Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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The Cure
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Stephan Eicher

Grauzone a une véritable valeur historique...

Célèbre dans la francophonie grâce à ses hits, “Déjeuner en Paix”, “Combien de Temps”, “Pas d'Ami (Comme Toi)“ etc., Stephan Eicher a connu un début de carrière moins marquant ; mais depuis, il est considéré comme 'culte' par toute une catégorie de fans de new-wave, dont votre serviteur. C'était en 1981, au sein du groupe Grauzone, dont le hit, “Eisbaer”, est encore dans toutes les mémoires. Présent à Mons pour présenter sa tournée baptisée ‘Dans le Ventre de la Baleine’ et son nouvel Ep digital “Autour de Ton Cou”, le chanteur suisse s'est prêté de bonne grâce à un exercice de nostalgie musicale.

En quelle année as-tu commencé ta carrière ?

En 1979, au sein de Noise Boys et ensuite, Grauzone.

Comment es-tu entré en contact avec la musique électronique ?

Il y a deux processus qui m'ont amené à la musique électronique. Le premier, via mon père. Il était électricien et aimait construire des instruments électroniques en manipulant des oscillateurs. Il a construit mon premier ampli de guitare à partir d'une vieille radio. Il assemblait aussi des boîtes à rythmes. Tous ces bricolages traînaient dans notre cave et Martin, mon frère, et moi, on adorait y descendre pour expérimenter. On avait aussi deux enregistreurs à cassettes, qu'on utilisait pour copier les pistes les unes après les autres. Ce côté ‘nerd’ reste un des liens les plus profonds qui nous unit. Plus tard, quand j'habitais au Spex Club, à Berne, des musiciens ont laissé traîner des synthés dans la cave suite à une descente de police. Je me souviens qu'il y avait un Promars de Roland, une boîte à rythmes CR-78 et un MS-20 de Korg. Mais également une pédale Big Muff, que j'ai branchée sur la boîte à rythmes, parce que je voulais que ça sonne comme du Suicide...

Ah oui, avec un son saturé ?

Oui. J'ai donc bricolé des trucs et enregistré des cassettes.

C'est à ce moment-là que tu as sorti “Noise Boys Song” et “Miniminiminiminijupe” ?

Oui. Et le morceau intitulé “Noise Boys” est en fait une reprise de “Sweet Jane”, de Lou Reed.

Et puis, vous avez formé Grauzone ?

Grauzone, c'était plus conceptuel. Au départ, le groupe impliquait Marco Repetto à la batterie, mon frère Martin au chant et à la guitare et GT à la basse, un grand fan des Ramones. GT qui, d'ailleurs, te ressemble pas mal…

Ah bon ? (rires)

Oui. Et au moment d’entrer en studio, mon frère m'a demandé de les accompagner pour bricoler des trucs à l’aide des synthés et des boîtes à rythmes.

Mais tu chantes aussi sur certains morceaux ?

Pas au début. Mais en effet, sur l'album, je chante sur “Der Weg Zu Zweit”, “Hinter Den Bergen” et “Wütendes Glas”.

Et que faisais-tu sur “Eisbaer” ?

Je jouais des synthés. Entre autres, je reproduisais le son du vent, au début...

Ah oui ! (rires) Et la batterie, je crois qu’il s’agissait d’un enregistrement acoustique joué en boucle ?

Oui. En studio, on bossait en compagnie d’Etienne Conod, l'ingénieur du son, et on s'est rendu compte que Marco ne parvenait pas à tenir le rythme, qu'on voulait très stable, sans 'crashes', sans 'fills'. Etienne a proposé de s’inspirer des morceaux disco et d'enregistrer une boucle.

Un peu à la manière de Giorgio Moroder ?

Oui. Ce qui a débouché sur le son caractéristique d’“Eisbaer”, hypnotique et terriblement dansant. Et quand on a entendu le résultat, on a tout enregistré en boucles, bien avant l'invention du sampler !

Pourtant, on a l'impression que c'est un sampler qui est utilisé, par exemple, à la fin de “In Der Nacht”. C'était donc une bande qui était ralentie, je suppose ?

Oui, c'était une bande de 7 mètres de long ! “In Der Nacht” est vraiment un titre spectaculaire, avec des détails très précis, un peu comme une musique de film. C'est une bouteille de bière cassée qui produit le son de l'explosion finale. On dirait celui d'une maison qui s'écroule.

Ces effets sont vraiment précurseurs de ce que les samplers vont permettre plus tard. C'est d'ailleurs une caractéristique étonnante de cet album de Grauzone : les morceaux sont très différents les uns des autres et ils sont avant-coureurs de plusieurs courants musicaux 'wave' apparus ultérieurement. Tout le monde parle de “Eisbaer”, mais chaque titre de cet album est précurseur de quelque chose...

Je partage ton avis...

Par exemple, “Wütendes Glas”. C'est incroyable, le nombre de groupes qui ont créé des morceaux dans ce style, par la suite.

Oui...

Puis, “In Der Nacht” est carrément précurseur de tout ce qu’on a appelé 'dark gothic ambient'.

Wow...

“Schlachtet!” me fait penser à l'EBM de groupes comme Front 242, Liaisons Dangereuses ou The Klinik.

Intéressant...

Et alors, il y a évidemment la 'Neue Deutsche Welle', comme dans “Ich Lieb Sie”. Personne n'avait chanté de cette façon en allemand auparavant...

Oui c'était abordé avec une approche ironique, presque parodique. Il y a aussi “Kunstgewerbe” tramé sur le riff au synthé, un ARP 2600.

Et je suis sûr que j'en ai oublié un... (NDR : c'est “Ein Tanz Mit Dem Tot”, qui préfigure la darkwave goth hardcore des années '90)

Parlons maintenant du projet de 2e album de Grauzone, qui pourrait sortir, plus de 40 ans après le premier. Un disque que l'on attend impatiemment !

Oui, il a fallu patienter 15 ans avant que Martin ne me joue des nouveaux morceaux. Il me les a fait écouter et j'en ai pleuré... parce que c'était d'une beauté inouïe... Je lui ai proposé de sortir un disque mais il a tout détruit pour recommencer à zéro.

Il faudra, à un certain moment, lui dire 'stop' car, il est un peu irrationnel. Il est atteint d’une sorte de folie, c’est un génie un peu fou...

Oui c'est ça... Quelque chose me dit qu'il va bientôt me proposer de sortir le disque. Perso, c'est très important de sortir ce nouvel album. Car la reconnaissance a toujours été tournée vers moi et c'est injuste vu que Grauzone, c'est surtout Martin Eicher. J'étais principalement musicien, accompagnateur, un peu coproducteur mais la voix, c'est mon frère...

L'âme noire, c'est lui...

Absolument. J'ai un respect énorme pour mon frère. C'est un artiste hors pair ! Dans “Eisbaer”, je me limitais juste aux 'pilip-pip pilip-pip'… (rires)

Martin est en effet un artiste sous-estimé !

Son statut est occupé de changer. L'année dernière, on a ressorti la 'Anniversary Box' via le label genevois 'We Release Whatever The Fuck We Want Records' et on s'est rendu compte qu’une nouvelle génération de musiciens est informée que c'est lui, le cœur de Grauzone. Et je défends les droits de Grauzone maintenant, pour lui et pour les autres membres de la formation. J'ai ainsi réussi à récupérer les 'masters' des enregistrements, qui étaient, figure-toi, à vendre sur eBay ! J'ai aussi racheté les droits pour pouvoir maintenir Grauzone en vie. En fait, je suis même davantage motivé de garder le groupe en vie que ma propre carrière solo ! Grauzone possède une véritable valeur historique, que je veux mettre en exergue. Quelque chose d'énorme va d’ailleurs être annoncé bientôt concernant Grauzone mais je ne peux pas en dire plus... Quand l’info va sortir, il y aura encore une nouvelle génération qui va s'intéresser au groupe.

Impatient de découvrir tout cela ! Merci pour cette interview, Stephan !

Merci à toi...

Pour écouter le nouvel EP de Stephan Eicher : “Autour de Ton Cou”, c'est ici

Pour commander les albums et la 'box' de Grauzone, c’est là

Pour écouter l'interview audio dans l'émission Waves, c'est ici

 

Part-Time Friends

Weddings & Funerals

Écrit par

Amis d’enfance, Pauline et Florent se sont rencontrés sur les bancs de l’école à Aix-en-Provence… 10 ans plus tard ils se lançaient dans l’aventure pop, sous l’étrange patronyme de ‘Part-Time Friends’, car leur relation a toujours été faite de hauts et de bas… mais il est probable que le tube « Streets & Stories » (plus de 20 millions de streams, une pub Citroën, …) leur a sans doute permis de surmonter les moments les plus difficiles ! Tout au long de « Weddings & Funerals », un troisième album enregistré aux studios ICP à Bruxelles, le duo propose une électro pop sophistiquée, catchy et foncièrement lumineuse, une formule légère comme celle de Cocoon pratiquée à une certaine époque, mais dans une version plus pop que folk…

Darcy

Machines De Guerre

Écrit par

Darcy est une formation rennaise qui implique le chanteur/guitariste Irvin Tollemer, le bassiste Clément Tollemer, le second sixcordiste Vincent Cosson et le drummer Marc Corlett. Une vraie machine de guerre qui pratique un punk rock frénétique. La formule peut paraître incongrue, vu la situation géopolitique actuelle, mais ce quatuor breton mène un combat sonore permanent et écrase tout sur son passage.

Ce second opus fait suite à « Tigre », paru en 2016,

Darcy, c’est le chant de la colère, celui la solidarité face à l’extrême droite, mais aussi un manifeste contre la résignation. A l’instar de « Solution », le premier single sorti en juillet 2021.

« La Force » sonne la révolte. Véritable brûlot, « Notre Hymne » bénéficie du concours du chanteur de Mehrzin, Pierre Le Bourdonnec, le skud ultime « L’Etincelle Au Brasier », de Niko, celui de Tagada Jones, et « Vient Chercher Pogo », de Kemar, le chanteur de No One Is Innocent. « Rediaboliser » aurait ainsi pu figurer au répertoire du band parisien. A cause des textes, qui fustige les fachos, les indécis, les politiciens, les banquiers et les flics. Pourtant, « Police Partout », rappelle qu’elle est là pour maintenir l’ordre établi et garantir la démocratie. Elle faire preuve de discrétion lors des manifs, même s’il y a des cowboys et parfois des fachos qui crachent sur les forces de police.

Titre semi-acoustique, « Eva » achève le long playing en douceur.

Darcy c’est une force de frappe mise au service de combats sociaux aussi vieux que ceux défendus par Trust ou Bérurier Noir. Et qu’est-ce qui a changé depuis ces années de révolte ? Pas grand-chose en vérité. Tout est dit.

En espérant pouvoir les découvrir bientôt el ‘live’ !

Whispering sons

L’ombre du Covid planait peut-être encore sur l’AB…

Écrit par

Enfin un concert sans masque ni distanciation sociale. Le CST est encore de rigueur, mais il ne devrait bientôt plus être réclamé à l’entrée. Ce soir, l’AB accueille Whispering Sons, et la salle est bourrée comme un œuf.

Whispering Sons (trad : les fils chuchotants) sont issus de la Province du Limbourg. Les lauréats enfumés de l’édition 2016 du Humo’s Rock Rally ont publié, l’an dernier, un second album. Excellent par ailleurs. Un opus qui nous replonge dans les cryptes musicales sombres des eighties. Son cocktail de cold wave, post punk et shoegaze est pimenté par le baryton ténébreux de Fenne Kuppens. Au fil du temps, la formation s’est forgé une belle notoriété sur la scène indie ; ce qui lui a permis de se produire à Paris, et notamment au défilé de Raf Simons. Naomi Campbell est même venue féliciter les musiciens. Nominé en 2018, pour trois MIA, le combo s’est produit dans le cadre de l’édition 2019 du Rock Werchter, et il est de nouveau à l’affiche, cette année…

Le supporting act est assuré par Teen Creeps, un power trio gantois responsable de deux Eps et de deux albums, à ce jour, dont le dernier « Forever », est paru l’an dernier.

Le set est particulièrement énergique. Manifestement, sa musique est influencée par la scène alternative américaine ; depuis, Dinosaur Jr à Sonic Youth, en passant par Nirvana (donc Foo Fighters) et Metz, même si ce dernier band est canadien. Mais il le bon goût de traiter l’ensemble, sous une forme contemporaine. L’efficacité du drumming, le bourdonnement enivrant de la basse et les envolées de la guitare se fondent en une expression sonore à la fois intense et percutante. Dommage que le public soir resté aussi statique…

A revoir dans le cadre d’un festival, et pourquoi pas aux Lokerse Feesten… (voir notre section photos ici)

Les cinq musicos de Whispering Sons grimpent sur l’estrade. Outre Fenne Kuppens, la chanteuse, il implique un guitariste, un bassiste, un drummer et un claviériste. Fenne est vêtue d’une chemise bleu ciel, à longs pans, ainsi que d’un pantalon et d’une veste de couleur bleu pétrole, adornés de motifs ésotériques.

On remarque la présence du logo du dernier elpee, projeté sur un écran, à l’arrière-plan, alors que constitué de leds, le light show va passer régulièrement du rouge au bleu, et inversement.

Ce qui frappe d’abord, c’est ce baryton sombre, caverneux et envoûtant de Fenne, qui semble parfois sortir des rives du Styx.

A deux reprises, le guitariste s’installe derrière les ivoires pour soutenir sa voix, lors de chansons plus paisibles, mais déchirantes. Des claviers qui semblent d’ailleurs bien plus présents dans la musique de Whispering Sons.

Dès le début du set, la musique baigne au sein d’un climat gothique.

« (I Leave You) Wounded » fascine et intrigue à la fois. Sauvages, les riffs de gratte électrisent « Heat » et « Visions ». Fenne hurle sa « Vision » tourmentée de l’existence. « (I Leave You) Wounded » adopte un profil davantage électro, alors que « Screens » s’enfonce dans l’indus.

L’ambiance devient carrément sépulcrale tout au long de « Satantango », alors que plutôt brefs, « Surface » et « Aftermath » sont relativement dépouillés.

Dernier titre de la prestation, « Surgery » monte progressivement en intensité et entre alors dans une sorte de frénésie

En rappel, le band attaque « Tift », le dernier single sorti il y a quelques jours. Une compo dont le climat oscille de Joy Division à Portishead en passant par Placebo, Idles, Fontaines D.C. et Shame, démontrant que sa musique a évolué depuis 2013, année de sa formation.

Un excellent concert auquel le public s’est montré un peu trop mou, au goût de votre serviteur. Bon, maintenant, il est vrai si Fenne a de la présence sur scène, elle manque encore de pétulance. Et puis, le style musical, ne s’y prête probablement pas. C’est un choix ! Mais quand même, certains morceaux auraient mérité de voir se déclencher des pogos ou même du crowdsurfing. L’ombre du Covid planait peut-être encore sur l’AB… (voir notre section photos là)

Setlist : « Dead End », « Heat », « Got A Light », « White Noise », « (I Leave You) Wounted », « Performance », « Vision », « Seasons », « Flood », « Surface », Hallow », « Aftermath », « Santantango », « Surgery ».

Rappel : « Tift », « Alone », « Waste »

(Organisation : Ancienne Belgique)

Animal Collective

Time Skiffs

Écrit par

 Si les prestations ‘live’ d’Animal Collective demeurent des sujets à controverse, il faut reconnaitre que ses enregistrements studio se distinguent par leur originalité et leur évolution. Et c’est une nouvelle fois le cas pour son 10ème elpee, « Time Skiffs », une œuvre qui brille par la richesse de ses harmonies vocales, ses textures séduisantes, ses mélodies flottantes et la complexité de ses rythmes. En outre, le groupe a multiplié, au cours des dernières années, des tas d’expérimentations et développé des projets audiovisuels. Si cet opus en revient à une forme plus pop, malgré le recours à une armée de synthés, il n’est pas pour autant dénué d’impulsions improvisatrices. On a même droit à de la lap steel sur « Dragon slayer ». Et même des tas d’instruments plus conventionnels comme des grattes (basse y compris), des drums, du xylophone (sur l’hommage à Scott Walker, « Walker », ainsi que « Passer-by ») et du saxophone sur « Royal and desire », un morceau de lounge exotique, sur lequel Deakin pose son baryton, pour la deuxième fois, depuis la naissance du band. Une forme d’exotisme, mais hawaïen, qu’on retrouve également sur l’ensoleillé « Strung with everything », une piste qu’illumine une pedal steel…

Cate Le Bon

Pompeii

Écrit par

« Pompeii » constitue le sixième elpee de Cate Le Bon, une œuvre pour laquelle, outre le chant, elle se réserve la plupart des instruments (synthés, basse, piano, percus), concédant les drums à Stella Mozgawa et les cuivres à Euan Hinshelwood ainsi qu’à Stephen Black ; sans oublier Samur Khouja à la coproduction. La Galloise y explore des thèmes qui lui tiennent à cœur : la culpabilité religieuse, la famille et la mort, sur un ton poétique, mais également humoristique.

Stereolab, Talk Talk, The Blue Nile, Scritti Politti, la pop urbaine japonaise et même The Monochrome Set, pour la forme sinusoïdale des mélodies, traversent l’esprit du mélomane averti, à l’écoute de cet opus. Le tout est hanté par le falsetto de Cate Le Bon, infiltré par une ligne de basse rampante et circonstanciellement éclaboussé de remous de saxophone ou de clarinette.  

Un album exotique, parfois surréaliste, peut-être dadaïste, mais original, c’est une certitude.

Madrugada

Chimes at midnight

Écrit par

Suite au décès de son guitariste Robert Burås, le 12 juillet 2007, Madrugada a préféré de se séparer. Le chanteur, Sivert Høyem, s’est alors lancé dans une carrière solo. C’est à l’issue de retrouvailles destinées à célébrer le vingtième anniversaire de la sortie de l’album « Industrial silence », que la formation a décidé de retourner en studio, en engageant non pas un, mais deux sixcordistes, Cato Thomassen et Christer Knutsen. Enfin, la section rythmique constituée du drummer Jon Lauvalan et du bassiste Frode Jacobsen est toujours fidèle au poste.

A première écoute, un constat s’impose : les guitares sont moins tranchantes. Est-ce dû à la production, impeccable, par ailleurs, c’est possible ? Mais c’est surtout la voix de Sivert qui est particulièrement bien mise en exergue. Un baryton de crooner qu’on pourrait nicher quelque part entre celui de feu Leonard Cohen et de Chris Isaak. Encore que parfois, cette voix grimpe un octave au-dessus de son registre, pour devenir carrément limpide. Deux morceaux sont signés Burås, dont « The world cold be falling down », parcouru d’une pedal steel. Une pedal steel qu’on retrouve sur « Empire blues », piste country/blues qui aurait pu figurer au répertoire de Calexixo.

Constitué de ballades, « Chimes at midnight » baigne au sein d’un climat romantique, parfois solennel et même épique. Et certains titres, dont l’irrésistible « Slowly turns the wheel », sont susceptibles de faire craquer le cœur des filles…

Sivert partage un duo masculin/féminin tout au long « Help yourself to me », une plage tramée sur les accords de piano profonds.

Un bémol quand même, la longueur de l’album. Plus d’une heure, c’est un peu trop, même si sous la forme du vinyle, cet opus est double. On regrettera également la présence d’un titre totalement dispensable, le final « Ecstasy », au cours duquel Høyem réalise plutôt un exercice de style avec sa voix…

On espère revoir Madrugada en concert, bientôt…

The Dream Syndicate

What Can I Say? no regrets... Out of the Grey + Live, Demos & Outtakes

Écrit par
« Out of the grey » est paru en 1986. L’album a été remasterisé, mais il recèle, en outre, 34 enregistrements inédits : un concert datant de 1985, des démos, dont celles consacrées à cet elpee, des versions alternatives et deux prises ‘live’ immortalisées au célèbre club punk/new wave Scorgie’s, à New York, en juillet 1985. Le plus surprenant procède des reprises de compos signées Alice Cooper, Dolly Parton, Neil Young, Pink Floyd, Slim Harpo, The Cream, War et même The Temptations.

Figure de proue du Paisley Underground, mouvement qui a engendré des groupes comme Green On Red, Rain Parade, True West, The Three O’Clock, et la liste est loin d’être exhaustive, The Dream Syndicate a connu plusieurs vies, entrecoupées par la carrière solo de Steve Wynn (interview à lire ou à relire ici)

Pour votre info, sachez qu’il a existé une autre formation du même nom. Elle a sévi de 1962 à 1966 et de 1969 à 1974, impliquant des légendes comme La Monte Young, John Cale, Jon Hassell, et même Terry Riley !

Pour en revenir à ce box 3 cds, les 34 plages peuvent s’écouter d’une seule traite, sans provoquer la moindre seconde d’ennui ; et vous vous surprendrez peut-être, à fredonner ou à siffloter l’un ou l’autre refrain. Bien sûr, si vous êtes réceptifs à ce type de musique…

Feu ! Chatterton

Palais d’argile

Écrit par

Feu ! Chatterton est un groupe pop/rock originaire de Paris. Fondé en 2011, il réunit Antoine Wilson à la basse, Arthur Teboul au chant, Clément Doumic et Sébastien Wolf aux guitares et aux claviers ainsi que Raphaël de Pressigny à la batterie.

Juxtaposés, l'expression Feu ! et le nom Chatterton, en forme d’hommage au poète Thomas Chatterton, servent de patronyme.

Paru en 2021, « Palais d’argile », le troisième elpee studio du quintet a été récompensé par une certification d'or, soit l'équivalent de 50 000 exemplaires écoulés !

Cet opus a été entièrement réalisé par Arnaud Rebotini, grand nom de la scène électronique française et producteur césarisé pour la bande originale du film ‘120 battements par minute’.

Arthur Teboul possède un timbre de voix granuleux, très caractéristique. On le reconnait de suite. Il est agréable et permet à ses textes poétiques d’être intelligibles et sensibles à la fois. Lui est d’une énergie et d’une authenticité qui nous emportent. La musique n’est pas en reste grâce à une orchestration mêlant chœurs travaillés, instruments acoustiques et nappes électroniques qui nous offrent des moments de calme et de volupté ainsi que des montées aux résolutions majestueuses.

Quelle joie d’avoir de la musique et des textes de cette qualité, de cette richesse ! Une belle promesse d’une musique exigeante et populaire à la fois ; ce qui en fait un diamant rare !

Titre magnifique, « Monde nouveau » est un des singles de cet album. ‘Fresque cyberpunk pour les temps confinés, pamphlet adressé à la start-up nation obsédée par le progrès et ode lumineuse à la Nature et à la transcendance’. 

Un texte qui décrit l’espoir d’un lendemain radieux tout en dénonçant l’asservissement de l’humanité aux technologies, son impuissance et son inaction pour y arriver. D’un air bête, l’humain, qui n’a rien fait pour éviter la catastrophe, se trouve devant le fait accompli. Il vit dans une étuve ne sachant que faire de ses mains hormis surfer sur Internet et dépendre du serveur central. Mais, rappel d’importance, malgré toutes ces dérives, il lui reste encore l’élan fraternel bienveillant. Ce qui nous fait une belle jambe…

Méthode chanson

Le Skeleton Band

Tigre-Teigne

Écrit par

Actif depuis 15 ans, Le Skeleton Band traduit en musique ses envies d’explorer les ambiances blues poisseuses liées au bayou ou issues de la Nouvelle-Orléans, mais dans l’esprit des incantations chères à 16 Horsepower ou à Tom Waits. Sur ce 4ème album studio, enregistré en Italie, ces 4 Montpelliérains épicent leur folk/blues de banjo (« Hearken Me ») ou de mandolines, tout en adoptant une attitude théâtrale voire cabaret assumée. Enfin, la pochette de cet elpee est joliment illustrée par le célèbre tatoueur Jean-Luc Navette.

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