L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

logo_musiczine

Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

L7
The Cure
Concerts

Marble Sounds

Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés…

Écrit par

Curieux ! Marble Sounds est un groupe belge qui jouit d’une énorme popularité à travers le monde, notamment grâce à Facebook et Youtube : depuis l’Australie à la Chine, en passant par le Mexique, le Japon, l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan. Mais en Belgique, il reste calé au stade d’espoir. Probablement encore le résultat d’un problème linguistique belgo-belge. Ce qui explique, sans doute, pourquoi, il se produit rarement en Belgique. Huit concerts sont cependant prévus au sein du Royaume, dont la release party du nouvel opus, « The Advice To Travel Light » (NDR : il vient de paraître ce 21 septembre), qui se déroule à la Rotonde du Botanique.

Le supporting act est assuré par Moonbeat, une formation fondée par le chanteur/guitariste Michaël Lamiroy, mieux connu pour son implication chez Tin Fingers et School Is Cool. Après avoir bossé pendant des années avec Thomas Jillings (saxophones, reeds, synthés, électronics), le line up s’est enrichi de quatre nouveaux musicos, dont Laurens Dierickx (Hammond, piano), Sep François (percussions), Gerben Brys (basse) et Alfredo Bravo (drums).

Ce soir, le combo est réduit à un trio. Soit Michaël, Laurens Dierickx et Thomas… Si le band reconnaît pour influences majeures Talk, Talk, Kate Bush, Sufjan Stevens et Loney Dear, enchaînés, les trois premiers morceaux évoquent davantage Yes, Alan Parson’s Project ou encore Genesis, avant que Steve Hackett et Peter Gabriel ne quittent le navire. Casquette en pied de poule retournée sur le crâne, Michaël se sert d’une semi-acoustique et chante d’une voix qui rappelle tantôt feu Mario Guccio (Machiavel) ou Gabriel Sesboue (Beautifull Badness), des morceaux le plus souvent atmosphériques, paisibles même, mais surtout empreints de délicatesse et de mélancolie. Cependant, lorsque l’instrumentation s’emballe, le spectre du Queen originel se met alors à planer.

Setlist : « Breeze », « Suller Rain », Shelter », « Walls (Absynth) », » Stone In The River », Sun Drops ».

La Rotonde est presque pleine lorsque Marble Sounds débarque, soit Pieter Van Dessel (voix, gratte électrique ou acoustique) Gianni Marzo (guitare, chant et pedal steel), Frederik Bastiaensen (basse), Mattijs Vanderleen (drums) et Brecht Plasschaert (claviers). Ce soir, le line up est enrichi de trois musicos dont la violoniste Stefan Wellens, la vocaliste Renée Sys et le préposé aux cuivres, Niels Van Heertum (trompette, saxophone, bugle, …) Votre serviteur avait découvert ce groupe, lorsqu’il s’était produit, en première partie d’Hooverphonic, à l’Ancienne Belgique, en janvier 2011.

Baignant dans un light show de couleur bleue, « Fire In The Lake » ouvre le set, un morceau sucré, acidulé, transpercé par les interventions du violon, qui remue instamment les tripes, alors que la voix charismatique de Pieter, destinée à faire fondre les chœurs, semble hantée par Chris Martin (Coldplay). Déjà la magie opère ! D’autant plus que la dernière partie de la compo s’évade dans le post rock. Lorsque Gianni opte pour la pedal steel et que les cuivres deviennent classieux, on ne peut s’empêcher de penser à Beirut. Pieter salue le public en français et en néerlandais. Il dédie le très beau « Speeches » à sa fille. Il nous signale également que la Rotonde lui a permis de rencontrer son épouse. Moment d’émotion. Caractérisé par sa mélodie soignée, beatlenesque même, « In Time » met en exergue les superbes échanges entre les voix de Pieter et Renée. « 39 » constitue manifestement le sommet du show. Les cordes sont délicatement talonnées par les ivoires. Le glockenspiel de Mattijs accentue cette impression de pureté sonore à coloration orientale… Des ivoires vaporeux baignent alors « Leave A Light On », un titre caressé par le souffle du bugle.

Lors du rappel, Pieter revient seul pour chanter « Keep Repeating », en s’accompagnant à la semi-acoustique. Et le concert s’achève définitivement par « One Last Regret », un dernier regret que traduit cette absence incompréhensible de notoriété dont est victime Marble Sounds, en Belgique…  

Setlist : « Fire In The Lake », « The Advice To Travel Light », « In Time », « Speeches », « The Summer Of The Sun », « Smoking Was A Day Job », « The Little Lows », « My Friend », « 39 », Anyhow (Even Now) », « Leave A Light On »

Rappel : « Keep Repeating », « One Last Regret ».

(Organisation : Botanique)

Rose Tattoo

Rose Tattoo - Goeie ouwe potige hard-rock’n’roll

Écrit par

Opwarmers van de avond waren de onstuimige rockers V8 Wankers. De op basis van hun groepsnaam niet al te slimme Duitsers kwamen op de proppen met een portie extreem luide en vrij hersenloze ram-rock waar wij weinig boodschap aan hadden. In hun thuisland komen ze er misschien mee weg, maar hun poging om een zaal te doen meezingen op de woorden “We Are Wankers” kon in De Kreun niet bepaald op veel bijval rekenen. Meer dan een stel tuitende oren hebben we hier niet aan overgehouden. Bestond het genre ruk-rock al ? Bij deze.

Het Australische Rose Tattoo heeft door de jaren heen nogal wat groepsleden zien komen en gaan. Het boegbeeld van deze band, de kleine kaalkop Angry Anderson, is op vandaag de enige overgebleven krijger uit de originele bezetting die in 1978 de legendarische debuutplaat ‘Rose Tattoo’ uitbracht.

De huidige bezetting is wel volop trouw gebleven aan de rauwe spirit en rock’n’roll-oerkracht van dat onevenaarbare debuut. De fans die vanavond uit waren op een potje stampende en harde rock’n’roll-nostalgie kwamen volledig aan hun trekken. Rose Tattoo putte uitvoerig uit die plaat en dat was maar best ook want al die onsterfelijke rock’n’roll beestjes deden de rest van de setlist verbleken. Het waren vooral krakers als “One Of The Boys” en “Rock’n’roll Outlaw” die het vuur deden knetteren en met de geweldige blues “The Butcher and Fast Eddie” bracht Rose Tattoo de vlam er helemaal in. Angry Anderson had een beetje de tekst en zijn stemintonatie aangepast, maar het hield die onvergankelijke bluesparel niet tegen om uit te groeien tot één van de hoogtepunten van de avond.
De rauwe strot van Anderson, die nota bene al de 70 voorbij is, was trouwens ook nog altijd even indrukwekkend en intact. De zwaar getatoeëerde dwergrocker genoot nog evenzeer als vroeger van zijn podiumstekje. Hij wist zichzelf en zijn publiek aardig te entertainen met een uitgebreid gamma aan smoelengetrek en ondertussen dronk en spuugde hij er naarstig op los. Het leek ons best wel een sympathieke kerel, hoewel we weten dat de kleine klootzak er extreem rechtse sympathieën op nahoudt, maar daar bleef de Kreun vanavond gelukkig van gespaard.
Hoe verder in de set, hoe meer de ouwe rockers op dreef kwamen en hoe heviger en sneller de pure rock’n’roll uit de speakers spatte. “Remedy”, “Bad Boy For Love”, “Astra Wally” en natuurlijk “Nice Boys Don’t Play Rock’n’Roll” zetten De Kreun op zijn kop en maakten eens te meer duidelijk : Rose Tattoo is in de eerste plaats een pur sang rock’n’roll band, waarbij die rock’n’roll in zijn ruigste vorm de zaal wordt in gekwakt. Rauw, hard, smerig en potig.

Neem gerust een kijkje naar de pics
http://www.musiczine.net/nl/fotos/rose-tattoo-14-09-2018/
http://www.musiczine.net/nl/fotos/v8-wankers-14-09-2018/
Organisatie: Alcatraz Music – Rock Tribune   

Nona Mez

Trop de précaution nuit...

'A chilly night' au Nijdrop d'Opwijk, une maison des jeunes s'improvisant presque toutes les semaines salle de concert. Au programme de cette soirée à l'ambiance résolument feutrée : Nona Mez, alias Geert Maris, de Leuven, et Windsor For The Derby, combo américain à géométrie variable, lointain cousin de This Heat, PIL et Tortoise.

 
 

Nona Mez et son « Songs of Leaving » nous avait scotchés fin de l'année dernière, avec une recette pourtant maintes fois ressassée : une guitare acoustique, un clavier et une voix vaporeuse, susurrant de mornes complaintes sur l'amour et ses dérives. De dérives, il en était fortement question ce soir, à cause d'une maladresse qui fit perdre la patience de notre jeune ami, puis, rapidement, la nôtre. Une guitare qui tombe, et voilà que le tatillon Maris s'énerve et bâcle ses compos, pourtant fort belles… Et la méticulosité, en concert, ça saoule : à force de vouloir réaccorder sa guitare pendant une plombe à chaque fin de morceau (pire : pendant), Nona Mez nous aura fait oublier l'essentiel : que son disque est fort joli. Comme quoi, le live n'est pas une cure pour les timides et les maniaques.

 
 

Heureusement, Windsor for the Derby était là pour sauver la mise, avant que la soirée ne soit rebaptisée « A boring night » : leur post-pop entre L'Altra et The Sea & Cake au placard le temps d'une heure, c'est sous les traits soniques de chevaliers de l'Apocalypse noisy-punk-funk que l'on a pu apprécier, ravis, ces Américains au look impeccable. Une tornade de rythmes binaires hypnotiques, de riffs en boucles, de paroles ânonnées avec grâce : Windsor for the Derby nous aura cloués sur place. Comme l'acid rock à la Grateful Dead, le minimalisme à la Terry Riley et le punk incisif à la Wire, Windsor for the Derby nous aura embarqués dans une quatrième dimension que seuls les grands groupes arrivent à traverser, sans se brûler les ailes. Une fois les dernières notes retentissant dans la salle, le choc avec la réalité fût rude : la marque des grands groupes, assurément.

 

The Fuzztones

Un tourbillon de psyché garage...

Écrit par

Il revenait à la formation Sheetah et les Weissmuller d'ouvrir la soirée. Un ensemble issu de l'Hexagone qui ne manque pas d'enthousiasme. Enturbanné, le chanteur ne tient pas en place et arpente constamment la largeur de la scène. La plupart du temps, il chante dans la langue de Molière. Mais le plus dérangeant procède de sa voix, dont le timbre est un peu trop proche de celui de Claude François, à mon goût. Le drummer et le percussionniste semblent prendre leur pied. Ce dernier a même suspendu des crânes en caoutchouc sur le support de son tambourin,  crânes qui agitent la mâchoire lorsqu'il frappe sur la toile. Et le bassiste, qui arbore un superbe et immense badge du « Prisonnier » soutient parfaitement ce tandem déchaîné. Plus discrets, le guitariste et le claviériste (NDR : physiquement on dirait un hybride entre Arno et Dave Formula) canalisent les mélodies. Reste un deuxième claviériste, perdu à gauche de la scène qui passe la plupart de son temps à frapper sur un tambourin. La musique de Sheetah et ses Weissmuller est coincée quelque part entre garage (normal), yé-yé, twist et rock 'bleu blanc rouge'. Et si lors de leur set, l'ombre de Gainsbourg (la reprise de « Conctact »), de Dutronc (NDR : le final « Je cherche, mais je ne trouve pas ») ou de Bijou planent sur les meilleurs titres, le manque de relief des compos finit par lasser.

Le Fifty Foot Combo remplaçait au pied levé les Seeds, qui avaient déclaré forfait quelques jours plus tôt (NDR : problème de santé du chanteur !). Une formation basée à Gand qui compte en son sein un guitariste espagnol et une claviériste française (NDR : issue de Marseille, pour être plus précis). Un sextuor dont la réputation de groupe de scène a envahi toute l'Europe. Dès que l'ensemble monte sur les planches, l'attention est immédiatement focalisée sur la claviériste. Si son physique lui aurait sans soute permis de jouer dans « Pulp fiction » de Tarantino, ses gesticulations et ses poses semblent le fruit d'un cocktail d'humour, d'extravagance et de sensualité. On a même parfois l'impression qu'elle atteint l'orgasme sur son clavier (…) Un clavier fluide qui infiltre toutes les compos du combo. Des compos qui mélangent allègrement garage, soul, punk, rock, surf et psychédélisme. Dans l'esprit des Trashmen, de Link Wray, des Ventures ou encore de Question Mark & The Mysterians. Une seule règle : la musique est exclusivement instrumentale. Enfin, presque. Puisque un des guitaristes vient quand même chanter de sa voix rocailleuse un blues crapuleux. Ce sera l'exception qui confirme la règle. Ce gratteur et le soliste espagnol (NDR : en cours de set, il présente les musiciens dans la langue de Cervantès !) se complètent à merveille, même si ce dernier semble davantage privilégier les accès de funk. A l'arrière, le drummer et le percussionniste (NDR : il est coiffé du même chapeau que John Mc Crea) impressionnent par leur virtuosité. Ils nous réservent même un petit exercice de style tribal, en terminant leur prestation sur la même caisse de batterie. Et finalement, c'est le bassiste qui déménage le plus. Il est également le leader du groupe. Pétillante, sauvage, exaltante et stylisée, leur prestation sera à la hauteur de leur réputation ; le groupe nous accordant même une cover exquise du « Banana split » de Lio. Et s'il est vrai que la présence d'un vocaliste pourrait apporter un plus à leur musique, il faut admettre qu'ils sont vraiment uniques en leur genre. D'autant plus qu'en concert, ils se produisent en compagnie de go-go girls. Qui étaient absentes à Lille. Dommage !

Pas de balances pour les Fuzztones. Le montage du matos, les quelques réglages et le rapide soundcheck sont effectués quelques minutes avant l'entrée en scène des musiciens. Une technique plutôt inhabituelle, lorsqu'on sait que certains artistes ont souvent besoin d'un temps infini pour être et parfois même ne pas être au point, le moment voulu. Faut dire que les Fuzztones sont nés en 1982, et que nonobstant quelques pauses survenues depuis, la scène n'a plus de secret pour eux. Le temps de jeter quelques 'set lists' sur le sol, et le concert peut commencer. Le quintet monte sur les planches en affichant un look plutôt gothique. Rudi Protrudi n'a pas changé depuis 20 ans. Sa longue chevelure de jais retombe sur les épaules de son immense carcasse. Lunettes noires, t-shirt à l'effigie de Love, il empoigne le micro d'une main et le pied de micro dans l'autre pour poser le baryton profond de sa voix. Un pied de micro qui va en voir de toutes les couleurs le temps de deux morceaux. Il harangue la foule, s'approche du bord de la scène et se penche vers le public, qui essaie de toucher son idole ( ?!?!?). A sa droite et à sa gauche, le guitariste et le bassiste exhibent une drôle de gratte. Sculptée dans une caisse à la forme plus ou moins hexagonale, elle répond au nom de Vox Phantom. A l'arrière, le drummer assure sobrement et efficacement, pendant que la claviériste toute de noir vêtue (NDR : très jolie !), se tient en station debout, les jambes écartées (NDR : évidemment, il y en a encore qui vont comprendre de travers, hein ! Bande de polissons…), derrière son orgue, instrument qui lui permet de napper les mélodies de ses fameuses sonorités rognées. Passé les deux premiers titres, au cours duquel un inconscient est parvenu à jeter le fond de sa bière sur une des pédales de disto (NDR : bonjour les grésillements !), Rudi ôte ses lunettes et empoigne sa guitare. Et le répertoire des Fuzztones peut déferler. La plupart des titres de son dernier album (« Salt for Zombies ») se succèdent, entrecoupés de standards comme « Strychnine » ou « Cinderella ». Pratiquement pas le temps de respirer, puisqu'un véritable tourbillon de psyché garage croustillant, rafraîchissant, parfois trempé dans le feedback, se met à déferler. Et le public ne s'y trompe pas, puisqu'il réagit en pogotant frénétiquement sur le devant de la scène. Episodiquement, Rudi sort un harmo de sa poche, pour y souffler des poussières de blues. Et probablement pour rendre un hommage à feu leur ami Screamin' Jay Hawkins. Un set ténébreux, hanté par le spectre du célèbre bluesman, sans la moindre faille et terriblement excitant (NDR : quel groove !) qui trouvera un prolongement à travers deux rappels. Au cours du premier, les Fuzztones vont nous servir une longue compo sculptée dans le bruit blanc. Du psychédélisme à l'état pur ! Et puis une chanson au cours de laquelle le soliste abandonnera ses six cordes pour un theremin. Un seul regret : l'assistance : 350 à 400 personnes pour assister à la prestation d'une légende comme les Fuzztones est totalement incompréhensible. D'autant qu'ils ne se produisent pas souvent chez nous. D'ailleurs, suivant la formule consacrée, les absents ont eu tort !

 

 

 

Loreena Mckennitt

Comme sur du papier à musique?

Écrit par

Ce concert de Loreena McKennitt était pour moi la toute première occasion de me rendre au Colisée. Cette salle est nichée dans un dédale de petites rues et son accès n'est fléché que dans un périmètre fort réduit.

Concernant Miss Mc Kennitt, je la voyais également pour la première fois. Et j'avoue avoir été attiré notamment par la curiosité : que procurait donc sur scène l'univers particulier de cette artiste assez atypique? Et je n'ai pas été déçu. Loreena, qui passe du piano à la harpe et enfile parfois un accordéon, est entourée de neuf musiciens. Batteur et bassiste assurent une assise rythmique des plus classique. Mais la guitare électrique n'intervient que très rarement, et les autres intervenants ne brandissent que des instruments acoustiques : percussions diverses, hurdy gurdy, bouzouki, lyre, luth, violoncelle, violon,…Tous parfaits dans leurs rôles respectifs. Ceci dit, seuls deux d'entre eux trouveront l'espace pour l'un ou l'autre solo : Caroline Lavelle au violoncelle et le très honorable Hugh Marsh au violon. Le band restitue à merveille cette World Music Celtique avançant souvent au pas du dromadaire. Et le son irréprochable permet de déguster pleinement la finesse et la richesse des arrangements. Du triangle à la harpe, tout est admirablement restitué. Le décor évoque l'Orient et le light show, classique mais de très bon goût, alterne les bleus, mauves et rouge/oranges au gré des ambiances musicales.

Le show privilégiera les deux derniers CDs. Bref : le dépaysement total. Certes, Loreena McKennitt n'est pas ce que l'on pourrait appeler une bête de scène. Elle séduit plutôt son public par ses fréquents messages de sympathie. Sans oublier son chant, qui vaut à lui seul le déplacement. La bonhomie du personnage, accentuée par le rapport un peu mystique qu'elle entretient avec sa musique et sa carrière, sorte d'éternelle quête initiatique, tranche fort avec une organisation qui ne laisse rien au hasard : play list fixée et communiquée préalablement au public, dépliant de bienvenue, image surprotégée (pas d'autorisation de photographier) et marketing redoutable,… De quoi nous ramener très vite à la réalité après la torpeur néo-baba-cool dans laquelle le show nous plonge. N'empêche, le public ravi aura ovationné l'artiste debout pour ses trois rappels. Moi y compris.

Org : France Leduc Productions

 

 

Olivia Ruiz

Olivia Ruiz, l'idole des (très) jeunes ?

Écrit par

Ah ce public lillois, toujours chaleureux, éclectique et enthousiaste. Le concert d’Olivia Ruiz, programmé au Zénith en ce milieu de semaine, ne le décourage même pas après un long week-end. Pour preuve, l’accueil réservé à la première partie : Bertrand Louis, un artiste plutôt inconnu malgré la confection de trois albums dont le dernier signé chez Universal. L’artiste n’est d’ailleurs plus tout jeune. Il semble d’ailleurs à l’aise, seul avec sa guitare, et nous propose ses ballades et chansons à texte, abordant notamment les thèmes de l’amour, de la paresse ou même du renoncement au tabagisme…

Malgré un accueil cordial, une partie du public commence à s’impatienter. Et de nombreux enfants présents dans la salle manifestent cette impatience en scandant ‘Oliviiiaaa’. Elle devrait d’ailleurs penser à entamer ses concerts un peu plus tôt, afin qu’ils n’aillent pas se coucher trop tard… Enfin (pour eux surtout), les lumières finissent par s’éteindre, et les musiciens montent sur les planches. Le concert démarre en force, mais on ne distingue pas immédiatement Olivia Ruiz, car elle reste au fond du podium, sur une sorte de mini piste de danse, où elle retournera régulièrement au cours du show. Plutôt sexy dans sa (courte) robe noire à pois rouges, elle est plutôt en forme et secoue sa longue chevelure. Ses deux albums « J’aime pas l’amour » et « La femme chocolat » seront parcourus tout au long d’un set intense, entrecoupés par quelques impros. Et elle est plutôt bavarde la Ruiz ! Les titres sont retravaillés à la sauce rock/folk, teintés parfois de jazz/twist, au cours duquel la chanteuse (et ses musiciens) s’autorisent divers pas de danse. Le track list implique également quelques reprises, dont une de Los Carayos (pour rappeler son côté rock alternatif ou ‘nouvelle chanson française’ comme on le taxe aujourd’hui) et même du « Requiem pour un con » de Gainsbourg.

Le spectre de Mathias Malzieu hante son dernier opus, mais également la scène. On en oublierait presque ses débuts opérés lors d’une émission de téléréalité dont on tira le nom ; car elle mérite bien mieux… Reste toutefois une partie de ce public composé d’enfants et de jeunes parents accompagnant leur progéniture ; mais bon, cette situation change des auditoires traditionnels !

 

 

Matmatah

Un bon divertissement...

Écrit par

Difficile de se faire une opinion sur Matmatah :

1) groupe pop monté de toutes pièces par les médias (depuis leurs passages à répétition sur la chaîne musicale MCM) ou

2) 4 Bretons ayant réellement démarré comme groupe alternatif et révélés par leur unique talent ?

Une chose est sûre, leur succès actuel tient en partie de l'effet de mode celtique récemment instauré par des formations telles que Manau ou Louise Attaque. Seul moyen de vérifier si leur qualité intrinsèque était à la hauteur de leur succès médiatique : se rendre au Botanique ce lundi 8 mars 1999. Premier point positif : le prix des places : 350 FB nonobstant la taille de la salle (Orangerie), pour un concert rapidement sold out. Tempérons cependant notre enthousiasme, lorsqu'on sait qu'ils ont augmenté le prix de leur cachet pour un seul concert en festival : 100.000FF. La présence de nombreux "teenagers" allait-elle nous permettre de vivre un concert mémorable comme seul la Mano Negra ou d'autres groupes de rock alternatif français pouvaient nous délivrer début des années 90? Les fans de ce style ont d'ailleurs dû se contenter de ce concert, car dans le programme tendu et éclectique de ce 'Parcours chant' du Botanique, les Shériffs allaient faire faux bond laissant nos amis les Binamé seuls à contempler leur triste sort. Après une première partie franchement médiocre assumée ( ?!) par le groupe Meaulnes, nos 4 Bretons ont donc débarqué à Bruxelles, pour ce qu'ils appelèrent plus tard leur 'dépucelage' ; soit leur premier concert en dehors de leurs frontières françaises. Face à un public jeune et déjà acquis à sa cause, leur entrée en matière était facilitée, mais le début du concert m'a laissé perplexe et m'a fait pencher vers la première hypothèse développée au début de cet article. En effet, en entamant le set par des titres tels que "La Ouache", "Kerfautras" et "Emma", nos 4 gaillards sont restés très proche des versions studios de leur album, un peu comme si on devait se farcir un podium 'Radio Contact' lors d'une manifestation populaire. Heureusement, la suite du concert m'a quelque peu rassuré. Et en particulier le morceau "L'apologie", soit l'hymne … la libéralisation du cannabis, drôle et éloquente à la fois, à l'instar du "Marie-Jeanne" des Slugs (NDR : l'un a-t-il plagié l'autre ?). Le groupe a osé également interpréter 2 nouveaux morceaux : si "Archimède" m'a laissé plutôt de marbre, le second, toujours sans titre, était un peu plus 'buscant'. Ce morceau, ainsi que le look du chanteur ajoute d'ailleurs une note 'hippie' au groupe à la manière ; un peu dans l'esprit de Guided By Voices. J'ai beaucoup apprécié l'excellente reprise de "L'évadé" de Gainsbourg (repris de B.Vian). Ni vraiment énergique ni vraiment folk/celtique, c'est ce que j'ai le plus déploré : un manque d'originalité du groupe et certaines limites actuelles. L'instrumentalisation reste simple, seuls quelques airs de flûte traditionnelle sortent du lot. Ce qui a un peu sauvé le concert ? D'abord un public déchaîné 'pogottant', 'slamant', 'stage divant', nonobstant le service d'ordre rigoureux. Ensuite, 2 titres enchaînés : le tube "Viens faire un tour … Lamb‚" lorsque le groupe s'est laissé un peu aller sur une reprise d'Abba en plein milieu et "Ribette's" jouée à fond de caisse. Je reste donc sceptique quand à l'évolution de ce groupe mais je leur souhaite toutefois bonne chance car il convient de dire, pour terminer, qu'ils étaient au départ un peu coincés sur scène mais finalement très sympa et que leur concert, à défaut d'être aussi époustouflant que l'explosion de leur vente d'albums, est resté un bon divertissement. (N.D.R. : et encore merci à Carlo Di Antonio pour le lift retour vers Mons !)

 

Amadou & Mariam

Un rayon de soleil venu d’Afrique…

Amadou et Mariam sont loin de se cantonner dans une world music classique et banale. Pour preuve, sur leur dernier opus, Dave Albarn était venu ajouter une discrète mais élégante touche électro, alors que Tiken Jah Fakoly s’était illustré en posant délicatement sa voix sur des accords reggae. Et Manu Chao avait apporté à certains titres de « Dimanche à Bamako », leur avant-dernier opus, un parfum sud-américain particulièrement séduisant. Cette date bruxelloise constituait déjà la quinzième d’une longue tournée baptisée ‘Welcome to Mali’, un périple qui a débuté à Reims, ce 21 janvier. Au cours de ce concert on s’est d’ailleurs rendu compte que le rodage de leur spectacle n’était pas encore achevé, et qu’il ne pouvait que bonifier au fil du temps. Une période qui devrait suffire pour être au top, entre le 10 et le 24 février, point d’orgue de leur tournée, puisqu’ils ont été invités par Coldplay (NDR : et oui, rien qu’eux !) pour assurer leur première partie aux States.

Mais revenons à ce set pour lequel nous sommes arrivés malheureusement trop tard, afin d’assister au supporting act. Faut dire que l’Ancienne Belgique a décidé de n’annoncer les horaires et le nom des artistes programmés en première partie, que le jour même, à partir de 12 heures ! Dans ces conditions, difficile d’être ponctuel. Surtout lorsqu’on passe l’avant-soirée dans un bistrot sympa de la capitale, fréquenté par Arno.

Bref, sur le coup de 20h50 (NDR : précises, chapeau à l’organisation !), nos Maliens montent sur les planches. Le début de concert est plutôt calme mais riche en émotions. On ressent toute la complicité et l’amour (NDR : pour leur couple, la musique, leur pays et l’humanité… n’ayons pas peur des mots !) partagé par le duo. Tout au long de la première partie, les chansons traduisent la générosité des artistes et véhiculent des thèmes fédérateurs de paix et de tolérance. Conquis, le public belge ne faillit pas à sa bonne réputation ; mais il a envie de bouger. Un souhait qui ne sera exaucé que lors du deuxième acte, grâce notamment aux chorégraphies déhanchées des deux charmantes choristes et aux rythmes endiablés d’un percussionniste venu mettre l’ambiance sur l’avant de la scène. Inévitablement, la température monte d’un cran au sein du public et un rayon de soleil africain vient nous réchauffer le cœur (et le corps !)

Lors du premier rappel, le duo décide de plonger toute la scène dans le noir, afin de sensibiliser la foule au travail des associations qui s’occupent des aveugles. Un moment de recueillement de brève durée, puisque les lumières se rallument progressivement, provoquant à nouveau l’enthousiasme de l’audience.

Et en second rappel, le couple nous délivrera « Senegal fast food », avant un dernier titre salvateur…

L’éclectisme rencontré tout au long de leur dernier opus a donc bien passé la rampe, sur la scène bruxelloise. Bien sûr, on aurait souhaité que le show s’enflamme davantage et puis de vivre un show de la trempe de ceux que leur pote a l’art de nous livrer (NDR : on parle bien ici de Manu Chao !) Ce sera peut-être pour la prochaine fois. C'est-à-dire lors de l’édition 2009 du Couleur Café, festival au cours duquel Amadou et Mariam sont d’ores et déjà programmés…

Organisation UBU.

The Afghan Whigs

Le rappel était inutile...

Écrit par

Ce concert était très attendu. D'une part, parce qu'il avait été reporté ; et d'autre part parce qu'il était intéressant de voir confirmer, sur les planches, tout le bien que l'on pense de "1965", leur dernier album. Un chef d'œuvre, comme dirait Marc Isaye. Un disque de référence, en quelque sorte, car après avoir roulé leur bosse pendant une bonne dizaine d'années, nos Américains continuent d'innover tout en gardant leurs racines et leur intégrité. A contrario d'autres groupes qui s'essoufflent trop rapidement ou se contentent de reproduire de pâles copies des opus précédents. Non vraiment, le soul-rock délivré par Afghan Whigs est inimitable. D'ailleurs, si vous ne les connaissez pas, je vous avoue que les décrire ou les comparer à un autre groupe est une tâche difficile. A la limite, on pourrait imaginer un croisement entre Sonic Youth et James Brown. Une chose est sûre, il faut admettre que ce combo est parvenu, jusqu'à présent, à bien gérer sa carrière. Signé, au départ, sur le label Sub pop, il avait alors commis l'excellent elpee "Congregation". Passé sur la major Warner en 1993, il nous a délivré "Gentlemen", un elpee davantage noisy/pop ; mais surtout un disque qui allait leur ouvrir les portes du grand public. A partir de cet instant on aurait pu avoir les pires craintes ; surtout après la sortie de "Black Love", une plaque un peu en deçà des autres.

Mais ce mardi 16 mars à l'AB, nos amis de Cincinnati ont balayé toutes nos suspicions, en délivrant un set époustouflant. Ils sont parvenus à mettre le feu en nous allumant à chaque morceau. Pendant près de 2h30, ils ont pu enchaîner les différents titres du dernier album et ce qu'on peut appeler des tubes comme : "Somethin' Hot", "66" ou encore "Debonair", "What jail is like", etc. Seul bémol : le rappel. Les longues intros jusque là originales, sont devenues un peu redondantes et lassantes. Cause à effet ? Je n'en sais rien ; mais une chose est sûre, la playlist était devenue beaucoup moins intéressante… Maintenant, il est possible que le groupe n'a pas voulu sombrer dans un concert trop traditionnel. Visiblement enroué, toussotant entre les morceaux, Greg Dulli n'a pas hésité pas à se casser la voix pendant toute la durée du concert. Il faut quand même préciser qu'il a pu compter sur le concours de ses deux choristes, dont la performance a été tout bonnement exceptionnelle. Nonobstant son physique peu avantageux, Susan Marshall a d'ailleurs eu l'occasion de faire vibrer la salle et même de la charmer en interprétant "My curse". Black, l'autre choriste, a apporté une note soul au concert, tout en agrémentant sa performance de quelques pas de danse plutôt drôles... Afghan Whigs a pu aussi compter sur la collaboration d'un bassiste très classe et d'un excellent pianiste pour compléter l'harmonie : John Curley et Michael Horrigan. Très à l'aise sur scène, ils ont même reçu une ovation lorsque G.Dulli les a présentés.

En première partie, nous avons eu droit à une bonne surprise, sous la forme du groupe Snowpony. Sa prestation a séduit le public qui avait pris la peine d'arriver plus tôt. Ce qui peut s'expliquer aisément, lorsqu'on sait que line up est composé d'ex membres de My Bloody Valentine et de Stereolab...

 

Valerie June

Quand charismatique rime avec électrique…

Écrit par

En 2013, Valérie June publiait son quatrième elpee, « Pushin’ against a stone », un disque unanimement apprécié par la critique. Cette jeune femme à la coiffure de poupée vaudou y chantait, d’une vois nasillarde, des compos profondément enracinées au Sud des USA. Quatre ans plus tard, après avoir conquis un large public et écumé les salles de concerts (notamment en première partie de Norah Jones), elle nous propose son nouvel opus. Intitulé « The Order of Times », il est paru en mars dernier, et se révèle musicalement plus fouillé, mais également davantage éclectique. Et elle est venue le défendre ce mercredi 4 mai, à l’Ancienne Belgique de Bruxelles…

Pour accueillir l’artiste, l’AB est en configuration assise. Comme au théâtre, quoi ! Vers 21 heures, les retardataires prennent place sur leurs sièges, juste avant que les lumières ne s’éteignent. Directement, le drummer s’installe derrière ses fûts et imprime une solide rythmique, bientôt appuyée par le reste de la troupe. Qui implique un bassiste (NDR : il se plante à ses côtés), ainsi qu’un guitariste et un pianiste (NDR : ils optent pour l’autre flanc). Au bout de quelques secondes, Valérie June grimpe sur l’estrade. Parsemée de paillettes, sa tenue est dorée, scintillante même. Elle s’installe au centre, empoigne son banjo et attaque « Man done Wrong ». Il faut cependant attendre deux morceaux avant qu’elle ne se lâche complètement. En adaptant son dernier single, « Shakedown », dans une version plus électrifiée et vivifiante. Il n’en faut pas plus pour enthousiasmer la foule. De plus en plus à l’aise, elle commente les lyrics de ses morceaux et évoque ses origines à travers un ancien titre, baptisé « Tennessee Times ». Ses musicos sont manifestement bien rôdés à l’exercice du ‘live’. Ce qui lui permet de jongler entre toute une série d’instruments, dont la guitare (acoustique, électrique), le banjo ; mais également les styles. Que ce soit le folk, la country, le blues ou le gospel. Mais le plus intéressant procède du traitement des compositions, bien plus électrique. Aussi lorsqu’elles adoptent un profil davantage blues/rock, voire garage, on ne peut s’empêcher de penser à l’influence exercée par Dan Auerbach, le leader de Black Keys, en compagnie duquel elle a d’ailleurs bossé. En outre, elle parvient à libérer toute sa sensualité en exécutant quelques pas de danse, pendant « Two Hearts ». Elle n’oublie pas de nous accorder « Somebody to love », une excellente compo qui figurait sur son précédent long playing. Au bout d’une petite heure, toute l’équipe quitte la scène…  

Et quand Valérie y revient, c’est pour étaler toutes ses capacités vocales. Elle clôt alors la soirée, flanquée de ses musicos –qu’elle n’oublie pas de présenter– par « Astral Plane ». Une véritable apothéose, au cours de laquelle elle bondit aux quatre coins de l’estrade. Un flux d’énergie qui déclenche une véritable ovation au sein de l’auditoire.

Il a fallu quelques années avant que l’artiste, alors timorée en ‘live’ (NDR : comme lors de son set accordé au Botanique, en 2013), se révèle enfin une véritable showwoman. En électrifiant son répertoire, mais aussi en affichant un charisme, qu’on ne lui connaissait pas…

(Organisation : Ancienne Belgique)