Les musiciens vous le confessent d'emblée : ‘Si vous voulez vous remettre en mémoire tous ces grands disparus, ces légendes qui ont fait le blues, écoutez donc notre album. Fermez les yeux, vous verrez défiler ces fantômes. Et surtout vous passerez un bien bon moment!’ C'est comme si vous remettiez vos vieux 78 ou 45 tours Chess, Veejay et Trumpet sur le tourne-disque…
L'album s'ouvre par "Rocket sixty-nine", une plage qui baigne dans le style west coast. Cette bonne partie de jump est entretenue par les cordes de Moates et les ivoires de Green. Quel bonheur d'entendre Joe Lee Bush souffler dans son harmonica chromatique. A l’époque, ce gosse n’avait que 14 ans ; et pourtant, il avait tout appris de Little Walter en personne, qui n’avait d’ailleurs pas dix ans de plus. L’interprétation du notoire "Black night" est admirable. Bush nous communique un sérieux frisson dans le dos à chacune de ses interventions. John Lee nous emmène sur ces routes sans fin, au volant d'une vieille Ford ou d’une Chevrolet. Il chante d’un timbre généreux "Motorhead babies", tout en grattant sa guitare rythmique à la manière d'Eddie Taylor. Les Jukes rendent d'ailleurs honneur à l'un de leurs héros : Jimmy Reed. John emprunte sa voix pour introduire "That aint right". Bush commence également à souffler comme le vieux Reed. Le blues lent a bien entendu sa place. Joe Lee chante le "Worried life blues" de Maceo Merryweather, face au piano de Green. Il souffle comme Walter Jacobs. "Someday baby, I ain't gonna worry my life anymore" est un incontournable du blues! "All messed up" nous ramène sur la route 66 : l'axe Chicago-Los Angeles! "Houserockin' boogie" déménage vigoureusement. Bush injecte toute sa puissance pour attaquer le titre maître. Il souffle à la manière de Sonny Boy Williamson II. Trouble et émotion nous envahissent. Dans la foulée, Joe Lee embraie par "Soon forgotten". Il y reproduit toutes les caractéristiques de son moule favori, en se faisant à nouveau Little Walter pour interpréter un lumineux "You better watch yourself". "Atlanta blues" est un rare témoignage live des Jukes. Williamson chante ce blues lent autobiographique. Moates, Bush et Green s’autorisent un moment de liberté, en démontrant une nouvelle fois qu’ils ont le blues dans l'âme. John chante encore "Irene". Un Texas blues proche des marais et des swamps louisianais. Cette tranche de vie fascine par sa simplicité et nous touche directement au cœur. Cet elpee d’excellente facture s’achève par "Merry Christmas baby". Slim Green se met dans la peau d’Otis Spann pour exécuter cet autre slow blues empreint d’une grande sensibilité et accordé dans le cadre d’une soirée de fête.

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