L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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My Little Cheap Dictaphone (MLCD)

My Little Cheap Dictaphone nous a fait Tournai, la tête aussi…

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C'est à la Maison de la culture de Tournai, dans la chaleureuse salle Frank Lucas, qu'il fallait prendre place, ce soir, pour assister au concert de My Little Cheap Dictaphone. MLCD est en tournée pour défendre « The Smoke Behind The Sound », paru en janvier dernier, une œuvre pour laquelle le groupe a reçu le concours de Luuk Cow (Girls In Hawaï, Stromae) à la mise en forme et bénéficié des Studios ICP ainsi que sur du mythique Abbey Road pour l’enregistrer.

"Change in my heart" et "You are not me", du dernier essai, sont les deux premières chansons d'un set qui en comptera dix-neuf au total.

Une entrée en matière requiert toujours beaucoup d'énergie. Les 800 bornes parcourues pour nous revenir d'Annecy (France), où ils ont joué la veille, semblent avoir entamé, en partie, celle-ci. Je ressens, donc, une certaine fébrilité chez l'un ou l'autre.

La cohésion de l'ensemble et l'expérience préviennent cependant de tout faux pas. C'est au pied du mur que l'on reconnaît le maçon.

Les quatre compos suivantes, issues du précédent opus, "The Tragic Tale Of A Genius", délivrent le groupe, le public et les fans. Respectivement : "He's not there", "My holy grail", "What are you waiting for" et "Slow me down".

Le moment est venu pour Red Boy de changer de guitare. Intervalle durant lequel il remercie Tournai, se gargarise la gorge d'un petit coup de rouge avant d'attaquer une ligne droite, principalement dédiée au petit dernier ; sauf "Shine on" et "Devil".

L'ambiance est à son paroxysme, les kilomètres au compteur effacés. Les guitares électriques s'en donnent à coeur joie et s'allument mutuellement, jusqu'à en faire perdre l'équilibre des protagonistes.

Cinquante-cinq minutes ont passé, les musiciens quittent la scène le temps d'une salve d'applaudissements.

Le rappel revisitera les trois derniers albums, en cinq chansons, qui auraient toutes leur place dans un best of. En l’occurrence “Not Hype”, “Piano Waltz”, “Fire, Hope You're Back” et “Feather Smile”.

Le succès confirmé et croissant de MLCD, qui roule sa bosse depuis plus de 10 ans, n'est pas le fruit du hasard, mais celui de la persévérance, du travail et des synergies réinventées au fil du temps.

Le groupe vous informe ici 

(Organisation : Maison de la Culture)

 

Von Durden

Des Loups aux dents longues…

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Nous sommes le 1er octobre 2014, et la température est printanière en ce début d’automne. L’été indien est bien au rendez-vous. Bref, sous le dôme des découvertes, ou si vous préférez la Rotonde du Botanique, se déroule ce soir la ‘Release party’ de Von Durden ; c’est-à-dire la présentation officielle de son nouvel album intitulé tout simplement « III ». Un événement qui devient traditionnel pour les artistes ou formations pop/rock. Il faut cependant admettre que l’endroit est parfaitement adapté à ce type de mise en vitrine. Et tout particulièrement parce que les conditions de sonorisation sont optimales. Mais aussi car le cadre est intimiste. Ce soir le concert est sold out. Pas étonnant vu l’excellente promo dont a bénéficié le spectacle…

Le support act est assuré par The Whylanders, un duo bruxellois réunissant Maxime Simon à la guitare et au chant ainsi que Nicolas Scaillet aux drums et aux backing vocaux. A ce jour, le tandem a publié deux Eps. Découpé en 4 plages, « So Simple » était paru en 2011. Et un second, baptisé « Try », vient de sortir. La selist épingle deux extraits du premier Ep, « I Was Away » et « Dream Song ». Et le reste est consacré à des compos récentes, dont « You Knew I Want You », « Try », « Box », « Ending A Part », « Breathing » et « Never See Me Again ». Je découvre la paire en ‘live’. Et ma foi, pour une première, leur set, bien que limité à une trentaine de minutes, passe bien la rampe. A revoir, c’est une certitude...

Le line up de Von Durden réunit Elliott Charlier au chant, Kevin Dochain à la guitare, Nicolas Scamardi aux drums, Fabrice Giacinto à la basse et la jolie Marie Gladys  aux synthés. Un quintet louviérois, dont la plupart de musicos participe à des projets parallèles. Leader du band louviérois, Nico milite également chez Jane Doe & The Black Bourgeoise et Melchior, alors que Fabrice sévit aussi au sein de Romano Nervoso. Pour défendre son dernier long playing, bien reçu par la critique, Von Durden ne dispose que de trois mois, car Elliott Charlier part faire le tour du monde, début 2015.

Au sein de l’auditoire, on croise de nombreux ‘Loups’. Le leader de Romano Nervoso, Giacomo Panarizi, ainsi que son drummer Lucas Lepori. Ils sont peut-être venus repérer les lieux avant leur ‘Release party’, programmée ce 22 octobre. Puis les frères Chainis d'Abel Caine.

Après une petite intro, le combo entre immédiatement dans vif du sujet, en proposant « Third Beat », issu du dernier LP. Un titre, comme le dirait Nico, brut de décoffrage. L’interaction entre le public et le band est excellente. Elliott y contribue largement. « Don't Let Me Down » et le single « Dead Queen » sont deux autres titres tirés du dernier long playing. Normal finalement, car le combo est venu le présenter ; et un troisième essai est toujours un tournant dans sa carrière. Etrange comme la voix d'Elliott me fait penser à celle de Lenny Kravitz. « Devil In Me » est un morceau qui me surprend toujours ; issu de l’album « Dandy Animals », il permet aux aficionados des débuts de retrouver leurs jeunes. Charlier est capable d’emprunter des inflexions plus métalliques, histoire de communiquer un max d’énergie aux compos.

Après « In The Room », « Attraction» et « Kick Outta Me », trois nouvelles chansons, place au titre maître du deuxième elpee, « Dandy Animals ». Moment choisi par Fabrice pour démontrer tout son talent sur ses quatre cordes. On a également droit à deux plages soustraites du tout premier opus, « Color Of The Shape » et « Money Cash ». Elliott remercie Christine Verschorren, présente dans la salle pour le travail de mise en forme de « III ». Duquel Von Durden nous réserve encore « Creatures Above The Law » et « World On Top ». Mais en ‘live’, les versions sont diablement plus percutantes.

« Hey Beauty est un autre extrait de « Death Discotheque », leur premier elpee. Gladys est nouvelle dans le groupe ; et elle apporte une sensibilité féminine aux compos. Elle acquiert de plus en plus d’assurance. Et sa participation aux vocaux ainsi que ses interventions aux synthés constituent manifestement un plus dans leur musique. Les riffs de guitare dispensés par Kevin, sont précis, incisifs et plutôt ravageurs. Tout en martyrisant ses fûts, Nico semble prendre son pied. D’une durée de 60 bonnes minutes, le set est très électrique. Von Durden ose une version étonnante du « The Hand That Feeds » de Nine Inch Nails, un extrait de « With Teeth », opus que le groupe américain de rock industriel avait commis en 2005. C’est également le dernier morceau du concert. Avant le rappel, bien sûr. Un ‘encore’ festif, puisqu’il permettra, lors de « Dance To The Music », au public de monter sur l’estrade. Un peu à la manière de Boxer Rebellion. Un scénario qui rend une fin de spectacle, magique. Et très interactive, je l’avais déjà souligné. Von Durden a les dents longues, mais ne croquera pas  « Jimmy Fallon ». Quoique prévu sur la setlist, il a purement et simplement été zappé…

(Organisation : Botanique)

The Antlers

Si c’est ça la mélancolie ou avoir le blues, j’approuve et signe à deux mains !

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Mercredi 1er octobre, l'Ancienne Belgique accueille en son antre The Antlers, un groupe basé à Brooklyn. Depuis plus de cinq années, soit à l’issue de la remasterisation de "Hospice", le trio fait l'unanimité auprès de la critique internationale. Faut dire que leur style écorché est vraiment très spécifique. Il y a quelques mois, le band a publié un nouvel elpee, intitulé "Familiars", un disque toujours aussi émouvant, mais davantage atmosphérique. Mais également d’une grande subtilité. On était donc impatient de voir et d’écouter la transposition en ‘live’ de ces nouveaux morceaux. Et pour bien mettre en valeur le raffinement du son, rien de tel que l’acoustique de l’AB.

Pour la première partie, le trio a confié la mission à une Anglaise qui répond au nom de Marika Hackman. Elle assure le supporting act de toute leur tournée européenne. Pendant une demi-heure, la jeune femme va nous proposer ses chansons sculptées dans le folk. Des ballades sympathiques mais, il faut bien le reconnaître, sans réel intérêt.

C'est un peu avant 21h (en avance sur l'horaire donc!) que Peter Silberman (guitare, voix), Darby Cicci (claviers, trompette) et Michael Lerner (drums) montent sur les planches. Le trio originel est accompagné d'un quatrième comparse. Un multi-instrumentiste aussi à l’aise aux claviers, à la trompette qu'à la flûte traversière. Dès les premières notes, l’auditoire est plongé dans une forme de brume sonore empreinte de mélancolie. « Palace » et « Doppelgänger », morceaux d’ouverture, y contribuent largement. Les compos transpirent des accès de jazz lancinants. Les nappes de claviers planent dans l’atmosphère, les notes de guitares sont en apesanteur, alors que la voix de Silberman nous communique son lot de frissons. Le silence entre les différents morceaux témoigne de l’état de fascination au sein duquel les spectateurs sont plongés face à la maîtrise des musicos. On est même proche de l’hypnose collective. La setlist épingle la quasi-totalité des morceaux de leur dernier opus ; et lorsque le concert perd un peu de sa superbe, The Antlers va piocher ses titres dans les précédents long playings, afin de le redynamiser, voir même de l’électrifier. Ainsi, on aura droit, entre autres, à « I don’t want love », « Putting the dog to sleep » et « Bear », ces deux dernières chansons, à la fin du show. Mais le sommet du spectacle a été atteint par « Revisited », une composition qui a permis à Silberman de démontrer toute l’amplitude de sa voix. A vous retourner les tripes !

Après une heure et demie de prestation, ébranlé par un tel flux émotionnel, le public s’en est retourné dans ses pénates, et loin d’être déprimé, il a emporté des mélodies plein la tête. Si c’est ça la mélancolie ou avoir le blues, j’approuve et signe à deux mains !

(Organisation AB + Live Nation)

 

 

Sinead O’Connor

A écouter religieusement…

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En cette chaude soirée du 30 septembre, votre serviteur avait décidé de se rendre au 110, Boulevard Anspach, à Bruxelles, afin d’assister au concert de Sinéad O’Connor, venue défendre son dernier album, « I'm Not Bossy, I'm The Boss ». Mais en même temps de découvrir un supporting act plutôt singulier ; en l’occurrence Karavan et son projet ArnoQuins. Le concert est bien sûr sold out.

Karavan n’a recours à aucun instrument. Un collectif black réunissant 4 filles et 3 garçons qui interprètent a capella des chansons de notre énigmatique Arno. Ils ont d’ailleurs participé à sa tournée d'Arno, organisée dans le cadre de ses 65 balais. Une contribution qui avait permis aux chansons de Mr. Hintjens de prendre une coloration plus soul. Jeune, le préposé au beatbox est coiffé d’une casquette qu’il a mise de travers. Deux autre gars sont plantés à sa droite et quatre imposantes nanas à sa gauche, dont la stature est aussi impressionnante que le coffre. La setlist est essentiellement constituée de standards du célèbre Ostendais (NDR : à la fin du concert, on va d’ailleurs le retrouver, non pas à l'Archiduc, son bar de prédilection sis à deux pas de la salle, mais à la terrasse du café de l'AB, une bouteille d’eau à la main). L’ensemble reprend le « You Got The Move » de Mississippi Fred McDowell ; mais c’est également un titre qui figure au répertoire d’Arno. Bien soutenue par le beat box, la conjugaison des voix est parfaite. Et à la sauce africaine, elle est particulièrement audacieuse. « Jive To The Beat » et « Dans Les Yeux De Ma Mère » sont revisités par la soul. « We Want More » est souligné par un baryton profond. Impressionnant ! « Je Veux Nager » est animé par la gestuelle des musicos. Après « Bathroom Singer », le band achève sa prestation par « Elle Adore Le Noir Pour Sortir Le Soir ». Karavan nous a réservé d’excellents exercices de style. Dommage que l’auteur ne soit pas monté sur les planches, ne fût-ce que le temps d’un morceau. Il a préféré squatter le bar… (voir aussi notre section photos ici)

Il est plus ou moins 21h00 lorsque Sinéad O’Connor monte sur l’estrade. Elle a la boule à zéro et marche pieds nus. Vêtue de noir, un col romain (NDR : comme les curés), elle porte une énorme croix autour du cou. Pourtant la religieuse irlandaise est toujours aussi fringante.  Son backing group réunit Brooke Supple à la guitare rythmique, Clare Kenny à la basse, Graham Henderson aux claviers ainsi que le drummer Ken Papenfus et le second gratteur Carl Papenfus (NDR : deux frangins !) Sinéad est venue défendre son 10ème elpee studio.

Le set d’ouvre par une adaptation empreinte de douceur du « Queen Of Denmark » de John Grant. Excellent ! L’Irlandaise triture son micro et s’en écarte parfois pour donner du relief à ses envolées vocales. Une voix atypique, rocailleuse, dont la montée en puissance est graduelle et particulièrement adaptée à un final aussi musclé que rock. « 4TH And Une » prépare le terrain au terrible « Take Me To Church ». La foi de Sinéad hante particulièrement cette chanson. Une plage tirée de son dernier elpee « I'm Not Bossy, I'm The Boss ». Tout comme le superbe « 8 Good Reasons », un morceau au cours duquel Sinéad revient à ses sources.

« The Wolf Is Getting Married » remonte à 2012. Une piste issue de l'excellent opus « How About I Be Me (and You Be You) ? » Les claviers y mènent la danse. Envoûtante, la voix d’O’Connor est remarquablement soutenue par celles des deux choristes. « Harbour » est une nouvelle compo. Un blues viscéral. « In This Heart » figurait sur « Universal Mother ». Le trio féminin l’interprète a capella. Un moment intense de recueillement. Toute la troupe vide les lieux et laisse alors Sinéad en solitaire. Armée de sa gratte acoustique, sa voix charme l’auditoire de son « What Doesn't Belong ». Un grand moment du spectacle ! Elle est toujours seule pour attaquer « Black Boys ». F***, elle a oublié quelque chose. Fou rire général. Elle raccorde sa guitare et la foule entre à nouveau en communion avec l'artiste. Le band au grand complet réapparaît pour « Thank You For Hearing Me », une piste soustraite du long playing « Universal Mother ») et « Dense Water, Deep Down », un morceau sculpté dans la country, qui nous entraîne au cœur des grandes plaines de l'Ouest américain. « Jealous », morceau figurant sur « Faith and Courage », LP commis en 2000, opère un retour dans la douceur. Troublant, « The Voice Of My Doctor » adopte un profil plus rock. Les cordes de guitares sont bien plus envahissantes, sans jamais déraper dans la saturation. Le hit mineur « The Empero's New Clothes » et « The Last Day Of Our Acquaintance », deux extraits de « I Do Not Want What I Haven't Got » achèvent le corps principal du show. D’une durée de 75 minutes, quand même.

En guise de rappel, elle va nous réserver « Kisses Like Mine », le sublime « Street Cars », limité au piano et à la voix, et le très court « Before We End Our Day », chanté a capella par l’artiste, juste avant de prendre congé de son auditoire. Superbe soirée qui m’a permis de revoir Sinéad O’Connor en pleine forme. Une grande dame assurément, que j’ai écoutée religieusement…(voir aussi notre section photos là)

(Organisation : Ancienne Belgique)

Amenra

Un set acoustique, mais énigmatique…

Écrit par

Pour la première fois, j’assiste à un concert de la formation courtraisienne Amenra. Un set acoustique accordé dans le cadre de l'IBM (Inspired By Black Metal). Il se déroulera en configuration assise. Sous cet aspect, l’AB peut accueillir 1 000 personnes. Ce soir, on en dénombre plus ou moins 800.

La première partie est confiée à Jonas Van Den Bossche et Benne Dousselaere. Un concert bruitiste et agressif auquel votre serviteur n’a pas du tout accroché…

‘Unplugged’, la prestation d’Amenra sera empreinte de délicatesse. Sur la gauche de la scène six sièges forment un cercle tourné vers l'intérieur, comme pour affirmer la cohésion parfaite du groupe. Impliquant deux guitaristes, un bassiste et un drummer. Un line up enrichi par la violoniste Femke de Beleyr.

Chaque artiste est arrosé par une lumière blanche émanant du plafond ; une manière d’intensifier le mystère de l'atmosphère ambiante. Qu’on pourrait qualifier de cosy, voire de feutrée. Le chant et la musique ne transpirent aucune violence ou agressivité. La mélodie est calquée sur l’instrumentation. On se croirait dans un concert de black metal réadapté par le ‘classique’. Pas besoin de boules-Quiès ; le son parfait.

Le set s’ouvre par « Aorte Ritual, Nous Sommes Du Même Sang », un extrait de l'album « Mass IIII ». La musique est sombre et écrasante ; mais c’est le titre manifestement le plus approprié pour entamer les hostilités. Après « Razoreater » et « Nowena 9.10 », deux extraits de « Mass V », on a droit à une excellente cover  du « Parabol » de Tool, une piste qui figure sur l’elpee « Lateralus ». La violoniste Femke de Beleyr monte sur l’estrade pour attaquer « The Dying of Light ». Tout au long de « Wear My Crown », un fragment de l'Ep « Afterlife », la guitare électro-acoustique vous invite à vous plonger dans un voyage imaginaire, décrit par la projection d’images sur un écran sis à l’arrière-plan du podium.

La voix de Colin van Eeckhout est quand même particulièrement onctueuse. « Longest Night » est une nouvelle compo. Les interventions du violon de Femke prennent le pas sur les guitares. Tout comme sur « To Go On.: And Live With Out », au cours duquel elle posenégalement la voix.  Un concours qui accentue l’aspect mystérieux de la chanson. Sophie Verdoodt a des cheveux couleur de blé. Elle déclame quelques lyrics ténébreux dans la langue de Vondel. Après 45 minutes, sans demander leur reste, les musicos vident les lieux ? Pas de salut au public, ni de rappel. Drôle de comportement. Ce groupe est une énigme. Pourtant, le set acoustique était excellent. Sombre et métallique. Un moment, non pas de solitude, mais de recueillement. Comme si l’AB avait été transformée en cathédrale.

(Organisation : Ancienne Belgique)

Hey Colossus

Colossal…

Écrit par

Suite des festivités au Magasin 4 qui, depuis près d’un mois maintenant, fête ses vingt années de sévices.
Au menu du soir, du singe et du lapin, et bien plus encore à se mettre sous la dent…
Mesdames et messieurs, veuillez prendre place.
Voici le menu.

Pour toute ‘mise en bouche’, rien de tel que du Lapin Cru.

Il mijote parmi les convives, puisque jeté directement à même le sol, ici, devant la scène.

Cru et désossé, la chair bien visible.

Un parterre de curieux s’installe donc tout autour du duo qui  s’agite frénétiquement, l’un arc-bouté sur ses fûts, l’autre sur son manche électrifié.

Forcément tendue, au bord de la rupture, la musique se déploie en ondes saccadées, brisées, épousant des pics d’agressivité, haletante ici, reprenant son souffle par là.

C’est que tout lapin qu’il soit, il nous a grugé !

Pas question que la bête se laisse manger toute crue.

Il faut donc se lancer à sa poursuite, se glisser dans les interstices qu’elle épouse, se glisser comme elle dans la fange, grimper et dévaler les sommets à son rythme effréné.

Ce qui bien entendu en laisse quelques uns sur le carreau.

Ceux pour qui l’effort n’est pas de mise.

Pas encore. Pas si tôt.

Le cercle se délie donc autour du combo.

Au bout du compte, Lapin Cru s’abandonne aux papilles auditives des spectateurs accrochés à leurs sonorités escarpées.

Bravo l’animal ! Tu t’es bien défendu !

D’Adolina, combo de chez nous, on ne sait que peu de choses au départ.

Étonnant puisqu’il existe depuis 98.

Menant sa barque en toute discrétion mais en manifestant énormément de foi et d’abnégation, il est donc inclus sur une bien belle affiche.

Un mélange de styles plutôt bien digérés, mais dénué d’originalité.

Attention, ce n’est pas un reproche.

Chercher à tout prix l’originalité équivaut souvent à vouloir en faire trop.

Ce qui manifestement n’est absolument pas dans l’optique du groupe.

Adolina se contente donc de s’exprimer dans un style déjà maintes fois remanié mais aux angles toujours aussi pointus et tranchants, de Shellac à Chevreuil pour ne citer qu’eux.

En résulte un set efficace qui se suit très agréablement depuis le bar.

Amputée d’un membre, et pas n’importe lequel (!) la soirée en est déjà à sa deuxième moitié.

Les Liégeois d’Ultraphallus ont dû renoncer pour cause de naissance imminente ; on passe donc illico à Hey Colossus.

Et là, on embraie en enclenchant le braquet supérieur.

« Cuckoo Live Life Like Cuckoo », leur dernier album en date, est sorti l’année dernière. La formation britannique est donc déjà solidement armée, mais elle a amené, en outre, dans ses bagages quelques nouvelles compos qui tracent définitivement leur route dans cette belle nuit.

Solide pont transgenre, leur musique a récemment pris ses marques et se distingue nettement de leurs premières traces discographiques.

Émancipée d’influences trop évidentes, l’identité de Hey Colossus s’affiche donc à présent sans masque et éclabousse de sa superbe.

Tendue et sujette à d’innombrables revirements, pleine de surprises et délicieusement retors.

Tantôt rampante, tantôt cinglante, lourde et menaçante, l’ombre de ce colosse s’étend et m’enveloppe tout entier.

Une gifle colossale assenée par une main de velours gantée de fer.

Je resterais bien pantois si je n’étais autant excité.

Entre hypnose syncopée et injection d’adrénaline sous-cutanée, le corps de ce géant, qui en est encore en pleine croissance, s’agite sur scène et l’impact de ses grondements résonne puissamment, me captivant totalement.

Une prestation qui pourrait presque faire de l’ombre à Part Chimp.

Mais c’est sans compter sur l’efficacité du combo londonien, tout heureux d’être à nouveau présent sur notre territoire, après un dernier passage qui datait quand même de deux mille onze (c’était au VK et nous y étions).

Après avoir disparu un temps de nos radars, ceux-ci répondent donc présents à l’invitation du Magasin 4.

Une excellente décision puisque c’est un plaisir de découvrir que non seulement, Tim Cedar et sa bande n’ont rien perdu de leur gouaille, mais qu’en plus, de nouveaux titres ont depuis vu le jour.

Un album en préparation, donc. Quelle bonne nouvelle !

Alors forcément, pour l’occasion, je me suis muni de mes jambes d’antan.

Et c’est euphorique que je les balance frénétiquement sous mon torse gonflé d’enthousiasme puéril, profitant de cette bouffée d’air juvénile.

Prenant autant de plaisir que l’assistance, Part Chimp découpe donc son set de tranches bien saignantes, juteuses à souhait.

Reviens deux fois sur scène, et se plie au jeu des rappels.

Les ‘classiques’ « Trad » ou encore l’incontournable « 30,000,000,000,000,000 People » vont générer, inévitablement, de joyeuses vagues parmi la foule enthousiaste.

Courte mais incisive, leur prestation laisse la marque d’un retour réussi, et elle réclame déjà un nouveau retour chez nous, bien plus rapidement cette fois.

Promis, le band reviendra l’année prochaine.

Alors on se quitte, on s’embrasse et on se tient au courant.

Allez, à bientôt les gars !

Sur ce, j’abandonne le lieu des festivités.

J’ai encore perdu un peu de mes facultés auditives.

Ça zune et ça bourdonne dans les oreilles.

Mais si c’est là le tribut à payer pour revivre de tel moment, alors, demain, je veux bien aller m’acheter un sonotone !

Crever concert ! Comme dirait un certain Zoulk…

(Organisation Magasin 4)

 

Part Chimp

Court mais incisif…

Écrit par

Suite des festivités au Magasin 4 qui, depuis près d’un mois maintenant, fête ses vingt années de sévices.
Au menu du soir, du singe et du lapin, et bien plus encore à se mettre sous la dent…
Mesdames et messieurs, veuillez prendre place.
Voici le menu.

Pour toute ‘mise en bouche’, rien de tel que du Lapin Cru.

Il mijote parmi les convives, puisque jeté directement à même le sol, ici, devant la scène.

Cru et désossé, la chair bien visible.

Un parterre de curieux s’installe donc tout autour du duo qui  s’agite frénétiquement, l’un arc-bouté sur ses fûts, l’autre sur son manche électrifié.

Forcément tendue, au bord de la rupture, la musique se déploie en ondes saccadées, brisées, épousant des pics d’agressivité, haletante ici, reprenant son souffle par là.

C’est que tout lapin qu’il soit, il nous a grugé !

Pas question que la bête se laisse manger toute crue.

Il faut donc se lancer à sa poursuite, se glisser dans les interstices qu’elle épouse, se glisser comme elle dans la fange, grimper et dévaler les sommets à son rythme effréné.

Ce qui bien entendu en laisse quelques uns sur le carreau.

Ceux pour qui l’effort n’est pas de mise.

Pas encore. Pas si tôt.

Le cercle se délie donc autour du combo.

Au bout du compte, Lapin Cru s’abandonne aux papilles auditives des spectateurs accrochés à leurs sonorités escarpées.

Bravo l’animal ! Tu t’es bien défendu !

D’Adolina, combo de chez nous, on ne sait que peu de choses au départ.

Étonnant puisqu’il existe depuis 98.

Menant sa barque en toute discrétion mais en manifestant énormément de foi et d’abnégation, il est donc inclus sur une bien belle affiche.

Un mélange de styles plutôt bien digérés, mais dénué d’originalité.

Attention, ce n’est pas un reproche.

Chercher à tout prix l’originalité équivaut souvent à vouloir en faire trop.

Ce qui manifestement n’est absolument pas dans l’optique du groupe.

Adolina se contente donc de s’exprimer dans un style déjà maintes fois remanié mais aux angles toujours aussi pointus et tranchants, de Shellac à Chevreuil pour ne citer qu’eux.

En résulte un set efficace qui se suit très agréablement depuis le bar.

Amputée d’un membre, et pas n’importe lequel (!) la soirée en est déjà à sa deuxième moitié.

Les Liégeois d’Ultraphallus ont dû renoncer pour cause de naissance imminente ; on passe donc illico à Hey Colossus.

Et là, on embraie en enclenchant le braquet supérieur.

« Cuckoo Live Life Like Cuckoo », leur dernier album en date, est sorti l’année dernière. La formation britannique est donc déjà solidement armée, mais elle a amené, en outre, dans ses bagages quelques nouvelles compos qui tracent définitivement leur route dans cette belle nuit.

Solide pont transgenre, leur musique a récemment pris ses marques et se distingue nettement de leurs premières traces discographiques.

Émancipée d’influences trop évidentes, l’identité de Hey Colossus s’affiche donc à présent sans masque et éclabousse de sa superbe.

Tendue et sujette à d’innombrables revirements, pleine de surprises et délicieusement retors.

Tantôt rampante, tantôt cinglante, lourde et menaçante, l’ombre de ce colosse s’étend et m’enveloppe tout entier.

Une gifle colossale assenée par une main de velours gantée de fer.

Je resterais bien pantois si je n’étais autant excité.

Entre hypnose syncopée et injection d’adrénaline sous-cutanée, le corps de ce géant, qui en est encore en pleine croissance, s’agite sur scène et l’impact de ses grondements résonne puissamment, me captivant totalement.

Une prestation qui pourrait presque faire de l’ombre à Part Chimp.

Mais c’est sans compter sur l’efficacité du combo londonien, tout heureux d’être à nouveau présent sur notre territoire, après un dernier passage qui datait quand même de deux mille onze (c’était au VK et nous y étions).

Après avoir disparu un temps de nos radars, ceux-ci répondent donc présents à l’invitation du Magasin 4.

Une excellente décision puisque c’est un plaisir de découvrir que non seulement, Tim Cedar et sa bande n’ont rien perdu de leur gouaille, mais qu’en plus, de nouveaux titres ont depuis vu le jour.

Un album en préparation, donc. Quelle bonne nouvelle !

Alors forcément, pour l’occasion, je me suis muni de mes jambes d’antan.

Et c’est euphorique que je les balance frénétiquement sous mon torse gonflé d’enthousiasme puéril, profitant de cette bouffée d’air juvénile.

Prenant autant de plaisir que l’assistance, Part Chimp découpe donc son set de tranches bien saignantes, juteuses à souhait.

Reviens deux fois sur scène, et se plie au jeu des rappels.

Les ‘classiques’ « Trad » ou encore l’incontournable « 30,000,000,000,000,000 People » vont générer, inévitablement, de joyeuses vagues parmi la foule enthousiaste.

Courte mais incisive, leur prestation laisse la marque d’un retour réussi, et elle réclame déjà un nouveau retour chez nous, bien plus rapidement cette fois.

Promis, le band reviendra l’année prochaine.

Alors on se quitte, on s’embrasse et on se tient au courant.

Allez, à bientôt les gars !

Sur ce, j’abandonne le lieu des festivités.

J’ai encore perdu un peu de mes facultés auditives.

Ça zune et ça bourdonne dans les oreilles.

Mais si c’est là le tribut à payer pour revivre de tel moment, alors, demain, je veux bien aller m’acheter un sonotone !

Crever concert ! Comme dirait un certain Zoulk…

(Organisation Magasin 4)

Puggy

Confession d’un aficionado…

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Puggy termine sa longue tournée qui a suivi la sortie de l’album « To Win The World ». Mouscron est d’ailleurs annoncé comme la dernière date de ce périple. Mais les trois artistes ne sont pas à une surprise près. D’ailleurs, sur leur site, est mentionné un concert pour le 29 octobre, mais pas de lieu, simplement un point d’interrogation. Donc il pourrait encore y avoir des prolongations. Pas évident de repérer la Plaine de la Neckere. Un petit tour, quelques ballons dans l’atmosphère et votre serviteur est prêt à assister au soixante-deuxième set de Puggy.

Un immense chapiteau est prévu pour accueillir 1400 personnes. J’estime qu’il doit y en avoir 2 à 300 en plus. La foule est donc compacte et la température grimpe très rapidement.

Puggy a toujours le nez creux pour choisir ses premières parties. Ce soir, il a posé son dévolu sur la formation bruxelloise FùGù Mango. Tiens, je remarque la présence de l’ami Franck Baya derrière les fûts. Un fameux drummer qui milite au sein d’une multitude de projets. Il a ainsi prêté son concours à Coffee Or Not, Sarah Carlier, Clare Louise et bien d'autres. Et il me semble que deux autres musicos sont des membres des Bikinians. Sur l’estrade ont été disposés des timbales, congas et autres cymbales sur scène. Bref, le combo va nous dispenser une musique rock indie à la fois métissée et colorée. La chanteuse/guitariste –très polie par ailleurs– se démène beaucoup sur les planches, même si les musiciens ont peu de place pour s’exprimer. Ils occupent l’avant-scène. Et puis ils ne disposent que de 30 minutes. Mais sur ce laps de temps particulièrement court, FùGù Mango va nous réserver une prestation de bonne facture. Et pas de problème pour chauffer l’auditoire, vu la température ambiante…

Puggy n’est plus vraiment un trio, depuis qu’un quatrième larron vient de débarquer. En l’occurrence John Janssens (Papa Dada), qui les accompagne sur scène depuis la tournée « To Win The World ». La pression monte dans la fosse. La foule s’agglutine devant le podium ; en fait de foule, il s’agit surtout de jeunes adolescentes boutonneuses. Sur l’estrade, Alex et Clément se chargent les derniers préparatifs. Benoît, des derniers détails inhérents au mixing. Votre serviteur se plante derrière la console, là où le son est le meilleur. Nos loustics montent du l’estrade, le sourire aux lèvres. Ils sont en forme. Pas comme à Binche, il y a 15 jours. Faut dire qu’ils avaient joué à Paris à 14h30 et dans la cité des Gilles à 20h30 ; et tout naturellement, ils étaient crevés. Mais vu le succès, difficile de refuser certaines prestations.

Le concert s’ouvre par « Move on ». Pas de préparatif, on entre immédiatement dans le vif du sujet. Matt se montre assez interactif avec les premiers rangs. Romain a encore ingéré des pois sauteurs. Un vrai kangourou. Ziggy terrasse ses fûts. Les musicos ont une pêche d'enfer. Je le sens bien, le concert va être exceptionnel. La setlist embraie par deux extraits de « Something You Might Like », leur second elpee, en l’occurrence « Give Us What You Want » et « Goddess Gladys » pour ne pas déstabiliser les fans de la première heure.

Il ne fait plus chaud mais torride. J’ai m’impression qu’il y a de plus en plus de monde. Le concert monte encore en puissance grâce à la succession de hits : « Someone Makes No Sound », « To Win The World », « Ready Or Not », « How I Needed You » et surtout « Goes Like This ». L'effet du micro siffleur vous ouvre le ventre et vous plaque les tripes au sol. Un titre issu de la plume de Ziggy, le blond qui venait du froid. Pour « When You Know », Matthew pousse sa superbe voix dans ses derniers retranchements. Le jeu prend comme d'habitude et le public le suit. C’est l’instant qu cours duquel je crains le plus pour sa voix. Elle a déjà subi une extinction. Alors fais gaffe quand même ! « Last Day on Earth » est le titre dont j’apprécie tout particulièrement le clip. Et pour cause, c’est une partie de votre serviteur qui y joue. Et il en est fier chaque fois qu'il l'entend. D’ailleurs, tous ses poils sont au garde-à-vous. Le set s’achève par l'éternel « Teaser ».

Cinq années déjà que votre serviteur est sur les traces de Puggy. Cinq folles années au cours desquelles on a avalé ensemble des kilomètres, partagé des très bons moments. Je n’y ai jamais ressenti un moment de lassitude. C’était un réel bonheur de vous suivre. Décompressez, puis prenez le temps de composer les chansons de votre nouvel opus. Et qu’il soit du tonnerre…  

(Organisation : les  24 Heures en course libre de Mouscron)

 

 

UB40

Le ‘Red Red Wine’d’UB40 est un millésime qui vieillit plutôt bien…

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Mea Culpa, ça n’est pas de ma propre initiative que je me suis rendu au concert d’UB40 ce mercredi soir à l’Ancienne Belgique… Des amis particulièrement fans des vétérans anglais m’avaient en effet convaincu de les accompagner afin de redécouvrir les nombreux hits d’un groupe dont l’image n’est plus des plus moderne…

Formé en 1978, à Birmingham, la bande jouit cependant encore d’une belle notoriété. Faut dire qu’elle a tout de même placé plus de 50 singles dans les charts anglais tout en vendant plus de 70 millions d’albums dans le monde ! Le succès n’est pas un gage de qualité, mais une réécoute de leur large répertoire refile tout de même une sacrée envie de se replonger en live, un brin nostalgique, dans leurs hits reggae/pop incontournables tels que « Food for Thought », « Red Red Wine » ou encore « Can’t Help Falling in Love With You »…

C’est une salle archi-comble qui accueille UB40. Suite à de sombres affaires d’argent, Duncan Campbell remplace son frère Ali. Le chanteur originel a quitté le navire en 2008 et a remonté UB40 Reunited, dont le crédit n’atteint pas celui du combo de base. Le line up implique également le bassiste Earl Falconer, le drummer Jimmy Brown, le guitariste Robin Campbell ainsi que quelques autres musiciens dont une impressionnante section de cuivres drivée par l’inamovible Brian Travers dont les interventions au saxophone sont toujours aussi puissantes. Le son est nickel et le public très réceptif. Mais n’est-ce pas une attitude propre aux émanations rasta ? Le show des insulaires est solide. On sent que l’envie continue de les booster. Et on est manifestement loin d’un groupe en roue libre ou à la recherche de cachet ! Leurs vignettes pop teintées de dub, de reggae et de ska font souvent mouche, même lorsque les morceaux s’éloignent de leurs classiques que les musiciens gardent bien entendu pour la fin ! Nos jambes répondent instinctivement aux rythmes qui, s’ils n’ont rien d’originaux, sont tout simplement irrésistibles. Les musicos on droit chacun à leur moment de gloire ; ce qui rend le concert moins uniforme. Entre le hip-hop entonné par Earl Falconer et la présence de Norman Hassan, le percussionniste au look de lutteur Maori, aux avant-postes, ces tours de rôle apportent de la variation au spectacle ! Claire et bien timbrée, la voix de Duncan Campbell est quasiment identique à celle de son illustre frangin.

Après plus d’une bonne heure de concert, les 9 musiciens reviennent saluer la foule pour trois morceaux supplémentaires dont l’imparable « Can’t Help Falling in Love With You » qui finit d’achever un auditoire réchauffé par ces tempos chaleureux, positifs et contagieux. Un concert d’UB40 est définitivement à conseiller aux personnes qui manifestent des premiers signes de morosité ou accusent un coup de mou…

(Organisation Greenhouse Talent)

Bardo Pond

Magie blanche et berceuses angélysergiques…

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C’est vers l'Avenue du Port que votre serviteur met une nouvelle fois le cap, pour un énième épisode de ces chroniques consacrées au 20 ans du Mag4. Ce soir, la triple affiche est à haute teneur psychédélique (minimum 66,6 % garanti).

Et pour ouvrir, le duo Baby Fire menée par l'incendiaire Diabolita (aussi active au sein de Keiki). Armée d’une six cordes, elle se réserve les vocaux. Sa flamboyante crinière allume quelques étincelles sans réellement parvenir à embraser la salle. Elle était autrefois accompagnée par sa complice Cha à la batterie. Qui a cédé depuis sa place à un collègue masculin, Alain Lefebvre, dont le parcours l'a déjà amené à côtoyer des musiciens de Minimal Compact, Tuxedomoon ou plus récemment Philippe Petit. Une nouvelle alchimie qui exige sans doute du temps pour se créer ; et malgré une certaine présence de Dominique aka Diabolita, on sent flotter un certain vide... Peut-être la scène du Magasin 4 est-elle un peu spacieuse pour accueillir le son minimaliste et rêche, tendu et plutôt introspectif de Baby Fire. Du coup on apprécie en tapant du pied gentiment mais sans vraiment se laisser entièrement séduire par ces compos qui pourtant sonnent plutôt pas mal en studio. En fin de set, la légendaire poétesse de la mythique formation anarcho-punk Crass, Eve Libertine, vient les rejoindre lors d’une intervention vocale assez intense.

Mais le premier décollage viendra de White Manna. Son psychedelic space rock s'installe tranquillement à l'instar de ce que Wooden Shjips peut également communiquer comme ambiance. Une ambiance qui monte ensuite en puissance et en vitesse, pour adopter un profil plus carré et très efficace, dans l’esprit de White Hills, mais sans aller aussi loin qu'eux. Car là où les New-yorkais explosent régulièrement ce canevas dans des abstractions sonores assez réjouissantes, White Manna s'en tient le plus souvent à une utilisation de riffs assez convenus, se contentant de simplement ‘décorer’ leurs morceaux de sons et effets psychédéliques. Mais si la formation ne réinvente vraiment rien, la sauce prend néanmoins ; et le band se fend même d'un surprenant final quasi punk rock à la Ramones.

Atterrissage et pause clope/pétard/bière (entourez la mention utile) avant le second et grand envol proposé par Bardo Pond, prolifique combo noise/drone/psyché de Philadelphie dont on ne compte plus les sorties discographiques. La dernière en date, le superbe "Peace on Venus", sera d'ailleurs assez largement et logiquement représentée dans la setlist de ce soir. Tête d'affiche, le quintet se produit devant un public majoritairement composé d'aficionados.

Mais pour commencer, retour au plus ancien "Amanita" assez apprécié par les fans et dont est extrait "Limerick", tout en langueur hallucinogène et voix distantes. En effet la chanteuse Isobel pose sa voix de façon complètement décalée, toujours en porte-à-faux par rapport à la musique et c'est ce qui fait son charme. Il n'y a d'ailleurs pas que sa voix qui semble en équilibre instable, à en juger par les traits de son visage qui semble fort marqué par les expériences de substances psychotropes diverses que l'on retrouve d'ailleurs souvent citées dans les titres de leurs albums. La musique est souvent lente, distordue, étirée et présente un contraste intéressant et rare entre lourdeur et légèreté. Les riffs sont souvent épais, massifs mais pas vraiment agressifs et contrebalancés par les notes de flûte et cette voix qui se perd dans l'éther et les feedbacks. Riffs massifs qui pourraient d'ailleurs séduire les amateurs de stoner voir même de doom lors de morceaux comme "Fir" qui propose carrément une version inversée du style qu'on pourrait appeler ‘Doom angélique’ (333 en lieu et place de 666). Ailleurs, et particulièrement sur "Chance", le côté bucolique/rustique amené par la flûte et la guitare folk qui côtoient l'électricité et la saturation bien crade et vintage pourraient évoquer Neil Young en cherchant un peu plus loin que les références habituellement citées à leur sujet. Et alors que le concert touche à sa fin, je discute avec un ami au bar du fameux "Tommy Gun Angel", compo que j'aurais tellement voulu entendre et qui semble le ‘pseudo hit’ du groupe… et comme par magie, Bardo Pond entonne les accords du dit morceau! Retour dans la foule pour en profiter au max malgré une légère déception dans l'interprétation ; il faut dire que la version studio possède un tel grain dans la saturation que le reproduire en live est une véritable gageure malgré l'excellent son proposé tout au long du gig.

Quoiqu'il en soit, encore une belle réussite à rajouter au bilan de ces 20 ans du Mag4 qu'on remercie à nouveau bien fort!

(Organisation Magasin 4)

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