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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Live in the USA

Eddie Martin ne se contente pas uniquement d'enregistrer des albums solos. Il lui arrive aussi de s'entourer de son fidèle band, fondé en 1995. Un trio ! Et c'est en compagnie de Tony Caddle à la basse et de Mike Hoddinott à la batterie qu'il a commis cet opus. Des enregistrements immortalisés live lors d'une tournée américaine, vous l'aurez deviné, principalement accordés au Texas ; mais aussi au célèbre Slippery Noodle Inn d'Indianapolis.

L’EMB s'embarque illico pour trois plages tirées du dernier album "Fires and floods". Tout d'abord un blues lent très électrique à l'intensité dramatique, "Answerphone blues". Eddie s'y délecte à la guitare. Suit un très long périple (plus de douze minutes) dédié à Freddie King, "Hideaway". Un instrumental bien connu, mais dont l'interprétation campe à des années-lumière de la version originale ; notre bon Eddie s'identifiant plus à Hendrix qu'au King. La section rythmique savoure son instant de gloire, pendant que le solo kilométrique de l'ami Tony en remet largement sur le métier. Notez que dans le style, Tony n'a rien d'un manchot! Sur la réserve jusqu'alors, notre Mike vient à l'avant-plan pour introduire le "See red blues", géré par Eddie comme un boogie furieux. Eddie aborde son "Blue to the bone", titre générique de son 2ème album. Son riff bien saignant peut rappeler Magic Sam. Ed s'acharne comme un possédé sur son manche. Il se déchaîne en délivrant des flots de notes et en arrachant des sons inhumains de ses cordes. Pour chanter de sa voix écorchée un convaincant "Red lights", Martin a attaché son rack. Il peut ainsi souffler avec bonheur dans l'harmonica au moment où il attaque sa guitare. Eddie souffle à son tour dans l'harmonica sur "G-string" fling", un solo impromptu qui lui permet de changer en même temps l'une des cordes de sa guitare. Il reprend le somptueux, "Cleanhead blues", un blues lent d'Eddie "Cleanhead" Vinson, et conclut par le très swing "Birds and the bees".

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Keep on working

Le bluesman anglais au crâne le plus dégarni est de retour ! Il avait déjà commis, dans le passé, un superbe album acoustique : "Solo in Soho". Il remet le couvert avec "The acoustic blues of Eddie Martin". Néanmoins, cet opus n'a pas été enregistré exclusivement en solitaire, puisque Eddie a reçu épisodiquement le concours de l'un ou l'autre collaborateur. Et notamment Paddy Milner au piano ainsi que Dave Griffiths à la basse et à la mandoline.

Dès l'ouverture, le piano souriant de Paddy soutient ainsi "The devils joker". Même sans amplification, Eddie est capable de vous remuer les doigts de pied. Ils bougent et frétillent tout au long d'"It's a mystery to me". "It hurts me too" de Tampa Red dégage beaucoup d'émotion et de délicatesse. Eddie se transforme volontiers en homme orchestre. Il est capable de jouer au même moment guitare, harmonica et percussions au pied. A l'instar de "Bundle up and go" qui figurait au répertoire de Leadbelly et de John Lee Hooker. Inspiré par le légendaire Barbecue Bob, "Barbecue bop" est un instrumental mitonné par la national steel guitare d'Eddie. Autre instrumental, "Jumping beans" est inspiré par Dr Ross. Au chapitre des reprises, signalons encore la présence du "Queen of spades" de Robert Johnson et du "Mean ole Frisco". Pour le reste, Martin a composé l'essentiel du répertoire, toujours aussi inspiré par le Delta. Ainsi "Toy Ballerina" est proche du thème de "Can't be satisfied" ; alors que plus rythmé, "Henry Ford" s'appuie sur une guitare à douze cordes et un harmo. L'album se referme sur "Fox Chase N°3". Un exercice de style à l'harmonica sur lequel il se délecte au "Whoopin" familier de Sonny Terry. Musicien complet, Eddie a retenu les leçons de Joe Hill Louis, de Dr Ross et du regretté Duster Bennett.

 

lundi, 31 décembre 2001 00:00

Blues ain´t pretty

Janiva est originaire de Detroit, mais elle a essentiellement administré sa carrière depuis Los Angeles, où elle s'est fixée. " Blues ain't pretty " constitue son 3ème album. Il fait suite à "It takes one to know one" (sur FatHead) et "My bad luck soul" (sur Blues Leaf). Janiva est une chanteuse aussi à l'aise dans le blues que dans la soul music. Ses influences naviguent quelque part entre celles d'Etta James et de Memphis Minnie. La collaboration qu'elle mène en compagnie de Jeff Turmes est toujours d'actualité, puisque l'ancien bassiste/saxophoniste du James Harman Band continue d'apporter sa collaboration à l'instrumentation et à la composition.

La ballade swamp, "Blues ain't pretty", ouvre le bal. Légèrement rythmé, "Nobody loves you like me" campe un excellent blues. La guitare de l'ami fidèle Kid Ramos entre en lice. Nouveau parfum louisianais, swamp et voodoo à travers l'hypnotique "It's your voodoo working". Kirk Eli Fletcher propage de la réverbération dans ses cordes. Jeff Tumes souffle dans le sax baryton. "The more I keep on losin" est un blues lent, inspiré par T-Bone Walker. David "Kid" Ramos y est comme un poisson dans l'eau. Janiva possède une voix souple qui s'adapte facilement à toutes les situations. Elle le démontre tout au long du swing "Act right" et de la cover Memphis R&B de Ray charles, "Tell me how do you feel". Autoritaire, elle se montre sous son meilleur jour sur le Chicago blues "Help me to find my love". Face à l'orgue Hammond de Brother Red Young, elle se révèle sensible et suave. A l'instar de la ballade indolente "I don't know". Composé par Marcia Ball, la cover du très lent "St Gabriel"Ramos est remarquable. Ramos se montre parfaitement à son avantage dans un style qui n'est pas habituellement le sien. Faut dire qu'Eli Fletcher est un fameux soutien à la rythmique. L'opus aborde également du West Coast blues plus classique. Comme sur "I'm gonna play the honky tonks" et la cover de James Brown, "Tell me what I did wrong", au cours duquel un grand Fletcher et Steve Marsh au sax tenor démontrent toute l'étendue de leur talent. "Every dog has his day" s'ébroue comme un instrumental de Freddie King. Fletcher est au sommet de son art. Et c'est dans le swing que s'achève ce très bon album de la très sensuelle Janiva; une composition enrichie d'un piano et d'un sax baryton qui s'intitule "Heartbreaker".

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Listen up!

Miss Malenfant est une chanteuse canadienne, originaire du New Brunswick. Au cours des dernières années, elle a régulièrement fréquenté notre plat pays. A ce jour, elle compte cinq albums à son actif : deux productions limitées, "Turtle blues" et "Your good thing", "Eye of the hurricane" (1994), un opus consacré aux chansons du répertoire de Janis Joplin intitulé "Little girl blue" (1997), et "Piece of my heart" (99). Le potentiel physique de Theresa respire la puissance. Et avant même de l'écouter, il n'est pas difficile d'imaginer que sa voix impose. Elle est même retentissante.

Pour enregistrer " Listen up ! ", elles s'est entourée du groupe belge, Midnight Believers. En ouverture, "Ain't nobody home" nous la présente comme un grande dame du R&B. Il est incontestable qu'elle eut aimé vivre au cœur de Beale Street, à Memphis. La suite du programme nous réserve de bien agréables surprises. "5 10 15 hours" est un très bon blues rythmé. La voix claire domine des musiciens bien inspirés. Et notamment Dominique Van Tomme au piano, le doigté aussi agile aux ivoires que derrière son orgue. Le calme apparaît au sein des studios de Destelbergen. Theresa commence à chanter une douce ballade aux accents majestueux. Elle y met tout son cœur. A l'instar de "First night alone without you". Miss Malenfant revient rapidement à ce qui est son style personnel, sur "Everybody's happy (but me)". Un blues rythmé, coloré chaque fois par le piano de Van Tomme. "Shaky ground" figure au répertoire de bon nombre de formations R&B. Le tempo funky qui colle à ce titre est ici bien emballé par la rythmique. Une rythmique constituée de Geert Bostyn à la basse et de Kristof Vandooren à la batterie, renforcée par les deux cuivres et l'orgue. "I won't be around" est une nouvelle ballade, une bien jolie ballade à la mélodie accrocheuse. Si la section de cuivres y tire son épingle du jeu, la guitare de Tom Brys signe une sortie réussie. Ce type de ballade me rappelle le meilleur de Miss Irma Thomas. Et croyez-moi, c'est un compliment ! Lorsqu'elle reprend Otis Redding, elle se met dans la peau de "Miss Pitiful" et nous confirme qu'elle adore le Memphis R&B, façon Stax. Jean Pol Cornelis dirige les sessions en studio. Il sort également sa guitare " slide " sur "Somebody up there likes me" pendant que Marjorie et Werner s'activent aux chœurs. "Come on down to the blues bar" d'Eddie Lusk concède des accents gospel, alors que Stefan Thaens au sax et Joery Dewachter à la trompette sortent tous deux d'excellents soli. Teresa a la voix de circonstance ; et cet album produit du bon R&B. Un opus qui se termine par des adaptations de King Curtis et de Wilson Pickett.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Pinch that snake

Les Mama's Boys se sont formés en 1994 dans un vieux club de Los Angeles (Venice), le Babe & Ricky's Inn. Le leader est le chanteur harmoniciste Johnny Mastro. Il est entouré du guitariste Dave Melton, du bassiste Jeff Henry et des drummers Adam Johnson et Mike Owens. J'adore ce band. Son énergie. L'énorme groove qu'il libère. Les Mama's Boys sont incontestablement les dignes successeurs du Red Devils de Lester Butler. Plusieurs guitaristes ont participé à l'enregistrement cet opus. Et notamment Peter Malick, Michael D'Santi et Job Striles. La production est assurée par le chanteur/batteur Max Bangwell.

Les Boys sont de suite dans le coup. La section rythmique prend les rênes. Mastro peut se mettre en route. Sa voix nasillarde et ses coups d'harmo bouseux font monter le thermomètre de quelques degrés sur "Can't get ever". "You wrong" est extraordinaire. Le son de la slide de Melton est sale, poussiéreux. Elle libère une énergie primaire qui rappelle Hound Dog Taylor. L'harmonica de Mastro sonne très Sonny Boy Williamson II. En particulier sur la plage titulaire "Pinch the snake" et sur "Told my baby". La section rythmique manifeste beaucoup de rigueur et de rigidité sur "Bone dry". La guitare décolle par un son très métallique. "Dynamite" est un shuffle explosif. Blues lent, "Depending on you" permet à Melton de sortir le grand jeu. Son solo tout à fait excellent est prolongé par un travail aussi parfait, classique mais tellement évident, de Johnny à l'harmonica. La reprise de "Behind the sun" de Lester Butler est sans aucun doute un clin d'oeil vibrant au regretté disparu. Johnny Mastro a d'ailleurs tenu le rôle de Butler dans un concert hommage de "13". Les Boys osent une adaptation nerveuse du "Blues don't like no one" d'Otis Spann. La guitare toujours très musicale, piaille et gazouille à travers les haut-parleurs. A l'harmonica chromatique, Mastro se déchaîne à la manière de Little Walter. "Liquor store" a été écrit par Jimmy Reed. Le jeu d'harmo dans les aigus est très significatif, pendant que Melton joue le rôle d'Eddie Taylor. "Sadie" de Hound Dog est un excellent blues. La section rythmique et l'harmo montent graduellement en puissance avant que n'éclate la slide. "Bassman Mama" est un nouveau smoking shuffle. Et croyez moi, les Mamas ne sont pas prêts de déposer le gant ! L'elpee s'achève par le funky "Ocean Front Walk". Une plage aussi puissante que le reste, mais plus funky. Un superbe album… que j'adore…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Rollin

Lady Bianca Thornton est née à Kansas City, dans le Missouri. Depuis l'âge de 4 ans, elle vit dans la baie de San Francisco, à Oakland pour être plus précis. C'est à l'église qu'elle commence à chanter, au sein de chœurs gospel. Elle fréquente l'académie musicale de San Francisco où elle apprend le piano. Un 1er album était sorti en 1995, "Best kept secret" sur le label Telarc. Elle a composé tous les titres de ce " Rollin " en compagnie de son époux, Stanley Lippitt. Ils en assurent ensemble, la production.

"Jung gawk wah yow" est un blues rocker. La voix autoritaire de Bianca s'impose. Son piano la suit à la trace. Ses cordes vocales, puissantes et modulées, sont faites pour chanter le blues ; et en particulier sur les thèmes les plus lents, tels que "Easy lovin" et "Keep my baby outta your eyes". La meilleure composition, "You slept with my man last night", manifeste une intensité bien dramatique…vu l'événement. Lorsque le tempo est plus rapide et dansant, à l'instar de "Blues fonk", de "Sexy bones" et de "Lyin' to me", elle me rappelle Irma Thomas. Et c'est un compliment ! Elle en reste aussi proche sur le langoureux, sensuel et latin "Can you sleep away again tonight", pour lequel elle a reçu le concours de Carl Lockett à la guitare acoustique. La section rythmique est chargée de groove pour entamer "Spendin' money". Elle a reconduite les mêmes musiciens qui avaient participé à l'enregistrement de son 1er album. En l'occurrence, Tony Saunders à la basse et Dave Rokesch à la batterie. Et puis Dave Matthew, toujours planté devant son orgue, pour communiquer une ambiance Memphis soul. "Little drop of water" est une bien jolie ballade qui nous rappelle, cette fois, Tracy Nelson. En finale, "Roll thang" vaut son pesant de cuivres. Et à cet instant, le piano roule à la néo-orléanaise, au sein d'un univers toujours très proche de Marcia Ball. Un bon album.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Boogie witcha

Last Call a toujours été considéré comme un des tous meilleurs groupes belges de blues roots. Il comptait déjà deux albums studios à son actif : "Call of the wild", en 96 et "Time to move", en 99. Live, ce 3ème chapitre a été enregistré au Muziek-O-Droom de Hasselt. Il bénéficie de notes de pochettes écrites par le grand guitariste de la West Coast, Alex Schultz.

Last Call, c'est avant tout Henk Van der Sypt. Un leader charismatique et souriant qui se réserve le chant, l'harmonica et l'accordéon. Il est soutenu par le guitariste Luke Alexander, ancien membre des Electric Kings, et peut s'appuyer sur une section rythmique en béton, composée de Steve Wouters aux drums et de RC Stock à la basse. "Boogie witcha" nous entraîne pendant plus d'une heure dans le Sud profond des USA, en Louisiane très exactement. Le pays de prédilection des quatre musiciens. A travers ce zydeco flamand de 1ère classe, ils renouent avec les cajuns, en humant le parfum humide des bayous et des swamps, peuplés d'alligators.

D'une manière très dépouillée et calme, "I've been so blind" introduit le concert. Henk caresse tendrement son harmonica. Le ton monte progressivement, moment choisi par Luke Alexander pour intervenir en puissance et faire exploser judicieusement ses cordes. Sur les planches, le bien long "Boogie witcha" arrache tout sur son passage. Certainement un cheval de bataille pour notre dernier appel. "Tell me" est un des titres de Last Call que je préfère. Très inspiré des swamps, il nous plonge dans un environnement lugubre. La voix de Henk est trafiquée et la guitare tisse une rythmique menaçante. Luke nous emmène du côté de la frontière mexicaine sur "El Cumbachero". Henk empoigne son accordéon pour un bien joyeux "Rosalita". Le nerveux "Can't live that fast" démontre tout le talent de Luke en pickin'. Il est bien l'un de nos meilleurs gratteurs ! Il part swinguer sur un "Everytime", proche de qu'il faisait chez les Electric Kings. Le piano à bretelles nous emmène au pays cajun tout au long de la berceuse, "Long time ago". "Aw" est une finale explosive. Un blues pourtant classique, rehaussé par un merveilleux solo d'Alexander. Titre maître, "Last call" est un peu un au revoir aux fans. Un excellent album ! Dommage quand même qu'il ne recèle pas plus d'inédits, car il est un peu "Time to move " live!

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Late night Truck stop

Ce double album a été enregistré le 19 juillet 1973. Live. A Ebbets Field, Denver, dans le Colorado. A la grande époque de ce groupe légendaire. La formation de Little Feat remonte à 1969. Suite au départ du guitariste Lowell George des Mothers of Invention de Frank Zappa. Il est d'abord rejoint par le claviériste Bill Payne. Puis par le batteur Richie Hayward et le bassiste Roy Estrada, un autre Mother of Invention. Sous cette formule, le groupe enregistre les deux 1ers albums, "Little Feat", en 1970 et "Sailin' Shoes" en 72. Estrada quitte alors le navire pour rejoindre le Magic Band de Captain Beefheart. Deux musiciens du backing band de Delaney & Bonnie font alors leur entrée : Kenny Gradney et le percussionniste Sam Clayton. Pour compléter le tout, Paul Barrère ramène sa six cordes pour permettre à Lowell de se concentrer sur la slide. En 73, ce combo met en boîte "Dixie Chicken". C'est à ce line up qu'est essentiellement consacré ce double album.

Little Feat pratiquait de l'American Music, un rock largement teinté de blues, de country, de soul et de boogie. Trois titres issus des albums susvisés figurent sur cette compile. Les amateurs de blues apprécieront d'autant plus, que le premier morceau de plastique débute par un hommage à Howlin' Wolf, à travers "Apolitical blues". Un titre proche du thème de "Little Red Rooster", au cours duquel Lowell est bien en voix devant le piano de Payne. La musique posée du Feat défile alors, convaincante, de haut niveau. Superbe morceau, "Got no shadow" permet à tous les musiciens de se mettre en valeur. La rythmique est très dense. La slide et l'orgue peuvent sortir de leur tanière. Très complexe, "The fan" ne peut relever que de musiciens talentueux. Ce titre allait sortir, un an plus tard, sur l'album suivant, "Feats don't fail me now". "Texas Rose Cafe" est, à la base, un blues ; mais une écoute plus attentive permet de découvrir des tas de sons incroyables, dont une parenthèse hispanique accordée sur la slide. Un tour de force ! Les raisons de se réjouir sont nombreuses. Sur "Snakes on everything", Lowell George est génial. Véritable blues, "Cat fever" est chanté sur un ton un rien fausset, alors que le piano sonne comme à l'époque du cinéma muet! "Fat man in Bathtub" est agité par ses rythmes. Autre blues illuminé par la slide, "Sailin' shoes" achève le premier disque.

La seconde plaque s'ouvre par "Dixie Chicken". Une chanson qui exhale un délicat parfum de la Nouvelle Orleans. Payne y est frétillant au piano. La longue version de "On your way down" d'Allen Toussaint est d'une beauté immaculée. Repris ultérieurement par les Byrds, Commander Cody et Linda Ronstadt, "Willin" manifeste un calme, une quiétude folk. Le concert se termine par 13' du funky "Cold, cold, cold". Quel festin! Lowell George devait malheureusement décéder en 1979. Little Feat sévit toujours aujourd'hui ; mais ce sont Shawn Murphy et Fred Tackett qui tentent d'y faire oublier le vide laissé par Lowell!

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Tramp 1974

Tous les amateurs de ‘british blues’ se rappellent encore de Jo Ann Kelly, demeurée, sans conteste, la meilleure chanteuse de blues locale. Cet album était sorti l'année dernière. Je corrige donc mon retard. Ce "Tramp 1974" est pourtant déjà le 3ème volume de la série ‘Rare & unissued recordings’. Pour rappel, les deux premiers s'intitulaient "Key to the highway" et "Talkin' low".

Tramp était un groupe projet monté en 1969 autour de Jo Ann. Il impliquait son frère Dave, de Danny Kirwan, Mick Fleetwood, du Fleetwood Mac, ainsi que les inséparables Bob Hall et Bob Brunning. Un elpee éponyme était paru à l'époque. Pourtant, il faudra attendre que Jo Ann revienne d'une expérience américaine, pour que le projet renaisse de ses cendres. Début 1974, très exactement. Et dès janvier, un second album ("Put a record on") est ainsi mis en boîte.

Le style Tramp est un mélange de blues, de soul, de funk, et de R&B imaginé dans une ambiance de pub. Cet album est composé d'une session de studio datant du printemps 74 et d'un enregistrement live de la même époque. Jo Ann laisse éclater toute l'étendue de sa voix sur l'ouverture, "Till my back ain't got no bone", face aux choeurs conjugués par les vocalistes de Kokomo, Dyan Birch, Paddie McHugh et Frank Collins. Le long "Love blind" est une plage qui s'étend paresseusement sur le rythme imprimé par Brunning et Pete Miles. Sa voix dialogue avec les chœurs, le piano de Bob Hall et le sax free de Dave Brooks, au sein d'une ambiance délicieusement cool. "Nicki Hocki" est une pièce funky, au rythme soutenu et toujours tramée sur ce même dialogue qui bénéficie du renfort de la guitare d'Adrian "Putty" Pietryga (ex-John Dummer Band). La voix claire et pure prend tout sa saveur sur "Feel like breaking up somebody's home". Elle peut passer de la douceur absolue à la rage contenue, l'espace d'une seconde. Interprété en duo, "Jump steady daddy" est un blues pur, échangé entre la voix et le piano du remarquable Bob Hall. "Put a record on" et surtout "Help me through the night" sont de fort jolies ballades. Les six dernières plages sont donc live. Elles réunissent autour de Miss Kelly, nos deux Bob, le vétéran Keef Hartley à la batterie, Dave Brooks au sax, et Danny Kirwan à la guitare (NDR : discrète, il est vrai !). La reprise de "Baby what you want me to do" de Jimmy Reed est somme toute classique. La voix de Jo Ann se détache remarquablement. Brooks brille au sax. "It's too late for that now" est un boogie woogie. Une composition écrite par Bob Hall qui déménage, et au cours de laquelle le piano et le sax éclatent de bonheur. Le soul funk trouve sa place chez "What you gonna do". Le rythme se veut hypnotique et la voix se libère. Témoignage d'une époque, le saxophone évolue très librement au cœur de cette toile sonore. Jo Ann se retrouve dans son élément lors de la reprise de "You don't love me baby". En finale, les ballades maison, "Put a record on" et "You got to move", sont chantées sur un mode gospel. Un bon album !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Love without trust

Bien que blanc, Ken Saydak est incontestablement un des meilleurs pianistes du Chicago blues contemporain. Il avait déjà commis un album pour Delmark, "Foolish man".

Il ouvre son nouvel opus par une cover du "Watching the river flow" de Bob Dylan. Une excellente reprise d'ailleurs, alimentée par le piano roulant, la slide de Mark Wydra et l'harmonica de Ron Sorin. Un retour opportun pour ce remarquable musicien qui sévissait chez les Big Shoulders. Le backing band est très soudé. Il produit ainsi un Chicago blues de bonne facture, tout au long de "Love without trust". Ken y partage le chant en compagnie de Miss Roberta Thomas. "Junco partner" nous emmène dans le Carré français de la Nouvelle Orléans. Le piano gumbo est particulièrement frétillant devant l'insatiable Sorin. Vieux amis du Westside, James Wheeler et l'élégant Bob Stroger rappliquent pour interpréter la ballade lente "Breakdown". Nonobstant ce riff cher à Mister Maghett, imprimé par les ivoires de Ken et non par la guitare, le rythme adopté est proche de Magic Sam. Ken est pianiste. Il aime le boogie. Et c'est tant mieux. "Clo Clo boogie" est un clin d'œil généreux aux grands de la Cité des Vents : Big Maceo Merryweather, Roosevelt Sykes et surtout Sunnyland Slim. Saydak n'a pas une mauvaise voix. Chaude, grave, un tantinet rocailleuse, elle manque sans doute de charisme, de modulation, de vécu, mais elle passe bien la rampe. A l'instar du blues bien rythmé, "Big City". Sa voix écume, sans nul doute, les fins de soirées des bars enfumés de Chicago. Un late night blues que l'on goûte sur "Expressions of tenderness" ; et qui bénéficie du concours du sax tenor de John Brumbach. Ken revendique l'héritage d'un autre géant des ivoires : l'inimitable Otis Spann. Il reprend ici, avec beaucoup de bonheur, son "Great Northern stomp". Un bon album qui s'achève par " Illinois ", titre emprunté au nom de l'Etat dont Chicago est, bien entendu, la capitale.