La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Epica - 18/01/2026
DEADLETTER
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Psychopharmacology

Au sein de Firewater, on retrouve l'ex Cop Shoot Cop, Tod A. Un personnage qui compose, chante, joue de la basse et du mellotron. Il écrit des textes réalistes, souvent sur la mort et les drogues. Des textes teintés d'un humour sarcastique, qu'il interprète de son baryton rocailleux, sur une musique pop/rock particulièrement vivifiante. Les guitares occupent d'ailleurs une place assez importante dans cet univers sonore. Mais également les claviers liquides ou le piano spectral. Ainsi que la basse qui communique un véritable groove viscéral aux chansons, trsè souvent hymniques ; surtout lorsqu'elles sont abordées dans l'esprit d'un certain Nirvana. L'opus recèle cependant quelques surprises. A l'instar du titre maître, dont la mélodie semble avoir été pompée chez Madness. Du psyché folk tribal " 7th avenue static ", au sein duquel violon, piano sonore et électricité sonique font bon ménage. Du menaçant " The man with the blurry " qui célèbre une rencontre hypothétique entre Atomic Rooster et Boss Hog (NDR : à moins que ce ne soit le Jon Spencer Blues Explosion). Du tango ténébreux " Black box recording ". Et puis de ce duo échangé entre Tod et Jennifer Charles d'Elysan fields sur " Bad bad world ", qui prend des accents britpop réminiscents de Supergrass, lorsqu'il aborde le refrain. Deux fragments libèrent, en outre, une pèche d'enfer : tout d'abord les contagieux " Woke up down " et " Get out of my head " ; et enfin le puissant et cuivré " Car crash collaborator ". Excellent !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Yoshimi battles the pink robots

Après avoir commis un elpee empreint de majesté symphonique ("The soft bulletin"), les Flaming Lips nous reviennent avec un opus gorgé de sonorités électroniques organiques. Surtout sur les premiers fragments du disque. A première écoute, ces interventions synthétiques sont plutôt surprenantes, pour ne pas dire dérangeantes. Mais au fil du temps, elles se fondent dans l'ensemble pour faire partie intégrante de leur expression sonore. Une assimilation qui devient plus facile lorsqu'on saisit le message de Wayne Coyne développé tout au long de cet opus. On est même plus très loin du concept album, même si Coyne en rejette l'idée. A la limite, les Flaming Lips viennent peut-être de réaliser leur Tarkus (NDR : si vous ne connaissez pas ce classique du prog rock, allez donc voir la biographie d'Emerson Lake & Palmer). L'histoire met ici en scène une petite fille qui combat des robots. Une imagerie naïve qui en dépit de toutes ses références à la machinerie, demeure fondamentalement humaine. Parce qu'elle est consacrée à l'analyse de thèmes existentiels comme l'amour et la mort.

Pour enregistrer cette nouvelle plaque, les Lips ont reçu le concours de Yoshimi P-we, une jeune chanteuse japonaise impliquée à la fois chez l'ensemble de psyché noise expérimental Boredoms, et chez OOIOO. En fait de chanter, on l'entend surtout déclamer et hurler chez le chaotique organisé " Yoshimi battles the pink robots pt 2 ". Autre invité, mais de marque : un musicien de Mercury Rev ! Pas Jonathan Donahue le chanteur (NDR : il avait joué chez les Lips, à leurs débuts), mais le bassiste Dave Fridman. A la production, tout d'abord. Parfois à la basse. Mais aussi, et c'est plus étonnant, il a collaboré à l'écriture de quelques morceaux. Ce qui explique sans doute pourquoi, les arrangements de cordes sont parfois aussi somptueux. A l'instar de " Do you realize ??", nonobstant cette ligne de basse ténébreuse, ‘joydivisionesque’. De l'atmosphérique, psychédélique et visionnaire " It's a summertime ", une chanson embuée de nuages de cordes et de backing vocaux angéliques. Et puis du space rock épique, mélancolique, délicatement agité par un tempo hypnotique, " Ego tripping at the gates of hell ". L'album s'achève pourtant par un instrumental plus filmique, sorte de bande sonore pour western contemporain intitulé " Approaching Pavonis Mons by balloon ". Excellent !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Frantic

On croyait fermement que Ferry et Eno s'étaient brouillés pour le restant de leurs jours. Surtout depuis que ce dernier avait décliné l'invitation de participer à la reformation de Roxy Music. Et puis aussi depuis que le magazine américain Rolling Stone avait jeté de l'eau sur le feu, en déformant ses propos. Il n'en est strictement rien. Pour preuve, Brian Eno est venu donner un coup de main au dandy britannique pour l'enregistrement de son nouvel opus. Son onzième en solo ! Sur deux titres, cependant. Il a ainsi assumé le backing vocal lors de l'hommage à Marylin Monroe, " " Goddess of love " et a co-écrit et co-interprété " I thought ". Un morceau étrange, imprimé sur un mid tempo ferroviaire, balayé par des synthés, un clavier poussiéreux et un harmonica. Si les compositions signées Dave Stewart (Eurythmics) me paraissent les plus faibles, dans l'ensemble cet opus ne manque pas d'allure. Deux fragments sont même abordés dans l'esprit du Roxy Music de " Virginia plain ". " Cruel " tout d'abord. Et la première cover de Dylan, " It's all over now, baby blue ". Bien plus intimiste, la deuxième du Zim, " Don't think twice, it's allright ", est partagée entre la voix de crooner de Ferry et un piano. " Frantic " laisse également une place à deux standards du blues. L'électrique " Goin' down " de Don Nixon et l'adaptation dépouillée du " Goodnight Irene " de Leadbelly. Luxuriant, presque psychédélique, " Hiroshima… " est inspiré du célèbre film de Resnais sorti en 1965, " Hiroshima mon amour " ; alors que le lyrique et spectral " San Simeon " baigne au sein d'un climat atmosphérique digne de Ryûichi Sakamoto. Moins convainquant et surtout moins original, le reste ressasse les romances qui peuplaient " Manifesto ". Bref un album qui, à défaut de faire preuve d'originalité - hormis le final partagé avec Eno - se révèle de bonne facture. Et pour être complet, sachez que Johnny Greenwood (Radiohead) et Chris Spedding ont également apporté leur concours à la confection de ce disque…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Kissin time

Billy Corgan (Smashing Pumpkins), Beck, Jarvis Cocker (Pulp), Etienne Daho et Damon Albarn (Blur) sont venus donner un (gros) coup de main, lors de l'enregistrement du dernier album de l'ex égérie des Stones. Un disque beaucoup plus pop, généreusement alimenté de sonorités électro-organiques, rappelant même parfois les débuts de Depeche Mode. On est ainsi à des années-lumière du théâtre musical qu'elle avait célébré du milieu des années 80 à la fin des 90's. Et en particulier lorsqu'elle a revisité l'œuvre de Kurt Weill. Enfin, pas pour les lyrics, puisque suivant son habitude, Marianne fait la part belle aux textes autobiographiques. Faut dire que son vécu a de quoi alimenter sa plume. Elle rend également un hommage à la défunte chanteuse du Velvet Underground sur " A song for Nico ", une composition qui bénéficie, en outre, des arrangements de Dave Stewart. Un disque au climat crépusculaire, hanté inévitablement par la voix douloureuse, nicotinée et fiévreuse de l'artiste…

 

mardi, 11 mars 2008 01:00

Polar life

Sleeping Dog, c’est le projet solo de Chantal Acda, une chanteuse/compositrice/multi-instrumentiste néerlandaise, établie en Belgique. « Polar life » constitue le deuxième opus de Sleeping Dog, un disque qui fait suite à « Naked in a Clean Bed », paru en 2006. Pour la circonstance, elle a de nouveau travaillé en compagnie d’Adam Wiltzie (Stars of the Lid), un personnage qui a aussi et surtout forgé sa carte de visite en bossant pour Mercury Rev et les Flaming Lips. Il s’est chargé des arrangements et des orchestrations de cordes ainsi que joué des claviers, dont le mellotron. Daniel Johnston, le chanteur/compositeur de Centro-Matic, est également de la partie, même si sa collaboration n’est pas créditée sur la pochette.

Chantal possède une superbe voix, pure, cristalline, rappelant parfois le timbre de Liz Fraser (Cocteau Twins), sans jamais en épouser les inflexions. Elle joue du piano (surtout), mais aussi de la guitare sèche, un mini vibraphone, du glockenspiel, des percussions, du banjo, du melodica et bien sûr divers claviers. Au sein de l’univers visionnaire de Sleeping Dog, Chantal parle de chiens (of course !), de chats, de chevaux, de sa maternité récente (son interprétation a cappella de « Letter one »). Elle dépeint également des paysages énigmatiques, brumeux, automnaux (« Ardennes ») mais aussi chargés de contrastes comme sur « The sun sinks in the sea », une chanson inspirée du poète islandais, Sigurbjörn Einarsson. Sa musique est minimaliste, intimiste. On a parfois l’impression qu’au sein de son cocon, tout tourne au ralenti. Mais son univers sonore ne manque pas de charme et s’achève même par une version très réussie du « If only » de Sophia…

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Fireworks (singles 1997-2002)

Tout comme Oasis, Embrace est drivé par deux frères. Et tout comme la bande aux frères Gallagher, celle des frangins Mc Namara émarge à la britpop. Mais ici s'arrêtent les comparaisons, car si Embrace embrasse ( !?!?!) une britpop hymnique et contagieuse, elle s'inscrit davantage dans l'esprit de The Verve circa " Bittersweet symphony ". A cause des arrangements de cordes et de cuivres luxuriants, parfois même un peu trop. C'est sans doute la raison pour laquelle, à ce jour, le groupe d'Huddersfield a essentiellement cumulé les hit singles. Onze à ce jour. Qui figurent sur cet compile. Et parmi lesquels on retrouve six extraits du premier elpee, " The good will out " (NDR : leur meilleur !), dont " Come back to what you know " et " All you good good people ". Le disque inclut également la version 12 inches de " The good will out ", ainsi qu'une adaptation live de " 3 is a magic number ". Une belle opération de marketing pour une formation qui éprouve toutes les peines du monde à confirmer tout le bien qu'on avait pu penser d'elle. Et qui, en outre, a bien du mal à se renouveler. On a même parfois l'impression que certaines mélodies se ressemblent…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Holes in the wall

J'ignore où la presse spécialisée ( ?!?!?) a pu comptabiliser cinq albums au crédit de ce tout jeune groupe de Brighton (NDR : le plus âgé doit aujourd'hui avoir 21 ans !) ; car ce " Holes in the wall " constitue son premier opus. A ce jour, la formation a donc commis trois doubles singles, deux singles et un elpee. Point. Drivé par les frères White (Tom, le drummer responsable de la composition de la plupart des chansons et Alex, le guitariste/chanteur), The Electric Soft Parade a bénéficié de la collaboration de Chris Hughes et de Mark Frith (Gay Dad, Tom Mc Ray), à la coproduction de cet opus. Un disque dont les chansons trempent dans la britpop. Et le plus souvent dans l'esprit des Boo Radleys ou d'Ash. Douze fragments qui oscillent du plus pétillant, juvénile, électrique, au plus tendre, mélancolique. Le tout subrepticement teinté d'un léger voile de psychédélisme. Le seul hic, c'est que parfois on a l'impression que les mélodies sont calquées dans le même moule. Il y a bien quelques exceptions. Et en particulier le fulgurant " Start again ", célébrant une hypothétique rencontre entre Air et Weezer, le récréatif " Empty at the end " (Supergrass ?), l'énergique " There's a silent ", sorte de Blur ayant opté pur un tempo new wave, le vindicatif, rageur, " Why do you try so hard to hate me " et le final 'lennonesque' " Red balloon for me ". Sans quoi, ce morceau de plastique devrait plaire à celles et ceux qui attendent impatiemment le retour de Marion, Mansun, Geneva et consorts…

 

Je dois avouer qu’avant d’écouter le 21ème album du Boss, je craignais le pire. 13 compos traditionnelles, toutes associées à Pete Seeger, avaient de quoi laisser les aficionados les plus fervents de Springsteen, sceptiques. Né en 1919, Seeger fut un personnage clef du mouvement folk revendicatif. A l’instar de Woodie Guthrie, il est considéré comme un des guides spirituels de la musique folk américaine. Il constitue d’ailleurs une des influences majeures pour Bob Dylan. Mais rendre hommage à un tel monstre sacré, en évitant les chausses –trappe de la banalité, était un pari risqué. Ce que Bruce est parvenu à gagner en faisant preuve d’imagination, sans pour autant dénaturer les compositions. Comment ? En engageant toute une armada de musiciens. Dix-sept en tout ! Qui ont enregistré ces versions en trois jours. Au sein du salon du Boss ! Dans une ambiance festive, comme il se doit. Et le résultat va au-delà de toutes les espérances, la bande de joyeux drilles privilégiant la spontanéité sur tout schéma conventionnel. Violon, accordéon, banjo, cuivres et une multitude d’autres instruments participent activement à cette ambiance de fête, la voix graveleuse de Springsteen mettant un point d’honneur à la rendre la plus allègre possible. Le disque est accompagné, en outre, d’un DVD consacré à un reportage vidéo sur l’enregistrement de l’album. Une bonne surprise !

mercredi, 10 août 2011 02:00

Brooklyn Sound Solution

Les Fleshtones comptent aujourd’hui plus de 35 années d'existence. Une formation newyorkaise légendaire qui semble s’être stabilisée sur son dernier label, Yeproc, depuis 2003. Une performance, quand on sait que lorsqu’ils ont quitté IRS, en 1985, ils ont changé une dizaine de fois d’écurie.

Pour enregistrer « Brooklyn Sound Solution », le combo a reçu le concours de Lennye Kaye, guitariste du backing group de Patti Smith, mais également responsable de la célèbre compile « Nuggets », consacrée à la scène garage issue des 60’s. Et comme The Fleshtones est l’archétype du groupe garage, sa collaboration coulait de source. D’ailleurs, il est de notoriété publique que The Fleshtones pratiquait du rock garage, avant même que ce style soit taxé de rock garage.

Découpé en 12 pistes, « Brooklyn Sound Solution » privilégie covers et instrumentaux. Trois compos personnelles : « Bite of my soul » ainsi que deux versions de « Solution ». Ou plus exactement deux exercices de style. L’un scandé, plus que chanté, signé Keith Streng. L’autre, par Zaremba. Plus allègre, cet instru met en exergue le talent de leur fidèle saxophoniste, Steve Greenfield. Sans quoi le tracklisting nous plonge dans un climat r&b digne des Animals, lorsqu’il ne nous rappelle pas carrément les Doors (ce clavier rogné, ‘manzarekien’). Hormis la cover frénétique du « Day tripper » des Beatles, les morceaux sont issus de la plume d’obscurs compositeurs issus des 60’s. Enfin, pour le mélomane lambda. Des noms ? Mel Tormé, Billy Boy Arnold, Ted Taylor, Sleep John Estes, etc. Trois titres quelque peu insolites à épingler : “Back beat #1”, caractérisé par son mini-solo de batterie, le saignant “You give me nothing to go on”, déchiré par les interventions de Zaremba, à l’harmonica ; et en final un titre issu de la plume de Lenny Kaye, « Lost on Xandu ». Encore un instrumental, mais épique, presque prog. Ce qui contraste avec le reste de l’elpee au son crade, malsain, comme s’il avait été immortalisé à l’issue d’une jam session. Alors, après 35 ans d’existence, le meilleur groupe sur scène au monde, aurait-il retrouvé son second souffle ? Possible, puisque le rock garage est à nouveau dans l’air du temps…

 

mercredi, 10 août 2011 02:00

Live Music

Cet album ‘live’ a été immortalisé lors de la tournée européenne accomplie par Joe Jackson et son band, en 2010. Et son fidèle backing group est de la partie, en l’occurrence le bassiste Graham Maby et le drummer Dave Houghton. Un trio recomposé depuis la publication de « Volume 4 » en 2003.

Partagé en 12 plages, cet opus propose une bonne moitié de compos issues de l’album « Night & Day », mais également des titres moins connus ainsi que quelques covers, dont une adaptation un peu trop morose du « Girl » des Beatles, une bonne cover d’« Inbetweenies » de feu Ian Dury et une reprise pleine de verve du « Scary Monsters » de Bowie. Mais de ce long playing, j’épinglerai surtout une mouture bouleversante de « Cancer », le percussif « Steppin’ out » ainsi que le grand classique « Chinatown ». Un regret ? Pas de « Beat crazy », ni de « It’s different for girls » ou encore d’« Is she really ». Tiens, saviez-vous que « Got the time », qui figure au répertoire d’Anthrax, avait été composé par l’artiste insulaire ? Il a inclus sa version sur cet elpee.