Du 8 au 17 octobre, le Festival des Libertés investira le Théâtre National Wallonie-Bruxelles sous le thème « Stupeur et soulèvements ». Si l’événement croise débats, théâtre, cinéma documentaire et expositions, sa programmation musicale occupe une place centrale : dix soirées traceront un parcours allant du slam au reggae, en passant par la soul, l’électro-pop, le funk anatolien et les sonorités du oud.
Abd Al Malik ouvrira les festivités en revisitant Gibraltar, vingt ans après sa parution. Identités réconciliées associera rap, slam, chant, danse et arts visuels, sans diluer la force du texte. Le lendemain, Yuston XIII plongera le public dans une écriture sombre et poétique, traversée de contrastes et de tensions sonores.
Keziah Jones poursuivra ce cycle par son blufunk, langage nerveux né du croisement entre blues, funk et racines nigérianes. Puis le duo ascendant vierge accélérera le tempo grâce à des productions électro-pop, des rythmes soutenus et des paroles oscillant entre inquiétude contemporaine et énergie collective. Imany privilégiera ensuite une autre intensité : sa voix grave reliera soul, folk et pop au fil d’un concert au registre plus dépouillé.
La soirée réunissant Blu Samu et 2L mettra le rap au premier plan. Leurs écritures respectives envisagent le genre comme un espace d’émancipation et de transformation, où les récits personnels rejoignent des préoccupations communes. Marcel Khalifé reviendra pour sa part à Promises of the Storm. Son interprétation des poèmes de Mahmoud Darwish s’appuiera sur le timbre du oud et sur une relation étroite entre mots, mélodie et mémoire.
Altın Gün prolongera le voyage en mêlant grooves psychédéliques, funk anatolien et répertoire populaire turc. Les lignes de basse, les claviers et les instruments traditionnels nourriront un son dansant, sans effacer ses sources. Enfin, Sister Carol et Cimarons concluront le festival lors d’une double affiche roots. La première défendra un reggae et un dancehall conscients ; les seconds rappelleront le rôle pionnier de la diaspora jamaïcaine dans l’histoire du reggae britannique.
Cette sélection ne cherche pas l’uniformité. Elle rapproche des artistes qui attribuent au rythme, à la voix et au texte une fonction commune : raconter l’époque, préserver les mémoires et créer un mouvement partagé entre les interprètes et le public.
https://www.festivaldeslibertes.be/2026/

Nederlands
Français 
