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Dernier concert - festival

Viagra Boys
Afghan Whigs

Miossec

Une vulgaire piquette...

C'est dans le cadre du festival itinérant " Les Jeux " que les deux Français (Christophe) Miossec et Dominique A(né) sont venus nous rendre visite, dans une ambiance d'abord bon enfant mais qui tomba très vite dans le mauvais trip breton, tendance Manau à la foire de Libramont. Dans le rôle du bœuf très beauf : Miossec, dont la musique ce soir-là n'eut pour unique intérêt que mieux nous faire aimer ses deux supports acts, bien plus électrifiants que n'importe laquelle de ses mélodies bancales qui sentent la bière et le mauvais déo.

Amor Belhom Duo est en fait un trio qui marie ambiance moite proche des westerns crépusculaires de Sam Peckinpah et charme vénéneux distillé au compte-gouttes par des musiciens parents des frères Burns de Calexico. Au croisement d'un post-rockabilly fiévreux et d'une pop à la française pleine d'échos du Middle West, la musique de ce trio parvint à nous enivrer mais pas à nous saouler, contrairement à celle du malheureux Breton mentionné plus haut.

Autre fièvre pleine de folie mais sans delirium, le concert de Dominique A : supporté par Sacha Toorop à la batterie (Zop Hopop) et l'ancien guitariste de… l'ivrogne suscritiqué, l'homme au crâne rasé tétanisa l'assemblée par ses chansons toute tension dehors, des ballades écorchées vives sans cesse sur le fil du rasoir, qui vous font chavirer par leur beauté à fleur de peau. A cet égard, la chanson qui clôtura ce concert magnifique, " Pour la peau ", est sans doute l'une des plus belles de Dominique A, bien loin des misanthropies faciles de son avant-dernier album " Remué ".

Ensuite, les choses se gâtèrent : bourré comme toute la Bretagne, le piètre troubadour des A. A. entra dans l'arène, prêt à décocher ses petites phrases assassines en roulant ses " r " comme le fit jadis Brassens et Gainsbourg, mais en mieux. Car les deux chanteurs, auxquels le petit monsieur de ce soir doit vouer beaucoup d'admiration, avaient, eux, de la classe, et respectaient leur public. Le petit Miossec n'en à rien à cirer des gens qui viennent l'acclamer (et le pire, c'est que tous en redemandaient) : ses chansons de troquet boitent et se plantent, et même si les musiciens qui l'accompagnent feront de leur mieux pour sauvegarder les meubles, le petit chanteur coulera à pic. La vérité est dans le vin, dit-on… La vérité, c'est que, le vin aidant, Miossec est devenu égoïste, suffisant et vulgaire, et sa musique une soupe celtique servie froide et sans sel. Désolant.

The Strokes

L'ouragan Strokes

C'était le concert le plus attendu de ce début d'année, et pour cause : l'ouragan Strokes déboulait enfin sur notre petit royaume, après des mois d'attente et de surenchère médiatique, alors que le disque trouve seulement maintenant sa place dans les hits parade. On a déjà tout dit et tout écrit sur les Strokes : révélation de l'année 2001, sauveurs du rock, nouvelles stars (r)allumeuses de la flamme CBGB,… Autant dire que c'était la foule des grands jours qui se pressait dans le hall de l'AB, de la bimbo m'as-tu-vu au vieux rockeur venu prendre un bain de décibels et de jouvence.

En première partie, le duo électro-cheap Stereo Total donnera sa version trash d' ‘Un gars, une fille’, mélangeant pop francophile et synthés vintage dans un joyeux bordel rétro futuriste, comme si Bécassine flirtait avec Albator en dansant sur Fisherspooner dans une boîte SM.

Quant aux Strokes, eh bien… C'était gargantuesque. En une heure, l'ouragan aura tout dévasté sur son passage, laissant un public pantois et ravi, exténué par tant d'énergie, impressionné par tant de maîtrise. Sans pause ni commentaires, les 5 membres soudés du groupe enchaînent les chansons à la vitesse V-V', de " Hard to explain " à " Is This It ", avec des pics d'éclate et de décharge électriques pendant " New York City Cops ", " Last Nite " et le final, proprement stupéfiant de hargne, " Take it or leave it ". Deux ou trois inédits auront quand même calmé le jeu, dont une première écoute laisse perplexe mais pas inquiet : les Strokes tiennent bien le rock par le bon bout, et nous avec. De là à dire qu'il s'agit d'un groupe fait pour durer et non d'un buzz éclair, il y a quand même de la marge… Mais le rock n'est-il pas par essence éphémère, ses artistes cultes traversant son histoire tels des étoiles filantes qui disparaissent au moment où on croit les apercevoir ? Take it or leave it, disent les Strokes aux indécis de la salle, l'œil goguenard devant ce grand cirque du rock'n'roll dont ils sont à la fois les auteurs et les victimes. Mais n'est-ce pas jubilatoire de se laisser aller, parfois, à tant de hardeur juvénile et salvatrice ? Les Strokes, eux, l'ont bien compris.

Death In Vegas

Le scorpion se serait-il mordu la queue ?

Pour beaucoup, Death In Vegas, c'est un peu le futur du rock : en imposant ses rythmiques électroniques sur des ambiances garage, avec Liam Gallagher, Iggy Pop et Hope Sandoval se prêtant au jeu des chaises musicales (ou plutôt vocales), Death In Vegas tente, comme Primal Scream, The Rapture ou Add N To (X), le pari fou d'être à la fois respecté par les fans de rock et les fans d'électro. C'était l'occasion, en ce réveillon d'Halloween, de juger sur place : au Bota, en live, dans une salle « sold out ». Pas de chance, car cette fois-ci, les Anglais n'ont pas vraiment conquis : mous du genou, Tim Holmes et Richard Fearless, accompagnés de quatre musiciens, auront certes balancé la sauce (de « Leather/Girls » au tubesque « Hands Around My Throat »), mais sans chaleur ni sueur. Manque d'âme, de sexe, d'ambiance : en aucun moment, ce concert n'aura décollé vers les hautes cimes que le groupe atteint facilement sur disques. D'autant plus que sans les voix de tous ces chanteurs qui font la classe de titres comme « Scorpio Rising » ou « So You Say You Lost Your Baby » (respectivement Liam Gallagher et Paul Weller), on est en droit d'être déçu. Le scorpion se serait-il mordu la queue ? On laisse à Death In Vegas le bénéfice du doute. En espérant que la prochaine fois sera la bonne.



Jean-Louis Murat

Il vaut mieux jouir ici-bas...

A peine son nouvel album dans les bacs (" Le Moujik et sa femme "), l'Auvergnat était déjà de passage chez nous. Pas étonnant quand on sait qu'il ne fait que de " bons concerts ici " (c'est lui qui le dit) et parce que, disons-le, le public belge lui a toujours réservé un formidable accueil. Pourtant, la salle n'est pas remplie : sans doute que les gens préfèrent d'abord savourer l'album à la maison, et surtout, aimeraient bien le connaître avant de le voir défendu sur scène. C'est vrai que les nouvelles compos, aussi réussies soient-elles, n'ont pas encore eu le temps de s'installer dans nos oreilles et nos mémoires : qu'à cela ne tienne, c'est avec joie que les fans accueillent le chanteur, toujours un peu penaud mais diablement charmant (ce sont les filles qui le disent). Tout le " Moujik " sera passé en revue, sauf la chanson d'ouverture (L'amour qui passe) : un Hombre déchaîné, une Libellule qui nous aura appris qu' " il vaut mieux jouir ici-bas " (repris par tous), un superbe Monde intérieur où il fait bon vivre, un Baby Carni Bird ponctué par les " kootchie ! " enflammés du public, plein de dadas (et de kékés) en herbe… Accompagné de Fred Jimenez à la basse (d'A.S. Dragon) et de Jean-Marc Buffy à la batterie (PJ Harvey), Jean-Louis Murat rigole, lâche quelques vannes, mais se calme dès qu'il empoigne sa guitare ou s'assied au piano. Après quelques titres de " Mustango " (Polly Jean, Mustang, Au Mont Sans-Souci,…) et deux inédits longuets, l'Auvergnat s'en va, laissant derrière lui un public charmé. " Il vaut mieux jouir ici-bas ", disait-il… Il ne croyait pas si bien dire !

Antipop Consortium

Les chevaliers de l'apocalypse hip hop ont préféré se la rapper douce...

On l'a déjà dit : leur hip-hop synthétique, en crise permanente d'épilepsie électronique, déroge à toutes les règles établies par MTV et le music business, cette industrie qui préfère les poufs gonflées à l'hélium et les rappers aux tablettes de chocolat que les vrais défricheurs, ceux qui bousculent les conventions, malmènent les gros clichés. En mixant allègrement opéra, musique concrète et soul millésimée, Antipop Consortium invente un rap hybride, mille-feuilles, absorbant toutes les influences pour mieux les malaxer et, par là, leur rendre hommage. Fini les chapelles, les guéguerres de petites frappes, les batailles à coup de dollars et de poupées gonflables : Antipop consortium nous livre sa recette miracle pour transformer la soupe R'n'B en mets d'esthète. "Arrhythmia" étonnera donc les fans de P. Diddy par ses parti-pris casse-gueule (de l'opéra, pensez donc !), mais ne décevra pas les amateurs de musiques de traverse, ceux qui ne voient pas d'inconvénients à écouter du rap sur Warp (ou vice-versa) - un rap où les platines ont été remplacées par des machines, les "bitches" par des bips bips pas chiches.

Tout semblait donc bien parti pour que ce concert à l'AB soit une énorme claque, une expérience déconcertante mais jamais fatigante. Seuls quelques séquenceurs, laptops et boîtes à rythmes occupent le milieu de la scène, preuves supplémentaires qu'Antipop Consortium n'est pas un groupe de rap comme les autres. A l'arrivée des quatre MC's bidouilleurs, les esprits s'échauffent, tandis que retentissent les premiers (break)beats d'un concert qui, finalement, se révèlera moins passionnant que prévu. C'est que leurs morceaux passent difficilement l'épreuve de la scène… Leur structure, ouverte et malléable, se révélait pourtant un terrain propice aux expérimentations live les plus folles : pas de chance, les quatre chevaliers de l'apocalypse hip hop préfèrent se la rapper douce, sans extravagances ni prise de risque. Après une heure de prestation en flow libre mais sans grande surprise, le public semble assez déçu, persuadé que les New-Yorkais ont raté le coche. Il n'a pas tout à fait tort.

 

Belle & Sebastian

Un groupe profondément attachant...

Depuis leur passage remarqué au Botanique, il y a environ quatre ans, les charmants Ecossais de Belle and Sebastian n'étaient plus jamais revenus fouler les scènes de notre plat pays. Selon Stuart Murdoch, le chanteur à la voix d'ange mais aux idées noires, ce concert-là n'était pas à retenir dans les annales du rock… " Nous essayerons de mieux jouer cette fois-ci ", lance-t-il goguenard aux fans venus nombreux en cette fin de journée printanière pour déguster ses chères ritournelles folk-pop. Mais quoi qu'il dise, on ne le croit pas : ce concert, il y a quatre ans, était fiévreux et onctueux, et l'on croise les doigts pour qu'encore une fois, lui et ses amis nous emmènent dans leur petit monde chéri, où les délicats Simon and Garfunkel (pour les mélodies) jouent à la marelle avec Stephen Jones (pour l'ironie) et Leonard Cohen (pour la poésie). Venus spécialement pour promouvoir leur nouvel album (bientôt dans les bacs) et la BO de " Storytelling " (qu'ils ont composée), les douze (ou treize ?) membres du groupe ont tout l'air d'un groupuscule néo-hippie, les chemises à fleur en moins : en parfaite symbiose pendant tout le concert, ils n'auront de cesse d'échanger leurs instruments, comme on se passe un joint. L'atmosphère est d'ailleurs des plus bucoliques, et les mélodies chantées à bout de voix par Stuart et sa jolie copine semblent parfaites pour les veillées autour du feu… Mais attention : derrière ses complaintes baba susurrées d'une voix presque enfantine et ces minois charmants se cachent des petits malins qui jouent avec nos nerfs, plus proches de songwriters comme Randy Newman que de la Kelly Family. Car en se penchant sur les paroles de leurs chansons soi-disant guillerettes, l'auditeur attentif trouvera des thèmes souvent pessimistes, voire glauques. Belle and Sebastian n'est donc pas un groupe pour midinettes, mais plutôt le moyen idéal de refouler ses pulsions négatives dans une musique apparemment inoffensive : en d'autres termes, celui qui dit encore une fois que c'est de la musique de tapette a mon poing dans sa figure.

A part ça, le concert privilégia dans sa première partie de nouvelles compositions, dont une très flamenco. Puis les tubes s'enchaînèrent, de " Dog On Wheels " à " Sleep The Clock Around " en passant par " The Fox In The Snow ". En une heure et demie, Belle and Sebastian a prouvé, encore une fois, qu'il était un grand groupe, peut-être pas assez aventurier (c'est finalement toujours à peu près la même recette) mais profondément attachant.

 

Ian Brown

Ian Brown nous a enlevé le dessert de la bouche!

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Suivant sa (bonne ?) mauvaise habitude Ian Brown est monté sur les planches avec un retard plus que certain. M'enfin, il n'était quand même que 9h10, lorsqu'il a entamé son set. Faut dire que pendant les 40 minutes d'attente (NDR : il n'y avait pas de supporting act), il a fallu se farcir des vieux disques de Genesis, qu'on entend plus que chez Marc Isaye. Une chose est sûre, le band de Brown dispose d'un matos d'enfer qui occupe toute la scène de l'Orangerie. Enfin, le combo arrive. Ian salue la foule. Il est vêtu de son anorak baggy. Un vêtement qu'il ôtera après deux chansons pour arborer un superbe t-shirt à l'effigie de Beethoven. Mais ce qui frappe tout d'abord, ce sont ses musiciens. D'abord le percussionniste, que Ian surnomme Mr Goldfinger. Probablement un Indien ou un Pakistanais. Enrubanné, vêtu d'une longue robe blanche, on le croirait sorti tout droit du film " La lampe d'Aladin ". Et ce qui ne gâte rien, il est vraiment brillant tout en virevoltant au beau milieu d'une panoplie impressionnante de percus. Le guitariste, ensuite. Il porte à la main droite des bagues, sur lesquelles des lasers ont été adaptés. Et comme sa guitare clignote comme un sapin de Noël, il incarne un light show à lui tout seul. Le drummer joue constamment un écouteur hi-fi sur les oreilles, tandis que le claviériste supervise le tout d'un portable high tech. Plus sobre, mais terriblement efficace, le bassiste donne l'assise du groove, même si sur le morceau d'ouverture, il joue d'un clavier miniature. Ian Brown n'a pas une voix exceptionnelle, mais c'est un showman charismatique; et il peut compter aujourd'hui sur un groupe particulièrement solide. Son caractère a beaucoup changé. Il accorde des autographes entre les morceaux, se laisse photographier, sourit (parfois) et remercie le public. Il offre même un t-shirt à une admiratrice qui s'était approché de la scène. En outre, il parvient à adapter son timbre vocal à la musique, par la technique de la réverbération. Le concert commence sur un mid tempo, passe ensuite au dub, avant de nous entraîner dans la house mancunienne. A partir de cet instant la fièvre commence à monter et la magie house à produire ses effets. Le public ne peut plus rester en place et se met à danser, comme s'il commençait à entrer en transe. Les percus vous envahissent. Le groove est irrésistible. De temps à autre Ian imite l'attitude d'un adepte du bodybuilding, à laquelle le public répond par les mêmes gestes. Mais alors que nous étions prêts à vivre un des meilleurs moments de l'année 2002, la formation s'est retirée. Juste le temps de saluer et nada ! 50 minutes, pas de rappel, nonobstant les clameurs du public. Frustrant ! Un peu comme si on nous avait enlevé le dessert de la bouche. M'enfin, il est vrai que cette attitude était déjà celle des Stone Roses. Faut croire que Ian veut entretenir un certain mythe…

Interpol

Hanté par les fantômes de Chameleons, Joy Division et même des Smiths...

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Girls Against Boys et Interpol partageaient donc l'affiche de l'Aéronef ce mardi 12 novembre. Si à l'origine, Interpol devait se produire en première partie, c'est avec beaucoup de sagesse que les rôles ont été inversés, cette dernière formation rencontrant déjà, nonobstant une moins grande expérience, davantage de succès Outre-Quiévrain. Faut dire que leur dernier album " Turn on the bright eyes " a réveillé, au fond des âmes, le spectre de Ian Curtis et de Joy Division. Et la cold wave fait apparemment encore recette en France. Maintenant, il est vrai que sans être particulièrement novateur, cet opus véhicule de bonnes vibrations. Ne connaissant pas suffisamment Girls Against Boys, je ne me risquerai donc pas à réaliser une review sur leur prestation. Grégory s'en est chargé lors de leur passage à l'AB de Bruxelles.

Eclairé par un light show à dominante rouge, la plupart les musiciens d'Interpol montent sur scène, sapés dans des costards à la fois, seyants, étroits et élégants. Seul le basiste Carlos, a opté pour un look dandy new wave. Même le claviériste qui les accompagne pour la tournée, tout vêtu de noir, se fond dans l'ensemble. Faut croire que les démarrages des concerts sont pour l'instant laborieux, puisqu'il a fallu cinq ou six chansons avant que la formation new-yorkaise ne parvienne à sortir du carcan de son album. Même le riff de guitare, destiné à ouvrir chaque refrain, manquait singulièrement de pêche. Mais progressivement toutes ces imperfections se sont dissipées, pour faire place à un véritable envoûtement. Pourtant, si la belle frimousse du chanteur (Paul Banks), attire tous les regards des filles, pendant que Daniel Kessler et Carlos D semblent plongés dans leur trip, le métronome du set n'est autre que le drummer Sam Fogarino. Son jeu tribal tout en souplesse et en dextérité permet aux autres musiciens de se libérer. Tout au long de ce concert, les fantômes de Chameleons, de Joy Division et même des Smiths vont me traverser l'esprit ; mais sans jamais me communiquer le vague à l'âme. Au contraire! D'autant plus que les musiciens, qui clôturaient leur tournée dans la métropole, étaient de très bonne humeur. Avec deux rappels à la clef, ponctués d'une distribution généreuse de sticks de drums assurée par Sam, on pouvait retourner chez soi l'âme en paix, sans même penser à Ian Curtis. Et pour cause, le public venait de succomber au charme d'une étoile qui vient à peine de naître…

Sonic Youth

Comme à la plus belle époque de Grateful Dead...

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L'Aéronef de Lille était plein comme un œuf pour accueillir le concert du mythe avant-gardiste new-yorkais. Une jolie performance, compte tenu du style musical particulièrement alternatif pratiqué par cette formation. Un concert qui s'inscrivait dans le cadre d'une tournée mondiale, destinée à promotionner leur nouvel album, « Murray street ». N'ayant, à cette époque, pas encore eu le loisir d'entendre ou d'écouter leurs nouvelles compositions, c'est avec une certaine appréhension (NDR : et des boules quiès !) que je me suis rendu à ce spectacle. En effet, la dernière fois que je les avais vus se produire en public, mes oreilles étaient en compote, tant le volume sonore était élevé. Elles ont même dû bourdonner pendant deux jours !

Première constatation : lorsque Sonic Youth monte sur scène, ils ne sont plus quatre, mais cinq. Jim O'Rourke (NDR : qui a également participé à l'enregistrement de leur nouvel opus), les accompagne pour leur périple mondial (NDR : il se chuchote même qu'il deviendrait leur cinquième membre). Deuxième constatation, le quintet projette sur grand écran, placé derrière le matos, le film de leur prestation, mais vu de dos. Troisième constatation les fans, particulièrement enthousiastes, sont venus en nombre ! (NDR : j'ignorais qu'il en existait tant !) Et enfin, dernière constatation : le volume sonore est parfaitement équilibré, ni trop faible, ni assourdissant. De quoi être rassuré. Mais venons-en au set

Jim O' Rourke joue également de la guitare (enfin, la plupart du temps), ce qui fait trois guitaristes (Moore/Ranaldo/O'Rourke) sur scène. Et à contrario de ce qu'on pourrait penser, la musique de S.Y. n'a rien d'un mur d'électricité. Les trois six cordes se conjuguent comme à la plus belle époque de Grateful Dead. Les subtilités et les nuances des sonorités psychédéliques serpentent au beau milieu des mélodies contagieuses, que chante tout à tour Kim Gordon et Thurston Moore, pendant que Steve Shelley martèle ses peaux. La formation va ainsi jouer la quasi intégralité de son nouvel album. Depuis le bringuebalant « Rain on tin », au 'mybloodyvalentinesque' « Sympathy for the strawberry », en passant par le tribal, 'pjharveysque' « Plastic sun » et le garage « Disconnection notice ». Un répertoire entrecoupé de classiques judicieusement choisis. Parmi lesquels on aura le grand plaisir de savourer « Bull in heathen », « Eric's trip », « Cotton crown », ainsi que l'incantatoire « Kissabiliy ». S.Y. accordera même deux rappels, au cours duquel le sauvage et enlevé « Kool thing », ponctuera ce set de toute beauté.

The Libertines

C'était vraiment bien, mais on n'a pas vu grand-chose?

‘La’ café-théâtre : une mauvaise idée comme salle de concert. L'Orangerie et la Rotonde ayant été réservées pour le festival du cinéma méditerranéen, il aura fallu se contenter de ce sous-sol certes joli, mais à l'acoustique minable, sans parler de ces énormes colonnes qui obstruent toute vision. En un mot : on an entendu (mal), et on a rien vu. The Libertines, donc : le groupe de rock'n'roll anglais qu'on attendait depuis que Liam et Noël d'Oasis ont arrêté de faire de la bonne musique. Bref, un bail. Leur album, « Up The Brackets », est, de fait, une petite bombe de rock juvénile, qui sent le stupre, l'alcool et la sueur. Le genre de disque qui vous met une pêche d'enfer, quelle que soit l'heure de la journée, grâce à quelques mélodies bien troussées, des riffs un peu crétins et de l'attitude, cette étincelle dans les yeux qui manquent cruellement à la plupart des groupes de rock actuels. En à peine trois-quarts d'heure, les quatre Anglais (Liverpool, le come-back) auront mis le feu à l'assemblée, du moins aux trois premiers rangs (les seuls qui voyaient quelque chose), et ce malgré le son moyen. Un petit rappel après 10 minutes de pause et les lumières allumées, et puis une virée dans les loges pour quelques happy few bien contents de pouvoir fumer un pétard avec leurs nouvelles idoles. Manque plus que le sexe, et on l'a, cette bonne vieille sacro-sainte trilogie qui fait tant défaut à Moby, Garou et Georges-Alain de la Star'Ac !