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dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Blues Blood

Réputé sur le circuit allemand du blues, Tom Shaka aura bientôt 50 ans. Il passe d'ailleurs une bonne partie de son existence à Hambourg. Je lui connaissais l'album "Hot'n'Spicey", sorti sur Crosscut en 92. Il fait équipe cette fois avec son frère Bill. De leur vrai nom Sciacca, les frangins ont du sang sicilien qui coule dans leurs veines. Ce qui explique, sans doute la chaleur qu'ils dégagent naturellement. Tom chante, de manière excellente, et joue des guitares. Bill l'accompagne à l'harmonica. Leur downhome blues est croustillant et d'excellente facture.

Très bien enlevée, leur version de "Sugar Mama" respire le blues bon teint. Envoûtante, profonde, la voix de Tom Shaka éclate depuis les tréfonds de sa gorge. Sa puissance naturelle donne du relief aux plages pourtant déjà bien connues telles que "Peach Tree blues" d'Eddie Taylor ou le sublime "Cold Chills". Lorsque les Shaka s'excitent sur le bouillonnant "Send you back to Houston", c'est pour mieux annoncer leur hommage à l'un des plus grands, Sam "Ligthnin' Hopkins. Et c'est avec beaucoup d'émotion qu'ils s'acquittent de son "Drinkin' woman". Bill Shaka y va du style "whoopin'" de Sonny Terry sur "Crawdaad song". J'adore les deux versions de "Prowling Groundhog" de Joseph Lee Williams. Tom nous y flanque le frisson dans son interprétation à mi-chemin entre Sam Hopkins et John Lee Hooker. C'est également d'une voix très noire qu'il chante a capella le traditionnel "John the Revelator". Les trois dernières plages ont été prises live au Dowtown Blues Club de Hambourg. Les frères interprètent "Found true love" de Jimmy Reed, avant d'inviter Lousiana Red et sa slide roucoulante pour "Sweet leg girl" ; et enfin de laisser Honeyboy Edwwards prêter sa voix fantomatique au "Shake 'em on down" de Tommy Mc Clennan. Excellent dans le style!

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Midnight delight

Digne représentant du Delta blues moderne, Lonnie Shields est aujourd'hui âgé de 44 ans. Originaire de West Helena, dans l'Arkansas, il est venu au blues, après avoir rencontré les Jelly Roll Kings, Frank Frost, Sam Carr et Big Jack Johnson. Lorsque le label Rooster se fixe à Clarcksdale, dans le Mississippi, il est le 1er bluesman local à y enregistrer. L'album "Portrait", en 92, pour ne rien vous cacher. Johnny Rawls le fera signer chez JSP, le label anglais de John Stedman, sur lequel il sortira 2 albums, "Tired of waiting" en 96 et "Blues is on fire", l'année suivante. Lonnie avait commencé à enregistrer cet album pour Rooster en 93, mais ce travail a été complété pour "Midnight delight". Il est accompagné par l'équipe locale de Rooster. En l'occurrence, Johnny Rawls, L.C Luckett et Super Chikan.

Lonnie est surtout un chanteur de soul blues. Sa musique est légère, empreinte de beaucoup de sensibilité. La guitare semble frêle, mais elle aussi, laisse échapper bien du feeling. Ce n'est donc pas un album de Delta blues, car la place laissée à la soul l'emporte aisément. Dommage, car lorsque notre homme s'attaque au blues, c'est plutôt réussi.

Curieux, mais la meilleure plage, "Lookin' up at the blues", clôt le disque. Un blues réellement savoureux. Son jeu tout en finesse sur les cordes épouse idéalement sa voix chaleureuse. Dans le genre, "Arkansas is my home", interprété en compagnie de son ami Super Chikan à la guitare n'est pas mal non plus. L'ouverture qui donne son nom à l'album se dessine autour d'une bien jolie mélodie, colorée par les cuivres des Gold City Horns. Voilà une plage que j'aimerais entendre chantée par Robert Cray. La guitare toute en dentelle de L.C Luckett et le jeu de basse d'Eric Thomas accompagnent à merveille "Love games". Le riff de "I'm bad" nous invite à la danse. L'instrumental "De Soto bridge" (un pont qui relie l'Arkansas au Mississippi) est aussi un bon moment au cours duquel se distinguent Johnny Rawls à la guitare et Charles Hodges à l'orgue.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Other side of the road

Ce bluesman est assez difficile à cerner, tant il change de nom, ou plutôt de surnom! Né en Louisiane voici 64 ans, il a émigré vers la Californie en 1955. A Los Angeles d'abord. A San Francisco deux ans plus tard. Après un long passage au pénitencier, il fréquente le célèbre Eli's Mile High Club de Troyce Key, d'Oakland. En 1987, il signe son premier elpee, " Born to sing the blues ", sous le nom de Clarence ‘Guitar’ Sims, sur le label du club. Cet album a été réédité sous la forme d'un CD en 98, sur Mountain Top. En 96, il grave "It's going to be my time after while", sur Uptown Video. Il nous revient au cœur de l'écurie Fedora, encadré du boss Chris Millar aux drums, de Jeff Henry à basse, de J.J Malone au piano et de Paris Slim à la deuxième six cordes.

Fillmore Slim n'a pas la voix caractéristique d'un shouter. Il n'en a ni le timbre, ni la puissance. Elle affiche même, en permanence, un certain sentiment de fragilité. Ce qui ne l'empêche pas de chanter juste et avec une bonne dose de feeling. Le plus intéressant chez Slim, c'est la manière de faire sonner sa guitare. La tonalité est propre, très amplifiée mais à aucun moment lourde. Ses soli sont autant de petits ouvrages savamment ciselés.

Et on s'en compte dès les premières plages, "Let's talk about love" et "Dial 911". Parmi les meilleurs instants de cet album, je poserai le doigt sur le paresseux "Kicked out" et, dans le même registre, la superbe plage titulaire. Sur "The girl can't cook". Paris Slim joue de la steel guitar, rappelant ainsi, avec émotion, l'un des bluesmen que Clarence rencontra dans ses 1ères années à Frisco, le redoutable LC "Good rocking" Robinson. Sur "Lousiana scat", Slim renoue avec ses origines de la Nouvelle Orleans. Le trombone de Los Nunes est à l'avant-plan, et y reste pour la finale écrite par Danny Bartholomew, " Blues Monday ". Légèrement funky, colorée de phrases de guitare empruntées à Albert King, " Annabelle " est une composition que j'aime beaucoup. Tout comme le dépouillé, proche du Delta " Down on the farm ". Un bon album!

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Snakebite

Morris Holt, alias Magic Slim est l'un des derniers grands bluesmen de Chicago toujours présents. Et quelle présence! Il est aujourd'hui âgé de 63 ans. Né à Torrence, dans le Mississippi, il est devenu l'ami d'enfance d'un autre bluesman magique, Magic Sam Maghett. Slim a formé ses Teardrops en 1967, avec ses jeunes frères, Nick et Douglas, respectivement à la basse et aux drums.

Son premier album, "Born under a bad sign", est sorti en 1977, sur le label français MCM. Et le suivant, "Highway is my home", l'année suivante, sur Black & Blue. Depuis, il ne cesse d'enregistrer. Autant en studio que live, pour les labels Alligator, Rooster Blues et Wolf. "Snakebite" constitue déjà le 4ème pour Blind Pig, après "Gravel road", en 90, "Scufflin" en 96 et "Black Tornado", en 98. Frère Nick tient toujours la basse, Allen Kirk, les percussions et Michael Dotson, la 2ème guitare.

L'ouverture "What's wrong", est du pur Magic Slim. La voix est voix puissante. Le rythme et la guitare ne cessent de s'évader. Quand il a obtenu la résidence au club Florence à Chicago, il succédait à Hound Dog Taylor. Instrumentale, la plage titulaire est ici un vibrant hommage à ce dernier, le même produit brut ; et Dotson tient la slide pour rivaliser avec Slim. "Please don't dog me" est bien entendu le blues lent attendu. Son climat volontiers dramatique est appuyé par la guitare qui ne produit que les notes nécessaires, mais avec intensité. Parfois Slim pousse un petit écart vocal emprunté à Howlin' Wolf. "Key to your door" émarge au funk, matière à se trémousser face à la scène. Rock'n'roll très Berry "Shake it" déménage. Et lorsqu'il nous envoie "Lump on your stomp" de Little Milton, sur un rythme à peine adouci, tout le monde se secoue. "Lump on your stomp" de Little Milton est envoyé sur un rythme à peine adouci. La reprise du "Country Boy" de Muddy Waters est du pur Chicago Southside. Muchael Dotson chante son "Lonesome trouble", avec une bonne dose de soul, et une guitare tournée vers Albert King. "Snakebite" se referme comme il s'était ouvert, avec du pur Magic Slim ; un boogie shuffle intitulé "Mind your own business". Un excellent album!

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Lettin’ go

Frank ‘Son’ Seals est né à Osceola dans l'Arkansas. En 1942. Il baigne très tôt dans le blues, puisque son père tenait un juke joint. Durant les 60s, il joue de la batterie dans le backing band d'Albert King. Basé depuis 71 à Chicago, il est alors découvert par Bruce Iglauer, le patron du label Alligator. Il a enregistré à ce jour 8 albums sur ce label, dont le superbe "Midnight son" en 1977 et le live "Spontaneous combustion" en 96, son dernier opus. Il puise ses deux influences majeures chez Magic Sam, et de manière plus évidente, chez Albert King. Un point de départ qui lui a permis de se façonner un style très personnel dont il est en effet facile de reconnaître le jeu.

Cette joie de jouer, de libérer des notes coupantes mais toujours mélodieuses, nous la retrouvons dans toute son œuvre. Tendez donc l'oreille à "Doc's blues". A n'en pas douter, le musicien doit être heureux pour imaginer de tels soli. Sur "Hair on a frog", personne ne peut le retenir. Les cuivres en bavent d'aise et Al Kooper sourit derrière son orgue Hammond. La puissante voix de Son semble encore s'épaissir avec l'âge. Elle paraît forgée pour chanter le blues lent. Comme ici sur "Bad blood" et "Jelly, jelly". Seals s'essaie aussi au rock'n'roll. Sur "Osceola rock". Au gospel également. Lors d'un irrésistible "Rockin' and rollin' tonight" qui emprunte à la fois au country et au roadhouse blues. Enrichie d'arrangements de cuivres et caractérisée par sa mélodie accrocheuse, "Let it go" est ma plage favorite. A coup sûr, l'un des tous meilleurs albums de ce début 2000 !

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

That´s it!

Jimmy Thackery est bien connu chez nous. A cause de sa longue participation aux Nighthawks ; mais également de sa carrière personnelle, qu'il mène en compagnie des Drivers et qu'il a ponctué d'excellents albums, sur le label Blind Pig. David Raitt est un inconnu. Quoique, comme frangin de la délicieuse et talentueuse rouquine, Bonnie Raitt, il a sans aucun doute de qui tenir. Jimmy et David jouaient ensemble lorsqu'ils fréquentaient la même école. Cela fait un bail ! Ils se sont retrouvés dans les studios de Patrick Ford à Berkeley. Les musiciens sont d'ailleurs des habitués du cercle familial Ford.

Si "Tell me" adopte un shuffle impeccable, le duo est plus proche du R&B. Et la voix de David, haut-perchée, se prête idéalement à ce style largement cuivré. La reprise de "Me", signée Mike Bloomfield et Nick Gravenites, est superbe. Bonnie vient donner la réplique vocale sur le funky "Same thing" fouetté par les cordes très offensives de Jimmy. Traitement shuffle à la texane pour la reprise du canon, "How many more years". David a revêtu l'habit du géant Howlin' Wolf. Jimmy prouve qu'il est capable de tempérer ses ardeurs, comme dans l'exercice du blues lent, "Watch your back". Et il se montre économe de ses notes en exécutant un solo qui force le respect et l'admiration quand il reprend "It takes time" d'Otis Rush. Quant à David, il est ravi lorsqu'il peut chanter un R&B bien frappé. Peuplée de cuivres, la version du " That's it " de Patrick Ford, permet à Jimmy de s'emparer d'une slide bien sage! L'exercice vocal est aussi très réussi dans la reprise de "Driving wheel" de Roosevelt Sykes. Cet album de bonne facture s'achève par " Cold heart ", une plage irrésistible, dansante et rythmée à souhait…

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

West Coast house party

Kid nous invite à une fameuse party. A n'en pas douter, l'homme a de nombreux amis et pas des moindres, croyez-moi! C'est bien une "West Coast pary", toute en swing et en jump à laquelle nous sommes conviés. Une musique qui a changé le jour où un certain Aaron ‘T-Bone’ Walker a quitté son Texas natal pour L.A et relié sa guitare à l'électricité. T-Bone a ensuite été rejoint par des grands du blues comme Pee Wee Crayton, Percy Mayfield et Johnny Watson. Kid a joué durant 8 années dans le James Harman Band. Il y a tout appris, de Hollywood Fats, un temps son coéquipier ; mais également de Junior Watson, alors membre des Mighty Flyers.

Beaucoup de potes se sont joints à la fête pour entourer le Kid. Des guitaristes et des chanteurs. En l'occurrence, Fred Kaplan au piano, Larry Taylor à la basse et Stephen Hodges aux drums ; sans oublier un trio de cuivres en or constitué de Jeff Turmes, de Steve Marsh et de Jonny Viau.

L'album débute et se termine par deux versions de "Strollin' with bone". Deux adaptations instrumentales qui rendent hommage à qui vous savez. Avec trois guitares. Celles de Kid, de Duke Robillard et de Clarence "Gatemouth" Brown. Quel feu d'artifice! Sur "Lizabeth" et "Silly dilly woman", il est rejoint par Rusty Zinn, qui chante et gratte. Les échanges sont de grande classe. Pour le reste, cet album présente une grande unité. Le jump R&B est d'un tel niveau, qu'il est malaisé de faire ressortir le moindre titre. On retrouve encore, parmi les invités, Rick Holmstrom, Little Charlie Baty et Junior Watson. Aux guitares. Et puis au chant, James Harman, Janiva Magness, Lynwood Slim, Kim Wilson, James Intveld et Big Sandy Williams. Un bouquet de rêve! Duquel j'épinglerai "Real gone lover" (de Smiley Lewis), avec Kim Wilson, impérial à l'harmonica lorsqu'il ne chante pas dans son micro Astatic. Kim reprend aussi un autre titre de Lewis, "Where were you?". James Harman chante son "One Mo' peep". Il est aussi amusant d'entendre Big Sandy (des Flyright Boys) se divertir du western swing pour chanter (fort bien) le blues sur le détonant "Guitar player" ; et surtout "Wipe your tears". Et la party se fait plus T-Bone que jamais lorsque Duke Robillard et Gatemouth viennent épauler le Kid sur "Welcome blues". Ce solide voyage dans le temps, qui remonte à pratiquement un demi-siècle, n'est pas banal, et est même tout à fait excitant!

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Cool Blue

Né en 1956 à SoIingen, l'Allemand Rannenberg est certainement un des fleurons européens dans l'exercice de blues et du boogie woogie. Il a pris très tôt goût au blues, à l'écoute de Blind John Davis, Henry Gray et de Willie Mabon. En 82, il part à Chicago ; et dès son retour, forme un duo avec le saxophoniste Gary Wiggins, the International Blues Duo. En 90, on le retrouve à San Francisco auprès de Johnny Heartsman.

Il est apparu à maintes reprises chez nous. Notamment à Tamines, pour y accompagner Angela Brown. Il a accumulé une expérience peu banale, en écumant une multitude de scènes mondiales. Il a déjà pas mal enregistré pour le label Acoustic, dont l'album "Blues", en 1997.

Il débute seul, par "Honey from Amsterdam", une admirable pièce de boogie woogie tempérée. Aron Burton est venu prêter sa voix rocailleuse pour le blues lent, "Any day but today". Chris assire la partie de piano avec une sensibilité exacerbée, digne de Roosevelt Sykes ou de Sunnyland Slim. Chris chante un autre superbe slow blues, "Early morning blues", face à la guitare de Jan Hirte et la basse d'Aron Burton. Notre teuton a tout compris des maîtres. Il aborde avec aisance toutes les facettes du blues. Puissamment mélodique sur "Bye bye tiger" et "Hooked", boogie woogie sans artifices pour le délicieux "Boogie Woogie Red special", et Chicago Southside tout au long de "Since you've been gone", une composition dont le piano est talonné par la slide de son ami de Cologne, Richard Bargel. Muddy et Otis sont alors dans notre esprit. Et je m'en voudrais d'omettre la présence de sa reprise du "Swanee River boogie". Un régal d'une bonne heure pour les adeptes du piano !

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Heart made of steel

Terry Robb est un guitariste réputé dans le Nord Ouest américain. Il compte déjà plusieurs albums à son actif, mais n'est pas un musicien démonstratif. Il ne joue pas sur le son puisqu'il n'utilise ici que des instruments acoustiques. Ce qui ne l'empêche pas de s'entourer d'autres collaborateurs. Et dans ce contexte, c'est plutôt original.

Il ouvre l'album par " Home improvement ", une plage swinguante, découpée par le piano versatile de Miss Janice Scroggins et enrobée de toute une section de cuivres. La plage titulaire est un blues très roots, au cours duquel sa guitare acoustique tremble d'efficacité. Terry saisit sa bottleneck pour entamer un dialogue avec la lune, sur l'amusant "Little white moon". Proche du Memphis boogie, " Down and out " est imprimé sur un bon tempo, nerveux, renforcé par des cuivres. Bénéficiant du concours de la mandoline du compagnon de label, Steve James, la version du "Change my ways" d'Alan Wilson est bien rafraîchissante. Le swing revient avec l'alerte "Got me shakin' now". Sur "Now I know what they mean", nous nous retrouvons dans le jazz traditionnel. Terry n'est accompagné que par trois cuivres : sax, trompette et trombone. Robb n'est pas un chanteur remarquable. L'attention se focalisera donc davantage sur les diverses faces instrumentales qui complètent cet album. Et notamment le fabuleux exercice technique opéré sur "Omaha bounce", avec l'aide du piano jazz et swing de John Boe, ou lors du blues léger "Enron blues". On accordera le prix du bonheur de cet album à un duo instrumental qu'il partage avec Steve James, pour "Cypress inn stomp"...

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Explorer

Duke est l'un des plus grands guitaristes de blues contemporain. Très prolifique, on ne compte plus ses albums ni ses participations. Pour concocter " Explorer ", il est secondé par ses fidèles musiciens. John Packer à la basse et Doug James au sax, rejoints par Jeff McAllister aux drums et Gordon "Sax" Beadle aux saxophones. L'ouverture est magistrale et annonce un début vraiment prometteur. Le groove dégagé par la section rythmique, les riffs des deux saxes, l'orgue de Tom West et la voix dominante de Duke contribuent à la confection de cette perle de R&B, intitulée "Male magnet". Tous les éléments avancés ci-dessus restent présents pour la suite.

Quel plaisir pour un soliste de pouvoir venir s'intégrer à ce décor sonore. Et comme le soliste en question est du genre génial, tout s'imbrique idéalement comme les pièces d'un puzzle. A l'instar de "Just between me and you". Et puis pour assurer la montée en puissance, la guitare passe à l'avant-plan avec une facilité qui blesse sur "Soulful". Duke n'est pas un copieur. Il assimile certes, mais surtout il peut créer. Et ce solo dans les basses sur "Hang on", il faut vraiment aller le chercher. L'album se fait alors plus classique. Blues en compagnie de l'harmoniciste Jerry Portnoy sur "Sayin' don't make it so". Blues roots chez "Misunderstanding blues". Jump avec "Jumpin' with Duke". Swing blues "deluxe" tout au long de "You dropped the thing on me". Et il communique une ambiance quasi celtique à "Brand new fool". Avec violon, accordéon et mandoline. Duke est un véritable mythe. Il ne faut pas oublier qu'en 1967, il fondait Roomful of Blues. Très productif en 99, le Duke avait sorti "Conversations in swing guitar" avec Herb Ellis sur Stony Plain et "La Palette Bleue" sur Dixiefrog. Tout comme "New blues for modern man", ce dernier était sorti aux USA sur Shanachie. A mon humble avis, "Explorer" leur est supérieur. Une œuvre qui se termine dans un blues majestueux, "Time is short".

 

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