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Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Epica - 18/01/2026
Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mardi, 13 juin 2006 03:00

Amber

Il y a trois ans, « Cedars », le précédent effort des Anglais de Clearlake, était quasi l’un des albums pop-rock de l’année : sans forcer le trait, ces gars-là nous offraient de bons titres bien charpentés, mais qui pourtant laissèrent tout le monde indifférent. Mmmmh… Mystère. A l’heure où Domino parie d’abord sur ses poulains (Psapp en tête) et fait son beurre avec Franz Ferdinand et les Arctic Monkeys, on imagine le sort de Clearlake un chouia moins enviable. Ne pas baisser les bras : au fond, ceux qui ont déjà écouté les chansons de Clearlake savent qu’un jour il y aura une justice. Que des titres comme « No Kind of Life » et « Finally Free » valent bien trois Elbow et deux Fireside, tant leur puissance mélodique saute aux tympans et à la gorge. Qu’il y a du BRMC, du QOTSA et du SOOL parsemés dans leur alphabet de la chose rock’n’roll. Qu’un harmonica, quand il pète à la gueule, s’avère un engin du démon (« Neon » et ses airs de « I Feel You » (DM) à la JSBX). Que la suavité n’est pas l’apanage de Jason Pierce et de Glen Johnson (« Good Clean Fun » et « You Can’t Have Me »). Que Brighton n’est pas seulement la ville de Fatboy Slim. Bref, que Clearlake est un grand groupe honteusement méconnu. Cette critique, certes, n’inversera pas la tendance. C’est alors qu’arrive le doute existentiel : et si tout ce que je vous raconte ne servait à rien ? Espérons que Clearlake connaisse un jour un vrai succès d’estime (au moins)… En attendant, on en causera à nos voisins.

mardi, 28 novembre 2006 02:00

Club Kama Aina

A l’instar de Maher Shalal Hash Baz ou de Shogu Tokumaru, Takuji Aoyagi (alias Kama Aina) est l’un des fiers artisans de la cause folk-pop nippone. « Club Kama Aina », son cinquième album, empile ainsi mélodies diaphanes et ritournelles limpides, dans un esprit DIY pétri de sincérité touchante. Entre bossa lo-fi (« Mud Cat ») et pop country souriante (« Wedding Song »), voilà donc une galette qui ne paie pas de mine mais distille au compte-gouttes sa petite dose de bonne humeur. Piano, banjo, accordéon, xylophone, cordes délicates et invités de marque (Isobel Campbell, Stephen Pastel et Bill Wells)… Rien de pesant, rien de solennel : juste un tressaillement complice, révélant à la fois l’éternité qui nous déborde et l’éphémère qui nous traverse. Sorti sur le label Rumraket (Efterklang, Grizzly Bear), « Club Kama Aina » s’avère ainsi la preuve supplémentaire qu’au Japon on conçoit la musique pop comme on écrit des haïkus : en pinçant notre cœur avec légèreté. Une onde, un flux, un abandon : bienvenue au Club Kama Aina, d’où sourd l’invisible.

 

mardi, 23 mai 2006 03:00

Noah´s Ark

En l’espace de deux ans les sœurs Casady sont devenues les divas acid folk d’un revival qui sent bon le patchouli, et dont les ambassadeurs les plus médiatisés s’appellent Devendra Banhart, Vetiver, Joanna Newsom ou encore Espers. Lors de la sortie de leur premier album gentiment bucolique, « La Maison de Mon Rêve », on découvrait ainsi l’univers paradisiaque de CocoRosie, ces bruits champêtres, ces beats colombophiles, ces couleurs intimistes. Comme thèmes l’enfance et son jardin d’Eden, une certaine idée de l’animisme, des textes cryptiques évoquant la fin de l’innocence et un possible retour aux sources. Pour ce second album, les sœurs Sourire du folk à la Karen Dalton creusent évidemment le même sillon, puisqu’il plaît tant aux amateurs de ritournelles de chambre. On y entend donc le même bric-à-brac de cocoricos et de beatbox lunaire (Spleen au mic), de la harpe, du xylophone, du piano, enregistrés à la lueur rassurante d’une bougie, comme dans une peinture de Vermeer. S’il s’agit bel et bien de folk hippie (cfr Vashti Bunyan, Sandy Denny, Ann Briggs), on y décèle également, en filigrane, l’influence plus urbaine du hip hop à la Tribe Called Quest (le fameux « Daisy Age », tiens, d’où le rapport entre bitume et pâquerettes). Du hippie-hop ? En concert, les deux sœurs n’hésitent d’ailleurs pas à montrer leur passion pour le rap, toutes entourées qu’elles sont de breakdancers et de ‘human beatbox’… Il est certain que ce deuxième album plaira à tous ceux qui étaient tombés sous le charme de « La Maison de Mon Rêve. » Les autres resteront sans doute agacés par ces deux ‘soul sisters’ accoutrées comme des bergères sous amphés, qui miaulent et hululent sans se soucier des canons pop/rap/folk en vigueur… A noter la présence d’Antony (sans ses Johnsons) sur deux titres joliment troussés (« Beautiful Boyz » et « Bisounours »), et l’intervention téléphonique de Devendra Banhart (l’ami, l’amant) sur l’éthéré « Brazlian Sun ». Adorable, à condition d’aimer les animaux, la Castafiore, et de croire en un monde plus beau, enfantin, utopique. Ce serait donc ça, le fameux « Rêve » ?

 

mardi, 18 avril 2006 03:00

Idols of Exile

On connaît le bonhomme pour tenir une des nombreuses guitares dans Broken Social Scene, le super-groupe canadien qui révéla (Leslie) Feist et la blonde Emily Haines, de Metric. Ce qu’on sait moins, c’est que Jason Collett est avant tout un songwriter solitaire, auteur déjà de deux albums de folk à l’Américaine, entre Sparklehorse et Damien Jurado. Et si ce disque s’avère le premier à être distribué proprement en dehors de Montréal, il ne porte pas pour autant les stigmates d’un revirement FM. Mais où se cachent donc Linda Lemay, St Pier et leurs gorges profondes ? Loin d’ici, dans un monde où l’on écoute sans doute Daniel Balavoine, même s’il n’est pas un héros et qu’en plus il est mort. Au pays de Collett, les figurants s’appellent Lou Reed, Josh Rouse, voire Kris Kristofferson : ça sent le sang séché, le poil de vache et le lait de cactus. C’est du folk, donc, soyeux comme une brise dans le désert. Le type y parle de soleil, d’aigles et d’exil, comme s’il était un rescapé d’un film de Peckinpah. Kris, justement, était l’un des acteurs fétiches du maître. Crépusculaire, d’où cette vague impression d’entendre ici ou là d’émouvantes berceuses. Ca flotte en pleine mélancolie… Restons calmes : « Idols of Exile » n’est pas un disque d’île déserte. On peut certes le garder sous la main, mais seulement en cas de force majeure. Si quelqu’un vous a piqué l’intégrale de Neil Young par exemple, ce qui n’est pas gentil.

mardi, 26 septembre 2006 03:00

Avatar

Ils parlent ‘une espèce de langage ésotérique, un langage familial, une géométrie sémantique dans laquelle la distance la plus courte entre deux points est un cercle complet’ (J.D. Salinger). Les Comets On Fire jouent du rock fractal et délétère, en prise directe avec la fin des sixties et ses relents acid : au contact de leur musique proto-psychédélique s’altère rapidement notre esprit, se dilatent joyeusement nos synapses. Castaneda, es-tu là ? En plein solo barbiturique (« Dogwood Rust »), un homme-lézard fait crisser ses cordes vocales : les boules (même pas Quiès), qui tournent au-dessus de nos têtes comme autant de visions d’un nirvana cosmique. Plus loin des décharges électriques tentent de nous faire voir le septième ciel : l’escalier, en colimaçon, n’en finit pas de monter. C’est quasi la nausée (« Jaybird »). Sommes-nous en plein Eden chimique, version Las Vegas Parano ? « The Swallow’s Eye » déroule son prog rock fumant entre King Crimson et Hawkwind, puis l’Echoplex prend le relais et transforme les guitares en démons dissonants : c’est le Dead période Dali, les Stooges maîtres ès peyotl (« Holy Teeth », « Sour Smoke »). Ben Chasny de Six Organs of Admittance calme le jeu et tente d’inoculer son venin country-blues (confer Crazy Horse, Allman Brothers Band, voire Dr. John) à ceux qui sont toujours vivants (« Lucifer’s Memory »), mais il n’y a rien à faire : tout le monde est défoncé. La prochaine fois, faudra prévoir des camisoles.

mardi, 23 mai 2006 03:00

The Singles

‘Mais qui sont donc ces types qui balancent du gros beat sur une guitare salsa ?’, s’ébahissait tout type lamb(a)da sur un dancefloor de 99. Avec des tubes comme « Red Alert », « Rendez-Vu » et « Jump N’ Shout », les Basement Jaxx faisaient alors péter les clichés du poumtchak, à coup de funk et de flamenco. Torrides, ces assauts festifs devinrent en quelques mois l’étalon (brésilien ?) de toute soirée qui se respecte. Deux ans plus tard, Simon Ratcliffe et Felix Buxton enfonceront le clou (qui a dit « bouton » ?) avec « Romeo » et « Where’s Your Head At », deux nouveaux tubes sudatoires pour amateurs de fiesta bourrine ou « caliente ». C’est sans doute là d’ailleurs que résident à la fois leur force et leur faiblesse : dans cet abîme flou qui sépare la sympathie couillonne de la vraie beaufitude. En 2003, les deux Anglais sortaient un « Kish Kash » un peu brouillon et suffisant. Tandis que les jeunes clubbers se prenaient en pleine poire une remontée d’acide (revival), les Basement Jaxx s’enlisaient dans leurs formules de carnaval. « Si tu vas à Rioooo !!! », n’oublie pas cette compile : elle est vraiment trop top. Et les tops c’est trop cool. Surtout sur une fille (brésilienne ?)

mardi, 31 octobre 2006 02:00

Beach House

Il s’agit d’un de ces disques qui vous prennent par surprise, puisqu’ils ne sortent quasi de nulle part. En gros la campagne US, Baltimore, mais encore ? On parle ici de « maison balnéaire », mais on pense moins à Miami qu’à Venise ; et de ces entrelacs de mélodies, qui n’ont l’air de rien, se dégage un plaisir diaphane, comme en automne où les feuilles se flétrissent et les rongeurs hibernent. De Victoria Legrand (chant/orgue) et d’Alex Scally (guitare) on ne sait pas grand chose, et à vrai dire c’est mieux ainsi. Car leurs chansons bancales, interprétées avec la foi d’un couple qui croit en la félicité d’une belle mélodie, même (et surtout) fragile, parlent pour eux davantage qu’une bio glanée sur internet.

Il n’y a pas de plan de carrière sous le plastique de ce disque magique : juste neuf ritournelles sans apprêts indigestes, jouées béatement sans recourir à aucun vice de forme. Une guitare cotonneuse, un orgue sépulcral, et deux-trois pulsations évadées secrètement d’une petite boîte à rythmes : il n’en faut pas bien plus à Beach House pour sonner le tocsin d’une pop surannée, aux gestes emprunts de solennité joyeuse. Proche en cela de l’onirisme déroutant d’Animal Collective et de First Nation (autrement dit l’écurie Paw Tracks), Beach House laisse une vague impression de chansons hors du temps et de ce monde cynique. Et peu importe si Victoria Legrand possède une voix fragile, en creux : les airs qu’elle chantonnent valent bien cet à-peu-près mystique (on pense aussi parfois à Nico, à Broadcast, au Goldfrapp de « Felt Mountain ») et nous laissent rêveurs. C’est beau, une plage en automne. C’est encore mieux en écoutant Beach House.

jeudi, 30 mars 2006 03:00

New Lines

Les deux premiers albums de Benoît Burello (« The Newton Plum » et « Spacebox ») étaient d’une beauté inépuisable. Il y tendait un miroir dans lequel on plongeait corps perdu, sûr que l’âme y flottait, de là la vérité. De la musique à écouter en silence, dans un état de grâce que seuls Mark Hollis, Robert Wyatt ou Bill Fay arrivaient jusqu’alors à nous faire ressentir… Et puis là, Burello décide d’affoler les V.U. et de lorgner du côté du krautrock et de la post-pop, avec ce « New Lines » au groove rondelet, aux basses louvoyantes. « Newsprint », le titre d’ouverture, sonne ainsi comme du Sea & Cake joué par Orange Juice : finies les ambiances sages et recueillies, place aux rythmes en oblique et aux boucles tordues. A l’instar d’esthètes multi-terrains à la Kadane (Bedhead, The New Year) et à la Grubbs (Squirrel Bait, Gastr Del Sol), Burello prouve par ce disque qu’il aime aussi l’apparente vacuité du dancefloor… Toujours sophistiquée mais sans cesse élégante, sa musique pour une fois donne envie de danser, de la tête jusqu’aux pieds. « Bed », comme ‘lit’, mais alors le matelas gorgé d’eau : ça tangue quand on s’installe, puis la fusion s’opère. Telle une décharge de (punk) funk blanc joué par Pinback, « Into The Void » remporte haut la main le titre de ‘chanson groovy’ de l’année, mais sans en avoir l’air. C’est là tout le mystère, et l’impeccable réussite, de ce troisième album de Bed : provoquer la surprise, et en même temps donner du réconfort. Ce n’est pas chose commune.

 

mardi, 30 mai 2006 03:00

Summer in the Southeast

Will Oldham ne se reposerait-il jamais ? A peine quelques mois après la sortie de « Superwolf » (sa collaboration menée en compagnie du guitariste Matt Sweeny) et quasi en même temps que son disque de covers avec Tortoise (« The Brave and the Bold »), le barbu se fend ici d’un disque live, le premier de sa (déjà longue) carrière. Enregistré sur les routes poussiéreuses de la Caroline du Nord, du Texas, de Floride et de Géorgie, « Summer in the Southeast » met en scène un Will Oldham impétueux, qui n’hésite pas à faire péter les V.U. dans le rouge. Que ceux qui préfèrent les ambiances neurasthéniques de la discographie du songwriter ici se ravisent, car « Summer… » se révèle avant tout un disque de country-rock furieusement balancé. Autour de Bonnie ‘Prince’ Billy on retrouve ses vieux potes Matt Sweeny, David Bird, son frère Paul ou encore Pink Nasty, à la guitare et à la seconde voix. Du catalogue Palace, on retiendra surtout les versions électriques de « Pushkin » et de « I Send My Love To You », mais le meilleur est tiré de sa carrière solo : une version hénaurme de « Death to Everyone » (le public hulule, ça donne la chair de poule), et du psychédélisme rampant sur « A Sucker’s Evening », « O Let It Be » et « Madeleine Mary ». La preuve qu’en live Will Oldham se lâche (se fâche ?), et ses chansons d’acquérir une nouvelle dimension, plus tribale, plus rageuse. Un peu comme un mix entre « Superwolf » (un titre, « Beast for Thee ») et « Master and Everyone » : la déprime, quand elle se pare de riffs acerbes, s’avère toujours plus déboussolante… Un grand disque live, qui montre une autre facette du génie de Will Oldham. Ténèbres, ne vous dissipez pas.

mardi, 17 octobre 2006 03:00

The Letting Go

Après la parenthèse country-rock « Superwolf » (feat. Matt Sweeney), la compile de covers avec Tortoise, le live et le « self-tribute » album concocté en l’honneur de son ex-groupe Palace, Will Oldham revient enfin aux choses sérieuses, trois ans après « Master and Everyone ». D’entrée de jeu, « Love Come To Me » donne le ton : délicat, pacifié, d’une pureté qui d’abord étonne, puis séduit. Rarement dans le passé avait-on pu entendre Will Oldham chanter d’une voix si veloutée, sur un folk qui évoque cette fois davantage le « Pink Moon » de Nick Drake que la lo-fi souffreteuse dont il était l’apôtre dans les années 90. Si Will Oldham semble réconcilié avec le genre humain, c’est sans doute parce qu’il connaît les ténèbres, pour les avoir vues (« I See A Darkness », disque hanté). Aujourd’hui il chante comme s’il était en paix, avec lui-même et son prochain. Enregistré en Islande sous l'égide de Valgeir Sigurdsson (un disciple de Björk), « The Letting Go » pourrait bien être l’album le plus consensuel de Bonnie ‘Prince’ Billy, autrement dit le plus accessible. D’abord parce qu’il est plein de cordes (c’est beau, ça rassure), ensuite parce qu’il y a une femme à ses côtés. Et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit de Dawn McCarthy des Faun Fables, duo acid folk coincé dans le trip Appalaches, tendance « American Anthology of Folk Music » de Harry Smith. En renfort vocal, elle accompagne Oldham sur chaque titre, ou presque : ça donne un drôle de couple au poil rebelle, à la psyché country un tantinet carte postale (« The Seedling », pénible). Il n’empêche que le duo fonctionne, et qu’on se prend au jeu. « The Letting Go » sonne ainsi comme l’album le plus romantique de Bonnie ‘Prince’ Billie. A condition d’aimer les sérénades à deux (NDR : et Faun Fables). C’est James Blunt qui va être content !

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