Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Biohazard 8/8/26
The Cure

Les Gens d’Ere 2023 : dimanche 30 juillet

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Le froid et la pluie se sont malheureusement donnés rendez-vous lors de cette dernière journée des Gens d’Ere.

La météo est digne d’un mois de novembre. Bon nombre ont ressorti leur doudoune. C’est franchement déprimant. Si la scène du chapiteau permet de rester à l’abri, l’autre, non couverte, risque d’être désertée.

Lorsque votre serviteur foule la plaine boueuse du site, COLT s’y prépare sous une pluie fine. Sous cet idiome, se cache Coline & Toitoine, des potes originaires de Bruxelles.

S’ils fonctionnaient jusqu’alors en binôme, ils jouent désormais en formule groupe depuis cet été. A la basse et aux claviers additionnels, de jeunes femmes. Les fûts sont percutés par un mâle.

Coline Debry et Antoine Jorissen se connaissent en fait depuis leur naissance. Ils fréquentaient la même crèche. Leurs parents sont toujours restés en contact. A l’adolescence, ils se sont voué une passion commune pour la musique. Le parcours était donc toute tracé.

Leur succès est en constante croissance. Ils ont écumé une kyrielle de festivals qui les ont emmenés jusqu’à New York. Sans compter les streams sur Tik Tok et Instagram, leurs clips ‘home made’ les portant au-delà de la sphère physique.

Antoine se charge du clavier/pad électronique, tandis que Coline milite au chant. Elle est aussi à l’aise dans la langue française que dans celle de Shakespeare.

« Milles vies » ouvre les hostilités, un titre qui figurera sur un premier Ep dont la sortie est prévue pour septembre, rapidement suivi de « Scooter » et « Ramenez-moi ».

Alors qu’elle s’applique méticuleusement, lui se lâche complètement dès le début du concert et le haut de son corps exécute des va-et-vient du haut vers le bas à chacun des coups de grosse caisse imprimé par son comparse caché derrière les fûts. Il est vraiment dedans.

Si le français est la langue maternelle de la dame, son anglais est parfait ; et elle le démontre tout particulièrement sur « Anymay » ou encore « Under my arms ».

COLT s’applique à jouer une musique plutôt électro/pop, lorgnant parfois vers le rock.

Les Bruxellois libèrent une belle énergie. Prestation qui verra une grosse majorité du public partir en vrille, la fine pluie se transformant en déluge torrentiel.

Le duo nous livre un mélange très réussi entre électro, pop, mais aussi indie et folk, nous réservant des titres aussi divers que variés comme « Oublie pas », « Lâchez-moi », « Démarre » ou encore « Chaos ». Une musique positive, rayonnante et lumineuse qui brasse finalement des genres assez différents. Elle donne envie de chanter, de danser et même de rêver. La petite se livre le temps d’une chanson baptisée « La salle aux lumières ». On y apprend ses orientations sexuelles et le courage qu’il lui a fallu pour faire son coming-out.

Vu la nature du sujet, qu’on peut qualifier de personnel, quel est l’intérêt à avouer son orientation sexuelle et de la traduire chanson ? La question mérite d’être posée…

Malheureusement, les conditions climatiques sont difficilement supportables pour les festivaliers, malgré le recours aux k-ways. Seuls les plus courageux (ou téméraires, c’est selon) restent plantés devant le podium jusqu’à la fin de la prestation. Votre serviteur, trempé jusqu’aux os, préfère s’abriter sous le chapiteau.

Au loin, COLT poursuit vaille que vaille son show. Le band l’achève par « Insomnie ».

FùGù MANGO prend le relais. Le chapiteau est noir de monde.

C’est l’histoire d’un groupe bruxellois aux consonances exotiques, à l’univers musical atypique et éclectique, rondement mené par deux frères, Vincent et Jean-Yves Lontie, qui rallient une communauté de fans de plus en plus nombreuse et internationale. Ils ont été depuis rejoints par la claviériste et bassiste Anne Fidalgo.

L’aventure de FùGù MANGO est née il y a approximativement 10 ans et évolue grâce aux voyages du duo. Sa musique en est clairement inspirée. Elle ne ressemble à aucune autre.

Vincent s’installe au centre de l’estrade. Il se charge du chant. Anne est à ses côtés. Jean-Yves se poste en retrait. Le line up est complété par trois blacks. Deux choristes féminines et un préposé aux fûts.

Le show s’ouvre par « Low and slow », une plage qui figure sur le nouvel elpee, « La Maquina », largement dominé par les musiques urbaines et électroniques. Elle est suivie par « Better Letter » et « Black Cat ».

Intemporel, « Blue Sunrise » (NDR : c’est un extrait de l’elpee « Alien Love ») rappelle l’aspect tropical et métissé de la pop concoctée par FùGù MANGO. Elle sent le sable chaud et la mer turquoise. Une musique qui permet de s’évader malgré le temps maussade de ces derniers jours. Et les percus lui apportent de la rondeur.

« Willy Wonka » permet de savourer pleinement les fragrances exotiques grâce à son rythme afrobeat. Une compo qui permet aux choristes de s’affirmer pleinement. Tout comme sur « Subugu », qui sert d’exutoire pour un collé/serré endiablé, encouragé par l’une des choristes. Il semble que ce soit un sujet qu’elle maîtrise à la perfection. Une compo chaude, puissante et… sensuelle.

Véritables hommes du monde, les frangins absorbent les cultures issues de leurs périples. Ces guitares langoureuses, ces nappes de synthé luxuriantes et ce plaisir de produire de belles mélodies illustrent parfaitement ces desseins. A l’instar de « La Maquina », aux accents hispaniques.

Le set touche doucement à sa fin. Une fois encore, les marqueurs profonds de FùGù MANGO restent atypiques. Une musique du monde, humaine et chaleureuse. Un mode universel, dominé par un courant exotique. On se sent porté par ce flux.

Un concert fait de différents genres, passant du maloya réunionnais « Maloya », à l’afro-rave, la britpop ou encore l’électro.

Mais finalement, l’ADN du groupe reste avant tout le live.

C’est maintenant au tour de 47ter de se produire outdoor. Les conditions climatiques sont loin d‘être pas optimales. Votre serviteur préfère rester à l’abri, en espérant une accalmie.

A 20 heures 15 pétantes, c’est le grand Saule qui débarque. Le gaillard à l’explosion capillaire ébouriffante est bâti comme un roc(k). Et il connait relativement bien l’endroit. Il en est à son troisième passage.

Baptiste Lalieu, de son vrai nom, s’est imposé auprès du grand public grâce à « Dusty Men », un titre qu’il a interprété en compagnie de Charlie Winston, en 2012. Il le reprend d’ailleurs. Mais pour la circonstance, Winston est ici remplacé par le guitariste qui endosse impeccablement ce rôle. Résultat différent, mais plaisir intense identique.

Une formule à quatre cependant, puisque le line up implique, pour l’occasion, un drummer qui impressionne par sa dextérité et un claviériste. Pas un inconnu, puisqu’il s’agit de Xavier Bouillon vu aux côtés de Lemon Straw ou de Mister Cover, dans le passé.

Le combo est parfaitement huilé. Le Montois entame son set par un « Delove Song » frais et sautillant, et embraie ‘dare-dare’ (NDR : c’est également le titre de son dernier elpee) par « Rebelle Rêveur ». Un trait de caractère qui vient d’un test de personnalité pour orientation professionnelle. Ce sont les deux personnalités type sur les six possibles qui ressortaient en ce qui concernait l’artiste. Et effectivement ses compos embrassent tantôt une forme légère et parfois des propos un peu plus percutants.

Saule est un « Type normal » qui met en exergue un réel amour de la chanson française tout en se montrant rigoureux dans la formulation. Même quand il jongle avec les doubles sens à la Antoine Hénaut, un autre artiste bien de chez nous. Un titre qui permet à Saule de jumper avec le public également. La communion est parfaite.

De voyages aux quatre coins de la planète, il en sera également question, à l’instar de ce « Mister Good Price », rencontré aux Antilles.

D’une voix ressemblant –parfois à s’y méprendre– à celle de –M–, l’artiste livre ici une prestation durant laquelle, on passe du rire aux larmes et de la surprise à l’écœurement sur fond de chansons festives et épicuriennes, à l’instar de son auteur. Des chansons qui recèlent leur part d’ombre, d’enthousiasme et de joie de vivre.

« L’Homme sans son chien » bénéficie du concours de Cédric, un ami violoniste, dont les interventions apportent beaucoup de relief au morceau.

Saule va encore nous réserver de belles surprises comme ce « Tu boudes », une chanson essentiellement dédiée aux filles. Les riffs de guitare et les rythmiques syncopées se joignent à la voix légèrement ébréchée de Baptiste, procurant à l’ensemble davantage de hargne. Ou encore l’inéluctable « Dusty Men » et sa très longue intro à la Sergio Leone, qui a déclenché cet élan de popularité…

Chanson d’amour entière et véritable, « Futur », une chanson jouée –selon ses dires– lors des mariages, laisse planer le spectre de Gainsbourg…

En bref, Saule a offert un concert rare, audacieux, unique et classieux.

On regrettera enfin l’absence de la très jolie « Marta Danse ». Une histoire inspirée d'une vieille dame, Marta Gonzalez, atteinte de la maladie Alzheimer qui à l'écoute du ‘Lac des cygnes’ se remémore les gestes qu'elle effectuait autrefois. Une compo poignante et morose, mais qui ne correspond pas vraiment à une envie de tourner une page pour en aborder une autre nettement plus positive…

La pluie s’est miraculeusement arrêtée. La plaine est bondée. Normal, Zazie s’y produit dans quelques minutes.

Pour les plus jeunes, Zazie est évidemment connue comme membre du jury de l’émission ‘The Voice’. Pour les autres, Zazie est cette incontournable auteure, compositrice et interprète française à l’origine de nombreux tubes alignés depuis le début des années 90.

Le décor est minimaliste. De longue bandelettes blanches. Quelques lumières assez sobres égrènent l’estrade.

Vêtue d’une tenue très classique, c'est à 21h30 pétante que la chanteuse déboule aux côtés de ses quatre musiciens, dont la guitariste Édith Fambuena et le claviériste Jean-Pierre Pilot.

Côté setlist, Zazie nous réserve des compos issues de son dernier opus, « Aile-P », mais aussi quelques tubes ‘de l’ère de glace’ comme elle dit, à l’instar du sublime « J’étais là », du célèbre « Je suis un Homme », du dynamique « Rue de la Paix », de l'excellent « Rodéo » ou encore des entraînants « Des Rails » et « Oui ». Des morceaux qui font mouche et déclenchent un vif enthousiasme au sein de la foule.

Parmi les compos les moins récentes, mais tout aussi convaincantes, on épinglera « Les contraires », l’iconoclaste « Speed », sans oublier le sympathique « Va chercher » …

Durant 1h30, Zazie enchaîne ses chansons au cours d’un show énergique et particulièrement réussi.

Un concert ponctué d’interventions caustiques. Notamment lorsqu’elle évoque la COVID et surtout ses conséquences sur l’événementiel. Un virus que l’on est parvenu à vaincre, contrairement à un autre qui se répand en France et pour lequel aucune solution n’est encore trouvée : le virus présidentiel.

Un concert qui ne manque pas d’humour, non plus. Ainsi, elle invite ses musicos à mimer leur mécontentement. A tour de rôle, ils exécutent quelques secondes d’un morceau. Le claviériste s’autorise « La danse des canards ». Le drummer reproduit, esquisse ou ébauche (biffer la mention inutile) le célèbre « Smells like teen spirit » de Nirvana. Piqué au vif, ce dernier décide de se casser… Mais revient quelques instants plus tard sur l’insistance de Zazie et empoigne d’une sèche. Evidemment, tout le monde aura compris qu’il ne s’agissait que d’une mise en scène parfaitement orchestrée.

Très impliquée et généreuse, Zazie aime aller à la rencontre du public. Et le public belge en particulier, même si elle n’hésite pas à égratigner quelque peu l’état de nos routes…

Il est 23h00 lorsque Zazie et sa troupe se retirent, après avoir longuement salué l’auditoire.  

La nuit tombe. Il fait de plus en plus frais pour la saison et le sol est gorgé d’eau. Votre serviteur préfère jeter l’éponge, sinon il risque de sa taper la crève.

Au loin, il perçoit les beats d’un autre artiste notoire au sein du plat pays, Kid Noise…

Une édition au succès populaire incontestable (25 000 festivaliers sur 3 jours), malgré une météo exécrable ; mais marquée par le décès de ce jeune homme qui avait la vie devant lui. Enfin, suivant l’expression consacrée, ‘the show must go on’…

(Organisation : Les Gens d’Ere)

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Les Gens d’Ere 2023 : samedi 29 juillet

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Premier jour de festival noir ! Dans la nuit de vendredi à samedi, un jeune garçon de 15 ans a malheureusement perdu la vie, victime d’une crise cardiaque. Ce qui ne devait être qu’une simple journée de détente et d’amusement, s’est transformé en drame. Les secours arrivés sur place immédiatement après l’incident n’ont strictement rien pu faire pour le réanimer. Les pensées auxquelles s’associent Musiczine vont à la famille et aux proches de la victime. La vie est parfois injuste…

Les stigmates de la météo sont bien présents. Le site est couvert de boue, mais au sol, des plaques ont été posées aux endroits les plus critiques et permettent de se déplacer sans trop de souci.

Si la veille la programmation était axée sur des prestations plutôt populaires, ce samedi fait la part belle à des artistes, tantôt émergents, tantôt confirmés.

Votre serviteur débarque sur le site pour la prestation de Sharko. S’il ne figurait pas parmi les têtes d’affiche du festival, David Bartholomé, son leader, est assurément l’une des figures de proue de la scène musicale belge.

Après avoir surpris tout son monde en opérant quelques détours contrastés au cœur de son approche musicale, depuis l'acoustique « Hometour » en passant par l'electro-pop « Glucose », l’Arlonais revient aux fondamentaux proches du rock.

Bartholomé est soutenu par Guillaume Vierset à la guitare et Olivier Cox à la batterie. Sur la scène noir-jaune-rouge, ce sont loin d’être des inconnus.

Vierset s’est imposé comme leader ou sideman au sein de différents projets ou pour des artistes, aussi bien en Belgique qu’à l’étranger, comme Harvest Group, LG Jazz Collective, Typh Barrow, Sacha Toorop, Thomas Champagne, Emily Allison, Bravo Big Band, sans oublier, bien sûr, Sharko. Et la liste est loin d’être exhaustive !

Tandis que Cox a apporté son expérience, dans de mêmes rôles, à des projets aussi divers et variés ou pour de artistes, tels que Dalton Telegramme, Moladji, Pipeau, Dan San, François Bijou, Little X Monkeys, Soul Caravane ou encore, et évidemment, Sharko.

La formule trio est celle qui leur convient le mieux. David se consacre au chant et à la basse.

Le set débute par un « Wake up » tonitruant. C’est simple, élémentaire et sans chichi. De là à imaginer un seul instant que le public était en état de léthargie, il n’y a qu’un pas que votre serviteur franchit allègrement ! Heureusement, la foule ne prend pas cette injonction au pied de la lettre.

Le chanteur attaque alors un excellent « Excellent », un morceau caractérisé par sa voix rocailleuse, reconnaissable entre mille.

Un titre connu qui permet à David de rester dans sa zone de confort. Il n’y reste pas pourtant très longtemps puisque la band nous balance « Never Alone », un single optimiste qui figure sur son dernier elpee, « We love you David ». Il sert d’exutoire au guitariste qui s’en donne à cœur joie.

Bartholomé est dans sa bulle. A vrai dire, il est parfois difficile de s’y immiscer. A l’instar de « Padam », une chanson qui narre l’histoire d’un type qui entend des trompettes dans la tête tout en se demandant pourquoi les autres ne les perçoivent pas. Il est vraiment déjanté ce type !

A vrai dire, le public n’en n’a que faire. Il y répond même favorablement. Des cris stridents s’élèvent dans les cieux. Le chanteur s’étonne d’être à Ere. Ne serait-on pas à Wembley ou encore au Stade de France, s’exclame-t-il. L’ambiance est à son paroxysme.

Le frontman, sûr de lui, s’avance et réserve spécialement aux Gens d’Ere, « Family ». Il se tourne vers son guitariste et lui demande s’il est prêt. Ce dernier, étonné d’une telle requête, répond par la négative, en tournant énergiquement la tête tout en souriant. Le plus étonnant, c’est que ce dernier a vraiment l’air surpris du choix de ce morceau. Mais il ne se laisse pas démonter un seul instant et s’applique tel un écolier devant une feuille de devoirs.

Marqué par ses envolées de guitare surréalistes « I went done » constitue un des moments forts de ce concert. Sans oublier cette chorégraphie étrange. Une chose est certaine, le gars est bien plus à l’aise à la basse qu’à la danse !

Avant d’entamer « Clash P », il demande aux enfants nombreux sous le chapiteau de se boucher les oreilles, car cette chanson est uniquement réservée aux adultes. On comprend pourquoi…

Le leader s’essaie ensuite à la langue de Vondel à travers « Trop Is Te Veel », une compo qui narre l’histoire d’un type qui en a ‘plein le cul’. Les festivaliers mettent une telle conviction à rependre le refrain en chœur qu’on imagine aisément qu’une majorité d’entre eux partagent le même point de vue.

Le concert tire doucement à sa fin. « Sweet Protection » traite du thème de l’existence et de l’amour, à travers le prisme de la sécurité que lui procurait la mère de David et par extrapolation la mère patrie. Un manifeste de la bienveillance donc.

Après, un « Président » du tonnerre de Dieu, un « We Sould Be Dancing » et le jeu d’équilibriste de Bartholomé sur les barrières nadar, il est temps de se dire adieu.

Et lorsqu’on s’aime et que l’on est un tantinet narcissique, quoi de mieux que de chanter « We Love You David » en sollicitant le public. Celui-ci se prête volontiers au jeu et fait mine d’envoyer des bisous.

Imaginé essentiellement par son auteur-compositeur-interprète David Bartholomé, le style Sharko est parfois ‘pop surréaliste’ ou ‘avant-pop’ pour son aspect bricolé. Ce soir, la formation a exécuté un show burlesque et énergique, mais à prendre au second degré.

Quoiqu’il en soit, rarement l’artiste aura été aussi expressif sur l’estrade. Un plaisir pour les yeux, mais pour les oreilles aussi. Que du bonheur !

Rori est programmée sur la scène extérieure.

La Liégeoise a connu son heure de gloire au sein de Beffroi, l'un des groupes les plus prometteurs de Belgique, notamment lors de la sortie de « Swim », un titre largement diffusé sur les ondes radiophoniques, en 2015. Elle n'a alors que 16 printemps. Malheureusement, sa moitié sur scène (Valentin Vincent) est emporté par la maladie à l'âge de 20 ans. L'aventure qui n'a plus de sens, prend fin. C'était en 2018.

Une période de reconstruction s'ensuit. Parmi les options plausibles : l'arrêt de sa carrière. Mais elle s'accroche. Sa rencontre avec Hadrien donnera naissance au petit Rori.

Vêtue d’un crop top de couleur noire, la jeune fille laisse apparaître un corps filiforme. Quel courage au vu des températures plutôt fraîches. C’est la première fois qu’elle se produit dans le Tournaisis, aime-t-elle à le rappeler.

Elle est épaulée par un guitariste et un drummer, en ‘live’. L’ex-The Subs, Hadrien Lavogez, est bien au poste à la sixcordes. Cependant, pour des raisons de santé, Pierrick Destrebecq (NDR : il a notamment milité chez Recorders, Abel Caine ou encore au sein du backing group de de Mat Bastard) a cédé le relais à Loïc Lavogez, pour se charger des fûts, dans le cadre de cette tournée estivale. Pour la petite histoire Lavogez et Destrebecq se connaissaient depuis des années. Ils ont tous les deux fréquenté l’école ‘Jazzstudio’ à Anvers.

Objectivement, le jeu de Loïc n’est pas suffisamment punchy. Ses gestes adoptent une amplitude excessive. Si sur le plan visuel, le lambda y trouve son compte, techniquement, c’est sans intérêt. Ce qui rend, en outre, l’expression sonore un peu molle…

La demoiselle entame son tour de chant par « Ma Place ». Alors qu'elle a toujours chanté dans la langue de Shakespeare, elle prend s’y exprime dans celle de Voltaire, ce qui lui permet de se raconter en regardant dans le rétroviseur de sa vie. C'est d'ailleurs en français qu'elle embraie la plupart des titres de son set : « Vampire », « Vertige » ou encore « Soleil ».

Caractérisé par son phrasé haché, ses sonorités pop et ses appuis rythmiques, la musique de Rori, artiste manifestement charismatique et communicative, rallie rapidement le public à sa cause et s'inscrit dans l'air du temps.

Sa compo spasmodique au parfum salvateur « C'est la vie », titre éponyme de son Ep, révèle des accents nostalgiques.

La musique de Rori embrasse différents styles : pop, rock et même funk.

Ses chansons abordent des sujets personnels et très intimes. Alors qu’hier, ces thèmes la rongeait, aujourd’hui elle semble les cultiver et tirer parti.

Justement, « Docteur » vient doucement caresser la fin d’un set très enrichissant. Une chanson ultra médiatisée dont la foule semble connaître le refrain et qui met exergue, ce sentiment de différence.

« Docteur » figure parmi les compos percutantes au cours desquelles Rori libère son mal-être.

Touchante et la sensibilité à fleur de peau, Camille, à l’état-civil, a livré ici un concert d’une intensité rare, livrant un peu plus encore le fruit de ses émotions.

Autre concert à surtout ne pas manquer, c’est celui de Hyphen Hyphen. Les Niçois avaient frappé fort déjà en 2018 lors de leur passage aux Gens d’Ere.

A l’époque, Zoé Hochberg se chargeait des fûts à la suite du départ de Zac. Sa main gauche était dans le plâtre et le bras en écharpe. Mais, malgré une seule droite active, force est de constater que la jeune fille s’en etait sortie admirablement bien…

Entre la sortie de leur dernier né et les nombreux concerts et festivals auxquels ils ont encore participé, depuis, les jeunes ont pris de la bouteille…

Déjà, le premier opus intitulé « Times », leur avait permis d’être récompensé aux Victoires de la Musique comme ‘Révélation Scène’… Depuis, le trio connait une histoire aux allures d’un conte de fée.

Le décor est constitué de vieux postes de télévision posés les uns sur les autres ; ce qui confère au cadre, un petit côté rétro.

Lors de l’interlude, le trio, resté en coulisse, s’avance peu à peu sur le podium sous les cris des spectateurs. Ils laissent apparaître des marques noires tribales sur le visage signifiant Hyphen (terme anglais qui se traduit par trait d’union).

Nouveau batteur, Axel se charge des fûts.

C’est alors que « Help Yourself Out », issu du dernier album « C’est la vie », donne le ton de ce qui restera l’une des meilleures prestations de cette édition des Gens d’Ere.

Santa (chant), Puss (guitare, claviers) et Line (basse, chœurs) ne ménagent pas leurs efforts. Les corps se tortillent, les têtes balancent d’avant en arrière régulièrement, spontanément ou volontairement à l’excès. Ils reviennent plus enthousiastes que jamais… Une odeur désagréable de transpiration plane. Les fronts perlent. Ils résultent de cette générosité physique intense…

« Own God » et ses riffs de guitare funkysants, permet à la chanteuse de se laisser porter. Jouissant d’un spectre vocal très large, elle passe des aigus aux graves avec une facilité déconcertante. Elle donne même l’impression de livrer un combat sur un ring. Une adversité protéiforme et absolue. On y sent de la force, de la fougue et de la rage…

« Young Leaders » (issu de l’album très réussi « HH »), dont le refrain est à la fois fédérateur et entêtant, vient encore renforcer cette impression.

A vrai dire, les concerts de Hyphen Hyphen ne concèdent aucun temps mort. « Wait For Me » permet au guitariste un lâcher-prise, le morceau lui permettant de réaliser un solo du feu de Dieu tout en s’exaltant sur les caissons de basses placés entre la scène et le crash.

« Voices In My Head », démontre à quel point la complicité est grande entre le public et le band où, lors du bridge, spectateurs et musiciens s’accroupissent pour laisser ensuite leurs corps s’élever au plus haut et sautiller ensuite au gré des gammes. Ou encore lorsque Santa demande au public de jouer à ‘1, 2, 3 soleil’. Il n’y en a pas beaucoup en cette journée de samedi s’amuse-t-elle à rappeler. La musique s’arrête net, les musiciens restent figés et le public haletant garde ses bras en l’air.

« Like Boys » permet à la leader de défendre son manifeste féministe dont le refrain enivrant ‘I don't even like boys / Don't you understand / You're just not my type / Don't you understand’ est repris par un public excité. Un titre emblématique, porte-drapeau de la défense d’une cause juste et noble.

« Be High With Me » embraie. Un morceau au cours duquel quelques dizaines de spectateurs ont pu monter sur scène, tout en agitant des drapeaux arc-en-ciel (NDR : à la demande de Harvey Milk, premier politicien américain ouvertement homosexuel, cet étendard est né à San Francisco en 1978 et a été imaginé l'artiste Gilbert Baker), symbole de la fierté LGBTQ+ qui représente la diversité sexuelle.

« Too Young », sous ses airs électro/pop rocailleux, est vraiment taillé pour le live. Une compo qui permet à Santa de se lancer dans l’exercice du crowdsurfing. Pendant ce temps, ses comparses, afin de passer le temps, se sont emparés de floor toms pour marteler chacune des mesures à l’aide de grosses mailloches.

Le concert touche à sa fin, la lumière peu à peu se feutre. Santa s’installe face au piano et entame un « Popcorn salé » tout en douceur. La petite Clémence, une fan qui suit la chanteuse sur les réseaux sociaux, est alors invitée à la rejoindre. La jeune fille, assise sur le rebord, poursuit, en compagnie de la vocaliste, cette jolie chanson. Un très grand moment qui restera à jamais gravé dans la mémoire de la demoiselle.

Il est déjà temps de se quitter. « C’est la vie », dernier titre, résume à lui seul, le contenu d’un show puissant à la courbe ascendante. Un ensemble cohérent, féroce, qui balaie d’un revers de la main les styles formatés et standardisés du moment.

Bref, un concert d’une énergie imparable, complètement jouissif.

A l’extérieur, Loïc Nottet et son team se sont empressés de préparer la scène pour un show qui devrait ravir les fans.

Découvert lors de la troisième saison de l'émission ‘The Voice Belgique’, en 2014, il est sélectionné six mois plus tard par la RTBF pour représenter la Belgique au Concours Eurovision de la chanson 2015, où il termine à la 4e place en interprétant « Rhythm Inside », premier single qu'il a composé.

En décembre 2015, il participe et remporte la sixième saison de l'émission télévisée française « Danse avec les stars » sur TF1.

Il a depuis publié les albums « Selfocracy, Sillygomania » et « Addictocrate », ainsi que plusieurs singles, dont « Million Eyes », « M./Mme » (son premier en français) et « Mélodrame ».

Il a enfilé une sorte de pyjama ringard. Après deux ou trois morceaux d’un set qui ne suscite guère d’intérêt chez votre serviteur, ce dernier préfère tirer sa révérence…

Nottet, qu’après trois minutes, votre serviteur avait déjà fait le tour du sujet !

La nuit est tombée et on ressent très fort un taux d’humidité qui remonte par le sol. Et à en croire les météorologistes la dernière journée devrait se dérouler sous la pluie. Pour changer !

Demain Zazie figure en tête d’affiche. Alors, autant être en forme !

(Organisation : Les Gens d’Ere)

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Les Gens d’Ere 2023 : vendredi 28 juillet

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Ce qui n'était qu'un prétexte à faire la fête entre quelques amis du village est devenu aujourd'hui un événement qui dépasse les frontières de cette petite bourgade de la région de Tournai.

Aujourd'hui, Les Gens d'Ere sont devenus... légendaires ! Si le plat pays regorge de festivals, la simplicité et la camaraderie sont de mise. Ici, pas de prise tête : un stand VIP réduit à sa plus simple expression, une équipe de bénévoles passionnés et souriants, des festivaliers contents de se retrouver entre potes après une semaine de boulot, un site bien aéré et une convivialité à toute épreuve.

Mais simplicité ne rime pas avec facilité. Loin de là ! En effet, si le festival reste un évènement de proximité, l’équipe organisatrice propose d’année en année, une affiche qui a de quoi jalouser ses pairs.

Si de plus en plus, les festivals préfèrent segmenter le line-up pour toucher un public cible, ici on mise encore et toujours sur une affiche la plus éclectique possible. De quoi ravir un public venu en masse. La preuve ? Certains jours affichent sold out !

Côté pile, tout est donc réuni pour passer un moment sous le meilleur des auspices. Côté face, Miss météo a joué les capricieuses. La veille, il a plu comme vache qui pisse et le sol est couvert de boue. Les parkings sont d’ailleurs devenus partiellement impraticables. Heureusement des alternatives sont mises en place, comme ces bus qui assurent le transport des plus prudents.

Il faut malheureusement craindre pour demain et après-demain, car des averses sont à nouveau prévues.

Pourtant des milliers de festivaliers ont décidé de braver ce temps purement belgo-belge pour un week-end, non pas de farniente, mais placé sous le signe des décibels.

A l’instar des éditions précédentes, deux scènes se côtoient, l'une couverte baptisée ‘Le Chapito’ et une autre, ‘Plein Ere’, logiquement outdoor. Elles proposent en alternance un line-up cohérent.

Les prestations sur l’une et l’autre permettent au peuple de se déplacer tranquillement sans devoir se heurter au stress de louper le début d’un set. Un détail qui peut se révéler réconfortant, croyez-en l’expérience d’un vieux de la vieille !

Soyons honnête, la tête d’affiche de ce vendredi reste Machiavel, même si les organisateurs ont misé sur des noms aussi populaires que Mister Cover ou Daddy K pour attirer la grande foule...

Machiavel s’est formé en 1974. Ses heures de gloire, il les a connues au cours des seventies, en pleine période prog, en gravant les albums « Mechanical Moonbeams » (1978) et « Urban Games » (1979), mais avant tout en publiant des hits incontournables comme « Rope Dancer », « Fly » et bien sûr, « After the Crop » …

Si le line up a vécu quelques changements, notamment en raison de divergences artistiques, et le décès de deux de ses membres, sa figure de proue et l’un des membres fondateurs est toujours au poste. Il s’agit bien sûr du charismatique Marc Ysaye, batteur du groupe, ex-boss de Classic 21, et animateur des ‘Classiques’.

Le claviériste Albert Letecheur est décédé en 2004 et Mario Guccio, qui assurait le chant depuis 1977, en 2018, à l’âge de 64 ans. Et il était convenu, avant sa disparition, que Marc Ysaye le remplace aux vocaux pour la tournée baptisée ‘The Early Years’.

Il aura fallu attendre 2022, pour que le micro soit confié à Kevin Cools. Il avait déjà tapé dans l’oreille de Guccio lorsqu’il militait chez Niitch et FEEL. Mario dernier avait même déclaré qu’il était son ‘fils spirituel’. Pour la petite histoire, Cools avait participé à ‘The Voice Belgique’ en 2012 et avait impressionné les jurés lors de son interprétation de « Roxanne ».

Ysaye est placé au centre de l’estrade, caché derrière les nombreux fûts et cymbales. Petit et trapu, il est à peine visible. A sa gauche, Hervé Borbé se charge des ivoires et Christophe Pons de la guitare. Roland de Greef, placé à sa droite, se consacre à la basse.

Le petit Kévin est deux fois moins âgé que les autres membres de la formation dont il pourrait être l’un des fils. Néanmoins, il existe déjà une belle cohésion entre eux.

Le frontman est vêtu de ‘jean’. Un look premier de classe, bien loin de celui qu’affichait feu l’excentrique Guccio.

« Mister Madman » ouvre les hostilités. Un titre bien pêchu à travers lequel, conscient de l’héritage qu’il porte sur ses épaules, le nouveau visage de Machiavel semble très à l’aise.

Une mise en bouche qui prouve que le Sieur Cools s’est parfaitement adapté au nouveau rôle qui lui est attribué. Le public semble aussi avoir fait le deuil de Mario en acceptant cet homme à l’âme d’enfant.

Pas étonnant que Machiavel ait signé son dernier album « Phoenix » afin de marquer la transition entre son passé et son futur…

La setlist est particulièrement variée et les sonorités d’un morceau comme « She’s a snake » se perdent dans l’immense enceinte couverte.

Le temps que le chanteur chauffe sa voix et que les musicos se mettent dans le ‘mood’ et « Over The Hill », dont le refrain est toujours aussi entêtant, soulève une immense salve d’applaudissements…

Comme il fallait s’y attendre, « Rope Dancer » rend hommage à Mario Guccio, une ballade magistrale toute en retenue, mais enrichies d’envolées ‘floydiennes’ …

Le band a atteint son rythme de croisière et nous réserve alors « Six Feet Under » et « After The Crop ».

Pour célébrer cinquante années d’une carrière riche en émotion, Machiavel n’en n’oublie pas l’incontournable « Fly », démontrant une nouvelle fois que le son proposé par le combo, en ‘live’, est toujours aussi impeccable…

Il faut cependant attendre « Lay Down » au cours duquel Christophe Pons et Kevin Cools vont se lancer dans un duel de guitares, pour atteindre le point d’orgue d’un concert mémorable.

Une chose est certaine, Machiavel is not dead !

STTELLLA grimpe sur le podium. Kesaco ? Pour faire bref, un truc étrange venu de nulle part qui n’était pas supposé durer…

Ça c’est sur le papier, parce qu‘il y a 45 ans que Jean-Luc Fonck, tantôt seul, accompagné de Mimi (jusqu’en 1993) ou encore soutenu par une poignée de musiciens, fait le zouave en balançant des chansons banales, mais truffées de traits d’esprit qu’il conduit parfois jusqu’au délire. Et en plus de quatre décennies, il a quand même publié 15 albums !

C’est presque un rituel, les loustics ont enfilé des tenues de scène farfelues. Un kilt pour le bassiste, un pyjama à carreaux recouvert d’un peignoir rouge pour le frontman et un costume rose pour le préposé à la basse et aux claviers

Des « Tartines » à « Nagasaki ne profite jamais », on ne peut pas dire que ça vole très haut. Mais bon, peu importe, le public prend du bon temps. La communication entre l’auditoire et les joyeux drilles est optimale. Il pleut des jeux de mots (NDR : c’est toujours mieux que de la flotte). Ce qui provoque sourires, rires et larmes (de joie) …

Enfin, pour terminer la soirée, retour sous le chapiteau pour le concert de Mister Cover.

Fondé en 2002, le combo puise son répertoire dans les standards du rock, de la pop, de la soul, des variétés et de la chanson française. N’hésitant pas à balayer 5 décennies de musique populaire.

Techniquement, rien à redire, les musicios sont de vrais pros. Le groupe parvient à fédérer toujours davantage. Mais pour se frayer un passage sous la tente, il faut vraiment jouer des coudes…

La formation passe d’un titre à l’autre, d’un tempo à l’autre avec une facilité déconcertante. Des heures et des heures de travail sont nécessaires pour en arriver à un tel résultat. C’est carré, c’est sympa et c’est festif. Mais pas très original. Interpréter les chansons d’autres artistes, sans se les réapproprier et leur donner une nouvelle âme, s’avère être un exercice de style assez limite…

Il est dommage de constater que beaucoup de festivaliers se contentent d’écouter la resucée de tubes déjà mille fois entendus plutôt que de s’intéresser à de bons groupes ou artistes qui foisonnent aux quatre coins de la Belgique, sans rencontrer le succès mérité.

En conclusion, Mister Cover est à la musique ce que la nourriture est au MacDo’. A petites doses, c’est sympa, mais faut pas en abuser !

Les journées qui suivent seront focalisées sur des groupes ou artistes aux compos originales. Vivement le week-end !

(Organisation Les Gens d’Ere)

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Other Houses

Didactic Debt Collectors

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Other Houses, c’est le projet de Morgan Enos, un auteur-compositeur-interprète-multi-instrumentiste issu du New Jersey, responsable de deux elpees, de quelques Eps et d’un mini album (sous forme de cassette), à ce jour. Et il nous propose son nouvel Ep, « Didactic Debt collectors ». Cinq plages qui oscillent entre lo-fi, folk, country, glam et psychédélisme.

Ballade mid tempo, « Captive audience » s’ouvre paisiblement avant de se charger d’électricité bruitiste. On retrouve la versatilité de GBV sur l’épique « Jacket’s Creed ». Et cette abrasivité dépouillée chère à Centro-Matic sur « Swine among the relics ». Enfin, Morgan emprunte les intonations de Peter Doherty tout au long de « Drab vocabulary », alors que la guitare libère des riffs caustiques et éruptifs pendant « Arc of the arrow », un peu à la manière de Robert Fripp sur le « Fashion » de David Bowie…

 

SQÜRL

Silver haze

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SQÜRL est un projet monté par Jim Jarmusch et Logan Carter, en 2009, pour réaliser la B.O. du film « The limits of Control » de Jarmusch, évidemment. « Silver haze » constitue leur tout premier opus, un disque dont plusieurs plages pourraient également servir de musique de film.

Pour le réaliser, le duo a reçu le concours de Randall Dunn (Sun O))), Zola Jesus, Björk, Thurston Moore, Six Organs of Admittance, etc.) à la mise en forme, mais également de la Berlinoise Anik, de Charlotte Gainsbourg et du guitariste Marc Ribot.

La première partage un duo avec Jim sur « She don’t wanna talk about it ». Ils échangent une forme de conversation ; lui d’un baryton profond, elle d’une voix caverneuse, au cœur d’un long couloir de sonorités de guitare dispensées sous forme de drone.  

La fille de feu Jane Birkin pose la sienne en spoken word, dans la langue de Shakespeare ou de Molière, sur le très électrique mais atmosphérique « John Ashbery takes a walk ».

Mar Ribot se réserve la six cordes sur « Garden of glass flowers » et le psyché/rock aride et lancinant, « Il deserto rosso » …

Dense et indolent, l’instrumental « Berlin ‘87 » est entraîné dans une agonie de guitares, un peu comme chez Swans. Et lorsque sa voix devient sépulcrale, à l’instar de « Queen Elizabeth », le spectre de la bande à Michael Gira se met une nouvelle fois, à rôder.

Jarmush récite une nouvelle postapocalyptique, tout au long de « The end of the world. Un titre de circonstance !

L’opus s’achève par le titre maître, un instrumental atmosphérique et psychédélique.

Jam Hades

The edge of regret

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Jam Hades est un trio dublinois qui nous propose un premier long playing plutôt singulier. Tout d’abord à cause de la voix de son leader Mark McManus. Tour à tour incantatoire, gémissante ou inconstante, elle rappelle parfois celle de David Byrne. Mais aussi Peter Doherty. A l’instar du titre qui ouvre l’elpee, « The edge », une compo qui évolue sur une sorte de rumba.

Un disque surprenant à cause de l’expression sonore, dont les références oscillent de Père Ubu à Monochrome Set, en passant par Talking Heads (NDR : évidemment). Mais pas seulement ! Ainsi le plus complexe « People’s habits » bifurque vers la prog (Peter Hammil ?), alors que « Fit in ! » parvient à combiner drumming ample, nœud de guitare insidieux et vocaux inspirés du hip hop. On a même l’impression d’entendre une mélopée amérindienne en filigrane de « Chazy suit ». Enfin, « Japonaise blind » se distingue par des changements de rythme vertigineux.  

Reste « Saloirs mast », une piste dont la mélodie est portée par une voix de baryton. Probablement celle d’un invité. Un certain David Laye.

 

CIEL

Make it better

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CIEL est un trio cosmopolite, puisqu’il réunit la Batave Michelle Hindriks, l’Espagnol Jorge Jimenez et l’Anglais Tim Spencer. La première se consacre à la basse et au chant, le deuxième, la guitare et le troisième, la batterie.

« Make it better » constitue le premier Ep de CIEL. Il a été produit par Steven Ansell, le drummer de Blood Red Shoes. Le groupe a même signé sur son label, Jazz Life.

Quelque part entre shoegaze, dream pop et grunge, pimentée par quelques touches électro, la musique de CIEL est transportée par la voix angélique et vaporeuse de Michelle. Traversé d’éclairs électriques sinusoïdaux, « So scared » lorgne même parfois vers My Bloody Valentine. 

Accrocheur, « Jealousy » aurait pu figurer au répertoire de Garbage. Euphorique, « Somebody », morceau qui ouvre l’Ep, s’autorise des déflagrations malsaines. Imprimé sur un tempo enlevé, le titre maitre libère un fuzz gémissant…

On devrait en savoir plus lors de la sortie d’un album…

Caleb Nichols

She’s not your shadow (Ep)

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Figure queer, Caleb Nichols milite au sein de la communauté LGTBQ+. Mais c’est également le fondateur de Kill Rock Stars, un label qui a hébergé des groupes ou des artistes comme Bikini Kill, The Melvins, Sleater-Kinney ou encore Elliott Smith ; une écurie qu’il avait dissoute, il y a 13 ans, lorsqu’un des architectes de l’écurie était parti chez une major et qu’il vient de réactiver l’an de dernier, en la quittant.

Quatre titres figurent sur son dernier Ep, « She’s not your shadow ». Qui s’ouvre par « Waylaid », un morceau enlevé, légèrement cuivré, au cours duquel Caleb chante d’une voix versatile, un peu à la manière de Robert Pollard (Guided By Voices). Après la ballade mid tempo « Shadow step », « Night song » est une compo dont la mélodie en boucle est tramée à la fois sur des variations d’accords de guitare cristallins et d’harmonies vocales. Des harmonies qui deviennent réminiscentes de Supergrass, sur le titre qui clôt cet Ep, « Idiot ».

Stef Kamil Carlens

Stef Kamil Carlens & The Gates of Eden play Bob Dylan – Live 2021-2022

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Stef Kamil Carlens & The Gates of Eden

Le 24 mai 2021, dans le cadre du 80ème anniversaire de Bob Dylan, Stef Kamil Carlens a diffusé en streaming un concert préenregistré au sein de son studio à Hoboken. Pour ce set, il avait réuni un solide backing group afin d’interpréter des compos, pour la plupart, méconnues du Zim. C’est cette session ‘live’ qui figure sur le premier cédé de cet opus. Dans la foulée, le team est parti en tournée et a remis le couvert, mais en public ; et ce sont des enregistrements immortalisés à De Roma (Anvers), Merz (Breda) et au Tivoli (Utrecht) qui figurent sur le second compact disc.  

Stef a toujours été un grand fan de Dylan. Mais ici, il ne se contente pas de reproduire ses chansons. D’abord, le collectif se les réapproprie, les rafraîchit, alors que Carlens les chante, sans jamais calquer sa voix sur celle de son idole.

Un bel exercice de style en 17 versions, consacré à une partie du répertoire, trop souvent ignoré, d’un monstre sacré de l’histoire du rock…

The Utopiates

The sun also rides

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The Utopiates est une formation londonienne fondée en 2020 ; et « The sun also rides » constitue son premier elpee. Ses sources d’inspiration majeures ? L’acid house des 80’s et la britpop des 90’s. On pense ainsi alternativement à Primal Scream, The Happy Mondays, aux Charlatans ou encore aux Stone Roses. Certaines plages (« Making history », « Ups and down » et son piano jazzyfiant) nous replongent même carrément dans l’univers ‘madchester’. Claviers fluides, percus tropicales, rythmes funkysants et solos de guitare psychédéliques alimentent alors l’expression sonore. Encore que parfois, on perçoit des réminiscences empruntées à Steely Dan (« Devolution »), Spencer Davis Group (« Sick love ») et même Santana (ces sonorités de sixcordes et ces claviers fluides !). Mention spéciale au percutant titre maître, dont le tempo irrésistible vous incite spontanément à danser ou à frapper du pied…

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