réminiscent de Rodrigo Y Gabriela, des Buenas Ondas voire de Manu Chao. La fin du set approche. Un p'tit ska pour la route ? C’est « Natural ». D’autant que cette chanson raille les filles qui se maquillent ou ont recours à la chirurgie esthétique. Et « C'est Bon » clôt le concert. Au départ, j’avais du mal à accrocher. Aujourd’hui, je la digère plus facilement.  

Pour le rappel, Les R’tardataires reviennent déguisés en curés. Une belle chorale. « Mamy Blues » nous entraîne dans le delta pour conter l'aventure d'une petite vieille oubliée à la maison de retraite. Un message terriblement réaliste.

Et le set de s’achever par « Soirée Mousse », contexte idéal pour une distribution de 'pt'ites chopes'. Le concert est passé très vite. Les gars ont assumé 'grave'. On sent qu’ils on pris de la bouteille et sont prêts à faire les grandes scènes.

(Organisation : Le Botanique)

Lee Fields

Collective Dreamwish of Upperclass Elegance

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James Brown is dead. Long live à Lee Fields! La comparaison ne date pas d’hier, mais lorsque l’on voit ce dernier se démener sur scène, on ne peut la remettre en question tant Lee Fields est à la Soul ce que James Brown a été au funk : un pur génie. Et une Rotonde pleine à craquer avait l’honneur d’accueillir celui que l’on surnomme ‘Little JB’, ce mercredi 22 octobre.

Dehors, il fait dégueulasse. Mais ce soir à la Rotonde, la température va instantanément monter d’un cran. « All I Need » ouvre le bal sur le coup des 21h. The Expressions, le band attitré de Truth & Soul Records qui l’accompagne depuis « My World », publié en 2009, le devance sur les planches. Belle entrée en matière. Et son entrée, Lee Fields ne l’a pas ratée ! Une ovation plus tard, les neuf hommes en costard enchaînent sur un bon vieux « My World » et les plus récents « Standing By Your Side », « Don’t Leave Me This Way », extraits de l’excellent « Emma Jean ». Un disque qui se taille la part du lion, ce soir. Les cuivres dégoulinent sur un « It Still Gets Me Down » sensuel à souhait tandis que le chanteur se déhanche pour les demoiselles de l’assistance.

D’ailleurs, les demoiselles en auront eu pour leur argent, le Soul Man leur dédiant la plupart des morceaux et plus particulièrement « Ladies », of course. Mister Fields se trémousse et se démène sans relâche, transpirant à grosse gouttes. Le set arrive brutalement à sa fin sur l’intense « Faithful Man », suivi d’une acclamation retentissante. La Rotonde est euphorique et le fait savoir au roi de la Soul, qui rapplique pour un rappel entamé par un petit instrumental de The Expressions. Le retour de Fields est chaudement accueilli pour un « Honey Dove » qui sonne ensuite la fin des festivités. Un tour de chant et puis s’en va. On en voudrait plus ! Au moins un petit « Magnolia »… 1h20, ça paraît court, vu la carrière du bonhomme. Mais après ce qu’il a envoyé, on se contente de lui tirer le chapeau et belle révérence. 

(Organisation : Botanique)

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