Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Doug Paisley

Starter Home

Écrit par

« Starter home » constitue le quatrième elpee de ce songwriter dont la musique baigne dans une forme de country/folk dylanesque. Même sa voix emprunte parfois les inflexions fatiguées et éraillées du Zim. Encore que certains médias n’ont pas hésité à comparer son style à celui de Kris Kristofferson voire de son compatriote, Gordon Lightfoot.

Tout au long de cet opus, le Canadien (NDR : il est issu de Toronto) est soutenu par d’excellents musiciens, que ce soit aux grattes (resonator, électrique et pedal steel), à l’orgue, au violon, à la mandoline, au piano, à la basse et à la batterie, sans oublier les backing vocals masculins et féminins, assurés par Jennifer Castle sur les trois derniers titres de ce long playing, et notamment sur le final, morceau le plus allègre de cet LP, « Shadows ». Mélancoliques, les compos bénéficient d’excellents arrangements alors que les lyrics s’inscrivent dans la grande tradition des troubadours issus de la fin du XXème siècle comme Townes Van Zandt, John Prine Blaze Foley ou encore Lyle Lovett, surtout quand il fait l’analyse de sa propre vie affective, parlant de l'amour romantique comme un sentiment qui n’est ni simple, ni infaillible, car il change, grandit, implose et parfois se ranime au moment le plus inattendu…

Willa Vincitore

Choices

Écrit par

Chanteuse et compositrice, Willa Vincitore vit au sein de l'Etat de New York, dans la Hudson Valley. Elle pratique une forme de blues, teintée de rock, soul, funk et pop. Elle avait déjà publié un premier album, "Better days", début 2017. Fondé en 2013, son backing group baptisé Company est à géométrie variable. Pour concocter ce nouvel opus, elle a reçu le concours du guitariste Karl Allweier, du claviériste Scott Milici, du bassiste Doug Abramson et du batteur Lee Falco. Sans oublier la réplique vocale assurée par Brandon Morrison. Willa signe neuf des compos et concède une reprise.

"Just ain't the same" ouvre l’elpee, un blues/rock caractérisé par une rythmique lancinante alors qu’excellente, la voix, enrobée de chœurs judicieux, affiche une réserve de puissance étonnante. Bénéficiant d’une jolie mélodie, "Choices" se distingue par l’instrumentation impeccable. "Need a little help" campe un r&b nerveux, dansant, captivant, dominé par l’orgue et les percus de Manuel Quintana, alors que Karl se réserve un brillant envol sur les cordes. Miss Vincitore s'adapte aisément à différents styles. Elle chante ainsi d’une voix feutrée "Everything hurts" et "These days", des blues fortement teintés de jazz, face aux cordes acoustiques et aux ivoires. Dansant, "Bite me" adopte un rythme funky. Superbe ballade soul, "It is what it is" met en exergue les cordes digitales d’Art Labrioli, alors que la guitare s’autorise une sortie particulièrement soignée. Signée Annie Lennox, "Money can't buy it" constitue la seule cover, une version qui baigne dans la soul… 

Cara Being Blue

Grit

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Originaire de Boston, Cara Lippman s’est établie à Nashville, dans le Tennessee depuis une dizaine d’années et s’est forgée une solide réputation en live, flanquée de son band Cara Being Blue. Cette chanteuse avait publié un Ep 5 titres, intitulé "Full throttle", en 2016. Elle signe ici les dix plages de cet opus.

Elle ouvre par le titre maître, un blues aux accents rock et r&b, enrichi d'excellents arrangements, enrobé de chœurs féminins, et traversé par le saxophone de Miqui Gutierrez. Bien enlevé, "Crocodile man" baigne au sein d'une atmosphère louisianaise, les interventions chargées de reverb dispensées par la gratte de Dave Field (NDR : un slider new-yorlais notoire), invité pour la circonstance, accentuant cette impression. Cependant, cet elpee met exergue d'autres guitaristes méconnus, quoique doués, à l'instar de Will Gustofson qui se distingue sur "Leave me in flames" ou du Roumain (NDR : il est originaire de Timisoara) Val Lupescu, qui brille de mille feux tout au long du slow blues "One day" ainsi que "Old feelin'", une piste au cours de laquelle il a reçu le concours de l'harmoniciste Tim Gonzalez. Et c'est au cœur d'une telle ambiance que Carla peut enfin s'éclater... Bénéficiant de la collaboration de Jack Pearson (NDR : un concitoyen !) qui a milité, dans le passé, au sein de l'Allman Brothers Band ainsi que du backing group de Greg Allman, "You don't wanna" est un autre blues qui ne manque pas d'envergure. Respecté dans l'univers du southern blues rock, il prend son pied en compagnie du pianiste Eric Robert. Si "Skippin' stone" baigne au sein d'un climat jazzyfiant, il rappelle surtout l'ambiance très caractéristique entretenue chez Santana. CBB plonge enfin dans le Memphis R&B grâce à "Kind Kinda man", un morceau cuivré par un saxophone et un trombone, et surtout "My doggie", piste au cours de laquelle Will Gustofson emprunte des motifs de guitare à Albert King, alors que Gonzales passe à l'offensive en soufflant dans son harmonica. Il repasse d'ailleurs à l'avant-plan tout au long du titre final, une plage qui macère dans la country, style tellement populaire à Nashville...

Ruth Wyand

Tribe of one

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Ruth Wyand and the Tribe of One est un one man band ou plus exactement un one woman band. Un projet imaginé par une artiste issue d’un petit bourg perdu au bord de l'océan Atlantique, en Caroline du Nord. Puisant allègrement au sein des racines musicales américaines, son cocktail d'americana et de blues, parfois parfumé de jazz et de folk, est également et circonstanciellement contaminé par une touche de folie hendrixienne. Cette chanteuse et compositrice est également multi-instrumentiste, se chargeant de la guitare, qu’elle est capable de traiter au bottleneck, de la basse, de la batterie et des percussions. Miss Wyand a enregistré cet opus, chez elle, dans le Studio Dock Diving Dog.

L’elpee s’ouvre par "Bad Mojo", un morceau caressé de timides percussions et introduit par des cordes acoustiques. Ses interventions à la gratte sont complexes et reflètent une parfaite maîtrise technique. Percutant, "Break the curse" est imprimé sur un tempo plus enlevé. Amplifiées, le cordes sont dynamiques alors que la voix de Miss Wyand se révèle aussi perçante que vivace. Elle se sert du bottleneck tout au long de "Better off alone" et "Till it's safe to go outside", deux morceaux qui trempent au sein d’un authentique delta blues. Sa voix se charge de relief pour aborder "Help my soul survive" et le "Blind Willie McTell" de Bob Dylan, deux folk blues qui s’étirent sur un tempo nonchalant. Et elle parvient à adapter le "Little wing" de Jimi Hendrix, dans ce style. Elle devient cependant carrément bouleversante lorsqu’elle passe à la slide, glissant délicatement le tube tout au long de son manche sur le brillants "I don't have proof" et "On the porch with Etta", un hommage à Etta Baker, une chanteuse de Piemondt blues disparue en 2006, alors âgée de 93 ans…

Thalia Zedek

Fighting Season

Écrit par

A bientôt 60 ans, Thalia Zedek est quasiment considérée comme une figure tutélaire au sein de la scène indie US. Depuis les débuts de sa carrière, elle a milité chez Live Skull, E, Come (avec Chris Brokaw d’ailleurs ici au générique) et Uzi avant de se lancer en solitaire. Son admiration pour Patti Smith doit, en outre, être énorme tant on sent cette fureur qui hante sa voix et emporte tout sur son passage tout au long de « Fighting Season », son dernier et fulgurant album en date ! Revenue de ses démons –une addiction à l’héroïne, Thalia a décidé de reprendre les armes et surtout sa guitare pour défendre les causes qui lui tiennent à cœur depuis toujours, comme la défense de la communauté LGTB ou des immigrés. Saturés à souhait, les accords de grattes sont dignes de Jon Mascis (NDR : pas étonnant, quand on sait qu’il est également de la partie !) et tout au long de cet irrésistible elpee, portés par un piano et autre violoncelle, ses propos sincères s’élèvent de son âme... Une œuvre à découvrir d’urgence ! Grâce à ce genre d’insoumise, les Etats-Unis ne sont pas encore devenus une terre trumpiste…

 

Edmond Jefferson and Sons

The winter

Écrit par

Après avoir écouté cet album de Jefferson and Sons, inévitablement, on pense à Jefferson Airplane ou Starship. Oui, oui, ces groupes légendaires qui ont marqué la fin des sixties et le début des seventies, en pratiquant une musique psychédélique qu’on a aussi taxée d’acid rock. Les plus jeunes évoqueront plutôt Lola Colt, la voix de Josette Seydoux se rapprochant davantage de celle de Gun Overbye que de Grace Slick, même si elle emprunte parfois les inflexions de PJ Harvey voire de Patti Smith.   

« The winter » constitue le second elpee de ce quintet suisse, un disque enregistré en analogique et découpé en 11 pistes. Tour à tour bluesy (l’aride « Avril, Orange », « Helsinki » et « Lost », une plage au cours de laquelle une gratte est jouée en slide), languissante (« Les Botanistes », interprété dans la langue de Molière), frénétique (« Laïtak »), angoissante (« Zingueria »), fiévreuse (« First race ») ou tribale (« Hotcha »), elles baignent au sein d’un climat ténébreux. Entretenues par deux guitares, les sonorités sont souvent sales, torturées, mais aussi parfois tintinnabulantes, gémissantes ou vibrantes et peuvent s’adosser à une solide section rythmique… (pour découvrir le clip du titre maître, c'est ici)

Flávio Cristóvam

Hope & dreams

Écrit par

Premier elpee pour cet artiste açorien (NDR : il est originaire de l’île de Terceira) dont l’indie folk est enrichi d’arrangements et d’orchestrations de cordes comme chez Chris Rea (NDR : pensez à « I Can Hear Your Heartbeat ») voire Charlie Winston. Une chose est sûre, sa musique colle parfaitement à la bande FM. Il possède une belle voix, profonde aussi, et est plutôt doué à la guitare, surtout lorsqu’il la joue en picking. Enfin, les mélodies de ses compos sont souvent très jolies, des compositions à l’instrumentation riche (Hammond, piano, banjo, trompette, violoncelle, violon, sans oublier la section rythmique basse/batterie et l’une ou l’autre gratte supplémentaire, parfois traitée en slide), mais parfaitement équilibrée…

Si Cristóvam a tout pour lui, même le physique susceptible de faire craquer le (grand) public féminin. Il ne lui manque plus que le succès… Ce qui ne devrait tarder, si ses chansons sont régulièrement diffusées sur les ondes radiophoniques…. Maintenant, si elle est bien faite, on ne peut pas dire que sa musique soit particulièrement originale…

Il viendra présenter son album, le 14 mars à la Tricoterie, dans le cadre du Discovery Festival. Pour plus d’infos voir ici

 

Mind Over Mirrors

Bellowing Sun

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Pour enregistrer le sixième opus de son projet Mind Over Mirrors, le musicien et producteur Jamie Fennelly a reçu le concours d’une flopée d’invités prestigieux. Dont la chanteuse Janet Beveridge Bean (Freakwater, Eleventh Dream Day), qui se charge également ici de la cithare, le violoniste Jim Becker (Iron & Wine, Califone) et le batteur Jon Mueller (Death Blues) ; sans oublier le concours de John McEntire (Tortoise) à la mise en forme. Outre les synthés, Jamie se charge de l’harmonium indien. Toute une panoplie instrumentale qui aurait dû déboucher sur un résultat intéressant. Malheureusement, si les rythmes et les boucles minimalistes créent parfaitement la structure, il faut reconnaître que malgré les harmonies vocales en forme de sirènes, seules les interventions de violon, et tout particulièrement tout au long de « Vermillion pink » ainsi que « Coculate beings », parviennent à extraire les compos de ce « Bellowing sun », d’une sorte d’ambient propice à la méditation, si chère à Tangerine Dream…

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