Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Festival Sziget 2006 : dimanche 13 août

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Au petit matin du dimanche, une petite couche de boue recouvre les allées. Il a plu cette nuit ! Quelques heures plus tard, on n'en parlera plus, car la météo semble vouloir nous sourire. On en profite donc pour continuer à découvrir les activités et les scènes les plus insolites, les plus étranges, les plus délirantes … A l'image du festival.

Le jardin des tentes par exemple. A l'entrée on vous prie d'enlever vos chaussures pour ne pas salir la moquette. Et finalement, après avoir accumulé les kilomètres, les pieds enserrés dans des chaussures, se déplacer en ne conservant que les chaussettes est une sensation bien agréable. L'endroit est plutôt calme. De longues pièces de tissus sont accrochées un peu partout. Un refuge parfait pour s'accorder une petite sieste au chaud, se relaxer en écoutant un peu de musique. D'ailleurs, certains n'hésitent pas à y emporter leur duvet. Mais c'est également un foyer pour les victimes du vol de leur tente !

Autre attraction : le Luminarium. On doit y faire la file. Très longtemps. Appelé aussi la grotte du spectacle, à cause de son réseau de bulles colorées, de tunnels et de salles, ce labyrinthe à ballons s'étend sur plus de 800 m2. Il y fait plus de 40°. Une bonne aventure psychédélique, mais surtout une expérience à découvrir ! Vous aimerez ou vous détesterez ; mais vous ne pouvez y rester indifférent.

Mais il est temps de rejoindre les concerts ! Et en particulier celui de Gentleman & the Far East band. Il y a beaucoup de monde pour accueillir l'Allemand. Le soleil est revenu et l'heure est à la détente. La combinaison de reggae et de dance est idéale pour se réveiller de bonne humeur. Le timbre vocal du leader de Gentleman est singulier, fragile ; mais il maîtrise parfaitement son sujet. Il chante dans la langue de Shakespeare. Dommage que sa prestation soit constamment interrompue par des 'yeah sziget' intempestifs !

17 musiciens délurés montent sur les planches. 17 Hippies ! Des néo-hippies déterminés à nous entraîner à la rencontre de ballades sud-américaines, mélodies serbes, hongroises ou encore freyleks juifs. Le tour du monde musical est absolument savoureux. L'ambiance survoltée. Sur scène, la panoplie des instruments est impressionnante : guitare, accordéon, trompette, saxophone, violoncelle violon, banjo, clarinette, ukulélé, trombone… La formation allemande parvient littéralement à faire décoller la foule en dispensant des morceaux aussi allègres que " Jovane " ou encore " Besho ". Tant sur scène que dans le public, on affiche un sourire jusqu'aux oreilles ! C'est la foire, le bordel : c'est la fête quoi !

Lord Bishop Rock s'était déjà produit l'an dernier au Sziget. Un trio qui n'est donc plus une découverte, mais qui était bien décidé à confirmer tout le bien qu'on pensait de lui. Voluptueux, son cocktail de rock et de blues est particulièrement explosif. Ses versions de " Purple haze " et de " Voodoo chile " sont speedées. L'ensemble du répertoire est d'ailleurs manifestement influencé par le maître Hendrix. Géant de couleur noire, Lord Bishop n'en finit plus de solliciter et de provoquer l'assistance. Le chanteur/guitariste est assez ironique dans ses propos, mais il manifeste également une grande générosité. Il donne tout ce qu'il a dans le ventre, sur scène… et offre même deux albums et sa bouteille de whisky ! Mais c'est la rasade de rock n' roll qu'on savoure le plus. Les grosses distorsions ne font pas dans la dentelle. Le son est brut et efficace ! Le groupe accordera deux rappels. Dont une cover du classique " Johnny B. goode ". Après une bonne heure de show, c'est l'ovation ! Lord Bishop et le public s'applaudissent durant 5 bonnes minutes. 'Thank you and see you next time !'

Le chapiteau tzigane est également une excellente initiative prise par le Sziget. Mais pour la circonstance, l'espace n'est pas exclusivement réservé à un groupe ou un artiste. En fait, tous le soirs, des formations issues de différentes nationalités se produisent devant un public chauffé à blanc. Un endroit où se donnent rendez-vous les musiques rom d'Europe. Du swing manouche au flamenco, de la musique tsigane Olàh aux fanfares des Balkans. Au cours de cette semaine on a ainsi pu notamment assister aux sets de Dela Dap, un ensemble autrichien de nu-jazz, du trio batave Johnny Rosenberg, des Australiens Nadya's 101 Candles Orkestra, des Français Les Doigts de l'Homme ou encore des Roumains Giani Lincan & Gipsy Band. Simple amateur ou fin connaisseur, on est peut-être émerveillé face à l'énergie dispensée par tous ces musiciens. La tente tsigane est un passage obligé du festival car à l'image du Sziget, on y rencontre une pluralité de nationalités et de cultures dont le dessein est commun : partager et faire la fête !

Festival Sziget 2006 : lundi 14 août.

La fin du festival approche mais on ne la sent pas vraiment venir. Au Sziget, on n'échappe pas à l'espace temps. Quel jour sommes nous ? Quelle heure est-il ? 15 heures ? Il faut se dépêcher, « Tout sur ma mère » de P. Almodovar est projeté, pour l'instant, sur l'écran du Magic Mirror (cabaret). Et dans une heure et demie, les premiers concerts de la journée vont commencer…

Sous un soleil éclatant, (NDR : manifestement, on aura été gâté cette année) Beatsteaks monte sur les planches de la grande scène. Heureux de participer à l'événement, les Allemands nous aident à décoller les paupières des yeux, pas encore entièrement ouverts ! Leur mélange de ska et de punk est animé par Arnim Teutoburg, le frontman bondissant ! Leur répertoire inclut plusieurs reprises ; et notamment « Sabotage » des Beastie Boys ou encore « No one knows » de Queens of the Stone Age. Ouvrir la journée d'un festival est une tache difficile. Nous en avions parlé. Le combo germanique a réussi ce challenge. On ne peut que l'en féliciter.

Les 15 minutes d'intervalle qui séparent la programmation entre la scène world et la grande scène, nous autorisent à aller jeter un coup d'œil à la prestation de The Gathering. Pas très folichonne, à vrai dire. Drivée par la chanteuse Anneke Van Giersbergen, la formation se complaît dans son métal symphonique. Sur disque, la solution sonore est potable ; mais sur scène, la transposition s'avère mollassonne et sans saveur.

Une bonne raison pour foncer vers la scène world où se produit l'Ivoirien Tiken Jah Fakoly. Dynamisée par des rythmes afro-reggae, sa musique est festive et stimulante. Mais aussi revendicatrice. Il dénonce le colonialisme, l'exploitation et l'injustice dont est victime le peuple africain. Cette diatribe est traitée dans les lyrics de ses chansons. A l'instar de morceaux comme " Quitte le pouvoir ", " Françafrique " ou encore " Y'en a marre ". Tel un lion, l'Ivoirien court, bondit, se déchaîne ou élève les genoux à hauteur des épaules. Dépasser cette limite relève de l'impossible. Son show bien rodé met une ambiance de feu. Après avoir chaviré sur la musique des Balkans, l'île d'Obuda succombe aux charmes de la musique africaine…

A l'instar de tout grand festival, le Sziget vit au rythme des déplacements des foules. Mais devant la scène world, le spectacle est inattendu. Constitué en majorité de francophones et d'Africains, le public de Tiken Jah Fakoly vide les lieux, visiblement ravi de la prestation de l'Ivoirien. Mais en même temps, comme par magie, une toute autre audience, plus orientale, prend sa place. Nous avions entendu dire le plus grand bien de Leningrad, de véritables vedettes en Russie. Un vent favorable qui demandait confirmation. Une chose est sûre, leur prestation semble très attendue et leurs fans survoltés. Une quinzaine de musiciens déboulent sur scène. Un véritable raz-de-marée ! A l'instar des Négresses Vertes originels, 2 frontmen excitent la foule. L'un deux ressemble au chanteur de Ska-P, tandis que l'autre arbore un physique proche de François Hadji Lazaro. En plus trapu encore. Ce qui explique sans doute pourquoi il demeure assis la plupart du temps. Savant mélange de ska, de punk et de polka, leur musique est soutenue par une flopée de cuivres destinée à rythmer le set, sans lui laisser le moindre répit. La réputation de ce combo n'a pas encore dépassé les frontières des pays de l'Est. Ce qui explique sans doute pourquoi les différents drapeaux qui s'agitent dans le public arborent surtout les couleurs de l'Europe Continentale ou de l'Orient (Lituanie, Roumanie, etc.). Impressionnant ! Une toute grande découverte.

Après avoir vécu un show aussi époustouflant, Placebo a fait l'effet d'une douche froide. Ceux qui ont vécu leurs premiers concerts mémorables accordés au Botanique ou au Brielpoort de Deinze n'ont pas reconnu le groupe. Paradoxal lorsqu'on sait que Brian Molko et sa bande jouissent aujourd'hui d'une énorme popularité. Guère de contact ni de dialogue établi avec celui-ci. Il y a bien une descente de Molko au milieu de la foule ; mais elle balisée entre les grillages. Faut pas rêver non plus ! Un bien triste tableau pour une tête d'affiche. Ce set insipide, qui ne laissera certainement pas de souvenir impérissable, atteint même la profondeur de l'abysse lors de l'adaptation totalement foireuse d'"Every you, every me". Accélérer le tempo n'était certainement pas une bonne idée. Superbe sur disque la reprise du "Running Up That Hill" de Kate Bush ne ressemblait plus à rien. Bref, une grosse déception…

Petit détour via la scène Pesti Est où tous les soirs des petites formations rendent hommage à des artistes aussi prestigieux que Frank Zappa, Miles Davis ou encore The Doors. Ce soir, c'est Rage Against The Machine qui est mis à l'honneur. Un exercice de style accompli par une formation hongroise. Ses adaptations du mythique groupe américain nu metal sont plutôt réussies. L'étrange ressemblance physique et vocale entre le chanteur et Zack de La Rocha est troublante. Un bien bel hommage !

Que pouvait-on attendre d'Exploited ? Les voir enfin en chair et en os, après deux annulations successives en Belgique ? Compréhensible. A l'instar des Sex Pistols (NDR : et on a pu le constater lors de la dernière tournée opérée par la bande à John Lyndon), on est à 100 lieues de l'esprit punk. Les exigences des vedettes frisent l'indécence. Les apparitions se résument au minimum syndical. On ne sait plus s'ils jouent du punk ou du trash. Bref, le groupe a mal vieilli. Paradoxal lorsqu'on sait qu'hormis le légendaire Wattie, le line up est composé de très jeunes musiciens. Un Wattie qui impressionne davantage pour son physique que par sa voix aussi grasse que lui. Derrière la scène, une banderole affiche fièrement '25 years of anarchy and chaos'. Mais on se demande si la survie du groupe ne procède pas davantage d'une opération de marketing (NDR : pourtant incompatible avec l'esprit punk) que d'une volonté de maintenir en (sur)vie une légende. Les nostalgiques du punk auraient davantage intérêt à  se tourner vers des groupes authentiques comme les Buzzcocks ou UK Subs. 

Il est déjà 2 heures du mat' et nous quittons la tente peuplée d'Iroquois, pour aller se balader une dernière fois sur le site. Personne ne semble vraiment fatigué. A croire que la vodka permet de garder le tonus. Les nombreux dance-rooms continuent à se remplir de clubbers et de jolies jeunes filles locales… Quel marathon ce Sziget ! Il s'agit d'être en forme…

 

Mooney Suzuki

Have Mercy

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En service actif depuis 1996, soit bien avant la vague garage de ces dernières années, les New-yorkais Mooney Suzuki remettent le couvert pour un quatrième album, « Have Mercy ».

Empreint de blues et de soul music, leur rock garage s’avère ici plutôt bien léché, manifestant un sens aigu des sons et des orchestrations (instruments et chœurs disséminés, un piano par ci, une guitare slide par là…) Lisse ? Ou plutôt un signe de maturité ?

Force est d’avouer que les compositions présentées sur cet opus recèlent leur part de trouvailles et de bonnes surprises, à l’instar de l’emballant « 99% » ouvrant le bal : guitare bluesy, beat sixties et chœurs beatlenesques, bercé par quelques voix féminines fort à propos. D’intéressants contrastes apparaissent, comme la surprenante alchimie entre mandoline et guitare Fuzz boueuse sur « This Broke Heart Of Mine » ou encore la flûte façon Jethro Tull de « Adam and Eve ». Et comment passer à côté d’un « Good Ol’ Alcohol » débordant de bonne humeur entre piano de bar, chants de taverne et fanfare de village !

Coté guitares, si les acoustiques sont très présentes, aucune chanson ne sombre dans la mollasserie –« Ashes » en est la preuve éclatante– et le groupe sait quand faire parler la poudre, assénant un solo particulièrement tranchant et gorgé de wah-wah sur « Mercy Me ». « Down But Not Out » clôt fort bien l’album sur une touche bluesy particulièrement réussie.

Bien produite, bien écrite, bien composée, une musique énergique et jamais ennuyeuse qui ne demande qu’à se faire entendre sur scène !

Festival Sziget 2006 : mardi 15 août.

Et m**** c'est déjà le dernier jour du festival… Après une semaine, on aimerait tant remonter le temps, et revenir au début de l'événement. Car 7 jours passent bien trop vite, lorsqu'on vit un des festivals le plus merveilleux au monde. Consolation : les organisateurs nous ont concocté un bouquet final particulièrement alléchant.

En 2004, Iggy Pop a rameuté ses Stooges pour accomplir une tournée de concerts et festivals. Une initiative qui n'a pas nécessairement été perçue d'un bon œil par tout le monde. Pourtant, à plus de 60 balais, l'Iguane continue de dispenser une énergie incroyable sur les planches. Et puis le respect qu'il manifeste à l'égard de son public mérite qu'on lui tire un coup de chapeau. 'We are the mother fucking Stooges ! 'We are fucking happy to be here !' balance Iggy, avant d'attaquer "1970". Les tubes s'enchaînent sans le moindre répit. Iggy Pop est dans son jus. Il court, danse, bondit et se roule par terre. Derrière, de leurs riffs ravageurs, les frères Asheton envoient la sauce, pendant que Mike Watt frappe puissamment les cordes de sa basse. Les hymnes rock n' roll défilent : de "Tv Eye" à "1969", en passant par "Loose" ou encore " I wanna be your dog". Clou du spectacle : James Osterberg invite le public à monter sur scène pour se déhancher en entonnant "No fun". Le service de sécurité hongroise n'apprécie pas trop la plaisanterie. Et ne l'apprécie même pas du tout, en fait ! Un jeu du chat et de la souris, entre festivaliers et agents de la sécurité, anime le frontstage. Le grand Pop manque même de prendre une tarte lorsqu'il se met à enlacer un fan malmené par un auxiliaire. Nonobstant l'obstruction, les slams s'enchaînent à une cadence infernale. Après une bonne heure de rock n' roll, les Stooges se retirent. Puis reviennent pour accorder un rappel. Au cours duquel ils reprendront une seconde fois le mythique " I wanna be your dog ". Avant de vider définitivement les lieux, sous un tonnerre d'applaudissements.

Mais quel est donc ce groupe, dont la musique aussi éclectique et entraînante provoque une telle ambiance ? Debout sur le Zinc ! Un ensemble déjanté, composé de huit musiciens, qui parvient à agréger rock, folklore tsigane et irlandais d'une manière plutôt originale. Débordant d'énergie, la joyeuse équipe met le feu au chapiteau Wan2, en allumant ses chansons à l'aide de rythmes irrésistibles ; des chansons à textes qui dépeignent judicieusement et humoristiquement la vie quotidienne. Le public, constitué alors essentiellement de francophones, en profite, bien évidemment pour faire la fête. Comme bien souvent sous cette toile…

Place maintenant à La Bottine Souriante, invitée à user ses semelles sur les planches de la scène world... Autre scène, autre style pour cette formation québécoise dont l'instrumentation fondamentalement folk est enrichie d'un jeu de claquettes. Et le résultat est aussi agréable à voir qu'à entendre. Un set à la fois entraînant et vivifiant au cours duquel, le combo fait preuve d'une grande maîtrise. Tout au long de ce festival, la scène world a vraiment fait l'unanimité. Son taux de fréquentation en est la plus belle démonstration. Et puis, c'est également l'endroit idéal pour conjuguer danse et bonne humeur.

C'est à Prodigy que revenait l'honneur de clôturer les concerts programmés sur la grande scène. Un set qui démarre sur les chapeaux de roues. La présence et le charisme de Maxim Reality y est sans doute pour quelque chose. Tel un maître de cérémonie, il pose un regard altier sur la foule. A contrario, Keith Flint se montre plus discret. C'est à peine si on remarque sa présence. Malheureusement le son est médiocre. Une cacophonie au cours de laquelle on a peine à reconnaître "Smack my bitch up". Ce qui n'empêche pas le public de vider ses dernières cartouches sur l'air de hits tels que "No good", "Breathe", "Firestarter" ou encore "Fire". C'est d'ailleurs la notoriété de ses hits qui va sauver le set du naufrage.

Il y a des lustres que nous espérions assister à un show d'Afro Celt Soundsystem. Fruit d'une liaison illicite entre culture celtique et africaine, consommée sur lit de sonorités électro, leur musique est tout à fait épatante sur disque. Live, la formation accorde une importance toute particulière à la dimension visuelle. A cause des costumes. C'est une certitude. Il y a même la présence d'un Indien. On se demande quand même comment un tel cocktail d'influences disparates peut tenir la route. Et aussi bien ! Apparemment le climat qui règne au sein du groupe y est pour quelque chose. Dans la foule, l'ambiance et de plus en plus chaleureuse. Elle est même propice à de charmantes rencontres multiculturelles (NDR : voir notre section photo).

Le denier choix cornélien du festival traduit une hésitation entre le métal lourd de Morbid Angel et le rock alternatif de Gogol Bordello. La foule semble partagée équitablement entre ces deux pôles. Il faut avouer que le métal et le punk rencontrent un franc succès auprès de la jeunesse hongroise ; une jeunesse rebelle qui a traversé différentes crises sociales... Finalement, nous optons pour Gogol Bordello. Presque un hype outre-Manche (NDR : le combo était programmé au Reading Festival !) ; mais dont la notoriété n'a pas encore atteint le Vieux Continent. Ne pas les confondre avec "Gogol 1er", probablement un des groupes français les plus atroces. Gogol Bordello est un ensemble cosmopolite : un chanteur ukrainien, un batteur californien, un accordéoniste russe et un guitariste israélien. Inévitablement, leur musique brasse une multitude d'influences. Plus subtiles les unes que les autres. Encore que sur les planches, celles des Bérurier Noirs et de La Mano Negra, dont ils reprennent le bon vieux "Mala Vida", nous semblent les plus évidentes. Le spectacle est, en outre, animé par des danseuses asiatiques. Nonobstant les 7 jours de festival, le public ne semble guère fatigué et les slams se succèdent allègrement. Le chanteur (NDR : un personnage excentrique comme ce n'est pas possible !) y participe même ! Et à l'instar du set des Stooges, accordé quelques heures plus tôt, le show s'achève dans un joyeux bordel lorsque les fans viennent les rejoindre sur scène. Nonobstant les inévitables contraintes imposées par un service de sécurité, parfois un peu trop musclé...

Les dj's de la Party Arena et notamment Mylo se chargent d'achever les derniers survivants.

Le sol est jonché de canettes Red Bull et autres boissons énergétiques destinées à tenir le coup. La bière ne coule plus à flots. Les jambes commencent à faiblir. Malgré la volonté de prolonger la fête jusqu'au bout, rester éveillé relève maintenant d'un combat permanent. Faut dire qu'après une semaine de festival, au cours duquel on a accumulé des kilomètres de marche, il y a de quoi tomber sur les rotules. Le soleil se lève pour la dernière fois sur le Sziget 2006. Les stands commencent à être démontés. On plie la tente. On range ses affaires. Les premiers festivaliers sont sur la route du retour. La fatigue se lit sur les visages mais en même temps un petit sourire nous en dit long sur la fantastique semaine qu'ils viennent de vivre.

Un séjour inoubliable. A cause de la programmation, du public et de l'ambiance. Et puis, parce que ce rassemblement tranche véritablement avec la routine des festivals européens…

Rock en Seine 2006 : vendredi 25 août

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La météo ne s'annonçait guère clémente pour ce week-end festivalier : averses éparses et continues. Anorak dans le sac à dos, je me prépare au pire. Et là, en ce vendredi 25 août 2006, qui vient nous rendre visite ? Le soleil ! Miracle ! Il fait beau, même chaud. Tout le monde au Parc de St Cloud est fier d'arborer le T-shirt du groupe fétiche ou les badges des vieux classiques ressortis pour l'occasion.

Il revient à Wolfmother d'ouvrir la manifestation. L'horaire imparti au groupe n'est pas très judicieux mais les Australiens envoient bien ! Un set court (40 mn) mais efficace. Les morceaux tels que « Dimension », « Woman » ou « Joker And The Thief » font vibrer la foule et les slams commencent ! Le public adhère au groupe et à son chanteur hirsute. Sa voix 'jackwhitienne' et ses soli résonnent sur la Scène de la Cascade (la scène moyenne). Parfaite mise en bouche. Le festival est lancé.

A force de lambiner devant l'expo photo de Jean-Baptiste Mondino, j'arrive à la toute fin du set de Calexico qui jouait sur la Grande Scène.

Retour à la case départ, où se produit India Arie, chanteuse soul venue de Detroit. Jolie voix mais le concert est un brin trop mou et répétitif. Alors, direction la Scène de l'Industrie (la plus petite scène).

Au lieu d'aller voir Nada Surf, qui certes aurait réveillé de tendres souvenirs mais lassé au bout d'un temps, je préfère miser sur un jeune groupe parisien dont on m'a chanté les louanges : Neïmo. La formation fait partie de la sélection 'Avant Seine' organisée par le conseil régional d'Ile De France afin de promouvoir de jeunes talents et de donner la chance à six d'entre eux de se produire au festival. Les quatre garçons tournent depuis pas mal de temps dans de petites salles parisiennes et ont déjà leur public. Le hic, ces jeunes gens sont un peu trop lookés, un peu trop tout en fait et, malheureusement, la musique ne suit pas.

Il est 17h50 et le soleil brille encore. Sur la Scène de la Cascade, se produit Clap Your Hands Say Yeah. Suite à une poussée d'urticaire, à la première note chantée par le chanteur, je me presse vers la Grande Scène pour les Dirty Pretty Things. Habituellement, peu sensible au groupe, je les ai trouvés plutôt bons en particulier sur les reprises des Libertines ! Carl Barât a même délaissé son écharpe pour jouer le morceau « France » à la guitare. Bel hommage !

En flânant entre les stands de nourriture peu ragoûtants et les stands des partenaires (vivent les coussins gonflants Levi's !), je me dirige tout doucement vers Kasabian. Hum ! Sympathique sans plus jusqu'au magnifique « LSF » de fin. Kasabian (impliquant un tout nouveau guitariste) enflamme enfin le public. Et nous voilà tous à essayer de chanter correctement 'Lalala Lalalalalala', paroles faciles mais l'air…

A la fin du set, au lieu de se dissiper, la foule devient plus compacte. Le doute s'installe : 'Euh… C'est aujourd'hui Radiohead ?' Mais non ! Tout le monde se tasse, se presse pour voir les Raconteurs. Je conserve donc ma place de privilégiée au premier rang. Pourquoi ? Parce depuis la sortie de leur album, je m'entêtais à dire aux sceptiques : 'L'album n'est pas terrible mais en live ils vont être géniaux'. Entrée impeccable sur un air de musique classique pour Brendan Benson et ses potes. Et bien, mes propos s'avéraient (une fois de plus !) : les Raconteurs sont à vivre en live. Impros, solos, complicité entre les musiciens, tout y est. Jack White, libéré du carcan des White Stripes, s'amuse avec ses compères, avec le public et paraît moins fermé. Brendan Benson, toujours aussi classieux, est aussi bon que son partenaire même s'il reste en retrait. Le batteur et le bassiste ne sont pas en reste, partie intégrante du groupe, les 2 membres des Greenhornes assurent un max. Le sommet de cette journée est indubitablement la reprise de « Bang, Bang (My Baby Shot Me Down) ». White y démontre une fois de plus son talent d'interprète et laisse tout le monde sur le carreau. Il vit intensément la chanson, peut être trop, mais malgré sa volonté minimaliste, Jack est un personnage d'excès.

Après tant d'émotions, direction la Grande Scène pour Morrissey. Juste au moment où il entame le classique "How Soon Is Now ?" Ca commence très bien ! Pressé par le temps, Morrissey blague sur les policiers. Blague du manque d'humour à Buffalo. Blague de lui-même mais n'en oublie pas son set et offre de jolies prestations, comme sur les morceaux « Girlfriend In A Coma » ou « First Of The Gang To Die ». Deux changements de chemises et un rappel plus tard, tout est fini ! La loi du métro est la plus forte ; alors pressons, n'oublions pas que nous sommes à Paris !

 

Rock en Seine 2006 : samedi 26 août

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Première pensée du samedi matin : "Bang ! Bang ! My baby shot me down". La reprise accordée la veille par les Raconteurs fait toujours son petit effet. On sort du lit, réveillé par un chat bougon et… mouillé ! C'est le signe qui ne trompe pas : il pleut dehors... Génial ! Mon anorak très seyant va entrevoir son utilité.

Arrivé sur le site, pas motivé pour un sou et agencé comme un sac, on se dirige en direction du concert des Broken Social Scene qui se déroule sur la Scène de la Cascade. Les Canadiens créent la surprise par l'entremise d'un subtil mélange de rock, de pop et de psyché. Le mix est efficace. Grande amie de la formation, Feist se fend également d'une apparition sur scène. Le concert est somptueux ! Surtout le morceau « Anthem For a Seventeen Year Old Girl », chanson envoûtante, idéale pour oublier la pluie.

Une fois le set achevé, nous partons à la pêche aux amis, retrouvés miraculeusement devant "La Boîte à Sucre" (oui, ce nom laisse songeur...). Nous décidons alors de faire notre B.A de la journée en allant voir un groupe sélectionné par les Avant Seine : Fancy. Grand bien nous en a pris ! Fancy est original, Fancy est glam, Fancy est chic et choc. Face à nous, un trio explosif, emmené par Jessie Chaton, chanteur tout droit sorti du Rocky Horror Picture Show. Sa coupe afro et son débardeur dos nu sont d'ailleurs du plus bel effet. Les têtes bougent et les jambes remuent sans peine. La reprise de « I'm So Excited » nous réchauffe. Au chant, Jessie Chaton alterne voix aiguë et grave pour notre plus grand plaisir. Enfin un groupe qui n'essaie pas de calquer le dernier répertoire à la mode...

Après ce sursaut d'énergie, nous allons rendre visite à Xavier Rudd. Son spectacle détonne par son décor roots et ses étendards tye-and-dye. Très cool. L'Australien est seul sur scène et joue de tout : guitare, djembé, didgeridoo… Un mystère de l'hémisphère sud qui ramène un gros et brillant soleil. C'est fini, il ne pleuvra plus de la journée... Merci Xavier !

Sa performance est intéressante mais les mélodies tournent en rond... Alors, nous nous déplaçons vers Phoenix. Et là, retour à la démotivation ! Visiblement : il convient d'être fan pour apprécier sinon c'est très difficile de rentrer dedans. De plus, les problèmes de son (assez nombreux sur ces deux journées de festival) n'arrangent rien.

Après Phoenix, retour au calme. Le programme connaît un creux avec Skin (sa voix beaucoup trop imposante, à la limite du cri) et Daddy Longlegs (groupe aperçu à l'occasion du festival Indétendances à Paris Plage. Pas original pour un sou...). Nous en profitons donc pour observer le festival et ses festivaliers. Pour éviter la boue, les bénévoles étalent de la paille par terre mais c'est inutile : la pluie est déjà loin.

Autour de la Grande Scène, c'est l'effervescence : les gens se tassent, se poussent pour obtenir les meilleures places. Certains n'ont pas délogé de tout le festival ! Les fans forment une masse compacte devant la scène et ne comptent pas bouger jusqu'à la fin du set de Radiohead. Comptant sur une capacité à jouer des coudes pour trouver une place correcte par la suite, nous nous éloignons en direction du concert de The Rakes. Malheureusement, ce groupe est ennuyeux... Les musiciens dansent bien mais la musique est répétitive. Et après « Open Book », le retour à la Grande Scène est indispensable. Histoire de ne pas louper le début de Beck.

Son entrée est retardée mais remarquée. Sur scène, tout est calme. Mais sur les écrans géants, une marionnette à l'effigie de Beck entonne « Loser ». Soyons honnête, au début nous ne comprenions pas grand-chose. Non pas que nous pensions que Beck s'était transformé en marionnette (quand même !) mais qu'il s'agissait simplement d'une vidéo d'intro. En fait, non ! Les marionnettes se trouvaient au fond de la scène et mimaient, du haut de leur petit théâtre, Beck et ses musiciens. La mise en scène est impeccable, on en oublie un peu la musique, dommage. Lorsque Beck entame « Lost Cause », ses musiciens s'installent à une table au centre de la scène. 'Tiens, c'est rigolo, les musiciens de Beck mangent sur scène'. Quelle naïveté de notre part ! Subtilement, la table se transforme en instrument à part entière : les musiciens font tinter verres, assiettes et table. Pour sa part, la salière se mue en maracas. Au début de « Clap Hands », les instruments ne sont plus nécessaires : la table est là ! Les Beck-puppets miment tout. Y compris les cameramen avec l'adorable puppet camera qui diffuse ses images sur les deux écrans placés de chaque côté de la scène. Mais voilà, Beck et ses musiciens s'en vont déjà : 40 minutes de set, très peu pour la Grande Scène. Les écrans restent allumés pour diffuser… le Puppetotron ! Les marionnettes 'beckiennes' font leur show : visite de la Tour Eiffel, de l'Arc de Triomphe, chasse aux pigeons et destruction de la loge de Radiohead ! Chantonnant Karma Police et complètement ivres, les marionnettes entrent sur scène, en compagnie cette fois de deux ours géants. Délire total sur scène comme dans le public : un ours qui rappe, il gère Beck !

Beck a laissé une forte impression. Devant la scène, le public est de plus en plus dense. Et là, nous nous assignons une mission de folie, digne des commandos les plus redoutés de la planète : passer de la gauche de la scène à la droite de la scène où la vision est meilleure car c'est en pente ! Grand détour, bousculade, coups de coudes (ok, c'est pas sport mais l'excuse est trop bonne : Radiohead !) et hop, nous trouvons l'emplacement rêvé, surplombant la scène et le public. C'est beau. Mais beaucoup moins que ce qui nous attend. Avec quelques minutes de retard, les voilà enfin. L'émotion est à son comble pour les cinq d'Oxford. Ils commencent forts : « Airbag ». La set list est idéale. Certains classiques n'y sont pas mais le manque ne se fait pas sentir. Thom Yorke est en forme, jouant avec le public, les caméras et… dansant.  Trente mille personnes rien que pour Radiohead... Le groupe remplit parfaitement son contrat et nous envoie dans les étoiles. Pour ceux qui voient la scène en tout cas... Pour les autres, tout au fond, la réalisation n'est vraiment pas bonne. Les deux écrans 'géants' ne permettent pas d'apprécier le spectacle rien voir si on est loin de la scène, d'autant plus qu'ils étaient splittés en 4 pour Radiohead et quand les écrans s'éteignent, j'imagine que ça soit encore être bien pire ! Thom et son air de chaton mouillé nous offre des moments incroyables, offrant au public parisien deux nouvelles chansons. Arrivés à « Pyramid Song », notre cerveau décroche. Seule l'écoute s'impose. Au final, nous avons bénéficié d'un très beau concert de Radiohead. Mais la formation n'a pas surpris, assurant un concert convenu, attendu. Cependant, le groupe semblait présent, heureux d'être sur scène. De cette manière, nous n'avons pas eu la sensation de vivre un concert parmi d'autres mais un moment spécial, partagé avec le public présent.

Dour Festival 2006 : jeudi 13 juillet

18 ans, l'âge de la maturité. Un seul petit regard à l'affiche suffit à le certifier. Le festival de Dour nous a servi, cette année, une édition 'grand cru' dont on se souviendra encore longtemps. Pour l'occasion, le site s'est également offert un petit lifting des plus efficaces. Le nouvel emplacement de certaines scènes et l'aménagement de l'entrée ont évité bien des embouteillages, permettant aux festivaliers de profiter pleinement de ces 4 jours de fête, de libations, de contacts humains en tous genres et, accessoirement pour certains, de musique.

Comme la tradition le veut, quelques groupes belges ouvrent les festivités de Dour. Sur la Last Arena, ce sont les Montevideo qui s'attachent à chauffer un public d'ores et déjà enthousiaste. Le quatuor enchaîne les titres en déployant une énergie qui fait leur réputation. On regrettera simplement que les interprétations de « Liberation For Women », « Groovy Station », « Sunshine », l'inévitable reprise de « London Calling » ou encore « Sluggish Lovers » suivent, à quelques exceptions près, le même schéma que lors de toutes les prestations live de la formation.

Une entrée en matière suivie d'une petite erreur de parcours. Quelques secondes sous la « Dance Hall » où les filles de The Delilahs étaient venues présenter leur pop-rock aseptisée ont suffi de convaincre la plupart des festivaliers présents devant cette scène d'aller voir ailleurs.

Peu après, sous ‘La petite maison dans la prairie’, Hallo Kosmo, le plus Allemand des groupes belges, s'est attelé à faire suer les festivaliers venus apprécier les morceaux de son premier album, « Autobahnhotel ». Mention spéciale au dernier titre de la tracklist, « The Boys », qui a mis le feu en un rien de temps et a permis aux quatre jeunes hommes de s'en aller sous les acclamations fiévreuses du public.

Pas le temps de souffler et The Whitest Boy Alive, le nouveau groupe de Erlend Oye (Kings Of Convenience), investit l'Eastpack Tent. Il ne faut pas longtemps pour que les compos du quartette provoquent un effet dévastateur. Emportée par les sons electro-pop estivaux (proches de « Unrest », album solo de Erlend Oye) de la formation, l'assistance, dans sa quasi-intégralité, se met alors à danser…

Etape suivante : le ‘Club Circuit’. Particulièrement emballé par le set de The Whitest Boy Alive, on ne pouvait se permettre de manquer le déhanché de Lisa Kekaula, venue présenter la dernière œuvre de The Bellrays. L'énergie coutumière de la jeune femme semblait l'avoir abandonnée et le set un peu trop uniforme est rapidement devenu ennuyeux. La pilule est d'autant plus difficile à avaler lorsqu'on connaît la valeur des Bellrays en 'live'.

Malibu Stacy est un groupe de scène par excellence. Il l'a encore prouvé lors de son passage sur la scène principale. Un concert bourré d'énergie dynamisé par le show théâtral du vocaliste David De Froidmont. Le sextet de Visé a, en outre, terminé sa prestation en force. Suffit qu'il parvienne à mieux lier son tracklist, un peu comme un DJ enchaîne ses disques, et le sextuor peut franchement attaquer le marché international…

Changement de scène, changement d'ambiance (c'est une habitude à Dour), retour au ‘Club Circuit’ pour y acclamer un autre groupe belge. Injustement négligés, les Fifty Foot Combo roulent leur bosse depuis 20 ans, tournant principalement dans le Nord du pays et aux Pays-Bas. Entraînant le public sur une vague surf-rockabilly, le côté décalé de leur prestation rappelle la scène garage qui a sévi aux States, à la fin des 60's ! A l'avant plan, la claviériste attire tous les regards. Excentrique, sexy, elle fait encore monter la température sous une tente dont le thermomètre doit pourtant déjà dépasser les 35 degrés.

Malheureusement, notre temps est compté, et un saut vers la scène principale s'impose. La musique d'Art Brut est aisément reconnaissable. Légère, candide et envoûtante, leur pop trahit, en outre, l'origine londonienne du combo. Au demeurant fort sympathique (NDR : pendant et après le concert), Eddie, le frontman, possède un physique très britannique. Et son accent ne l'est pas moins. Le prototype du journaliste à la BBC ! Sur les planches, il se démarque du reste du groupe qui manifeste un comportement plutôt réservé… Mais la prestation d'ensemble est rafraîchissante (il a beau être 20 heures, on a l'impression que le soleil tape toujours), et nous remémore même un tout bon concert accordé par Pulp à ses débuts, sur cette même scène, quelques années plus tôt.

Le soleil se couche lentement et les lumières commencent à scintiller sur la Last Arena. Infadels prend d'assaut la scène par un « Love Like Semtex » jouissif. L'assistance saute, danse, bouge, secoue la tête et les fesses. Bref, la vraie fête débute. Un seul regard vers la foule confirme que l'alcool commence produire ses effets. Les Anglais enchaîneront quelques titres de leur premier album, « We Are Not The Infadels » avant de servir leur excellente version electro-pop du « Steady As She Goes » de The Raconteurs.

A l'instar d'Arctic Monkeys, Maxïmo Park a prouvé une nouvelle fois qu'il avait bien sa place au sein des groupes-phares du moment. Une prestation impeccable et sans le moindre temps mort magnifiée par le très charismatique chanteur Paul Smith. Un Paul Smith qui ne manque, par ailleurs, pas d'humour. En plein milieu de son set, un énergumène est parvenu à monter sur les planches et à piquer son chapeau. Le service d'ordre n'a pas le temps d'esquisser un geste, et le gaillard replonge dans la foule. En un temps deux mouvements, Paul s'est éclipsé, laissant son groupe se lancer dans l'improvisation. Certains artistes auraient tout plaqué et ne seraient plus revenus sur scène. Mais Paul remonte sur le podium coiffé d'un autre chapeau, en profitant pour changer le titre de sa chanson « The night I Lost my head » en « The night I lost my hat ! ». Le quintet a également interprété plusieurs nouvelles chansons qui devraient donc figurer sur un prochain album.

Peut-on encore vraiment parler de 'tête d'affiche' à Dour ? Le concert de Primal Scream était très attendu et devait couronner l'affiche d'une première journée que l'on avait rarement vécue aussi consistante à Dour. Les attentes sont grandes mais tout commence très très mal : un son plutôt brouillon, des musiciens qui semblent se chercher, et last but not least, un Bobby Gillepsie qui semble avoir la gueule de bois. On craint le pire et on s'attend alors à assister à un piètre spectacle digne des frères Gallagher. Dégoûtés, de nombreux spectateurs désertent la plaine. Nous aussi. Pas de bol, puisque après une demi-heure de bouillie sonore, l'ensemble a enfin trouvé ses marques. Et d'après les échos recueillis, des titres comme "Swastika Eyes" ou "Suicide Sally & Johnny Guitar" méritaient les qualificatifs d'hypnotique voire de magique. Les plus patients ont donc été récompensés. Mais c'est également ça Dour (NDR : et les festivals en général) ; il est pratiquement impossible d'assister à l'intégralité de l'affiche et il faut faire des choix. Il faudra donc attendre le retour en salle de Bobby et sa bande pour pouvoir les apprécier à leur juste valeur.

Autre timing et autre public pour la nuit electro qui démarre à la ‘Petite maison dans la prairie’ et que le Dirty Dancing a décidé d'assiéger. Mandrak, résident du dance-club bruxellois balance un set très éclectique qui semble plaire à tout le monde, créant ainsi une ambiance bon enfant. Par contre, du côté de la ‘Eastpack tent’ Roni Size & Dynamite MC sont loin d'être dans leur meilleur forme, offrant un concert beaucoup moins pêchu qu'à leur habitude. Raison de plus, donc, pour se précipiter à nouveau vers les nouveaux quartiers du Dirty Dancing où Nathan Fake s'apprête à prendre les commandes. Malheureusement les merveilleuses compos de son premier album « Drowning In A Sea Of Love » n'ont pas l'effet escompté en 'live'. Sans rien perdre de leur côté trippant, les titres « Stops » ou encore « Grandfathered » tombent comme un cheveu dans la soupe. Des compos qui devraient cependant faire la différence dans une plus petite salle. De son côté, au ‘Club Circuit’, Erlend Oye, seul cette fois, présente un DJ set dans la veine de son « DJ Kicks », enchaînant les morceaux tout en poussant la chansonnette sur certains d'entre eux.

Pour finir, on vous raconterait bien les sets de Shameboy et Cosy Mozzy mais le seul souvenir d'y avoir été jeter un coup d'œil est, en quelque sorte, déjà une forme de reconnaissance…

Dour Festival 2006 : vendredi 14 juillet

Tous les records sont définitivement battus ! Après une première journée d'ouverture historique (32.000 spectateurs), la foule ne cesse de croître. 34.000 spectateurs sont recensés, et le camping est déjà 'sold-out'. Plus que jamais la diversité est au rendez-vous, Oomph et Flogging Molly déclenchent les premiers pogos, Mike Patton se reconvertit dans le rap/hip-hop, Soulfly fait mordre la poussière aux aficionados et Within Temptation tient les spectateurs en haleine.

Notre journée commence fort, par une bonne surprise : The Lords of Altamont. Ce nom ne vous dit sans doute pas grand-chose. Peut-être à ceux qui ont connu le défunt Lords of New Church. D'autant plus qu'ils affichent un look semblable. Beaucoup plus intéressant, le line up de ce quintet yankee est constitué de membres de Fuzztones et des Cramps. Excusez du peu ! Sous la 'Dance Hall', une fois n'est pas coutume, on a donc eu droit à une bonne dose de bon vieux rock garage à tendance punk US. Et pour votre information, sachez que le groupe se produira au Recyclart à Bruxelles, ce samedi 21 juillet.

Comme d'habitude, Pompon (NDR : pour ceux qui ne le connaîtraient pas, il s'agit de l'animateur fétiche de Pure FM !) court d'une scène à l'autre pour présenter les groupes. Il ne tarit pas d'éloges la prestation des Lords of Altamont. Il les compare même aux Stooges des débuts. Avant d'embrayer par un petit laïus consacré à Oomph. Une des grandes références du métal allemand fondé déjà il y a 17 ans. Cette formation n'aurait, en outre, rien à envier à un autre groupe qui commence par R (NDR : Rammstein, of course). Les feux d'artifices et les lance-flammes en moins. Les Teutons sont quand même parvenus à faire vibrer la foule de la scène principale, provoquant les premiers - mais timides - pogos. Les spectateurs qui les avaient déjà acclamés en 1999 à Dour sont fidèles au rendez-vous ; de même que les métallos du Grasspop qui ont pu les voir quelques semaines plus tôt. En conclusion, Oomph s'est fendu d'un show solide. Un bombardement en règle d'indus-métal, entrecoupé de morceaux issus de leur dernier album (le 7ème déjà), sur lequel figure une majorité de titres plus abordables, à l'instar du controversé « Gott ist ein popstar ».

L'ambiance entretenue par quelques bonnes bières (NDR : partagées backstage en leur compagnie avant leur show) laissent présager un show épatant, dont eux seuls ont le secret. Flogging Molly est d'origine américaine et les musiciens ne sont pas toujours fiers de leur nationalité. Pour se disculper, ils dédient un morceau à leur 'ami' ( ?!?!) GW Bush'. Le set de Flogging Molly est un grand cru. Un panaché ultra speedé de folk irlandais et de punk, qu'on pourrait situer à la croisée des chemins des Pogues et de Dropkick Murphys. Invité à danser et à faire la fête, le public présent en masse réagit instantanément. Et on assiste au premier grand pogo du festival. Maintenant, il faut reconnaître que leur musique n'est pas (encore) du calibre des Pogues ; mais leur énergie rock'n rollesque soutenue par des instruments aussi traditionnels que l'accordéon, la flûte ou le violon met tout le monde de bonne humeur, une bonne humeur contagieuse qui vous incite rapidement à taper du pied. Certains prennent même le risque de s'avancer vers le podium, quitte à prendre un coup de tête asséné par l'un ou l'autre fan occupé de 'slammer'.

Collectif constitué de membre d'El Tatoo d'El Tigre et de The Belgian Afro Brut Association, The Internationals pratique un mélange très subtil de ska et de reggae. Son set a, en tout cas, laissé une excellente impression sous le Club Circuit Marquee.

Zita Swoon est un excellent groupe de scène. Mais sa musique passe beaucoup mieux en salle que lors d'un festival. Et puis son aventure 'A Band in a box' était tellement exceptionnelle, qu'en plein air, on a l'impression de rester sur sa faim.

Ambiance plus détendue en revanche au club circuit en compagnie des New-yorkais de Battles. Une autre très bonne surprise. Sur scène, ils manifestent une énergie incroyable. Leur rock expérimental et déstructuré est finalement parvenu à hypnotiser un public, constitué au départ d'une majorité de curieux. Certains titres épousent même une structure en crescendo comparable à celle de Mars Volta. Encore une claque !

Peeping Tom est le nouveau projet de Mike Patton. Une aventure trip hop pour laquelle il s'est entouré de grosses pointures. Et notamment Dan The Automator, Rhazel ou encore une Imani Coppola que l'on croyait depuis longtemps disparue. Pour les amateurs du style, ce sera la deuxième baffe de la journée (NDR : dixit Redouane). Dès les premières secondes de « Mojo », le public sait qu'il va avoir droit à un show de haut vol. De « Caipirinha » à « Five Seconds », le grand Patton donne le meilleur de lui-même et semble être content d'être là. Ca tombe bien, nous aussi. Néanmoins, il faut bien reconnaître que sans la présence charismatique de l'ancien leader de Faith No More (dont les fans présents en masse ont dû être déçus), la prestation de Peeping Tom serait passée totalement inaperçue. Elle ressemblerait même à celle de 10.589 autres groupes de hip hop ou de rap. Au sein de l'équipe rédactionnelle de Musiczine, les avis sont d'ailleurs partagés : certains ont apprécié, d'autres beaucoup moins.

Difficile d'émettre des critiques négatives à l'égard de Shelter. Une véritable référence en matière de hardcore à tendance straight edge. Dour n'a d'ailleurs pas son pareil pour inviter les grandes pointures du genre, trop peu souvent présentes en Belgique ou alors dans des salles trop underground comme le Magasin 4. Seuls les membres de la sécurité n'ont pas trop apprécié le show. En effet, le charismatique leader Ray Cappo a passé autant de temps à chanter sur scène qu'au sein du public, excitant encore un peu plus les quelques centaines de spectateurs avertis. Heureusement que l'East Pak Tent est solidement plantée car la flopée de groupes plus remuants les uns que les autres qui s'y sont succédés auraient pu souffler un chapiteau trop fragile…

Responsable du pogo le plus violent de cette édition, Soulfly se produisaient à la Last Arena. Habitués du festival, les Brésiliens sont parvenus à faire mordre la poussière (au propre comme au figuré) aux plus résistants. La horde de fans venus applaudir Max Cavalera et sa bande semblait en tout cas prendre son pied sur des titres tels que « Seek & Strike » ou l'inévitable « Roots ». Dur et lourd, le concert a cependant été, comme tous les concerts de Soulfly, sans grande surprise.

Question surprise, il fallait plutôt attendre Within Temptation. Non pas que leur gothic-métal soit des plus originaux, mais soyons honnêtes, la chanteuse Sharon den Adel ne laisse personne indifférent ! A l'instar d'Amy Lee chez Evanescence, son arrivée sur scène est très attendue. A sa voix douce et vibrante, sur fond de guitares tranchantes, s'ajoute une tenue médiévale au décolleté généreux, un large sourire et une chevelure magnifique. Pas étonnant d'ailleurs que les photographes se massent en frontstage et activent leur zoom dès que Sharon se penche un peu… (NDR : n'oubliez pas à ce sujet de visionner notre rubrique photos !)

Les dernières fois que Mercury Rev s'est produit en Belgique, c'était en supporting act. Et il faut reconnaître que sa prestation n'avait pas répondu à l'attente. En fait la formation yankee a besoin de temps et d'espace pour être au sommet de son art. Et vu son nouveau statut, il aurait même intérêt à refuser de jouer les faire-valoir. La plus belle preuve procède des concerts accordés à Bruges, au cirque Royal de Bruxelles et puis lors de cette édition du festival de Dour. Des prestations somptueuses, même si ce vendredi soir, il a fallu deux ou trois titres à la bande de Jonathan Donahue pour régler ses balances. Le public était absolument ravi. Et même Grasshopper, le guitariste, semblait heureux de jouer. Que demande le peuple ?

Apocalyptica est un ensemble très amusant. Un drummer et quatre violoncellistes. Peu ou pratiquement pas de chant. Leur musique est gothique. Leur attitude morose, mais leur show bourré de fun. Et c'est ce qui fait leur charme…

Bien moins agréable, et comme nous vous l'avions annoncé précédemment (cfr. rubrique 'Quoi de neuf'), la palme du concert le plus minable du festival est revenu haut la main à Fischerspooner. Odieux personnage, plus arrogant que jamais, Casey Spooner s'est contenté d'un show brouillon qu'il aura l'audace d'interrompre près d'une demi-douzaine de fois. En effet, que ce soit l'éclairage, la lumière, ou les accessoires sur scène, tout était prétexte pour retourner se terrer, mécontent, en backstage. Le show a donc pris des airs de répétition et l'ambiance n'a jamais décollée. Résultat des courses, agacé, le public n'a même pas réagi lorsque le groupe balança son gros tube, « Emerge ». Ce qui ne manquera pas de mettre Mister Spooner à nouveau en colère et l'assistance bien plus encore. Bombardé de projectiles en tous genres, notre ami a alors fait preuve d'un courage sans pareil, replongeant en coulisses une nouvelle fois pour envoyer ses deux danseuses/choristes seules sur scène le temps d'un morceau. Au final, elles assureront une bien meilleure prestation que le guignol et offriront au festivalier le seul bon moment du concert.

Left Lane Cruiser

Bring yo' ass to the table

Écrit par

Ce duo nous vient de Fort Wayne, dans l'Indiana. Mais en écoutant attentivement leur album, on finit par détecter les références de leur musique. Car manifestement, elle balayée par le souffle des collines du Nord Mississippi. A cause des sonorités dispensées. Déjantées. Réminiscentes de leurs lointains parents de chez Fat Possum! Joe Evans, alias Freddy J IV, chante et joue de la slide. Brenn Beck siège derrière sa batterie rudimentaire et sa panoplie de percussions. Difficile quand même de définir leur style. Sans trop prendre de risque on pourrait le décrire comme du heavy/boogie/punk/blues. Enumération à écrire dans l'ordre ou le désordre. Au choix. Une solution sonore manifestement primaire, sale, sans guère de production. En prise directe. Et pour cause, les prises de son en studio se sont déroulées comme si la formation affrontait son public, au sein d’un vieux juke joint enfumé. Brenn, le drummer, n’hésite jamais à en rajouter, une couche. Et même plusieurs. Il est d’ailleurs surnommé ‘Sausage paw’. Un véritable déménageur !

Frénétique et parfaitement intégrée dans le Sud profond, la musique de LLC puise donc bien des sources dans le Delta du Mississippi. Dès les premiers accords de "Wash it", la slide s'enfonce dans nos oreilles. Bien en profondeur. Elle n’en sortira plus qu’en fin de parcours. Et si d'aventure, elle s’autorise une pause, Brenn prend immédiatement le relais, histoire de nous asséner de violents coups percussifs. Un véritable enfer ! Pas le temps de reprendre son souffle et on embraie sur la plage suivante : "Set me down". Brenn doit avoir des bras en acier. La slide s'éclate. Et la pause de brève durée sert de tremplin aux deux possédés, déterminés à aller aux bout de leurs forces. Boogie ravagé, "Pork n' beans" aurait pu relever du répertoire de ZZ Top. Mais un ZZ Top, passé en enfer. Tout brûle en ce lieu maudit ; mais cette slide est tellement dense, qu’elle vous envoûte, vous pénètre, vous met à nu. "Big Momma" adopte un schéma semblable. Un boogie rageur, proche de la démesure. Les douze chapitres de cette aventure défilent en un éclair et sans jamais susciter le moindre ennui. Une homogénéité dans l’intensité et l’agressivité. La musique ne souffre pourtant pas d’une quelconque uniformité. La fureur constitue le dénominateur commun. Et reconnaissons qu’une plage comme "KFD" nous la ramène dans des limites plus sensibles. Brenn souffle dans un harmonica aux tonalités fantomatique. Le doigt d'acier fait vibrer les cordes, durant de brefs instants. Freddy y révèle un potentiel inattendu, empreint de délicatesse tout en surfant sur les différentes modulations de l'espace sonore. "Justify" émarge presque au punk. Enfin, surtout le chant. Le rythme épousant plutôt un Bo Didley beat. "Busket" et "Amerika" affrontent du garage punk. Le combat terminé, le tandem nous abandonne blêmes et livides. Et impossible de reprendre sa respiration. La paire impressionne lorsqu’elle se met à table. Elle avait démontré cet art culinaire, en avalant le plat de "porc et haricots". Et le confirme tout au long de "Amy's in the kitchen", une plage au cours de laquelle les riffs de la slide nous dévorent. En finale, "Heavy" reflète parfaitement son titre. Un opus à conseiller vivement aux fans des Black Keys ou encore North Mississippi All Stars. Remuez-vous, la musique continue!

The Kill Devil Hills

The drought

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Fondé en 2003, The Kill Devil Hills compte à ce jour deux albums à son actif. Une formation australienne dont le line up est passé d’un trio à un sextet, tout comme leur musique a viré du country/folk à une formule fondamentalement plus rock. Un rock ténébreux, teinté de blues, parfois de gospel, mais qui ne renie jamais ses racines. Et pour cause, le combo a toujours recours à des instruments aussi spécifiques que la mandoline, le banjo, la sèche, la slide et surtout le violon. C’est d’ailleurs le violon qui charpente la plupart des mélodies, tantôt en les berçant d’accents introspectifs, tantôt en les dynamisant d’énergie frénétique. L’instrumentation basique apporte davantage d’intensité aux compos ; et en particulier la guitare électrique.

Manifestement TKDH est une formation australienne. Qui puise essentiellement son inspiration chez les artistes australiens. Des noms ? Hugo Race, Beast of Bourbon, Triffids, Nick Cave & The Bad Seeds ou encore Crime and the City Solution… Vous me direz que la plupart de ces gens ont plus ou moins trempé dans le même milieu. Et vous n’avez pas tout à fait tort. D’autant plus que la seule compo qui s’écarte de la ligne de conduite, “New country”, émarge au psychobilly. Celui des Cramps, bien sûr. Or, Kid Congo Powers, l’ex-drummer de la bande à Lux Interior/Poison Ivy, n’a jamais caché son admiration pour toute cette mouvance, et est souvent venu apporter son concours en ‘live’ voire en studio, pour l’un ou l’autre de ces musiciens. Vous ne serez enfin pas étonnés de savoir que le vocaliste principal, Lachlan Gurr, emprunte régulièrement les inflexions de Cave, et même le timbre. D’excellente facture, « The drought » trahit malheureusement encore trop de références évidentes à ses maîtres pour ne pas être soumis au feu de la critique. Dommage, car ce groupe possède suffisamment de talent pour tracer sa propre voie, sans pour autant renier ses racines. Ce sera sans doute son prochain challenge !