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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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LaSemo 2023 : dimanche 9 juillet

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Clap de fin pour l’édition du LaSemo. Une quinzième du nom qui aura marqué les esprits.

La météo se fait capricieuse, le tonnerre commence à gronder au loin et des nuages menaçants gravitent autour du site. Les météorologues sont relativement pessimistes. Les organisateurs des Ardentes ont d’ailleurs mis la clé sous le paillasson, obligeant des milliers de personnes à plier bagage dans une cohue générale. Bref, c’est le bordel !

Après avoir ouvert comme prévu à 10h30, le LaSemo a également pris la décision de fermer ses portes de manière provisoire. La plaine a donc été évacuée préventivement. Les festivaliers ont été invités à se mettre à l'abri, chez eux, au collègue Saint-Augustin, au Nautisport ou dans la caserne des pompiers.

C’est vers 15 heures que les autorités ont donné leur feu vert pour rouvrir le site. Une aubaine pour ceux et celles qui n’auraient pas voulu perdre une goutte (sans mauvais jeu de mots) du spectacle. Finalement, plus de peur que de mal, car hormis une bonne pluie d’une vingtaine de minutes qui mouille légèrement un sol plus que sec, aucun dégât n’est constaté.

L’équipe s’est affairée pour que les concerts prévus puissent se dérouler malgré tout, de manière plus ou moins normale.

Sur la scène du Château, Pierre de Maere (NDR : ce jeune homme est issu de Walhain, dans le Brabant Wallon), dont tout le monde parle, va grimper sur les planches

Autodidacte, il compose ses premiers morceaux sur le logiciel ‘Garage Band’, dès l’âge de 9 ans, avant de s’intéresser à la photographie de mode. C’est lors de ses études à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers qu’il publie son premier morceau, sous statut indépendant, « Potins absurdes ». Le succès est immédiat.

Repéré par le label Cinq (Dominique A, Kalika, Jean-Louis Murat), il publie son premier Ep dans la foulée, « Un jour, je », en janvier 2022. Le disque est propulsé par les médias au-delà de ses espoirs. Pierre de Maere enchaîne alors les plateaux télévisés et les interviews dans la presse.

Après avoir décroché le prix de la Révélation belge de l'année aux NRJ Music Awards en 2022, il reçoit une ‘Victoire de la Musique’ en 2023 dans la catégorie ‘Révélation masculine de l'année.

Sur l’estrade, il est flanqué de trois musiciens habillés en costard/cravate, genre ‘men in black’. Lorsqu’il entame les premières notes de « Lolita », on l’aperçoit déambuler sur le podium, laissant apparaître de drôles de chaussettes jaunes. Ce qui cadre mal avec le côté classieux de son look.

De prime abord, il paraît arrogant et pédant. Est-ce un rôle qu’il aime se donner ? En tout cas, une chose est sûre, il est apprêté et sophistiqué.

Que l’on aime ou pas son côté dandy, il faut admettre que ce jeune artiste d’à peine 22 piges, compose de belles chansons. Pertinentes, savamment orchestrées, elles véhiculent des textes ciselés et des mots qui font mouche. De Maere est à la musique ce que le bijou est à l’orfèvrerie.

Il enchaîne sans hésiter par « Roméo », une compo qui l’oblige à monter dans les aigus. Et il s’y sent d’ailleurs très à l’aise.

Il affirme, pour avoir déjà bien bourlingué au-delà de nos frontières, que les Belges sont les plus vifs d’esprit. Il n’en fallait pas plus pour que la foule déclenche des applaudissements interminables. C’est alors que pour le remercier, Pierrot le fou se livre dans un « Menteur » majestueux.

De Maere, c’est de la pop francophone efficace, une manière de rouler les ‘r’ à la Stromae et de belles envolées vocales.

Il revient pourtant de loin et se souvient de ses moments difficiles lorsque par exemple, un soir, il s’est rendu à Cannes et y a chanté pour une soirée privée. Personne ne le regardait, comme s’il était le bouffon du roi. Un évènement qui semble l’avoir bouleversé au plus haut point. Cette histoire ressemble à celle de Lady Gaga (NDR : il lui voue d’ailleurs une admiration sans faille) qui n’avait d’autre choix que de se dévêtir pour attirer l’attention des clients, quand elle chantait dans les bars.

Le set touche doucement à sa fin. Naturellement, arrive le « Docteur », une manière de penser les plaies de celles et ceux qui ont bravé la pluie et le vent.

Enfin, « Mercredi », une compo empreinte de nostalgie qui invite à retourner dans la fantaisie de l’enfance, clôture un superbe concert, également placé sous le signe du kitsch et de la bonne humeur.

Pierre remercie le public et son équipe. Sans oublier son frère Xavier qui l’accompagne partout (c’est son ingé son) et lui ressemble à s’y méprendre.

Retour à la scène de la ‘Tour’. Deux filles aux combinaisons rouges, sexy mais classieuses, s’y produisent. Des fringues qui laissent deviner des corps de rêve. Il s’agit de Juicy, un binôme composé de Julie Rens et Sasha Vonk.

C’est au conservatoire de Bruxelles en Jazz, dans la classe de David Linx, qu’elles se rencontrent et commencent rapidement à se produire ensemble au sein de différents projets, dans des styles variés.

En 2015, c'est sur un concept de reprises de classiques du r'n'b et du hip hop des années 90 que les chanteuses se font connaitre sur la scène bruxelloise à travers Juicy Cover. En 2017, elles annoncent la sortie de leur premier Ep « Cast a spell », autoproduit à hauteur de 20 000 euros. Elles défendent notamment ce disque sur Radio Nova et en première partie d'Angèle.

Enfin, à partir de l’été 2018, puis en 2019, elles écument les festivals, tant en Belgique, qu’en France.

Les gonzesses rentrent dans le palmarès restreint des Belges qui s’illustrent dans l’Hexagone. Leurs reprises déjantées de tubes hip hop des années 90 aux paroles misogynes, à l’instar du « Work it » de Missy Elliott ou encore du « Partition » de Beyoncé, ont pesé lourd dans la balance, épousant ainsi la même courbe de popularité que Damso ou encore Romeo Elvis.

Elles défendent les couleurs d’un premier album « Mobile » qui relate toutes les failles de l’Homme (avec un grand H) paraît-il.

Léger dans le ton, mais profond sur le fond, les compos abordent des sujets comme le sexisme ou encore les agressions sexuelles et s’enracinent dans un style hybride entre rap et r&b…

Elles se consacrent donc toutes les deux aux synthés, samplers et vocaux. Sasha se réserve cependant la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Elles remplissent à elles seules l’espace scénique et n’ont pas vraiment besoin d’autres musiciens.

Durant le show, elles ne cesseront de se tortiller sensuellement, comme des geishas. Difficile de rester insensible face à ces nanas qui doivent faire tourner pas mal de têtes…

Si le style musical de Juicy est le fruit d’un cocktail de hip-hop, de r&b et de pop, il s’avère à la fois catchy et sophistiqué.

Le duo livre une performance fort dynamique (NDR : c’est une bonne habitude), ce qui explique aussi et sans doute pourquoi il s’est constitué une ‘fan base’ solide.

Typh Barrow, de son véritable nom Tiffany Baworowski, est programmée sur les planches du ‘Château’. Une artiste dont le minois est bien connu puisqu’elle a participé au télécrochet ‘The Voice’, comme coach, pendant plusieurs saisons.

La popularité de Typh trouve sa genèse, lorsqu’en 2013, elle commence à poster sur Youtube des reprises en piano-voix qui dépassent rapidement le million de vues. Sa version du « Gangsta’s Paradise » est d’ailleurs repérée par le rappeur Coolio, son interprète original, la partageant plusieurs fois sur ses propres réseaux.

Elle s’avance d’un pas franc, laissant apparaître une tenue assez courte de couleur rouge à paillettes. Ses hauts talons galbent un corps dont la rondeur laisse peu de place aux doutes. Main sur le ventre, sourire aux lèvres, elle transpire de bonheur à l’idée de mettre au monde son enfant. Ce n’est plus vraiment une surprise puisqu’elle avait fait cette annonce lors d’un concert à Forest National.

En attendant, elle va se mettre au vert, afin de profiter un maximum de sa grossesse entamée il y a six mois, comme elle aime à le préciser. On comprend dès lors mieux pourquoi de nombreux fans ont fait le déplacement, bien décidés à profiter d’une dernière de ses apparitions, avant une période de pause...

Elle est soutenue par un trio de musiciens et deux choristes, tous vêtus de vestes bariolées. Sur l’estrade, trône majestueusement un piano de couleur noire.

Elle se plante devant un synthé placé face à la scène et remercie le public d’avoir fait preuve d’autant de patience compte tenu des conditions climatiques. Faut dire que le concert prévu initialement à 17h a été retardé à 18h15.

La voix écorchée, chaude et puissante, elle fixe l’horizon de ses yeux perçants pour dessiner le contour d’un « Damn You’re Bad » chargé d’émotions.

Typh Barrow nous a offert et s’est offert un set aux accents tour à tour, pop, soul, jazz et blues, nous réservant des morceaux comme « Color », « Very First Morning », « I Ruled the World », « The Other Woman, Taboo », « Replace » et « Hold You Sister », au cours duquel elle s’est autorisé une promenade au sein de la foule ou encore « Don’t Let Me Go, I got You ».

Mais pas seulement, puisqu’on a eu droit à l’une ou l’autre nouvelle chanson qui laisse penser, de source sûre, que le prochain album est quasi écrit et composé et est en phase de production. De quoi ravir les fans.

En mêlant douceur et émotion mais aussi ardeur et de puissance, Typh a savouré ce moment rien qu’à elle…

Le set s’achève sur « Aloha », titre éponyme du dernier opus, suivi d’un « Daddy’ Not Coming Back » grandiose.

Place ensuite à Jeanne Galice, aka Jain.

Son arrivée dans l’univers musical s’apparente à un raz-de-marée. Auteure, compositrice et interprète, elle rencontre le succès dès la sortie de son premier long playing, « Zanaka » ; et des titres tels que « Come » et « Makeba » (qui signifie enfant en malgache) tournent en boucle sur les ondes radiophoniques. Le suivant, « Souldier », paru en 2018, fait encore mieux : 1,2 million d'albums vendus dans le monde et plus de 2 milliards de streams.

Après ce succès, elle annule sa dernière tournée pour se ressourcer. Au bout de quatre longues années, elle refait surface, plus positive que jamais et nous propose un nouvel essai baptisé « The Fool ». Certains n’ont pas hésité à établir un parallèle avec la carrière de « Stromae » qui lui aussi s’est vite laissé submerger par la réussite et les tournées fatigantes.

La scène du ‘Château’ est épurée. On n’y aperçoit que des synthés entourés par un décor grillagé.

Votre serviteur avait pu découvrir Jain il y a quelques années. A l’époque elle était seule sur les planches et se servait d’un tas de boucles. La performance était louable, épicée et originale. Ce soir un guitariste et une bassiste l’épaulent. Le show commence. Riche, le light show aux nombreux effets lumineux valorise parfaitement le spectacle.

Elle chante dans la langue de Shakespeare des compos plutôt pop, mais qu’elle mêle à d’autres genres, comme l’électro, le reggae ou la world, inspirée par ses nombreux séjours à l'étranger.

La demoiselle travaille particulièrement son image, que ce soit à travers son apparence ou la mise en scène.

Malheureusement, le concert ne parvient pas à éveiller un soupçon d’intérêt chez votre serviteur. C’est comme si vous deviez réaliser une recette de cuisine, mais qu’il vous manque un ingrédient. Le set manque de saveur, ce soir.

Pas grave, le LaSemo 2023 a tenu toutes ses promesses. Une affiche alléchante, une météo relativement clémente, une ambiance bon enfant et un anniversaire fêté dignement. What else ?

(Organisation LaSemo)

 

 

LaSemo 2023 : samedi 8 juillet

Écrit par

Deuxième jour du LaSemo. Si la veille les températures étaient agréables, ce samedi, le soleil tape particulièrement fort. Il est même vivement conseillé de porter un chapeau ou une casquette et de s’enduire de crème solaire. Les points d’eau mis à disposition des festivaliers sont pris d’assaut. Certains sont même à sec tôt dans l’après-midi.

Le taux de fréquentation semble encore plus élevé que le jour précédent. Manifestement le festival a gagné en popularité au fil du temps. Et vu le line-up, difficile de faire la fine bouche.

Votre serviteur débarque vers 16h. Direction la scène de la ‘Tour’. Colt s’y produit. Ce ne sont pas des inconnus puisque la formation implique Coline & Toitoine, des potes originaires de Bruxelles.

S’ils fonctionnaient jusqu’alors en binôme en pratiquant une musique plutôt électro/pop, ils ont élargi le line up à un quintet et évoluent dans un style plutôt rock, même si sur quelques titres, il subsiste toujours cette fibre électro.

Les préposées aux claviers et à la basse sont des filles. Derrière la batterie, siège un mâle, un vrai.

Coline est habillée d’un pantalon blanc rapiécé, de type clochard. Antoine porte une veste, elle aussi rafistolée, du même acabit. Un look surprenant, mais qui signe une identité distincte.

« Milles vies » ouvre les hostilités, un titre qui figurera sur un premier Ep dont la sortie est prévue pour septembre. Il est rapidement suivi de « Scooter » et « Ramenez-moi ». Si le français est la langue maternelle de la dame, son anglais est parfait ; et elle le démontre tout particulièrement sur « Once more », « Anymay », « Under my arms » ou encore « Over ».

Les Bruxellois libèrent une belle énergie, malgré la chaleur étouffante. Antoine s’interrompt et demande de l’eau, il semble au bord de la syncope. C’est la première fois qu’il est victime d’une telle défaillance, selon ses dires. S’il avait tout simplement laissé tomber le veston, sans doute que la chaleur l’aurait incommodé un peu moins… Ahhh, ces artistes !

Il est au clavier et le haut de son corps va et vient du haut vers le bas à chacun des coups de grosse caisse imprimé par son comparse caché derrière les fûts. Il est vraiment dedans.

La complicité qui lie les deux musicos semble très forte. Pas mal d’échanges de regards, des sourires, et surtout cette symbiose musicale.

Coline Debry et Antoine Jorissen se connaissent en fait depuis toujours. Ils fréquentaient la même crèche. Leurs parents sont toujours restés en contact. A l’adolescence, ils se sont voué une passion commune pour la musique. L’histoire musicale était donc toute tracée.

Leur succès est grandissant. Ils ont écumé une kyrielle de festivals qui les ont emmenés jusqu’à New York. Sans compter les streams sur Tik Tok et Instagram, leurs clips ‘home made’ les portant au-delà de la sphère physique.

De son grain chaud, elle nous entraine hors du temps. Lui, c’est plutôt le côté prod, les synthés et effets en tout genre. Le duo nous livre un mélange très réussi entre électro, pop, mais aussi indie et folk. Une expression sonore qui brasse finalement des genres assez différents.

La musique est positive, rayonnante et lumineuse. Elle donne envie de chanter, de danser et de rêver. La petite se livre le temps d’une chanson baptisée « La salle aux lumières ». On y apprendra ses orientations sexuelles et le courage qu’il lui a fallu pour faire son coming-out.

Le band achève son set par « Insomnie ». Un hymne au cours duquel, elle narre l’envie de s’évader durant ses périodes… insomniaques. 

La scène du Château accueille maintenant un autre groupe belge dont la réputation dépasse les frontières. Il s’agit de Balthazar.

Formé en 2004 par des musiciens originaires de la région de Courtrai, en Flandre-Occidentale, il pratique du rock alternatif. Son premier elpee, « Applause », est paru en 2010 pour la Belgique et en 2011 dans le reste de l’Europe. Cet opus lui a permis de se produire dans de grandes salles, dont l'Ancienne Belgique de Bruxelles, le Paradiso d'Amsterdam et La Cigale de Paris, ainsi que dans des festivals comme Rock Werchter et Lowlands.

Si le line up du band a varié au fil du temps, l’équipe s’est aujourd’hui stabilisée et réunit Maarten Devoldere (chant, guitare, clavier), Jinte Deprez (chant, guitare, clavier), Simon Casier (basse, chant), Michiel Balcaen (batterie, chant) et de Tijs Delbeke (clavier, guitare, violon, trombone).

C’est « Decency » qui ouvre le bal, suivi de l’excellent « Wrong Vibration », caractérisé par sa caisse claire incisive. Une communion solennelle est occupée d’être célébrée.

L’apothéose viendra lorsque les premières notes de « Then What » retentissent. Ce sont alors des milliers de personnes qui reprennent le refrain en chœur.

Triturées par les pédales d’effets, la Fender Mustang d’un des musiciens crée de belles fulgurances dans ses riffs à couper le souffle. La basse est soutenue et constitue l’un des marqueurs principaux de l’expression sonore.

Deux guitares, une basse, une batterie, des mèches de cheveux qui volent, le soleil qui brille et un festival hors du temps. Bref, l’équation parfaite.

Envoûtée par le violon ou le trombone, la superbe ballade "You Won't Come Around", issue du dernier album « Sand », est bien mise en exergue. Une compo qui casse quand même quelque peu la dynamique jusqu’ici érigée par le band.

Ecouter Balthazar, c’est peu à peu s’enivrer des bienfaits de l’été. Une musique légère, parfumée et chaleureuse. Positive, joyeuse et festive également.

Le set touche à sa fin et « Bunker » démontre que Maarten Devoldere, nonobstant le projet Wahaus entamé en 2015, est au sommet de sa forme lorsqu’il sévit chez Balthazar.

Enfin, « Losers » et son bridge live ondulatoire gigantesque, clôt une prestation qui restera dans les annales.

Une musique sublime, une ambiance pastel. Dommage que le groupe soit aussi peu communicatif…

Inviter Cali dans un festival, c’est choisir le bon plan. En effet, le petit homme est connu pour mettre le feu lors de chacune de ses prestations. Celle qui se joue aujourd’hui ne fera pas figure d’exception. Au contraire !

Il se présente sur la scène de la ‘Tour’ accompagné de ses musiciens. D’un pas décidé, il hurle à la foule ‘Je suis Belge’. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une hystérie collective.

Chargé d’intensité électrique par la guitare, sa musique s’aventure au sein d’un entrelacs de fougue et de sincérité.

Quelques minutes après le début du live, le show s’annonce déjà exceptionnel. L’ami Cali s’avance, micro en main, tendu vers le public, tout en passant une langue bien fourchue. Un titre qu’il avait d’ailleurs dédié l’année dernière à son amie Dani, tout juste décédée, lors d’un concert aux Gens d’Ere, une bourgade dans la région du Tournaisis.

La chanson à peine achevée, le troubadour de la chanson française commence à manifester une envie irrésistible de jouer avec le public.

Dopé (à une substance psychotrope ??), le chanteur/amuseur ne cesse de faire le pitre durant le live et ce pour le plus grand bonheur des fans ébahis ! Grimaces, gestes amicaux, regards insistants accompagnent le gai luron lors de la seconde compo, tout aussi tonitruante, « Hey les amoureux ».

C’est alors qu’il surprend les gens issus de la presse tranquillement assis au sein du fronstage en les invitant sur les planches. Tandis que votre serviteur tente tant bien que mal de monter sur l’estrade, l’artiste s’approche, me prend dans ses bras et me prodigue de doux bisous. Il y a pire comme approche, non ?

Après un « Lâche pas » qui claque comme une baffe, Bruno Caliciuri revient aux fondamentaux en interprétant « C’est quand le bonheur », une compo issue d’un premier LP, « L’amour parfait », gravé en 2003. Mais Cali, c’est maintenant le bonheur et c’est ici aussi, devrais-je lui rappeler ! Une compo qui a vingt piges et pourtant, elle n’a pas pris une ride !

Ce qui devait arriver, arriva. L'homme taillé comme un gringalet se hisse sur le frontstage, prend un élan, et s’abandonne au crowdsurfing pour entamer une danse du diable perché dans les airs. C'est un passage obligé chez lui et ce soir ne fera pas exception à cette règle qui, semble-t-il, est immuable ! Le tout sans perdre de souffle ! Pas mal pour un gars qui a la cinquantaine passée... Heureusement, pour ceux qui l'ont soutenu, le casse-cou doit à peine peser cinquante kilos, tout habillé !

Repoussant ensuite les principes des règles de sécurité, l'artiste dynamise un peu plus le spectacle et devient complètement incontrôlable pendant « Je te souhaite à mon pire ennemi ». Sa réputation de personnage complètement déjanté est largement méritée.

Quoiqu'il en soit, examen réussi avec grande distinction !

Afin de satisfaire les grabataires, il a sorti de ses tiroirs poussiéreux quelques vieux bazars comme « Putain de vie » ou encore « Je m’en vais ». Des titres qui, s’ils ne sont pas les meilleurs, montrent combien le Perpignanais expose et s'expose à travers le prisme de sa vie, ses amours, ses attentes et ses envies.

Livrant tour à tour des musiques simples, mais accrocheuses, il a pris le parti de choisir ses mots avec une grande délicatesse afin de décrire intelligemment et sincèrement les maux de la vie et la difficulté d’aimer aujourd’hui.

Le champ du possible de ce grand Monsieur est illimité. Véritable touche-à-tout, Cali multiplie ses engagements, tant dans l’univers du théâtre, de la poésie, de la littérature et, bien évidemment, de la musique.

Bruno est un être doué d’un charisme exemplaire et un humaniste engagé ! Sans oublier, un homme d’exception !

« 1 000 cœurs debout » sonne le clap de fin. Un moment qui permet au drummer de se lâcher comme jamais et d'extérioriser toute sa technique de frappe. Une page se tourne, mais des pages entières restent à écrire...

Putain, quel moment de grâce !

Dommage toutefois que l’artiste ait mis de côté des titres phares tels que « Je voudrais vivre heureux », « Alec t’es où ? » ou encore « Une séparation » issus de « Cavale ». Un album poignant, le meilleur pour votre serviteur, le plus mature. Un disque où la sincérité de l’homme transpire dans chacune des chansons.

Autre endroit, autre style musical, Ben Harper and the Innocent Criminals.

Le Black est impressionnant. Il est accompagné de cinq musicos, dont deux Blacks tout aussi colossaux qui se chargeront de la basse et des claviers.

D’un calme olympien, dans une quiétude absolue, presque funéraire, il s’avance avec flegme sur le podium. Une chaise en bois est placée à l’avant du podium. Il s’assied, prend son temps et entame une première compo à la steel guitar disposée horizontalement sur un châssis.

Son jeu est précis et souple. Il manifeste une grande dextérité dans les gestes.

L'histoire commence au début de l'année 1992. L’auteur-compositeur Ton Freund fréquentait le magasin d’instruments de musique qui appartenait à ses grands-parents. Ton et Ben commencent à jouer ensemble dès que l'occasion se présente. Jusqu'au jour où on leur propose d'enregistrer une autoproduction. Des chansons qui se figureront sur un premier elpee, tout comme des reprises de Robert Johnson.

Il se révèle aux Transmusicales de Rennes, en 1993. Le 3 décembre pour être précis, lors d’une prestation habitée. Un événement qui va déboucher par la signature d’un contrat chez Virgin. Le premier long playing, « Welcome To The Cruel World », sort dans la foule, dans un style agrégeant blues, folk et rock. Il s’écoule à 300 000 exemplaires. Le suivant, « Fight For Your Mind », presque le double.

Durant sa longue carrière musicale (17 albums studio), Ben s’est essayé dans des tas de styles, du rock alternatif (« The Will To Love ») à la soul (« Burn To Shine », en passant par le funk (« Both Sides Of The Gun »).

Lors du concert de ce samedi, ce monument de la création américaine contemporaine proposera un brassage de tous ces styles, sans toutefois se laisser dévorer par les affres de la fusion à tout-va, à l’instar de son dernier né, « Bloodline Maintenance ».

Un set intelligemment construit laissant une grande latitude aux compos tantôt douces, lorsqu’il se saisit de sa gratte acoustique, tantôt plus punchy, tout au long de ces envolées fiévreuses électriques, conduites par ce corps robuste, ce visage expressif et surtout cette voix grave et suave.

Disposant d’un large espace de liberté, Mister Harper s’efforce au gré des compos d’explorer pleinement les champs lexicaux dont lui seul a le secret.

Naviguant entre l’eau et le feu, le combo propose une musique instinctive et parfaite.

Un concert d’exception !

Enfin, Suzane sera le dernier concert de votre serviteur, pour ce samedi.

Elle est étrangement seule sur les planches. De petite taille, son équipe a installé un plateau sur lequel elle peut se produire (de manière à pouvoir être vue ??).

De son véritable nom Océane Colom, cette Avignonnaise s’est révélée en 2019, sur la scène française, alors qu’elle n’avait toujours pas publié d’album. D’ailleurs, son premier, « Toï Toï », paraît l'année suivante. Elle sera récompensée de la ‘Victoire de la révélation scène’ lors des ‘Victoires de la musique’ 2020. En novembre 2022, elle grave un deuxième opus : « Caméo » ...

Un grand écran a été installé derrière elle. Son nom, en lettres capitales, va y défiler régulièrement, lorsqu’il ne s’agit pas d’images de thématiques des chansons abordées.

Plus récemment, elle a prêté sa voix sur un titre de Grand Corps Malade, lui permettant ainsi d’accroitre sa popularité. Une chanson où le grand bonhomme s'imagine être dans la vie d'une femme pendant 24 heures. Tandis que Suzane se met, elle, dans la peau d'un homme. C’est sur l’écran qu’il slamera, la Vauclusienne lui donnant la réplique.

À travers ses textes, Suzane aborde différents sujets, dont la politique, mais aussi et surtout tout ce qui touche aux dérives de la sexualité humaine (les violences sexistes, le harcèlement sexuel, l’homophobie) et à ses idées reçues (le lesbianisme, le genre) ou encore l'homophobie.

Cependant, elle manque cruellement de conviction. Son set est froid, ennuyeux et sans relief. Sans oublier l’absence totale d’intention, Bref, une prestation pas foncièrement médiocre, mais, en tout cas, soporifique…

Accordons-lui au moins le bénéfice d’une performance placée sous le signe de la danse qui a tenu une place primordiale durant son show. Au moins, elle n’a pas tout perdu.

Une seconde journée qui s’achève donc sur un bilan en demi-teinte, malgré une première partie de journée, plutôt réussie.

Que nous réserve la journée du dimanche, habituellement plus familiale ? Mystère. A demain !

(Organisation LaSemo)

 

 

Billy F Gibbons

Chez Billy F Gibbons, la barbe n'est pas dans la gorge, mais la gorge est dans la barbe…

Dusty Hill git peut-être sous le gazon texan depuis 2021, mais ZZ Top est loin d'être mort et enterré. De temps à autre, le patronyme ZZ Top figure encore sur une affiche de festival ; et même lorsque Billy Gibbons se produit sous son propre nom, comme ce samedi 8 juillet, au Cirque Royal de Bruxelles, l’empreinte blues-rock brute et marécageuse spécifique est omniprésente.

Billy F Gibbons a ainsi pu glisser dans la setlist une poignée de chansons de ses albums solo, par ailleurs excellents ; ce qui a permis d'éviter que le set soit aussi prévisible que tous les anciens concerts de ZZ Top auxquels on a eu le privilège d'assister. Ce qui a permis d’apporter à l’ensemble un peu de fraîcheur et de spontanéité très appréciables.

Côté son, les morceaux ne sont pas, non plus, très éloignés de celui, plus familier, de ZZ Top. De délicieux rockers sans chichis comme "More, more, more" et "Missin' Your Kissin'" véhiculent également des accents bluesy.

Bien sûr, les classiques de ZZ Top constituent la majeure partie du répertoire live ; et les fringues, les mouvements, les inévitables lunettes de soleil ainsi que les accords de guitare incarnent le ZZ Top vintage. On ne s’attend, d’ailleurs, à rien d'autre.

Des titres incontournables et intemporels comme "Gimme Al Your Lovin'", "She Got Me Under Pressure", "Sharp Dressed Man" et l'ultime morceau de clôture "La Grange" recueillent inévitablement le plus d’acclamations ; mais c'est le joyau de blues intimiste "Blue Jean Blues", le gros blues rocker "Brown Sugar" et les méchants boogies "Tube Snake Boogie" et "Thunderbird" qui nous ont le plus bottés.

Ceux que l’on préfère, si vous préférez. En outre, ils ont été proposés sous leur forme la plus brute. Des morceaux qui mettent en exergue le génie de Gibbons à la guitare, libre comme l'air, bluesy à souhait et toujours brillant. La sublime reprise d'Hendrix "Foxy Lady" s'y prête donc à merveille.

Gibbons affiche déjà 74 balais, mais l’énergie est encore bien présente et le sombre ‘growl’ texan est intact. Chez Billy Gibbons, la barbe n'est pas dans la gorge, mais la gorge est dans la barbe.

Photos Romain Ballez ici

 

LaSemo 2023 : vendredi 7 juillet

Écrit par

Il y a maintenant quinze années pile-poil que la Parc d'Enghien accueille le LaSemo. Un anniversaire attendu et couronné de succès malgré les différentes crises sanitaires et économiques que la Belgique a traversées.

Record d’affluence semble-t-il, malgré une météo aléatoire en début de semaine, laissant craindre le désastre.

Grâce à son offre culturelle riche, conviviale et bienveillante, le LaSemo se caractérise par sa familiarité et sa proximité.

Entourés par ses espaces verts exceptionnels, ses pièces d'eau, ses jardins et des bâtiments qui couvrent près de 400 ans d'histoire, les festivaliers s’y pressent de plus en plus nombreux.

Rien d’anormal puisqu’à côté d’artistes émergents ou confirmés, ils y trouvent aussi des lieux propices aux débats, de nombreux arts de rue, des espaces dédiés au bien-être, des zones de jeux, un coin pour les enfants, un cabaret, des artisans, une ‘papoterie’, des conférences aussi diverses que variées et bien d’autres animations encore …

Si convivialité et bienveillance sont les maitres-mots, le développement durable n’est pas en reste ! Vous cherchez du neuf ? Rebroussez votre chemin, vous n'y trouverez rien ! Tout est recyclé ! De vieilles bécanes qui permettent de recharger son portable à la force des guibolles, les chaises de mamy dispersées ici et là, afin de poser son popotin, des casquettes fabriquées à l’aide de boîtes en carton, sans oublier les toilettes sèches, évidemment. Inutile de préciser que cette liste est loin d'être exhaustive.

Le soleil est au rendez-vous ! Papy et Mamy accompagnent les têtes blondes qui viennent juste de terminer un nouveau cycle scolaire quelque peu chamboulé cette année et cette réforme qui divise Flamands et Wallons.

Jean-Jean, l’habituel géant givré de service chargé d’introniser avec humour, décadence et légèreté, les artistes, est de la partie. Arborant une petite moustache de type ‘british’, il jongle toujours aussi facilement avec les bons mots. Quel obsédé textuel ce Jean-Jean !

Bref, peu de nouveautés ! Le LaSemo mise une nouvelle fois sur une équipe qui gagne ! Et pourtant, des surprises, il y en avait, puisqu’outre le nouvel emplacement du podium de la ‘Tour’, les food truck ont été dispersés différemment. Bref, un détail, mais qui a son importance, puisque l’espace s’avère plus aéré.

Il est aux environs de 18h30 lorsque votre serviteur arrive enfin sur le site. Direction la guinguette, l’endroit le plus atypique. Sans doute aussi l’emplacement qui se prête le mieux à l’esprit et à la culture de ce festival unique en son genre.

La scène est constituée de palettes de bois. De vieux vinyles ont été cloués sur le pourtour du site, afin de lui donner un aspect cosy.

Le podium bénéficie d’une belle surface ombragée, car il se situe au milieu d'arbres. Et vu la température qui grimpe en flèche, autant dire que les places sont chères.

Les spectateurs se sont installés au centre de l'hémicycle et attendent patiemment l’artiste à venir. Une chope à la main évidemment ! C’est Elia Rose qui grimpe sur les planches.

La petite est issue de la téléréalité. En 2011, elle participe à l'émission ‘The Voice’, guidée par son coach, Natacha St-Pier. Quelques années plus tard, la presse la remarque grâce à son clip coloré et psychédélique « Colors ».

Elia Rose s’est rendue également médiatique suite à sa participation au rassemblement organisé en janvier à Bruxelles pour réclamer la libération de son ami Olivier Vandecasteele, détenu arbitrairement en Iran depuis près d’un an.

C’est donc sans surprise si celui-ci figure parmi les badauds comme guest afin d’assister au concert de sa muse. Mais ‘chuuttt’, il y était en parfait inconnu et ne semblait manifestement pas prêt au jeu des questions/réponses des journalistes présents.

Fleurette est venue défendre les couleurs de son premier elpee intitulé « I love it ». Soutenue par les riffs de guitare de Lorenzo Di Maio et les effluves de claviers dispensés par Cédric Raymond, elle entame son tour de chant par un « I love you so » d’une sensualité à l’épreuve du temps avant d’enchaîner quasi immédiatement par un « Oh my » percutant.

Elia Rose et ses chatons, comme elle aime à le rappeler, délivrent un son à la fois doux et optimiste, savant mélange groovy de funk et de pop.

Sa maman est anglaise. Pas étonnant que son univers soit bercé par la musique anglo-saxonne. Et qu’elle exprime les sentiments et états d’âme qui la transpercent, dans la langue de Shakespeare.

Fraîche, elle cultive ce côté vintage qui fait son charme et sa force. Elle (s’)impose un style tout à fait particulier, à l’instar de ce « Criminal » à la rythmique détonante ou encore cet « I Love You To The Moon And Back », à la limite de l’audace.

La voix un brin timorée contraste avec la générosité dont elle fait preuve à l’égard de son public. Souriante, pétillante et dynamique, elle ne cessera de répandre sa joie et sa bonne humeur parmi les heureux aficionados qui le lui rendent bien.

Il est déjà l’heure de se dire au revoir. « Moon and back » aura la lourde tâche de mettre un terme à un set parsemé de jolies surprises.

Soyez attentifs, Elia Rose est une artiste qui pourrait tout à fait suivre les pas d’une certaine Angèle. Affaire à suivre…

Selah Sue se produit maintenant sur la scène principale.

Flanquée d’un kimono léopard à faire bondir GAIA (NDR : l’association de défense des animaux la plus influente et une des plus connues en Belgique), Sanne Putseys, à l’état civil, s’avance d’un pas décidé sur les planches, se saisit d’une gratte acoustique et pose alors sa voix tout en douceur sur un premier morceau.

Elle est rapidement suivie par son claviériste (Joachim Saerens, son époux et co-compositeur), son bassiste Dries Laheye, ses trois choristes (Sarah Devos, Stefy Rika et Judith Okon), un batteur et un guitariste/claviériste.

Elle se place de manière stratégique sur l’estrade, permettant aussi aux plus curieux d’admirer son ventre plat laissé nu par un ‘crop top’ sensuel.

Elle entame sa carrière dès 2008 en publiant des vidéos de ses performances sur MySpace, avant de devenir rapidement populaire en Belgique grâce à sa participation à des festivals de musique locaux.

En 2010, Selah Sue sort son premier opus –un éponyme !– qui récolte un énorme succès en Europe. Ce qui la propulse sur le devant de la scène internationale. Depuis, elle a publié trois elpees studio et collaboré avec des artistes tels que CeeLo Green ou encore Ronny Jordan.

Ce soir, l’artiste flamande est de retour pour présenter son troisième LP, « Persona » (sept ans après « Reason »), paru l’année dernière.

Une œuvre ‘pansement’ diront certains, la jeune fille ayant traversé des périodes dépressives relativement importantes durant sa vie. La thérapie qu’elle a suivie l’a d’ailleurs inspirée pour l’écriture de ses chansons.

Cette longue absence n’a en tout cas nullement affecté cette voix reconnaissable entre mille. Une voix soul, solide, puissante, profonde, légèrement éraillée et faussement fragile l'instant d'après.

Une voix en tout cas qui respire l’authenticité et l’assurance, à l’instar de ce « Kingdom », aux relents hip-hop. Une ode au bien-être d’une personne qui a retrouvé une confiance absolue en elle.

La jeune femme poursuit son concert intelligemment, mêlant chansons douces et mélancoliques aux compos très énergiques. Pas étonnant puisque son nouvel opus, « Persona », constitue une confession sur ses moments de doute, de bonheur et d’anxiété. Un savant mélange de sentiments en quelque sorte.

Brassant plusieurs titres de son dernier long playing, « All the way down » ou encore « When it alls fall down », c’est sans nul doute dans un registre reggae-ragga-soul qu’elle se distingue le mieux.

Respectant une ligne de conduite blues, soul et groovy, l’artiste n’en oublie pas ses titres incontournables comme « Alone », mais surtout « Raggamuffin », l’hymne qui l’a catapultée en tête des charts.

Proche du public, Selah Sue est parvenue, semble-il, à faire fi des démons du passé, en proposant un show propre, dynamique et tout en relief.

Le temps de s’hydrater et de se remplir la bedaine qu’Odezenne se prépare doucement dans le ‘backstage’, tels des boxeurs avant de monter sur un ring.

Alix Caillet (chant), Jacques Cormary (chant) et Mattia Lucchini (clavier/guitare) sont au taquet. Une batterie trône au milieu de la scène. Stefano Lucchini y siège derrière.

Originaires de Bordeaux, les gars ne font pas dans la fine dentelle. Les textes de certaines de leurs compos sont très susceptibles de heurter les oreilles les plus chastes, les mots frôlant parfois l’indécence…

Une kyrielle de filles en chaleur n’hésitent d’ailleurs pas à se servir de mots les plus salaces afin d’obtenir les faveurs sexuelles des artistes qui sont pourtant loin d’être des Apollons.

A 23 heures pétantes, Caillet et Cormary se positionnent en frontmen. L’un a enfilé un pull couleur saumon qui met en exergue une bedaine arrondie, tandis que l’autre arbore une tenue colorée nettement plus décontractée. Quant à Mattia Lucchini, il se cache derrière de grosses machines, armé d’une guitare électrique prête à en découdre.

Les premières notes de « Au baccara » donnent le ton d’un show survitaminé. Les deux vont et viennent, se croisent, s’adressent du regard au public vraiment très nombreux et ravi de la présence de telles vedettes.

Une mise en bouche convaincante qui va laisser place à un gros « Caprice ». Cette chanson émeut autant qu’elle surprend puisqu’elle a été écrite lorsque Priska, la sœur d’Alix, était atteinte d’un cancer.

Un titre composé dans la foulée de « Hardcore » destiné donc à soutenir la jeune fille et lui donner un maximum de courage. Aujourd’hui décédée, le sens de cette chanson prend donc un sens tout particulier. Inutile de dire que l’émotion est alors à son comble.

Les morceaux sont accessibles, mais sont à prendre au second, voire au troisième degré. En quelques mots, incisifs, marrants, mais jamais méchants

Peut-être que l'universalité des thèmes abordés participe grandement à cette ouverture. Loin d'être moralisateurs, les comparses sont parvenus à toucher, au fil de leur carrière, la frange la plus large de leur auditoire. Il suffit de l’écouter reprendre en chœur chacun de ses titres.

Grâce à des compositions qui font mouche telles que « Nucléaire », « Bitch », « Vodka » ou encore « Salope d’amour », Odezenne sublime un quotidien de Monsieur Toutlemonde. Il aligne des mots d’une simplicité extraordinaire sur fond de spleen joyeux et délicatement déclamé.

C’est sublimement construit, instinctif, faussement foutraque et intensément vivant. Les instrus religieusement aériennes de Mattia viennent apporter de temps à autre cette touche floydienne.

Durant plus d’une heure, les amis d’enfance ont réussi le pari d’allier nonchalance, mots ciselés et beats planants.

Le set touche doucement à sa fin. Quoi de plus naturel que de siroter une « Vodka » ?

Il est plus de minuit lorsque le live s’achève pour de bon. La plupart des badauds quittent le site. Au loin, sur la scène de la ‘Tour’, la musique électronique tente de maintenir éveillé les plus téméraires.

Trop peu pour votre serviteur quinqua qui préfère regagner ses pénates. Les deux jours qui viennent risquent d’être chargés.

(Organisation La Semo)

 

The Damn Truth

Micro-flower power…

Écrit par

C’est la seconde fois que The Damn Truth débarque au Zik-Zak. Il s’y était déjà produit l’an dernier, au mois d’avril. Ce quatuor montréalais est drivé par la chanteuse/guitariste charismatique, Lee La Baum. Le line up implique également le soliste Tom Shemer, le bassiste PY Letellier et le batteur Dave Traina. Il compte neuf années d’existence et compte 4 elpees à son actif, dont le dernier, « Now Or Nowhere », remonte à mai 2021. Six morceaux de cet album ont été produits par le légendaire Bob Rock (Metallica, Aerosmith, Motley Crue, Bon Jovi, Bryan Adams, The Cult, The Offspring) au studio d’enregistrement ‘The Warehouse’ de Bryan Adams, à Vancouver. La soirée est placée sous le signe du revivalisme, les deux bands programmés puisant leurs principales influences dans les 60’s et les 70’s. Une bonne centaine de personnes se sont déplacées pour assister aux sets de ces deux formations.

Le supporting act est assuré par Black Orchid Tribe, un groupe belge dont le leader, ex-Black Mirrors et ex-Mango Moon, Loïc Videtta, a traversé de nombreuses épreuves dans l’existence, puis vécu au sein de tribus mongoles, dans la forêt Sibérienne, pour se reconstruire. Trentenaire, il a appris sur le tas et a été confronté au réel, à la vie et à la mort...

Après avoir gravé un premier single blues/rock, presque stoner, intitulé « Numb My Beast », en 2021, puis un morceau plus acoustique baptisé « Better Run », en avril 2022, le combo a publié un Ep 5 titres, en novembre dernier.

Une petite intro nous plonge au cœur d’une ambiance légèrement chamanique. Loïc, barbu et cheveux longs, est entouré de 2 guitaristes (Giovanni et Raphaël), d’une charmante bassiste (Laura) et d’un batteur (Paul), dont la frappe sur son imposant kit Pearl, est à la fois efficace et tribale. Le guitariste est coiffé d’un stetson de couleur noir. Tous les gratteurs sont en ligne.

Le concert s’ouvre par « Numb My Beat ». Les accords du soliste sont incisifs. La voix de Loïc est chargée d’émotion. Plus musclé, « Feel The Tribe » émarge au stoner pur et dur. Accrocheuse, la mélodie est colorée par un solo de guitare pêchu et enflammé. On pense alors à Black Mirrors. Tout au long de « Dirty Road », la section rythmique percute en parfaite symbiose. Une reprise : le « Come together » des Fab Four. Et puis des morceaux qui naviguent à la croisée des chemins du grunge, d’un blues sioux à la Dead Men et d’un folk des grandes plaines…

Pour les photos, c'est ici

Setlist : « Intro » « Numb My Beast » « Feel The Tribe » « Dirty Road » « Lonewolf » « Come Together » (cover Beatles ») « Black Home » « Emperor » « War » 

Une intro préenregistrée précède l’arrivée des musicos. Il s’agit du « White Rabbit » de Jefferson Airplane. Ils en profitent de s’installer sur les planches et saluent chaleureusement la foule. Vu leurs fringues, on se demande s’ils ne débarquent pas directement de Woodstock, après avoir traversé le temps… A moins qu’ils ne les aient récupérées dans le grenier de leurs grands-parents. Jugez plutôt : pantalons à pat’ d’eph’ ou strié noir et rouge, colliers, chemises à fleurs, poils sur le torse qui dépassent chez les mâles, sans oublier les tatouages. Le look parfait des hippies ! Et pour corser, dès le premier morceau, les cheveux se mettent à voler sous le souffle des ventilateurs placés à côté de chaque membre du band. On se croirait revenu à l’époque de la flower power !

« This Is Who We Are Now » nous réserve un drumming fulgurant. La guitare de Tom Shemer est brûlante, la voix de Lau Baum, puissante. Capable de monter dans les aigus ou de descendre dans les graves avec une facilité déconcertante, elle évolue dans un registre qui navigue quelque part entre Janis Joplin, Beth Hart et Grace Slick. Fumante, « Full on You » est une ballade mid tempo extraite de « Now Or Nowhere », un long playing paru en 2021. C'est un départ en trombe ! Baignant dans une atmosphère bluesy, « Too Late » et « Pirates and Politicians » démontrent la polyvalence du groupe et sa volonté d'aborder des sujets plus lourds. Toujours bluesy, mais lent et sensuel, « Lonely » permet au band de souffler. Place ensuite au single « Only Love » et une nouvelle version de « Look Innocent ». La mélodie de « Only Love » est livrée avec passion et détermination, tout comme le hit single, « Look Innocent ». Lau est particulièrement interactive. Chaque chanson est acclamée avec enthousiasme et le quartet est visiblement ému par la réaction de la foule. Dans la fosse, tout le monde danse, saute ou est pris de soubresauts incontrôlables. Svelte comme un boa, Tom affiche une dextérité sur les cordes qui me fait penser au guitariste indien Imaad Wasif. Le set s’achève par le palpitant « Tomorrow », une compo hantée par le Jefferson Aiplane. C’est également la préférée de votre serviteur.  

The Damn Truth revient accorder un rappel de deux morceaux : une cover du « Love Is Blindness » de U2 et un trippé « Heart Is Cold ».

Bref, on a eu droit, ce soir, à un show dynamique, addictif et électrique, dispensé à haute Intensité.

À la fin du spectacle, il y a une longue file d'attente au stand merchandising. Les musiciens posent volontiers pour des selfies et discutent avec les spectateurs. Si vous appréciez ce style musical, n’hésitez pas à aller les voir et écouter en concert. Et surtout s’ils passent près de chez vous. Car sur les planches, ils sont vraiment excellents…

Pour les photos c'est là

Setlist : « White Rabbit » (Jefferson Airplane song) « This Is Who We Are Now » « Full On You » « Too Late » « Pirates & Politicians » « Lonely » « Only Love » « Look Innocent » « The Fire » « Devilish Folk » « Get With You » « Tomorrow ».

Rappel : « Love Is Blindness » « Heart Is Cold ».

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

Photos : Vincent Van Wesemael

 

Beach Fossils

Bunny

Écrit par

Fondée en 2009, Beach Fossils est une formation issue de Brooklyn, dans l’Etat de New York, drivée par Dustin Payseur. Ce chanteur/guitariste/compositeur est également un artiste peintre dont les œuvres naviguent entre l’expressionisme abstrait et l’art figuratif.

« Bunny » constitue le quatrième opus de Beach Fossils, une œuvre qui baigne au sein d’une forme d’indie pop rêveuse, mélancolique et particulièrement cool, baptisée également dream pop. Les arrangements sont soignés, le son est nickel. Limpides, les harmonies vocales sont même très susceptibles de rappeler les Byrds. A l’instar de « Tough love », une plage à la texture complexe et dont la ligne de basse cold véhicule des accents empruntés à Simon Gallup (The Cure). Une ligne de basse qui crée la contre-mélodie tout au long de « Anything is anything ».

Plusieurs titres opèrent la synthèse entre les différentes étapes vécues par le band : post punk délavé, jangle pop, psyché pop et shoegaze. Chatoyants, cristallins, délicats, les accords de guitares (électriques, acoustiques, à 12 cordes, traitées en slide) caressent une expression sonore qui navigue aux confins des univers des groupes de la ligne claire du label Flying Nun (The Bats, The JPS Expérience), de Luna, de Pale Saints et du plus contemporain The Red Pinks & Purples. Les lyrics parlent de ruptures amoureuses, de relations difficiles, de drogues, de personnes disparues et même de New York, des chansons qu’interprète Dustin d’une voix fragile, brumeuse et feutrée…

Un bien bel album !

En concert

24/02/2023 Trabendo, Paris

25/02/2024 Grand Mix, Tourcoing

3/03/2024 Botanique, Bruxelles

Texas

The very best of 1989 - 2023

Écrit par

En 38 ans de carrière, Texas en a sorti des hits ! Et son premier, « I Don't Want A Lover », remonte déjà à 1989. « The very best of 1989 – 2023 » nous en propose 22, ainsi que deux nouveaux titres « Keep On Talking », une cover de Nothern soul datant de 1965, signée par Dan Penn et Spooner Oldham et produite par ce dernier au studio Muscle Shoals et le nouveau single « After All ».

Sans quoi y figurent, inévitablement, « Say what you want » auquel participe Wu-Tang Clang. « Start a family » avec en featuring, l’acteur, le réalisateur et le metteur en scène britannique, feu Alan Rickman. « Sleep » qui avait reçu le concours Paul Buchanan, le chanteur du groupe écossais The Blue Nile. Le très ‘morriconesque’ « Hi » qui recèle un sample de « Love’s unkind » de Donna Summer. « Inner smile », coécrit en compagnie du grand mélodiste Gregg Alexander (New Radicals). « So called friend » qui est devenu le générique de la sitcom, Elien Degeneres ». « Summer sun » qui sera ensuite remixé par Georgio Moroder ; ainsi que « Mr Haze », mais par GBX et Paul Keenan. La reprise du « Tired of being » d’Al green. Et comme on aime bien Sharleen, on vous file le tracklisting ci-dessous…

Say what you want
Black eyed boy
Inner smile
Mr. Haze
Halo
I don't want a lover
Summer son
Keep on talking
The conversation
In our lifetime
In demand
Put your arms around me
Let's work it out
When we are together
Hi
Say what you want (all day everyday) feat. Wu-Tang Clan
Tired of being alone
Start a family feat. Alan Rickman
So called friend
Everyday now
Insane
After all
Sleep feat. Paul Buchanan
So in love with you

 

Bully

Lucky for you

Écrit par

Bully, c’est le projet de la chanteuse/guitariste/bassiste Alicia Bognanno, une Américaine dont le quatrième elpee a été mis en forme par JT Daly (également crédité pour sa participation comme multi-instrumentiste), mieux connu pour avoir apporté son concours à Pvris et K. Play. Changement radical quand on sait qu’elle avait produit les deux premiers albums et coproduit le troisième. Peu d’invités, par ailleurs, pour ce « Lucky for you ». Une violoncelliste : Emily Nelson Rodgers. Et puis Soccer Mommy qui partage les vocaux avec Alicia sur l’entraînant « Lose you ».

Si Alicia a une jolie voix, susceptible de rappeler Suzanne Vega quand elle chante d’un timbre clair, dès qu’elle se met à vociférer sa rage punk, c’est la soupe à la grimace. Dommage, car dans ses meilleurs moments, l’expression sonore rappelle The Breeders. Et tout particulièrement sur « Days move slow », dynamisé par une ligne de basse offensive et déchiqueté par des riffs de guitare bien aiguisés ainsi que « Hard to love » qui s’enroule comme un serpent autour de sa proie avant de la mordre pour lui injecter tout son venin.  Certaines plages barbotent même dans le grunge. A l’instar de « How will I know », nourries aux sonorités de gratte dentelées et bourdonnantes. Ou libèrent un fameux groove. Comme l’oppressant Change your mind » ou l’excellent « A love profound », une compo audacieuse imprimée sur un tempo percutant et traversées de sonorités de sixcordes gémissantes.

Sur ce long playing Alicia aborde pour thèmes le contrôle des armes à feu aux States, le droit à l’avortement, le réchauffement climatique et surtout la perte de son chien…

Tanlines

The big mess

Écrit par

Tanlines est un duo constitué d’Eric Emm et de Jesse Cohen. Mais sur « The big mess », ce dernier a très peu participé aux sessions d’enregistrement, trop occupé par sa carrière parallèle dans le marketing et son podcast musical ‘No effects’. Il a d’ailleurs accepté, de bonne grâce, qu’Éric continue l’aventure sous ce patronyme. Finalement, c’est Patrick Ford, considéré comme le troisième membre du groupe qui l’a suppléé.

Première constatation, la synthpop a cédé le relais à une musique davantage hybride. A cause de la place prise par les grattes. La basse, mais surtout la guitare. Cette dernière adopte même des tonalités surf sur « Clouds », un morceau dont la fin se révèle hymnique. Mais aussi « Hold on » où elle se mettent à carillonner, alors que le timbre d’Eric, enrobé de chœurs féminins, est aussi chaud que celui de Matt Berninger (NDR : curieusement, c’est Peter Katis, notamment producteur pour The National, qui a mixé l’opus). Et même surf/blues. Sur « Endless love », mais surtout tout au long de « Burns effect » (quoique quelques accents flamencos la traversent insidieusement), une plage que chante Emm, d’une voix rappelant ici, plutôt Chris Isaak. Et elle évoque encore celle de Jarvis Cocker (Pulp) sur « The age of innocence », une piste tapissée, en arrière-plan, de pedal steel. Il faut reconnaître que la voix d’Emm est superbe, bien timbrée, vibrante… Ce qui lui permet d’interpréter une ballade soul mid tempo romantique comme « Speed (?!?!).

Elégants, les synthés sont disposés en couches sur « Outer banks », un titre dynamisé par un drumming spasmodique. Cependant, hormis « The big mess », sur lequel John McEntire (Tortoise, The Sea & The Cake) se consacre à la batterie, les 10 autres pistes sont imprimées par une boîte à rythme, un peu trop binaire, malgré une ligne de basse quelquefois caustique (« Arm’s length away »), pour rendre les compos plus percutantes.

Autobahn

Ecstasy of ruin

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Fondé en 2023, Autobahn (NDR : un énorme tube de Kraftwerk que le band a choisi comme patronyme) ne compte que 3 elpees à son actif. Quintet à l’origine, le band est aujourd’hui réduit à un quatuor. C’est le drummer qui a quitté la formation. Il a été remplacé par une boîte à rythmes.

La musique de ce groupe issu de Leeds s’inspire manifestement des eighties. Joy Division en tête. Pas étonnant quand on sait que son premier opus, « Dissemble » avait été produit par Martin Hannett. Et suivant une certaine logique, parmi les autres références on pourrait citer New Order. Mais aussi, pourquoi pas, The Wake, Section 25, Cassandra Complex, The Names, Siglo XX et Red Lorry Yellow Lorry, également originaire du chef-lieu de la région du Yorkshire-et-Humber. Mais qui aurait ajouté un peu plus d’électronique dans sa solution sonore. A l’instar du dansant « Silver » qui vire parfois à l’EBM (NDR : pensez à Front 242). Et le tout est abrasé par la voix ténébreuse, déclamatoire, virulente et parfois sinistre de Craig Johnson.

Certaines compos sont plus enlevées, comme le titre qui ouvre l’opus, « Post-history » ou le redoutable, intense et claustrophobe « Breather », au cours duquel, particulièrement dense, la base gronde. L’interlude instrumental « Cylinder » et le trop brouillon « Fields of blood » s’avèrent, a contrario, dispensables.

On épinglera quand même les excellents « Tension », « Ecstasy of ruin » (le titre maître) et le final « Class war », une plage aux riffs de guitare tranchants et au vocal presque hip hop, qui colle davantage à la vague néo post-punk qui sévit actuellement en Grande-Bretagne…

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