Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Jean-Claude Mondo

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lundi, 31 décembre 2001 01:00

Big Delta

Il faut croire que le géant texan d'Austin a beaucoup apprécié le concours du producteur Papa Mali sur son dernier album, "The screaming cat". Parce que, si la mise en forme est ici signée Max Grace, non seulement Malcolm "Papa Mali" Welbourne assure la co-production ; mais en outre, il y joue de la slide, la baritone et la sitar guitar.

L'accent porté fixe l'ascendant sur une section rythmique, placée très en avant. Les musiciens y font véritablement merveille ; et en particulier les percussions de Terry Bozzio et de B.E ‘Frosty’ Smith, ainsi que la basse de Roscoe Beck.

" Big Delta " n'est pas un retour aux sources, même si Omar revisite quelques canons de son passé. Il accomplit cette tâche avec un effet très ‘nouvelle vague’. Il passe ainsi en revue "Monkey land" (1990), cris de singe à l'appui, et "Muddy Springs Road" (1994), dont le très haut niveau technique à la sitar guitare relève de la paire Beck/Bozzio. Slow blues texan, "Life without you" est rendu de manière assez classique. La nouvelle version de "Wall of pride" (88) est toujours imprimée sur le Bo Diddley beat ; mais pour la circonstance, Omar est à la rythmique et la slide qui se prélasse dans le décor appartient à Papa Mali. "Pushin' fire" est indéniablement l'une des réussites de l'album. La voix reste autoritaire, mais le climat lugubre est propice au gémissement métallique des guitares. Traversé par le célèbre riff de ce titre qui a fait la réputation de Mountain (en compagnie de Leslie West), "Mississippi Queen" entretient un climat obsessionnel, dramatique, tendu à l'extrême. Inspiré par son rythme de swamp rock, "Mystery Walk" (95) reprend le "Best of Omar". "Cavement rock" est un rocker conventionnel, accrocheur et classique. "Big Delta" se termine par une jam inédite intitulée "Conversation Mambo". Faire-valoir musical, rythmique accrocheuse, dialogue basse-percussions pour la mise en route, la guitare d'Omar d'un côté, la baritone de l'autre, lancent la voix caverneuse d'Omar pour ce mambo swamp hypnotique. Un opus qui possède vraiment ce petit soupçon de charme envoûtant…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Honkin´ & shoutin

Originaire de St Louis, dans le Missouri, Erskine Oglesby est âgé de 67 ans. Un saxophoniste qui avait commis "Blues dancin", l'année dernière sur le label Black & Tan, label considéré comme le porte-drapeau du St Louis blues! Depuis, Oglesby a accompli une tournée européenne en compagnie de la très talentueuse formation allemande de blues, BB & the Blues Shacks. L'occasion était donc belle de réunir tout ce beau monde en studio. Une réunion qui s'est produite au cours du mois d'avril dernier. Et ce " Honkin'& shoutin " en constitue le résultat.

Ouverture instrumentale, "Cold duck" annonce la couleur. Une composition signée Eddie Harris, au cours de laquelle le saxophone se fait autoritaire. Nous percevons enfin la dimension du talent d'Erskine, propulsé par le swing naturel des musiciens teutons. Une rampe idéale, quoi ! Bien huilée, la machine poursuit son œuvre tout au long de "Let me go judge". Constituée de Henning Hauerken et d'Andreas Bock, la section rythmique est d'une solidité à toute épreuve. Talonné par l'orgue Hammond de Roel Spanjers et la guitare d'Andreas Arlt, dont le régime me fait penser à Albert Collins, le sax peut aller et venir. La reprise d'"I got eyes" de Johnny Guitar Watson est magistrale. Passé au piano, Spanjers donne la couleur boogie, pendant qu'Andreas Arlt peut s'affirmer avec bonheur dans l'exercice Watson. Le lent "Fair skin woman" permet au frère Michael Arlt de souffler dans son harmonica. Erskine se concentre sur le chant à la puissance naturelle aisée. Une ambiance swamp ouvre "I know I care" dont le rythme syncopé rappelle, bien entendu, la Nouvelle Orleans. Spanjers y est heureux derrière ses ivoires. Imbibée du delta, "I don't want to be no fat man" est une parenthèse très roots. Les frères Arlt en soupirent d'aise. Le sax se tait mais revient aussitôt à l'assaut, ravageur et éclatant, pour shouter l'instrumental "Backstreet". Un amusant duel entre le sax hurlant et l'harmo de Michael qui ne se laisse absolument pas dominer! L'opus recèle, en outre, deux reprises réussies: "Waiting on you" de BB King, et un superbe "It's good to see you" de Percy Mayfield. Autre bon blues, "Mindgames" permet à Arlt de libérer de ses cordes, des phrases empruntées à T-Bone Walker. La dernière plage "Early in the mornin" est inspirée de BB King. Cet album est, sans hésitation, l'un des trois meilleurs du catalogue Black & Tan. Erskine met en exergue ses talents de chanteur tout en permettant aux autres musiciens de prendre le devant de la scène.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Rockin´ my blues to sleep

Johnny est un pur Texan. Il chante, joue de la guitare et surtout peut compter sur un tas d'amis. Ils sont d'ailleurs venus l'épauler pour enregistrer cet album, qu'il dédie à la mémoire de Doug Sahm, le Texas Tornado. Lors de leur dernière rencontre, Doug lui avait suggéré de réunir de solides musiciens texans, histoire d'interpréter de vieilles chansons du patrimoine texan et louisianais. Ce qui explique le sous-titre "Texas/Louisiana Blues & Dance Hall Favorites".

Un opus qui débute royalement par "Rockin' my blues to sleep". Un blues qui rocke sous l'impulsion du piano virevoltant de Riley Osborne et les saxos ravageurs emmenés par Kaz Kazanoff, pendant que Marcia Ball et Stephen Bruton assument les chœurs derrière l'ami Johnny. "Rain down tears" est un bon blues relaxant que Mr Nicholas chante avec bonheur devant le sax tenor de Rocky Morales. Tout ce beau monde texan se met à swinguer pour reprendre "The last meal" de Jimmy Rogers. La machine est parfaitement huilée. Les riffs de sax et le piano nous rappellent la glorieuse fin des années 40. "I'm a fool to care" nous fait passer la frontière louisianaise tout en évoquant la bonhomie de Fats Domino. Kaz souffle comme un damné dans son honky sax. Fats Domino est bien au menu puisque les All Stars s'acquittent en douceur de "Before I grow too old". La puissance de la voix augmente d'un cran et les cuivres deviennent brûlants pour aborder "Where you at?" de Lloyd Price. Retour au calme le soir au bord des swamps, pour reprendre impeccablement "Reap what you sow" et l'inévitable "Things that I used to do", de Guitar Slim. Du grand art ! Johnny se révèle un gratteur à la sensibilité fine. Lorsque sa guitare se met à rocker derrière la voix de Marcia Ball sur "Woke up screamin", elle nous rappelle au passage son superbe album "Presumed innocent". Miss Ball a été rejointe par Stephen Bruton pour soutenir Johnny sur le bien connu "Mama talk to your daughter" de J.B Lenoir. Boogie, "The hustle is on" est une invitation à la danse. Floyd Domino est assis derrière le piano. Al Gomez fait vibrer sa trompette. Et pour clôturer l'opus, on retrouve "Boogie back to Texas", un brûlot que Johnny avait écrit pour Doug Sahm en 92. Un album de classe !

 

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Feelin´ good

La naissance de ce superbe groupe anglais ne remonte qu'à 1993. Son second album, "Rollercoaster", était d'ailleurs sorti sur Indigo. Mais alors que nous attendions avec impatience son 3ème, ce label ressort le tout premier. Edité en 1997, il avait été distribué discrètement sur le label Wang. Vous avez maintenant le bonheur de redécouvrir cet excellent album dont j'avais dit le plus grand bien lors de sa sortie. Et mon avis n'a pas changé d'une virgule aujourd'hui.

Je crois que l'arrivée des Nightporters apporte une note de fraîcheur bienvenue outre-Manche. Ces jeunes musiciens ont l'énergie déployée par les groupes issus du 1er mouvement R&B qui a sévi au début des 60s ; et au premier chef, celui des Rolling Stones. La musique de Nightporters est sensiblement différente. Très fifties. Mais l'énergie est explosive. L'album illustre bien le style du groupe qui agrège blues, rockabilly et boogie. Leur richesse repose sur le son de la section rythmique, la contrebasse de Chris Robbins-Davey et la batterie de Kevin Crowe. Une trame solide sur laquelle peuvent s'appuyer le guitariste Martin Vowles et le chanteur harmoniciste Ian Roberts.

Dès le "Mellow down easy" de W. Dixon, le combo prend son envol. "Let er roll", "Feelin' good" et "Certainly all" sonnent assez rockabilly avec, à chaque fois, de brillantes interventions de guitare. "Hip shake" est un long boogie dévastateur. Seuls titres lents, "Blue and lonesome" et "Love in vain" (de Robert Johnson), les, sont brillamment chantés par Ian. Et puis, mon coup de cœur va à la version étonnante de "Rollin' and tumblin". Un superbe album. Que dire de plus?

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Coming your way

Les deux frères, Alan et Stevie Nimmo, sont des Ecossais pur-sang. Basés à Glasgow, ils sont entourés de Sam Firth à la basse et de Mark Barrett à la batterie. Ce dernier est un ancien membre d'Hoax ; ce qui explique sans doute pourquoi les Nimmo font penser à ce groupe défunt. Le talentueux Firth est aujourd'hui remplacé par Lindsay Coulson. Le groupe tourne régulièrement chez nous ; et vous êtes sans doute assez nombreux à les avoir vus et entendus.

Le son est puissant. Il est bien restitué sur ce 2ème album. Les deux frères se partagent le chant, les compositions et, bien sûr, les guitares. Le plus jeune est essentiellement inspiré par Stevie Ray Vaughan et Hendrix. L'aîné par B.B King et Peter Green. Les musiciens n'ont pas dépassé la trentaine. Leur jeunesse se ressent dans les accents les plus durs qui les rapprochent du son des Hoax. C'est surtout vrai sur les premiers morceaux "She's all mine" et "Flat broke". Leur face BB/Green se retrouve sans complexe sur les rythmés "She fills my cup", "Coming your way" et surtout "I'll be back someday". Mais c'est sur le lent "All Iwant" qu'ils sont dans la confidence de Peter Green. Le chant est calme, susurré et puis surtout cette Gibson Les Paul est caressée note après note avec beaucoup de feeling. Quand ils abordent leurs tempos lents, les frères le font toujours avec retenue. A l'instar de "Long way from everything" et du superbe "If I could see through your eyes". Un bon album !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

51 Phantom

Après avoir commis " Shake hands with shorty " en 2000, le trio de Memphis nous revient avec un deuxième album. Le très prometteur NMBA est formé des deux jeunes frères Luther et Cody Dickinson, respectivement guitariste et batteur, et du bassiste noir, Chris Chew. La production est assurée par le paternel ; en l'occurrence, le vétéran Jim Dickinson.

Le Nord du Mississippi est un pays de collines. C'est à Oxford, au cœur de cette région, que réside le berceau de Fat Possum. Il est évident que les Allstars y ont puisé une bonne partie de leurs idées, fort représentées tout au long de leur 1er album. Il reste que ce nouvel elpee se démarque assez bien de la partie bien plus roots observée à leurs débuts, pour se diriger vers la sphère rock. A première écoute, on a l'impression que le trio a l'intention de s'ouvrir de nouveaux horizons sonores et surtout de toucher un public bien plus large. Mais, ne nous y trompons pas, la machine de distribution orchestrée par Warner est derrière… Manifestement, nous nous retrouvons face à un trio électrique qui évoque les prestigieuses formations du passé telles que Cream ou Mountain.

Au sein de cette densité sonore profonde, nous pouvons discerner clairement les différents protagonistes, tous parfaitement maîtres de leur instrument. Et c'est tellement vrai sur " Snakes in my bushes ", proche du boogie blues texan de ZZ Top! Nous sommes en 2001. Il ne faut donc pas s'étonner si le son s'est adapté au monde contemporain. En s'enrichissant, par exemple, de divers artifices électroniques. A l'instar de " Sugartown " qui nous permet d'apprécier au passage, une agressivité certaine, une attaque tranchante et une montée en puissance qui aboutit à une véritable claque. L'inspiration revient dans le Delta pour l'interprétation d'une composition écrite par le regretté Junior Kimbrough, " Lord have mercy ". Une accalmie passagère marquée par l'évasion des cordes de Luther qui divaguent entre Dicky Betts des Allman Brothers et Jerry Garcia du Grateful Dead. L'aventure préside sur les remarquables " Storm " et " Leavin ". L'atmosphère se prête bien aux climats psychédéliques. Les soli prennent des allures de raga indiennes. Ils me rappellent même le mouvement Paisley Underground qui sévissait à L.A dans les 80s. Théâtre de voix inspirées du gospel et du hiphop, " Freedom highway " a été composé par Pops Staples. " Ship " observe un peu la même démarche. Libérant des flots de notes bien inspirées, la guitare est à nouveau proche de Dickey Betts. En fin d'album, " Up over yonder " nous plonge dans une atmosphère digne des Caraïbes. Et en finale, " Mud " manifeste un nouveau sursaut d'agressivité. Un titre très métallique, presque punk, qui me fait penser à ces vieux freaks britanniques de Pink Fairies. Un album assez impressionnant, mais définitivement rock!

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Ebony & Irony

Tracy est originaire de Madison, dans le Wisconsin. Elle a découvert le blues à Chicago au contact du jeune (à l'époque) Charlie Musselwhite. Fin des 60s, elle émigre à San Francisco, alors en plein délire psychédélique. Elle y fonde le groupe Mother Earth. C'est à cette époque qu'elle se fixe définitivement dans une ferme, près de Nashville. Nous sommes alors en 1969.

" Ebony & Ivory " constitue le 20ème album de cette extraordinaire chanteuse. Elle le dédie à la mémoire de Doug Sham, disparu au moment de ces sessions. Tracy entame ce morceau de plastique de la plus belle manière, par "You will find me there". Sa voix majestueuse est enrobée de chœurs chaleureux. Jim Pugh est à l'orgue. Et puis, soudain un solo de guitare sort de nulle part. Une sonorité lugubre qui n'appartient qu'à Mike Henderson, des Bluebloods. D'ailleurs, cette richesse musicale alimente l'ensemble de l'album. "Strongest weakness" progresse à la cadence de la rythmique puissante, appuyée par les cuivres des Memphis Horns. Reese Wynans est à l'orgue. Il a emmené son guitariste, Bob Britt. Tracy et Marcia Ball sont de grandes copines. Aussi, lorsque Tracy décide de chanter le solide rock "Got a new truck", elle invite Mrs Ball au piano. Imprimé sur un riff très Stones, "Quicksand" est coulé dans le même moule. Déjà responsable de plusieurs plages sur "Sing it!", le fameux album commis en duo par Marcia Ball et Irma Thomas, David Egan a écrit les délicats "If you knew how much" et "Even now". Et cela s'entend ! Tramée sur une musique traditionnelle "Last chance" rappelle l'héritage celtique. Et l'accompagnement minimaliste mais tellement efficace de la flûte de pan et du violon fait le plein d'émotion. La voix puissante de Tracy est secondée par le murmure frêle et ombrageux d'Alice Newman qui a écrit cette chanson. Ballade jazzy particulièrmeent lente, composée par Mose Allison, "How much truth" conjugue intimité et beauté. L'arrangement au piano de Reese Wynans est somptueux. Les formules simples sont souvent les meilleures. Le délirant "I must be crazy" se révèle très efficace alors qu'une 2me version de "Strongest weakness" met en exergue la guitare acérée d'Henderson et le piano de Pugh. Un excellent album ; mais quelle chanteuse!

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Johnny´s Blues aggregation

Voilà donc la nouvelle perle de la guitare texane! Il est vrai que la prestation de Lee McBee flanqué de ses deux guitaristes, Johnny et Hash Brown, lors du dernier Spring Blues Festival, a été assez extraordinaire. Une véritable claque ; et le public ne s'y est d'ailleurs pas trompé. Le jeune Johnny n'est pas un débutant. Dès la fin des 80s, il faisait partie de Texas Heat, le groupe de Darrell Nulisch. Il a joué sur "It's Lewis" de Lewis Cowdrey, sorti sur Antones. Il avait aussi commis un album de funky blues, sur le même label de Société de Blues de Dallas. Intitulé "Return on the Funky worm", il avait reçu le concours de l'ancien Red Devil, Paul Size.

Indéniablement, Johnny détient une tonalité propre, rappelant parfois celle de Jimmie Vaughan. Il touche un peu à tout : au blues, au R&B, au rockabilly. Il est très bien entouré par son frère Jason à la batterie et par Matt Farrell au piano ; Mike Keller ainsi que Johnny Bradley se partageant la basse. Ce petit monde constitue habituellement le backing band de Lou Ann Barton. Son blues prend parfois les attitudes paresseuses des swamps. A l'instar de l'ouverture "Oh baby Oh", sur laquelle il prend déjà un superbe envol sur les cordes. Dans le style Baton Rouge, très bien chanté par Homer Henderson, "You turn to cry" (de Roy Head) est une de ces ballades qui semblent sortir tout droit des jukeboxes des mêmes 50s. Homer possède la voix traînante pour aborder ce style. Elle fait merveille sur la reprise de "You got me crying" de Jimmy Reed. "Thinking" (de Johnny Watson) est une petite perle dans le genre. Shawn Pittman est au piano, alors qu'on le connaît surtout à la six cordes. L'instrumental "Bak 'n' forf" est sous l'emprise du rythme des Caraïbes. Autre instrumental plus jazzy, inspiré de Wes Montgomery, "Slingin' Hash" traduit peut-être un clin d'œil adressé à l'ami Hash Brown. Boogie rock'n'roll, "Let's get high" déménage. Le piano de Matt roule de tous côtés, pendant qu'il chante comme un véritable rocker des 50s. Cette voix colle bien à l'ambiance de la plage rythmée, "Stagger Lee". Le Chicago blues n'est pas oublié à travers l'excellente reprise de "Worried life blues", de Maceo Merryweather. C'est le moment de gloire pour Matt Farrell qui chante et joue du piano à la manière de Big Maceo ou d'Otis Spann. Matt en remet une couche lors du traitement funky de "Mama, the way you look tonight", de Memphis Slim. Ce très bon album se termine sur "J's scratcher", un hommage évident à Slim Harpo. Prenez le temps d'écouter Johnny Moeller et ses amis, cela en vaut la peine!

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Back to the blues

Et un retour de plus au blues pour Gary, un!! Agé de près d'un demi siècle, cet Irlandais a vécu sa première expérience intéressante à l'extrême fin des 60's. Au sein du trio Skid Row. Il est ensuite embrigadé chez Colosseum II et Thin Lizzy avant d'entamer une carrière personnelle, en 1979. Son adhésion au blues l'amène à sortir l'album "Still got the blues" en 1990, et "After hours", l'année suivante. Un disque pour lequel il avait bénéficié de la participation d'Albert King, de BB King et d'Albert Collins. Il commet alors "Blues Alive" en 93 et la collection "Blues & Ballads" en 94. La même année, il participe brièvement au projet BBM, autrement dit Baker, Bruce & Moore. En 95, il rend hommage à son maître à jouer et protecteur de ses débuts, Peter Green, à travers l'album "Blues for Greeny".

Les premiers instants pourraient semer le doute. Mr Moore se mettrait-il à son tour à l'acoustique? Ce n'était qu'un leurre, la diversion ne dépasse guère les trente secondes. Arrêt brusque et mise en marche immédiate de la machine à rocker le blues. Pour démarrer, "Assez du blues", autrement dit "Enough of the blues" constitue un curieux titre pour annoncer son retour!! ! Crochet par le répertoire de BB King, avec la reprise d'"Upset me baby". Il reste dans un registre semblable avec son "Cold black night". Il s'attaque à son solo à la manière d'un Peter Green 1ère époque qui revendiquait lui-même BB. Malheureusement, il tombe très vite dans ses excès en voulant en faire de trop. Quand on veut se faire trop hard, on perd immanquablement la sensibilité indispensable au blues. C'est ensuite l'exercice du slow blues, le fameux canon de T-Bone Walker, "Stormy Monday". Et c'est bien sur ces tempos nonchalants que Gary puise sa joie de jouer. Il possède un sens de la mélodie ; les phrases et soli qu'il crée alors peuvent être très beaux, mais sortent du blues. Curieusement, ses meilleures chansons sont ici de jolies ballades, lentes, sur lesquelles il peut déployer son sens profond de la mélodie. Sa sensibilité se manifeste sur ce type de répertoire. Et notamment chez "Picture of the moon" et "The prophet". La guitare sur fond d'orgue de Vic Martin, me rappelle le dialogue entre Thijs Van Leer et Jan Akkerman du groupe hollandais Focus ; et enfin, "Drowning in tears". Un petit joyau chanté très doucement. La guitare prend la tonalité métallique et réverbérée de celle de Peter Green sur l'extraordinaire instrumental "The supernatural". Solide coup d'émotion, la finale est réellement superbe. Lors de ses exercices de style dans le blues, à l'instar de la reprise se du "Looking back" de Johnny Guitar Watson, la guitare est impeccable mais son chant ne transpire vraiment pas la sensibilité que nous sommes en droit d'attendre d'un tel artiste. A chacun d'en retirer ce qu'il attend !

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Dog my cat

Harry Manx est né sur l'île de Man, au Sud de l'Angleterre. Mais il a rapidement émigré au Canada, où il vit toujours aujourd'hui. Au début des années 80, on le retrouve dans le métro et autres coins publics de Paris, où il joue de l'harmonica et de la slide. 10 années plus tard, il fait à peu près la même chose au Japon. Il se rend ensuite au Rajasthan à la recherche de Vishwa Mohan Batt. Musicien indien et spécialiste émérite de la slide, Vishwa avait enregistré auparavant en compagnie de Ry Cooder. Vishwa lui apprend tous les rudiments de cette riche culture musicale. Enfin, au printemps 2000, il revient chez lui à Salt Spring Island, au Canada.

Enregistré à Toronto, cet album marque un retour à ses sources : le blues. Manx est seul. Il accompagne sa voix d'une lap steel guitar, d'un harmonica et d'un mohan veena, une slide guitare indienne à 20 cordes, que lui a léguée le maître. Il entame cet opus par une version assez classique et impeccable du classique de Muddy Waters, "Can't be satisfied". La voix est celle d'un folk singer. Son timbre bien joli et doux caresse "Bring that thing", "Good morning stranger" et "Lay down my worries". La prise de son est limpide. Le toucher métallique sur les cordes est clair. Il vibre entre ses doigts. Son jeu d'harmonica n'est pas complexe mais très efficace. Lorsqu'elle rencontre l'Orient sa musique occidentale est d'une richesse insoupçonnée. L'essence du blues et la profondeur indienne créent des raga blues à quatre reprises : "Reuben's train", "Rag Bihag", "Song for William" et "Rag Jog". Harry est doté d'une sensibilité désarmante. Sa musique le hante, lui colle à la peau. Ses créations sont tellement belles et simples ; un art qu'il domine naturellement. "Sunday morning ascension" et "Love ain't no game" exhalent beaucoup de tendresse et d'intensité. Deux reprises figurent sur ce très bel album chargé de promesses, "Baby please don't go" et "Shame shame shame".