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Enzo Porta

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mardi, 12 février 2008 20:06

Grounded

Dominik Haas alias Jahcoustix n’est pas jamaïcain mais il aime le reggae. Il faut dire que ce dernier le lui rend bien puisque ce disque a rencontré un énorme succès dans son Allemagne natale. Notre homme a vécu de nombreuses années en Afrique et c’est peut-être pour cette raison que ses paroles embrassent les thématiques afrocentristes du Rastafarisme. « Grounded » mélange donc habilement un reggae roots classique et des éléments de pop, de jazz et de soul. Rien d’original (quelques titres s’inspirent un peu trop de Finley Quaye), mais c’est un disque raffiné et aux mélodies agréables, bien porté par la voix de Jahcoustix. Si le style pratiqué navigue quelque part entre les harmonies douces des trios vocaux jamaïcains et une version light d’Horace Andy, on doit quand même y ajouter un zeste de Jacob Miller. Idéal pour débuter en reggae, avant de s’aventurer du côté des maîtres, largement cités (c’est un euphémisme) sur « Grounded ».

mardi, 22 janvier 2008 19:56

Camping Shâabi

Les Anversois de « Think of One » sont réputés pour leur capacité à se frotter aux musiques du monde entier afin d’en élaborer une version éminemment personnelle. Grand connaisseurs de culture marocaine, ils ont édité, il y a quelques années, la série « Marrakech Emballage Ensemble » ; trois elpees pour lesquels ils ont reçu la collaboration de musiciens issus de ce pays sis au nord-ouest de l’Afrique. Ils ont interprété et réarrangé quelques titres de ces albums, mais également composé de nouvelles chansons pour ce « Camping Shâabi », un disque très audacieux (et parfois un peu déconcertant) enregistré en compagnie de plusieurs musiciens et chanteurs locaux, mais aussi quelques Belges comme Véronique Vincent, vocaliste des légendaires (et excellents) Tueurs de la Lune de Miel.

Le shâabi est une musique traditionnelle berbère jouée lors des fêtes, et en particulier des mariages. Les Think of One mélangent les rythmes complexes du shâabi au rock lourd (« Hamdushi Five »), au hip hop (« Gnawa Power », « Trap het Af »), à l’électro, au jazz et au  reggae (« Mon verre » et « Mon verre revient »). Un cocktail pas toujours très heureux mais imparable lorsque paradoxalement le format ‘chanson’ est adopté. Les paroles décalées de David Bovée s’accordent alors à merveille aux chœurs d’Amina Tcherkich et Lalabrouk. Les histoires contées dans « Où tu vas », « J’étais jetée » ou « Mon Verre » acquièrent alors un fameux pouvoir d’évocation. On épinglera également le magnifique « Sharia Orabi », le meilleur titre du lot, qui transporte Nino Rota dans cette région du Maghreb.

mardi, 22 janvier 2008 19:50

Carnival vol.II : Memoirs of an Immigrant

Des trois Fugees, Wyclef est manifestement celui qui a le mieux réussi sa carrière solo. Pras a disparu pour de bon et Lauryn Hill lutte contre de sévères problèmes mentaux. Wyclef a rencontré un énorme succès populaire lors de la sortie de ses deux premiers albums ; néanmoins, il s’est montré bien plus discret par la suite. Ce qui ne l’a pas empêché de continuer à sortir des disques ; mais il faut reconnaître qu’après « Ecleftic », la qualité a rarement été au rendez-vous. Bonne nouvelle, il nous revient en forme pour un concept album consacré à l’immigration. Il réserve ainsi une suite à son premier elpee, intitulé « Carnival ». Toujours épaulé par son vieux compère Jerry Duplessis, Wyclef reste fidèle à l’éclectisme forcené qui est la marque de fabrique de ses albums. Ragga, métal, ballades folk et hip hop s’entrechoquent au sein d’un univers parsemé de sonorités orientales, indiennes et haïtiennes. Les invités sont aussi légion : Sizzla, Tony Matterhorn, Paul Simon, Norah Jones, Mary J. Blige, will.i.am, et la liste n’est pas exhaustive...

L’opus s’ouvre parfaitement sur « Riot », un hip hop dopé aux riffs d’Iron Maiden et mélangé à un vieux titre de reggae digital. « Sweetest girl » est le single accrocheur de « Carnival II ». Du r’n’b mélodique qui emprunte son refrain au « C.R.E.A.M. » du Wu-Tang. Les événements se gâtent à partir de « King & Queen », très mauvais duo partagé en compagnie de Shakira. C’est à partir de cet instant que Wyclef commence à diluer le son tout en glissant de plus en plus vers une variété moins inspirée. Quelques titres du même style (dont les duos échangés en compagnie de Mary J. Blige et Norah Jones) plombent l’album. Ils témoignent d’une panne d’inspiration ou d’une trop forte volonté de plaire à tout le monde… Un album à moitié réussi donc, dont on retiendra surtout les quelques bons moments.

MSN: http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6239929

I-tunes: http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=268197958&s=143446

mardi, 01 janvier 2008 01:00

Paranoid Park (B.O. film)

Cinéaste profondément original, Gus Van Sant est aussi musicien. C’est peut-être la raison pour laquelle il affiche un goût très sûr pour illustrer musicalement ses films de plus en plus épurés. Les dix-neuf titres de cette bande originale partent dans tous les sens et reflètent bien l’état d’esprit du personnage du film, un jeune skateur rongé par la culpabilité. Et pour cause, il a tué un agent de sécurité…

Nino Rota est sans conteste l’invité d’honneur du disque. Le compositeur attitré de Federico Fellini participe à quatre titres. Issus de « Giulietta degli Spiriti » et « Amarcord, ils portent sa géniale patte : une atmosphère féerique susceptible à tout moment de verser dans le cauchemar. A côté de deux très belles plages signées Elliot Smith, figurent des fragments de la neuvième de Beethoven, un vieux tube de Billy Swan, le hardcore old –school (et inécoutable) de « The Revolts », la belle pop expérimentale de Menomena, les ‘soundscapes’ inquiétants de Robert Normandeau et Frances White, l’electronica d’Ethan Rose ainsi que le hip hop pas très inspiré de Cool Nutz. Sans oublier la country acoustique et surannée de Cast King, vieil homme de 79 ans qui vient d’enregistrer son premier album. Cette figure oubliée de la country des années 50 chante un intriguant « Outlaw » semblant provenir tout droit d’un ‘field recording’ d’Alan Lomax. Original et vivement conseillé !

mardi, 01 janvier 2008 01:00

Made in Dakar

Légendes de la musique africaine des années septante, les membres de l’Orchestra Baobab animaient les nuits chaudes de Dakar. Ils ont dû se ranger des voitures au début des années 80, suite à l’arrivée d’un nouveau style de musique. Popularisé par Youssou’N’Dour, le m’balax a tout balayé sur son passage et les ambiances caribéennes du Baobab sont passées de mode. A l’orée des années 2000, Nick Gold (le patron de World Circuit) les a convaincus de se remettre à la musique. Belle initiative puisque ce deuxième album depuis le come-back est très bon. Une salsa à l’africaine où les tambours sénégalais se mélangent parfaitement aux percus latinos pour des résultats qui touchent au sublime sur des titres comme « Nijjay » (ambiance très western rehaussée par la présence de Youssou’N’Dour au chant), « Ami Kita Bay », « Sibam » ou encore « Ndéleng Ndéleng ». Des morceaux un peu plus graves que le reste de « Made In Dakar », mais les plus essentiels. Comme d’habitude chez World Circuit, les artifices de production s’effacent devant le talent des musiciens présents. Les cuivres se lancent dans des beaux thèmes mélodiques mais ce sont surtout les parties de guitare de Barthélémy Attisso (solo) et de Latfi Benjaloun (rythmique) qui apportent tout leur sel à « Made In Dakar ». Impériales et étonnantes du début à la fin, pas besoin d’en dire plus.

mardi, 01 janvier 2008 01:00

Version Excursions

Un peu comme le jazz, le reggae est un genre musical qui s’est beaucoup frotté aux reprises. Entre opportunisme pop et versions plus personnelles, l’exercice a souvent généré de la musique anecdotique, mais plus rarement engendré de grands moments. Fidèles à la tradition, les Lyonnais de « The Dynamics » prennent un malin plaisir à passer des classiques du rock, de la soul et du funk dans une moulinette dub, rocksteady ou ska. Le disque est remarquablement produit et joué (synthés et reverbs ‘vintage’ à profusion) ; et on sent que les titres ont été repris pour rendre hommage aux brillants compositeurs qui les ont écrits. Parmi les plages les plus réussies, on décernera une mention spéciale à la version ultra funky de « Miss You », le « Music » de Madonna transformé en disco reggae infectieux et une adaptation rêveuse du « Move On Up » de Curtis Mayfield. Le reste est tout bonnement agréable. Néanmoins, il faut quand même avouer qu’il est difficile de transformer en catastrophes des titres comme « 7 Nation Army », « Lay Lady Lay », « 90% Of Me is You » ou « Feel Like Making Love »…

Public Enemy roule sa bosse depuis 20 ans. Une éternité dans le monde du hip hop. Le clan de Chuck D est d’une intégrité qui force l’admiration. Presque dix ans après avoir tourné le dos aux grandes corporations du disque, la formation de New York est toujours férocement underground et indépendante. Pour fêter cet événement, ils sortent ce brûlot funky et abrasif qui fait mordre la poussière à la plupart des albums de rap entendus cette année. Un mélange entre l’humour corrosif et déjanté de Flavor Flav et le flow vengeur de Chuck D, le tout soutenu par les beats archi efficaces de Gary G Wiz. Côté invités, Krs-One vient lâcher quelques rimes sur « Sex, Drugs and Violence » et Redman produit le beat ultra funky de « Can You Hear Now ? »

Un dvd accompagne l’album. Il contient un documentaire intéressant sur une tournée de Public Enemy accomplie en 1998. Le groupe opère son retour sur scène après 3 ans d’absence. Il croise des artistes comme Busta Rhymes et des tous jeunes Black Eyed Peas pas encore méga stars. Un autre docu témoigne des prestations scéniques actuelles de PE entrecoupé d’intermèdes au cours desquels les danseurs du crew préparent leurs chorégraphies guerrières. Quelques clips sont aussi inclus (dont le très bon « Unga Bunga Bunga » de Flavor Flav). On peut y voir quelques poulains du label Slamjamz (fondé par Chuck D) parmi lesquels on épinglera le métal jazz furieux de The Banned. Bring the noise, baby !!

A l’instar de nombreux producteurs hip hop, Daft Punk a réussi à transformer d’obscures pépites des années septante et quatre-vingt en succès planétaires. La preuve par neuf est opérée par cette compilation qui dévoile l’inspiration ayant présidé à la confection de tubes tels que « One More Time », « Digital Love » ou « Harder, Better, Stronger, Faster ». Ce voyage intéressant entre électro, house, funk, jazz et disco d’antan démontre la grande érudition musicale du duo parisien, mais permet aussi de découvrir quelques titres qui n’ont pas pris une ride. Du funk futuriste de Breakwater (totalement repompé sur « Robot Rock »), Sister Sledge et Edwin Birdsong (superbe « Cola Bottle Baby » qui a inspiré « Harder, Better, etc. »), en passant par le disco hédoniste de Karen Young et Cerrone, quelques titres dépassent largement le statut de curiosité. Là où certains emprunts sont évidents, on aura plus de mal à découvrir, sur quelques autres morceaux (celui de Chaka Khan en tête), ce que les robots de Paris ont samplé. Les curieux s’en donneront donc à cœur joie, tandis que les ‘beatmakers’ en herbe prendront des leçons.

samedi, 15 décembre 2007 01:00

Concours Circuit (rock dur). Finale

Les fanatiques d’orgies métalliques et les curieux s’étaient donné rendez-vous au Botanique. A l’abri du froid nordique qui gèle la capitale, ce public était venu pour apprécier les joutes infernales qu’allaient se livrer six formations de la Communauté Française. Objectif : décrocher les prix offerts par le concours devenu référence pour les musiciens du sud du pays. Pas de « Lay Lady Lay » ici, c’est du son pour les brutes qui va se déverser toute la soirée entre la Rotonde et l’Orangerie.

Ever Grey Sky ouvre les hostilités. La plupart des membres du groupe porte un short. Il faut dire que la salle est bien chauffée. Ces jeunes gebs pratiquent une musique qui rappelle beaucoup le punk hardcore américain des années 80. Leurs morceaux sont tous construits sur l’alternance de passages archi-gueulards et de moments plus calmes et mélodiques. Le son en salle est beaucoup trop fort et même si la musique est bien exécutée, elle n’est guère originale. Vu que mon ostéopathe m’a dit conseillé d’être davantage à l’écoute de mon corps, je décide de suivre ses conseils et je quitte de la Rotonde.

Kill My Doll embraie à l’Orangerie. Ils ont accroché une banderole, illustrée par des rictus grimaçants, derrière la scène, et attaquent un set impeccable, dans le même style qu’Ever Grey Sky. Mais la qualité est bien meilleure. A cause d’une plus grande maîtrise instrumentale. Puis de leur vocaliste. Lors des intermèdes chantés. Dont les inflexions funkysantes à la Suicidal Tendencies se marient à la perfection avec le timbre proche de Franz Treichler (Young Gods). Mais pourquoi donc, ne se contente-t-il pas de chanter ?

Ambiance seventies chez The Chargers (of GSM ?), qui attaquent un set de hard à l’ancienne en lorgnant manifestement vers AC/DC, Motorhead et ZZ Top. Deux énormes pots d’échappement phalliques placés devant la batterie déversent une épaisse fumée blanche, tandis que les membres du groupe appuient leurs pieds sur des tabourets noirs comme l’enfer. Le chanteur qui ressemble à un redneck enragé de l’Alabama balance des riffs assassins à la guitare. L’originalité cède le pas à la compétence instrumentale mais on décernera aux Chargers notre coup de cœur, pour le concert le plus mélodieux de la soirée.

Plus hystérique, le chanteur d’Amadeus intrigue par son agitation frénétique. Il clame qu’‘il est ici chez lui !’. On en déduit donc que son groupe est bruxellois (NDLR : ben non il est liégeois !) Au vu des impeccables crinières des membres de la formation, on croirait qu’ils sont sponsorisés par une marque de shampooing. ‘Je vois que vous êtes chauds, comme ça le prochain groupe pourra s’amuser !’ On est décidément dans une logique de confrontation qui semble lasser le public. Le problème est que malgré un certain charisme, le chanteur manque de voix et oublie quelquefois de mettre sa bouche devant le micro. Il prend donc des poses de prophète pendant le titre « Smells Like Armageddon » ; mais on n’entend pas un mot de ce qu’il raconte. Après une dédicace à la formation hip hop Mr Spartako, il est temps d’aller voir ailleurs ce qui se passe.

Si les frères Taloche se mettaient au ‘brutal death metal’, le set ressemblerait sûrement à du Black Bleeding. Ces trois hurluberlus issus de la province du Luxembourg balancent des blagues hilarantes, jouent des morceaux de bal musette et tirent des bières de leur ampli basse transformé en frigo. Ils font rire le public pour mieux le précipiter dans le plus grand effroi. Car leur musique est tout simplement effrayante. Une pure émanation maléfique qui plonge le public dans un puits sans fonds de désespoir. Un mot quand même sur leur look bourré de contrastes. La tête complètement rasée, le chanteur/guitariste est vêtu d’un costard taillé pour les employés de banque. La forme de sa guitare est plutôt curieuse et le manche se termine en forme de fourche diabolique (brrrrr…) Pire encore, coiffé d’une casquette légèrement de travers, le bassiste est tellement maigre qu’il pourrait postuler un rôle dans un film consacré à des zombies. Du type « Le retour des morts vivants ». Mais mention spéciale au batteur qui se produit en caleçon et manifeste une dextérité technique impressionnante. Bref, ce groupe hors norme gagne à être connu.

Cette soirée avare en surprises s'achève par la prestation très pro de Suicide of Demons. Une formation speed metal qui rappelle le Metallica des débuts. Le guitariste possède une technique incroyable. Il parvient même à inverser les mains sur son manche. Manquait plus qu’il la mette à l’envers… Comme le hip hop, le heavy métal est un genre musical qui place les compétences au dessus des idées et de l’originalité. Suicide of Demons en est un parfait exemple, le groupe possède les ‘skills’ et l’énergie, mais pour l’originalité on repassera.

Et on termine donc cette soiréen riche en ‘negative vibes’, en attendant le vote du jury… A toi Bernard. (E.P.)

Un jury qui s’est réuni dans une ambiance très conviviale ; sans le moindre heurt. Et qui malgré certaines divergences de vues, a trouvé les consensus et les solutions sans la moindre difficulté. Rien à voir avec les tensions vécues l’an dernier, ni celles qui taraudent la formation d’un gouvernement en Belgique.

Au bout du long parcours du Concours Circuit, Suicide Of Demons a remporté la finale ce 15 décembre au Botanique. Black Bleeding termine deuxième. Au-delà des nombreux prix attribués au vainqueur, d'autres récompenses ont également été décernés aux finalistes.

En bref :

Premier prix : Suicide Of Demons

Deuxième prix : Black Bleeding

Prix Sabam : The Chargers

Prix des auditeurs de Pure FM (the rock show) : Amadeus

Tous les finalistes seront présents sur une compilation offerte par 3.14 (B.D.)

 
Pour plus d'infos :  http://www.concourscircuit.be

 

 

 

 

mardi, 18 décembre 2007 22:53

Super Afro Soul

Les obsédés du son de Lagos, pratiqué dans les années 60 et 70, auront peut-être remarqué Orlando Julius sur l’excellente compile « Funky Lagos », éditée il y a quelques années par le label Afro Strut. Les têtes chercheuses de Vampisoul quittent un moment le continent américain pour réunir en deux compact discs quelques titres emblématiques de ce saxophoniste/chanteur. Un pionnier dans le métissage des sons soul et du highlife.

Le premier disque se concentre sur les années 65-68. Orlando fonde les Modern Aces en 1965 et il s’amuse à mélanger les rythmes du highlife aux percussions religieuses du kokoma. Passionné par la soul américaine, il commence à reprendre quelques classiques du genre, comme le « My Girl » de Smokey Robinson. Les titres du premier cd sont rapides et laissent une belle place à l’improvisation des cuivres. Les rythmiques complexes du kokoma percutent les beats en 4/4 de la soul pour créer un mélange fichtrement intéressant. Pour vous convaincre, écoutez les funky en diable « Ise Owo », « Bojubari » ou encore « Ma Fagba Se Ye Ye »…

Le deuxième volume se focalise sur les années 69-72. Les morceaux s’allongent, ralentissent, se teintent de psychédélisme. Orlando va bientôt être éclipsé par les innovations de Fela Kuti. Il rend hommage à son maître sur « James Brown Ride On » et adopte les rythmiques sinueuses de l’afro-beat. L’atmosphère devient menaçante et reflète bien les remous politiques de l’époque. L’ami Orlando finira par quitter le Nigeria pour s’installer aux Etats-Unis où il se frottera à la scène soul et jazz. Mais ici, c’est une autre histoire ; et on vous conseille avant tout de jeter une oreille sur ce très bon « Super Afro Soul ».

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