Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Biohazard 8/8/26
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Ratatat

LP3

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Les deux premiers essais de Ratatat n’étaient pas vraiment de véritables réussites. On était dès lors en droit de se demander si la devise ‘jamais deux sans trois’ s’appliquerait au duo. Force est de constater que cet « LP3 » ne fait effectivement pas exception à la règle. De « Shiller » à « Black Heroes », on s’y emmerde royalement. Et ce, même si la formation a manifestement fait l’effort de se renouveler en changeant totalement de direction. Une direction qui n’est cependant pas celle de l’originalité, les New-yorkais s’essayant à quelques expérimentations peu convaincantes (« Gipsy Threat », « Mirando ») et autres ‘Daft Punkeries’ idiotes (« Falcon Jab », « Shempi »). « LP3 » est, avant tout, une œuvre réservée à ceux que l’on nomme les ‘hardcore fans’, les fans de la première heure. C’est-à-dire tous ceux qui, assurément, verront d’un mauvais œil cette chronique et auraient l’envie pressante de nous baffer lorsque l’on annoncera que le pire reste à venir. En effet, Ratatat prévoit d’ores et déjà pour cet automne le successeur de « LP3 ». Brillamment intitulé « LP4 », celui-ci devrait soit nous convaincre définitivement de la médiocrité des travaux du duo, soit nous faire ravaler ces quelques lignes. Espérons que la seconde option soit la bonne, Ratatat jouissant d’un potentiel indéniable. Ne lui reste plus qu’à l’exploiter comme il se doit.

 

Billy Gibson

Live at the North Atlantic Blues Festival

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Ce Dvd a été immortalisé lors du festival ‘North Atlantic Blues’. Il est sous-titré "The prince of Beale street". Pour la circonstance, Billy est épaulé par son band : le guitariste David Bowen, le bassiste James Jackson et le drummer Cedric Keel. Ce sont des musiciens de couleur noire. Un invité : le claviériste Charlie Wood.

L'entrée en scène de Billy est impressionnante. Replié sur lui-même, il chasse tout ce qu'il a dans les poumons face au colosse Cedric, responsable des fûts. Son répertoire est très funkysant. Faut dire que son backing group est constitué de vétérans issus de la scène locale R&B de Memphis.

Il ouvre le set par "Down home". Et dès qu’il prend un billet de sortie, on est impressionné par sa présence sur les planches. Très à l'aise, il se montre généreux à l'harmonica. "Keep doin' what ya doin" est un morceau de funk participatif. Il chante aux côtés de son guitariste David. En public, Billy est dans son élément. Il dialogue sans cesse avec le public. Sa musique est dansante. Le funk une ligne de conduite. Même lorsqu’il s’autorise une reprise personnelle du célèbre "Bad boy" d'Eddie Taylor. Wood participe activement à cette cover, puis Cédric le rejoint aux drums avant que Billy ne revienne en force exprimer toute sa force et son explosivité, sur son instrument. En ‘live’, pour rendre son show plus vivant, le BG Band n’hésite pas à allonger la sauce. Issu du Tennessee, Gibson n'oublie pas que Nashville n'est pas bien loin de Memphis. Ce qui explique pourquoi il n’est pas insensible à country. Surtout lorsqu’elle est issue de la plume de Willie Nelson. Billy s'attaque donc à "Funny how time slips away", tout en adoptant une trame funky. Les musiciens sont excellents et sont capables d'improviser voire de se lâcher en affichant une totale sérénité. A l’instar du "Tell it like it is" de Mose Vinson, une plage au cours de laquelle ils se lâchent, épinglant au passage, des classiques populaires et notoires comme "When the saint go marchin' in" ! Lors de la finale, l’ensemble décide d’embarquer pour un voyage au pays des bayous. Ils y rencontrent Tony Joe White en adaptant son "Polk salad Annie". Bowen chante d’un timbre paresseux. C’est de circonstance. Billy Gibson éprouve une joie intense en jouant le blues face au public. Et il veut nous faire partager son bonheur. Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que Billy a participé au premier Bluzapalooza Tour, un périple réunissant des artistes blues invités à se produire dans les bases américaines en Irak, en compagnie de Bobby Rush et Janiva Magness.

 

Pop Levi

Never Never Love

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Manifestement, Pop Levi est un des artistes dont la faculté de reconversion est la plus étonnante. Après avoir effectué ses premier pas au sein de la formation psychédélique Supernumeri, il séjourne chez le combo électro Ladytron. Mais finalement, il opte pour une carrière en solitaire. Signé par Nija Tunes, il sort alors son premier opus, « The Return to Form Black Magic Party ». Il devient une priorité pour l’écurie ; et celle-ci décide même de lui réserver une subdivision : Counter. Une manière de laisser à l’Anglais, carte blanche.

Transformé en électronicien psyché, le personnage nous livre sa seconde galette. Intitulée « Never Never Love » cette œuvre est superbement orchestrée. Le Londonien revisite l’univers d’un T Rex qui aurait été contaminé par le dancefloor. A moins que ce ne soit celui d’un Sebastien Tellier. Mais adapté au profil insulaire. Surtout pour la barbe. Mais également la succession de sonorités kitchs. Un opus dynamique et explosif, au cours duquel l’artiste s’est complètement lâché. Possible également qu’il ait cherché à impressionner les cadres du label, afin de conserver son statut de chouchou chez Counter ! Et si c’était son objectif, il est atteint ! Vous adorez les bidouillages électroniques, un zeste de rock’n roll et la batterie qui claque. Pas de problème, vous allez remuer la tête ! Un reproche quand même, Pop Levi use (magistralement cependant), mais aussi parfois abuse du vocodeur. 

Titre décapant, « Wannamama » déboule sur une rythmique frénétique tout en libérant une bonne dose d’énergie. Une énergie omniprésente tout au long de l’elpee. « Never Never Love » démontre que le stage passé chez Ladytron n’a pas été inutile ! Si les treize pistes de l’opus font la part belle aux claviers et aux beats irrésistibles, le plus grand mérite de Pop Levi est d’être parvenu à concocter une solution sonore susceptible de nous surprendre à tout instant. Et vu son potentiel créatif, il faut s’attendre, dans le futur, à de nouvelles surprises. Enfin, c’est ce que laisse entrevoir l’album de cet artiste talentueux. Et il en est capable, j’en suis convaincu !

Michael Jackson

King of Pop, The Belgian Edition

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Et encore un ! Décidément, ces derniers mois, le monde de la musique n’a d’yeux que pour le Roi de la pop: Michael Jackson. Après la sortie récente du « Thriller, 25th Birthday », célébrant l’anniversaire de l’album le plus vendu de tous les temps (plus de 100 millions d’exemplaires), la radio belge Bel RTL rend hommage à l’artiste, en réunissant sur une double galette les 34 meilleurs succès de l’Américain. Rien d’exceptionnel à première vue, sauf qu’ici l’initiative était de fêter dignement le cinquantième anniversaire du chanteur, tout en proposant aux Belges d’élire sur une liste de 100 titres, les chansons les plus marquantes de générations qui se sont succédé depuis l’émergence de ce jeune prodige. Une manière originale de retrouver ses plus grands succès tels les tubes recouvrant l’album « Thriller » mais aussi issus de son premier opus « Off The Wall ». Si certaines chansons plus récentes font un peu tache d’huile, cette compilation semble, d’un point de vue personnel, une des plus complètes parues à ce jour. Mention spéciale pour la sélection de l’inusable « Can You Feel It » des Jackson Five ou encore le superbe duo échangé en compagnie de Paul McCartney, « Say Say Say ».

Cinquante ans après sa naissance, l’icône Michael Jackson reste d’actualité et l’artiste, pourtant décrié, continue de faire rêver tout en incitant à danser !

Lien Youtube : http://www.youtube.com/user/michaeljackson 

Lien iTunes : http://clk.tradedoubler.com/click?p=24379&a=1303609&url=http%3A%2F%2Fphobos.apple.com%2FWebObjects%2FMZStore.woa%2Fwa%2FviewAlbum%3Fi%3D272583649%26id%3D272583590%26s%3D143446%26partnerId%3D2003

 

 


A Perfect Circle

aMotion DVD

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APC y va donc de son Dvd maison. Complémentaire au très moyen “eMotive”, “aMotion” est partagé en 2 disques : un video et un audio. Survolons rapidement le second qui agrège des remixes plus que dispensables d’une discographie tout aussi dispensable. Sauvons quand même “The Hollow” qu’interprète Paz Lenchantin, le bassiste d’APC. Entendre une réelle voix féminine à la place de celle - efféminée - de Keenan procure une sensation assez agréable. Revenons à nos images. Tout d’abord, 8 clips et un live. En ce qui concerne les clips nous avons droit aux versions “edited” et unedited”, autrement dit “bipée” ou non pour la télé, aux vainqueurs d’un concours et d’un maigre live. Fait marquant, J. M. Keenan se prête volontiers au jeu de l’acteur alors que pour TOOL, vous pouvez toujours vous lever tôt pour l’apercevoir. Cette exposition choque quiconque est habitué à son effacement au sein de TOOL. Non pas qu’il soit laid garçon. Mais l’aspect énigmatique et mystérieux si bien géré dans TOOL sape la part d’imagination au projet APC. Et même si dans d’autres circonstances - live par exemple - le bougre se cache toujours (NDR : notamment derrière un rideau), rien n’y fait ; la puissance symbolique est entamée. Pour finalement accoucher d’un univers visuel disparate, où l’humour croise l’engagement politique en saluant les “peoples” (David Fincher réalise “Judith”, Biaffra et Dee Dee Ramone y vont de leur caméo). Mais surtout les petits coquins pourront savourer les clips soutenus par les Bikinis Bandits, Super Vixens des temps modernes, en goguette le temps de 2 clips. Mais bon, je sais, APC n’est pas le groupe principal de Keenan. N’empêche, il sort quand le nouveau TOOL ?

Tété

En toute intimité

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Natif de Dakar, Tété a entamé ses aventures musicales à Nancy ; mais il a reçu l'illumination le jour où il a découvert Keziah Jones. Imposant en douceur un style tout en charme et en rondeur acoustique, il s'affirme depuis comme un des plus sûrs espoirs de la nouvelle scène française. Mais, connaissez-vous Tété ? " L'air de rien " (NDR : le titre de son opus précédent), il distille ses mélodies envoûtantes sur des paroles poétiques, mais aussi parfois drôles. Tête-à-tête avec un autodidacte à la voix chaude et douce.

Pourquoi avez-vous fait le choix d'utiliser une guitare folk ?

J'ai eu ma première guitare à 15 ans, et je crois que continuer à utiliser cet instrument plus que n'importe quel autre, c'est aussi me l'approprier. Je veux dire par-là que j'aime bien l'idée de me balader partout avec, et musicalement de pouvoir transposer le son de la guitare sur tous les morceaux ou presque. La guitare folk est pourtant un instrument qui ne permet peut-être pas autant de souplesse qu'une guitare électrique, mais c'est le choix que j'ai fait.

Vous aimez le hip-hop. Pourquoi ne pas avoir choisi cette voie ?

Parce que le hip-hop est un langage en soi, et que je serais bien incapable d'en faire. Et puis la seule manière d'apprendre la musique était, selon moi, de passer par la guitare. Ecrire et chanter du blues est aussi ce que j'aime faire par dessus-tout, parce que le blues, au sens littéral du terme est un sentiment universel, que j'aime exprimer. Chanter de cette manière, parfois en donnant l'impression de " pleurnicher " dans le micro est une réelle catharsis pour moi.

A qui est destinée la chanson " Une bonne paire de claques " ?

En l'occurrence elle était destinée à quelqu'un en particulier, mais je pense à des thèmes plus généraux. Autrement dit, cette chanson est dédiée à l'arrogance, et disons que c'est une chanson " défouloir " !

Vos textes sont très poétiques. Qu'est ce qui vous inspire dans ce mode d'expression ?

Disons que les thèmes que j'évoque sont en soi poétiques. J'aime bien traduire la nature, en filigrane. La mélancolie aussi, je trouve cela plutôt joli ; c'est un état que j'aime. Les rencontres humaines m'inspirent aussi beaucoup. Mais parfois j'opte aussi pour l'humour, moins poétique mais qui me permet d'exprimer des sentiments, avec pudeur.

Vous évoquez le Canada dans l'album " A la faveur de l'automne ". Qu'aimez-vous de ce pays ?

Les rapports humains me semblent différents ; ils me paraissent plus simples. La notion d'espace aussi est très importante pour moi. J'ai vraiment l'impression qu'ils sont moins " les uns sur les autres ". C'est vraiment un pays que j'aime beaucoup, et où je me sens bien. Le Canada me paraît vraiment être un pays très ouvert

 

 

 

Machiavel

On a enterré la hache de guerre...

Écrit par

Si Machiavel a été marqué en 2004 par la disparition d'Albert Letecheur, c'est également l'année au cours de laquelle la formation s'est consacrée à l'écriture et à l'enregistrement d'un nouvel album. Un disque qui vient juste de sortir. Son titre ? " 2005 ". Marc Ysaye, André Borbé, Roland De Greef et Thierry Plas sont toujours de la partie. Et puis surtout Mario Guccio, autour duquel le line up s'est recentré. Thierry, le guitariste, commente le nouvel album d'un groupe qui reste un phénomène en Belgique francophone...

L'album s'appelle " 2005 "? Pour bien dire qu'il est actuel?

Oui, Ces derniers temps, à chaque fois que nous avons sorti un nouvel album, notre firme précédente en a profité pour sortir un best of ou un coffret... Donc, on a choisi " 2005 ", d'autant que ce disque marque un certain tournant dans notre carrière, dans nos vies, dans nos affaires personnelles.

Ah oui, ça veut dire quoi, ça?

Que certaines 'guerres' sont passées. On a tous entre 40 et 50 ans. On n'essaie plus de faire passer l'ego en premier. On a retrouvé une unité. On n'a pas fait une thérapie de groupe, mais on s'est en quelque sorte assis par terre et fait un pow-pow.

Pour décider quoi?

De faire un album fort basé sur les mélodies. Et pour y arriver on a écouté Mario, le chanteur. C'est normal que ce soit lui qui s'occupe vocalement du bazar! On s'est concentrés autour de son travail.

Ce n'était pas le cas avant?

Disons qu'on a chacun nos vieux démons. Mario est sicilien. Pour une raison ou une autre. Moi, par exemple, j'ai toujours été réfractaire aux mélodies disons napolitaines. Mon démon à moi, c'était peut-être assouvir mon trip 'Etre Jimmy Page à la place de Jimmy Page'...

Vous parliez aussi de tournant dans vos affaires personnelles. Vous parliez aussi de votre vie privée?

En ce qui me concerne, je ne suis plus avec Dani (NDR : Dani Klein, la chanteuse de Vaya Con Dios). On s'est quittés en excellents termes. Elle reste dans mon cœur et dans ma tête. J'ai d'ailleurs participé à la confection de son dernier album.

Combien de nouveaux CD Machiavel parvient-il à écouler?

Un peu moins de 10.000 pour le précédent. Nous ne sommes pas un groupe à la mode qu'il faut absolument acheter... Ce qui n'est pas vraiment grave. Même si notre public est plus âgé, nous ne sommes pas à l'abri du phénomène des CD gravés... C'est sur scène que nous devons convaincre les gens de ne pas graver mais d'acheter nos disques.

Le DVD, c'est pour quand?

On n'en est pas encore tout à fait là. D'autant qu'on n'a jamais été le genre de groupe qui fonctionne avec des subsides culturels. On a toujours tout financé de nos propres deniers...

The Earlies

Agence de voyage

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Trois années ont passé depuis les préliminaires planantes ('These were The Earlies') de ces Anglo-américains (la moitié du groupe vit au Texas et l'autre en Angleterre) où un semblant de Mercury Rev caressait les ondulations de The Polyphonic Spree. Trois années au cours desquelles le groupe hybride menait de front tournées et collaborations en tout genre (sur le premier album de King Creosote ou sur le single 'Skk 2 Def' de Plan B, des mariages arrangés par leur label) tandis que s'esquissait progressivement leur nouvelle substance. Rencontre avec John Mark Laphan le Texan et Christian Madden le Britannique, avant que le groupe ne monte sur les planches, au Botanique de Bruxelles?

« On a commencé à y penser au milieu 2005 pour rentrer en studio début 2006. Une sortie internationale qui se voulait prévue le même jour a ramené le mastering vers la mi-2006 et le marketing a suivi début 2007 !! C'était très long en effet? » Le clan Earlies n'ayant pas dit son dernier mot, il nous est donc revenu sur les devants de la scène pour inaugurer en primeur la saison 2 « The Enemy Chorus », bande sonore d'un orchestre d'hallucinés. Puzzle d'émotions individuelles stratifiées, les pièces éclatent les mouvements académiques et la  matière pour synthétiser les particularités propres à chacun en une masse constante. Ce processus symbolise leur musique et le résultat choque encore Lapham : « Le groupe rassemble différentes personnalités musicales et chaque apport est nécessaire. Je n'aurais jamais pu faire ça tout seul. » L'unité d'un groupe et d'un son 'pretty bad ass' qui les ramène dans une hétérogénéité accomplie et intelligible. Christian Madden concède : « Je ne peux  peut être pas le toucher mais par contre je peux le ressentir quand tout le monde est là ».

Plantés dans l'anticonformisme et dévalant les frontières sonores et physiques (anglo-américaines), la clan idéalise le faste du cycle 60's-80's et son arborescence de micro labels à la durée de vie aussi étendue que celle d'une abeille. « C'était une époque où se passait très vite, où tout était permis. La créativité était soutenue par la prolifération de structures discographiques, même si ce n'était que le temps d'un single. » De cette explosion musicale non entretenue par la loi du marché, Christian Madden et J-M Lapham en retiennent la richesse et la liberté, dont l'expression en sera leur ligne conductrice. Fanatiques incontournables des pionniers du rock progressif (Gentle Giant, King Crimson, Yes, Emerson Lake & Palmer, Genesis avec Peter Gabriel) à qui ils empruntent l'instrumentation et la mélodique, les phénomènes ne cachent pas pour autant leurs goûts pour le Krautrock et sa rythmique (Neu ! Can, Faust) tout comme pour la pop des sixties (les Beach Boys et autres Beatles) dont la structure leur sert encore de base. Mais ce n'est pas sans oublier leurs racines country et leur volonté expansionniste (allumée par des cithares envoûtantes) que l'on pourrait tenter de les classer dans un genre bien à eux, entre l'improvisation et l'avant-gardisme folk. Né d'hallucinations collectives, The Earlies fait dans du tapage nocturne sa spécialité et de la diversité son caractère.

Coldplay

Le reflet d'un bonheur fugace, mais intense...

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Il y avait longtemps que je n'avais plus vu autant de monde à Forest National. Si mes souvenirs sont exacts, c'était lors d'un concert de Depeche Mode. En 1997. Celui des britanniques Coldplay était bien évidemment sold out. Même le poulailler était plus que copieusement garni. Malheureusement, je n'ai pu assister qu'à la fin du set accordé par le supporting act, en l'occurrence Idlewild. Un retard provoqué par les travaux, les embouteillages et le temps nécessaire pour trouver une place de parking...

Mais venons-en à Coldplay. Première constatation, le light show est tout bonnement remarquable. Plusieurs écrans restituent, tant au dessus que derrière le groupe, les prestations individuelles des musiciens. Tantôt en couleurs, tantôt en noir et blanc. A l'instar de ce que U2 avait utilisé lors de son 'Elevation tour'. Sans oublier les stroboscopes et les lasers. Lors du rappel, un de ceux-ci va même projeter un ciel jaune virtuel, où les nuages circulent, juste au-dessus du public. Magique !

Ah oui, et le concert alors ? Somptueux, tout simplement ! Pourtant, après quelques morceaux, j'ai eu un peu peur, que la formation se contente de reproduire méthodiquement les plages de ses deux albums. Un peu comme le groupe l'avait fait lors de son dernier passage à l'AB. Une impression qui a duré 20 bonnes minutes. Et puis Coldplay s'est totalement libéré. Alternant chansons issues de ses deux opus, Chris Martin passe du piano à la guitare sèche ou électrique, comme si c'était déjà un vieux briscard. Assis derrière les ivoires, il ne tient pas en place. Debout, il saute d'un côté à l'autre de la scène. Aussi lorsque l'intensité électrique jaillit, c'est toute l'assistance qui s'enflamme. Et je pense tout particulièrement à cette interprétation flamboyante de « One I Love », issue du single « In my place », qui m'a rappelé les meilleurs moments de House Of Love. Faut dire que Jon Buckland, le guitariste, y met la gomme. Chris s'excuse de ne pas trop bien parler dans la langue de Molière. Mais il le fait avec une telle candeur, qu'on en tombe sous le charme. Sa voix est bourrée de feeling et correspond parfaitement au profil romantique de ses chansons. Mais, il a pris de la bouteille et tourne le micro vers le public pour le laisser reprendre en chœur ses plus belles mélodies. Des moments d'émotion indescriptibles pour les aficionados. Et n'oublions pas pour autant le travail de Guy Berryman à la basse et de Will Champion aux drums, une redoutable section rythmique décidée à ne laisser déraper le concert que si elle le contrôle. Une bonne heure trente-cinq plus tard, y compris le rappel, on pouvait lire sur le visage des spectateurs le reflet d'un bonheur fugace, mais intense. Comme quoi le rock ça peut rendre encore heureux.

Après un tel set, je me suis juste posé une question : celle de savoir si le groupe avait encore l'intention de grandir et risquer de perdre sa spontanéité juvénile, ou alors de conserver sa dimension humaine. Je n'ai pas la réponse, mais j'ai toujours en mémoire des (mauvais) exemples de groupes, qui au sommet de leur art, ont oublié qu'il fallait aussi se renouveler. Pensez à Simple Minds. Et même à Radiohead, qui à une certaine époque, a failli tomber dans le piège. Croisons les doigts pour que l'histoire ne soit pas un éternel recommencement.

 

Add N To (X)

Un seul être vous manque...

Add N To (X) en concert, c’est une orgie de sons vintage, au croisement de l’avant-garde électronique et du rock le plus garage. Leur nouvel album, « Loud Like Nature », sonne d’ailleurs comme du Stooges kraftwerkien : des guitares, des refrains, des mélodies, mais passés à la moulinette d’une électro « rétro-futuriste ». entendez par là une électro faite avec de vieux synthés trouvés aux puces, des machines ancestrales truffées de boutons de toutes les couleurs, qui font « wizzz » et « tuuut » quand on les tourne dans tous les sens.

En concert, le trio est accompagné d’un guitariste, d’un bassiste et d’un batteur. De quoi donner davantage de punch et d’envergure à leurs ritournelles sexy. Malheureusement, cette fois-ci, leur prestation ne fut pas à la hauteur de nos attentes. Sans doute était-ce dû à l’absence de la charmante Ann Shenton, dont la vigoureuse poigne (comme elle triture ces synthés !) donne d’habitude une couleur « sensuelle » aux délires bruitistes de Steve Claydon et Barry 7, ses deux comparses particulièrement frappés du ciboulot. Add N To (X) sans les déhanchements fantasques d’Ann Shenton (cette main baladeuse qui caresse le theremin !), c’est un peu comme Boss Hog sans Christina, Nashville Pussy sans sa bassiste, Mazzy Star sans Hope Sandoval : triste et sans saveur. D’autant plus qu’en son absence, ces deux compères n’auront pas hésité à pousser le volume à fond et à gueuler comme la créature de Frankestein, entraînant l’exaspération du public et, par là, son indifférence. Au programme : que des titres du nouvel album, à part ce « Metal Fingers In My Body » toujours aussi bandant. Un peu court, comme orgasme… Surtout sans les clins d’œil aguicheurs d’Ann déguisée en cow-girl de la Planète Mars. « Plug Me In », qu’elle disait. Pfff.