La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

dEUS - 19/03/2026
Stereolab
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

Le nouvel album de King Krule, "Space Heavy", débarque dans les profondeurs de son univers sonore souterrain. Écrit au cours des trajets entre Londres et Liverpool, où King Krule partageait son temps, il a été fasciné par la notion de l'espace hanté par des rêves d'amour, de connexion perdue, de perte de personnes et de situations à la guillotine de l'univers.

"Space Heavy" sort ce 9 juin 2023, et le clip d’animation du titre maître est disponible

 

vendredi, 09 juin 2023 17:59

Nicholas Allbrook chimiste ?

Originaire d'Australie occidentale, Nicholas Allbrook est auteur-compositeur et multi instrumentiste.

Que ce soit dans le lyrisme poignant de ses projets musicaux en solo (Ganough, Wallis et Fatuna/Wabi-Sabi) ou dans le style de production du dernier opus de son groupe POND, « 9 », Allbrook fait preuve d'une profonde compréhension de l'expérience humaine et de l'importance de l'art dans la société moderne. Il a collaboré avec des musiciens australiens et internationaux, de King Krule à Cate Le Bon, en passant par Holy Fuck et Cuco.

Emotionnel, géologique, psycho : tel est le terrain de « Manganese ». Produit par Allbrook et HOKO (Nathaniel Hoho) et mixé par Jay Watson (GUM/Pond/Tame Impala), le quatrième elpee solo d'Allbrook, paru ce 9 juin 2023, loin de la vie de Pond, est un paysage de merveilles psyché-pop. « Manganese » est le son d'un musicien qui a une symphonie dans sa poche arrière, l'histoire du rock d'Oz dans son rétroviseur et l'Australie moderne en ligne de mire.

Pour découvrir le clip de "Jackie", c’est

 

 

Cinq ans après "Luyando", le collectif le plus célèbre du Zimbabwe sortira son nouvel elpee, "Tusona : Tracings in the Sand", le 7 juillet 2023.

La production musicale africaine repose de plus en plus sur les producteurs. Mokoomba, cependant, est la preuve vivante que le grand héritage africain des groupes de guitares est bien vivant et prêt à enflammer n'importe quel dancefloor. 

Sur "Tusana", une production DIY enregistrée au Zimbabwe, les six musiciens de Victoria Falls affinent leur son unique : des grooves afro contagieux profondément liés à l'ADN culturel du Zimbabwe, avec de fortes influences du Congo voisin, du Zamrock et du Chimurenga.

En 2008, les danses et mascarades Makisi ont été inscrites sur la liste du patrimoine immatériel de l'UNESCO. Le "Makisi" traditionnel est un élément important de la cérémonie d'initiation des Luvale au Zimbabwe et dans d'autres régions d'Afrique australe.

Lors de la cérémonie annuelle d'initiation au Mukanda, les Makisi, qui sont des personnages masqués représentant l'esprit des ancêtres décédés, reviennent dans le monde des vivants pour apprendre aux jeunes enfants à devenir des adultes responsables au sein du peuple Luvale d'Afrique australe. Au cours de la dernière décennie, l'intérêt –en particulier chez les jeunes– s'est estompé et les danses Makisi se sont presque éteintes.

Afin de faire revivre cette tradition, le nouveau single de Mokoomba, "Makisi" appelle les gens à venir participer à cette cérémonie 

La vidéo de la chanson présente une rare performance d'un groupe de danseurs Makisi. Les danseurs viennent de Victoria Falls et de la ville voisine de Livingstone et sont dirigés par un proche parent de Mathias Muzaza, le chanteur de Mokoomba, qui a lui-même subi la cérémonie d'initiation ‘Wali’. C'est la première fois qu'un groupe zimbabwéen présente cette tradition unique et sacrée.

Le clip consacré à "Makisi" est disponible ici

 

 

dimanche, 11 juin 2023 17:51

Le cadre de Six Hands

Six Hands es un trio de post-rock issu du Limbourg. Il puise ses influences dans les nineties et tout particulièrement chez Fugazi et Karate. Son single, « Frames », est paru ce 9 mai 2023. Réunissant six morceaux instrumentaux, l’Ep paraîtra à l'automne. Le premier single, éponyme, est un titre qui reflète bien l'état d'esprit de l'Ep : se délecter de la tension et de la folie de la vie quotidienne, désespérément pris au piège d'une routine névrotique. L'inspiration visuelle est venue de la forme hexagonale utilisée dans les prisons modernes : un espace où rien n'échappe à l'œil omniscient. Comme métaphore de notre société hyper contrôlée et connectée en permanence, cela peut compter.

Le clip est l'œuvre du magicien de l'électronique analogique osaka.riot. Il a fait passer l'œuvre de Yannick Douw par toutes sortes de logiciels glitch incompréhensibles qui reflètent parfaitement la folie agitée de la chanson. Clause de non-responsabilité : visionner à vos risques et périls. Les effets secondaires possibles incluent des crises d'épilepsie et des cauchemars géométriques.

La vidéo de « Frames » est disponible ici

 

 

dimanche, 11 juin 2023 17:48

Les lignes floues de 7 WEEKS…

7 WEEKS est un groupe de rock qui explore, découvre et avance. Ses errances et ses rencontres sont autant d’histoires et de personnages que leurs morceaux décrivent dans une recherche sonore qui ne s’embarrasse pas de codes ni de modes. Et ce n'est d'ailleurs pas son nouveau single qui prêchera pour l'inverse. "Gorgo", un premier extrait de « Fade Into Blurred Lines » qui sortira le 13 octobre 2023, est disponible sous forme de clip

« Gorgo » raconte la fuite en avant d’un personnage qui s’aventure et erre jusqu’à rencontrer la Gorgone. Le rapport intime au monstrueux, l’image de jours sombres qui pétrifient quand on ose les regarder en face. Texte symbolique, « Gorgo » illustre la crise de sens que nous traversons et les lignes de fuite que nous créons pour y échapper : repli sur soi, confort viral et illusoire, certitudes figées…

 

mercredi, 31 mai 2023 17:26

Le musée aquatique de Claire Parsons

Claire Parsons est une compositrice et musicienne luxembourgeoise d'origine britannique. Après avoir étudié le piano classique et jazz, la guitare classique et électrique ainsi que le chant classique, elle a obtenu son master en Jazz au Conservatoire Royal de Bruxelles, sous la supervision du chanteur de jazz belge David Linx et du pianiste Diederik Wissels.

Claire Parsons nous dévoile son nouveau projet et deuxième album « The Aquatic Museum », un disque inspiré par les œuvres de Sufjan Stevens, Emiliana Torrini et Agnes Obel. Ce projet collaboratif invite les auditeurs à se plonger dans les secrets des mondes aquatiques inexplorés. Les cordes, les instruments électroniques, les chœurs, les enjeux de piano délicats et les riffs de guitare captivants créent un son qui évoque une plongée dans les profondeurs marines.

Pour cet opus hors norme, Claire Parsons s'est entourée du musicien luxembourgeois Laurent Peckels, de l'altiste américaine et chef du trio à cordes bruxellois Nicole Miller, de la violoniste belge Maia Frankowski, de la violoncelliste luxembourgeoise Annemie Osborne, du batteur et pianiste franco-luxembourgeois Jérôme Klein, du guitariste israélien Eran Har Even, ainsi que du big band belge Q-Some Big Band.

Après nous avoir fait découvrir « Large Pleasure Watercraft », « Trash Tub » et « Entrance », « The Aquatic Museum » nous invite à explorer les fonds marins à travers « Trapped Air Bubbles », emmené par les incroyables images marines de la photographe Audrey Cudel.

Sa participation à de nombreux projets en tant que musicienne et compositrice lui a ouvert de nombreuses scènes et festivals nationaux et internationaux qui lui ont permis d'être remarquée par des professionnels, magazines et radios du monde entier.

Après la parution de son premier Ep « OnOff, enregistré flanquée du Eran Har Even Duo en 2019, elle a sorti son premier elpee, « In Geometry », en compagnie de son quintet, en mai 2020

Paisible, épuré et magnifique ce long playing, paru ce 25 mai 2023, s’adresse aux amoureux de grands espaces et de biodiversité.

Pour découvrir les 4 vidéos suivantes, il vous suffit de cliquer sur leur titre

« Trapped Air Bubbles »

« Large Pleasure Watercraft »

« Entrance »

« Trash Tub »

 

bar italia est une formation londonienne qui aime entretenir le mystère. Jugez plutôt. A la base, il s’agit d’un trio réunissant les guitaristes/chanteurs Jezmi Tarik Fehmi et Sam Fenton ainsi que la chanteuse Nina Cristante. Comme cette dernière est née à Rome, on pourrait croire que le patronyme s’inspire de la botte. Ce n’est pas le cas. En fait s’agit d’un titre de l’album de Pulp, « Different class ». La formation est responsable de trois elpees, à ce jour ; soit « Quarrel », en 2020 et « Bedhead » l’année suivante, deux mini-elpees sortis chez World Music, le label de Dean Blunt, et puis « Tracey denim », paru ce 19 mai 2023 chez Matador, écurie sur laquelle elle vient de signer. Enfin, si la (brève) carrière solo de Nina est ponctuée d’un LP et d’un Ep, celle de Fehmi et Fenton s’épanouit également chez Double Virgo, auteur d’un long playing et de plusieurs Eps, à ce jour.

Depuis sa création, le groupe s’est enveloppé dans un voile de mystère, en se limitant à un minimum de photos, en ne livrant que des bios laconiques et en n’accordant aucune interview. À notre époque où les mass médias et tout particulièrement les réseaux sociaux sont considérés comme incontournables par les artistes, cette attitude est déconcertante et reflète peut-être une nouvelle perception du rock alternatif...

Il revient à Driving Dead Girl d’assurer le supporting act. Fondé en 2003, le band a déjà connu quelques changements de line up. Quatre elpees à son actif, dont le dernier, « Rupture », est paru en 2021. On débarque au beau milieu du set, que le quintet semble mener de main de maître. Le claviériste, le drummer, le bassiste et les deux guitaristes, dont l’un d’eux, chapeau mou enfoncé sur le crâne, double au chant. Il s’agit de Dimitri Rondeau qui est manifestement en pleine forme. Il descend dans la fosse, remonte sur le podium, et finit par grimper sur un retour de scène sis à l’extrême droite. De ce qu’on a pu entendre, la musique de DDG oscille entre cold wave, garage et shoegaze, mais surtout, elle ne manque ni de charme, ni de punch…

Place ensuite à bar italia. Mais avant ce concert, les haut-parleurs diffusent plusieurs titres de l’album des Fab Four, « Abbey Road ». Et puis, afin d’ajouter une couche à l’occulte, ce n’est pas un trio qui débarque sur l’estrade, mais un quintet. Les trois membres fondateurs sont bien présents, mais ils sont soutenus par une section rythmique impliquant un drummer ainsi qu’une jeune bassiste, à la longue chevelure rousse… en short.

Plutôt jolie, Nina Cristante semble avoir opté pour une mini-jupe de couleur rouge et un tricot de teinte blanche. Mais après quelques titres, elle ôte sa petite laine pour laisser apparaître une mini robe écarlate, retenue par de fines bretelles et laissant apparaître, lorsqu’elle se retourne, un dos nu. Elle a une taille de guêpe (NDR : pas étonnant, puisqu’elle est aussi nutritionniste) et pourrait aisément participer à un défilé de mode. Elle se déhanche sensuellement, nonchalamment, le plus souvent les mains dans le dos. Tel un chuchotement, sa voix est fragile, frémissante et presque enfantine. Celle de Fehmi (chaussé de grandes lunettes rondes, il a un petit côté à Lou Barlow) est plutôt capricieuse, empruntant tour à tour les timbres de King Krule, Tom Verlaine ou David Byrne, alors que celle de Fenton est claire et soyeuse. Ils chantent alternativement, un peu comme s’ils se répondaient, mais parfois construisent ensemble, de superbes harmonies. Ce qui permet de soigner le sens mélodique. Les chansons sont courtes (NDR : elles dépassent rarement les 2 minutes). Cependant, les textes abordent des thèmes aussi sérieux que l’anxiété, la solitude, les ruptures, l’amour non partagé, le désir de solitude. Pas de présentation. Pas d’interaction avec le public (estimé à plus ou moins 120 personnes). Pas de merci. Juste les compos et un petit intervalle entre celles-ci, comme si on écoutait l’intégralité d’un album. L’expression sonore se nourrit de slowcore, de noisy et de shoegaze. Cependant, lorsque les morceaux montent en intensité, le spectre Thurston Moore se met à planer.   

Tramé sur une ligne de basse profonde, « My kiss era » recèle quelques réminiscences du « If I only could remeber my name » de David Crosby, avant que le morceau ne se charge d’intensité. Des guitares qui deviennent tintinnabulantes tout au long de « Changer » et finissent par s’enflammer lors du final bien électrique, presque crazyhorsien, « Banks ». Et puis, au bout d’une heure de prestation, bar italia se retire, sans un mot, laissant la place à la suite de l’album des Beatles, « Abbey road », signifiant ainsi au public qu’aucun rappel ne serait accordé…

Un excellent concert, mais glacial. On est quand même resté sur sa faim…

Photos Ludovic Vandenweghe ici

Setlist

Skylinny
Nurse
Harpee
Rage Quit
Yes I’ve eat
Fob
Punkt
Friends
Mrs Morality
Best in show
My kiss era
Changer
Polly armor
Clark
No cd
Banks

(Organisation Aéronef)

Auteur, compositeur, poète et interprète français, Jean-Louis Murat, de son véritable nom Jean-Louis Bergheaud, est décédé ce jeudi 25 mai 2023, à l’âge de 71 ans.

Paradoxalement, son tout premier ‘Best of’ sort demain.

Considéré comme un des plus prolifiques musiciens et artisans de la chanson française, cet Auvergnat a tout d’abord milité chez le groupe de rock Clara, avant d’entamer une carrière solo. En 1981, il grave un premier 45 tours intitulé « Suicidez-vous, le peuple est mort ». En noir et blanc, la pochette est signée Mondino. Mais le titre est censuré. Ce ne sera pas la dernière fois qu’il suscite la polémique, ses coups de gueule et ses provocations vont d’ailleurs très souvent lui conférer une image de personnage acariâtre.

C’est l’album « Cheyenne Autumn », sur lequel figure « Si je devais manquer de toi » et « Te garder près de moi », qui lui permet d’acquérir une certaine notoriété.

Bien qu’il ait toujours évité le showbiz et Paris, c’est pourtant grâce à un duo avec Mylène Farmer, pour « Regrets » qu’il se fait connaître du grand public en 1991.

Au cours de ses 40 ans de carrière, bien servi par son baryton suave, il a publié 22 elpees, dont le dernier « La vraie vie de Buck John », titre extrait d'une BD de sa jeunesse, dessinait un autoportrait en clair-obscur, au cœur d’une ambiance américaine qu’il affectionnait particulièrement.

Déjà en 1999, il était allé à New York et à Tucson (Arizona) pour enregistrer « Mustango », et avait reçu le concours de musiciens de Calexico, d’Elysian Fields et du guitariste Marc Ribot.

En 2007, l’opus « Charles et Léo » recèle des poèmes des ‘Fleurs du mal’ de Baudelaire autrefois mis en musique par Léo Ferré.

En 2014, il publie un triple elpee en compagnie des Clermontois de The Delano Orchestra.

‘Le Parisien’ a révélé que Jean-Louis Murat était mort d’une phlébite. Ce trouble cardiovasculaire résulte de la formation d’un caillot de sang dans une veine. Dans les formes les plus graves s’ensuit une embolie pulmonaire. Les journaux ‘Libération’ et ‘L’Equipe’ affirment que c’est ce qui lui est arrivé.

RIP

Tina Turner, star du rock, de la pop et du r&b, est décédée à l’âge de 83 ans des suites d’une longue maladie.

De son véritable nom, Anna Mae Bullock, elle était née en 1939 à Brownsville, dans le Tennessee. Elle chante le gospel, dès son plus jeune âge, dans les offices pentecôtistes. A 16 ans, elle rencontre Ike Turner et devient chanteuse chez les Rhythm’n Kings, avant que le duo n’entame une carrière en duo. Période au cours de laquelle, il va décrocher quelques hits, dont « River deep mountain high », en 1966, un titre produit par Phil Spector, et « Proud Mary », en 1971, une reprise du Creedence Clearwater Revival. Tina et Ike se marient, mais leur union ne sera jamais un fleuve tranquille. Au cours de leur vie commune, elle est battue par son mari drogué et de plus en plus violent (NDR : elle aura même des côtes cassées). Mais en 1976, elle s’enfuit et finit par se cacher chez Maria Shorter, la femme de l’illustre saxophoniste Miles Davis.

Divorcée, avec quatre enfants à charge, elle doit se reconstruire. Et elle y parviendra, bénéficiant de coups de pouce de tas d’artistes, dont Rod Stewart, Mick Jagger, Lennon/McCartney, David Bowie, Mark Knopfler, Martyn Ware ainsi que Ian Craig Marsh de Heaven 7, et bien d’autres. Dont certains lui écrivent des chansons. Mais c’est sur scène qu’elle exprime le mieux son talent.  Sur les planches, ses spectacles sont électriques et littéralement explosifs. Elle en met plein la vue grâce à sa chorégraphie (NDR : ses déhanchements et ses longues jambes de danseuse y contribuent), mais aussi les oreilles, de son contralto légèrement rauque et puissant.  

Elle va alors aligner les tubes, dont « Private dance » en 1984, « We don’t need another hero », en 1985, qui a servi de B.O. pour le 3ème volet des films de ‘Mad Max’ et au sein duquel elle joue le rôle d’Aunty Entity, « The best », en 1989 et « Goldeneye », en 1995, chanson générique du 17ème épisode des aventures de James Bond, et la liste est loin d’être exhaustive.

En même temps, à travers ses compos, elle devient la porte-parole des femmes victime des violences conjugales. Elle leur a également ouvert la voie dans le rock, qu'elles soient noires ou blanches. Elle a été la première femme à faire la couverture du magazine Rolling Stone.

Mariée au citoyen allemand, Erwin Bach, en 21 juillet 2013, elle s’était établie en Suisse, et y avait pris la nationalité. Victime d'un accident vasculaire cérébral en 2013, d’un cancer de l'intestin, en 2016, elle avait subi une greffe du rein l’année suivante.

Celle qui aimait être appelée ‘la reine du rock’ est décédée ce 24 mai 2023 à Küsnacht (Suisse) à l'âge de 83 ans.

jeudi, 11 mai 2023 11:34

En dents de scie…

Paul Weller est considéré comme une référence incontournable par les groupes-phares de la britpop, et tout particulièrement Oasis ainsi que Blur. A cause du rôle joué par The Jam, trio mod qui a sévi de 1976 et 1982, laissant en héritage des tubes incontournables comme « Beat surrender », « The Bitterest Pill (I Ever Had to Swallow) », « Start’ », « Going underground », « The eton rifles » et « Town called malice », une chanson qui vilipendait Margaret Thatcher et sa politique, en Grande-Bretagne, tout en reflétant son combat contre le fascisme et le néo-capitalisme. Puis, le natif de Woking va succomber au jazz/rhythm’n’blues suave et rétro, de 1983 à 1989, en fondant The Style Council avant d’entamer une carrière solo qui va s’avérer fructueuse tout en asseyant une popularité retrouvée. Mais probablement pas auprès des fans de originels. Un peu comme s’il avait voulu tourner, définitivement, la première page de son histoire…

Maxwell Farrington & Le SuperHomard assure le supporting act. Originaire de Brisbane, Maxwell Farrington a quitté l’Australie en 2013, rejoint le Royaume-Uni avant d’atterrir en France. Christophe Vaillant, alias Le SuperHomard, est avignonnais. De leur rencontre en 2019, au cours de laquelle ils avouent une passion commune pour les crooners Lee Hazlewood, Scott Walker, Frank Sinatra mais aussi le compositeur/pianiste Burt Bacharach, va naître ce nouveau projet. Maxwell se réserve le chant et possède une voix… empathique. Christophe se charge des claviers et de la guitare. Ils sont soutenus par un bassiste, un drummer et un préposé à la sèche. La musique est inévitablement rétro, s’abandonnant circonstanciellement au tango, évoquant même parfois vaguement The Divine Comedy, mais sans en avoir ni le charme ni l’éclat… (voir photos ici).

Il y a du peuple (NDR : un peu plus de 1 100 spectateurs) lorsque Paul Weller et sa troupe grimpent sur l’estrade. Il est alors 21 heures. Il est accompagné d’un bassiste, d’un claviériste, d’un saxophoniste/flûtiste, de deux drummers (les grosses caisses sont ornées d’une grande étoile) dont un double aux percus (souvent en station debout) et de son fidèle guitariste, l’ex-Ocean Colour Scene, Steve Cradock.

Le set s’ouvre par trois morceaux bien enlevés, dont l’excellent « From the floorboards up », au cours duquel les grattes sont bien décapantes. Puis, la formation embraie par un r&b du répertoire de The Style Council, « My ever changing moods ». Et chaque fois que le modfather va puiser dans le catalogue de son ancien groupe ou interpréter des compos de la même trempe, la pression va retomber. Au cours de ces compos mid tempo mielleuses, il met bien en exergue sa voix légèrement éraillée, mais sans doute trop mise en avant. Car ses musicos sont remarquables, le saxophoniste, jonglant entre un alto et un ténor, quand il ne se consacre pas à la flûte. Paul alterne guitare électrique, acoustique et le piano, notamment lors des ballades. Particulièrement soignées, les harmonies vocales semblent calquées sur celles de Crosby, Stills & Nash. « The piper » baigne dans une soul réminiscente de Booker T. and the M.G.'s, le claviériste en profitant pour libérer des sonorités bien rognées sur son Hammond. « More » constitue une excellente surprise, un titre presque prog au cours duquel le flûtiste/saxophoniste tire son épingle du jeu. Tout au long de l’inévitable hit « Shout to the top » de The Style Council, une multitude de bras brandissent leurs smartphones pour immortaliser l’instant. Des sonorités de moog (?) infiltrent « Old father tyme » juste avant qu’un rythme subrepticement latino n’enfièvre « On sunset ». Bien rythmé, « Into tomorrow » trahit la passion que voue Weller aux Small Faces, titre au cours duquel les sonorités de cordes carillonnent littéralement avant que n’éclate un solo de batterie au pluriel, la fin du morceau replongeant dans une forme de rhythm’n’blues aux claviers vintage, abordé dans l’esprit de Rare Earth. Et la ballade nightclubienne « It’s a very deep sea » de Style Council va de nouveau faire retomber le soufflé. Heureusement, le show va reprendre des couleurs, grâce au bien rock « Take », un morceau composé en compagnie de Noël Gallagher, un tant attendu titre de The Jam (NDR : ce sera le seul), « Start ! », et le très électrique « The changingman ». Le set s’achève par le long et plus complexe « Porcelain gods », dont les fréquents changements de tempo vont être canalisés par la ligne de basse.

Le combo revient accorder un premier rappel sous la forme de trois chansons plutôt romantiques. Notamment « Wild wood », au cours duquel Paul siège derrière son piano, alors que le saxophoniste souffle dans un clavinet et le guitariste dans un harmonica.

Puis un dernier encore bien rock et très syncopé, « Peacock suit », dans un style qu’on aurait aimé entendre davantage.

Après plus de deux heures de spectacle, les aficionados semblent comblés. 28 morceaux, c’est assez rare pour ne pas le souligner. Quant aux fans de la première heure, dont votre serviteur (ça rime !), ils auraient préféré qu’il soit un peu moins tiré en longueur et surtout proposer davantage de titres percutants, tout en conservant les expérimentaux, vraiment très intéressants (voir photos ).

Setlist

Cosmic Fringes
I'm Where I Should Be
From the Floorboards Up
My Ever Changing Moods (The Style Council)
Headstart for Happiness (The Style Council)
The Attic
Stanley Road
The Piper
All the Pictures on the Wall
Hung Up
Fat Pop
More
Shout to the Top ! (The Style Council)
Village
Old Father Tyme
On Sunset
Above the Clouds
Into Tomorrow
Saturns Pattern
It's a Very Deep Sea (The Style Council)
Take
Start ! (The Jam)
The Changingman
Porcelain Gods

Rappel 1

You Do Something to Me
Wild Wood
Broken Stones

Rappel 2

Peacock Suit

Photos : Ludovic Vandenweghe

(Organisation : Aéronef)

 

 

Page 59 sur 517