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Peter Astor

Concrétiser ses propres idées…

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Poète introverti, cet ex leader de Loft, puis de Weather Prophets a décidé de faire cavalier seul en 1989. Depuis, il nous a livré quatre albums différents, "Submarine", "Zoo", "Paradise", et aujourd'hui "God and other short stories". En évolution constante, puisque de la morosité et de l'intimisme, il est parvenu aujourd'hui  à traduire ses émotions sous une forme de pop plus optimiste. Rencontre avec un Peter Astor détendu, souriant, décidé à faire table rase du passé, et surtout très satisfait de son dernier disque, pour lequel nous avons voulu tout savoir. Ou presque! 

Avais-tu l'intention, dès ta plus tendre enfance, de devenir un artiste? As-tu suivi des études en conséquence? Que ferais-tu si tu n'étais pas musicien?

A l'âge de onze ans, je rêvais de devenir un footballeur célèbre. Sinon, je passais mon temps à jouer avec des petits soldats ou à assembler des modules de tanks. J'ai terminé un cycle d'études consacré à la littérature anglaise. J'étais à la fois intéressé et motivé, parce que j'y ai gagné plus d'argent que lorsque je suis devenu chômeur! En Grande Bretagne, le chômage est un grave problème. La plupart des musiciens ont connu cette situation difficile à leurs débuts. Si je n'étais pas devenu musicien, je ressemblerais à ces bâtards qui, pour oublier leur condition misérable, se saoulent la gueule toute la journée dans un bar, en espérant une hypothétique providence...

Avant d'entreprendre une carrière solo, tu as joué au sein de Loft et des Weather Prophets. A quelle formule donnes-tu la préférence?

A celle que je mène pour l'instant. Cela me paraît le choix le plus honnête, le plus adapté à ma sensibilité. Prends l'exemple d'Andrew Eldritch, il a conservé le patronyme Sisters of Mercy, alors qu'il est devenu le seul maître à bord. Et il y en a beaucoup d'autres dans le cas. J'estime qu'il est plus correct de jouer sous son propre nom lorsque tu es seul responsable de la création. Faire partie d'un groupe, c'est apprendre à vivre ensemble, à faire des concessions, des compromis. Parfois, tu te rends compte que tu fais fausse route, mais tu n'oses pas l'exprimer de peur d'exacerber les susceptibilités. Attention, cette aventure est enrichissante, mais elle ne correspond pas à ma nature. J'ai choisi délibérément de poursuivre une carrière individuelle, et j'en suis très heureux. Ce qui n'exclut pas la participation de collaborateurs sur scène et sur vinyle. Mais je ne tiens plus à appartenir à un groupe, car je n'aurai plus le sentiment d'interpréter ma propre création, de concrétiser mes propres idées.

Est-ce que tu reprends parfois des chansons de Loft et de Weather Prophets en concert?

Quelques unes. Mais pas trop! Mais cela n'a guère d'importance... (NDR : il a l'air embarrassé). Ce serait trop ennuyeux d'interpréter ces vieux morceaux. En fait, je me limite à l'une ou l'autre chanson de Loft ou des Prophets. Des faces ‘B’ de singles méconnus. Le reste ne m'intéresse plus. Je préfère me consacrer au nouveau répertoire!

Comment s'est déroulé l'enregistrement de ton dernier album? Es-tu satisfait du résultat?

Il a fallu deux mois et demi pour le terminer. Je dois avouer que son enregistrement n'a pas été facile. J'y ai travaillé très dur. J'ai voulu tirer un maximum de moi-même, et j'ai fait preuve de la plus grande sévérité quant au choix des morceaux. Mais je suis content du résultat. Maintenant, ne me demandes pas d'analyser ma propre création, c'est un peu comme si tu devais décrire ta propre maison, alors que tu l'occupes depuis plusieurs années. Disons qu'il est plus optimiste, plus pop, par rapport à ce que j'ai réalisé jusqu'à présent...

Moins dramatique que "Submarine"?

Absolument! "Submarine" développait des thèmes très sérieux, réalistes même. "God and Other Short Stories" se veut plus positif. Et je suis enchanté que tu l'aies compris dans ce sens.

Est-ce que Dieu est plus important que les autres petites histoires?

Non! Que veux-tu dire par là?

Que représente Dieu dans la vie et dans l'œuvre de Peter Astor?

C'est une question difficile. C'est un peu comme si tu me demandais le chemin qui mène au ciel, alors que j'ai égaré le plan...

Tu crois en Dieu? A la religion?

Non! Je voudrais bien, mais non!

"God and Other Short Stories", c'est seulement un titre?

Oui! Un titre ironique...

Sur ce disque, de nombreuses plages relatent des histoires qui se déroulent le week-end. Est-ce une nouvelle fascination pour Peter Astor?

Pas seulement les week-ends! En fait, après avoir enregistré les chansons de cet album, je me suis rendu compte qu'il y en avait une qui concernait le mercredi, une autre le jeudi, etc. jusqu'au dimanche. Et je me suis dit qu'il serait intéressant de les aligner sur le Cd. Mais au départ, ce n'était pas du tout intentionnel.

A quoi accordes-tu le plus d'importance, aux paroles ou à la musique?

Aux deux! La conjugaison des deux éléments est très importante. Une bonne chanson ne se limite pas à de bons mots!

Es-tu d'un naturel pessimiste?

C'est relatif. Je suis un romantique, et cette sensibilité imprègne mes chansons. Mais je ne suis pas un pessimiste. Pas toujours quoi! Disons que je trouve de la beauté dans la tristesse. Cela donne une signification à la poésie. Je ne suis d'ailleurs pas le seul artiste à y puiser l'inspiration...

Romantique, cela fait très conservateur britannique! Pourtant, tu ne portes pas de chapeau-melon?

Conservateur? Certainement pas dans le domaine de la politique! Traditionnel? C'est très relatif. Peut-être parce que je critique tous ceux qui détruisent l'environnement ou ces nihilistes qui foutent la merde partout. Mais aussi marginal parce que j'aime toutes les formes d'art contemporain, et que je suis tolérant en matière de sexualité. On ne peut donc dire que je sois un véritable conservateur...

Au cours de ton adolescence, tu appréciais tout particulièrement Patti Smith, Television et le Velvet Underground. Que penses-tu du dernier album de Television?  De la reformation du Velvet?

Je n'aime pas du tout le dernier Cd de Television. Il se limite à des riffs de guitares, et pas très subtils en plus! Il ne recèle aucune bonne chanson. L'aura de Television appartient au passé! Le Velvet? Sterling Morrison a sans doute besoin de fric. Pas les autres, je suppose. Lou Reed est devenu le personnage le plus pompeux et le plus ennuyeux du monde musical. Il n'a plus aucun talent et je ne parviens pas à comprendre comment il parvient encore à avoir du succès. "New-York" était son chef-d’œuvre. Le reste n’est que détritus. "Magic & Loss" ne mérite même pas les immondices. Il est dégoûtant! Je n'ai jamais rien entendu d'aussi mauvais! John Cale? Au cours des seventies, il a beaucoup apporté à la musique underground. Depuis, à ma connaissance, il n'a plus fait grand chose d'intéressant. Cette reformation n'est motivée que par l'appât du gain. A moins qu'elle ne soit destinée à leur procurer de la compagnie (rires). Je hais ce style de reformation. Tout comme celle des Buzzcocks. Elles sont totalement ridicules.

La presse rock te rapproche souvent de Nick Drake. Comment réagis-tu à ces comparaisons? Ce personnage est-il si important pour Peter Astor?

Ce n'est pas parce que j'apprécie l'œuvre de Nick Drake qu'il faut nécessairement me comparer à lui. Il est mort! Alors, je préfère être comparé à des artistes comme Metallica, Nirvana, Screamin' Trees ou Babes In Toyland. Au moins eux sont toujours vivants...

(Interview parue dans le n°13 du magazine Mofo de mai 1993)

 

The Afghan Whigs

Pas un long fleuve tranquille

Écrit par

ll émane de Greg Dulli, le leader d'Afghan Whigs, un impressionnant charisme. Rien à ajouter, le gaillard en impose. Il a de l’âme, de la soul... Surtout quand il est en grande forme, comme c'était le cas, il y a quelques semaines lors du concert de son groupe au Botanique. Greg –qui se présente comme un ‘accident né d'une femme de 18 ans et d'un homme à peine plus âgé’– était heureux ce soir-là. Le concert bruxellois était le dernier de la série européenne, et le chanteur allait pouvoir rentrer chez lui à Cincinnati (Ohio), avant de revenir ici, notamment pour le festival de T/W.

Paranoïa

‘Black Love’, le dernier album en date, est le sixième d'un groupe qui a mis longtemps à décoller, mais qui voit ses œuvres de jeunesse rééditées aujourd'hui. Pour ‘Black Love’, dont le titre est emprunté à une marque d'encens américain, Dulli s'est une nouvelle fois replié sur lui-même : par besoin, mais aussi sans doute un peu par obligation. "Peux pas faire autrement, dit-il. L'époque où j'ai composé les chansons de l'album est parmi les plus noires de mon existence. Je sortais d'un moment difficile, d'une période trouble. Je venais de rompre avec une copine que j'avais aimée énormément. Je suis un fataliste, mais aussi un romantique... Même si je me dis que l'amour est précaire, surtout quand on veut entretenir la passion, j'avais quand même tendance, après coup, à sombrer dans une déprime difficile à assumer!" Et puis, selon ses propres dires, Greg a souffert de ‘paranoïa’ à la suite d'une attaque en justice qu'il n'attendait pas. Une demoiselle qui avait été blessée –par un verre de bière– lors d'un concert du groupe il y a 5 ans au Texas, a tenté de faire cracher les Afghan Whigs, une fois qu'ils sont devenus célèbres. "Je ne sortais pratiquement plus de la maison, je m'y terrais, j'étais comme blessé dans ma chair. Le fait de pouvoir écrire de nouvelles chansons m'a permis de me libérer, d'expulser ces sentiments négatifs qui me démangeaient. J’étais mal dans ma peau, mais d'un autre côté, ces épreuves m’ont servi. Ce n'est pas pour rien si les chansons de ‘Black Love’ sont aussi intenses, aussi fortes, aussi poignantes. Elles sont à l'image des émotions que je ressentais à ce moment. "

Clarinettes et violoncelles

Il n'arrive donc pas à composer quand il est bien dans sa peau. Greg : « Je n'écris en tout cas jamais quand je traverse un vrai moment de bonheur. D'ailleurs, il ne sortirait probablement que des idioties. Mais quoi qu'on en pense et même si ça ne se voit pas, je suis capable de ressentir le bonheur et la joie, à très forte dose qui plus est... " S'il a fait son examen de passage, Greg a quand même réussi à concocter des chansons qui sonnent étonnamment spontanées et basiques dans un tel contexte. "C'est vrai qu'il reste au final des éléments très purs, très épidermiques qui existaient à la base de mes chansons. Mais nous avons aussi intégré des nouveautés qui amènent le disque dans de nouvelles directions. Je pense aux parties de clarinettes ou aux violoncelles de ‘Night By Candlelight’. Il y a aussi des percussions qui me semblent atypiques pour nous... ‘Black Love’ est un album tout en contrastes, ce qui m'est sans doute imputable à 100%. Je n'ai pas une vie qui est un long fleuve tranquille... Mais en tant que musicien, j'y trouve certainement une source d'inspiration."

Article paru dans le n° 44 du magazine MOFO de juin 1996.

Julian Cope

Médium, mellotron et chapeau pointu…

La scène se passe durant une belle après-midi de la fin de l'été bruxellois. Les lunettes noires sur le nez, Dorian (NDR : la femme de Julian) porte une robe de lin très classe. Elle promène les gosses du couple : la petite Avalon qui n'a que 15 mois et l'aînée, Albany, qui va vers ses 4 ans. La place Rogier est sous le soleil, les passants sont nombreux devant l'immeuble que certains continuent à appeler le ‘Martiny’ : Julian Cope, lui, se fait photographier... Et il ne passe guère inaperçu! Pensez, l'homme arbore son chapeau pointu d'un jaune fluo parfaitement assorti à l'orange pétant de son fuseau. En plus, il prend des poses pas possible : accroupi ou les bras en croix ! C'est tout ce qu'il y a de plus discret. On a vu plus d'une tête se retourner en lui adressant un regard en forme de point d'interrogation : ‘Il est fou, ce mec?’ Si Julian est très très gentil –et visiblement très papa-gâteau aussi– il a l'air quand même un peu fêlé. Confirmation à 1’écoute de son discours, disons un peu décalé... Et on vous épargne les déclarations tonitruantes sur les alignements de pierres d'Avebury (NDR : le sujet favori de Julian date de 6.000 ans!) Pas de round d’observation, on entre immédiatement dans le vif du sujet…

J'ai eu un moment de lucidité, ma première ‘vision’. C'était un 22 décembre. Lisa St John est une amie et une sorcière blanche. Elle nous a conviés à une séance de transe, dans son appartement. Une heure d'enfer ! Après coup, je lui ai dit que tout ça, c'était de la foutaise. Comme j’avais faim, j'ai quitté 1’appartement. Tout à coup, en haut des escaliers, j'ai eu un flash. Une lumière blanche a dégringolé les marches ; et, là-bas à l'autre bout de l'escalier, je me suis vu à 15 ans. J'ai regardé ce petit garçon qui n'était autre que moi... En fait, j'étais occupé de réinterpréter un rêve que j'avais vécu à 15 ans. Trois mois après sa mort, j'avais vu mon grand-père en haut d'un escalier, sur le point de descendre. A l'époque, je pensais qu'il avait été chassé du paradis et venait chercher de l'aide. Ou alors, il descendait les marches du purgatoire. Et 17 ans plus tard, je me vois dans un rêve futur ! J'étais habillé de la même façon que mon grand-père, avec des lunettes à la Andy Warhol et un chapeau d'ouvrier anglais. Curieusement, cette vision ne m'a pas fait peur, au contraire, je me sentais joyeux! Et depuis ce jour-là, je suis une autre personne. Certains sont capables d'ignorer ce genre d'expérience. Moi pas. Je veux comprendre. Et plus, plus je suis confronté à des événements étranges, plus je fais d'efforts pour comprendre ; un peu comme si, depuis 5 ans, j'étais poursuivi par une malédiction ou par une révélation venant du ciel, de la terre, de tout ce que tu veux... Je ne suis pas devenu dogmatique ou mystique pour autant ; ce n'est de toute façon pas une vision du Christ que j'ai eue. Mais ce que j'ai vu me poursuit encore. En 1991, pendant 6 mois, cette image m'est apparue sans arrêt, partout. Le chemin de la vérité n'est pas celui qu'on t'impose, mais celui qui se présente spontanément à toi.

- Bien, bien, Julian. Ce n'est pas trop difficile d'affronter ceux qui ne croient pas un mot de ce que tu racontes?

Mais ce que j'ai vécu est bien réel ! C'était un trip (NDR : mot favori de Julian) concret, tangible. La preuve ? Mon dernier single « Try Try Try » est entré dans le top 30 britannique. C'est un signe, je dois continuer à chercher dans cette voie ! Je dois tirer avantage de cette situation : avoir un pied dans l'underground et l'autre dans une position commerciale intéressante. Je dois sortir de l'ombre, libérer progressivement mon trip et le révéler au monde. Mais je ne dois surtout pas me dépêcher, ça foutrait le trip en l'air. Avant 1989, je ne suivais aucune direction précise, je tournais en rond...

-Ah oui ?

Avant, c'était de la pure intuition, ce qui est bien d'ailleurs, quand on ne recherche qu'un trip intéressant. Mais lorsque tu es à la recherche d'un trip vraiment excitant, tu as besoin d'une éducation. Quand j'ai commencé à partir à la rencontre de la vraie connaissance, je me suis rendu compte, à ma grande surprise, qu'elle était terriblement vaste. J'ai pris conscience de mon ignorance. J'ai éprouvé le besoin de réfléchir sur les objets de ma croyance. Aujourd'hui, à condition de ne pas avoir bu de bières, je suis capable d'écrire exactement ce que je ressens, et qu'importe si on rit de moi. Ca fait partie de mon rôle social d'être montré du doigt. J'essaie de faire mon boulot du mieux que je peux. Moi, tout ce que je dois faire, c'est écouter ce que mes intuitions me disent. Ce n'est pas vraiment à moi de décider, ça doit venir de l'intérieur.

Une chanson sur Kurt et Courtney

- Venons-en à ton album (1). Dans le titre « Queen Mother », il y a une ligne qui dit ‘I hate myself and I want to die’. C'est vraiment une allusion à Nirvana?

Ben ouais, je sais que ça ne me ressemble pas, mais c'était mon intuition. Je ne pourrais vraiment pas te dire pourquoi j'ai écrit ce morceau. C'est une vision que j'ai eue, cette chanson sur Kurt et Courtney. J'avais l'impression d’être dans leur chambre quand je l'ai composée. Mais je ne peux pas prouver qu'il s'agit d'un vrai trip, parce que Courtney et moi sommes de vieux amis. On s'est retrouvés plus d'une fois ensemble dans la même pièce.

- Ce qui frappe à l'écoute de "20 Mothers", ce sont toutes ces sonorités démodées, ces bruitages d'une autre époque...

Tu veux parler de l'emploi du mellotron, par exemple? Je voulais que les gens écoutent d'abord l'album d'un point de vue strictement musical, qu'ils soient immédiatement accrochés par les sonorités. J'ai volontairement exagéré la balance entre les instruments : si le mellotron est très présent, il faut que le synthé s'entende encore plus fort. Le studio était rempli d'instruments. J'ai acheté deux superbes mellotrons jaunes fluorescents... Enfin, je suis conscient que mon trip est assez bizarroïde et qu'il peut étonner.

- Sur le dernier album il y a des éléments psychédéliques et punks. Recherches-tu un certain équilibre?

Non, pas du tout. Cet album est complètement déséquilibré. C'est un disque cosmique, de science-fiction. Tous les morceaux sont d'une longueur raisonnable, sans remplissage instrumental mais malgré tout, il s'y produit des tas de choses. Pour utiliser une image, disons que j'ai déplacé le piquet de but ; je l'ai éloigné, ce qui m'a laissé davantage de possibilités. Le son est balayé, les chœurs sont euphoriques, il y a du mellotron...

- La presse anglaise te décrit comme un barde. Ca te convient?

Ca ne me dérange pas. Je suis originaire de l'Ouest de l'Angleterre. Je suis préceltique, en quelque sorte, dans mon attitude. Je dirais que chez moi, il y a 50% de tradition et 50% d'innovation. Ma conception de la nouveauté est harmonieuse, ce qui est un état d'esprit typiquement ‘barde’. J'ai la chance de pouvoir enregistrer des chansons depuis l'âge de 19 ans. A partir de là, c'est mon devoir d'y mettre une signification, de les remplir de sens. Je veux que ma musique provoque une sensation d'harmonie dans la tête des gens qui l'écoutent.

(merci à Christophe Godfroid)

Article paru dans le n° 37 du magazine MOFO d’octobre 1995

 

Rebellion

La rébellion silencieuse.

Écrit par

Sans être la découverte de l’année, “Arise: From Ginnungagap To Ragnarok - History of the Vikings, Vol. III”, le nouvel album des Allemands de Rebellion, est intrigant. Aussi, on ne s’est pas fait prier lorsque leur label (Massacre Records) nous a proposé une interview. C’est Tomi Göttlich le bassiste qui s’y est collé. Entre les choses qu’il ne préférait pas dire, les choses qu’il ne voulait pas dire et celles qu’il ne pouvait pas dire, on ne peut pas dire que cette rébellion-là soit des plus bruyantes. Interview sympathique d’un rebelle, qui manifestement ne veut se fâcher avec personne.

Musiczine.net est un magazine musical d’intérêt général. Nos lecteurs ne sont pas forcément des fans de Heavy Metal. Pourrais-tu leur présenter Rebellion ?

Tomi Göttlich : Rebellion est un groupe qui pratique un certain type de Heavy Metal. Il est même difficile à décrire. D’ailleurs, j’estime que cette analyse est davantage du ressort des journalistes. Nous venons définitivement des eighties, car nous ne sommes plus des teenagers ; mais nous avons essayé d’incorporer quelques influences plus modernes pour créer notre propre style et notre propre identité. A l’auditeur de juger si nous y sommes parvenus.

“Arise: From Ginnungagap To Ragnarok - History of the Vikings, Vol. III” constitue votre cinquième album, et le troisième d’une trilogie consacrée aux Vikings. Pourquoi avoir porté votre dévolu sur les célèbres guerriers scandinaves. N’était-il pas beaucoup plus intéressant, en tant qu’Allemands, de parler de l’histoire de votre propre pays ? Un album concept sur les chevaliers teutoniques, par exemple ?

T.G. : D’une manière générale, nous pensions que les Vikings étaient un sujet passionnant quand nous avons décidé de démarrer cette trilogie. A présent, il semble qu’énormément d’autres groupes ont aussi choisi d’écrire sur ce sujet. Nous avons cependant décidé de l’achever, au risque de se voir taxer de suiveurs. Bien sûr, on pourrait penser qu’un groupe allemand est mieux placé pour parler de sujets autochtones ; mais, en tant que professeur d’histoire, j’aime bien creuser profondément des matières que je ne connais pas encore. Ce qui ajoute un peu de piment à ma vie professionnelle.

« Thor » est vraiment une chanson épique extraordinaire. Un pur moment de magie. Avez-vous un jour rêvé d’interpréter ce genre de titre, soutenu par un orchestre symphonique, comme certains groupes contemporains de métal l’ont réalisé ?

T.G. : Effectivement. Ce serait un rêve. Mais c’est surtout une question d’argent, car il faut payer tous ces musiciens.

A l’écoute d’“Arise: From Ginnungagap To Ragnarok - History of the Vikings, Vol. III”, on peut sans conteste entendre l’influence de deux groupes principaux dans votre musique: Grave Digger et Iced Earth. Y en a-t-il d’autres ?

T.G. : Il est assez difficile de se juger soi-même. Je préfère ne pas émettre de commentaires sur ce sujet et laisser à d’autres le soin de le faire.

Je n’ai pas trouvé de dates de concerts sur votre site web  (http://www.rebellion.st) ou sur votre page MySpace (http://www.myspace.com/rebellionfromhell). Vous vous produisez en ‘live’ ?

T.G. : Absolument ! Nous sommes occupés de mettre à jour notre agenda. Nous serons sur la route dès le début de l’année prochaine.

Tomi et Uwe, vous avez tous les deux milité chez le groupe métal culte Grave Digger. Pourquoi êtes vous partis ? Êtes vous toujours en bons termes avec Chris Boltendahl (NDR : Le leader de Grave Digger) ?

T.G. : Nous ne sommes en aucuns termes avec lui, et nous ne voulons pas l’être. Tu peux donc en conclure que le split n’a pas été amical et c’est pourquoi, une fois de plus, je ne désire rien ajouter en à ce sujet. Il n’y a pas de choses gentilles à dire et je n’aime pas dire du mal des gens qui ne sont pas là. (NDR : Suivant cette source pas toujours fiable à 100% qu’est internet, il semblerait qu’il y ait un litige entre Chris Boltendahl et Uwe Lulis parce que ce dernier aurait voulu garder le patronyme ‘Grave Digger’ quand il a quitté le groupe ; ce qui est à notre humble avis un peu ridicule, puisque Boltendahl est l’âme du ‘Creuseur de Tombes’, et que sans son timbre de voix unique, le combo ne pourrait probablement pas exister).

Est-ce qu’un groupe comme Rebellion peut vivre de sa musique ou bien exercez-vous une profession en parallèle, pour joindre les deux bouts ?

T.G. : Non, nous ne pouvons pas vivre de notre musique. Nous sommes déjà très contents quand les royalties couvrent nos dépenses.

Simone est une des deux guitaristes de Rebellion. N’est-ce pas trop difficile pour une fille d’exercer ce rôle dans le monde plutôt misogyne du Power Metal ? Lorsqu’elle est sur scène, les remarques irrévérencieuses ne doivent certainement pas manquer. Les considère-t-elles comme offensantes ou comme relevant du grand ‘Cirque du Heavy Metal’

T.G. : Simone n’est pas présente et je ne peux pas répondre à cette question à sa place. Nous sommes très heureux cependant de son implication dans le groupe et elle se débrouille vraiment bien.

En compagnie de quelle formation majeure aimeriez-vous tourner ? Vous êtes-vous déjà produits hors du Vieux Continent ?

T.G. : Rebellion n’a jamais joué hors de l’Europe. Nous n’aimons pas vraiment nous produire en première partie. Nous préférons la tête d’affiche.

Je suppose que la “Trilogie Viking” est terminée. Quel sera le sujet du prochain album ?

T.G. : Certaines idées trottent déjà dans nos têtes ; mais il n’est pas encore possible d’en parler pour l’instant.

De nos jours, beaucoup de musiciens jouent dans plusieurs groupes ou projets en même temps. Qu’en est-il des membres de Rebellion ?

T.G. : Nous participons à l’aventure d’autres groupes et projets, mais Rebellion est notre groupe principal.

En Allemagne, le Power Metal est une institution. Il existe des centaines de bons groupes issus de votre pays. Qu’est-ce qui, à ton avis, fait la différence entre vous et eux ? Que dirais-tu à nos lecteurs pour les décider à acheter ton disque plutôt que celui d’un autre groupe allemand ?

T.G. : Beaucoup de groupes jouent de la bonne musique, mais en général, ils préfèrent ce qu’ils créent. Chaque musicien estime sa musique meilleure que celle des autres. Je ne désire pas vraiment déprécier les autres artistes et préfère donc laisser le choix aux auditeurs.

Un dernier mot pour vos fans belges ?

T.G. : Keep it heavy, Metal is Rebellion.

Radiohead

Expatriés culturels

Écrit par

Ces Anglais-là trouvent le répertoire de Suede aussi excitant qu'une pub pour poudre à lessiver, affirment que la musique pop est morte, que son salut viendra d'eux et dans le même temps, en profitent pour décrocher un hit avec une chanson qui, ironie du sort, dénonce l'hypocrisie et l'absurdité des charts, « Anyone con play guitar ».

Influencée tant par U2 et Julian Cope que par Elvis Costello, The Only Ones et même Nirvana, la pop caustique de Radiohead a au moins le mérite de ne se rattacher à aucun courant musical actuel, s'inscrivant plutôt dans une tradition ‘songwriter’ typiquement anglaise. Excellents 45 tours, dont le fabuleux "Creep", et premier album rafraîchissant ("Pablo Honez"), le groupe d'Oxford –comme Ride et Candy Skins– est à ranger dans la catégorie des outsiders, aux côtés de PJ Harvey et des Auteurs. Gare au hype ? Nos interlocuteurs : Thom Yorke (chant/guitare), flanqué des frères Greenwood, Colin et Jan, respectivement bassiste et guitariste.

Ce qui frappe d'abord à l'écoute de vos morceaux, c'est le pessimisme et le côté ‘loser’ qui en émane. Vous pensez être représentatifs de votre génération?

Colin Greenwood: en Angleterre, on aime les chansonnettes propres et gentilles. Sous prétexte que les nôtres sont plus sombres, parfois dépressives, les programmateurs, conformément à leur code moral, refusent de les diffuser sur antenne. Ils estiment qu'elles sont subversives, dangereuses pour la jeunesse; ils craignent des suicides. Pourtant, ils n'hésitent pas à passer les disques de REM qui sont, eux aussi, assez noirs. Mais bon, on n'a pas le statut de REM. "Creep" s'est quand même vendu à 20.000 exemplaires, ce qui n'est pas mal, puisqu'il n'a bénéficié d'aucune promotion radio.
Thom Yorke: Nos paroles sont peut-être dépressives mais elles reflètent simplement la réalité à laquelle nous sommes confrontés. On vit une époque particulièrement morose.

Sur votre 45 tours "Pop is dead", vous proclamez la mort d'un genre qui vous fait vivre. Paradoxal non ?

Jon Greenwood : C’est une constatation. Les maisons de disques exploitent de plus en plus les fonds de tiroirs. Les disques qui se vendent le mieux sont ceux d'artistes décédés ou artistiquement morts. Comme Rod Stewart, par exemple.
T.Y.: La dimension artistique de la musique est en train de disparaître, au profit du marketing. La plupart des productions actuelles ne touchent plus la sensibilité des gens, elles sont complètement aseptisées. Certains groupes s'étonnent que leur disques ne se vendent pas; c'est normal, ils sont trop éloignés des préoccupations des jeunes, ils vivent sur un nuage.

C'est quand même le public qui décide, non?

T.Y.: On peut les manipuler facilement. Beaucoup de produits musicaux sont de véritables insultes adressées à l’auditeur ou au spectateur. L’industrie du disque prend les gens pour des imbéciles. Radiohead va à l’encontre de cette croyance : on respecte le public. Tout est ciblé de nos jours. Acheter un disque de Janet Jackson ou un carton de lait demi-écrémé au supermarché, c’est du pareil au même. Tu sais exactement ce que contient le produit avant même de l’avoir ouvert ! La curiosité et l’intelligence de celui qui l’achète ne sont pas sollicitées. Si tu prends REM, par exemple, chaque album est différent du précédent. Ce groupe se remet en question.
C.G. : De toute façon, si une firme dépense 5 millions de FB pour la promotion d’un 45 tours, c’est un hit garanti.

La musique pop n’est-elle pas reléguée au second plan au profit d’une culture plus vaste ?

T.Y. : La culture pop est récupérée par les médias, par la publicité notamment. Elle n’exerce plus aucune fascination sur le public en tant que telle. C'est devenu un phénomène de masse. Auparavant, la musique créait les modes, aujourd'hui, c'est le contraire.
C.C.: Si tu te retrouves sur la couverture du Melody Maker ou du NME, alors tu as toutes les chances de réussir. Ce n'est pourtant pas un critère objectif. On vend beaucoup plus de disques que certains groupes qui font la une de ces journaux. Radiohead ne fait pas l'objet d'une grande attention médiatique mais cette situation ne nous empêche pas d'avoir du succès. C'est le public qui juge, pas la presse spécialisée.

Vous vous reconnaissez parfois dans le film "Spinal Tap" (NDR: racontant les narrant les déboires d'un groupe en tournée, "Spinal Tap" est une satire du rock et de ses clichés) ?

C.C.: On a parfois du mal à trouver le chemin de la scène ou celui des loges! (rires). C'est surtout aux Etats-Unis qu'on se prend au piège du star-system. Tu descends de l'avion, tu quittes l'aéroport et là, une limousine t'attend. Il paraît que ça coûte moins cher que le taxi! On est plongés dans un univers artificiel. Il faut garder les pieds sur terre, éviter de se laisser tenter par la facilité et l'autosatisfaction.
J.C.: La seule façon de garder ses distances par rapport aux excès du show-business, c'est d'être conscient des règles du jeu. Sinon, c'est la chute. En tant que groupe pop, nous avons des obligations: répondre aux lettres de nos fans, aux questions des journalistes... La promotion fait partie du jeu, il faut l'accepter et surtout, ne pas perdre son sens de l'humour.
C.G.: Aux USA, tout le monde donne l'impression d'être cool avec toi. Alors, pendant une semaine, tu dois sourire et serrer la main de centaines d'inconnus. Fatiguant!

Une anecdote particulière sur la démesure américaine?

C.G.: On était invités à une émission radio et l'animateur nous a proposé de répondre, par téléphone, aux questions des auditeurs. La plupart des appels provenaient de jeunes filles nous priant de résoudre leurs problèmes sentimentaux et sexuels. On ne savait vraiment pas quoi dire! Au début, on pensait que c'était un programme humoristique mais non, pas du tout, c'était très sérieux. Je ne vois pas comment 5 musiciens anglais peuvent venir en aide à une jeune Américaine de 14 ans qui prend de l'acide parce qu'elle vient de se faire jeter par son petit ami. Heureusement, nous avons un batteur spécialement entraîné pour répondre au courrier du cœur... (rires)

Comment jugez-vous la musique anglaise des années 90? Est-elle facilement exportable?

T.Y.: La plupart des groupes anglais actuels sont nombrilistes, ils se fichent éperdument de l'Europe continentale. Pour eux, se rendre en Allemagne ou en Italie pour y faire de la promo, c'est une perte de temps. Ce n'est pas notre attitude, on se considère comme des expatriés culturels : chaque fois qu'on se rend dans un pays étranger, on s'y plaît et on n'a pas envie de rentrer à la maison. Ca fait plaisir de voir que des journaux belges ou hollandais parlent de notre musique. Pour nous, réussir une carrière ne se limite pas à la conquête du marché britannique. Le rock doit être universel. Cette conviction est renforcée par le fait que les médias anglais nous ignorent. Dès le début, on a été obligés d'aller voir ailleurs. Certains groupes attendent trois ans avant de mettre les pieds en Europe!

Une de vos chansons s'intitule "Anyone can play guitar". Vous visez quelqu'un en particulier ?

T.Y.: Les gens prennent le rock trop au sérieux. C'est avant tout un divertissement. Dommage qu’on en ait fait un business. Il ne faut pas être un génie pour jouer de la guitare ou pour chanter. Je pense particulièrement à des groupes comme Therapy? ou Quireboys. Cela dit, nous sommes réellement les suiveurs du rock anglais! (NDLR: C'était la pensée du jour).

(Article paru dans le n°16 du magazine Mofo d’octobre 1993)

Blur

Néo-mod / anti-mode

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A l'heure où bon nombre de ses compatriotes se tournent vers l'Amérique, Blur glorifie le patrimoine musical de son pays, l'Angleterre. ‘Modern Life is rubbish’, le 2e album du groupe, aborde les années 90 avec une imagerie presque désuète, célébrant la mémoire d'un passé recomposé pour l'occasion. Dans le sillage des Kinks, Small Faces, Jam et Smiths, le quatuor assure la pérennité d'un genre indémodable: la pop immédiate, harmonique, acidulée, teintée d'humour et de cynisme; l'expression la plus raffinée de l'esprit anglais. Rencontre avec deux brillants archivistes: le chanteur Damon Albarn et le guitariste Graham Coxon.

Damon prend la parole "Ce qui caractérise notre époque, c’est le recyclage des déchets pour en fabriquer d’autres. Si on étend cette considération à notre musique, on peut dire que Blur fait du neuf avec de l’ancien. La pop d’aujourd’hui n’est plus aussi révolutionnaire qu’il y a 10 ans, elle ne possède plus le même degré de créativité. Elle est devenue une institution, mais ça ne nous préoccupe pas trop."

Gardiens de la tradition

Pour mieux assurer son rôle de gardien de la tradition, Blur a décidé de ne rien laisser au hasard. Pas même l'image. Finis les jeans larges et les cheveux tombant sur les yeux, le quatuor affiche aujourd'hui un look néo-mod résolument anti-mode. Retour en arrière. Remarqué en 90 grâce à des mélodies sixties et des rythmiques dansantes, le groupe n'a pas hésité à monter dans le train baggy, au moment où celui-ci emmenait son chargement d'opportunistes vers des destinations inconnues. Acclamé par le public (NDR : baggy) mais descendu par la critique, ‘Leisure’, le premier album, n'est pas exempt de tous reproches, malgré sa fraîcheur (trop) évidente.

Damon poursuit : "On ne renie pas cet album mais il faut reconnaître que depuis lors, nous avons progressé. Nous n'avons pas régressé, du moins! On n'a pas vraiment pris le train en marche à l'époque, je dirais plutôt qu'on faisait notre apprentissage. On était conscients d'appartenir à une mode musicale, à la différence de plusieurs de nos contemporains qui ont réellement cru que le baggy ou la noisy allaient durer une éternité"

A la mort du baggy, Blur retombera sur ses pattes grâce à la vague noisy-pop à laquelle, il fut assimilé, un rapprochement qui doit plus aux fréquentations du groupe (musiciens, clubs branchés) qu’à son attitude… Damon et compagnie n’ont jamais pris leur pied à fixer leurs chaussures en jouant. N’empêche qu’à cette époque, ils n’en mènent pas large, l’alcool et la drogue aidant. C’est dans le courant de l’été 92 que s'amorce la métamorphose. En tournée aux Etats-Unis, les 4 Anglais on le mal du pays. De plus, ils ne supportent plus que le public américain les compare à EMF et aux Happy Mondays. C’est le point de départ d'une formidable remise en question. Les chansons du nouvel album, presque toutes écrites là-bas, portent les traces de cette amertume. Elles sont en quelque sorte des anticorps fabriqués pour éloigner toute influence US, ce qui explique leur couleur typiquement britannique.

"Sans changement radical. Blur n'avait aucun avenir", confesse Damon. "‘Leisure’ allait un peu dans toutes les directions pour n'aboutir nulle part. On s'en est rendu compte pendant la tournée qui a suivi sa sortie. On s'est vite lassés de ces chansons. C’est là qu'on a décidé de revoir notre copie. Qui plus est, lorsqu'on se trouve dans un pays étranger, on a t'occasion de s'interroger sur sa propre identité, Ensuite, on peut comparer. Plus de la moitié du dernier album a été composée aux Etats-Unis, on a ressenti le besoin de se protéger du dragon américain, incarné par son industrie musicale. C’est peut-être la raison pour laquelle ‘Modern Life’ dégage un parfum si ‘british’."

Et l'audace?

‘Modern Life is rubbish’ est un exercice de style magistralement exécuté (sous l'égide de Stephen Street (producteur des Smiths). Mais l’audace, direz-vous ? Les chansons, le concept et la pochette du disque (reproduisant une vielle locomotive à vapeur) trahissent un certain conservatisme empreint de nostalgie. Blur aurait-il étouffé toute volonté de révolte contre l’ordre établi?

Damon argumente : "Le grunge a remis à mode cette idée selon laquelle les enfants n'écoutent pas la musique de leurs parents, pour, soi-disant, affirmer leur personnalité. C’est un leurre: les parents écoutaient Black Sabbath, les enfants écoutent Soundgarden! Franchement, où est la différence? De nos jours le rock ne peut plus s’opposer à l'ordre établi, puisqu’il en fait partie. C’est un combat perdu d'avance. Dans l’expression ‘pop music’, pop signifie populaire". La pop n'a pas été inventée pour diviser les générations, mais pour les rassembler. Les vieux, les moins vieux et les plus jeunes devraient tous chanter ensemble. De toutes façons, les jeunes n'ont plus l'énergie pour être rebelles."

Coca colonisation

Si 92 avait été dominée par le rock US, 93 a marqué le réveil de la pop britannique (Suede, Dodgy, Auteurs, James, Radiohead et... Blur). Cependant, l'américanisation de l'Europe en général, de la Grande-Bretagne en particulier continue d'inquiéter Damon qui parle même de ‘coca-colonisation’; un sujet d'actualité à l'heure où les Européens revendiquent l'exception culturelle dans l'économie de marché. Initialement, l’album devait s’appeler ‘England Vs America’, puis ‘British Image’, des titres militants…

Damon ajoute : "Aujourd'hui, la plupart de nos compatriotes se concentrent sur leur propre héritage musical et culturel. C’est une réaction naturelle face à l'invasion du rock américain. Le succès de Suede est peut-être dû à une réaction patriotique de la part du public mais surtout des medias. La presse musicale anglaise est excessive. Pendant un an, elle a rabâché les mêmes groupes américains ; maintenant, des numéros entiers du Melody Maker ou du NME sont consacrés au renouveau anglais avec des titres racoleurs comme ‘L'Empire contre-attaque’. C’est ridicule ! Lorsqu'on parle d'exception culturelle, je suis pour, d'une certaine manière mais d'un autre côté, ce serait dommage que le public arrête d’acheter des disques africains, indiens ou sud-américains. En tous cas, il faut empêcher qu'une nation ait un monopole culturel dans le monde entier, particulièrement les USA, qui ne sont pas un modèle en la matière. C’est un sujet délicat parce qu'il ne faut pas cloisonner les différentes cultures mais il n'est pas bon non plus de les enchevêtrer sauvagement, au risque de perdre toute identité. Une chose est sûre: la musique, le cinéma, l'art en général, ne doivent pas être mis au même niveau que les autres produits parce qu'il constitue la mémoire des générations futures."

La culture européenne est-elle réellement en danger devant la menace américaine?

"Pas vraiment", poursuit Damon. "C’est normal qu'une culture évolue; l'Angleterre a été enrichie par de nombreux apports étrangers. Le problème avec l'Amérique, c'est qu'elle veut vendre ses produits et renforcer son hégémonie économique dans le monde entier. De plus, cette culture imposée n'est pas le résultat d'une pensée multiraciale ; la différence entre les hispaniques, les noirs et les blancs est énorme là-bas. Ce n'est pas un exemple à suivre, l'Europe est en avance à ce niveau-là."

MTV cristallise dans une certaine mesure la culture américaine des années nonante. La cible idéale donc.

Graham réagit : "C’est une chaîne ennuyeuse, abrutissante et dénuée de créativité mais ce n'est pas une raison pour interdire sa diffusion en Europe."

Damon n'est pas d'accord: "MTV devrait être bannie dans le monde entier, non pas parce que c'est une télé américaine mais parce qu'elle offre peu par rapport à ce qu'elle reçoit, c'est une sorte d'éponge. En outre, quand on dit que Nirvana a changé le visage du rock, ça me fait bien rigoler... C’est le lavage de cerveau exercé par MTV qui a poussé les gens à bouffer du grunge. Le meilleur moyen d'échapper à cette chaîne est de ne pas la regarder, ce qui est le cas en Angleterre."

Selon les dires du producteur Stephen Street, le troisième ouvrage de Blur, dont les deux tiers sont déjà écrits et enregistrés, prendra place parmi les plus grands albums de rock anglais de ces 15 dernières années, aux côtés du ‘Ali Mod Cons’ de Jam, du ‘The Queen is dead’ des Smiths et du ‘London Calling’ des Clash.

Mais qu'en pense Graham? "Aujourd'hui un groupe qui veut réussir doit être composé d'excellents musiciens, capables d'assimiler une multitude de styles musicaux différents. Notre dernier album montre clairement qu'on s'est donné les moyens d’atteindre nos ambitions."

Article paru dans le n°19 du Magazine Mofo de janvier 94

Lush

En Angleterre, on est un peu claustrophobe

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4AD est un label de plus en plus notoire ; et pour cause, les Throwing Muses, les Pixies et Ultra Vivid Scene y militent. Et ce sont les groupes les plus excitants du moment ! Et puis, il y a aussi Lush –2 filles et 2 garçons originaires de Londres– qui viennent de sortir un nouvel album « Spooky ». C'est leur deuxième elpee, mais leur premier véritable puisque « Scar » était une sorte de compilation de leurs premiers singles. Rencontrés : Miki Berenyi, la chanteuse aux cheveux rouges et à la peau boutonneuse (adolescent look !) et Steve Rippon, le bassiste. On devrait d'ailleurs écrire ex-bassiste puisqu'il avait déjà décidé de quitter le groupe (il a été remplacé depuis par Phil King) au moment où cette interview a été réalisée. Mais Miki n'avait vraiment pas envie d'être confrontée seule aux ‘méchants’ journalistes...

Parlez-moi de votre nouvel album

Miki: Oh my God! (petit soupir et petit silence).
Steve : Tu l'as écouté?

Ben non, je n'ai encore reçu que le single...

S. : Eh bien, l'album a été enregistré pendant les mêmes sessions que le 45. C'est Robin Guthrie, des Cocteau Twins, qui l'a produit. J'espère qu'il n'est pas trop monochrome, pas trop uniforme et que les gens y découvriront un échantillon assez varié de chansons ‘poppy’.

Estimez-vous qu’il existe de grosses différences par rapport à votre album précédent?

S. : Non, pas vraiment. Nous n'avons pas voulu prendre une autre direction, mais bien sûr nos chansons sont un peu différentes de ce que nous avons fait avant.

Comment sont les relations à l'intérieur du groupe? Vous vous disputez souvent?

M. : (rires) Non, On se connaît assez bien l'un l'autre! On est amis, on sait exactement ce qu'on fait ensemble et on ne se lance pas les instruments à la figure. On n'est pas le genre à être furieux envers les autres. Mais on discute, ça oui!

Comment écrivez-vous les chansons, seules dans votre coin ou au complet pendant les répétitions?

M. : Seule dans ma chambre. Même chose pour Emma (NDR : Anderson, l'autre fille du groupe qui compose, elle aussi). Personnellement, ce processus est lent. Je dois y penser longtemps. Et c'est vraiment un travail très dur! Je ne sais pas si j'écrirai toujours de cette façon...

Tu veux dire qu'à l'avenir, vous pourriez essayer d'écrire les chansons ensemble ?

M. : Non. Je pense que ce serait difficile. On n'a jamais écrit les chansons de cette façon-là. Je crois qu'écrire ensemble nous imposerait des contraintes au lieu de nous libérer. Si toi, tu écris à propos des gens, c'est vraiment ton ressenti que tu exprimes. Et pour y parvenir, il faut que ce soit une expérience isolée, personnelle. Si quelqu'un d'autre intervient dans l’écriture de la musique ou des lyrics, j'ai l'impression que tout ce qui fait mes caractéristiques propres de songwriter serait gommé et que toutes les chansons pourraient finir par sonner de la même façon! C'est vrai qu'un jour j'essaierai sans doute d'écrire autrement, mais disons qu'aujourd'hui, je ne sais pas encore comment. Il faudra sans doute tenter des expériences…

Ce que tu dis m'incite à croire que vous accordez beaucoup d'importance aux textes de vos chansons. Qu'est-ce que vous dites, qu'est-ce que vous essayez de communiquer au public?

M. : Ce n'est pas un message dans le sens où on l'entend généralement. Je ne dis pas aux gens ‘Ecoutez-moi, parce que j'ai réellement quelque chose d'important à vous faire comprendre’. Les paroles sont importantes, parce qu'on cherche à faire autre chose que des trucs évidents, comme ‘Hey baby, tu me plais, viens à la maison avec moi’. Je crois que nos paroles ont une autre dimension ; mais je ne pense pas que nous avons l'ambition de changer le monde, hein ? Je voudrais simplement communiquer mes expériences et le faire avec un peu de profondeur. Je ne sais pas si j'y parviens toujours!

Lush est signé chez 4AD. Que représente ce label pour le groupe? Ecoutez-vous les autres disques qui sortent sur le label?

M. : Bien sûr qu'on les écoute, puisqu'on reçoit les disques gratuitement! (rires) Je ne sais pas si nous avons quelque chose en commun avec les autres groupes du label. Il y a certainement des affinités, mais tous les groupes aiment à dire qu'ils sont différents de tous les autres, non ? Moi, je n'aimerais pas dire ‘Oh, nous sommes comme les Cocteau Twins !’ Ce serait stupide. Mais c'est vrai que les gens qui nous écoutent peuvent trouver des similitudes avec d'autres groupes, du label ou non.

Dans mon esprit, vous êtes proches des groupes de filles qui sont apparus au début des années 80, comme les Girls At Our Best ou les Raincoats...

M. :
C'est drôle, parce que les journalistes anglais ne font jamais référence à ces groupes en parlant de nous. Pourtant, Steve, lorsqu'il a rejoint le groupe, nous a dit que nous sonnions comme les Girls At Our Best !
S. : Lorsque Miki m'a demandé de les rejoindre dans Lush, je n'avais aucune idée de la musique qu'ils jouaient. Je suis allé les voir et c'est vrai que le premier groupe auquel j'ai pensé, c'étaient les GAOB. Mais, c'est un groupe très obscur qui n'a sorti qu'un album et deux ou trois 45 tours... Je crois que c'est une bonne comparaison, mais quasi personne ne peut la saisir puisque GAOB est vraiment oublié!

En Angleterre, on préfère vous comparer à Abba. Ennuyeux ?

M. : Non, mais je crois que cette comparaison est vraiment stupide! C'est peut-être à cause de la composition du groupe qui est la même que celle d'Abba. Ou alors parce que nous avons repris une de leurs chansons. Je crois qu'Abba était un grand groupe, mais on ne peut vraiment pas comparer Lush à Abba !

Vous accepteriez de participer au concours Eurovision?

M. : Non, je ne crois pas (rires). Bien que ce soit sûrement très excitant. Tout le monde regarde ce concours! Même nous.

Qu'est-ce qui pourrait s’avérer une réussite, une consécration pour Lush ? Ecrire une chanson parfaite ?

M. : Non. Si on écrivait une chanson parfaite, ce serait une apothéose, le signe qu'on ne peut pas aller plus loin, que c'est fini. De toute façon, je ne crois pas que ce soit possible d'écrire une chanson parfaite.

En Angleterre, vous avez un public, on vous connaît, vous faites la ‘une’ de certains magazines. Ici, en Europe, vous êtes encore des débutants. En quoi les interviews que vous accordez en Europe sont-elles différentes de celles que vous donnez en Grande-Bretagne?

M. : La principale différence, c'est qu'en Angleterre, les journalistes sont plus obsédés par le présent, par ce qui se passe maintenant, la dernière chose qu'il faut avoir entendue. En Angleterre, c'est comme si toute l'évolution musicale ne se passait que durant un mois. On ne nous compare qu'avec des groupes actuels, comme si le passé avait été oublié. Aux Etats-Unis et en Europe, ce n'est pas le cas! En Angleterre, on est un peu claustrophobe, on veut absolument vous rattacher à une ‘scène’. Le trip ‘Manchester’ et tout ça, c'est de l'invention ; les Anglais aime bien l'idée de mouvance, de rassemblement.

Dernière question: les pochettes de disques, vous y travaillez ou vous laissez le champ libre à Vaughan Olivier, le graphiste de 4AD?

S. : On n'y travaille pas. Et on pourrait facilement leur dire voici notre disque, pouvez-vous vous charger de la pochette! Huit jours après, elle serait terminée. Mais la décision finale nous appartient: si nous voulions autre chose, je ne crois pas que cela poserait un problème!
M. : Toutes les pochettes de Cocteau Twins ont une certaine unité et pourtant plusieurs graphistes se sont succédé. Donc, c'est quand même le groupe qui inspire sa pochette. Ce n'est pas parce qu'on est sur 4AD qu'on doit absolument confier ce travail à tel ou tel graphiste. Prend pour exemple les Throwing Muses, leurs pochettes n'ont rien à voir avec ce look.

 

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Quizz 

- La meilleure chanson de Lush ?
“Chirpy Chirpy Cheep Cheep”

 - La meilleure chanson d’Abba
 “Knowing you knowing me”

 - La chose la plus chère que vous avez jamais achetée
Howard Gough (notre manager)

- Boisson favorite
Téquila

- Qui voudriez-vous rencontrer ?
Natalie Wood

 - Le train, l’avion ou l’automobile ?
Le train, parce qu’il respecte mieux l’environnement

 - Le nom de votre animal domestique ?
Casper, Guily, Luigi et Spoony (NDR : ce sont des chats)

 - Combien de disques avez-vous ?
2 500 (approximativement)

 - Que savez-vous de la Belgique ?
Il y a des Wallons et des Flamands. Elle a perdu contre l’Angleterre lors de la dernière coupe du monde

 - La voiture que vous conduisez ?
Une Trabant

 - Dans quel film auriez-vous aimé jouer ?
Bugsy Malone

 - Un groupe rock que aimez / Que vous détestez ?
REM / Soup Dragons

- L’amour existe-t-il ?
Mais oui (en français dans le texte)

 - Le disque qui a changé votre vie ?
« Scar »

- Endroit favori au monde ?
La côte ouest de l’Irlande

 -Comment voudriez-vous mourir ?
En tombant dans une machine à faire de la saucisse.


Interview parue dans le n° 1 du Magazine Mofo de février 1992.

 

The House Of Love

C’est comme crier ‘Ne m’ignorez pas !’

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The House of Love, c'est le nom d'une nouvelle  érotique d'Anais Nin. Mais, The House of Love c'est aussi le patronyme du groupe qui s'est formé en 86 autour du chanteur Guy Chadwick et du guitariste Steve Bickers. Depuis, Steve est parti, pas en très bons termes, pour former Levitation (NDR : qui vient d'ailleurs de sortir son premier album). The House of Love est rapidement devenu un des groupes chéris par les médias britanniques. Exemple : au cours de la même semaine, ils ont fait la ‘une’ du New Musical Express et du Melody Maker, les deux grands journaux musicaux insulaires ! A ce jour, la formation a sorti trois albums et une compilation. Les trois disques s’intitulent tout simplement « The House of Love » (NDR : pas facile de s'y retrouver !) Et Guy a prouvé qu'il était un grand compositeur de morceaux pop ! Suffit d'écouter les bijoux que sont « Shine on », « Destroy the hear », « Christine » ou « The Beatles and the Stones ». Néanmoins, depuis le début des années 90, le groupe s'est montré très discret. Le grand retour est-il pour bientôt ? Ou bien le train est-il passé ; et la grande percée sur le continent n'est-elle pas encore pour cette année ? Guy Chadwick nous éclaire à ce sujet…

Au cours des derniers mois, House of Love s’est montré plutôt discret. Peut-on espérer du changement dans un futur immédiat ?

Entre 1990 et en 1991, il s'est passé une bonne chose pour nous : nous sommes devenus très populaires en France. Nous avons accompli une tournée dans ce pays et participé à une trentaine de festivals. C'était chouette et nous avons travaillé sur de nouvelles chansons. Notre nouvel album doit sortir bientôt.

Que pensez-vous de Levitation ?

Pas grand-chose. Je ne les ai jamais vus. J'ai reçu une cassette l'année dernière de leur projet ; mais je n’ai jamais assisté à un de leurs concerts. Et puis nous n’avons aucun contact avec eux!

Vous avez signé chez Phonogram ; ne craignez-vous pas de perdre votre intégrité?

Ce n’est pas un sujet qui me préoccupe. On fait ce qu'on aime. Je veux dire, je m'en fiche d'entendre dire que je peux perdre mon intégrité. Je sais que je ne la perdrai pas.

Que pensez-vous du public belge?

Je ne connais pas vraiment le public belge. Nous ne nous sommes produits que 3 ou 4 fois en Belgique. Nous avons joué à Deinze, je crois, en 1988 et à Bruxelles avec Ride.

Quels sont vos projets ?

Eh bien, l'album doit sortir.

Une tournée peut-être ?

Ah, oui. Probablement. Quelque chose dans le genre.

Pensez-vous être le meilleur groupe au monde ?

Guy (et les musiciens en chœur) : Oui !....

Vous le pensez vraiment?

Si je pense que nous sommes le meilleur groupe? Non! (Rires)

Quel est ton opinion sur les autres artistes relevant de Creation, votre ancien label?

J'en aime quelques-uns, oui. Comme Slowdive, Ride. J'aime aussi Teenage Fan Club. Tous ces groupes sont les meilleurs qu’ils n’aient jamais eus. C'est un bon label!

Vous sentez-vous influencé par les 60’s?

Oui.

The Beatles and The Stones?

Evidemment.

Etes-vous romantique? Pourquoi votre écriture est-elle si torturée ?

Romantique ? Non, je ne suis pas vraiment romantique. Enfin, si quand même, je le suis. (Rires) Si j'ai une écriture torturée, je pense que c'est à cause de mes lectures. Je suis consommateur d'une littérature du style, comme celle d’Ernest Hemingway ou d’Henry Miller. J'aime ces écrivains. Vous voyez, c'est plus un style que mes propres sentiments. Et même si j'éprouve parfois ces sentiments comme tout le monde, ma composition est plutôt instinctive.

Pensez-vous être chargé d’une mission dans le rock?

Oui. Enfin, je n'en suis pas certain. J'éprouve un sentiment, en mon for intérieur, qui me conduit : je dois faire de la musique. Au début, je croyais que c’était lié au succès ; mais je n'y crois plus maintenant. Mon but est de créer quelque chose dans la musique, quelque chose que les gens vont aimer. C'est comme un cri. Du genre : ne m'ignorez-pas! (Rires)

Es-tu prolifique ?

Je travaille beaucoup, mais peu m’importe de savoir si je vais vite ou pas. Je passe du temps sur des détails qui semblent importants à mes yeux. Utiles ou pas. C’est dans mon caractère. Enfin on apprend toujours. Comme quand je suis en route, je peux écrire des chansons instantanément (‘clic’). J'ai vécu des périodes au cours desquelles j’étais incapable d’écrire ou de faire quoi que ce soit. Je ne sais pas si c'est parce que je n'ai pas assez de capacités en tant que musicien ou bien si c'est juste dans ma nature. Ou si c'est un des symptômes chez un artiste.

Pensez-vous qu'un jour vous enregistrerez un album solo ?

Je n'y ai pas encore pensé ! Disons que pour le moment, c'est non.

Interview parue dans le n°1 du Magazine Mofo de février 1992.

Iris Corporation

La nouvelle sensation...

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Il arrive de tomber éperdument amoureux d’une femme. Quelle que soit la compagnie du moment, c’est à elle que l’on pense et avec elle que l’on a envie d’être. « A New Saint Session », le nouvel album d’Iris Corporation me fait à peu près le même effet. Généralement, quand la chronique d’un album est terminée, je range le Cd et je passe à un autre. Il en va un peu différemment pour ce « A New Saint Session ». Et pour cause, je ne retire ce disque de ma platine qu’à regret. Quel que soit l’album à chroniquer, c’est toujours celui-là que j’ai envie d’écouter ; et c’est vers lui que je reviens inlassablement dès que l’occasion se présente. Il faut que je commence à me surveiller ; car mon fils (âgé de quatre ans), pourtant pas intéressé par le rock pour un sou, commence à fredonner « I am The Greed Man » et mon épouse me regarde d’un air compatissant en me jetant : ‘T’aime bien ce truc hein ?’ Et bien oui, j’aime Iris Corporation, et je pense sincèrement que ce groupe mérite une attention toute particulière ! D’ailleurs, en général peu enthousiaste pour réaliser des interviews, je me suis laissé tenter par le challenge. Et John Iris, le leader de ce combo exceptionnel, a accepté de bonne grâce, de répondre à mes questions…

Pour commencer, pourrais-tu présenter Iris Corporation ?

Iris Corporation est un trio originaire d'Albi dans le sud de la France. Il est composé de Thibaut Gluchowski, Will De La Perez et John Iris. Notre musique est clairement orientée rock ; mais un rock teinté de musiques du monde. En fait, l'expression ‘World Rock’ semble ainsi le mieux définir son esprit.

A l’écoute de « A New Saint Session » et de son mélange d’électrique et d’acoustique, d’ambiances orientales et de vocaux haut-perchés, on pense immédiatement à Led Zeppelin ; pourtant, aucune de vos chansons ne ressemble vraiment à un titre de groupe de Robert Plant et Jimmy Page. Led Zep fait il vraiment partie de vos influences ?

Notre cheminement artistique résulte vraiment d'une envie de rapprocher des cultures à priori très différentes. Led Zeppelin a montré la voie sur quelques uns de leurs titres et reste une référence majeure pour de très nombreux groupes, y compris le nôtre. Mais nos influences sont tout autant occidentales qu'orientales. Ce métissage et beaucoup de recherches personnelles donnent cette couleur particulière à notre musique.

Quelles sont les autres formations qui vous ont inspiré ? Avec quelle musique avez-vous grandi ?

On peut citer Rabih Abou Khalil, Radiohead, Munir Bashir, Jeff Buckley, Chemirani, Massive Attack, Pink Floyd, Natacha Atlas, Rage Against The Machine et bien d'autres... Globalement, le rock des années 70 et 90 et les musiques improvisées du monde entier.

D’où vient ce côté oriental qui transparaît dans certains de vos titres comme « Highest Love » et « HeartH » ?

Les sonorités orientales sont petit à petit devenues une base de nos compositions. Les ambiances y sont très profondes et sensuelles. De telles associations m'ont toujours fasciné dans des titres comme "I Don't Know" de Noa ou "Friends" de Led Zeppelin. Nous avons donc creusé afin d'intégrer des éléments World dans le rock traditionnel.

Si, comme on l’a dit plus haut, votre musique évoque Led Zeppelin, votre son est cependant très actuel et diffère totalement des formations issues des seventies. Te sens-tu plus proche d’ensembles récents comme The Answer ou Witchcraft qui tentent de retrouver le son vintage des années 70 ?

Le travail de The Answer et Witchcraft est remarquable en bien des points. Mais à vrai dire, nous nous soucions peu de la mode vintage. Nous apprécions par contre beaucoup des groupes comme The Mars Volta ou Queens Of The Stone Age qui tout en conservant un respect immense envers leurs aînés sont capables d’amener une couleur nouvelle.

Pourrais-tu expliquer le titre de l’album : « A new Saint Session » ?

Le titre est un jeu de mots : "A New Sensation" - "Une Nouvelle Sensation". Il synthétise les thèmes abordés dans nos textes : le côté ‘nouveau’ nécessaire à l'évolution de nos sociétés, la prise de conscience de ce qui est objectivement ‘Saint’ dans un sens non religieux et permet la vie, comme notre écosystème. Il intègre aussi la notion du début d'un mode de pensée respectant enfin l'environnement et l’Homme.

Tes textes sont très critiques à l’égard de la société actuelle et des ravages causés par la science des hommes sur la nature. Crois-tu qu’il est un devoir pour les artistes d’ouvrir les yeux du public sur certains problèmes de notre monde ?

Si l'art permet de faire avancer et admettre l’idée que les modèles de fonctionnement de nos sociétés devraient être basés sur le partage afin de permettre à l'homme de vivre en harmonie, alors il ne faut pas hésiter ! Quant à la science, elle peut être la meilleure et la pire des choses. Einstein regrettait que ses découvertes aient amené la bombe atomique. Tout est une question de conscience. L'Humanité doit garder une éthique pour ne pas jouer avec le feu sans pour autant empêcher son évolution.

Certains de tes textes comme « Highest Love » ou « Sun Dog » semblent critiquer ouvertement la religion. Crois-tu que les religions ne sont qu’une autre manière d’abuser de la crédibilité des gens ?

L'histoire révèle des dérives dues à la religion, de la terre plate aux intégrismes de tout temps. La religion souvent dicte des réponses à des questions métaphysiques en les faisant passer pour un savoir. Chacun a une personnalité, une ‘âme’, et un parcours différents liés aux traditions, à la culture et à ses facultés. La religion a souvent confisqué des domaines laissés vides par la connaissance. Trop souvent certaines propagent la peur du lendemain pour en retirer du pouvoir. Mais ce n'est que mon humble avis et n'enlève aucune force à la foi individuelle.

L’artwork de votre album est absolument magnifique. Peux-tu nous parler de Nicolas Senegas, l’artiste qui l’a réalisé ? Comment en êtes-vous venus à travailler avec lui ? Lui avez-vous donné des directives bien précises ou a-t-il travaillé en solitaire ?

Nous sommes effectivement très fiers du travail réalisé par Nicolas Senegas. Nous nous connaissons depuis une dizaine d'années et son univers nous a toujours séduits. Il a merveilleusement cerné les textes et la musique de l'album pour réaliser une iconographie splendide ! Du cœur représentant l'amour et le partage aux symboles mystiques récents ou anciens. C'est un graphiste et photographe hors pair qui travaille sur ses clichés d'une manière unique. J’en profite pour laisser ici l'adresse de son site MySpace : http://www.myspace.com/infotographie. A visiter, c'est du pur bonheur !

Votre album a été masterisé par Michel Geiss qui a travaillé avec Jean-Michel Jarre, Michel Jonaz, Michel Sardou, Catherine Lara, Trust, Lio, Marc Lavoine, Patrick Bruel et Laurent Voulzy. Ce concours explique-t-il la qualité exceptionnelle du son de « A New Saint Session » ? Comment avez-vous été amenés à travailler avec lui ?

Michel Geiss est une rencontre importante pour nous. C'est un ami commun qui nous a mis en contact et son travail au niveau du mastering a fait preuve d'une efficacité et d'un respect du son originel sans défaut. Nous avons passé beaucoup de temps au mixage de l'album, pour peaufiner chaque détail et obtenir un son en même temps puissant et aéré. Un mastering trop radical aurait écrasé l'espace sonore. Michel a trouvé le parfait compromis. C'est un grand professionnel qui développe encore un peu plus la valeur artistique du projet qu'il masterise. Ce qui n'est souvent qu'une étape purement mathématique et technique devient un embellissement supplémentaire.

Iris Corporation semble être ton bébé puisque tu portes pour nom de famille Iris. Es-tu le compositeur principal du groupe ou laisses-tu Thibaut et Will participer à l’élaboration de vos titres ?

Notre fonctionnement est très ouvert. Nous avons fait appel à quelques musiciens additionnels pour les percussions ou les chœurs. Tout apport extérieur est souvent  accompagné de richesses supplémentaires. Il en est de même pour le fonctionnement interne au groupe. Chacun est libre de développer ses parties comme il le conçoit. Même si je suis le moteur du groupe, les titres sont généralement composés ensemble.

Considères-tu Iris Corporation comme un groupe français ? Que penses-tu de l’évolution de la scène Hard Rock et Métal française de ces dernières années ? Ne trouves-tu pas que les Français gagnent une crédibilité musicale qu’ils n’avaient pas avant ?

Iris Corporation est bien entendu un groupe français. Et vu le succès de groupes comme Gojira ou Watcha aux États-Unis, il n'y a plus vraiment de crainte à avoir par rapport à cette situation. Certes, l'attitude des médias et maisons de disques françaises nous laissent un peu dubitatif quant à leur volonté ou capacité à promouvoir ou signer des groupes jouissant d’un vrai potentiel international. Le vieux complexe d'infériorité par rapport aux Anglo-saxons n'existe plus que chez eux. De nombreux groupes hexagonaux ont évidemment ce potentiel et explosent de l'autre coté de l'Atlantique dés qu'ils sont un peu soutenus.

Pourtant, en étant d’origine américaine, ne penses-tu pas qu’Iris Corporation aurait plus de facilité à percer aux États-Unis qu’en Europe ?

Ma nationalité est bien française même si je me sens beaucoup plus un citoyen du monde. Mais nous sommes effectivement plus diffusés aux Etats-Unis qu'en France et il suffirait de peu de choses pour que nous puissions toucher un public beaucoup plus large chez nos amis d'outre-Atlantique. Heureusement, le web existe et nous permet d'être de plus en plus visibles dans le monde entier.

L’album d’Iris Corporation est-il distribué internationalement ? Comment peut-on se le procurer en Belgique ?

Le label qui travaille avec nous, Muzikom, est associatif. Il travaille remarquablement mais ne dispose pas d'une puissance financière égale à celle d'un label international. Néanmoins, l'album est distribué internationalement par Musea, On peut donc se le procurer sur leur site : http://www.musearecords.com

Je rappelle ses références : Iris Corporation - A New Saint Session - Muzikom/Ref MZK08 Distribution Musea.

Pour la version mp3, il est aussi disponible en téléchargement sur Itunes, Fnac, Virgin, Amazon, Rhapsody, Orange, SFR, Vodafone, Napster, Nokia...

Les téléchargements sont aussi possibles sur notre page MySpace où nous serons aussi ravis d'accueillir tous ceux qui apprécient notre démarche artistique : http://www.myspace.com/iriscorporation

 

 

Disko Drunkards

You don't touch Michael, man!

Écrit par

Disko Drunkards. Derrière ce patronyme se cachent quelques musiciens issus du Nord de la frontière belge. Des musiciens qui ont marqué le rock indépendant et créatif, il y a quelques années. Stephane Misseghers (Soulwax, dEUS), Ben Brunin (Vive La Fête), Tim Vanhamel (Evil Superstars, Millionaire) et Francois Demeyer (Vive La Fête, Soapstarter) constituent la fine équipe mise en place par les dj’s-producteurs gantois The Glimmers… Stephane Misseghers, batteur de la formation, nous apporte quelques éclaircissements sur ces ‘ivrognes du dance floor’…

L’album des Disko Drunkards ne sera pas vendu mais offert gratuitement lors de vos concerts. Un concept plutôt original. Mais combien de copies de ces disques comptez-vous distribuer ?

Jusqu’ici, on en a écoulé 5 000, de cette manière, lors de nos concerts. Le nombre s’est élevé entre 15 000 et 20 000 copies, lorsque la revue ‘Dj-Magazine’ a décidé joindre le cd à l’intérieur d’un de ses numéros. A l’avenir, on continuera à presser des disques tant que les opportunités de concert se présenteront.

L’industrie du disque est en déclin. Parallèlement, de plus en plus de compact-discs sortent chaque mois. Vous empruntez le chemin inverse en offrant le disque… Enregistrer sur un tel support est-il uniquement devenu un moyen pour se faire de la pub et décrocher des concerts ?

L’art de produire un disque a toujours été un moyen de révéler ta musique vers le monde extérieur. Je pense, par contre, que la distribution traditionnelle est totalement dépassée. Les maisons de disques gardent le même ‘modus operandi’, parce qu’elles doivent penser à leur survie et en même temps promouvoir les artistes qu’elles signent. Or, actuellement, le phénomène Internet bouleverse radicalement ces principes ; et les maisons de disques ne peuvent rien y faire. Notre idée était donc de se passer de ce cirque et de soutenir ce disque en utilisant des agents de promotion indépendants et une agence de booking efficace. En opérant de cette manière, on a pu décrocher de chouettes dates de concerts ; et en même temps distribuer l’album. Sans devoir abandonner le pouvoir de décision à d’autres personnes.

L’opus rend un hommage éclectique à différents styles de musique : le disco, le punk funk new-yorkais des années 80 (Liquid Liquid, ESG,…) mais aussi l’électro pionnière de Telex. Un style qui remonte entre 1975 et 1980. Quelle importance, en tant que musiciens, accordez-vous à cette période ?

Elle compte beaucoup pour les Glimmers. Surtout parce qu’ils ont commencé leur carrière de dj’s à ce moment-là. J’ai grandi au cours des années 90. Mais à cette époque, j’écoutais du rock à la Led Zep, Black Sabbath ou encore Barkmarket… Je dois admettre que je suis entré dans une nouvelle dimension quand j’ai eu accès à leur immense collection de disques. Nous avons utilisé beaucoup de références musicales afin d’obtenir le bon groove et la bonne ambiance pour le disque. On a donc effectivement beaucoup écouté Liquid Liquid et ESG mais aussi les Jackson 5 et Norman Whitfield.

Une ‘dream team’ du rock belge a été mise en place pour ce projet. Etait-il difficile de réunir tous ces artistes ; et comment l’idée de former les Disko Drunkards a-t-elle germé ?

L’aventure a débuté lorsque les Glimmers m’ont demandé ainsi qu’à Ben (NDR : le bassiste) d’enregistrer des parties instrumentales pour le remix de « Physical » d’Olivia Newton John. Ils pensaient que ce serait une bonne idée de remodeler totalement la chanson en conservant uniquement les paroles. Vu qu’aucun de nous quatre ne possédait les capacités vocales de la chanter, nous avons demandé à Tim Vanhamel de l’interpréter. Il a aimé le projet et est resté. Ensuite, François De Meyer, un pote, s’est pointé aux synthés. Tout simplement parce qu’il est arrivé au bon moment en affichant les goûts de circonstance. Après avoir entendu le résultat de « Physical » on a décidé de continuer à écrire jusqu’à ce que nous disposions de suffisamment de morceaux pour enregistrer un album.

« Physical » est sans aucun doute un des sommets du disque. Comment l’idée de la reprendre vous est venue à l’esprit ?

La marque de vêtement ‘ W.E.S.C.’ a demandé aux Glimmers de réaliser un mix pour lancer une nouvelle ligne de vêtement baptisée ‘Physical’. Ils ont donc mis en boîte une compilation réunissant douze artistes adaptant le même morceau. Quand on y pense, sans ‘W.E.S.C’, les Disko Drunkards n’auraient jamais existé. Quelle pensée effrayante !

Comment avez-vous élaboré les morceaux ? Est-ce une création collective ou alors le groupe a-t-il ‘jammé’ sur les beats des Glimmers ?

Chaque chanson de l’album a été composée en un jour. C’était en quelque sorte notre ‘dogme’. Nous entamions notre travail vers midi en écoutant quelques disques, un peu dans tous les styles… Ensuite, Ben et moi accomplissions quelques tentatives de grooves plutôt basiques jusqu’au moment où nous en dégotions un qui nous plaise. Un groove que nous pouvions répéter pendant des heures sans susciter l’ennui. Une fois le groove basse-batterie prêt, on ajoutait des tas de trucs : des claviers, des guitares, des cris, des sifflets… Je pense qu’un jour, on a même utilisé un sac poubelle en guise de shaker. Touche finale, les Glimmers éditaient le morceau pour qu’il ait une structure acceptable et nous, hum… on retournait à la maison !

Vous vous produisez beaucoup en Belgique. Envisagez-vous de tourner à l’étranger, où la réputation des Glimmers est flatteuse ?

On va d’abord finir la partie belge de la tournée ; et ensuite on fera quelques dates en Italie, en Hollande et en Angleterre. On espère aussi se rendre au Japon, vu que l’album sortira là-bas le 22 août.

Ce projet est-il un ‘one shot’ ou faut-il s’attendre à d’autres sorties des Disko Drunkards, dans le futur ?

On y pense, mais comme vous le savez peut-être, on est tous occupés dans d’autres groupes ; donc il faut d’abord mettre en commun nos agendas respectifs.

Si vous deviez choisir un morceau à reprendre avec les Disko Drunkards, lequel choisiriez vous ? « Optimo » de Liquid Liquid, « There but for the grace of God » de Machine ou « Don’t stop 'til you get enough » de Michael Jackson ?

Pffoohh… sûrement pas Michael ! Faut pas se frotter à Michael mec… Il faut toujours s’assurer que ta version est aussi bonne que l’originale, pas une reprise fade d’un grand morceau. Ainsi tu évites de te planter. Donc dans ce cas-ci je prendrais Machine, histoire de pas prendre de risques !

Vous vous appelez les Disko Drunkards, quelle est la boisson qui a le pouvoir de vous lancer sur la piste de danse ?

Je dirais une bière (ou deux), mais une fois qu’on est lancés, ‘we don’t stop ‘till you get enough !’.

 

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