Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Concerts

Soen

La grenouille qui voulait se faire aussi grosse qu’un bœuf a été mangée par un lizzard…

Écrit par

Ce vendredi 13 mars, se déroulait le concert de Soen, à l’Alhambra à Mons. En supporting act : Lizzard.
Les hostilités devaient débuter à 20h00, mais comme toute bonne organisation qui se respecte, elles ont pris entre 45 à 60 minutes de retard…
J’arrive donc peinard vers 20 heures 30 au pied de la salle montoise. Bizarre, le sas est vide !
Je suis surpris aussi de constater que le parterre est clairsemé. A priori, les groupes à l’affiche de ce soir de drainent pas la foule. Ou alors, c’est peut-être l’effet pervers de la crise économique qui frappe durement et cruellement les moins nantis d’entre-nous !
Parce que même si les concerts se veulent plutôt accessibles dans le cadre de Mons 2015 (et c’est tant mieux !), la culture, en Belgique, a tout de même un prix !
Fermons cette parenthèse !

A l’entrée, je passe devant le stand marchandising. Certains membres de Soen sont présents. Je tente de discuter. Ne maîtrisant pas la langue de Shakespeare suffisamment que pour pouvoir tenir une longue et sérieuse conversation, je demande à un ami qui m’accompagne de jouer à l’interprète. Etrangement, déjà, la communication se glace. Et le courant passe difficilement. Nous avons l’impression de littéralement les emmerder ! Les questions ne trouvent pas réponse. Une personne semble même mal à l’aise devant le peu d’empathie que nous témoignent ses comparses. Il s’agit là sans doute du paradoxe des relations humaines…

Je ne m’inquiète pas ! Après tout, qu’importe, je me suis déplacé avant tout pour assister à un spectacle et retranscrire mes impressions en toute objectivité.

Lizzard assure donc la première partie. Il s’agit d’un trio mixte franco-anglais qui a déjà de la bouteille, malgré son jeune âge ! Les musicos doivent avoir à peine la trentaine.

Après une première démo réalisée en 2007, la formation publie en 2008, un premier Ep intitulé « Venus ». Rencontrant un véritable succès critique, le band enregistre son premier album en 2012, à Los Angles. Son titre ? « Out of reach ». Il est très prometteur et déborde de créativité.

Aujourd’hui, le combo est venu défendre les couleurs de « Majestic », un deuxième opus tombé dans les bacs depuis quelques mois.

Vers 20h45, Mathieu Ricou (guitare, voix), Katy Elwell (batterie) et William Knox (basse, voix) s’installent.

Détail croustillant, ce qui me frappe, c’est cette toute jeune et frêle jeune fille derrière les fûts. Les traits fins et le visage angélique, on lui donnerait le bon Dieu sans confession.

Et pourtant, cette docteur Jekyll devient une Mrs Hyde en puissance, derrière ses fûts ! Dès les premiers décibels, elle prouve que l’on peut être très féminine et en avoir dans le pantalon ! Elle frappe sans vergogne toms, cymbales, grosse caisse et caisse claire. Elle dispose de tellement d’accessoires qu’on peine à la distinguer clairement.

Le public sait maintenant à quelle sauce il va être mangé !

Effectivement, aux rythmes chevronnés des compositions qui s’enchaînent, autour de moi des dizaines de chevelures longues et épaisses s’agitent. Les mouvements de tête se font de plus en plus pressants et intenses. On dirait une grand-messe réunissant ses pèlerins. Un ersatz sectaire même !

Pour ma part, la coupe rase et la calvitie naissante m’interdisent toute rivalité !

C’est curieux à voir ! Mais le genre musical rock/expérimental/art/metal s’y prête admirablement ! Et relève du folklore !

Après un set rondement mené autour des albums « Majestic » et « Out of Reach », le show prend fin.

J’en profite pour m’hydrater. J’attends impatient le repas principal. Ou le dessert. Ce sera selon !

Vers 22 heures, les premières riffs de guitares métal/prog de Soen font trembler l’hémicycle.

Formé en 2005, sous l’impulsion de Martin Lopez, le projet est rapidement mis au placard. Ce n’est que cinq années plus tard que le band s’extirpe de son cocon suite à l'arrivée de Joel Ekelöf (Chant) et Steve Digiorgio (Basse). 

Un premier disque, évoluant entre Rock et Metal Progressif, baptisé "Cognitive", paraît en 2012. "Tellurian" est quant à lui disponible depuis le 4 Novembre 2014 chez Spinefarm Records.

Joel Ekelöf, Martin Lopez, Joakim Platbarzdis et Stefan Stenberg affichent une excellente technique, mais leur musique, plus prog que metal, ne parvient pourtant pas à faire décoller l’ambiance !

Les musicos semblent s’en donner à cœur joie sans pouvoir réellement communier avec le public. Un problème d’ego surdimensionné peut-être…

Le chanteur possède d’excellentes dispositions vocales. Mais, il ne les met pas au profit de l’ensemble. Il en fait maladroitement des tonnes. Ce qui n’apporte rien… si ce n’est à décrocher des sourires moqueurs et… susciter un sentiment d’ennui ! Serait-ce la conséquence de la recherche d’une identité propre à n’importe quel prix ?

Les spectateurs ne sont pas dupes et leur attention s’amenuise comme neige au soleil ! Dommage !

Bref, l’alchimie n’est pas au rendez-vous ce soir !

La set list puise parmi les compos de « Tellurian » et « Cognitive ».

La seule bonne surprise viendra lors du rappel. Le titre « Word » est balancé tout en retenue. Juste une guitare et une voix durant la partie première de la structure du morceau. Durant ces (trop) petites minutes d’intimité, le chanteur redevient homme, au sens le plus noble du terme et communique une émotion forte avec les badauds.

Le rappel prend fin.

Je regagne le bar… pratiquement vide !

J’aperçois au loin les trois membres de Lizzard. Je me dirige vers le stand. Ils sont très accessibles, contrairement à leurs homologues. Je taille une bavette auprès de la jolie Katy. Elle a 32 ans et compte déjà 16 années de batterie dans les tripes. Je la complimente sur son jeu. Je la sens réceptive et très humble à la fois.

Nous nous échangeons alors quelques brides d’informations. Elle est d’origine anglaise, mais parle un français impeccable. Je m’en étonne. Elle précise qu’elle vit en France depuis ses 11 ans (si ma mémoire ne me fait pas défaut).

Elle griffonne, le sourire aux lèvres, quelques mots sur un bout de papier que je m’empresse de mettre en poche. Je m’attarde environ un gros quart d’heure.

Durant ce laps de temps, Soen reçoit aussi une poignée de fans exaltés. J’en vois quelques-uns repartir, un vinyle sous le bras… Support que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître… Les flashs continuent de crépiter et les selfies seront légion ce soir!

Finalement, tout ne sera pas perdu pour tout le monde !

Set list

Tabula
Delenda
Ennui
Koniskas
Canvas
Kuraman
Fraccions

(Organisation Alhambra)

 

Lordi

Welcome to the Finnish Horror Show !

Écrit par

Afin de permettre aux aficionados de patienter jusqu’à son festival qui se déroule en août, l’organisation Alcatraz propose ponctuellement des club-shows. Et, en programmant Lordi en tête d’affiche, elle respectait à nouveau un label de qualité. Du haut de ses vingt-trois années de carrière et bénéficiant d’un succès décuplé, suite à sa victoire décrochée à l’Eurovision (un des rares éclairs de créativité dans ce concours), les monstres ont littéralement assuré le show, ce mercredi soir, en mêlant parfaitement comédie et horreur.

L’ouverture de bal revient à Hollywood Groupies. Ce combo italien pratique un Heavy Metal somme toute classique, mais idéal pour une entrée en matière. Il débarque sur scène en toute simplicité. Mirko peine cependant à rejoindre sa batterie (enfin, celle de Dirty Passion, deuxième groupe de la soirée). Il faut dire que le podium de la salle courtraisienne n’est pas très large et que le fond est déjà envahi par le matos, caché, de Lordi. C’est donc dans un espace contigu que le quintet conquiert petit à petit les metalheads présents, puisant ça et là dans leur album « Punched By Millions Hit By None » et leur dernier LP, « Bitchcraft », sorti l’année dernière. Foxy et Kelly, chanteuse et lead-guitariste du band, emplissent l’espace à elles deux. Les ‘sisters’, comme elles se surnomment l’une l’autre, sont toutes deux de cuir et bas résilles vêtues, leurs chevelures noires et blondes virevoltant aux rythmes des riffs. Rien ne sert de tourner autour du pot, leur charisme et attitude sexy charment le public. Un look qui détonne par rapport au bassiste, Condor, que l’on croirait directement issu d’un band de grunge des années ’90. Un bon moment dans la bonne humeur, malgré un set parfois un peu trop linéaire et quelques difficultés à meubler les espaces entre les morceaux. Mais ce ne sont que des détails…

Le temps de se rafraîchir et de se soulager (à moins que ce ne soit fait dans l’ordre inverse ?), deux roll-ups à l’effigie de Dirty Passion sont installés de part et d’autre du podium. Kriss, chanteur de la formation, déboule sur l’estrade coiffé d’un chapeau de cow-boy et vêtu d’une chemise ouverte à l’effigie des Ramones. L’impressionnant guitariste Chrisse, au t-shirt sans manches, de couleur grise, usé par les shows, et au pantalon multi-patché, se plante devant votre serviteur, armé de sa guitare. Nasty et Mike, respectivement bassiste et batteur du band, visiblement inspirés par l’époque Mötley Crüe, complètent le quatuor suédois. Proposant un Heavy plus sale et plus cru que le combo précédent, Dirty Passion est visiblement attendu. Acclamé dès leur arrivée, les musiciens vont tenir la barre haute pendant leur set, hypnotisant la fosse tant par leurs riffs teintés heavy que par la voix très belle et claire du frontman. Un voyage où l’on se laisse prendre par la main, atteignant émotionnellement son apogée sur « Addicted », morceau exécuté partiellement à la guitare sèche par Kriss. ‘We’ll come back later, see you soon Belgium’, s’exclame le chanteur. Difficile à croire, mais les quarante minutes du set sont passées trop vite. Une belle découverte !

Les entrées digérées, place maintenant au plat de résistance. Et quel plat ! Côté scénique, on reste dans le classique. Un backflag frappé du logo de Lordi tapisse l’arrière-plan, tandis que disposées à gauche et à droite du podium, deux toiles, sont tendues sur des armatures métalliques, en guise de rappels. Plongeon dans le noir, la foule crie et scande le nom du band. Une femme habillée en hôtesse se plante au milieu de l’estrade, mimant l’atterrissage d’un avion à l’aide de deux bâtons lumineux bleus. L’engin atterri, les monstres débarquent sur « Nailed by the Hammer of Frankenstein », le single de leur dernier opus, « Scare Force One ». Quelle présence ! Les costumes, magnifiques dans leur laideur, ne sont pas sans rappeler un film d’horreur série Z. Incarnant un énorme bœuf au visage squelettique, coiffé de deux cornes, le bassiste, Mr OX, en impose par son regard démoniaque et ses gestes amplifiés. D’énormes ventilateurs ne manquent pas de rafraîchir les monstres, suffoquant certainement en dessous de leurs déguisements rocambolesques. ‘On a plutôt l’habitude qu’il fasse froid en Finlande. Ici, c’est carrément l’été torride’, lance Mr Lordi, frontman du band.

On ne perd pas de temps et « This is Heavy Metal » est de suite enchaîné, suivi de leur incontournable tube « Hard Rock Hallelujah », connu internationalement (NDR : Tu vas voir qui ce soir ? Lordi ? Connais pas… Ah si les monstres de l’Eurovision ! Je serais curieux de voir le nombre de personnes qui ont vécu ce moment de vie le jour du concert). Le public, pourtant majoritairement constitué de trentenaires et de quadragénaires, répond présent quand la bête au micro en forme de hache leur demande de sauter au rythme du morceau. Un premier solo marque à présent un break lors de ce show. Les spots blancs se focalisent sur Mrs Hella et son clavier. L’espèce de femme décharnée au regard mi-aveugle, mi-zombie, s’excite sur ses touches et lance « Hell Sent in the Clowns », également issu de leur dernier LP. Un clown démoniaque, de blanc vêtu, commence à courir entre les musiciens, chassé à coup de hache par le géant Mr Lordi.

A moins que vous ne l’auriez pas encore compris, le groupe met le paquet quant au côté visuel de sa prestation et ne lésine pas sur l’utilisation d’objets divers et variés tout au long de leurs vingt et un morceaux proposés au cours de cette soirée. En témoigne la nouvelle apparition du même clown sur « Blood Red Sandman », déambulant sur scène avec un petit seau. Il y plonge la main et la secoue sur la foule. Nous sommes donc désormais… bénis de gouttes de faux sang ! Mr Mana nous sert ensuite son solo. Plongé dans l’obscurité, il martèle ses fûts de baguettes luminescentes bleues. Il faut dire que chaque musicien a droit à son moment de gloire en cette soirée, profitant de l’espace, à lui seul, pendant 5 minutes. Deux titres après la performance du drummer, c’est au tour du bassiste bestial Mr Ox d’être sous les feux des projecteurs. On lui apporte une caisse posée sur des roulettes. Elle contient un vieil homme. Mr Ox s’en approche et commence à la martyriser. Le pauvre bougre crie, appelle à l’aide. En vain. La bête se retire enfin laissant un trou béant et ensanglanté au niveau du ventre. Rassasié de tripes, le bassiste peut à présent démarrer son solo, qu’il enchaîne à « How to Slice a Whore », tiré de leur dernier LP.

Le band a également conservé une bonne ha           bitude pour le ‘live’. Celle de toujours réserver un morceau qui n’est jamais sorti. ‘A fucking B-track or whatever you name it…’, lance le chanteur, avant que ne démarre “Don’t let my Mother Know”. Il ne fallait en tout cas pas avoir peur d’être maculé en cette soirée. C’est en effet à présent une pluie de mousse qui s’abat sur nos têtes ; rien de tel, au final pour lancer « It Snow in Hell », extrait de leur album « Arockalypse », un disque publié en 2006. Quelques chansons plus tard, nous sommes à nouveau plongés dans le noir, avant que n’apparaisse Mr Amen sur la droite du podium, coiffé d’un némès, ce foulard rayé blanc et bleu que portaient les pharaons à l’époque. Il a ainsi également droit à son solo (modéré, soit-il dit en passant) sur « Amen’s Lament to Ra II », un intermède issu de « Babez for Breakfast ». Le show s’achève par deux titres qui figurent sur « Get Heavy », paru en 2003. A peine les goules reparties dans les loges que le public s’en donne à cœur joie : ‘we want more, we want more !’ Mr Lordi réapparaît sur le podium, chaussé de lunettes, coiffé d’une casquette de pilote d’avion et armé d’un pistolet Co2 à air froid. Une énième mise en scène afin d’entamer le titre éponyme de leur dernier LP, « Scare Force One ». C’est finalement, en portant deux grosses ailes d’insectes dans le dos, que le frontman termine cette prestation, haute en couleurs. Le combo y réserve alors de ses plus gros tubes, « Who’s Tour Daddy » et « Would You Love a Monsterman ».

Les Finlandais n’ont certainement pas révolutionné le monde du Heavy Metal et leurs compositions sont toutes, au final, très easy-listening. Mais ils valent certainement le déplacement pour leurs prestations scéniques, parvenant à créer un véritable monde de l’horreur, crédible du début jusqu’à la fin. Etre outrancier, ce n’est pas compliqué. Mais parvenir à rester authentique dans l’outrance, relève d’une maîtrise certaine. Une belle soirée au pays de l’horreur déglinguée.

(Organisation : Alcatraz clubshows)

Pour la section photos, c’est ici

 

 

 

 

Fiction Plane

Fils de… mais pas seulement…

Écrit par

Fiction Plane est un groupe insulaire fondé en l’an 2000. Il réunit le drummer Pete Wilhoit, le guitariste Seton Daunt et le chanteur/bassiste Joe Joseph Sumner. Ce dernier n’est autre que le fils aîné de Gordon Sumner, alias Sting, leader du mythique The Police. Encore un Sumner qui se produit en concert à l'AB. Sting a une grande famille et pratiquement tous les enfants sont musicos. Votre serviteur les pratiquement déjà tous vu en ‘live’, depuis qu’il zone les salles obscures ou non de concerts ou encore les festivals de Belgique et de France. Et notamment le projet de sa fille, I Blame Coco. Mais pas encore Joe. Fiction Plane ne s’est finalement révélé qu’en 2007, lorsqu’il a accompli le supporting act du band de son illustre paternel, reformé pour quelques dates. C’est également cette année-là que le combo avait publié un remarquable deuxième album intitulé « Left Side Of The Brain » (NDR : il faisait suite à « Everything Will Never Be Ok », gravé en 2003, et a précédé « Sparks », commis en 2010). Un opus sur lequel figure le hit « Two Sisters ». Bien évidemment les nombreuses dates accordées en Europe ont également contribué à forger leur réputation. La première partie, ce soir, est assurée par Atlantic Attaction, un ensemble batave…

Qui est originaire de La Haye. Le line up implique le chanteur/guitariste Kevin de Haas, le second gratteur (acoustique et électrique) Arend Lakke, le bassiste Joris van der Poel et le drummer Sibren Huijsmans. Le groupe a acquis son expérience au fil des tournées. Il a déjà assuré le supporting act de Young The Giant, Kensington et Coasts. Son dernier EP, « Strange Love », est paru fin 2014. Dans la foulée, le combo a accompli un périple d’une trentaine de dates, à travers l’Europe. Classique, son rock indé lorgne vers Foals et The Boxer Rebellion.

A 20h00 pile, le quatuor monte sur les planches. Des synthés, claviers et machines sont placées devant le bassiste et le second guitariste. Le set s’annonce plus électro que prévu… On verra !

Après une intro classique, « Strange Love », le titre maître de leur premier Ep, ouvre le bal. Les envolées de guitares sont atmosphériques et glaciales, avant que la section rythmique ne décide de reprendre, par sa puissance et son efficacité, le fil conducteur. Plus tendre, « The Excuse Act » met en exergue la voix de Kevin, particulièrement mélodieuse. « Far From Home» est un morceau plus paisible encore. On boit les paroles de la chanson. Le public est attentif et on n'entend pas une mouche voler. Guitares et synthétiseurs entrent en conflit, tout au long de « Nothing Left ». « Looking For Anwers » monte progressivement en puissance, une structure en crescendo alimentée par les 2 fois six cordes électriques. Graduellement, la prestation devient plus énergique et les claviers prennent davantage de place. Manifestement, Atlantic Attaction a du potentiel et devrait faire parler de lui dans un futur plus ou moins proche.

Tracklist: “Intro”, “Strange Love”, “The Excuse Act”, “Far From Home”, “Ex Act Synth”, “Nothing Left”, “Looking For Anwers”, “Holding You Back”, “Odessa”, “All That I Need”.

Fiction Plane a publié son nouvel opus, « Mondo Lumina », ce 9 février. Il a été enregistré aux légendaires Henson Studios de Los Angeles, sous la houlette de Tom Syrowski (Bruce Springsteen, Incubus). Lors des sessions, les musicos ont intégré des instruments comme le mellotron, l'orgue et le glockenspiel. Ce qui explique pourquoi la texture sonore des compos est plus riche et variée que par le passé. Et le premier single extrait de cet LP, « Where Do We Go From Here », en est la parfaite illustration.

Le fiston à Sting est vachement détendu et entre immédiatement en interaction avec son public, dès sa montée sur l’estrade. L’AB Club est blindé. Placé tout devant, Didier est même incapable de remuer le moindre poil de barbe… 

« Where Do We Go » ouvre le set. C’est également le titre inaugural du nouveau long playing. Une compo très rock, énergique et mélodieuse. Elle me rappelle même le U2 des débuts. Très radiophonique, elle pourrait tutoyer les sommets des charts. Mr Sumner est un showman et focalise tous les regards. Il présente chaque morceau. Le deuxième titre est également celui de l’LP, « Flesh And Bone ». Plus cool, on discerne chez Joe, le même grain de voix si caractéristique de Sting. Il demande d’écouter attentivement « Listen ». Le public obéit ! La mélodie accroche instantanément. Dommage que je ne comprenne pas mieux la langue de Shakespeare ! Sur disque, « Real life » est enrichi d’une multitude de sonorités. En ‘live’, la version est plus simple et même dépouillée. Et comme j’apprécie tout particulièrement la formule du trio basse/guitare/batterie. Elle est souvent très efficace.

« Satellite » fait plutôt pschitt. « First Time » devrait plaire aux stations FM radiophoniques, outre-Atlantique. La voix de Joe est à nouveau très proche de celle de son paternel sur « Revenge », un extrait de « Sparks ». Troublant ! « Sadr City Blues » est un blues classique, extrait du même elpee. Dernière plage du nouvel album « Mondo Lumina », « Places » est une superbe ballade. Une plage pop sucrée, parcourue de riffs de grattes délicats. « Walk Trough The Fire » est dominé par les interventions de sèche. L’auditoire apprécie. Après « Refuse » et « No One But You », « Two Sparks », caractérisé par sa structure rythmique empruntée à Police, clôt le concert.  

En rappel, Fiction Plane nous offre un « Drink ». Il fait soif, il aurait pu joindre l’acte à la parole. Et « You Know You'Re Good (La La La Song) » achève le concert en beauté, sous les acclamations du public constitué de nombreux aficionados très en verve. Mr Sumner a mouillé sa chemise pendant plus de nonante minutes. Il méritait assurément cette ovation. 

Tracklist: “Where Do We Go”, “Flesh And Bone”, “Listen”, “Real Life”, “Satellite”, “First Time”, “Revenge”, “Sadr City Blues”, “Places”, “Walk Trough The Fire”, “Refuse”, “No One But You”, “Sparks”.

Rappel : « Drink », « You Know You'Re Good (La La La Song) »

(Organisation : Ancienne Belgique)

St Paul & The Broken Bones

La nouvelle épître selon St Paul Janeway…

Écrit par

Le Botanique affiche une nouvelle fois complet pour le concert de St Paul & The Broken Bones. Révélé il y a un peu plus d’un an par la sortie de son excellent premier elpee "Half the City", le groupe a rapidement acquis une notoriété en ‘live’. Une expérience accumulée au fil des tournées, à laquelle le chanteur, Paul Jenaway, un fameux showman, a plus que largement contribuée. Faut dire qu’il a commencé à chanter au sein d’une chorale gospel, dans une église perdue au fin fond de l'Alabama. Aujourd’hui, dans un autre contexte, le Sudiste continue à propager la bonne parole. Et son discours est tellement impressionnant, qu’à l'issue du concert, il est parvenu à rallier l’ensemble de l’auditoire, à sa cause…

Little X Monkeys assure la première partie. Un groupe belge manifestement endoctriné par la musique américaine traditionnelle. En l’occurrence, le bluegrass, le folk, la country et le blues. Du pain béni donc pour préparer l’arrivée du prédicateur.

Vers 21h15, les Américains –les vrais !– montent sur le podium de la Rotonde pleine à craquer. Il y a donc un petit retard sur l’horaire prévu. Un trompettiste et un tromboniste s’installent à droite de l’estrade. Un barbu se plante derrière un clavier, à gauche. Le line up est complété par un guitariste, un bassiste et un batteur. Ils sont tous habillés bcbg. Les musicos sont particulièrement talentueux et ont un dont inné pour rendre leur musique la plus ‘groovy’ possible. Après un tour de chauffe, le fameux Saint Paul rejoint sa communauté sur les planches. Il a un visage de poupon, souligné par un sourire jusqu’aux oreilles. Il est vêtu d’un costard et chaussé de pompes blanches. Il salue la foule et entame son show. Dès qu’il se met à chanter, elle tombe sous le charme. Chaque parole vous flanque des frissons partout. Passionné, l’ancien choriste se livre corps et âme. Il arpente l’estrade de long en large, s’agenouille et n’hésite pas à esquisser un pas de danse. Trempée dans la soul, sa musique est magnifiée par les interventions d’orgue et de cuivres. La setlist est essentiellement composée de titres de son seul opus. Il la complète de quelques nouveautés et de deux reprises, l'une de Radiohead et l'autre de David Bowie (« Moonage Daydream »). Maîtrisant subtilement l’art du crescendo, les Broken Bones parviennent à enfiévrer l’ambiance. Faut dire que le combo semble heureux d’être là ce soir. Saint Paul remercie l’auditoire d’être venu en si grand nombre. Une première, apparemment, pour la formation, en Belgique.

En un seul office, St Paul Janeway est parvenu à évangéliser une assemblée entière. Dans une Rotonde transformée en lieu de culte. Nul doute que de nouveaux disciples vont, à leur tour, prêcher la bonne parole…   

(Organisation Botanique)

BRNS

Un peu de respect SVP, même pour le condamné qui fume sa dernière cigarette…

Ce samedi 7 mars 2015, votre serviteur prend la direction de Mons, Capitale Européenne de la Culture, afin d’assister au concert de BRNS (NDR : prononcez Brains).
Comme bon nombre de villes de taille moyenne, elle souffre d’un manque évident de parkings. Méfiant de nature, je prends donc toutes les précautions d’usage et prend la route de bonne heure.
Malgré une autoroute quelque peu encombrée, j’arrive à bon port, trente bonnes minutes plus tard. Par chance, je parviens à dénicher une place à quelques centaines de mètres du but.
Je me dirige alors vers l’Alhambra, rue du Miroir, lieu légendaire de la vie nocturne montoise, situé à une encablure de la Grand-Place.
Il est 19h45 lorsque, enfin, j’y suis. L’ouverture des portes est prévue dans 15 minutes. Le timing est respecté !
Le sas d’entrée est pourtant déjà bondé d’impatients, le fameux sésame en main. Il faut dire que la réputation du combo bruxellois n’est pas surfaite ! Je pense que, vu le monde présent, ce sera sold out !

A 20h00 pétantes, je me fraie difficilement un chemin à travers les badauds. A la réception, la caissière me donne un ticket. Mountain Bike assure la première partie. Excellent choix !
Je prends un verre et attends patiemment. Je contemple, sourire aux lèvres, cette drôle de pieuvre peinte au plafond. Idée saugrenue. Mais qu’importe, l’étendue de la culture est sans limite !
Afin de profiter du spectacle sous un angle optimal, je me plante face à la scène. Avoir une petite taille handicape parfois !
Un peu vague à l’âme, je me remémore l’excellent moment passé en compagnie de ma meilleure amie, lorsqu’un certain 27 juin 2012, j’étais assis derrière ma batterie, baguettes en mains, imprimant un son rock bien trempé ! Cette soirée, très spéciale, restera à jamais gravée dans nos mémoires.
D’une capacité d’environ 350 personnes, la salle ne tarde pas à se remplir. La pyramide des âges est bien respectée. Devant moi, un garçon –qui doit avoir à peine dix ans– accompagne son père. Ca fait plaisir à voir !

Il est 20h15 lorsque le premier combo entame les hostilités.

Surpris, je constate qu’il ne s’agit pas de Mountain Bike comme annoncé, mais de Thibet. Je ne comprends pas… Il s’agit, sans soute encore, des aléas de la programmation musicale. Ce sera donc une découverte !

Réunissant Gregory Vandamme (voix/guitare) Thomas Venegoni (guitare/clavier/voix) David Davister (batterie/voix) et Julien Bacquet (basse/voix), le band est venu défendre « Vision and Certitude », un long format tombé dans les bacs depuis avril 2014.

Leur mélange de pop et de psychédélisme, saupoudré d’un soupçon de new wave va parvenir à faire oublier ma déception. Je n’ai vraiment pas perdu au change !

Durant environ quarante minutes, le public pourra s’enivrer de ces savoureux rythmes indie pop contemporains aux sonorités eighties. Aucun doute, ce quatuor s’est attiré de nouveaux fans !

Un interlude d’un peu plus de trente minutes est prévu. Histoire de s’hydrater sans doute !

Il est maintenant 22 heures. Que la grand-messe commence ! Les fidèles se pressent devant l’hémicycle. Il faut dire que la présence d’Antoine Meersseman (basse/chœur), Tim Philippe (batterie/chant), Diego Leyder (guitariste) et César Laloux (multi-instrumentiste), à Mons, est une première !

C’est tout naturellement par « Void », titre maître du nouvel elpee, intitulé « Patine », que le groupe chauffe les groupies. Le show est lancé !

Les notes tourbillonnent autour de la voix très particulière du batteur/chanteur, Tim. Les regards se croisent. Des sourires s’échangent.

Les tubes d’enchaînent alors. La setlist s’inspire essentiellement du dernier opus. Le band balance une salve de titres issus de « Patine » (« Slow Hear », « My Head Is Into You », « Omen », etc.)

Assez décevant par rapport à celles qui figurent sur leur génialissime précédent LP, les compositions prennent pourtant et étrangement une toute autre dimension en live !

Les morceaux issus du sept titres « Wounded » ne sont pas oubliés pour autant ! Ainsi, caractérisé par un drumming tentaculaire, le nouvel espoir noir-jaune-rouge a marqué, ce soir, les conduits auditifs au fer rouge, notamment lors de l’excellentissime « Mexico ». Dans le genre, difficile de faire mieux !

Ce qui me surprend le plus chez ce drummer, c’est ce côté autiste. Hors du temps, hors de tout, il s’amuse tel un gamin déballant le jouet que le Père Noël vient de lui apporter. Il est vraiment dans son truc !

Très amusant aussi, c’est la manière dont il frappe les éléments : le Charley de la main gauche et la caisse claire de la droite. Et surprenant en même temps ! Le tout, avec une dextérité hallucinante ! Et détail croustillant, aucun tom n’est présent, hormis le floor tom !

Multi-instrumentiste, le claviériste alterne synthé et guitare électrique selon les titres.

Le percussionniste, quant à lui, n’est pas seulement venu appuyer la rythmique. Le réduire à ce rôle simpliste serait lui faire affront ! Il constitue, au contraire, une pièce maîtresse du puzzle !

Au terme de quarante-cinq minutes d’un gig qui a tenu toutes ses promesses, BRNS tire sa révérence, en concédant « Clairvoyant », avant de regagner les coulisses. L’un des meilleurs titres, à mon humble avis ! Efficace et redoutable !

Les gaillards s’éloignent pour un (seul) vrai faux rappel. Incendiaire, il met un terme à cette soirée du tonnerre de Dieu.

Les lumières se rallument. Un after show est assurée par un DJ. Je regarde cette poignée de filles encore sous l’émoi de ces belles gueules.

Certains resteront se délectant de cette musique électro. D’autres repartiront des étoiles plein les yeux. Le reste, comme moi, ira prendre un dernier verre au bar. Un peu comme la cigarette du condamné… J’aime cette métaphore !

Je m’apprête à rejoindre mes pénates. A ma droite, les garçons signent des autographes. J’hésite un instant. Je vide finalement les lieux sans pouvoir leur dire un mot. J’ai eu tort…

En conclusion : bonne ambiance, décibels, sueur et présence scénique. Ce soir était encore un grand soir !

S.R.

 

BRNS à l’Alhambra, c’était un peu un rendez-vous obligatoire pour les fans montois de rock. Mais une réelle inquiétude m’envahit avant de rejoindre la rue du Miroir. La salle a, à juste titre, la réputation de souffrir d’une acoustique assez médiocre. Et quand on connaît la subtilité du son des Bruxellois, il y a de quoi être méfiant des conditions sonores qui vont régir la soirée.

Avant d’être fixé sur ce point, Thibet ouvre le bal. C’est ma première rencontre avec ce groupe dont on dit le plus grand bien. Malheureusement, leur musique est un peu trop progressive à mon goût. Si les explosions directes ne sont pas obligatoires, loin de là, j’estime quand même qu’à partir d’un certain moment, une montée dans les décibels s’impose. L’attente est souvent trop longue et le choix des morceaux d’ouverture et de fin, ne sont pas  forcément opportuns. Thibet jouit d’un vrai potentiel, c’est certain ; mais la comparaison avec BRNS est difficile à supporter.

Tant attendue, la tête d’affiche monte sur le podium, alors qu’on approche les 22H devant un auditoire conséquent. Il ne faudra que quelques minutes pour être fixé quant aux craintes émises à l’égard du son. A ma plus grande surprise, il est très correct ! Sans aucun doute la meilleure acoustique identifiée depuis que je fréquente les lieux. L’ingénieur du son doit probablement réaliser de l’excellent travail. Pour le reste, le concert de BRNS est classique mais efficace, exactement comme la semaine dernière à la Ferme du Biéreau. Le set est ici un peu plus long car il n’est pas accordé dans le cadre d’un festival. Les morceaux s’enchaînent vraiment bien ; néanmoins, l’attitude du public n’est pas très respectueuse. Trop souvent, un bruit de fond, causé par des conversations parasites, empêche de profiter complètement de la montée en puissance des morceaux. Et cet irrespect pénlise également le public qui souhaite s’immiscer au maximum dans l’univers cérébral du quatuor. Il n’y a vraiment que « Mexico » qui va focaliser l’attention générale. L’effet pure.fm, sans aucun doute.

Dommage également que « Deathbed » et de « The Story Of Bible », deux titres phares de l’Ep « Wounded, n’aient pas été exécutés. On remarque en fait toute les limites des tournées promotionnelles post-albums. Certaines chansons moins réussies de « Platine » sont interprétées et des meilleurs morceaux plus anciens sont oubliés. Une petite déception pour les fans de la première heure ; mais un choix complètement normal dans la logique marketing d’un groupe, même si je reste persuadé qu’il devrait toujours jouer ses meilleures compositions en live.

Il y a beaucoup de critiques dans ce report, je le reconnais, mais n’allez pas croire que la soirée ait été détestable. Loin de là. Les Bruxellois vont d’ailleurs conclure leur concert par « Our Lights », lors d’un rappel particulièrement puissant.

A l’issue de leur set, les musicos vont passer de nombreuses minutes au stand marchandising, pour y discuter en compagnie de leurs nombreux fans. Un groupe qui, en plus d’être un des plus talentueux du pays, est complètement accessible et très sympathique. Un exemple pour tous les jeunes artistes de Belgique.

A.M.

(Organisation Alhambra)

D’Angelo

Le Messie Noir et son avant-garde…

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On n’espérait plus revoir D’Angelo en concert en Belgique. Sa dernière apparition datait du mois de juillet… 2000, lors de l’une des 77 dates de son ‘Voodoo Tour’. Faut dire que le chanteur américain s’était fait plutôt discret depuis la sortie de son dernier album « Voodoo », un disque qui lui avait permis de se faire connaître aux yeux et aux oreilles du grand public. Cette exposition médiatique nouvelle a été difficile à gérer pour l’artiste, qui a développé plusieurs addictions à la drogue et à l’alcool, ne nous livrant plus aucun projet depuis l’an 2000. Quinze années plus tard, c’est Forest National qui accueille le chanteur, originaire de Richmond aux Etats-Unis, sur nos terres pour la dernière date européenne de sa tournée consacrée à son troisième LP, « Black Messiah ».

C’est peu avant 21h00, devant un parterre d’environ 2 000 personnes, sous un décor minimaliste et sur une scène bourrée d’instruments, que D’Angelo monte sur l’estrade. Le chanteur nu soul ouvre son concert par le très réussi « Prayer ». Mais D’Angelo ne joue pas en solo très longtemps. Il est rejoint quelques minutes plus tard, par ce qu’il présente comme son nouveau groupe, The Vanguard. Et c’est justement ce qui va faire tout l’intérêt du concert. Soutenu par Pino Palladino, Chris Dave, Kendra Foster et Jesse Johnson, le concert n’en est que plus convaincant.

D’Angelo & The Vanguard enchaînent les titres du dernier long playing, mais aussi des classiques des deux précédents opus de D’Angelo ; soit « Brown Sugar » et « Voodoo ». Le public est littéralement conquis quand retentit l’introduction de « Really Love », l’un des meilleurs morceaux de « Black Messiah ». D’Angelo peut d’ailleurs compter sur ses fans pour l’accompagner sur une bonne partie du morceau. Même constat sur « Brown Sugar » et « The Charade », fortement appréciés par l’auditoire bruxellois.

Après deux heures de concert intenses où D’Angelo est apparu très proche de son public tout en laissant la part belle aux musiciens de The Vanguard sur la quasi-totalité de la set list, « Till it’s done (tutu) » ainsi que le très long mais pas moins très énergétique « Untitled (how does it feel) » achèvent le spectacle.

D’Angelo a signé un retour gagnant auprès de son public qui l’attendait depuis un long moment. Le chanteur nu soul libère beaucoup d’énergie sur les planches changeant plusieurs fois de tenue vestimentaire au cours de la soirée, au gré des séquences abordées (rock, latin, soul, funk). On a vécu un show très réussi, notamment grâce à la présence des Vanguards, bien mis en avant par D’Angelo qu’on espère cependant revoir (très vite), mais au sein d’une une salle plus intimiste afin d’encore mieux profiter de tout son talent.

(Organisation : Greenhouse Talent)

Panda Bear

Un oxymore vivant

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La soirée est en principe destinée à prendre du plaisir. Et en même temps, à vivre une découverte.
Tout est parti d’une envie qui s’est rapidement transformée en situation troublante.
Et pourtant, sans la moindre brutalité, des hallebardes nous sont tombées sur la cafetière. Elles menaçaient au cœur du ciel d’hiver…
Et il en a fallu de peu, finalement. De quoi douter de la machinerie sournoise, précise orchestrée par Panda Bear. Capable de soudoyer n’importe quel mélomane lambda. Personne n’y croyait, et pourtant tout le monde est tombé dans le panneau. Sans regrets…
Ce n’était pourtant pas gagné d’avance.

20h00

Au sein de l’Orangerie, en attendant l’ours portugais d’adoption expatrié de Baltimore, il revenait à d’autres troublions, issus de la grosse pomme, de montrer ce qu’ils avaient dans le ventre. Jib Kidder et ses mollusques ont un côté nonchalant et peu soigné qui agace. Je n’ai pas dit qui a la grâce. Ce serait une insulte.  

Vu l’exercice périlleux du supporting act, il faut se montrer indulgent. Mais d’indulgence, il n’en sera jamais question. Jib Kidder nous bassine des reverbs atroces. Son phrasé est grailleux. Sa musique est incohérente, approximative, sans ligne de conduire. Le light show est obsolète. Le backing group insipide.

Chaque morceau semble volontairement biaisé. Désaccordé. Mais dispensé avec un esprit snob. De quoi provoquer un malaise, un haut le cœur, à la hauteur de leurs ambitions. Car, le combo ne manque pas de talent. Et il réunit d’excellent musicos. Mais, en s’égarant au cœur d’expérimentations bancales, leur compos se régurgitent plus qu’elles ne se savourent (NDR : qui a dit à vomir ?) Une épreuve dénuée d’émotion. Fin du match, on règlera les comptes. Au vestiaire…

21h00

Noah Lennox aka Panda Bear, montre le bout du nez…

Il est seul et se faufile discrètement sur l’estrade. Une incursion empreinte de délicatesse. Tout aussi furtivement, il déclenche le processus de mise en route de ses machines qui, pendant une heure, vont entretenir un climat intimiste et confortable au sein de la salle. 

Lennox est rompu au ‘live’ ? 15 ans déjà qu’il roule sa bosse sur les planches, en compagnie d’Animal Collective. Quand il ne se produit pas en solitaire. Ce qui explique pourquoi, il est devenu inébranlable.

La bouche ouverte, les mains pendantes, on se laisse piéger par le feeling mélodique qui vous contamine. Naturellement.

Il se moque des conventions. Y va au culot. Et botte en touche. Tout le monde partage ce point de vue, de toute manière.

Oscillant de mélodies synthétiques aux naturelles et instinctives, il réalise leur enchaînement en manifestant une facilité déconcertante. De fil en aiguille, les univers différents se rapprochent, se touchent, se respectent. Alliant l’eau et le feu, Lennox semble maîtriser les éléments. Il semble bien le seul dans cette salle. Si ses caresses réconfortent, ses coups de cravache ont un pouvoir orgasmique. Il est le Maître absolu de l’arrogance et de la simplicité, de la douleur et de la tendresse, de la puissance et de la tranquillité. Ce soir, Panda Bear est tout simplement un oxymore vivant.

En prenant du recul et en observant l’auditoire, on se rend vite compte que si Lennox nous a réuni dans sa bulle, ce n’est pas pour adresser un discours général à ce public, mais bien un message personnel.

Des corps se déhanchent, certains en abusent, d’autres restent figés, sous le choc. La liesse n’est pas collective. Le plaisir est individuel. Et il est intense, même s’il est profondément enfoui au fond de l’âme. 

22h00

De la même manière qu’il est apparu, Panda Bear file à l’anglaise, côté backstage, le public le contraignant à exécuter le rituel éternel du rappel qu’il viendra assurer encore pendant 20 bonnes minutes...

Guère loquace, jamais avare et même plutôt généreux, Panda Bear a démontré ce soir qu’il avait l’humilité et le prestige des plus grands artistes…

En sortant, je jette un coup d’œil à la table merchandising. Les mollusques de Jib Kidder y sont collés. Mieux vaut fuir. Je voudrais pas revivre le premier épisode.

(Organisation Ancienne Belgique)

Fauve

Comment sortir des griffes d’un tel Fauve ?

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Tu le sais, tu t’es préparé. Tu as travaillé, essayé de soigner tes blessures. Un travail qui t’a demandé du temps. Mais en 2 notes, Fauve décolle tes pansements.
Il n’est pas sadique. Il ne veut pas te faire mal. Simplement, il possède une telle puissance naturelle, une précision dans le domaine du ciblage des émotions, que tu baisses rapidement les bras. Mais les as-tu seulement levés pour manifester contre eux ? Tu acceptes ce qui va se produire. C’est le prix à payer.
Certains viennent pour danser. D’autres pour la musique. Bref, ce phénomène a quand même son ‘tour bus’ réservé devant la salle, qui affiche sold out.
Tu as une dent contre ce peuple. Il viole en quelque sorte ton intimité. Tu as connu Fauve à ses débuts. D’abord chez toi, via Youtube. Puis à la Rotonde du Bota. Ensuite au sein de son Orangerie. Tu as pu ressentir ces émotions. Les partager avec eux.
Vu l’affluence, tu sais que tu devras encore davantage les partager. Tu devras te contenter de quelques miettes. Mais tu vas quand même les dévorer…
Tu y consens.
Tu assumes.
Et ton rêve peut commencer…
Enfin, pas encore, car tu devras encore patienter un peu…

La casquette vissée sur la tête, Romeo Elvis (aka ‘Kiki van Laeken’) a la lourde tâche d’essayer de s’extirper des griffes de l’animal qui va grimper sur l’estrade, derrière lui. Même pas peur le gamin ! Et c’est d’une voix très pro, grave, dispensant un flow sans accroche, sans faiblesse, qu’il balance son set au public un tantinet distrait mais surtout impatient.

Les morceaux s’enchaînent (« Mon Cousin Dégeulasse », « Bruxelles c’est Devenu la Jungle », etc.) avec une rapidité qui ne trompe pas. On a envie de le revoir ce gars là. Trop court pour ce soir. On va le tenir à l’œil et tendre l’oreille à la suite de son parcours.

20h40

La salle replonge dans l’obscurité. Cris soutenus dans l’AB.

Quentin Postel est vêtu d’un t-shirt à l’effigie de Stupeflip, le bassiste à celle des Black Lips. Grand écart culturel, on affiche ses références. Ce qui ne peut qu’être que bénéfique…

« Paraffine » ouvre les hostilités, explose les bacchanales. « Bermudes » embraie. Premier pincement au cœur, et apparition de cette fameuse boule au ventre. Il n’a pas fallu très longtemps à ces satanés Français pour nous tordre l’intérieur du corps. A peine quelques mots…

Postel parle enfin. Depuis le temps que le public attendait qu’il s’exprime. Il le remercie d’être présent. Il précise que c’est la première date de la tournée du nouvel album. Qu’ils sont contents d’être en Belgique, même si à chaque fois, leur set rencontre des problèmes techniques. Pourtant, ce soir, il sera épargné par cette poisse…

Si « T.R.W. » passe assez difficilement l’exercice du live, il ne fait que précéder celui que tu redoutais, mais que paradoxalement, tu attendais également.

Ce morceau qui rompt tout. Celui qui te fais baisser la tête. Mais ce soir tu as décidé de l’affronter : « Nuits Fauves » sonne…

C’est le frisson ! C’est à ce moment que tout à commencé. Tu ne fléchis pas, mais tu en prends plein la gueule. Ton cœur est transpercé. Car cet instant te tombe dessus sans crier gare… Et merde !

A peine remis de tes émotions, le groupe assène ses coups, trace sa voie, fustige et encore électrise l’auditoire.

Il parvient même à te faire chanter, dans son intégralité, « 4 000 Iles ». Fallait oser ! Fauve ne souffre d’aucun complexe, ne dresse aucune barrière. Balance même une version musicale de « Azulejos », plage qui figure sur « Vieux Frères Partie II », a cappella.

Jusqu’à la fin du show, le public ne cessera de s’élever, toujours plus fort, toujours plus haut.

Et le délire atteint son paroxysme quand « Blizzard » vient donner le coup de grâce.

Il est 22h00. Les masochistes en réclament encore. Et se manifestent à travers les hurlements ou encore en sifflant. Le bonheur est tellement intense et la demande tellement soutenue, que si les musicos ne reviennent pas rapidement sur les lieux de leurs méfaits, on pourrait assister à une mutinerie.

« De Ceux » vient calmer quelque peu les esprits. En ‘live’ ce morceau est excellent. Il faut cependant admettre qu’hormis la présence de titres pas encore suffisamment rôdés sur les planches, et tout particulièrement issus du nouvel opus, la setlist était vraiment parfaite.

22h30

Fauve a vidé les lieux…

Tu remets tes pansements, tu fanfaronnes et tu cries à ceux qui veulent l’entendre ‘même pas mal…Tu sais toi ? Tu mens…

Set List :

1/ « Paraffine »
2/ « Bermudes »
3/ « Infirmiere »
4/ « Saint-Anne »
5/  « T.R.W. »
6/ « Nuits Fauves »
7/ « 4000 iles »
8/ « Zoé »
9/ « vieux freres »
10/ « Talluah »
11/ « Haut les Cœurs
12/ « Azulejos »
13/ « Cock Music Smart Music »
14/ « Voyou »

15/ « Blizzard »

Rappel :

1/ « De Ceux »
2/ « Sous les Arcades »
3/ « Kané »
4/ « Hautes Lumières »

 

(Organisation : Nada Booking)

Father John Misty

L’alchimie parfaite !

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Ce mercredi 4 mars, l'Orangerie accueille John Father Misty ou plus exactement Josh Tillman, un personnage atypique, faussement mystique. Sous son nom, il a publié 7 elpees. Mais, c’est sous le patronyme de son projet alternatif qu’il se produit ce soir, pour y défendre son second opus, « I Love You, Honeybear », paru ce 10 février dernier. Un disque très bien reçu par la critique. Sur cet LP, l’ex-drummer de Fleet Foxes s'amuse à déconstruire, d'une manière sarcastique, les piliers de notre société. Musicalement, ce long playing propose un folk épique, enrichi par une instrumentation à la fois luxuriante et chargée de nuances.

Pour assurer sa première partie, le Californien a invité Kieran Leonard, un songwriter anglais qu'il a rencontré à Los Angeles. Leonard débute son concert vers 20h. En solitaire, uniquement armé de sa sèche, devant une salle quasiment vide. Manifestement, son folk ne déchaîne pas les foules. Faut dire que ses morceaux sont d'une telle banalité ! Le set de Kieran Leonard ne restera certainement pas gravé dans les mémoires.

Il est presque 21h et l'Orangerie est à présent pleine à craquer. Les lumières s'éteignent et les six musiciens du backing group de Father John Misty montent sur l’estrade. De chaque côté de la scène se postent le claviériste et le guitariste. Ils arborent une longue chevelure. Le violoniste et le bassiste se plantent en retrait. Le line up est complété par un troisième gratteur et un drummer.

Lorsque les premières notes de « I Love You, Honeybear » retentissent, Josh Tillman débarque à son tour su le podium. Elancé, vêtu d’un costard, ce barbu vient se placer tout naturellement au milieu du jeu de quilles. Il est particulièrement à l’aise, sûr de lui. Il arpente la scène de long en large, monte sur la grosse caisse, s'agenouille, tout en chantant d'une voix magistrale. Une belle entrée en matière donc...

Dès le morceau suivant, Josh empoigne sa six cordes et en joue pendant plusieurs titres. Et sur son instrument, c’est loin d’être un manchot. Et vocalement, il excelle aussi bien comme crooner que redneck, dans l’univers de la country (« I'm writing a Novel »).

Dès qu’il en a l’opportunité, et le plus souvent entre les morceaux, il dialogue avec le public. Il a le sens de l’humour, un humour parfois sarcastique. D’ailleurs, avant de tirer sa révérence, vers 22h, il en profite pour railler la coutume américaine du vrai/faux ‘rappel’. Aucune surprise donc, quand l'Américain opère son comeback et nous livre trois superbes morceaux : l'épuré « Bored in the USA », la reprise du « I'm Your Man » de Léonard Cohen et pour terminer, « Everyman Need a Companion ».

Véritable bête de scène, Father John Misty est littéralement parvenu à ensorceler son auditoire tout au long d’un spectacle musicalement très propre et au discours décalé… L’alchimie parfaite !

(Organisation Botanique)

Champs

Les voix des Champs…

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Cette soirée constitue pour votre serviteur une découverte. Champs se produit à l’AB Club et Tula assure le supporting act. La charge de mes activités professionnelles et les embouteillages rencontrés à l’entrée de la capitale ne me permettront pas d’arriver en temps et en heure pour assister à la prestation de la première partie. Quand je débarque, elle est en fin de parcours.

Tula est le pseudo de Tallulah Smith, une artiste insulaire qui nous vient de l'Ile de Wight. Sur les planches elle est seule, armée de sa guitare électrique. Le public est clairsemé. A peine 70 spectateurs. Idéal pour le confort d'écoute. A contrario, pour les artistes, cette situation est plutôt inconfortable. La voix de Tula est douce et envoûtante. A l’aide de sa six cordes, elle libère des nappes de sonorités paisibles. L’auditoire applaudit chaleureusement son set. De ce que j’ai pu voir et entendre, ces bravos me semblaient mérités. A revoir donc.

Champs a été fondé par deux frangins, Michael et David Champion. Deux frères de sang et de son. Ils sont également issus de l'Ile de Wight. Le duo est venu nous présenter son second long playing, « Vamala », paru début 2015. Un disque qui fait suite à « Down Like Gold », publié l’an dernier. Champs avait servi de supporting act pour Balthazar les 20 et 21 février 2014, dans la grande salle de l'Ancienne Belgique. Deux dates sold out. Une aubaine pour commencer à développer sa notoriété. Surtout quand on a du potentiel…

Ce soir, le duo est soutenu par un drummer/bassiste. Le set s’ouvre en douceur par « For Ever Be Upstanding At The Door », une plage du nouvel opus. La conjugaison entre la gratte acoustique et électrique est limpide. Tout comme celle entre les voix des deux frères, Tim et Neil Finn (Crowded House, Split Enz). Et quand elles sont haut perchées c’est même aux Beach Boys et aux Bee Gees que je commence à penser. 

Bercé par une pop mélodieuse, « White Satellite » est issu du premier elpee, « Down Like Gold », une plage mélancolique encore et toujours transcendée par les vocaux si particuliers. La guitare électrique prend l’ascendant sur « Desire », une piste extraite du dernier LP. Légèrement nasillarde et puissante, la voix évoque alors plutôt Joe Newman, le chanteur d'Alt-J. Lors du refrain, les mots 'Echo, echo, echo' vous poursuivent en réverb. Tout au long de « The Balfron Tower », c’est le piano qui balise les vocaux. On se croirait au sein d’une abbaye cistercienne en pleine communion avec le dieu musique qui se veut harmonie. Un grand moment de recueillement, partagé par l’auditoire. Une excitation certaine contamine « Vamala ». A cause de la section rythmique mais également du climat électro. Une atmosphère qu’on retrouve sur « Down (Alone On The Avenue) », les synthétiseurs et guitares cédant le relais aux samplers et boîtes à rythmes. Une conversion judicieuse. Car elle apporte également un plus aux harmonies vocales ; ainsi, « Down Like Gold » glisse dans vos oreilles comme de la gelée royale. Et elles sont triangulaires sur « St Peter's ». Magique ! Le set s’achève par  « Sweet Marie », une ballade interprétée en mode guitare/voix.

Lors du premier rappel, le combo nous réserve une compo jamais entendue à ce jour. Et lors du second, « My Spirit Is Broken ». Bref, je dois avouer avoir pris une fameuse claque ce soir. Il ne faudra plus très longtemps avant que Champs ne fasse salle comble dans la grande salle de l’AB…

(Organisation : Ancienne Belgique)

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