Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Chaka Demus & Pliers

Back Off The Wall

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Au début des années nonante, Chaka Demus (le emcee) et Pliers (le chanteur romantique) avaient connu le succès international grâce à des titres comme « Tease Me » et « Murder She Wrote ». Il faut dire que les mains expertes de Sly & Robbie se chargeaient de la musique et ont permis au duo de sortir de l’underground jamaïcain pour toucher le grand public.

Presque vingt ans plus tard, la paire sort d’une semi retraite (NDR : 10 ans d’absence en fait) et concrétisent ce come-back par la confection de ce « Back Off The Wall », enregistré entre Londres et Kingston. Pas de surprises à attendre : Chake et Pliers proposent ce qu’ils font de mieux : des ballades romantiques et des morceaux plus calibrés pour les dancefloors.

Le disque s’ouvre par une belle reprise des Paragons qui laisse la part belle au flow de Chaka. L’élégant « Treat her Right » continue sur le même thème « Smooth » avant que l’auditeur soit convié à danser sur « Riding In The Front » et « Bounce It ». Ce dernier titre est d’ailleurs proposé en trois versions différentes, mais pas vraiment convaincantes. « Happy Say Yea » s’aventure aussi du côté ragga mais le mix musical mollasson nous empêche d’adhérer à la chanson. « Turn Me » revient aux thématiques ‘lover’ chères à Pliers, pour un morceau lorgnant carrément vers les productions internationales de Shaggy. Le sympathique « So Proud » recycle une vieille rythmique dancehall et apporte un peu de variété à l’album, tout comme l’innovant « Afromantic Girl », un électro funk ultra efficace auquel on décernera le prix du meilleur titre de l’album. Le grand Toots et ses Maytals sont à l’honneur sur « It’s you It’s You », un grand classique du ska enrichi de surprenants banjos. La suite de l’album se disperse entre quelques titres ragga dispensables et le plus grave « Man A Lion ». En conclusion cet elpee un peu inégal et moyen est heureusement sauvé par cinq plages de très haut niveau.

 

Vinicio Capossela

Nel Niente Sotto Il Sole

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Fils d’Italiens immigrés en Allemagne, Vinicio Capossela s’est construit une carrière atypique au sein de sa péninsule natale. Depuis le début des années nonante, il a sorti plusieurs albums et un roman. Il est ainsi progressivement devenu un artiste populaire et très respecté auprès de ses pairs, grand écart pas toujours facile à réaliser. Double cd/dvd « Nel Niente Sotto Il Sole » est un témoignage de la tournée accomplie à la suite de la sortie de son dernier album, l’ambitieux « Ovunque Proteggi ». Une tournée qui l’a amené aux quatre coins de l’Italie, mais aussi à l’étranger. Vinicio Capossela puise énormément dans le folklore méditerranéen (et mondial), la variété italienne des années 50/60 (Carsone, Celentano), mais sa musique évoque surtout Tom Waits (période « Rain Dogs » et « Bone Machine ») ainsi que Captain Beefheart. L’homme ne se contente pas de copier ses illustres modèles ; il injecte une solide dose de personnalité dans les cavalcades démoniaques qui constituent le menu principal de ce témoignage live. Musicalement très riche, la formation qui accompagne Capossela fait parler la poudre. On est très loin des nombreux rockers italiens qui s’appliquent à singer platement leurs modèles américains et anglais. Pour pleinement apprécier la musique, la compréhension de l’italien reste tout de même essentielle, tant le soin accordé aux textes est important.

Le pendant visuel du disque aide à mieux comprendre les performances scéniques de notre homme. Elles sont éminemment visuelles et tiennent du spectacle total : ombres chinoises, déguisements empruntés au folklore sarde, scénographie soignée. Le dvd n’est pas une captation classique d’un seul concert mais plutôt un grand mélange entrecoupé de paysages mystérieux de Sardaigne et de scènes jouées dénotant une grande obsession pour la mort et les thèmes bibliques. Bref, une excellente introduction au riche univers du bonhomme.

 

Billy Bragg

Mr Love & Justice

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Quand on parle de Billy Bragg, on pense immédiatement à son militantisme de gauche dont il a soutenu la cause au cours des années 80. Il a cependant rompu avec le parti travailliste vers 1995, le jugeant devenu trop modéré (NDR et à quitté Barking pour Dorset !) En outre, au fil du temps son inspiration s’est diversifiée ; et aujourd’hui, il en revient même, comme à ses débuts, à parler d’amour, de foi ou même de sujets plus poétiques (la plage, les océans, les falaises) ou encore totalement futiles (la rhubarbe !) Ce qui ne l’empêche pas d’encore émettre son avis sur l’un ou l’autre sujet brûlant de l’actualité (NDR : le titre final « Farm boy » évoque le départ des soldats en Irak qui abandonnent leurs femmes et leurs enfants en Angleterre…) Mais dans l’ensemble on doit admettre que la musique de BB est devenue plus pop. Particulièrement sur ce dernier opus. Un disque pour lequel Robert Wyatt est venu apporter son concours aux chœurs lors du morceau d’entrée, « I keep faith ». En général les plages sont assez fruitées, allègres et parfois même amusantes. Depuis « I almost killed you », réminiscence du folklore irlandais au superbe « The Johnny carcinogenic show », en passant par le beatlenesque « M for me », le countryfiant et entraînant (Johnny Cash) « The beach is free », le dylanesque (celui du Band avec son clavier rogné) « Sing their souls back home », la valse « You make me brave (enrichie d’un banjo ou d’une mandoline), le crazyhorsien « Something happened » (même le tempo tribal rappelle Neil Young) et le titre maître, une ballade abordée à la manière d’Elvis Costello. Douze compos en tout, ma foi, fort agréables à écouter, mais qui risquent fort de décevoir les puristes. En particulier ceux qui avaient vu en lui un symbole éternel de l’anticapitalisme, après avoir été celui de l’anti-thatchérisme.

 

Various Artists

The Biggest Ragga Dancehall Anthems 2007

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Fidèle au rendez-vous annuel, le label Greensleeves compile des singles qui ont marqué l’année 2007 sur les dancefloors jamaïcains. Dix-huit titres et huit clips très, hum, ‘couleur locale’. Pour mieux comprendre de quoi on parle, jetez donc un coup d’œil sur l’hilarant « Hoola Hoop » de Macka Diamond et le postérieur de dimensions surréalistes de la chanteuse Barbee dans le clip « Give It Up ».

Musicalement, la compilation commence calmement par Busy Signal et Bugle. Ils partagent une même propension pour le rythme lent et des influences musicales lorgnant du côté des USA. Le jeune QQ balance son « Tek It To Them » dansant et sans prétention. Mr. Vegas se fend d’un très efficace « Tek Weh Yuhself », tandis que les toujours innovants Ward 21 proposent l’excellent et minimaliste « Bubble Like Soup ». Sans aucun doute le meilleur titre de la sélection. On est moins convaincu par le beat banal accompagnant le texte incisif de Beenie Man sur « Product Of The Ghetto ». On passera notre tour sur l’imagerie gangster de Cham et les habituelles paroles classées X de Vybz Kartel, scandées à force de vocodeur. Buju Banton se fait menaçant sur le sinistre « Crazy Talk », un morceau rappelant ses débuts. La toujours efficace Macka Diamond joue du « Hoola Hoop » et on vous renvoie au clip pour comprendre de quoi il en retourne. Le « Back It Up » de Bennie Man se penche (si l’on peut dire) sur un sujet qui passionne les emcees jamaïcains : les postérieurs féminins bien fournis. Pas vraiment un grand cru donc ! D’ailleurs, à l’une ou l’autre exception près, la qualité musicale de l’ensemble est un peu faible. Et c’est regrettable.

Tommy Tate

I’m So Satisfied : The Complete Ko Ko Recordings and more

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Malgré une carrière entamée au milieu des années soixante, Tommy Tate n’a jamais vraiment connu le succès. Ce qui n’a pas empêché ce chanteur/compositeur talentueux de devenir une figure culte au sein des cercles de fanatiques de ‘soul music’, ses disques ayant été maintes fois piratés par des producteurs peu scrupuleux. « I’m So Satisfied » reprend la totalité des enregistrements de Tommy réalisés en faveur du label Ko Ko, ainsi que trois titres pour Stax.

Fondée par le producteur véreux Johnny Baylor, l’écurie Ko Ko avait été créée quasi exclusivement pour le chanteur Luther Ingram. Ko Ko était distribué par le légendaire label Stax et la plupart des titres étaient enregistrés dans les studios aussi légendaires Muscle Shoals, en compagnie des musiciens du cru. Vingt titres enregistrés entre 1971 et 1977, bien représentatifs de la soul telle qu’elle se pratiquait dans le sud des Etats-Unis et surtout à Memphis. L’accent est placé sur le son très direct, les ballades mid tempo richement orchestrées, la recherche mélodique et une voix très en avant, rappelant la ferveur du gospel. Hormis quelques rares incursions dans le funk et le disco, c’est le menu musical qui est proposé ici. Ce sont évidemment les morceaux qui font la différence, et ceux composés par Tommy Tate sont de toute grande qualité. Après quelques écoutes et à quelques rares exceptions, ces quelques titres se révèlent essentiels ; c’est la raison pour laquelle cet album vous est vivement conseillé…

 

Radio Massacre International

Rain falls in grey

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Radio Massacre International compte 25 albums à son actif en 15 années d’existence. Un trio qui privilégiait, à l’origine, les expérimentations électroniques. Depuis, la formation a intégré davantage d’instrumentation basique, dans sa solution sonore semi cosmique, semi psychédélique. De la guitare, de la basse et des drums. Ne parlons pas de claviers, car RMI utilise tout ce qui lui tombe sous la main : mellotron, moog, Fender Rhodes, Hammond, synthés, et la liste est loin d’être exhaustive. Pour enregistrer « Rain falls in grey », le combo a reçu le concours de Martin Archer (saxophones, clarinette, flûte) et de Cyndee Lee Rule (violon). Un disque qui rend hommage à Syd Barrett, décédé, peu de temps avant leur entrée en studio. Un musicien auquel les musiciens vouent un véritable culte. Le titre de l’opus est d’ailleurs extrait d’une de ses chansons, « Baby Lemonade ». Musicalement, leur musique oscille à la croisée des chemins du Floyd (of course), de Hawkwind, de Tangerine Dream, d’Ash Ra Temple et de Gong. C’est d’ailleurs Daevid Allen qui s’est chargé de dessiner la superbe pochette de leur elpee. RMI est également capable de se produire dans des marathons ‘live’ de plus de deux heures et demie. Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que sur les sept fragments de ce disque, quatre sont particulièrement longs. Bienvenue chez les (néo)babacools!

 

Puerto Muerto

I was a swallow

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« I was a swallow », le  4ème full album du couple de Chicago, s’ébauche sur un premier morceau mitigé, où la voix de Christa Meyer -sur le fil du rasoir- n’augure pas l’enchantement ; puis petit à petit, cette voix prend mystérieusement de l’assurance pour rejoindre le timbre grave et profond de Joan Baez. Un piano en mode mineur, un clin d’œil cabaret, des mélodies épurées, et l’album prend soudainement des ailes. On commence à se complaire dans cette atmosphère feutrée, à la fois sombre et glamour sans être surjouée. Des touches de sensualité mêlées de décadence qui évoquent l’univers des Dresden Dolls ; une pesanteur qui s’attarde volontiers sur chaque instant avant de céder à des airs tango plus légers. Puerto Muerto, délaissant les tentatives punk-folk incertaines de ses précédents albums, entrouvre un style intimiste et doucement hanté. Esthétique et imagé, on peut fermer les yeux et voir la fumée bleutée, le maquillage sensuel de la diva, les regards embrumés et captivés ; résolument nocturne, « I was a swallow » captive par la justesse d’interprétation de cet univers doux-amer.

 

Picastro

Whore Luck

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Derrière l’horrible pochette de ce « Whore Luck » se cache une formation originaire de Toronto. Et comme la plupart des formations indie contemporaines issues du Canada, Picastro dispose de tout le potentiel pour devenir une référence. « Whore Luck », troisième essai de Liz Hysen et sa bande, est un condensé de ce que les Ricains appellent ‘Sleep Rock’, joliment allié à des éléments post-rock. Entouré d’invités prestigieux tels que Jamie Stewart (Xiu Xiu) et Owen Pallett (Final Fantasy), Picastro défend, avec toute la délicatesse requise, une musique introspective, presque religieuse. De sa voix perçante, la grande prêtresse de la congrégation envoûte subtilement les fidèles à l’aide de cantiques intrigants et obscurs. Même sans grandes envolées spirituelles et malgré quelques expérimentations étouffantes, « Whore Luck » attire l’attention. Cependant, la cérémonie, qui se clôture sur une reprise du « An Older Lover, Etc. » de The Fall (rebaptisé ici « Older Lover »), laisse derrière elle un goût un peu trop amer. Une fois parachevée, celle-ci ne marque d’ailleurs l’esprit qu’à court terme. Picastro a donc encore du pain sur la planche avant d’obtenir le statut de formation incontournable.

 

Midnight Juggernauts

Dystopia

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Attention, gros dossier. Sorti en 2007 sur les terres d’origines de la formation, il aura fallu attendre plusieurs mois avant que le premier essai de Midnight Juggernauts ne débarque enfin dans les bacs de nos contrées. Et l’attente en valait la chandelle. Sans véritablement révolutionner le genre, ces poids lourds australiens reprennent adroitement le flambeau de nouvel espoir de l’electro rock aux accents disco, sans tomber dans la catégorie ‘Nu Rave’. Agrippé à ses synthés et autres vocodeurs, le trio invite dès les premières notes de la plage d’introduction à prendre place dans son vaisseau pour une petite visite hors de ce monde. Une promenade interplanétaire au cours de laquelle on croisera Giorgio Moroder, Daft Punk, Klaxons ou encore Cut Copy.

Malgré quelques incidents de parcours qui auraient aisément pu gâcher l’ensemble du voyage (« Scorpius », « So Many Frequencies »), les Midnight Juggernauts démontrent une aisance déroutante dans la maîtrise de leur véhicule. Ces petites mésaventures sont par ailleurs rapidement effacées de la mémoire des passagers qui ne pourront que s’incliner devant la beauté d’« Aurora », la rencontre du 3e type de « Tombstone » ou encore les formes obsédantes de « Road To Recovery » et « Shadows ». Forts d’une réputation live sans reproche, Midnight Juggernauts tiennent une première œuvre qui, même sans être intemporelle, risque fort bien de laisser des traces inaltérables sur les pistes de danses de l’univers entier.

 

Marie Queenie Lyons

Soul Fever

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Enregistré en 1970 par Marie Queenie Lyons, « Soul fever » restera à tout jamais son unique album, la jeune femme ayant disparu de la circulation après la sortie du disque. Enregistré pour le label Deluxe (une filiale de King, maison de disque de James Brown), la version vinyle de « Soul Fever » était devenue aussi difficile à trouver qu’une place de parking non payante dans le centre de Bruxelles. De nouveau, il est nécessaire de souligner les formidables initiatives du label Vampisoul qui permettent au plus grand nombre de découvrir quelques pépites oubliées.

La musique proposée ici (uniquement des reprises) est typique de la soul sudiste de l’époque : très mélodique et emmenée par la belle voix très gospel de Mary, capable de passer de la douceur à la sauvagerie en un clin d’œil. « Soul Fever » hésite entre des titres plus groovy comme le superbe « See and Don’t See » et des morceaux plus lents, enrichis de cordes, qui rappellent un peu les slows de Ray Charles. Hormis les chansons plus classiques, des plages comme « Fever » et « Your Thing Ain’t No Good Without My Thing » touchent tout simplement à l’excellence. Soul Power !