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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Biohazard 8/8/26
Viagra Boys

Fontaines D.C.

Une fontaine de jouvence ?

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Fondé en 2017, Fontaines D.C. est une formation dublinoise qui appartient à la nouvelle vague rock, à l’instar de IDLES, The Murder Capital, Shame, Slaves et Squid, mouvement initié, faut-il le rappeler, par Girl Band. Devenu depuis Gilla Band, il s’était formé en 2011 ! A ce jour, le band a publié deux elpees, « Dogrel » en 2019 et « A hero’s death » en 2020. Et son troisième, « Skinty fia » paraîtra ce 20 avril 2022. Non seulement les musicos possèdent un sens de l’humour typiquement irlandais, même si aujourd’hui ils se sont établis à Londres, mais les textes respectent une prose toute poétique. Ils ont d’ailleurs publié collectivement deux recueils de poésie : l'un appelé ‘Vroom’, inspiré par les poètes Beat (Jack Kerouac, Allen Ginsberg), et l'autre intitulé ‘Winding’, par les poètes irlandais (Patrick Kavanagh, James Joyce, WB Yeats). Enfin, le sigle DC ajouté au patronyme signifie ‘Dublin City’, alors que l’article défini ‘The’ est passé à la trappe. Il a été ajouté parce qu’il existait déjà un groupe californien qui répondait au même nom. Ce soir, l’Aéronef est sold out et le public est essentiellement composé de quadragénaires…

Le supporting act est assuré par Just Mustard, un quintet également irlandais, mais dont le lead vocal est assuré par une fille ; en l’occurrence Katie Ball, dont la voix, éthérée, douce et presque murmurée, rappelle le plus souvent Harriett Wheeler des Sundays. A son actif 4 Eps et un album (« Wednesday »), sorti en 2018.

Dès le début du set la batterie cogne sec et percute. Toute la salle vibre sous le martèlement hypnotique, tribal du drummer. Oscillant entre post punk et shoegaze, la musique nous plonge au sein d’un univers tour à tour paisible ou corrosif, sis à la croisée des chemins de Beach House et de My Bloody Valentine. En général, la musique est construite sur une forme de crescendo atmosphérique, tendu et troublant, sur lequel la ligne de basse ondule. Mais lorsque Dave Noona, l’un des deux gratteurs, se fend d’un hurlement féroce, les deux sixcordistes explosent le mur de son. Une puissance viscérale qui contraste avec l’attitude imperturbable, presque glaciale de Katie. Et pas davantage d’interaction entre le public et le combo, qui semble cultiver cette distance. Un concert fort intéressant, rappelant la bande à Kevin Shields et tout particulièrement un concert qu’elle avait accordé dans l’ancien Aéronef, rue Solferino, en 1992. Même que le son de Just Mustard était presque (enfin, pas tout à fait, quand même) aussi puissant… (voir aussi notre section photos là)

Après une intro ‘soul’, les cinq membres de Fontaines D.C. grimpent sur les planches. Grian Chatten, le chanteur, salue la foule, mais on ne peut pas dire que ses fringues rivalisent d’élégance. Il a enfilé un tee-shirt de couleur noire XXL et un pantalon de jogging tout aussi extralarge. A contrario du gratteur Conor Curley, tiré à 4 épingles, et qui ne quittera jamais sa veste de tout le show. Pendant que les musiciens entament le set par « A lucid dream », morceau caractérisé par des sonorités de guitare surf, Grian déambule sur les planches en secouant une de ses mains. De loin on dirait qu’il cherche à se débarrasser d’un adhésif resté obstinément collé sur les doigts ; mais en fait, il s’agit d’une clope électronique qu’il manipule compulsivement (de couleur grise, merci Ludo). Un tic qu’il reproduira régulièrement tout au long de la soirée. Et puis, sa morgue évoque plutôt Liam Gallagher ; d’ailleurs quand il est face au micro, on dirait qu’il toise l’auditoire, une main dans le dos, alors que ses inflexions vocales hésitent entre celles de feu Mark E. Smith et de Damon Albarn. Imprimé sur un rythme modulaire et percutant, « Sha Sha Sha » rappelle curieusement The Clash. Une sèche et une fuzz alimentent « Jackie show the line », moment choisi par le light show, suspendu, au plafond, de reproduire des flammes oranges qui (re)montent et (re)descendent. Le public reprend en chœur les paroles du single « I don’t belong », démarche qu’il va régulièrement entreprendre sur les titres les plus connus. Chatoyantes, brimbalantes, les six cordes chamarrent littéralement « You said ». Une intensité électrique en crescendo digne des premiers albums de Radiohead inonde « Television screens », alors que la basse de Conor Deegan III trace une ligne gothique. Tom Coll (NDR : si Chatten paume sa cigarette électronique, il pourra toujours lui refiler du papier collant) imprime un tempo tribal à « Chequeless Reckless ». Les gobelets de bière voltigent dans les airs (NDR : et pourtant, ce n’est pas la St Patrick ; d’ailleurs, comme les Anglais, les Irlandais ne gaspillent jamais la bière : ils la boivent, même chaude !) L’ambiance monte d’un cran pendant « Television screens », alors que l’un ou l’autre téméraire se lance dans le crowdsurfing et qu’un fan apparemment surexcité, juché sur les épaules d’un comparse, brandit un drapeau irlandais. A mi-parcours de la ballade nostalgique « I love you », Chatten se met à déblatérer à une cadence soutenue, une compo qui, à son issue, déclenche une grosse clameur dans la fosse. Régulièrement, Grian tente d’enfoncer son pied de micro dans le plancher (NDR : aurait-il trouvé du pétrole ?) Et tout particulièrement pendant l’incendiaire « Too real », moment choisi par O’Connell pour faire une incursion rapide au sein des premiers rangs. Ode à la jeunesse, « Roy’s tune » permet au band de souffler quelques minutes. Les grattes alternent moments atmosphériques, réminiscents du Cure, et jaillissements acides, tout au long de « Stinky Fia », le titre maître du nouvel opus, alors que la voix de Chatten est trafiquée par un filtre vocodeur. Bref, mais tribal et fulgurant, « Big » est sculpté dans le punk rock. Et le set de s’achever par « Boys in a better land », un peu comme si Chatten prononçait un sermon face à une congrégation acquise à sa cause mais particulièrement réactive face à face à son discours ; et le tout sur un rythme insidieusement calqué sur le « Gloria » de Them, une formation irlandaise légendaire, mais du Nord, dont le leader, Van Morrison, né en 1945, se produit toujours sur scène, mais sous son propre nom ! (NDR : et pour l’anecdote, sachez que Grian a récupéré le drapeau…)

Fontaines D.C. se fait désirer pendant de nombreuses minutes, et finalement décide de revenir sur l’estrade. Il attaque d’abord le rythmé « Here’s death », embraie par le punk rock tribal et débridé « Hurricane laughter », un titre traversé de larsens, au cours duquel Chatten susurre des ‘ssss’, tel un serpent à sonnettes, puis ose un bref bain de foule, avant que Carlos O’Connell, le guitariste le plus déchaîné, ne se lance dans un crowdsurfing, sur dos, tout en jouant de la gratte. Le concert s’achève par « Nabokov » une nouvelle compo (NDR : elle figurera sur l’album « Stinky Fia ») qui se réfère probablement à Vladimir Nabokov, écrivain russo-américain auteur, notamment, du roman polémique « Lolita ».

Un excellent concert, au cours duquel les musicos ont fait preuve d’une grande maîtrise, même si on a eu l’impression que hormis O’Connell, ils n’ont jamais puisé dans leurs réserves. Début de tournée ? Peut-être ! N’empêche on est probablement occupé d’assister à l’éclosion d’un futur monstre sacré de la rock music (70 ans d’existence, quand même !) Et puis, pourquoi pas, vu le patronyme, il pourrait servir de fontaine(s) de jouvence à cette scène en pleine expansion, mais soigneusement reléguée dans la zone crépusculaire de l’underground. A tel point que sa future tournée pourrait passer par des salles du calibre du Zénith ou de Forest National. Mais seul l’avenir nous l’apprendra…

(Voir notre section photos ici)

(Organisation : l’Aéronef, Lille)

Setlist

A Lucid Dream
Sha Sha Sha
Jackie Down the Line
I Don't Belong
You Said
Television Screens
Chequeless Reckless
Televised Mind
I Love You
Too Real
Roy's Tune
Skinty Fia
Big
Boys in the Better Land

Encore:

Hero's Death
Hurricane Laughter
Nabokov

(Merci à Guy et Ludo)

Sleaford Mods

Plus c’est court, plus c’est bon…

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Sleaford Mods se produit ce mardi 5 avril, à l’Ancienne Belgique, dans le cadre de la tournée ‘Spar Ribs Tour Mainland Europe 2022’ ; et la salle est pleine à craquer. Originaire de Nottingham, en Angleterre, ce duo britannique de post punk implique le chanteur et frontman polémique Jason Williamson et le musicien / producteur Andrew Fearn (depuis 2012). Son douzième elpee, « Spare Ribs », est paru en janvier de l’an dernier, une œuvre au cours de laquelle le tandem manifeste sa colère à l’égard du gouvernement britannique qui se croit tout permis et dont l'approche je-m'en-foutiste de la crise du coronavirus en est la plus belle illustration.

Issu de Bristol, en Angleterre, Lice assure le supporting act. Un quatuor qui réunit un chanteur (Alastair Shuttleworth), un guitariste (Silas Dilkes), un drummer (Bruce Bardsley) et un bassiste (Gareth Johnson) ; mais qui ce soir est soutenu par un claviériste. Son premier opus, « Wasteland : What Ails Our People Is Clear », est sorti en 2021. Le groupe partage une même esthétique garage/rock sale que Fat White Family, mais également la rage, l'urgence et l'esprit du punk morveux d’IDLES, un band également établi à Bristol. Le vocaliste ne chante pas, il vocifère en haranguant la foule. Il l’incite à se remuer et à applaudir, tout en faisant le pitre. Et les premiers rangs réagissent à ses sollicitations. Cocktail expérimental de métal, de rock, de punk, de blues et de noisy, la musique dispensée par Lice ne l’est certainement pas… lisse… Elle est même un peu difficile à digérer, mais le combo a bien chauffé la foule…

(voir notre section photos ici)

Place ensuite au plat de résistance : Sleaford Mods. Hormis le light show, qui va se révéler agressif, le décor est sobre. Une quinzaine d’imposants spots led sont érigés verticalement. Ils vont balayer les deux artistes de face et de dos. Une rampe lumineuse de néons placée sur des socles métalliques s’étale sur toute la longueur de la scène, à deux bons mètres de hauteur.

Le duo monte sur l’estrade. Andrew Fearn, imperturbable derrière son petit ordinateur, main dans la poche et bière dans l'autre, appuie nonchalamment sur un petit bouton afin de lancer le son. Il se contente de taper du pied en rythme et se marre en observant la foule qui rapidement se déchaîne. A la manière d’un Liam Gallagher, Jason se promène de long en large, sur le podium, tout en toisant l’auditoire. Puissante, sa voix évoque celle de Johnny Rotten (Sex Pistols, PIL). Il déverse son flow hip hop ininterrompu, d’un accent des Midlands à couper au couteau, mais en le parsemant d’une multitude de ‘Fuck off’ et de ‘Fuck in’. Mais les lyrics appuient là où ça fait mal avec un mordant et un esprit inégalé. Encore qu’on l’impression que Jason manifeste une inventivité lyrique et vocale plus conséquente qu'auparavant. Il semble ainsi davantage influencé par des auteurs-compositeurs-interprètes tels qu'Alex Cameron et Aldous Harding que par les rappeurs.  

Vingt-trois titres sont dispensés sans quasi la moindre interruption et surtout sans la moindre interactivité. Et pourtant, dans la fosse, c’est le boxon. Les pogos, le crowdsurfing et les round circles se multiplient.

Et au fil du set, la scène est jonchée de gobelets de bière (souvent pleins), alors qu’excités, les fans y grimpent avant de plonger aussitôt dans la fosse. Sans doute emporté dans l’ambiance, Andrew entame une danse sauvage.

Pourtant connu pour son style minimaliste, Sleaford Mods a proposé, ce soir, des versions plus complexes des compos de son répertoire, les traduisant même en électro/pop. La plupart des titres du dernier long playing figurent dans la setlist. Mais la paire a aussi le bon goût de nous réserver une reprise plutôt réussie du « Don’t Go » de Yazoo.

Et s’il fallait appliquer un slogan à Sleaford Mods, on pourrait décréter : plus c'est court, plus c'est bon !

Pour les photos, c’est là

Setlist : « The New Brick », « Shortcummings », « Middle Men », « Spare Ribs », « I Don’T Rate You », « Kebab Spider », « Face To Faces », « Jolly Funcker », « Mork N Mindy », » Thick Ear », « Tiswas », « T.C.R. », « BHS », « Don’t Go » (cover Yazoo), « Second », « Nudge It », « Elocution », « Out There », « Top Room », « Discourse », « Tied Up In Nottz », « Jobseeker », « Tweet Tweet Tweet ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Loop

Sonancy

Écrit par

Bien que fondé en 1986, Loop vient seulement d’enregistrer son quatrième elpee. Le groupe britannique a bien pris une pause entre 2002 et 2013, moment choisi par Hampson pour tenter l’aventure Main alors que les autres membres rebondissaient chez Hair & Skin Trading & Co ; mais il faut quand même reconnaître que sa production vinylographique n’est pas très abondante. Et pourtant, il est considéré comme une référence dans l’univers de la musique post psychédélique, en se nourrissant à la fois de shoegaze et de krautrock. La maigre production de Loop s’explique également par l’emploi du temps de Robert Hampson, davantage focalisé sur la chimie, la science et l’astronomie…

En 2015, le band avait bien gravé un Ep (« Array »), mais il y a donc 32 longues années que Loop n’avait plus sorti de long playing. Un bail ! Et hormis Hampson, le line up a été complètement renouvelé. Ce qui n’empêche pas cet LP de se distinguer par sa qualité. On y retrouve les caractéristiques principales de sa musique : des rythmes hypnotiques et ’motorik’ (Can, Neu !), des vocaux cosmiques, des sonorités de guitares bourdonnantes, tourbillonnantes, mais aussi en boucle, et puis cette batterie tribale et frénétique. Et franchement, le tempo imprimé par le drummer est hallucinant ! 

Probablement un des albums de l’année !

Midnight Oil

Resist

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Dès « Rising seas », le morceau qui ouvre l’elpee, on ne peut s’empêcher de penser à « Beds are burning », « Golden age » ou encore « Blue sky mine ». Un morceau bien rock, punchy, dont la formation australienne a le secret. Et le bien enlevé « At the time of writing », enrichi par une intervention de sax, en fin de parcours, ainsi que « Nobody’s child », dynamisé par ce piano martelé comme chez les légendes du rock’n’roll, sont de la même trempe. « The Barka – Darling river » démarre sur le même canevas avant de virer à la ballade, sur fond de bruitages psychédéliques. Ballade mid tempo tramée sur une gratte acoustique, « Tarkline » aurait pu figurer au répertoire de REM. Une sèche bien élégante qui amorce « Reef », une piste enrobée de chœurs, avant que la six cordes électrique ne prenne son envol. Bien que s’appuyant sur une texture synthétique sombre, « We are not afraid » bénéficie du concours d’une section de cordes. Fiévreux, « Lost at sea » trempe dans du Midnight Oil, pur jus. Tout comme « We resist », dont les arpèges en boucle libèrent des sonorités élégantes. Ainsi que « Last frontier », morceau final, au cours duquel Peter Garrett se demande qui va réparer les dégâts que nous causons à la planète. Car oui, évidemment, toutes les compos traitent des problèmes environnementaux, et tout particulièrement du dérèglement climatique, mais également des immenses défis que l’homme va devoir relever pour sauver notre planète.

Midnight Oil compte accomplir une toute dernière tournée mondiale. Il pourrait encore donner une suite à ce 12ème opus studio, mais rien n’est moins sûr. Faut dire que lors de sessions d’enregistrement qui se sont déroulées en 2019, le bassiste de longue date, Bones Hillman, était encore de la partie. Il est décédé 12 mois plus tard. Et cet LP lui est dédié à titre posthume.

Dirty Sound Magnet

Un concert qui aurait mérité la présence d’un public bien plus conséquent…

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Ce soir, il n’y a pas plus de 30 personnes pour accueillir Dirty Sound Magnet au Zik-Zak d’Ittre. C’est triste, vu le potentiel du groupe suisse. Et la Covid n’est plus une excuse, puisque la Belgique affiche un code jaune. Spectateur de marque, quand même, Jacques de Pierpont, alias Pompon.

Responsable d’un cocktail groovy entre blues, garage, rock, psychédélisme et prog, dynamisé une irrésistible rythmique funk, Dirty Sound Magnet est issu de Fribourg. Il a publié son quatrième long playing, « DSM III », en mars dernier, une discographie entrecoupée de deux mini-elpees et d’un opus ‘live’. Certains médias n’ont pas hésité à comparer sa musique à celle des Suédois Graveyard ou des Américains Radio Moscow. Et d’autres à Tame Impala ainsi que King Gizzard and the Lizard Wizard. Pourtant, le groupe déclare puiser son inspiration dans les sixties et les seventies. L’expérience sonique proposée est unique. Le band la qualifie, non sans une pointe d’humour, de ‘retour mystique vers le futur’. Les morceaux véhiculent, en outre, des textes sarcastiques, qui dépeignent les problèmes tumultueux que la société traverse aujourd’hui.

Le supporting act est assuré par Mezzo Pazzo, une formation louviéroise drivée par le chanteur/guitariste Angelo Ognito. Pierre (guitare), Sam (batterie) et Max (basse) ont rejoint le nouveau projet d’Angel afin de vivre des expériences live destinées à être reproduites en studio. Il pratique un rock hybride dont les influences sont multiples, tout en y ajoutant sa touche personnelle. Riffs entêtants et harmonies sont la clef de ce mélange explosif. Angel a joué en compagnie de Romano Nervoso, Incognito ainsi que Jane Doe and The Black Bourgeoises. Mezzo Pazzo a sorti son premier LP (NDR : un éponyme !) en février 2020. Un disque qui faisait suite à un Ep, paru en 2018.  

Angel, barbe en collier bien taillée, chapeau vissé sur la tête et armé de sa gratte se plante derrière son micro. Il a la niaque, car il n’a plus foulé les planches d’une salle de concert depuis deux ans, à cause de la pandémie. Et ses trois acolytes semblent aussi déterminés.

« Dead clock » ouvre le bal. Les grattes sont agressives, huileuses, graisseuses même. L’expression sonore navigue sur une forme de stoner-rock-garage souvent rencontrée au cours des seventies. Mais on y décèle également des traces de glam, probablement héritées de Slade, Bowie, Sweet et New-York Dolls. Les percus sont insidieuses. Accrocheur, « Creepy Morning » se distingue par une jolie mélodie et un vocal harmonieux, même si parfois il est capable de monter très haut dans les aigus. Hit potentiel, « Like A Dandy Without A Penny » se révèle particulièrement radiophonique. Normalement, Giacomo, le leader de Romano Nervoso, devait venir poser sa voix sur « Left Me For Dead ». Comme sur l’album. Mais malheureusement, il brillait par son absence. Et pourtant, son esprit hante « Chemical Instinct ». A moins que ce soit celui d’Elvis (NDR : pas Pompilio, hein !). Quel punch ! Quelle énergie !

Setlist : « Dead Clock », « Creepy Morning », « Like A Dandy Without A Penny », « Feat Of Clay », « Beyond Scope », « Mad Luv », « Left Me For Dead », « Chemical Instinct », « The Last Before The Last »

Place ensuite à Dirty Sound Magnet. Le set s’ouvre par les trois plages issues du dernier opus, « DSM III » (NDR : il y en aura six au cours du show). Tout d’abord « Sunday drama », morceau au cours duquel on écoute religieusement la longue intro dispensée par la guitare de Stavros Dzodzos. Puis « Meet The Shaman », une compo qui nous replonge au sein du psychédélisme des années 60 et 70. « Heavy Hours » aurait pu naître d’une rencontre entre Jimi Hendrix et Frank Zappa. Enrobé d’harmonies vocales, « Mr Robert » prône un retour au calme.

Doué d’une excellente technique, le drumming est particulièrement efficace. Malgré la faible assistance, la température grimpe rapidement dans la salle et Maxime Cosandey laisse tomber le marcel après quelques chansons. Le power trio affiche de nombreux concerts au compteur. Les musicos se connaissent parfaitement. Et cette cohésion se voit et surtout s’entend. En outre, les impros confirment ces excellentes dispositions. Il est vrai, quand même, que les musiciens sont d’habiles jammeurs. Et ils vont le démontrer au cours de la soirée. Rauque, la voix de Stavros apporte une coloration particulière aux compos. Et puis engagés, ses textes sont parfois abordés avec un second degré.

Le groove est accentué par les interventions de basse de Marco Mottolini. Et puis, le band n’hésite pas à opérer des incursions dans le funk. Ainsi, même si l’expression sonore se veut fondamentalement contemporaine, elle exhale un certain parfum de nostalgie, en puisant l’essentiel de ses références depuis les 60’s jusqu’aux 90’s. Bref, un concert à la fois intense et énergique, mais surtout de qualité, qui aurait mérité la présence d’un public bien plus conséquent…

Setlist : « Sunday Drama », « Meet The Shaman », « Body In Mind », « Toxic Monkeys », « Mr. Robert », « Heavy Hours », « Jam session », « Social Media Boy », « Sophisticated Dark Ages », « The Poet and His Prophet ».

(Organisation : le Zik Zak et Rock Nation)

Red Hot Chili Peppers

Unlimited love

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Après 16 ans d’absence, le guitariste John Frusciante est de retour au bercail et dès les premiers accords, on reconnaît son style inimitable, parfois même flamboyant. Et le 12ème elpee de la formation californienne marque également la réapparition de Rick Rubin à la mise en forme.

17 titres pour 70 minutes, « Unlimited love » peut paraître un peu tiré en longueur, mais s’il ne souffre pas de morceaux faibles, il manque quand même de titres percutants. On y retrouve, bien sûr, ce groove funkysant, la basse caoutchouteuse de Flea, les coups de caisse claire de Chad Smith et ce débit vocal ‘parlé/chanté’ si caractéristique de Kiedis, susceptible d’accélérations fulgurantes ; et bien sûr, les interventions chargées de contrastes, parfois réminiscentes des 70’s, de Frusciante. Mais également quelques ballades, dont certaines mid tempo.

Au sein de cet opus, on épinglera l’excellent « Aquatic mouth dance », une plage bien cuivrée et jazzyfiante. Puis « The heavy wing », une piste qui oscille entre douceur et rage. Non seulement la gratte de Frusciante semble ici hantée par Jimi Hendrix, mais il chante le refrain. Mais encore « These are the ways » et sa mélodie à la Weezer, alors que le drumming rappelle plutôt celui de feu Keith Moon (The Who). Le Who revient encore à la surface sur « One way traffic », John s’autorisant des riffs à la Pete Townshend. Plus étonnant encore, en fin de parcours, le motif de guitare dispensé sur « Veronica » nous renvoie au « I want you » des Beatles. On a même droit à des sonorités surf (Dick Dale ?) sur « White braids & pillow ». Des références aux seventies et surtout à la fin des sixties corroborées par les déclarations du groupe qui estime avoir été influencé par le psychédélisme de The Move…

Paraît que le quatuor envisage déjà de sortir un second album, cette année. Faut dire qu’il y a déjà 6 ans que le précédent, « The getaway », était paru…

White Lies

As I try not to fall apart

Écrit par

« As I try not to fall apart » constitue le sixième opus de White Lies, un album qui a reçu, suivant les titres, le concours de Claudius Mittendorfer (Weezer, Panic At The Disco) ou du fidèle Ed Buller (Suede, Pulp, Lush, Slowdive), à la mise en forme.

Les compos de ce long playing lorgnent régulièrement vers les 80’s. Parfois on pense à Duran Duran, Franky Goes to Hollywood, Tears for Fears ou encore Simple Minds post « New Gold Dream ». Les harmonies vocales sont soignées. Les riffs de guitare et les synthés entrent naturellement en symbiose. Si le drumming ample et syncopé se charge de dynamiser l’ensemble, la basse entretient, en général, le groove. A l’instar de l’excellent « Breathe », dont le ligne de basse funkysante remue littéralement les tripes. Ou de « Roll december », littéralement hanté par Derek Forbes (NDR : c’était le premier bassiste de la bande à Jim Kerr). Et puis hymniques, les compos accrochent immédiatement, à tel point qu’elles en deviennent parfois contagieuses. Bref, l’expression sonore baigne, en général, au sein d’une forme de new wave sophistiquée.

Mais le plus étonnant procède de cet art à traiter des sujets sombres comme la mort ou la santé mentale, sur un ton tour à tour allègre ou emphatique et susceptible de faire danser, même si l’atmosphérique « The end » (NDR : vu le titre !) se révèle plutôt mélancolique voire dramatique. Une fameuse réhabilitation pour le trio londonien après la sortie du plus que décevant « Five » …

Lame

Pleasantly Disappointed (Ep)

Écrit par

Premier Ep pour ce quatuor nantais drivé par l’auteur-compositeur, guitariste et chanteur Etienne Sauvage. Antinomique, le titre du disque (‘agréablement déçu’) serait inspiré du pessimisme récurrent affiché par le bassiste.

Funkysante, un peu dans l’esprit de Franz Ferdinand, la guitare rythmique canalise les deux premières plages. Soit « Summer sun » qui se distingue par son refrain hymnique. Puis « Relieved », dont le sens mélodique semble emprunté à Sharko.

La voix d’Etienne devient lascive tout au long de la ballade mid tempo, « Granted ».

Dernière piste, « In the desert » s’étale sur près de 7’. Elle adopte d’abord le tempo d’une valse, entrecoupée de flashes cinématographiques (pensez aux westerns de Sergio Leone et par conséquent aux B.O. de d’Ennio Morricone), avant que le guitariste ne s’autorise un billet de sortie, dans un style réminiscent des seventies….

Marinero

Hella Love

Écrit par

Fils de parents d’origine mexicaine, Jess Sylvester a grandi à San Francisco et a choisi son patronyme en hommage à son père, marin. Paru sur le label Hardly Art (NDR : fondée par Sub Pop, cette écurie recèle des pépites telles que Lala Lalan, La Luz, Protomartyr, …) « Hella Love » agrège musique centrale/sud-américaine et psychédélisme californien. L’artiste chante d’ailleurs, tour à tour en anglais ou en espagnol, selon morceaux.

En guise d’intro, « Fanfare » se nourrit de claviers et de cuivres tout en véhiculant des accents mariachis. Jess s’enfonce dans l’hémisphère Sud, et goûte au tropicalisme brésilien à travers « Luz des Faro », une compo qui fait également la part belle aux cuivres. Parfois les claviers s’autorisent un écart dans le kitsch, à l’instar de « Minuet for the Mission » ou « Outerland ». Mais ce sont surtout les effets psychédéliques et relaxants libérés par l’expression sonore qui créent l’addiction. D’ailleurs, après avoir écouté cet elpee, on a envie de ré-appuyer sur la touche ‘play’ ! A l’aide de sa télécommande. Car, ensoleillé, cet opus incite au farniente tout en sirotant un mojito…    

Dawn Richard

Second Line

Écrit par

Issue de la Nouvelle-Orléans, Dawn Richard est une chanteuse issue de la Nouvelle-Orléans. Elle s’est forgée une belle expérience en militant au sein de Danity Kane, un girl band pop qui a splitté en 2009. Et a embrassé une carrière solo, à partir de 2011. « Second Line » serait déjà son 6ème opus, sans tenir des autres projets auxquels elle a participé, dans le passé. Sur cet opus réunissant 16 titres, elle mêle pop, spoken-word, jazz avant-gardiste, funk, soul et blues, en prend soin d’y ajouter une touche de house afin de concocter une musique louisianaise contemporaine. Une sorte de version de Solange sophistiquée qui se fait l’écho d’une conscience sociale éclairée…

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