Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de…

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The Wolf Banes - De Casin...
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Grégory Escouflaire

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vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Segundo

Ce deuxième album de Juana Molina bénéficie enfin d’une distribution internationale, grâce à l’excellent label Domino. Sorti initialement en 2000, il s’agit d’un bel exercice de folk intimiste et candide, aux relents électro. Juana Molina est surtout connue dans son pays d’origine (l’Argentine) comme comédienne dans des shows TV à succès. Il est dès lors étonnant de la retrouver ici chanter tel une Chan Marshall sous acide, qui aurait écouté Bebel Gilberto en matant des telenovelas. Enregistré chez elle, « Segundo » (un seul titre est en anglais) joue sur la répétition pour mieux nous émouvoir : en déclinant à l’envi bleeps fragiles et guitare acoustique, Juana Molina nous met à l’aise comme si l’on était son hôte particulier. A la terrasse de sa maison on boirait un verre d’eau citronnée, puis on irait promener le chien (« El Perro »)… Au soir on l’écouterait jouer du piano, avant de s’échanger des disques (Beth Orton, Via Tania, Vashti Bunyan, Scout Niblett). Une belle journée, en rêve mais qu’on espère en boucle.
A quatre, ils font un bruit d’enfer : « The soundtrack to the end of the world », précise la bio, et l’on y croit, surtout que Mono vient de Tokyo, pas loin d’Hiroshima. Pourtant, sur ce troisième album, seuls trois titres provoquent vraiment les foudres du ciel : « 16.12 », « Halcyon (Beautiful Days) » et « Lost Snow », coups de tonnerre épiques dans la grande tradition du post-rock à la Mogwai (+ Kinski, GY !BE, Explosions In The Sky). Les cinq autres morceaux convoquent d’abord piano, violon et arpèges délicats : l’Apocalypse n’aura pas lieu, du moins pas tout de suite. Le reste a déjà été dit, avec ou sans Steve Albini (qui produit). A voir d’abord en live, si on aime les émois capillaires. Dans nos veines la tornade, pour nos nerfs la noyade : avec Mono on souffre avec méthode, on souffre aux antipodes.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Entertainment

On a tous déjà entendu parler de Marc Moulin, qu’on lise ses humeurs chaque semaine dans le Télé Moustique, qu’on aille voir ses pièces au théâtre de la Toison d’Or ou qu’on écoute ses disques, de Placebo à Telex, de " Banana Split " à Sam Suffy. Il est justement de retour, flanqué d’un nouvel album, sur le mythique label de jazz Blue Note, " Entertainment ". En fait, la suite de " Top Secret ", qui il y a deux ans s’était vendue à plus de 100.000 exemplaires dans le monde. La recette de Marc Moulin est assez simple : mixer le jazz à l’électro, bref faire ce qu’on appelle de nos jours de la " lounge ". Vous savez, cette musique papier peint qu’on entend mais qu’on n’écoute pas vraiment, qui s’avère parfaite pour la digestion, après avoir mangé un tapas ou un durum. Une musique sans aspérités, qui roule, qui groove un peu mais pas trop, bref qui ne dérange personne. Heureusement pour nous, l’électro-jazz de Marc Moulin évite de tomber dans ce genre de travers consumériste : " Entertainment ", c’est bien plus que de la musique de supermarché et de restos branchés, parce que Marc Moulin s’y connaît en jazz. Ce n’est pas Claude Challe et ses compiles bouddhistes qu’on entend quand on fait ses courses dans les magasins de meuble de la rue Blaes. Non : la musique de Marc Moulin vaut mieux que ça, parce que l’ex-Telex sait s’entourer de très bons musiciens, qui ont trouvé le groove, comme c’est dit dans le single de l’album, " Silver ", un hommage, justement, au grand Horace Silver. Qu’on se le dise : il n’y a donc pas de honte à aimer la lounge de Marc Moulin. C’est du divertissement de qualité, un produit bien senti. En concert à l’AB le 14 novembre.
mardi, 31 décembre 2002 01:00

The Amalgamut

La bande à Richard Patrick s'est fait connaître au milieu des années nonante avec " Hey Man Nice Shot ", un tube metal-indus que n'aurait pas renié Trent Reznor. Au menu de ce troisième album, on prend les mêmes recettes et on recommence : guitares abrasives, voix tonitruante et slows FM pour détendre parfois l'atmosphère… Malheureusement, rares sont les passages qui accrochent vraiment l'oreille, tout au plus l'auditeur éprouve un plaisir simple mais anodin à l'écoute de ces 12 titres pas mauvais, mais loin d'être exceptionnels. Les Américains de Filter mériteraient quand même une plus grande reconnaissance de ce côté-ci de l'Atlantique, ne serait-ce que pour leur détermination et leur ambition… Mais l'envie d'être reconnus internationalement et de donner du " fun " suffit-elle à faire un grand groupe ? Certes non, d'autant plus qu'à force d'exporter leur " American Dream " dans nos chaînes hi-fi (" " I'm a American and proud of it ", déclame Patrick sur leur site officiel), il se pourrait que Filter en agace plus d'un… Il ne faut pas mélanger carrière musicale et arrogance patriotique, sous peine de passer pour d'affreux réactionnaires (WTC ou pas). " American Cliché " titre le deuxième morceau : c'est celui qui le dit qui l'est.

 

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

The Sand and the Stars

Au milieu des années 90, la ville de Bristol était considérée par beaucoup comme le centre névralgique du trip-hop, cette musique langoureuse puisant dans la soul, le hip hop et l'électro. Une étiquette aujourd'hui galvaudée par toute une cohorte de faussaires habitués des bars à tapas. De Massive Attack à Portishead, l'on y cultivait avec talent le spleen moite et ouateux, certains allant jusqu'à diluer leurs états d'âme dans d'encore plus sombres et dépressives ambiances. C'était le cas de Third Eyed Foundation, et de Movietone. Aujourd'hui, Rachel Coe et Kate Wright semblent plus épanouies : leur musique élégiaque n'a plus peur d'être happée par le vide, et la marée a emporté leurs vieux démons. De la tristesse d'autrefois ne subsiste plus qu'un vague à l'âme finalement rassurant, une nostalgie pleine de réconfort. La marée, les vagues : une obsession chez Movietone, pour qui les notes bercent autant que le bruit du ressac. Pas étonnant que cet album, le quatrième, ait été enregistré sur une plage : on y entend les mouettes, la mer, autant de détails sonores qui renforcent la torpeur organique de ces onze vignettes post-folk à la fluidité désarmante. S'abandonner dans ces arpèges étirés, ces mélodies tétanisantes, c'est comme plonger la tête sous l'eau et retenir son souffle : le cœur bat la chamade, mais très vite la sensation d'être seul se change en extase sensitive. Immergé dans cette plénitude, on retarde le moment où, hagards, nos poumons réclameront un peu d'air et nos yeux de lumière. C'est le retour à l'être embryonnaire, au commencement du moi et du reste du monde.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

People Are Cruel

Les quatre Londoniens de Mower sont signés sur le label de Graham Coxon et leur deuxième album est produit par Stephen Street… Heureusement, Mower ne se sent pas obligé de sonner comme Blur pour nous convaincre. D’ailleurs, leur rock est plus couillu que celui de l’ex-bande à Coxon : les deux titres d’ouverture, « After Dark » et « The Morning After », se révèlent ainsi d’une insouciance imparable, d’un attrait juvénile totalement addictif. C’est si gai ! Comme Blur à ses débuts, avant les bidouillages et les mixtures électro-world… On pense parfois à Clearlake, Mull Historical Society (« Dark Clouds »), Weezer (« Rest in Peace »),… La musique est désinvolte, n’a l’air de rien, mais vous trotte dans la tête avec insistance. « People Are Cruel » est un disque d’une bonhomie rare, qui nous rappelle combien il est agréable de se sentir vivant.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Death By Unga Bunga ! !

Après l’ouragan de 1998 qui engloutit la baraque abritant le label des Mummies (Budget Rock), on n’avait plus trop de nouvelles des quatre rockeurs à bandages de Californie… Deux d’entre eux seraient même morts dans la tempête, sans parler de toutes leurs « master tapes », perdues à jamais dans les abysses de l’Océan Pacifique… Pour retrouver ces cassettes et rendre hommage une dernière fois à leurs compagnons d’infortune, ne restait qu’aux deux survivants du groupe à tenter l’impossible : remonter le temps et braver tous les dangers, jusqu’à draguer les fonds pélagiques et combattre la faune locale avide de chair molle. Il s’en aura fallu de peu pour qu’ils échouent en pleine nage crawl, mais c’est mal connaître les Mummies… Les voilà donc de retour avec cette compile d’époque. 22 titres d’anthologie en hommage à leurs deux frères : que du punk-surf qui tue, du rockab’ qui sent bon sous les pansements, du ‘retardo rock’ puissant et salé comme l’eau de mer. C’est crade mais c’est ‘collector’, comme un vieux Cramps qui pourrirait dans la cave de Dick Dale… Les Mummies sont à moitié sains et saufs, et leur musique est toujours aussi démente. Unga Bunga Zip A Dee Doo Dah ! ! !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Bring ´Em In

D’accord, cet album est sorti déjà depuis longtemps… Ca tombe bien qu’on en parle maintenant, puisque bizarrement Mando Diao n’a pas eu chez nous le succès médiatique escompté. Et pourtant « Bring ‘Em In » regorge de tubes rock garage qui valent bien ceux des Hives. Sur le morceau d’ouverture, « Sheepdog », on entend un type crier des « Yeah Yeah Yeah ! ! ! » sur un tapis roulant de guitares furibardes, tandis qu’un orgue s’emballe et fait la nique à la batterie, qui pourtant n’est pas en reste. Oui, Mando Diao crache un rock’n’roll diablement jouissif. Tout à fait rétro (en vrac, ces Suédois sonnent comme les Kinks, les Animals, les Sonics, les New York Dolls, les Rolling Stones… Et se prétendent meilleurs qu’eux)… Mais solidement burné quand même. Comme quoi la nostalgie, ça a parfois du bon : rappelez-vous les Primal Scream et leur « Rocks/Jailbird » de l’âge de pierre… Ici c’est pareil, et ça fait un bien fou. Bizarre que les Mando Diao, pourtant des stars dans leur pays, soient passés inaperçus chez nous. On le redit, même si on risque de passer pour des radoteurs : il y a sur ce disque de sacrées pépites rock’n’roll. Conseil d’ami : si quelqu’un vous assure un jour que le rock est mort, prêtez-lui « Bring ‘Em In »… Après une moue dubitative, il sera bien obligé d’avouer qu’il avait tort. En fin de compte un secret se savoure mieux quand il est partagé.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

20,000 Streets Under The Sky

Les frères Bielanko ont sans doute trop écouté Bruce Springsteen dans les années 80 : on pourrait s’arrêter là, tant ce disque (leur troisième) nous rappelle le Boss d’il y a vingt ans, celui qui ouvrageait dans les charts US en exhibant fièrement son torse poilu, avant de devenir, après le 11 Septembre, le plus fier ambassadeur de la cause républicaine ultraconservatrice. Mais là n’est pas la question : alors, Marah, bien ou pas ? A vrai dire, et vous l’aurez compris : plutôt bof. La bio cite « Exile on Main Street » des Rolling Stones et « Music From Big Pink » du Band comme références. En ce qui nous concerne, on pense davantage à Hootie and The Blowfish et au Dave Matthews Band, bref que du poids lourd FM, moche comme du rock de fonctionnaires. Sans doute que dans la file à la banque ou lors d’un « walking dinner » chez IBM, ça le fait. Il paraît même que Nick Hornby adore… Cette fois on sortira notre joker. Encore un peu de pâté, quelqu’un ?
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Gargilesse

« Alors tu t’es marié/A Levallois-Perret/Tu as trouvé une maison/Et un job à la con/(…) C’est bizarre mais à seize ans/Tu étais plus émouvant/Ils étaient moins cons tes héros/C’était Lennon et Mc Enroe » : d’entrée de jeu, Florent Marchet n’y va pas de main morte, détruisant de ses mots cinglants nos petites certitudes de bourgeois confortables. Découvert il y a un an sur la compile CQFD des Inrocks (leur concours de démos), ce Français de province (Lignières-en-Berry) conte les désarrois quotidiens de la masse bien pensante : tous ces gens qu’on rencontre, et qui sont « Tous pareils/(…) A descendre la pente/Dans les surfaces de vente ». Ces gens-là, frappés par l’ordinaire, c’est nous, même si c’est dur à admettre. Tel un Delerm moins cultureux, un Souchon (cette voix !) revenu de la variet’, Florent Marchet libère la langue française en osant la frotter au songwriting à l’anglaise. « Je n’ai pensé qu’à moi », bel ouvrage d’impertinence, pourrait même être un tube : avec ses guitares en vol serré, c’est sans doute le titre qui nous renvoie le plus à nos doutes d’égocentriques urbains. Ailleurs, les violons se cognent au piano, et les paroles à nos bobos. « Bourgeois bohèmes » ? Que Florent Marchet se rassure : nous non plus, on n’aime pas toujours « La vie réelle/De (nos) repas individuels »… Mais grâce à ses chansons, on espère s’en tirer… Parce que comme lui, « on ne veut pas rater le coche/on ne veut pas d’une vie moche ». A partir d’aujourd’hui, promis, on va commencer à sérieusement faire gaffe.
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