Après plus de vingt ans de silence, 16 Horsepower est enfin de retour, et revient sur scène auréolé d'une image presque mystique. Grâce à son univers sombre et envoûtant mêlant rock, folk et alt-country, le groupe américain légendaire a marqué toute une génération.
Les musiciens originaux, David Eugene Edwards, Jean-Yves Tola et Pascal Humbert, sont accompagnés par Chuck French (Wovenhand) à la guitare. Bien que basée à Denver, dans le Colorado, la formation compte deux musiciens français dans son line up : singulier ! Pour la petite histoire, auparavant, ils militaient tous deux au sein de Passion Fodder. Il y a deux ans, Edwards avait déjà prouvé, en solo, dans cette même salle, sa capacité à toucher le public au plus profond de son âme. Rien d'étonnant, dès lors, que les tickets des deux dates du 31 mai et du 1er juin aient été vendues en un temps record.
Pour être bref : ce concert restera gravé dans les mémoires. L’atmosphère est lourde, presque suffocante. On se croirait dans le désert du Great Sand Dunes. Sur l’écran, le logo du groupe et un message de bienvenue s’affichent sobrement. Dès les premières notes de « I Seen What I Saw », l’ambiance s'installe : celle d’une Amérique crépusculaire, où Edwards se bat contre ses démons intérieurs et invoque le Tout-Puissant. On le sait, ses concerts sont beaucoup plus que des concerts, ce sont des rituels. Une voix unique, incantatoire, aux accents quasi mystiques. ‘The Voice of God’, serait-on tenté de dire. Sa musique est tribale, teintée de sonorités amérindiennes. Pas étonnant, puisque du sang cherokee coule dans ses veines. Assis sur son tabouret, coiffé de son inséparable chapeau Fedora, il semble habité. « Brimstone Rock » et « Straw Foot » prennent une dimension encore plus inquiétante en live, soutenus par la contrebasse de Pascal Humbert. Sur l’écran, des images de serpents, de chevaux et d’oiseaux blancs défilent, comme des apparitions dans un rêve chamanique.
La formation alterne les instruments avec une précision chirurgicale, passant de la 'lap steel' à l’accordéon, du banjo à la guitare 'solid body'. Les paysages sonores créés sont aussi beaux qu'ensorcelants. Les classiques « American Wheeze », « Black Soul Choir », « Haw », « Heel On The Shovel » et surtout « Splinters », font vibrer la salle. On est frappé par le son. Il est énorme, puissant et d'une clarté éblouissante. Par moments, Edwards chante des intros mêlant anglais et langues amérindiennes. Il captive totalement l’attention du public, qui semble envoûté par ses gestes et sa voix.
Les rappels, « Hutterite Mile » et « Blessed Persistence », maintiennent cette tension gothique jusqu’au coup de grâce final, asséné par « For Heaven’s Sake ».
Vingt ans plus tard, 16 Horsepower reste un phénomène unique. On aura à nouveau vécu un moment inoubliable, comme une cérémonie lumineuse, chargée d’une rare intensité...
(Photos ici)
Setlist :
I Seen What I Saw
Haw
Dead Run
Brimstone Rock
Straw Foot
Splinters
American Wheeze
Heel on the Shovel
Horse Head
South Pennsylvania Waltz
Sac of Religion
Strong Man
Black Soul Choir
Black Bush
Phyllis Ruth
Harm’s Way
Clogger
Poor Mouth
Rappel :
Hutterite Mile
Blessed Persistence
For Heaven’s Sake
Organisation : De Roma

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