Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Jean-Claude Mondo

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mercredi, 23 mai 2012 23:31

Get some

A l’origine, Matlted Milk se résumait à un duo. Soit le chanteur/guitariste Arnaud Fradin et le bassiste Igor Pichon. Un tandem qui s’était spécialisé dans le Delta blues. Mais lorsque le line up passe à un quintet, leur musique se convertit au style Chicago. Et on n’est pas au bout de leur évolution, car de passage à Memphis, le combo rencontre le chanteur noir Karl W Davis. Suffisant pour s’orienter vers la musique soul. “Sweet soul blues”, le dernier elpee n’avait rencontré qu’un succès d’estime.

Le long playing s’ouvre par “Human wave”, un titre trempé dans le funk soul largement cuivré. La voix d’Arnaud semble très à l’aise au sein de cet univers sonore. La libération des cordes est un instant de choix. Je préfère néanmoins “Hope she believes in me”, une piste imprimée sur un tempo plus lent, proche du southern soul de Stax. La voix est excellente et le jeu de guitare s’inspire du grand Albert King. Tout comme sur la plage suivante, “Touch you”, même si le rythme est bien plus nerveux. Dansant, “Sweet baby” trempe dans le pur blue soul. Pas vraiment ma tasse de thé. Je lui préfère, “True love” un morceau coécrit en compagnie de leur ami KW Davis. Au cours de cet exercice de style minimaliste, tous les instruments sont bien en place. Voix et guitare sont inondées d’une sensibilité profonde. Un excellent blues aux accents dramatiques très proche d’un autre dieu de Memphis, Mr BB King. Et pour notre plus grand plaisir, Malted Milk baigne dans la même atmosphère tout au long de “Since you left me”, un titre enrichi par le concours de cuivres aux sonorités immaculées ainsi que l’orgue Hammond de Nicolas Mary. Le “Soul of a woman” de KW Davis est légèrement épicé de reggae, un morceau au cours duquel la ‘six cordes’ est subtilement taquinée par le jeu des pédales. Et c’est une compo de Davis qui clôt l’opus, une piste qui bénéficie de la collaboration d’une amie bretonne, aux vocaux, Julie Dumoulin…

 

mercredi, 23 mai 2012 23:25

Energy red

L’Australie a également enfanté d’excellents bluesmen. Mais, le plus souvent, le blues a pris une forme plus rock, plus puissante aussi. Dave Hole en est certainement un bel exemple. Il a d’ailleurs forgé sa notoriété par son jeu brutal sur la slide. Rob Tognoni est également un gratteur énergique. Pas pour rien qu’il a intitulé cet album “Energy Red”.

Il y a plus de trente ans que cet artiste roule sa bosse sur les routes. Et s’il est parvenu à se faire respecter, il est également prêt manifester toute sa générosité. Rob est né en Tasmanie. Au cœur des 90’s, il enregistre une série d’albums pour le label spécialisé en hard rock, Provogue, dont “Stones & Colours”, en 1995. Il a aussi publié un ‘live’ pour l’écurie française Dixiefrog en 2005, “Shakin’ the devil’s hand”. Sa dernière œuvre remonte à 2010. Encore un live. Double de surcroît. Intitulée “Rock’n’roll live”, elle était parue chez Music Avenue.

Rob est âgé de 52 ans. Le premier groupe qui l’a marqué n’est autre qu’AC/DC. Des compatriotes ! Tognoni est un adepte de la formule trio. Leader, chanteur et guitariste, il ne tolère comme backing band que sa section rythmique réunissant le bassiste Frank Lennartz et le drummer Mirko Kirch. La puissance du rockin’ blues s’installe dès les premières notes de “Take you home now”. Dès qu’il en a l’opportunité, Rob écrase ses pédales pour libérer des sonorités torturées. “Boogie don’t need no rust” est un boogie rap sans grand intérêt. La machine à décibels tourne à plein régime. A l’instar de “Fire from Hell”, une plage redoutable et sauvage. Un peu de sérénité, quand même, dans cet univers frénétique : “Someone to love me”, un slow blues coloré par l’orgue de Kei Robertson. Encore que Rob y arrache les notes, les lacère, tout en maîtrisant parfaitement son sujet, néanmoins. “Blue butterfly” baigne dans la douceur mélodique. Bien construite, “Don’t love” ne manque pas de potentiel. “Queensland heat” lorgne sagement vers AC/DC. Une sagesse qui sied finalement plutôt bien à Tognoni. Et il le démontre tout au long de trois reprises. Tout d’abord, sa version attachante et bien ficelée du notoire “Can’t you see” des Doobie Brothers. Ensuite la cover du “As tears go by” des Stones. Et enfin, le “Better be home soon” de Neil Finn (Split Enz/Crowded House). Signé par l’ex-Chain (NDR : encore un Kangourou !) Matt Taylor, “I remember when I was young” est un blues shuffle à la sauce Stevie Ray Vaughan. Rob conclut cet elpee par “I wanna play an Iggy pop record today”, une plage hyper speedée, à la limite punk. Pourquoi pas?

 

mercredi, 23 mai 2012 23:24

Lonely number

Nico Wayne Toussaint est originaire de Toulon. Sa passion, c’est le blues ; et son instrument de prédilection, l’harmonica. Il reconnaît pour influence majeure, le souffleur noir, James Cotton, harmoniciste qui militait autrefois au sein du Muddy Waters Band. A 20 ans, il se produit en compagnie de son père, pianiste, dans Vent du Sud. Quelque temps plus tard, il fonde son Nico and Friends. Son second prénom, Wayne, lui vient de son parrain qui vit à Minneapolis. C’est d’ailleurs au siège du comté de Hennepin, dans l'État du Minnesota, qu’il enregistre son premier opus, “C’est si bon”. Nous sommes alors en 1997. L’année suivante, il est signé par le label français Dixiefrog. Et “Lonely number” constitue déjà son 7ème elpee, gravé au sein de cette écurie. Les sessions se sont déroulées à Montréal, sous la houlette de Nick Estor, lequel se réserve également les baguettes. Le disque recèle une majorité de compos personnelle, mais également quelques inévitables reprises. Enfin, quelques invités sont venus prêter main forte à leur ami frenchie ; de quoi rehausser l’intérêt de ce long playing.

“Lonely number” s’ébroue sur un tempo indolent. Une plage qui n’est pas sans rappeler l’un des maîtres du blues des marais louisianais, Slim Harpo! Le rythme s’éveille pour attaquer le superbe “Hope she believes me”. Nico est très proche de son ami souffleur RJ Mischo. Il se montre très pro, soutenu par la prestation éblouissante de Mike Welch aux cordes. Pas le temps de souffler, et il c’est le moment du “Time to party”, un jump blues à la californienne au cours duquel les interventions de David Maxwell au piano, sont sublimes. Le souffle de Toussaint est pétri de classe et nous rappelle William Clarke. On n’a pas le temps de s’ennuyer sur cet opus. Imprimé sur un solide tempo, “Time to cut to loose” vire au R&B. On en a des fourmis dans les jambes. Une piste entretenue par le Batave Mister Boogie Woogie aux ivoires (NDR : alias Eric Jan Overbeek), dont les accords frôlent le délire, ainsi que le saxophone de Tommy Schneller. Guy Davis chante aux côtés de Nico le solennel “How long to heal”. Un delta blues majestueux et chargé d’émotion. “Where was I” et “My one last thing” sont des Chicago shuffles très entraînants. Nico souffle à la manière de Little Walter sur l’instrumental “Waltering in Montreal”. Invité prestigieux, Rod Piazza vient donner la réplique sur son harmonica chromatique au diatonique du Français, sur la cover du “My own medicine” de RJ Mischo. Mister Boogie Woogie est à nouveau au piano pour “High class in disguise”, une plage dynamisée par les rythmes syncopés de la Nouvelle Orléans. Et la suite est toujours d’aussi bonne facture. Nico souffle comme Sonny Boy Williamson 2 sur “ I love you through and through”. “Deep down in Florida” nous replonge dans une atmosphère digne de Muddy Waters ; JP Soars a empoigné la slide et Nico peut enfin souffler dans le même registre que son mentor, James Cotton. “She comes and go” nous propulse au sein d’un climat digne du géant Howlin’ Wolf ! L’elpee s’achève par le bouleversant et dépouillé “Dealing with the devil”, une compo signée Sonny Boy Williamson 1. Du blues cinq étoiles. Sans aucun doute, le meilleur album commis par Nico Wayne Toussaint, à ce jour…

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Blues come home to roost

James Louis Johnson est né en 1951, à Darling, dans le Mississippi. Elevé près des champs de coton, il s'intéresse tellement aux poules (NDLR : de luxe ?) qu'il héritera du surnom de Super Chikan! A moins de 20 ans, il joue de la basse dans les juke joints locaux, derrière son oncle, le célèbre Big Jack Johnson. Il devient chauffeur de taxi à Clarksdale et se concentre sur l'écriture. Il enregistre ainsi une trentaine de ses compositions dans les studios, en compagnie de Johnny Rawls et L.C Luckett.

Cet album, sorti une 1ère fois en 97, présente le résultat de ces sessions consacrées à un downhome blues, léger, discret, sans éclat! Notre super poulet possède une voix paresseuse. Il joue principalement de la guitare mais n'hésite pas une seconde à la troquer contre une basse, un harmonica ou un piano. Ce qui n'est pas une mauvaise idée en soi, puisque ses deux compères se partagent aussi les instruments.

J'aime "Well gone dry". Un blues au mid tempo omniprésent. Vous apprécierez au passage les gloussements de James sur son chant d'honneur "Super chicken Strut", pendant que les trois guitares se mettent à patauger dans la basse-cour. Deux versions de "Mama & the Chillen" figurent sur l'album. Mais les effets sont surprenants, Super se taillant à lui seul les dialogues. Plus proche du Jimmy Reed, il aborde son penchant swamp blues sur "What it is". A noter que Super Chikan a sorti en ce début 2000, un album original, intitulé "What you see" sur Fat Possum.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Blues on the rocks

Composition du mythique John Lee ‘Sonny Boy I’ Williamson, "Sugar Mama" est une formule magique dans l'univers du blues. La première fois que j'ai entendu ce titre, c'était en août 1968. Lors du National Jazz & Blues Festival. Des flashes traversent mon esprit. J'étais étendu sur l'herbe de l'hippodrome de Sunbury. Un petit bonhomme à la longue crinière, vêtu d'un blouson de cuir miteux, armé déjà d'une vieille Statocaster se raccorde à l'ampli, puis se retourne rapidement vers le public dans une explosion sonore. Le trio qui venait de monter sur scène s'appelait Taste ; et le petit homme n'était autre que Rory Gallagher. J'ai pris une de ces claques!!! Ceci pour vous dire que Sugar Mama est une expression qui m'interpelle. Et voici 11 ans, quelques vétérans, champions du blues du Nord et Pas-de-Calais réunis, l'ont choisie pour patronyme.

Trêve de plaisanterie ! L'homme qui dirige cet aréopage, assis de manière spartiate derrière ses caisses, les baguettes à la main, répond au nom de Patrick ‘Matthew’ Dallongeville. Il est également la moitié de l'âme de BluesBoarder. Pour signer ses débuts officiels, le groupe a choisi de se faire enregistrer live. Un bon choix, parce que nos musiciens nordistes sont certes possédés par le blues, mais restent modestes. Ils ne sont pas des créateurs, mais des colporteurs. Ces ambassadeurs de la bonne parole sont trop heureux de pouvoir témoigner de leur foi musicale. Le bouche à oreille n'a-t-il pas permis aux bons us et coutumes de survivre ? Alors ouvrez les grandes, vos oreilles. Imaginez-vous au cœur d'une salle sentant bon le goudron et les vapeurs d'éthanol. Relevez vos manches, le virus du blues va vous être administré. Celui que nos quatre amis ont reçu une bonne génération plus tôt. En l'occurrence le blues urbain électrique, le Chicago blues des années 50, celui de l'écurie Chess. Un ange passe ! Dans l'ombre, des pouces se lèvent. Ceux de Willie Dixon, de Robert Johnson et de Muddy Waters. Ces dieux du passé ont le sourire aux lèvres.

Nous sommes fin octobre 1999, à Fâches-Thumesnil, aux Arcades. Le public est bien présent, de Benoît-Philippe Abeloos à Alexandre Waymel. Mathias, Patrick, Gaby et Serge, entrent en scène, affublés de John the Conqueroo. Le black cat bone et le mojo au col, ils entament l'heure qui leur est créditée. Admirons au passage la rigueur de la section rythmique, la classe montante et épanouie de Mr Dalle, la voix grave à l'accent continental et le saxo de Gabye (NDR : pas assez mis en évidence à mon goût). C'est bien parti ! Pour le vieux blouseux que je suis, je leur dirai, poursuivez l'expérience de votre écriture, "I'm worried", "Shakin' up the joint" et "Blues for Zeph". Voilà bien le Sugar Mama du nouveau millénaire. God bless you folks!

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Barney´s revenge

En 1998, cette formation batave qui répondait alors au nom de Blues Factory, avait sorti un album intitulé "Take-a-stroll!". Le leader est le chanteur guitariste Bas Flesseman, un gars drôlement doué, toujours entouré d'une section composée de trois cuivres. Matthijs Willemsen à la trompette, Jan Spijker au sax tenor et Aldo Groen au trombone. Il a conservé Jasper Mortier à la basse et c'est l'Américain du Nord Ouest, Boyd Small, qui tient ici, avec un réel bonheur, les percussions.

Sugarcane s'embarque sur un "Hate to be messed with" dont le rytme soutenu est largement cuivré. Bas plonge ensuite ses acolytes dans le climat lugubre de " Get a heart ". L'ombre des cyprès se découpe au cœur des swamps endormis et une lap steel bien paresseuse apparaît à l'avant-plan. Saisissant et parfaitement réussi! Un effet qui se retrouve sur "Is it a crime?". L'atmosphère persiste, le rythme s'accélère, le tempo épouse le riff de Bo Diddley, la section rythmique porte l'équipe, la guitare sonne très métallique et le sax s'évade sur "It tears me up". La pédale des gaz est poussée à fond. Les cuivres impriment un rythme très élevé pour la plage titulaire. La guitare surfe au milieu des vagues. La voix légèrement fausset de Flesseman, peut faire penser à un Dr John plus mâle. On n'est pas trop surpris de se retrouver aux portes de la Nouvelle Orleans, avec "Wouldn't know". Le son pourri de la guitare se reflète dans son rythme. La slide de Richard Van Bergen, invité sur le trop court "Baby you got what I want", sautille d'aisance. Sugarcane a produit un excellent album, original, dont le style bien personnel est très perceptible sur les titres lents, mais également dans le rythme qui peut faire alors penser à nos Seatsniffers. Vous adorerez ce dutch swamp blues.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Live at Blue Cat Blues

La réunion de ces deux célèbres gratteurs texans a été immortalisée dans leur jardin, au célèbre Blue Cat de Dallas.

Jim Suhler est de Dallas. Il a été découvert en 90 par George Thorogood et a régulièrement tourné avec ce dernier. Il compte trois albums à son actif. Deux commis en compagnie de son band, le Monkey Beat ("Radio Mojo" en 93 et "Shake" en 95, sur Lucky 7), et un autre dont il partage la paternité avec Mike Morgan ("Let the dogs run", en 94, sur Black Top).

Alan Haynes nous vient d'Austin. A son actif, deux albums : "Seventh son", en 84 et "Wishing well", en 94, sur Focus. A l'écoute du premier et merveilleux titre, "Too poor to die" de Louisiana Red, cette association laisse augurer de grandes choses. Cette réunion sur les mêmes planches d'une guitare et d'une slide rappelle d'ailleurs ainsi par instants, le Fleetwood Mac de la grande époque. Autrement dit celle de Jeremy Spencer et de Peter Green. Mais tout le répertoire n'est pas à cette trempe. D'autres ombres planent sur cet opus. Et ce n'est guère surprenant, lorsqu'on sait que nous sommes au Texas. Elles appartiennent au tandem Johnny Winter/Rick Derringer!

En effet, Alan Haynes chante le "Knockin' at your door" d'Eddie Taylor à la manière de l'albinos de Beaumont, TX. Et même si ce n'est pas du plus haut niveau, il faut confesser que l'énergie libérée n'est pas banale. Le Blue Cat devait ressembler à une sacrée bouilloire cette nuit d'hiver 1998. L'approche des soli sans slide d'Alan et de Jim est cependant plus classique, plus mesurée, à l'instar d' "I wonder why", de Freddie King. Blues rock lent que les rockers affectionnent, "Down and out in Texas" obéit à une rythmique, sans légèreté aucune. "Oh my baby's gone", de Ray Sharpe, est mené tambour battant, alors qu'en finale, Jim Suhler revêt la tenue de Jimi Hendrix, pour recréer "Are you experienced". La légende de Jimi n'est pas prête de s'éteindre.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

The hand you´re dealt

James Solberg et son groupe ont servi de solide backing band à Luther Allison durant les dernières années de son existence. Reconnaissant, le JSB avait honoré une dédicace évidente avec leur "L.A Blues" sorti en 1998. Pour ce tout nouvel album, James a conservé un titre inédit rehaussé de la présence de Luther.

L'album démarre par un rocker royal "Build you a castle" qui abat tout sur son passage. Le producteur est le célèbre Jim Gaines de Memphis, et c'est bien dans l'atmosphère de Beale Street que l'on se retrouve pour un sémillant "Buzz me", avec l'orgue d'Ernest Williamson à l'animation. La plage titulaire est une ballade paresseuse, bien attractive dont le climat musical n'est pas sans rappeler le meilleur Dylan, lorsqu'il était accompagné du Band. La voix de Solberg, passablement graveleuse, naturellement forte, se prête superbement à ce type de rythme, alors que sa guitare peut décoller. Chatoyante, colorée, elle dessine des lignes mélodiques que tout guitariste envierait. Des chœurs féminins viennent l'entourer pour "I'm goin' home". Un gospel enivrant où Williamson s'imagine aux grandes orgues de l'église du coin. Cette joie divine se retrouve sur le doux "Members only". James a écrit "When's the last time", sur un rythme bien connu du Chicago blues. On s'imagine, à chaque instant, voir apparaître la silhouette de Luther Allison ; mais il se fait attendre. Toutefois, ce n'est que partie remise, car le blues somptueux "Still called the blues" introduit le célébrissime musicien. Et les bonnes choses ne sont pas terminées. Williamson passe au piano et le groupe de musiciens parfaitement soudé déménage, pour notre plus grand bonheur, lors d'un rock blues triomphant intitulé "You got me knockin".Un excellent album dont la conclusion s'opère dans le blues total, à travers "Perfect strangers".

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Born again

Le troisième album de nos Seatsniffers est curieusement axé sur le gospel ; et franchement, je ne m'attendais pas à cette célébration divine de nos Anversois. Curieux aussi de voir Walter Broes serrer la Bible entre ses mains. Mais, place à la Musique!

L'ouverture "The river of Jordan" est imparable. Du pur Seatsniffers, avec cette rythmique métallique à l'acier éprouvé. Walter est secondé par Luc Houben à la basse et Piet DeHouwer à la batterie. Tout les autres chantent, en effet, dans un style gospel qui s'inscrit sur nos fronts. "Born again" expérimente donc les voix à l'unisson. Elles sont de nouveau mises en avant sur "There's a higher power" des Louvin Brothers. La guitare est bien entendu très présente dans le décor rythmique. Mais le son est encore plus sale que celui de Dave Gonzales. Ils se lancent ensuite dans un reprise pas possible de "Backwoods preacher man" de Tony Joe White, un peu comme si le titre avait été créé par Sam the Sham, avec une partie de guitare sérieusement déjantée à la Vestine. Maintenant, quand j'entends la suite "Kneel at the Cross", "Pure religion", je me demande s'ils n'en font pas trop. La démarche est-elle si sincère? Au moment où j'allais lancer un avis de recherche pour le saxophone de Roel Jacobs, le voici qui apparaît dans une version ska de "Jesus died for me" de Hank Williams. Et les Sniffers de replonger dans leur gospelbilly avec un "Jubilee" intéressant, curieux, inattendu et surprenant. La production sans reproche est de Thomas Yearsley (ex-Paladins) qui actionne également la pedal steel sur la belle finale, "Taggin' along". Ceci dit, Roel, mériterait un peu plus de temps libre au sein de cet espace sonore...

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Deep Detroit

Une bonne surprise, puisque j'ignorai l'existence de ce noir débonnaire, répondant au surnom d'Harmonica Shah. Un musicien originaire d'Oakland en Californie où il est né en 1946. Il a été élevé à Summerville au Texas et a finalement abouti, en 1967, à Detroit, la Cité du Métal. Depuis, il fait partie de la scène blues locale, au même titre qu'Eddie Kirkland, Eddie Burns ou des Butler Twins. Son blues est urbain, électrique, mais les profondes racines sont présentes en permanence. L'album a été enregistré en prise directe. Et s'il a été enregistré en studio, il n'a bénéficié d'aucune logistique technologique. C'est donc bien du blues à l'état brut que nos oreilles découvrent.

Shah aborde " Dun made my gateway " en rendant hommage à Buddy Guy et Junior Wells, dans un style très direct, sans fioritures, qui navigue quelque part entre Howlin' Wolf et Magic Slim. Shah souffle bien, mais sa technique est assez rudimentaire. Invité à la guitare, Howard Glazer n'est pas du genre discret. Il a réglé son ampli au maximum, et joue avec beaucoup d'écho. L'homme est habité par le blues. C'est indiscutable sur le lent "Bloodstains upside the wall". Un blues à ras de terre qui vous décoiffe au passage. Su-per-be!! Si Shah n'a pas la technique innée, il est saturé de feeling. Ce qui explique pourquoi son discours à l'harmonica passe la rampe admirablement. Sa version de "Mellow down easy" est un bonheur. Une formule ultra simple, mais gagnante à coup sûr. Et lorsqu'il maintient le rythme, il évolue à proximité du style très roots de Magic Slim. Avec bien sûr, l'accent réservé, non pas à la guitare, mais à l'harmonica. A l'instar de "Don't kick me to the curb", "Eyesight to the blind" et de la cover de Sonny boy Williamson, "Born blind". Et, vous l'avez compris, même si l'homme de Detroit est très imbibé de la fameuse Hastings street, c'est bien l'atmosphère du South Side de Chicago qui se dégage tout au long de "Deep Detroit". Et, au bout de l'album, il devient complice d'un autre merveilleux bluesman, Jimmy Reed. Pour y souffler dans les aigus sur "Repro man". Enfin, avant de clore l'opus, il vous inocule un dernier frisson, en interprétant le lent "Once upon a time". Il était une fois….un excellent bluesman, appelé Harmonica Shah. Laissez-vous tenter!

 

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