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Teethe : de la douleur au soulagement…

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Epica - 18/01/2026
The Wolf Banes - De Casin...

Tim Kasher

Sunday Bloody Sunday

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En congé temporaire de ses camarades de Cursive et The Good Life, Tim Kasher trace la route, en solitaire. Ou presque. Pour la tournée promo de son premier LP solo, « The Game Of Monogamy », le bon pote de Conor Oberst a emmené dans ses valises Mexican Elvis, une petite formation pop-rock teutonne aux compos simples mais efficaces. Ce dimanche 13 février, Kasher et ses ‘special guests ‘effectuaient un passage (très) discret sur les planches de la Rotonde du Botanique.

Lorsque je débarque au sein d’une Rotonde quasi-déserte, le set de Mexican Elvis est déjà arrivé au beau milieu de son parcours. Drivé par le Londonien Peter Hall, ce quatuor a été formé à Munich et implique trois autres musicos allemands. La salle ne compte pas beaucoup plus d’une quarantaine de mélomanes. Mais les musiciens ne se laissent pas miner pour autant et jouent les extraits de « John Frum Alaska », leur dernier opus, un sourire aux lèvres. Entre deux chansons, Hall prend ce grand vide à la plaisanterie, présumant que les gens sont restés planqués chez eux pour mater le feuilleton policier du dimanche. La brève prestation s’achève par l’excellent « Drop Hawaii », long de 7 minutes et « The Washington D.C. », un nouveau single doté d’un haut potentiel radiophonique.

Tim Kasher, rasé de près, ne se fait pas attendre très longtemps. Normal. En guise de backing band, le singer-songwriter s’offre les services de son support act, Mexican Elvis. Pas de sound-check tiré en longueur donc. Et une entrée dans le vif du sujet, devant un public pas beaucoup plus nombreux qu’une heure auparavant. Les morceaux extraits de « The Game Of Monogamy » s’enchaînent naturellement mais la qualité des nouvelles compos du chanteur est assez inégale. Certains titres partent dans tous les sens, ce qui dessert la voix particulière et affectée de Kasher. Heureusement, le chanteur effectue un petit tour d’horizon au sein la discographie de ses deux autres formations, The Good Life et, surtout, Cursive dont il interprète une version retravaillée et fort réussie de l’irrésistible « The Recluse ». Au bout d’une bonne quarantaine de minutes, Kasher se retire non sans avoir effectué un court rappel. Même si le set n’était pas à la hauteur de ses prestations antérieures, Tim, soutenu par son backing band, s’est dignement démené. Et ce malgré l’absence d’un public qui a manifestement préféré passer son dimanche sous sa couette…

(Organisation : Botanique) 

Puggy

Parfait, mais un peu trop prévisible…

Écrit par

Avant… mercredi 16h00

Le plus hétéroclite des groupes belges avait donné rendez-vous à ses aficionados, au beau milieu de l’hiver. Histoire de réchauffer les cœurs sans doute. Où ? A l’Ancienne Belgique de Bruxelles.

Belge ? Hétéroclite ? Kékséksa pour un charabia ? Explications svp ! Et bien, outre le fait qu’ils vivent à Bruxelles depuis plusieurs années et que c’est dans notre capitale qu’ils se sont rencontrés, les trois membres du combo n’ont pas la moindre goutte de sang noire-jaune-rouge qui coule dans leurs veines. Chanteur/guitariste, Matthew Irons est anglais. Bassiste, Romain Descampe, français. Et drummer/claviériste, Egil ‘Ziggy’ Franzén, suédois. Bref un vrai band de chez nous !!! Mais puisqu’ils souhaitent être considérés comme tels, ne boudons pas notre plaisir. Pas de fausse modestie…

Depuis la sortie de leur superbe second album, j’attendais impatiemment de les revoir à l’œuvre. En effet, en 2008, à Lessines, j’avais eu la chance de les découvrir (et du coup d’acheter leur premier Cd) lors d’une première partie, excellente par ailleurs, programmée dans le cadre d’un concert accordé par Mud Flow, une vraie formation belge celle-là.

C’est à présent leur tour d’occuper le devant de la scène. Comme leur album, « Something You Might Like », les a propulsés bien haut dans les charts, Puggy remplira trois fois une des meilleures salles de concert du royaume. Après le set de ce soir, deux dates figurent encore à l’agenda : les 21 mars et 19 avril prochains. Si vous n’avez pas encore votre sésame, il est inutile de nourrir des regrets, tout est sold out depuis un bout de temps déjà. Pas de chance, c’est ainsi ! A la limite il vous restera encore  le  22 avril, au Magdalenazaal de Bruges (Intergalactic Lovers en assurera la première partie), mais faudra pas trop tarder...

Après… jeudi 16h00

En première partie de ce concert tant attendu, Kiss & Drive (vainqueur du Concours Circuit) est chargée de faire patienter le public conquis d’avance de l'AB. Force est de constater qu’Elisabetta Spada, jeune chanteuse italienne installée à Bruxelles depuis 5 ans n’est pas qu’une jolie voix. Elle est également responsable des très belles compositions qui oscillent entre pop et folk. Seule sur les planches, en s’accompagnant à la guitare ou à l’ukulélé, c'est aussi un phénomène sur scène. Dynamique à souhait, la communication est directement établie avec ceux qui ne traînent pas au bar ou ailleurs. Une petite demi-heure, de 20h00 à 20h30, lui suffit pour convaincre les centaines de curieux ébahis tant par la qualité des compos que par l’interprétation.

Juste un petit coup de balai sur le podium, aucun réglage et à peine un gros quart d’heure plus tard, le trio ‘bruxellois’ pénètre dans l’arène à la grande joie des 2 000 fans présents. Durant cette brève interruption, quelques membres du fan-club se dispersent dans le public afin de distribuer des bracelets fluo et dispenser quelques explications nécessaires pour créer l’événement… Un flash mob durant le 3ème titre « I do ». C’est y pas gentil ça ?

Puggy entame son set par « Empty Street », avant d’attaquer « Goddess Gladys » qui met directement le feu aux poudres. Enchaînant par « I do », les trois membres feignent alors la surprise totale lorsque des centaines de bras se lèvent pour un ballet à peine ‘improvisé’. A cet instant, déjà un doute m’envahit. Où sont l’authenticité, la spontanéité, la fraîcheur et la naïveté qui m’avaient épaté lors de leur premier passage sur scène, trois années auparavant ? Bien de l’eau a visiblement coulé sous les ponts. Et pour cause, le trio truste les places d’honneur dans les charts et occupe maintenant le haut de l’affiche. Remplir 3 fois l’AB n’est pas à la portée du premier venu, ok. En 2011, Puggy est devenu une véritable machine à (re)produire des hits pop.

Entamé à 20h50 précises, le show va s’étaler sur plus de 90 minutes pour s’achever au-delà de 22h30. Durant ce laps de temps, la quasi-intégralité (hormis la jolie ballade trop calme sans doute, « Unimaginable ») de leur second elpee sera reproduite de manière parfaite. Mais également cinq compos issues de leur premier album, « Dubois Died Today », et « Not A Thing Left Alone », une plage parue sur un Ep précédant la sortie de « Something you Might Like ». Sans oublier la cover du « Father And Son » de Cat Stevens, repris de manière impeccable et légèrement retravaillée pour la BO du film « Largo Winch 2 » ; et enfin pour terminer le concert de façon surprenante, Aka Moon, un autre trio, bien connu des amateurs de jazz, vient les rejoindre sur l’estrade pour interpréter en final « I Want You » des Beatles (à voir sur http://www.youtube.com/watch?v=skiaPS2qU7s ). Y’a pas à dire, Puggy est devenu une belle bête.

Le trio a démontré toute l’étendue de ses qualités musicales, et ce, à chaque morceau. A la guitare acoustique, Mattew est vraiment génial. Une acoustique électrifiée. On perçoit même furtivement des relents de formation classique qui repointent, circonstanciellement, le bout du nez. Du très grand art ! Ziggy, un peu trop démonstratif et prévisible derrière ses fûts. Il a néanmoins étalé toutes ses capacités à utiliser les baguettes, mais également les claviers et… le micro. Le seul à rester un peu dans l’ombre reste Romain dont la basse se révèle, malgré tout, super efficace.

Si aucun reproche ne peut être adressé à la qualité de l’interprétation –son parfait, chant, chœurs et instruments sublimes– je reste malgré tout un peu sur ma faim car tout, absolument tout, était prévisible, le final excepté. J’insiste encore sur la qualité de l’interprétation vraiment exceptionnelle mais il m’a manqué ce petit extra qui fait d’un concert un moment magique, inoubliable…

Pourtant, la majorité des 2 000 personnes présentes ce soir y a trouvé son bonheur, chantant, dansant, frappant des mains ou des pieds durant pratiquement tout le du show. C’était, sans aucun doute, un très très bon concert. C’est apparemment votre serviteur qui doit avoir un problème !!!

(Organisation AB)

White Noise Sound

Bleeding noise

Écrit par

La Zone et ses murs lézardés mais solidement ancrés en bords de Meuse, accueillait ce mercredi cinq Gallois sur le chemin de la reconnaissance. Auréolés d'un succès d'estime, récolté par la grâce d'un premier album éponyme (par ailleurs chroniqué il y a peu sur notre site), ces jeunes loups aux grandes oreilles se sont malheureusement contentés, ce soir, du minimum syndical. Assurant un show linéaire, sans bravoure, ni esbroufe, ne se servant que d’une seule arme, leur savoir faire irréprochable, les WNS, nouvelle coqueluche dans le genre, ont dressé leur mur du son face à un public qui avait répondu massivement présent. Compte rendu.

Est-ce la timide amorce du printemps ou l’effet boule-de-neige produite par la hype White Noise Sound, mais le spectacle avait rameuté le Liégeois dans la tanière souterraine de ce club underground mythique? Quoiqu'il en soit, la salle était déjà bien garnie pour accueillir Wyatt E, pour son premier concert, à la surface de la terre. Nul doute que ce duo local jouit déjà d'une belle cote de popularité dans les tréfonds de l'enfer, là où se mêlent et se démêlent mille langues de démons baveuses. Descendant le Styx sur un radeau d'infortune (NDR : ah, maudit matériel, quand il vient à vous lâcher au plus mauvais moment!), le combo nihiliste s'est échiné à tailler avec détachement la pierre d'achoppement d'un genre fort peu accessible, sis quelque part entre les borborygmes de Sunn O))) et la folie ravagée d'expérimentateurs sous acide, tout en faisant fi du peu d'enthousiasme affiché par une assistance dubitative. Attitude courageuse et audacieuse, mais au final un peu vaine, même si pétrie de bonnes intentions. Mais il serait sot de condamner Wyat sur foi de cette unique représentation, dans un contexte si peu propice.

Chose surprenante pour l'endroit, il ne faut guère attendre pour voir débarquer la tête d'affiche. Pressé d'en découdre avec nous, White Noise Sound a rapidement affiché ses prétentions bruitistes. Délivré sans bavure, mais sans réelle étincelle de génie non plus, le set puissant, énergique, métronomique et hypnotique n’a fait que confirmer l'impression laissée sur disque. Un « It is there for you » mené sans faille à son faîte, un« Blood » bouillonnant ou un « No place to hide » parfaitement en place ne pouvaient que convaincre le converti. Mais difficile de réfuter les filiations plus qu'évidentes qui conduisent à la Sainte Trinité Spiritualized-Spaceman 3-Spectrum. Tout en pensant à Black Rebel Motorcycle Club. Face à tel manque d'originalité, l'audience ne montrait que peu d’engouement. Message bien perçu ‘on stage’ puisque le groupe s'est abstenu de tout rappel. « Don't wait for me », c’est le titre d’une de leur compo. Pouvaient-ils trouver plus pertinente épilogue?

Les oreilles repues, nous sommes partis nos chaumières. Hanté par cette insolente conviction que les bonnes recettes se font souvent dans les vielles casseroles.

Organisation: JauneOrange

 

William Fitzsimmons

In Sickness And In Health

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Paru il a deux ans et des poussières, « Goodnight » révélait William Fitzsimmons à un public beaucoup plus large que celui qui s’était intéressé à ses deux premiers travaux. C’est donc sans surprise que son passage au Witloof Bar du Botanique a rassemblé autant de monde que de places disponibles. Une occasion unique de découvrir les nouveaux morceaux du barbu, dans une configuration des plus intimistes.

William Fitzsimmons est vraiment un chic type. Victime d’une extinction de la voix la veille de son passage dans notre capitale, le singer-songwriter ne s’est pas laissé démonter et a malgré tout répondu présent, plutôt qu’annuler la seule date belge de sa tournée. Sous un crâne récemment rasé et derrière sa longue barbe, qu’il arbore élégamment sur la pochette de « Gold In the Shadow », son nouvel LP à paraître fin mars, Fitzsimmons est seul sur scène. Seul, armé de ses guitares et face à son public, l’homme s’excuse avec une bonne pointe d'humour de l’état de ses cordes vocales (‘I sound like Eddie Vedder now…’) et fera preuve tout au long de la soirée d’une générosité sans pareil au niveau des échanges avec ses fans. Et côté setlist, personne n’est oublié. Le chanteur parcourt quelques morceaux de son prochain disque (les magnifiques « The Tide Pulls From the Moon » et « Wounded Head »), ainsi que de jolies reminescences de sa discographie antérieure (« If You Would Come Back Home », « Everything Has Changed », « After Afterall », « It’s Not True »…)

William Fitzsimmons pratique la thérapie par le chant sans tomber dans le lugubre. Car malgré le ton profondément pathos des compositions du folkeux, celui-ci fait preuve d’une bonne humeur communicative, même lorsqu’il parle de son ‘état de dépression chronique’. Pour le rappel, il termine son set en plein milieu du parterre, entouré de sa petite centaine de thérapeutes, pour lesquels il interprète une petite série de requests dont « Afterall » et sa fameuse reprise du « Heartless ». Malgré ses problèmes vocaux, Fitzsimmons a offert ce soir un superbe concert d’1h15 qui restera vraisemblablement autant gravé dans les esprits du public que de l’artiste lui-même. Ce dernier devrait être de retour plus tard dans l’année, accompagné de ses musiciens. On y sera à nouveau sans hésitation !

Organisation : Botanique

The Drums

Hit or Miss

Écrit par

Il s’agit sans conteste d’un des combos les mieux notés par la presse spécialisée en 2010. Encore relativement inconnu lors de la publication de l’Ep « Summertime ! », fin 2009, The Drums a d’abord conquis la planète blog, avant que ses mega-tubes, « Let’s Go Surfing » et « Best Friends », lancent l’assaut final. Depuis, les New-Yorkais se sont naturellement imposés comme l’une des formations les plus incontournables de la scène indie. Pour preuve, un passage à la Rotonde lors des Nuits Botanique 2010, sold out en un temps éclair, suivi quelques mois plus tard par un petit tour sur les podiums d’enceintes à la capacité largement plus conséquente. C’est donc l’AB, configuration salle, qui accueillait le quatuor pour l’avant-dernière date de sa tournée mondiale.

Succès mitigé mais succès quand même pour le spectacle de The Drums à l’Ancienne Belgique. Vers 20h40, l’espace n’est encore qu’à moitié rempli et n’atteindra, une vingtaine de minutes plus tard, que les trois quarts de sa capacité. Examen oblige ? Une situation qui ne va pas empêcher Jonathan Pierce, Jacob Graham et leurs deux bras droits, Kessler et Hanwick, d’enchaîner les petites perles pop qui étayent « Summertime! » et le disque éponyme. Vêtu d’un T-shirt à la gloire d’Island, label du combo, Pierce s’avance sans se presser tandis que les premières notes de « Best Friend » provoquent les premiers sursauts d’allégresse dans le parterre. S’enchaînent ensuite « Submarine », « Book Of Stories » et « Make You Mine », sans réel remous. La formation arrive au bout de sa longue épopée autour du monde et on le ressent un peu trop.

Le set est un peu linéaire et mené avec beaucoup moins d’entrain que lors, par exemple, de leur prestation accordée sur les planches du Pukkelpop. Les singles « Let’s Go Surfing » et « Me And The Moon », interprétés en milieu de parcours, ajoutent un peu de relief à l’ensemble ; mais le thermomètre chute à nouveau lorsqu’ils embrayent sur un « I Need Fun In My Life » sans provoquer la moindre étincelle. Au bout de 50 minutes, le quatuor se retire après un rappel limité à la ballade « Down By The Water », alors que l’on était en droit d’attendre un final un peu plus relevé. Des « I Felt Stupid » ou « Saddest Summer » auraient facilement fait l’affaire… Allez les gars, rentrez à New York vous reposer un peu…

Setlist :

Best Friend
Submarine
Book Of Stories
Make You Mine
Let's Go Surfing
Me And The Moon
I Need Fun In My Life
Don't Be A Jerk, Johnny
We Tried
Forever And Ever Amen
Baby, That's Not The Point
The Future
Down By The Water

(Organisation : Live Nation)

 

Matthew Dear

Le côté obscur de la force

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Ce lundi 13 décembre, le Bota était plein à craquer. Et pour cause, Gonjasufi, phénomène hype du label Warp, se produisait à l’Orangerie. A la Rotonde, le discret Matthew Dear était venu défendre son second opus solo, « Black City ». C’est sur le set de l’Américain que mon choix s’est porté. Une bonne initiative, apparemment, car d’après les échos recueillis à l’issue de leur prestation, Gonjasufi c’était naze. Ou si vous aimez les vannes : ‘Gonj ça suffit’…

En première partie, Pinguin Prison tente de chauffer une salle encore vide. Pinguin Prison, c’est le projet d’un New-yorkais. Mais en live, il est flanqué d’un backing group. Progressivement, le public va investir les lieux, pour assister à une prestation finalement intéressante. Nonobstant les interventions un peu lourdes du vocaliste et les références à George Michael ainsi qu’aux sonorités 90’s, le son est efficace, les riffs bien balancés et on a envie de remuer. Un artiste à suivre (NDR : son album devrait bientôt paraître chez Wall Of Sound).

Une mélodie ténébreuse envahit l’espace sonore. Enfin, Matthew Dear fait son apparition. Et surprise, le Texan n’est pas venu seul. Il est soutenu par un trompettiste (NDR : également électronicien), un drummer et un bassiste. Dear se chargeant de la guitare, des bruitages, des claviers et du chant. « Black City » constitue à ce jour son opus le plus sombre. L’atmosphère qui règne ce soir dans la Rotonde l’est tout autant. Eclairage tamisé, pas de couleurs vives. Du noir et du blanc. A l’instar des vêtements de Matthew, qu’il porte avec élégance. Les titres du dernier elpee défilent. Ils constituent la trame du concert. « Honey » ouvre le set. Un morceau qui donne le ton. Dear se lâche sur le terrible et impeccable « Monkey ». Le public ne s’attendait pas à une telle mise à feu. Et il remue déjà. Les titres défilent. Racés, ils sont interprétés à la perfection ; mais on n’aura plus droit, au cours du show, à une compo aussi percutante que celle dispensée en début de parcours. Dommage ! Ce qui ne nous empêchera pas de se régaler des interventions vocales de Dear. Ou de celles, particulièrement profondes, du trompettiste. Deux pôles d’attraction qui, ce soir, font la différence. « Little People (Black City) » ou encore « You Put A Smell On Me » font des ravages et propulsent l’électronicien définitivement dans un autre monde. Dear quitte la scène. C’était un bon concert auquel ont participé le corps et l’esprit. Et Gonjasufi c’était comment encore ?

Organisation : Botanique

Angus & Julia Stone

Une belle musique à remonter le temps…

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Un vieux fauteuil. Quelques lampes vintage. Des fleurs, des fleurs, encore des fleurs.  Illuminées. Des fleurs qui s’inscrivent sur un wallpaper 70’s planté de cadres rétros. Un décor home qui plonge les yeux du spectateur dans le monde intime de Julia et Angus. Un communautarisme hippie qui vous invite à la maison. Un spectacle privilège qui vous convie, confortablement assis sur les sièges de l’AB, à une session ‘privée’ (sold out !) des frères et sœurs australiens. En guise de carton d’invitation, un ‘We love you !’ lancé aux oreilles qui veulent l’entendre.

Intimisme. Un mot conforme à l’atmosphère et au style folk-rock des six musiciens présents ce soir sur les planches de l’Ancienne Belgique. Deux voix exceptionnelles, celles d’Angus & Julia Stone, capables de meubler une salle à elles seules de leurs tessitures sans cesse à la limite de la rupture. Parfois déchirées, parfois veloutées, elles s’harmonisent tendrement sur un fond de guitare et de cordes lointaines… Le bateau à la dérive ne s’échoue jamais. Sans cesse protégé par les souffles en écho des deux frangins. Une alternance vocale sublimant des mélodies instables qui longent les côtes de Fleetwood Mac et Joanna Newson. Quelques chansons faciles magnifiées d’un duo guitare/voix complémentaire qui déchire nos émotions et frappe nos cœurs de sérénité. Une tempête calme où la voix dominante donne le ton et propulse les mélodies au second plan. Et, fort heureusement, les paroles hippies ‘cliché’ aussi. Un groupe qui joue la carte de l’émotion et arrive à la faire vibrer. Sans grande musique, sans grandes lettres. Simplement, les Stones architecturent une belle musique à remonter le temps qui balade nos mémoires dans les profondeurs abyssales de nos souvenirs. Elle flatte l’âme, la réconforte.               

Les mélodies fragiles s’enchaînent et alternent. Tandis que Julia chante « For You » et rentre dans une tendre communion avec le public, Angus, d’un ton contrasté stoner, dénote et nous balance un « Yellow Brick Road » angoissé. Titre où le chanteur expose le timbre d’Al Stewart sous les coups de guitare staccato de Neil Young voire Tom Verlaine. Une chanson pour elle, une chanson pour lui. Elles dissemblent et se rassemblent. Naturellement. 

Un anti-folk australien de bonne facture qui ne joue jamais trop haut ni jamais trop bas.  

(Organisation AB)

 

Pigalle

Pigalle prend ses quartiers à Bruxelles

Écrit par

Le temps d’une soirée hivernale, Pigalle prenait ses quartiers à Bruxelles. Pas loin de la place Meiser et à deux pas de la RTBF. Le genre de soirée plutôt excitante, à laquelle je pense depuis plusieurs jours. Car même après avoir assisté aux concerts pendant plus de 2 décennies, une certaine effervescence peut encore se déclencher lorsque je retourne voir l’un de mes groupes fétiches.

Et cette effervescence vient aussi de la découverte d’une salle inconnue pour votre serviteur : le Théâtre 140. Dès lors, en compagnie d’autres trentenaires, je n’hésite pas à braver le froid hivernal et à me mettre à la recherche de cet endroit sis en plein quartier résidentiel. Il faut être attentif à bien trouver le numéro 140 d’ailleurs sur cette avenue Plasky, car l’entrée est un peu en retrait, coincée entre deux immeubles.

L’endroit est plutôt atypique, mais agréable. Cet ancien théâtre rafraîchi, dont le bar est à l’entrée, accueille ce soir un public largement situé dans la tranche 35-45 ans (NDR : ce qui change des 15-25 habituels). Mais vu le lieu, certaines personnes âgées, sans doute des abonnés, mais aussi quelques familles avec enfants, sont aussi de la partie. Le tout confère une ambiance assez conviviale et sympathique. On y croise aussi des rockers chevronnés comme les ex-Slugs ou Mimi (ex-Sttellla). Quelques punks nostalgiques ont également fait le déplacement, mais ils ne sont pas très nombreux. Logique : la plupart des mélomanes issus des 80’s du début des 90’s sont maintenant devenus des pères de familles et/ou cadres bien rangés. Les crêtes, tenues de gitans, chemises à carreaux et autres cheveux gras ont laissé la place à des fronts dégarnis, des lunettes et des tenues bien propres.

Mais place à la musique quand même. Sur le coup de 20h30, le groupe entre sur scène de manière plutôt originale. François Hadji-Lazaro déboule tel un saltimbanque, armé de son banjo. A la basse, c’est toujours le fidèle Jean-Charles, dit Boubouch’ (pour sa participation active dans les Garçons Bouchers) qui officie, ainsi que François à la batterie, et Gaël, présenté comme un Breton et visiblement fan de métal, à la guitare. Quant à François Hadji-Lazaro, il manipule une bonne vingtaine d’instruments aussi divers les uns que les autres. Un présentoir impressionnant de cet éventail est d’ailleurs disposé à côté de lui, sur l’estrade.

Les titres vont défiler à vive allure, comme « L’éboueur », « Le Chaland » ou « Les Lettres de l’autoroute ». Et les morceaux phares du dernier opus comme « Il te tape », « Si on m’avait dit » ou « Ils se voyaient 2,3 fois par mois » viennent s’insérer en toute harmonie.

Seul inconvénient de la salle : les places sont assises. Et hormis quelques jeunes étudiants aux premiers rangs qui se lèvent et s’agitent, le public reste calme. Il faut attendre le rappel, pour que François demande à ces jeunes de s’asseoir et à tous les autres spectateurs de se mettre debout. Tout le monde s’exécute dans la bonne humeur. « Dans la salle du bar tabac » puis la reprise de Graeme Allwright « Il faut que je m'en aille » viennent ainsi clôturer le set.

Et non, non rien n’a changé, tout, tout a évolué. Car Pigalle nous a gratifiés d’un bon concert, et son dernier album « Des espoirs » passe plutôt bien la rampe, en live. Ses anciens textes restent toujours d’actualité. Pour l’ambiance c’est sûr ce n’est plus le gros délire d’il y a 20 ans, mais les spectateurs affichaient un large sourire, à la sortie de la salle.

(Organisation Théâtre 140)