Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Dernier concert - festival

The Wolf Banes - De Casin...
Hooverphonic
Didier Deroissart

Didier Deroissart

samedi, 30 décembre 2017 02:00

Pique-Nique

Fondé en 2015, ce duo atypique réunit la Suédoise Joanna Wedin (NDR : non, non, elle n’est pas ministre dans le gouvernement belge, mais c’est une ex-membre de MAI) et le Français Jean Felzine, toujours impliqué chez Mustang. Les deux artistes partagent une même passion pour les belles voix et les compositions issues des 60’s ainsi que des 70’s. Yéyés ou pop ! Qu’elles soient issues de l’Hexagone ou de l’autre côté de l’Atlantique. En 2016, la paire avait gravé un premier Ep. Intitulé « Les Hommes (Ne Sont Plus Des Hommes) » il baignait dans la french pop underground.

Rétros, les compos du tandem se caractérisent par leurs refrains contagieux et le chant à deux voix.

Véhiculant des accents caribéens, « Les Hommes (Ne Sont Plus Des Hommes) » est sculpté dans un disco/funk empreint de nostalgie…

Slow crapuleusement langoureux, « Idiot » aurait pu figurer au répertoire de Françoise Hardy.

Tapissé par le Hammond, « After Laughter (Comes Tears) » est une reprise signée Wendy Rene. Un soul/blues rappelant que Wedin est une grande admiratrice de feu Otis Redding.

Guitares mélancoliques et ivoires lancinants plongent « Un Jour De Plus Un Jour De Moins » au sein d’un climat cinématographique. Et on pense ici tout particulièrement aux B.O. pour westerns spaghetti signés Ennio Morricone.

« Femme De Chambre » surfe sur des cordes de gratte menaçantes… des cordes surf, mais aux saveurs multiples qui envahissent « Le jeu »…

Glam/rock, « Ne Fume Jamais Au Lit » évoque et ne suscite pas l’ennui…

Corrosif, l’amour laisse des cicatrices. Sur le « Nez, Lèvres et Menton ». Besoin de chirurgie esthétique ? 

S’enfonçant aussi bien dans les sixties que les seventies, le délicieux « Pique-Nique » passe à la moulinette rocksteady, rockabilly, pop française et soul blanche.

Entre nostalgie et modernité…

 

jeudi, 21 décembre 2017 02:00

Des références bien rock’n’roll…

En 2004, The Van Jets remportait le Humo Rock Rally. Depuis, on peut affirmer que le quatuor ostendais a fait du chemin. Son cinquième elpee, « Future primitives », est paru en octobre dernier. Mais on se souviendra surtout de son tube, « The future », qui a littéralement squatté les ondes de Studio Brussel, au cours de l’année 2010. Un véritable hymne pour toute une génération issue du Nord de la Belgique.

Le supporting act est assuré par The Equal Idiots, un duo qui pratique du rock/garage énergique, à la croisée des chemins de The Experimental Tropic Blues Band, Mountain Bike et Black Box Revelation. Originaire de Hoogstraten, il a gravé son premier opus, « Eagle Castle BBQ », en juin dernier. Il implique le chanteur/guitariste Thibault Christiaensen et le drummer Pieter Bruurs.

Les sonorités de gratte sont instinctives, huileuses, graisseuses même. La frappe du batteur est à la fois primaire et métronomique. Pensez aux Ramones ! On aura cependant droit à une reprise étonnante du « Ca Plane Pour Moi » de Plastic Bertrand, une version qui reflète l’esprit bien punk du tandem. Et la prestation va s’achever par un « Put My Head In The Ground » sismique…

Johannes Verschaeve est coiffé de son éternel chapeau noir et chaussé de souliers de couleur rouge. Il se consacre à la guitare et au chant. Il est soutenu par son frère Michael, aux drums, le second gratteur Wolfgang Vanwymeersch et le bassiste Frederik Tampere. Ce soir, le line up est enrichi d’un claviériste, probablement engagé pour accompagner le quatuor en tournée. Tant derrière que devant, des toiles, de dimensions différentes, ont été tendues. Y sont reproduits, tantôt le titre du dernier long playing, un soleil, un revolver, des signes cabalistiques ou un majeur pointé vers l’avant.

Le musique de The Van Jets puise son inspiration à la fois chez Bowie, The Stooges, T. Rex, les Stones, et parmi les bands les plus contemporains, The Raconteurs et les Black Keys. Bref, pas de contestation, les références sont bien rock’n’roll, même si le tout est régulièrement assaisonné à la sauce électro. Et l’ensemble tient la route. En outre, charismatique, le vocaliste ne tient pas en place et arpente le podium, de long en large.

Issu du dernier LP, « 21st century boy » ouvre le concert. Incontestablement, malgré les boucles électro, c’est un clin d’œil adressé à Marc Bolan (NDR : ce titre !) Quatre autres plages de ce nouvel essai figureront dans la set list. « Rewild » d’abord. Un morceau caractérisé par ses cordes torturées à la manière de Jimi Hendrix, sur « Highway chile ». Puis le sémillant « Fiction vs Fiction », réminiscent des B52’s. Et encore le bondissant « Bang », moment choisi par Thibaut Chrisiaensen, le chanteur/guitariste de The Equal Idiots, pour rejoindre le band et se lancer (NDR : bondir ?) dans la fosse afin d’entamer un long exercice de crowdsufing. Puis enfin, cadencé par ses sonorités électro hypnotiques, « Days On Clouds », un titre qui donne pourtant libre cours à l’agressivité des six cordes. A cet instant, le volume sonore est vraiment à son paroxysme. Et pourtant, il faut avouer que si les compos sont sauvages, les mélodies restent soignées. Verschaeve ose également un petit plongeon dans la foule, pendant « Ready Made Wild Life »…

En rappel, le frontman interprète le bluesy « Here Comes The Light », alors que ses acolytes assurent uniquement les chœurs. Et bien sûr, c’est le hit « The future » qui clôt définitivement le show.  

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

mercredi, 20 décembre 2017 02:00

Un Coely de fruits tropicaux…

Issue du Nord de la Belgique, Coely est considérée comme la nouvelle voix du hip hop. Une voix plus que puissante capable de séduire l’assistance par son énergie explosive libérée sur les planches. Elle démontre ainsi que le rap noir-jaune-rouge peut aussi s’écrire au féminin. Son premier elpee, « Different Waters » est paru en mars dernier. Enfant prodige du hip hop old school, elle a fait ses premiers pas sur la scène européenne à l’âge de 22 ans…

Votre serviteur avait été littéralement scotché par sa prestation accordée aux Lokerse Feesten en août dernier. Ce soir, elle se produit pour la deuxième fois consécutive, dans la banlieue d’Anvers, là où elle a grandi. Point de chute : le Casino de Saint-Nicolas. Les deux spectacles sont sold out. La salle est superbe, le personnel accueillant et le son excellent. Que demande le peuple ?

C’est Amazuni qui assure le supporting act. Elle a été finaliste du concours ‘The Nieuwe Lichting » organisé par Studio Brussel, compétition remportée par Tamino. Gantoise, mais de souche népalaise, elle vient de graver un Ep intitulé « V For Venom », au sein duquel elle va puiser largement lors de son set. Sur les planches, elle est soutenue par un black aux platines et aux machines. Barbu et capuche sur la tête, il est impassible et froid devant son matos. De grande taille, voilée d’un châle noir (NDR : les vêtement des deux artistes sont de la même couleur !), qu’elle ôte dès qu’elle apparaît derrière son micro, Amazuni affiche un visage sur lequel une ligne… noire… est dessinée sous le menton. Le duo pratiquerait-il une musique sombre et industrielle ? Pas du tout, plutôt un rap très technique, chargé de groove et teinté de r&b et de drum&bass, sur lequel, elle pose un flow agressif, interactif et bien calibré. Bref, le son est vraiment unique en son genre. Le bassiste de Coely vient même prêter sa voix pour un titre.

Le Black Mamba est le nom d’un serpent noir particulièrement venimeux, dont la piqûre peut s’avérer mortelle, qui vit en Afrique. C’est également le patronyme d’une djette qui va tenter de conserver l’esprit des spectateurs en éveil. Peine perdue, l’auditoire préfère discourir…

Coely pratique un cocktail détonnant de hip hop old school, soul, r&b, gospel, funk et dance-hall. Ses vibes sont parfois très susceptibles de rappeler Laurijn Hill. Elle est capable de donner des coups d’accélérateur dans le style de Busta Rymes ou même d’assurer une séance de human beatbox. Elle rappe d’ailleurs comme une Américaine. En outre, elle peut compter sur ses potes, les Mc’s Dvtch Norris, dont la voix soul est particulièrement solide, ainsi que Darrell Cole, pour mettre le feu aux planches. Il y en aura même un troisième, pour un titre, au cours du spectacle…

C’est « Same Waters » qui l’ouvre, alors que l’espace scénique baigne dans la couleur bleue. Darrell Cole apparaît, micro en main, pour accueillir la princesse Coely. Elle a enfilé un jeans seyant, est chaussée de rangers de teinte noire et a recouvert le tout d’un long imperméable gris (NDR : comme le temps en Belgique). Ses dreads sont ramenés en deux chignons (NDR : pas trois comme sur la photo !) Outre les Mc’s qui participent circonstanciellement au show, elle est soutenue par un guitariste, un bassiste, un drummer ainsi qu’un préposé aux platines et aux machines ; ce dernier s’est planté à l’arrière.

Lorsque les deux Mc’s se produisent au même moment, ils dansent en parfaite synchro. Le flow est continu, efficace et dynamique. Coely demande au public de lever les mains. Il s’exécute instantanément. Le light show est passé au blanc et au rouge pour « Different Waters ». Tapissée par l’harmonium, cette compo se distingue par les claquements de la basse et le déchaînement du drummer sur ses fûts. On est proche du tsunami sonore, mais la princesse calme le jeu de sa voix soul, empreinte d’émotion. Néo soul ou r&b contemporain (NDR : les avis divergent !), « My Tomorrow » incite irrésistiblement à remuer l’arrière-train. Coely invite la foule à applaudir. Réaction immédiate. Les ‘boom, boom, ratata’ fusent aux quatre coins de la salle. Autre morceau soul, mais plus paisible, « Can’t get away » permet à tout le monde de reprendre son souffle. Mais la pause est de courte durée, car Coely vide littéralement ses tripes tout au long de « On My Own », un autre r&b. Elle y étale toute sa puissance vocale. Percutant, « Hush » agrège rap et dancehall. Et « Magic Carpet » clôt le set.

En rappel, « Wake Up Call » est interprété en mode ‘Old School’. Fruité et rafraîchissant ! Et le concert de s’achever par « The Rise » et « Celebrate », deux raps carrément incendiaires. Votre serviteur est rentré chez lui, la banane aux lèvres. Ce soir la prestation de Coely était tout bonnement tropicale…

(Organisation : De Casino)

dimanche, 17 décembre 2017 02:00

Un bel LANY mâle…

Il est 19 heures, et un fort contingent de jeunes midinettes peuple les couloirs du Botanique. Normal, ce soit, quatre beaux gosses se produisent à l’Orangerie ; en l’occurrence LANY (acronyme pour ‘Los Angeles New York’), une formation qui comptabilise des millions de vues sur Youtube depuis 2014. Les filles adulent Paul Klein, un chanteur particulièrement charismatique et séducteur. En outre, non seulement l’identité visuelle du band est impeccable, mais les hits sont super catchy. La voie du succès est donc toute tracée. Il est d’ailleurs exceptionnel qu’il se produise dans de petites salles. L’an dernier, il a ainsi été programmé lors de grands festivals, dont celui de Rock Werchter… 

Ritual sert de supporting act. Un trio londonien, dont le premier Ep, « The Fall », est paru en 2014, et qui a longtemps entretenu le mystère sur l’identité de ses membres, qui préféraient préserver leur anonymat. Ainsi, aucun nom, ni aucun visage n’a jamais été révélé. Ce qui n’a pas empêché le groupe de faire les gros titres du Billboard, The Fader et The Line of The Best Fit.  

Les trois musicos se servent de synthés. L’un se consacre à la gratte semi-acoustique ou électrique et le deuxième à la basse. Le troisième –c’est également le plus grand– se réserve le chant. Bien que de couleur blanche, il possède une voix soul très black. Des vocaux enrichis par de multiples harmonies féminines et masculines, dispensées par des samples. L’expression sonore baigne au sein d’un climat post-dubstep, c’est-à-dire quelque part entre hip-hop ambiant, funk, folk et r&b. Les lyrics sont à la fois sensuels et tranchants. Les arrangements musicaux sont soignés et l’excellent feeling du préposé au micro favorise une belle interaction entre la foule et le combo. Un set cependant trop court pour se faire une idée exacte du potentiel de Ritual.  

Place ensuite à LANY. Trois estrades ont été dressées sur le podium. Celle de gauche est destinée au drummer. Du milieu, au pianiste. Et de droite, au guitariste. Ces deux derniers se consacrent cependant, d’abord, aux synthés. Derrière-elles on remarque autant de toiles immenses, tendues, sur lesquelles seront projetés vidéos et effets lumineux. Paul Klein occupe tout l’espace scénique. Il déambule, ondule, bondit et harangue la foule. Une véritable bête de scène (NDR : un bel Lany mâle ?) ! Il joue de la gratte électrique, du piano (NDR : un droit !) ou des claviers, parfois debout sur son siège. Il se prend même pour un équilibriste en grimpant sur la grosse caisse du drummer. A souligner : le son est parfait !

Lorsque des filles balancent des roses rouges et blanches sur les planches, Paul les renvoie généreusement dans la fosse. Sucré, « Pink Skies » provoque des gémissements au sein du public féminin. Paul a le don de l’apprivoiser. L’intensité monte au fil du set. L’euphorie de l’auditoire également. Lors des compos les plus paisibles, Paul siège derrière ses ivoires. A l’instar de « Walk Away », « 4 Ever ! », « Quit » et « Someone Else ». Un moment de pause avant que le show ne reprenne son cours normal ; c’est-à-dire endiablé. Tout au long de « The Breakup » le light show inonde la foule de ses couleurs. Enfin, pour clore le show, Paul revient derrière son piano pour interpréter un medley de covers signées Harry Styles, « Pancakes/Sign of the Times /Current Location ».

Et le rappel de s’achever par l’incendiaire « ILYSB », une compo qui les a fait connaître. A revoir lors des festivals d’été !

(Organisation : Botanique)

vendredi, 15 décembre 2017 02:00

Rock’n’roll attitude !

Les trois concerts de Triggerfinger programmés à l’AB, ces 14 et 15 décembre ainsi que celui de février sont sold out. Votre serviteur assistera à celui du vendredi, une prestation au cours de laquelle le groupe belge va proposer de nombreux morceaux issus de son dernier elpee, « Colossus ».

Hong Kong Dong assure le suppporting act, un trio réunissant un frère et une sœur, en l’occurrence Boris et Sarah Yu Zeebroek, ainsi que le guitariste Geoffrey Burton, un musicien qui jouit d’une solide réputation, et pas seulement au sein du Royaume, puisqu’il a notamment accompagné Arno, Alain Bashung et Iggy Pop. Finaliste du concours Humo Rock Rally, en 2008, la formation gantoise a publié son deuxième opus, « Kala Kala », en octobre dernier.

Non seulement Sarah possède une superbe voix, mais elle se consacre aux claviers et à la gratte. Elle se démène énormément sur les planches et n’hésite pas à haranguer les premiers rangs en affichant d’étranges mimiques qui ne sont pas sans rappeler celles de Satomi Matsuzaki, la vocaliste du band yankee, Deerhoof. Hybride, largement électronique, mais aventureuse, l’expression sonore navigue à la croisée des chemins de Kraftwerk, Métroland, Björk, Flaming Lips, Talking Heads, Sparks et… Deerhoof. Une excellente mise en bouche avant le plat de résistance…

En arrière-plan, une toile a été tendue, elle représente une fresque urbaine, œuvre de Sarah Yu Zeebroek. Comme d’habitude, quand ils montent sur le podium, les musicos de Triggerfinger sont tirés à quatre épingles. Une intro préenregistrée précède leur arrivée. Mario a opté pour un costume de couleur bleue. Tout comme celui de Ruben mais il est en cuir, et scintillant. En outre, il est chaussé de santiags. Celui de Paul est encore plus classe ; et pour cause, il est de couleur noire. Le combo est soutenu par un quatrième membre ; en l’occurrence le gratteur Geoffrey Burton, également impliqué chez Hong Kong Dong. On comprend mieux ainsi le choix de la première partie.

Dès qu’il grimpe sur son estrade, Mario assure le spectacle. Telle une rock star, il harangue la foule dès « Upstairs Box » et sollicite des applaudissements qui lui sont immédiatement décernés. Sa frappe sur ses fûts est sauvage, tribale aussi. A plusieurs reprises, il va pousser le bouchon jusqu’à percuter ses cymbales à l’aide de son crâne (NDR : lors d’un set accordé aux Lokerse Feesten, il en avait coincé une entre les dents). Le son est très puissant. D’ailleurs, tout au long du stoner « And There She Was Lying In Wait » (« By Absence of the Sun »), la voix de Ruben est quelque peu noyée sous l’instrumentation. Heureusement, dès « First Taste », elle devient stratosphérique, mais dans l’esprit de Robert Plant. Les deux grattes se déchaînent alors et libèrent des riffs aussi primaires qu’instinctifs.

« By Absence Of The Sun » est devenu un classique du band. Ruben dirige le manche de sa gratte vers le ciel, la colle contre un baffle, un ampli ou encore la couche sur les planches. Rock’n’roll attitude ! Geoffrey Burton a l’opportunité de démontrer son talent pendant « Flesh Tight » et « My Baby's Got A Gun » ; il vient même affronter Paul et Ruben en duel, à l’aide de sa gratte. Ruben a tombé la veste depuis un bon moment. Il s’adresse à la fosse, le temps d’une petite pause. Soit juste avant que Mario ne nous réserve un solo de drums dont il a le secret, et ce durant « All This Dancin' Around ». Un exercice de style de 5 bonnes minutes, au bout duquel Ruben et Paul vont participer aux débats en cognant à leur tour les cymbales, dont l’une va se crasher sur le plancher. A l’issue de cette démonstration, l’auditoire acclame le soliste, et chaleureusement. Le set s’achève par le titre maître de l’elpee « Colossus », une compo taillée pour le live. Satisfaits, les musicos saluent le public et se retirent.

Mais ont-ils tout donné ? Pas encore, puisqu’ils reviennent pour exécuter d’abord « Afterglow », puis une version plutôt décoiffante du « Man Down » de Rihanna et enfin une reprise bien burnée du « Funtime » d’Iggy Pop... 

Et lors du second rappel, le quatuor va finalement concéder « Let It Ride », un extrait de « All This Dancin’ Around ». Ce soir on a vécu un grand moment de rock’n’roll !

(Organisation : Live Nation + Ancienne Belgique)

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mardi, 12 décembre 2017 02:00

Le minimum syndical !

C’est le second concert de London Grammar au Lotto Arena, en deux jours. La première date a rapidement été décrétée sold out ; les organisateurs ont donc décidé d’en ajouter une deuxième. Fondé en 2012, ce trio britannique réunit la chanteuse/pianiste Hannah Reid, le claviériste/percussionniste Dominic 'Dot’ et le guitariste Dan Rothman. Il pratique un cocktail d'electronica, de trip hop et de pop, qu’on pourrait situer à la croisée des chemins de Florence + The Machine, James Blake et The XX. Son nouvel opus, « Truth Is A Beautiful Thing », est paru en juin 2017, un disque pour lequel le groupe a reçu le concours de plusieurs producteurs prestigieux. La formation est ensuite partie en tournée pour le défendre. Un long périple dont c’est la dernière représentation ce soir…

Vu le retard accumulé, suite aux embouteillages sur la route, votre serviteur débarque à la fin de la prestation accordée par Lo Moon. Le temps de se faufiler afin de se dénicher une place idéale, le plus près possible du podium, et le set est terminé. Une indication quand même : la claviériste est plutôt jolie et possède une solide voix.

Place ensuite à London Grammar. Le light show est composé de trois immenses rampes de spots. Deux latérales et une frontale. Cette dernière réunit uniquement de petites leds. Dot se plante à droite, au milieu de ses claviers, ses congas et sa batterie, face à la foule. Hannah est calée entre son micro et son piano droit, placé de biais. Dan a opté pour la gauche, parmi ses claviers et près de sa gratte.

L’atmosphérique « Who Am I », ouvre le set. C’est un extrait du second opus. La fin de parcours de « Flickers / Help Me Lose My Mind  » se distingue par son rythme imparable. Hannah s’installe derrière les ivoires pour aborder « Nightcall ». Dot signale timidement qu’il s’agit de la dernière date de la tournée. On savait ! Pour le reste, on ne peut pas dire que les musiciens soient très bavards, sur les planches. Empreint de mélancolie, le registre vocal d’Hannah Reid est proche de celui d’Adèle. Et il impressionne tout au long du fabuleux « Hell To The Liars ». Les hits déclenchent l’enthousiasme au sein de la fosse, et particulièrement « Wasting My Young Years », « Hey Now », « Stay Awake  » ainsi que le superbe « Sights ». Elle épate à nouveau en interprétant « Rooting For You », a capella. Mais au fil du concert cette voix finit par lasser. Elle est sans doute exceptionnelle, cristalline, fragile, mais elle épouse constamment les mêmes modulations. On y cherche même de l’émotion. En outre, les musicos ne sont guère interactifs. L’expression sonore manque de relief. Le line up semble trop léger pour se produire en concert. Il y manque une section rythmique organique, de type basse/batterie. Et on ne peut pas dire que le son soit vraiment au point. Enfin, 70 minutes, rappel compris, c’est quand même peu pour une formation dont la popularité est croissante. C’est d’ailleurs ce qu’on pourrait qualifier de minimum syndical !   

(Organisation : Live Nation)

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samedi, 09 décembre 2017 02:00

Idéal pour faire la fête !

C’est le vingt-deuxième concert sold out du groupe Arsenal à l’Ancienne Belgique depuis 2001. Si le premier avait été programmé au Club, tous les autres se sont déroulés dans la grande salle.

Un sixième elpee est en préparation pour Arsenal. Baptisé « In The Rush Of Shaking Shoulders », sa sortie est prévue en 2018. En attendant, un premier single vient de paraître, et il s’intitule « Amplify ». Les sessions sont toujours en cours, des sessions auxquelles Scott McCloud (Girls Against Boys), mais également d’Edaoto and The Afrogenius Band, un combo nigérian qui pratique de l’afro-beat participent. Et c’est d’ailleurs ce band qui assure le supporting act. Mais pas seulement… 

Hendrik Willemyns s’était rendu au Nigéria pour réaliser un reportage pour sa série télévisée littéraire, ‘Paper Trails’. Et lors de ce séjour, il était tombé sous son charme. Mais comme ce pays est également le berceau de l’afro-beat, il est parti également à la recherche de rythmes susceptibles d’inspirer de nouvelles compos. Et pour y parvenir, il a invité Edaoto et son backing group. Il ne faut pas oublier que quinze années plus tôt, en concoctant « Oyebo Soul », le band avait puisé ses sources musicales au cœur du continent africain.

Originaire de Lagos, Edaoto and The Afrogenius Band ouvre donc le bal. La section rythmique est solide. Le bassiste joue de son instrument, en le poussant à la limite de la rupture, tout en dansant sur place. Et le drummer jouit d’une belle technique. Plutôt généreux, le leader se consacre au dejmbés et à la gratte semi-acoustique, alors que le second guitariste dispense des sonorités dignes de Tinariwen, plongeant ainsi les compos dans une forme de blues du désert. Une entrée en matière idéale pour chauffer l’ambiance !

Le concert est sold out, comme les quatre autres représentations de la formation anversoise, programmées à l’AB. Chez Arsenal, le line up est inchangé. Léonie Gysel se charge du lead vocal. Rayonnante et toujours aussi sexy, elle attend pourtant un heureux événement. Mirko Banovic se consacre à la basse et Bruno Fevery à la gratte. Les sonorités dispensées par le premier sont le plus souvent ronflantes et celles du second, funkysantes. Le drummer, Dirk Loots et le percussionniste, David Donnat, trônent sur une estrade. Outre les chœurs, Mathias Bastiaans jongle entre six cordes et les claviers. Légèrement en retrait, Hendrik se réserve les synthés et les machines, alors que John occupe tout l’espace scénique, invitant régulièrement le public à se remuer. Ce soir il va très peu se consacrer à la guitare et se concentrer sur son chant. Et puis, n’oublions pas le concours de deux choristes féminines…

« Low Sun-Long Shadow » ouvre le set. C’est un des cinq extraits du nouvel opus que la troupe va nous proposer ce soir. Léonie agite ses maracas. Les percus s’emballent. John débarque des loges en tournant les mains et en exécutant une danse africaine. Les deux rampes latérales inondent les artistes de lumières blanches et bleues. John ne tient déjà plus en place. Hendrik danse sur place tout en triturant ses machines.

« Black Mountain (Beautiful Love) » est à la fois indé et dansant. La voix de Léonie colle parfaitement à ce titre à la fois sucré et métissé. Mais hormis deux compos, elle va surtout soutenir les choristes. L’une d’entre elles, Mathues va se réserver le lead vocal pour également deux morceaux, « Temul (Lie Low) » et « High Venus ».

Fleurant bon le sud, ses fleurs, ses fruits doucereux et son vin de porto, « Estupendo » et « Saudade 1 & 2 » sont interprétés dans la langue de Luís de Camões. Le public connaît les paroles et les reprend par chœur.

Extrait d’« Obeyo soul », « Amelaka Motinga » nous invite à opérer une timide incursion en Afrique. Car après la parenthèse « Whale », le concert plonge carrément dans l’afro-beat. Même que le spectre de Fela Kuti commence à planer. Funk, jazz, et culture Yoruba y font bon ménage. « Amplify », le nouveau single, incite les spectateurs à se déhancher. Dans les gradins, Eduato et ses musicos exhortent la foule à suivre ce conseil. Ils vont ainsi mettre l’ambiance, une bonne partie de la soirée. Festifs, leur bonne humeur est communicative. John les en remercie. Et en guise de morceau final, « Melvin », va littéralement mettre le feu à l’AB ! Il fait très chaud et les pieds commencent à souffrir.

En rappel, John annonce que le morceau suivant sera ‘du Slayer à la mode jazz’ ; en l’occurrence, « A Bend In The River ». Et c’est l’inévitable « Lotuk » qui clôt le spectacle. Tout le monde a bien dansé, ce soir. Et en même temps a réussi à oublier ses soucis de la vie quotidienne. Si vous souhaitez participer à une semblable fête l’an prochain, sachez qu’Arsenal se produira au Lotto Arena d’Anvers, fin décembre 2018. On s’y donne rendez-vous ?

(Organisation : Live Nation et Ancienne Belgique)

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mardi, 12 décembre 2017 12:58

Meredith

C’est la sortie du premier album d’un duo franco-belge. Lyonnais, Prat n’est pas un inconnu, puisque avant de se lancer dans ce nouveau projet, il a milité comme drummer au sein du backing group de Joe BeL, qu’il a quitté, il y a déjà deux ans. Chez King Child, il se consacre également au Therevox (NDR : un clavier/synthétiseur analogique) et au piano électrique. Bruxellois, Quentin Hoogaert se réserve le micro et la gratte semi-acoustique. Ce n’est pas la première fois que ces deux musicos partagent une même aventure, puisqu’ ils avaient déjà collaboré à celle de Leopold Tears et, plus tard, de Redrocks, un combo neo prog lyonnais. Le line up de King Child implique également le bassiste David Kostman (ex-Morpheus Secrets et Dario Mars and The Guillotines), le guitariste Philip Bolten (ex-We Stood Like Kings, il a également côtoyé Elia Fragione, Denis K et Magy Tyson) et le pianiste de jazz Camille Mouton (il milite chez le Honey Jungle Trio ou au sein de son propre quartet). Les trois musicos se consacrent également aux synthés.

Ce premier opus nous invite à vivre un voyage intemporel. Mais ce qui frappe à première écoute, c’est la voix de ténor de Quentin. Couvrant plusieurs octaves, elle évoque tour à tour Ozark Henry, Thom Yorke et surtout Matthew Bellamy.

Le titre maître ouvre l’elpee.

 « 23 Février » raconte l’histoire d’une fille victime de harcèlement dans la rue. Une chanson écrite entre les attentats de Paris et de Bruxelles. La voix de Quentin semble modulée comme un instrument. Les ivoires illuminent cette ballade délicate. 

« Désert » traite des dégâts causés par l’homme à notre planète, un comportement qui provoque cataclysmes et changements climatiques. Une véritable ode à l’écologie participative.

Expérimentaux, « Ghost Dance » et « Grief » adoptent un profil plutôt prog/rock.

Synth/pop, « Bending Time » nous replonge dans les eighties, sans doute dans l’esprit de Crowded House, même si on y décèle des traces d’XTC.

Inspirée de Claude Debussy, « 1ère Arabesque » constitue la pièce centrale du long playing, une piste propice au calme et au recueillement...

 « Butcher », « Monsters » et « Opal » baignent au sein d’une forme de mélancolie douce, et tout au long de ce dernier morceau, le spectre de l’irlandais Duke Special plane...

Chargé d’émotion, « True Romance » met une dernière fois en exergue le talent vocal de Quentin…

Finalement, bon nombre de titres de cet LP pourraient servir de B.O. à des courts-métrages consacrés à des hommes ou des femmes, dont l’existence est parsemée d’obstacles…

 

mardi, 05 décembre 2017 02:00

La der des der ?

Ce serait le dernier concert de Mountain Bike. Les quatre joyeux drilles auraient décidé de mettre leurs vélos au clou… Une info qui est tombée via un communiqué de presse laconique. En fait, la formation a décidé d’arrêter la compétition et de prendre une pause, car pour eux, la musique reste une passion et ne constitue pas un job à plein temps. Après avoir couru de nombreux shows à travers le monde, remporté des tas d’étapes et même décroché des maillots jaunes, les cyclistes peuvent se targuer d’afficher un fameux palmarès. Leur parcours s’arrête donc ici, en souhaitant que ce ne soit pas une décision définitive… Il ne fallait donc pas manquer cet évènement.

Le supporting act est assuré par Mind Rays. Il y a du peuple, au sein duquel on remarque la présence des quatre membres de Mountain Bike. Quartet gantois, Mind Rays pratique un punk/rock/garage old school. Et il est venu présenter de larges extraits de son dernier elpee, « Nerve Endings ». Energique, sauvage, sa musique se caractérise par ses accords de gratte incisifs, ses drums sauvages, frénétiques et, une ligne de basse ronflante. Le chanteur se démène comme un beau diable. Oscillant entre 1 et 2’30, les titres sont courts. A revoir…

Mountain Bike a publié, en mars 2017, un second opus baptisé « Too Sorry for Any Sorrow ». Un disque davantage pop que vraiment garage. Les refrains y sont davantage accrocheurs et les mélodies soignées. Mais quand il est sur les planches, le combo franco-belge aime faire la fête et permettre aux spectateurs d’y participer. Des canettes de houblon d’une célèbre marque belge sont disposées au pied de chaque cycliste. Il faut éviter la déshydratation, dans l’effort. Depuis 2012, le line up réunit Etienne (chant, guitare), Charles-Antoine (guitare), Aurélien (batteur) et Stefano (bassiste). Tous les potes et les aficionados on répondu présent pour assister au set des vététistes…

La première partie est plutôt pétillante. On y reconnaît « Absolutely », « Is That All About The Money » « This Lonely Place » et « Escape Plan ». Furtivement, dans votre esprit, les références aux Kinks, à Oasis, à Ty Segall, aux Stranglers ou encore aux Buzzcocks se mettent à circuler. Au bout de 40’, Etienne signale que le premier acte est terminé.

Les musicos sont partis se changer et reviennent sur l’estrade en calbuttes et tee-shirts de basketteurs. Un look qui reflète parfaitement leur humour au second degré. Et puis cette envie inextinguible de faire la nouba. En compagnie des spectateurs qui vont d’ailleurs participer à un lancer de boîtes de bière, mais également oser le crowdsurfing. Le set s’achève par une solide reprise du « The Sweater Song » de Weezer. Etienne invite, ensuite, tout le monde à prendre un dernier pot au bar. Généreux, Mountain Bike n’est donc pas seulement porteur d’eau, mais aussi de houblon. Une chose est sûre, il ne s’est jamais caché dans le peloton. D’ailleurs on espère déjà que lorsqu’il reviendra sur la route (NDR : le plus rapidement possible), il mettra le grand braquet… 

(Organisation : Ancienne Belgique)

mercredi, 29 novembre 2017 02:00

La machine n’a toujours pas d’âme…

De son véritable nom Tanguy Haesevoets, Témé Tan est impliqué dans différents projets. Dont Goulash, un duo qu’il partage en compagnie de Noza et le sien en solo. Son 'one man show' avait réalisé le ‘buzz’, lors de son passage au dernier festival Esperanzah. Son coeur balance entre Kinshasa et Bruxelles. Faut dire qu’il a grandi entre les deux villes. Sa musique est le fruit d’un cocktail entre soul ‘motownesque’, world latino et surtout congolaise (pensez à Kasai Allstars, Konono n°1, Staff Benda Bilili ou encore Jupiter & Okwess International). Il vient de publier son premier elpee.

Youri assure le supporting act. Il y a déjà bien du peuple dans la salle. Très interactif, l’artiste signale être blanc, mais avoir longtemps vécu au Congo. En outre qu’il va nous montrer ce qu’est la musique africaine. Il a donc des racines black. Sur les planches, il se sert d’une guitare, d’une basse, d’un iPad et d’une loop machine.

« Chem Chem  » ouvre le set. Youri est plutôt doué pour créer ses boucles. Ce qui engendre parfois des moments vraiment magiques. Il est particulièrement interactif. Ses morceaux oscillent entre la world, le reggae, le jazz et l’électro. Dans ce dernier cas de figure, il nous bombarde d’infra-basses. Heureusement, le pilonnage ne dure que trois à quatre minutes. Et le set de s’achever dans un climat réminiscent des eighties. Pas mal du tout pour une première partie !

La Rotonde est pleine comme un œuf. Témé Tan va également nous proposer un 'one man show'. Un artiste plutôt sympathique et également très interactif. Pas besoin de se prendre la tête, cependant, pour assister à ses spectacles. Il ne transporte pas tous ses instruments, à l’instar de Rémy Bricka, mais les garde à portée de main. Soit deux machines et un ukulélé. Les compos sont rythmées. Et l’artiste semble prendre son pied sur les planches. Mais laisser des machines diriger la manœuvre déshumanise les sonorités. La machine n’a toujours pas d’âme. Bien sûr, il tripote de temps à autre ses curseurs, pour modifier les courbes musicales. Mais ces manipulations méthodiques finissent rapidement par lasser. Sous cette approche, la sueur et l’émotion sont les parents pauvres. De l’émotion, il y en aura quand même lorsque l’artiste se servira de son ukulélé. Au bout d’une demi-heure, quand même. Mais la transition sera de courte durée, Témé Tan en revenant à ses machines. Dans ces conditions, votre serviteur préfère alors s’éclipser…

(Organisation : Botanique)

 

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