Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Troy Von Balthazar

De plus en plus minimaliste…

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Abonné aux concerts du Botanique (NDR : comme artiste !), Troy Von Balthazar y revenait pour défendre son troisième album sorti voici quelques mois, un opus intitulé « …is with the Demon ». Pour la circonstance, l’organisateur lui avait réservé le Witloof Bar. Faut dire que ce soir, il va nous dispenser un concert intimiste. Une salle qui correspond plutôt bien au style proposé par l’Hawaïen.

Le sous-sol est correctement garni. Comme d’hab’, seules les personnes placées à l’avant pourront profiter de l’intégralité du spectacle. Les autres devront risquer le torticolis, en allongeant le cou pour contourner les obstacles visuels, c’est-à-dire les colonnes massives qui soutiennent le plafond. Pas de supporting act. TVB débarque vers 20h15. Sur la scène trône deux amplis, une guitare électrique, une acoustique et deux claviers. Et c’est à peu près tout. Au fil du set, la musique de l’ex-leader de Chokebore devient de plus en plus minimaliste. Difficile d’épurer davantage son expression sonore (NDR : la prochaine fois, il se produira peut-être a cappella).

Troy interprète ses premiers morceaux à l’aide de sa fender telecaster. En superposant les boucles de guitare, il parvient à reconstituer les morceaux piochés au sein de ses trois elpees solos. Dont « Strong Real Love », « My diamond Brain » ou encore « Tropical » et « Purple Gold Eye ». Mais en se servant uniquement de ses pédales et de sa voix, il parvient à nous faire vibrer. Après chaque morceau –ou presque– il remercie le public et n’hésite pas à ironiser sur le spleen véhiculé par ses chansons. Après une bonne demi-heure de prestation, il allume une lampe de chevet posée sur son ampli, s’installe sur une chaise et empoigne sa guitare acoustique. Une partition ‘unplugged’ qui va durer une dizaine de minutes. Il n’oublie cependant pas, à l’instar du set accordé à la Rotonde, en 2011, de reprendre « The Tiger », en s’appuyant uniquement sur un magnétophone et des coquillages, coquillages dont il se sert comme des percussions. Et en fin de parcours, il injecte un zeste d’énergie à quelques morceaux, dont l’inévitable « Santiago ».

Il vide les lieux vers 21h15, pour y revenir quelques secondes plus tard. Après deux derniers titres, TVB remercie une ultime fois l’auditoire et l’invite à tailler une bavette avec lui, à l’issue du concert, car il ne connaît personne à Bruxelles.

Quoique mélancolique et intimiste, la musique de Troy Van Balthazar est chaleureuse. Paradoxe que lui seul parvient à entretenir...

(Organisation Botanique)

IAMX

Le petit Prince est de retour...

IAMX, le projet de Chris Corner (ex-Sneaker Pimps), inaugurait sa tournée ‘Animal Impulses’ à l'Ancienne Belgique, le 28 mars dernier. C'est la 4ème fois en 4 ans que la formation réserve cette salle mythique bruxelloise au cours du mois de mars : une belle régularité! Cette tournée sert à promouvoir le cinquième opus du groupe, "The Unified Field", sorti le 15 mars.

Mais c'est d'abord Moto Boy qui ouvre les hostilités. Oskar Humlebo est un bellâtre suédois un peu efféminé qui chante des mélodies douces d'une voix touchante et quasi-religieuse, proche de Jeff Buckley... Que ce soit soutenu par une bande-son ou seul à la guitare, il parvient à attirer l'attention du public, surtout au moment où, délaissant son micro, il vient se planter au devant de l’estrade pour chanter sans amplification. Une découverte intéressante.

Pour son nouveau spectacle, IAMX a disposé, sur le podium, trois écrans vidéo. Un à chaque extrémité et le troisième derrière devant une grande toile qui sert également aux projections. On remarque également la présence d’un fût de bière au milieu du jeu de quilles. Serait-ce un clin d'œil adressé à une des spécialités de notre beau pays ? La clameur du public devient insistante et derrière la scène, on aperçoit l'ombre de Chris Corner qui se sert un verre de vin. Jolie entrée en matière! La formation monte sur les planches pour entamer "Animal Impulses". Un choix étonnant, car la chanson n'est pas vraiment un hit. Egalement tiré du dernier opus, "Sorrow" permet à l'ambiance de monter d'un cran, surtout au moment du superbe refrain. En plus de Janine Gezang, la fidèle complice, aux claviers et au chant, Corner est accompagné de Richard Ankers à la batterie, Alberto Alvarez à la guitare et d'une très jolie blonde aux claviers : Sammi Doll. Le son est excellent et la voix de Corner, forte et cristalline. Par contre, le groupe nous a malheureusement choisi un light-show très minimaliste. Ainsi, la plupart du temps, le spectacle est plongé dans l'obscurité.

Soudain retentit le riff de basse synthé de "Kiss + Swallow" et toute la salle s'embrase. Ce hit imparable date de 2006 et n'a pas pris une seule ride. Chacun se surprend à chanter à tue-tête ‘Echo, Echo, I know it's a sin to Kiss and Swallow’. L'intensité se prolonge sur "Kingdom of Welcome Addiction" et "Tear Garden", au cours duquel Corner se déchaîne aux percussions. Après le très beau "My Secret Friend" et le plus terne "Trials", c'est un nouveau moment phare du concert : "The Unified Field", probablement le titre le plus efficace du nouvel album éponyme. Un beat électro irrésistible, un riff de synthés et des mélodies accrocheuses. Tout y est! La réaction du public est enthousiaste (NDR : voir ici)

Ensuite, le groupe aligne une succession ininterrompue de hits, jusqu'au dernier morceau du set : "The Alternative". Mais IAMX revient bien vite pour trois titres supplémentaires: "I Come With Knives" (NDR : à regarder là), une chanson forte et hypnotique incluant un poème en allemand chanté par Janine Gezang et Sammi Doll, suivi de l'incroyable et très burlesque "President", avant de finir par un "Nightlife" (NDR : à découvrir encore ici) très bien enlevé, qui se termine a capella, à l'unisson avec le public.

Dans la setlist, on remarque l'absence de certains titres phares comme "Spit It Out" ou "After Every Party I Die" mais dans l'ensemble, c'est une bonne combinaison de nouveautés et de 'classiques'. Le groupe est en pleine forme et semble même avoir reçu une nouvelle impulsion grâce au nouvel opus. Evidemment, on regrette la folie qui animait les premiers concerts de Corner en 2006-2007, mais le musicien a mûri et reste quoi qu'il en soit un des meilleurs singers/songwriters des 10 dernières années. Multi-instrumentiste, chanteur, compositeur et producteur, il a réussi à développer un univers musical étonnant, qui combine avec bonheur des éléments new-wave, funk, dance et indie-pop, soulignant le tout de paroles intelligentes et extrêmement sexy. Le petit Prince est de retour et il assure grave!

Setlist:

Animal Impulses
Sorrow
Kiss + Swallow
Kingdom
Of Welcome Addiction
Tear
Garden
My Secret Friend
Trials
The Unified Field
Cold Red Light
Walk With The Noise
Music People
The Alternative

Rappel :

I Come With Knives
President
Nightlife

(Organisation : Nada Booking & AB)

 

Nosaj Thing

Almost There

Écrit par

Buzz On Your Lips, organisateur de concerts et de soirées bruxelloises aux castings souvent alléchants, souffle élégamment ses six bougies. La fête d’anniversaire se déroulait ce dimanche 24 mars dans l’intimité du VK*, à Molenbeek. Et une fois n’est pas coutume, l’équipe de Buzz et le VK ont mis de grosses cerises sur le gâteau en invitant sur les planches le fleuron de ce qu’il faut désormais appeler le Glitch Hop : un mélange subtil d’électro, de bass music et d’abstract hip hop. A l’honneur ce soir, le label Brainfeeder de Flying Lotus et ses jeunes poulains. Et en tête de file, Nosaj Thing, dont la seconde petite perle, intitulée « Home », squatte les bacs depuis deux mois.

Petite structure qui ne cesse de prendre du grade, tant en notoriété qu’en qualité, Buzz on Your Lips a décidé de remercier ses fidèles et nouveaux adeptes en proposant une affiche séduisante, placée sous le signe du soleil de Los Angeles. L.A., demeure du label Brainfeeder, engendré par l’inépuisable Flying Lotus, dont on retrouve ce soir les plus grands espoirs : Jeremiah Jae, Mono/Poly et, comme figure de proue, Nosaj Thing. Ainsi que Free The Robots, seul artiste de la soirée à ne pas être (encore) signé chez FlyLo. Premier à se confronter à un parterre pris d’assaut dès 19h: Mono/Poly.

Charles Krog, alias Mono/Poly, lance les festivités sur un DJ set standard mais efficace, entre hip hop, électro, Bass music et un dubstep à mille lieues de celui de Skrillex et consorts. Pas de grosse surprise de la part du DJ, qui se contente d’enfiler ses disques les uns après les autres, gratifiant le public du sempiternel et fatigant « Harlem Shake » de Baauer.

Dès 20h10, la prestation est bouclée et l’homme cède sa place à Jeremiah Jae. Un Jae que j’avais hâte de découvrir en ‘live’, mais qui m’a malheureusement perdu en chemin. Caché derrière ses platines, le mec se contente également d’enchaîner les beats hip hop sans montée d’adrénaline et surtout sans déverser le flow qui fait la force de ses singles « Money », « Cat Fight » ou « $easons ». Il faudra attendre la mi-parcours pour l’entendre marmonner des mots inaudibles, sur quelques titres.

Free The Robots, de son vrai nom Chris Alfaro, prend la relève pour un set plutôt éclectique et moins mollasson que celui de son prédécesseur. De bon beats funky, jazzy et du breakbeat pour secouer la foule. La soirée se déroule à guichets fermés et ça se sent, tant l’espace confiné du VK ne permet pas vraiment, les soirs de très grosse affluence, de bouger comme il se doit. Je découvre ce soir un artiste aux talents de bidouillages remarquables, dont la discographie ne compte déjà pas moins de trois albums et cinq Eps. A surveiller de près.

Nosaj Thing prend la relève à son tour vers 22h. Jason Chung se lance dans une prestation dont on attendait beaucoup, nous réservant en guise mise en bouche quelques extraits de « Home », son deuxième et nouvel LP. Derrière lui, des projections diffusent invariablement les mêmes formes noires et blanches, tandis que son clip consacré à « Eclipse/Blue » promet bien plus que ce qu’il va nous réserver. Aux extraits de « Home » et « Drift » viennent se greffer quelques-uns de ses travaux de remixes, dont la version reliftée du « Island » de The Xx. Au bout d’une demi-heure, il faut se rendre à l’évidence. Le set de Nosaj Thing, plutôt downtempo, ne colle pas au cadre du VK*, d’autant qu’il est complètement noyé dans le brouhaha des conversations du dimanche soir. Manifestement, il aurait parfaitement trouvé sa place dans une salle du type Rotonde ou plus grand, l’AB version Flex. Chung quitte l’estrade au bout d’une heure tout pile sur le « Bitch Don’t Kill My Vibe » de Kendrick Lamar, à contre-courant du set proposé, mais qui fait son petit effet. A 23h10, la soirée est pliée. Une soirée en demi-teinte, en somme.

Joyeux anniversaire quand même !

(Organisation : VK*) 

 

Disclosure

Révélation ou surévaluation ?

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Disclosure, c'est la révélation hype de ce début 2013. Le genre de brol musical dont tout le monde, s'intéressant un tant soit peu à l'electro-rock, a entendu parler en termes superlatifs ; ‘the next big thing’ comme diraient nos voisins ‘british’. Il est vrai que les frères Lawrence ont tapé très fort dès le départ, matraquant l'Internet de l'excellentissime « What's in your head » dès le printemps 2012, suivi un peu plus tard dans l'année du tout aussi bon « Latch ».

Mais que valent réellement les deux Anglais ? Sommes-nous en présence d'une formation outrageusement surévaluée ? La planète tendance s'est-elle (trop) emballée, à tort ? Ou alors, les frangins méritent-ils la tonne de louanges qui s’est abattue de partout, depuis l'an nouveau ? Tentative de réponse pas toujours objective mais qui cherche à y parvenir...

Malgré une arrivée précoce sur le coup de 20h30, le Club est déjà bondé et les premiers beuglements annonciateurs d'une soirée trop arrosée se propagent… Se tortillant péniblement jusqu'au bar, votre serviteur est frappé par un premier constat : il se sent vieux. La moyenne d'âge doit avoisiner la majorité légale, et la scène rappelle plus un rassemblement de boy-scouts sous ‘exta’ de mauvaise qualité qu'un concert proposé un mercredi soir, en période scolaire. Seul côté rassurant de tout ce spectacle, cette génération (dont je fais partie) a peut-être un avenir quelconque loin du NRJ In the Park, qui sait...

Et alors que je me perdais dans mes pensées, Disclosure est venu me sortir de ma torpeur à grand coup de synthés et de rythmes syncopés. L'auditoire bondit, hurle, fracasse l'air de ses clappements de main, me repoussant à l'extrême gauche d'une salle dégoulinante de sueur adolescente. Les morceaux déferlent, insensiblement identiques, provoquant inlassablement la même réaction chez le public : cris, sauts, applaudissements, update de statut facebook et autres vidéos abominables.

Bien que ne déméritant pas, jamais le duo n’est jamais parvenu à totalement captiver mon attention. La faute à trop de mauvaises conditions réunies en si petit endroit.

Tout d'abord, un manque cruel d'originalité se ressent en concert ; là où il ne gênait nullement sur « Soundcloud », tous les morceaux (à l'exception des « Latch », « White Noise » et « What's in your Head ») sont structurés semblablement : batterie électronique rappelant parfois Booka Shade, voix remodelées à souhait, ligne de basse, montée oppressante et finish en apothéose.

Ensuite, et c'est parfaitement regrettable pour le groupe, je n'étais pas des mieux entouré durant la soirée. Coincé derrière un géant bouclé, calquant ses mouvements sur les miens, et un trentenaire passablement éméché s'amusant à filmer le concert à l’aide de son smartphone (sur ‘Youtube’ c'est chouette aussi), il était difficile d'apprécier totalement la prestation des deux Insulaires.

Ajoutons-y un perpétuel va et vient entre le bar, la sortie et le bord du podium des plus gênants. Sérieusement, est-ce si difficile de rester une heure plus ou moins en place sans constamment emmerder son voisin ?

Bref, c'est un peu la mort dans l'âme, déçu et malgré tout heureux d'avoir vu Disclosure, que je quitte la capitale, un gros quart d'heure avant la fin de la prestation. L'avenir est devant eux, le succès leur tend les bras et leur public est déjà totalement dévoué. Les frangins sont parvenus à surfer sur la vague au bon moment et en profiter pour se forger un joli nom en un temps record. Espérons juste pour eux qu'ils ne finissent pas noyés dans cet océan musical risquant de les engloutir à jamais, dès la moindre fausse note.

(Organisation AB)

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The Internet

Expect The Unexpected

Écrit par

‘Double Bill’ 100% hip hop et R’n’B ce 18 mars dans l’intimité de l’AB Club. Mais pas n’importe quel R’n’B ou Hip Hop. Celui qui regarde loin devant lui. Celui qui te fait tripper. Celui qui te fait voyager en fermant les yeux. Un programme alléchant initié par deux échappés de la clique OFWGKTA, Syd Tha Kyd et Matt Martians, alias The Internet. Pour l’étape européenne de leur tournée, les deux extraterrestres ont amené dans leur valise Kilo Kish, figure féminine de la formation underground Kool Kats Klub. Une soirée torride en perspective.

Torride et tardive puisque The Internet est prévu pour 22h. Et ce n’est qu’à 20h45 que Kilo Kish et Kitty Kash (ça ne s’invente pas), sa partenaire aux platines, entrent discrètement en scène. L’ABClub ne connaît pas la foule des grands jours, bien au contraire. Ce soir, les deux formations joueront pour une centaine de personnes au bas mot. Et la corrélation entre The Internet et l’artiste jouant au rez-de-chaussée est loin d’être évidente. Parce qu’il s’agit de Christophe Willem, pas de ‘Late Night Show’ gratos pour les fans du garçon à lunettes. C’est donc dans un cadre très intimiste que se déroulent les deux prestations. Pas plus mal, vu que la scène est visible de n’importe où dans la salle, même pour les nains de jardins.

Kilo Kish, née Lakisha Robinson, distille un R’n’B  lascif à mort. La mignonette de Brooklyn et sa complice n’ont qu’un Ep à leur actif, produit par The Internet et Star Slinger. C’est forcément en un tour de main que le duo lance et boucle sa prestation. En 30 minutes chrono, le duo a charmé le parterre sur des « Goldmine », « Navy » et autres incitants à se glisser tout nu sous la couette. La demoiselle, séduite par l’ambiance bon-enfant restituée par son public belge, se mêle à la foule pour trouver, sans aucun mal, quelques partenaires de danse sur « Love2K ». Seul bémol, certains refrains chantés avec l’appui de la bande communique un côté playback un peu cheap, à certains instants. Mais comme dirait Didier Deschamps, Kilo Kish a ‘des qualités et un potentiel’ qui ne la laisseront pas longtemps sur le banc de touche. A surveiller de près.

21h45. Contre toute attente, les lumières s’éteignent. Vu que Kish et Kash ont bouclé leur set une demi-heure plus tôt, les stars de la soirée décident de débarquer plus tôt sur les planches. Pas de chance pour les clopeurs. Deuxième surprise, c’est à un vrai live que l’on va avoir droit. Ce sont d’abord les trois musiciens qui montent sur l’estrade : piano numérique, grosses caisses et basse retrouvent leur propriétaires. Petit jam d’intro, et c’est déjà trop bon. Syd Tha Kyd, seule demoiselle du clan Odd Future, et Matt Martians leur emboîtent le pas. Le duo et leur bande administrent un nouveau souffle de vie aux extraits de leur premier LP, « Purple Naked Ladies » qui, dans leur version ‘vrai’ live,  exhalent d’authenticité. The Internet s’adonne à un mélange subtil de hip hop psyché et de R’n’B retro sans faille. Le set, étayé par quelques nouvelles compos, est passionnant de bout en bout.

Lorsque Syd Tha Kyd lâche le micro, c’est pour mieux le refiler à Kilo Kish qui rejoint la troupe pour défendre à merveille « Ode To A Dream », extrait de « Purple Naked Ladies ». Ou à Tay Walker, préposé au piano numérique, qu’elle présente comme son coach vocal. Celui-ci lui prête d’abord main forte sur « They Say » avant de se lancer dans un premier titre ne tolérant, pour seule compagnie, que son instrument. Une voix puissante s’il en est. Le moins que l’on puisse dire c’est que Frank Ocean, autre recrue d’OFWGKTA au succès autrement plus conséquent, a du souci à se faire. A la demande générale, Walker interprète un second titre, épaulé par le préposé aux grosses caisses et le monsieur à la basse. Syd Tha Kyd prévient l’auditoire. Il s’agit d’une grande première. Les deux autres musiciens n’ont jamais entendu ce morceau de Tay Walker et vont donc improviser au fur et à mesure. Ce dernier se lance alors dans sa compo, rejoint à mi-parcours par ses collègues. Le résultat est impressionnant. L’éclosion d’un tube, en direct. Si l’on sent quelques petites hésitations au départ, la suite coule de source. Une semi-impro qui se solde par une ovation bien méritée.

Le set arrive à son terme au bout d’une heure et des poussières. En guise de rappel, le duo laisse Walker et ses deux complices jouer une petit jam improvisée. Nouveau carton plein.

Après un concert aussi solide, difficile de comprendre le manque d’intérêt général des fans de hip hop ou R’n’B pour une formation à cent mille lieues d’un buzz médiatique fumeux. Qu’ils s’arrêtent à Couleur Café, Pukkelpop, Dour out tout autre festoche cet été, The Internet n’est à manquer sous aucun prétexte.      

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Jamie Lidell

Hot ‘n’ Cold

Écrit par

‘A little bit of feel good’, c’est ce que les fans attendaient de Jamie Lidell, ce dimanche 17 mars. Le chanteur effectuait un nouvel arrêt express au cœur de la capitale belge pour un concert complet en deux temps trois mouvements. Tout seul, entouré de ses machines, Lidell présentait son cinquième et petit dernier, un éponyme funky et accessible, loin des bidouillages de l’époque « Muddlin Gear » ou de la Soul de « Jim ».

21h, l’homme entre sur une scène plutôt sobre. Un écran géant se dresse à l’arrière et son énorme dispositif de mixage à l’avant. Il explique alors d’entrée de jeu que sa vocation est de retourner aux sources ou plutôt à ses sources. Pas question de backing band, comme lors d’une tournée précédente. Mister Lidell veut tout faire tout seul. Coïncidence ou pas, le bonhomme vêtu d’un imper et d’une tenue noire et sobre lance sa prestation sur « I’m Selfish ». Titre qui décrira parfaitement la première moitié du concert.

En parfait dilettante, Lidell enchaîne quelques titres de son disque éponyme, sans que l’ambiance ne décolle vraiment. « You naked », « You Know My Name », « What A Shame », « Don’t You love Me », autant de morceaux qui feraient bondir de joie les fans de Chromeo mais laissent ceux du chanteur un peu perplexes. Et lorsqu’il s’approche du micro, placé juste devant ses machines à bidouiller, Jamie Lider exécute quelques petits pas de danse assez gauches…

Ce n’est qu’au bout de trois-quarts d’heure que l’Anglais retourne une fois pour toute derrière son énorme console. Enfin, les choses sérieuses peuvent démarrer. Ce soir, il ne sera pas question de « Jim » et ses classiques « Another day » et « Little Bit Of Feel Good ». A la place, Jamie Lidell envoie du lourd avec un vrai groove ainsi que des versions retravaillées à la sauce electro de quelques-uns de ses plus vieux titres, pour ensuite clôturer le bal par un « Big Love » fédérateur.    

En résumé, un concert entre deux eaux d’un bonhomme qui a habitué son public à beaucoup mieux auparavant. Un peu à l’image de « Jamie Lidell », un disque plutôt solide mais dont on attendait qu’il nous prenne vraiment à revers, tout comme « Compass », son précédent essai...

(Organisation : AB + Live Nation)

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Two Door Cinema Club

Rise to the Sun

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Carton plein pour Two Door Cinema Club ! Les trois protégés des labels Kitsuné et Pias investissaient la grande salle de l’AB à guichets fermés, moins de quatre mois après avoir conquis le Botanique de la même manière. Alors que certains –dont le rédacteur de ces lignes– s’accordent à reconnaître que « Beacon », leur dernier LP, est un peu plus difficile à digérer que le précédent, les Nord-Irlandais adressent un pied de nez aux critiques en proposant ce 14 mars un concert particulièrement solide et sans la moindre imperfection perceptible.

Depuis 2010, année de la sortie de l’impeccable condensé de Pop supérieure, « Tourist History », Two Door Cinema Club entretient une solide relation avec son public belge, qui lui déroule systématiquement le tapis rouge à chacun de ses passages. Et ce, depuis une prestation impressionnante à l’AB, en première partie de Phoenix. Depuis, le trio a élargi son public en enchaînant festivals et autres prestations : Pukkelpop 2010 et 2012, Werchter 2011, deux arrêts au Botanique et même une soirée Libertine Supersport pour un DJ Set! Au cours de ses pérégrinations, le trio s’est forgé une réputation ‘live’ irréprochable qu’il va confirmer une fois de plus ce soir.

Après avoir jeté leur dévolu sur leurs compatriotes de Kowalski lors de la tournée de novembre dernier, les trois garçons de 2DCC ont cette fois opté pour les Anglais de Dog Is Dead en guise de support act de cette seconde étape. Mais à l’heure où le quintet que j’avais hâte de découvrir sur scène (ce « Glockenspiel Song » !) prenait place sur les planches, les portes de l’AB sont prises d’assaut. Pas de chance. Ce n’est que sur les dernières notes de leur set que je pénètre enfin dans une salle tout à fait bondée. Et le manque de pot est total, les cinq gaillards ayant repoussé au dimanche 17 mars leur concert programmé à l’ABClub, en février dernier. Même soirée que pour Jamie Lidell. Affaire classée.

21h00 : l’heure de vérité. « Beacon » ne m’a fait ni chaud ni froid aux premières écoutes. Je n’attends donc pas grand-chose de la prestation de ce soir. Mais c’est bien mal connaître Two Door Cinema Club. La formation débarque sous la forme d’un quatuor sur les planches et l’entame de « Sleep Alone » créé instantanément l’hystérie dans la foule. La setlist bifurque ensuite du côté de « Tourist History » : « Undercover Martyn », « Do You Want it All ? » et  « This Is The Life » s’emboîtent parfaitement. De quoi faire monter la température au sein de l’assistance.

Le manque de contact entre le band et les spectateurs est éclipsé par une setlist extrêmement bien étudiée, parfait équilibre entre anciens morceaux (« You’re Not Stubborn », « I Can Talk », « Costume Party », « Something Good Can Work », etc.) et nouvelles compos (« Wake Up », « Sun », « Handshake »…) Ces derniers passent d’ailleurs la barre du live haut la main. Ils en sont même bonifiés. De quoi faire taire les (ma) mauvaise(s) langue(s). Les tubes s’enchaînent à vitesse grand VV’, et vu de l’étage, la foule est rapidement prise de secousses impressionnantes (NDR : pas autant que le lendemain pour Foals, mais pas loin). En guise de piqûre de rappel, les Irlandais proposent un beau tiercé final : « Someday », « Come Back Home » et « What You Know », la chanson qui vous fout la pêche et vous rappelle de jouer à l’Euromillion.

Le trio et leur acolyte vident les lieux après un peu moins de 20 morceaux, tous plus accessibles les uns que les autres. Nul doute que la base de fans de Two Door Cinema Club ne cessera pas de croître de sitôt, tant les garçons ont l’art et la manière de confectionner des tubes à haut potentiel. Des tubes d’un optimisme sans faille, remèdes idéaux aux coups de cafard. La machine ultra bien huilée de 2DCC est en marche et personne ne pourra plus l’arrêter. Prochaine étape : le Lotto Arena ?

Entre-temps, c’est le vendredi 5 juillet que les natifs de l’Ulster feront sauter (‘no pun intended’ le public belge. Un événement qui se déroulera sur la scène principale de Rock Werchter.

(Organisation : Live Nation  )

Voir aussi notre section photos :

http://www.musiczine.net/fr/photos/two-door-cinema-club-14-03-2013/

http://www.musiczine.net/fr/photos/dog-is-dead-17-03-2013/

 

 

 

The Bloody Beetroots

Wasted Hours

Écrit par

Bloody déroute. Le bordel annoncé n’a pas eu lieu. Ce mercredi, soit à peu près 3 ans après avoir fait trembler les murs de l’AB une première fois, Simone Cogo aka ‘Bob Cornelius Rifo’ et ses acolytes masqués de Bloody Beetroots revenaient sur les lieux du crime. Et autant dire que le second passage des Italiens sur la grande scène de l’Ancienne Belgique a plutôt eu l’effet d’un pétard mouillé.

Il est 21h lorsque les trois betteraves sanglantes se présentent sur les planches, pour un ‘vrai’ live. L’ambiance est à ce moment électrique. Il faut dire que les fans attendent beaucoup de la formation italienne, tant elle avait laissé l’assemblée sur les genoux lors de leur passage en 2010. Mais en lieu et place de l’explosion de BPMs et de riffs electropunk que The Bloody Beetroots avait servi en rafale à son public belge il y a trois ans, ce grand Cornelius s’est illustré par un manque flagrant de conviction tant sur scène qu’au niveau de la setlist.

Celle-ci était principalement, et bien évidemment, axée sur de nouveaux morceaux. Des morceaux d’une fadeur accablante (dont cet horrible single « Chronicles Of A Fallen Love »), très loin des beats tapageurs et putassiers dégoulinants de testostérone qui ont forgé le succès de l’homme et de sa bande. Au rayon vieilleries, les trois musiciens enchaînent même des versions tout aussi fadasses des extraits de « Romborama ». Comme ce « Talkin’ In My Sleep » complètement saccagé. Dans sa version originale, « Talkin’ In My Sleep » est une compo rageuse au sein de laquelle une Lisa Kekaula (The Bellrays) au top de sa forme use de toute sa puissance vocale pour faire trembler les conduits auditifs de son auditoire. Mais ce soir, la force des basses et du gosier de la demoiselle sont tant mis en sourdine qu’il est difficile d’y trouver un quelconque intérêt.

Le sursaut de BPMs purulents a bien eu lieu, en milieu de parcours, lorsque le trio a balancé son grand classique « Warp ». Probablement le seul morceau de la setlist qui a bien produit l’effet escompté, malgré sa fin charcutée. Heureusement, l’AB compte deux bars, de quoi noyer sa déception, un grand verre à la main et se rendre à l’évidence : The Bloody Beetroots s’est un peu trop assagi…

(Organisation : Live Nation)

 

Steven Wilson

Ce n'est pas seulement une musique progressive, c'est aussi une musique qui progresse...

Il y a quatre ans, Steven Wilson, le fondateur et cerveau de la formation anglaise de métal prog Porcupine Tree, s'est lancé dans un projet en solo pour donner libre cours à sa boulimie créatrice et étendre son horizon à d'autres styles musicaux comme le jazz-rock, le trip-hop, l'industriel, le dark ambient mais surtout la musique progressive des années 70 ; et en particulier l’univers de King Crimson, dont il a remixé les albums. Le premier opus de Wilson, "Insurgentes", constituait un effort à 100% solo. Après avoir publié la deuxième plaque, "Grace For Drowning", il décide de former un nouveau groupe et accomplit une première tournée en 2012, au cours de laquelle il accorde un concert exceptionnel à l'AB de Bruxelles. Lors de l’enregistrement de son troisième long playing, "The Raven Who Refused To Sing (And Other Stories)", il reçoit le concours de Monsieur Alan Parsons en personne. Il s’agit donc de la première production solo de Wilson créée pour un groupe et avec un groupe. Et franchement, c'est un vrai succès !

C'est donc avec une grande curiosité que nous attendons le début de ce concert, donné dans la magnifique salle Arenberg à Anvers. Après une introduction 'ambient' et la projection d'une vidéo inspirée du visuel lunaire de la pochette du dernier opus, qui contribuent déjà à créer une atmosphère sombre et mystérieuse, le combo monte sur les planches. Il réunit le batteur allemand Marco Minnemann, le bassiste Nick Beggs (NDR : il a joué pour Steve Hackett et... chez Kajagoogoo, le claviériste Adam Holzman (NDR : il a côtoyé Miles Davis), le flûtiste/saxophoniste/clarinettiste Theo Travis et un nouveau guitariste, Guthrie Govan. Dès la première chanson, "Luminol", les sons sont carrément jazz-prog et nous sommes replongés 30 ou 40 ans en arrière, à l'époque de King Crimson, Pink Floyd, Yes, Rush, Todd Rundgren (Utopia) et autres Van der Graaf Generator. Pieds nus suivant son habitude, Steven Wilson se plante au centre de son nouveau super-groupe tel un chef d'orchestre, soulignant les impulsions majeures et stimulant en permanence les musiciens. Ce premier morceau est un véritable tour de force qui mélange différents styles et ambiances avec une maîtrise étonnante.

Avant la deuxième chanson, Wilson salue le public et confie qu'il a eu peur de jouer dans une salle vide à cause de la neige! Il s'assied armé de sa guitare acoustique. Une ovation s’élève de l’auditoire, lorsqu’il attaque "Drive Home", un extrait de "The Raven ..." Cette douce ballade, caractérisée par son intro à la Camel, rappelle aussi Genesis ; mais à l’issue du break, la guitare jazzy et la clarinette lorgnent carrément vers Sting et Branford Marsalis. S'en suit un fantastique solo de guitare dispensé par Guthrie Govan. Son style est très fluide, un peu comme celui d'Alan Holdsworth, le légendaire guitariste du groupe insulaire.

Après "The Pin Drop", abordé dans l’esprit d’Anathema, et "Postcard", ‘une preuve que je peux aussi composer des chansons conventionnelles de moins de 5 minutes’, place au premier point culminant de la soirée: "Holy Drinker", une autre nouvelle compo accueillie par les acclamations du public. Et pour cause, ce chef-d'œuvre progressif est nourri de guitares puissantes et de séquences complexes qui évoluent vers un refrain psychédélique en accords mineurs joués au mellotron ; et son final tragique est soutenu par de sonorités de 'drones' ténébreuses et des riffs de guitare hypnotiques. Un grand moment. Ensuite, Adam Holzman entame au piano la magnifique intro de "Deform To Form A Star", tiré de "Grace For Drowning": des frissons nous parcourent l’échine durant cette superbe composition digne d’une perle oubliée sur un vinyle de King Crimson.

A ce moment, un voile transparent descend entre la scène et le public et une vidéo, reproduisant le visage d'un vieil homme, est projetée. La mise en scène est destinée à "Watchmaker". De beaux arpèges joués à la sèche, comme à l’époque du Genesis de l’Archange Gabriel, ouvrent cette chanson mélancolique. Ils se transforment en improvisation jazzy et s’achèvent dans une frénésie prog à la Yes. Le rideau ne disparaîtra d'ailleurs qu'après la chanson suivante, "Index". Le set embraie par deux compos relativement calmes du premier long playing. Tout d’abord "Insurgentes" et surtout "Harmony Korine", qui met en cause un metteur en scène américain que Wilson décrit comme ‘tordu’... L'enthousiasme du public est grand et non sans raison car il s'agit d'une chanson parfaite, presque ‘mainstream’. Malgré l’intro de guitare à la U2 et une mélodie réminiscente d’"Exit Music For A Film" de Radiohead, elle porte la marque indélébile de Wilson. Ici, comme c'est souvent le cas, l’adaptation live a beaucoup plus de punch que la version studio.

Après le bouleversant "No Part Of Me", Wilson exhorte ses musiciens à ‘explorer tout l'espace de la salle en se servant de leurs improvisations jazzy, mais pas trop jazzy’... Cette déclaration précède "Raider II", probablement le morceau le plus ambitieux écrit par Wilson. Un kaléidoscope musical consacré au tueur en série américain Dennis Rader Lynn (BTK pour "Bind Torture Kill"). Quelques notes très graves au piano, des bruits de film d'horreur joués en quadriphonie envahissent l’espace : l'atmosphère est sombre comme l'enfer et on entend les mouches voler. Puis, la chanson se développe pendant 20 minutes dans une succession d'ambiances oscillant du jazz au heavy metal en passant par le prog, le doom et le dark ambient. A nouveau, le final provoque une véritable explosion. Sur scène d'abord et, juste après, dans le public.

Changement total d'ambiance lors du dernier morceau. Une chanson douce. En l’occurrence le titre maître du dernier opus, "The Raven..." Wilson a révélé dans une interview que c'était probablement le plus beau morceau qu'il ait jamais composé ; et je suis tenté de lui donner raison. Lors de l'interprétation, un très beau film d'animation montre l'histoire déchirante d'un vieil homme qui a perdu sa petite sœur quand ils étaient jeunes (voir la vidéo ici ). L'ambiance dans la salle est tout simplement magique et pendant les dernières notes de piano, tout le monde se lève pour une ‘standing ovation’ qui va durer plus de 10 minutes.

Pendant le rappel, le groupe ne reprendra pas l’ancien morceau de Porcupine Tree, "Radioactive Toy", à l’instar des précédents spectacles de la tournée, mais jouera un très joli medley de deux chansons signées Wilson: "Remainder Of The Dog" et "No Twilight Within The Court Of The Sun". Ici encore, tous les avatars du prog-rock sont revisités de main de maître. L'intro hypnotique au piano évoque "Carousel" de Happy The Man et les guitares, "Voyage Of The Acolyte" de Steve Hackett, qui joue d'ailleurs sur l'enregistrement studio de "Remainder...".

Au sortir de ce véritable spectacle audiovisuel, il est clair que Wilson a formé autour de lui une équipe de grands virtuoses et que l'alchimie fonctionne à merveille. Wilson a confié dans une interview que deux ans au moins seront nécessaires avant qu'il n'envisage de reformer Porcupine Tree ; mais cette projection n'a plus guère d'importance pour votre serviteur. Cette nouvelle formation, très à l’aise pour interpréter les magnifiques compositions de Wilson, marque une évolution très positive tant sur disque qu'en concert. Ce n'est pas seulement une musique progressive, c'est aussi une musique qui progresse... Le "Roi Wilson" continuera d'être l'un des artistes les plus influents sur la scène rock et c'est ce qui compte après tout ... ‘Je gagnerai cette difficile bataille: chacun doit comprendre que ce n'est pas un 'side project', c'est la chose la plus importante que j'aie jamais faite.’ On ne peut être plus clair...

Setlist:

Luminol
Drive Home
The Pin Drop
Postcard
The Holy Drinker
Deform to Form a Star
The Watchmaker
Index
Insurgentes
Harmony Korine
No Part of Me
Raider II
The Raven That Refused to Sing

Rappel

Medley avec Remainder of The Black Dog et No Twilight Within The Court Of The Sun

Organisation: Arenberg (en collaboration avec Live Nation)

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METZ

C’était quand le nirvana du grunge ?

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Ce lundi 11 mars 2013, au Club de l’Ancienne Belgique de Bruxelles, se produisait Metz, la formation qui monte dans l’univers du noise-grunge. Une popularité croissante confirmée par l’engouement suscité par ce concert, puisqu’il affichait sold out, en moins de temps qu’il ne fallait pour l’écrire. En outre, c’est sans doute une des dernières fois que la formation évolue dans une petite salle…

Ce soir, Blackup assure la première partie. Et dès 20 heures, l’auditorium est presque comble, lorsque le band monte sur l’estrade. Un ensemble né de la rencontre entre membres de Fifty Foot Combo et The Andrew Surfers & The Featers. Sauvage, leur punk rock est authentique. Pendant une grosse demi-heure, les musicos vont se livrer à fond. Les grattes crissent, les fûts sont pilonnés et le chanteur hurle à se détruire les cordes vocales. Rien de bien original, mais une bonne mise en bouche, avant le plat consistant…

Metz n’est pas un groupe lorrain, mais canadien. Issu de Toronto, très exactement. On leur prête comme influences majeures, Big Black, Melvins, Jesus Lizard, Nirvana, My Bloody Valentine, Jon Spencer, Sonic Youth et les Pixies. Entre autres. Signé chez Sub Pop (NDR : le label qui hébergeait à une certaine époque, la bande à feu Kurt Cobain), le combo a publié son premier elpee, en automne dernier. Un disque qui a carrément bluffé les fans de noise rock, malgré sa brièveté : 29 minutes !

Alex Edkins, Hayden Menzies et Chris Slorach débarquent sur les planches vers 21h30. Les boules Quiès sont indispensables, car le son est énorme. Le groupe enchaîne d’abord les morceaux de son elpee. Et on est littéralement soufflé par une tempête sonore de force 10. Marécageuse, la guitare gronde. Pulsante, la basse ronronne. Ces deux musicos font les cent pas sur l’estrade. Un tonnerre de drums secoue constamment les lieux (NDR : doit pas être normalement constitué, ce type, pour taper de cette manière sur ses fûts). Alex, le chanteur (NDR : c’est aussi le gratteur !) pousse des cris perçants. Tout au long du set, qui ne durera que 40 minutes, le trio va libérer une énergie qui ne faiblira jamais. Manifestement il a de l’endurance, même s’il n’a pas accordé de rappel…

De la fougue, des décibels et de la sueur. On se serait cru de retour, au début des 90’s, en plein nirvana du grunge…

(Organisation AB)

 

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